DEAU
C ttrréHine. — Voy. Laitières.
Cnrte a^ri^iioiiiicitie. — Une
carte agronomii|ue a pour objet do donner aux cultivateurs la connaissance rapide et suffisamment exacte du sol sur lequel ils exercent leur industrie. Ce sont les qualités ou les «hd'auts de la terre arable, ses propriétés culturales et les engi*ais nécessaires pour la rendre féconde qu'une bonne carte de ce genre doit servir à indiquer aux cultivateurs avisés qui connaissent tout l’intérêt des expériences agricoles bien conduites. Eviter, à ce propos, des tâtonnements inutiles; préciser â l’avance le champ des recherches qui doivent être lécondes ; faire profiter les cultivateurs de toute une région agricole des ‘essais tentes sur ciuelques points avec succès, c’est-â-dirü avec profit, tel est le but
CARTE
CARTE
quo SC proposent les auteurs d’une carte ag^ronomique.
11 manquait aux agronomes du premier quart de ce siècle la connaissance suffisamment exacte de la composition clümique du sol, des véritables principes fertilisants qu’il doit renfermer pour fournir aux plantes, dans un(> proportion et sous une forme convenable, les élérmmts dont elles ont besoin. Cette connaissam^c une fois acquise, les observations se multiplient, les découvertes se succèdent et leurs applications ù. la culture se produisent avec une admirable fécondité. Le rôle et le caractère des matières fertilisantes nous apj^araissent tout d'abord, sous leur véritable jour.
L’analyse chimique nous apprend que les sols fertiles renferment tous, en proportion variable, de Tazotc, de l’acidc phosphorique, de la potasse, et de la chaux, enp:ae:és dans des combinaisons très diverses. L’observation et rc.xpéricnce nous révèlent en meme temps la rareté ou l’abserH C de ces quatre substances dans les terres médiocrement fécondes ou complètement stériles. 11 convenait donc de compléter un sol pauvre pour le rendre prod\ictif. problème une fois résolu au point de vue scientifique, il importait d’en rechercher encore la solution au point do vue financier. Toute transformation agricole n’est ]>ossible que si le montant des valeurs créées dépasse le total des valeurs détruites.
En d’autres termes, il fallait que le prix des engrais complémentaires fut moins élevé quo celui des excédents de récolte obtenus. Pour atteindre ce but, comme pour préciser les termes du proiilcme scientifique tel qu’il était posé, on demanda, suivant l’expression de Boussingault, « l’opinion des plantes ». Dans les limites d’un domaine, on institua une série d’essais méthodiques. Sur des parcelles d’une terre do môme nature, on cultiva différentes céréales, des betteraves, des plantes fourrragèros. Puis chaque culture spéciale reçut des engrais^ complémentaires différents, ou associés les uns aux autres dans des proportions diverses. Une parcelle sans engrais servit de témoin. Le poids différent des récoltes obtenues sur des
f)arcelles diversement traitées indiqua a solution du problème scientifique ; la comparaison des dépenses aux excédents de recettes obtenus servit à résoudre le môme problème au point de vue financier.
Ija portée de ces découvertes et le mérite de ces méthodes ne sauraient être contestés. Qu’il s’agisse de l’analyse chimique du sol avec les consé-
quences qu’elle entraîne par rapport au choix des matières fertilisantes complémentaires, ou de Yanalyse du sol par la plante^ telle que nons venons do l’indiquer en qiuelqiies lignes, il reste démontré que nous disposons désormais (les moyens les ])lus propres à accroître la fér-omlité de la terre, tout en rcMidant son exploitation pins lucrative. Mais les la^siiltats ac(inis sont spéciaux à un domaine, à une étendue de terre d’une composition déterminée; ils n'ont, en résume, qu'une valeur et une })ortéc toutes locales. Kst-il possLlde, cependant, do généraliser en s’appu3'ant sur un ensemble de faits assez nombreux et rattachés les uns aux autres par un lien assez solide pour entraîner la conviction et garantir le succès? Dans un remarquable travail sur cette question, M. Ad. Carnot n'hésite pas à admettre que le problème ainsi posé peut être résolu.
Pour arriver à cette généralisation des procédés de fertilisation dont nous parlions plus haut, il est, à scs veux, indispensable de recourir à la distinction cics lerrai?is r/cofor/ iqnes.
« Une même formation géologi(|iie, dit avec raison îvl. Ad. Carnot, donne naissance, en général, à des terres agricoles de qualités analogues, parce qu’elles contiennent les mêmes éléments dans des proportions à ])eu près uniformes. » Le territoire agricole d’un pays comme la France étant divisé en c'irconscrij^tions ncttenjcnt connues et délimitées avec précision par nos cartes géologiques détaillées, il est possible d’appli<iuer à toutes les terres comprises dans ce périmètre les méthodes culturales reconnues l^rofitablcs à la suite d’une série d’expériences réalisées sur quelques points. Les recherches des agriculteurs les plus éclairés ont dès lors une portée nouvelle et des conséquences plus heureuses; les enseignements qui s’en dégagent présentent un intérêt général, et tous les agriculteurs dont les exploitations sont découpées sur la même formation géologique peuvent désormais en profiter.
l^our M. Kisîer, ancien directeur de l’Institut agronomique, les meilleures cartes agronomiques de la France sont les cartes géologiques de détail, publiées par les ingénieurs du corps des mines et par le service de la carte géologique détaillée. « Ces cartes, dit-il, sont des chefs-d'œuvre, et les crédits quo le Parlement voudra bien accorder au ministère des travaux publics pour en hâter l’achèvement, seront payés au centuple par les services qu’eïlcs rendront à l'agri-