‹ Dictionnaire-manuel-illustré des sciences usuelles (volume 2)Chapitre 263 sur 418 · MOR · texte numérisé non relu

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une quantité plus ou moins grande d argile, le mortier fait prise plus ou moins rapidement sous loau. Ainsi on a des mortiers peu hydrauliques qui ne font prise qu après Iti à 20 jours et n'acquièrent jamais une grande dureté; au contraire, les mortiers très hydrauliques peuvent faire prise au bout de 2 ou 3 jours, et acquérir à la longue une solidité égale à celle de la pierre.

Souvent, à un mortier hydraulique, ou ajoute, outre le sable, de petits cailloux anguleux. On a alors ce qu'on nomme un béton.

Ciments. — Quand la chaux est encore plus riche en argile, elle porte le nom de ciment. La poussière de ciment, gâchée avec l'eau, donne une bouillie qui fait prise presque aussi rapidement que le plâtre, même sous l'eau, et prend progressivement une grande dureté. Le ciment, d'ailleurs, peut être employé à la manière du plâtre, sans qu'on y ajoute de sable.

Chaux hydrauliques et ciments artificiels. — On nom.me chaux hydrauliques et ciments naturels les chaux' que l'on obtient en faisant cuire au four à chaux les calcaires très riches en argile. Mais ces calcaires sont assez rares et ne peuvent suffire aux besoins de la consommation. Alors on fabrique des chaux hydrauliques et des ciments artificiels en prenant des chaux aériennes ordinaires et en y ajoutant des matières argileuses prises ailleurs. On a ainsi des produits aussi bons que les produits naturels.

Usages des chaux hydrauliques et des ciments. — Les \isages des matériaux hydrauliques sont plus nombreux que ceux des mortiers aériens de chaux grasse. Et d'abord ils peuvent être substitués aux mortiers aériens dans tous leurs usages ; ils leur sont bien supérieurs, car, même à l'air, ils finissent par acquérir une dureté beaucoup plus grande. Pour les fondations des maisons, les caves, les constructions sous l'eau, on ne se sert que des matériaux hydrauliques.

Les bétons, c'est-à-dire les mélanges de chaux hydraulique, de sable et de caLLloux, servent à faire les fondations des maisons, les piles des ponts. Les trous, creusés à la profondeur convenable, sont remplis de béton qui se prend au bout de quelques jours en une masse compacte, d'une seule pièce, sur laquelle on peut établir les constructions sans avoir à craindre aucun tassement.

On se sert aussi des bétons pour faire de véritables pierres artificielles, aussi solides que les pierres naturelles, et ayant la forme et la dimension que l'on veut. En moulant du ciment on en fait

des statues, des vases, des bas-reliefs, des dalles pour trottoirs, des conduites d'eau.

Les ciments servent aussi à faire des enduits superficiels (à cimenter), destinés à empêcher 1 action de l'humidité, l'arrivée ou le départ de l'eau. La maçonnerie étant établie d'abord avec un mortier hydraulique, on la recouvre d une couche de ciment gâché.

morne. — Poisson au corps allongé, épais en avant, recouvert de petites écailles ; grande bouche. Couleur verdâtre. La taille peut dépasser 1 mètre, le poids va parfois à 40 kilogrammes.

C'est un poisson des mers du Nord, abondant surtout sur les côtes du

Horne (longnenr, 0b,8O).

Labrador, du Groenland et de l'Islande ifig.). Sur les côtes de France on le trouve dans le Pas-de-Calais et la Manche.

C'est un poisson des bas-fonds. Sa fécondité est extraordinaire,une femelle pondant ordinairement plusieurs millions d'oeufs. La morue est très vorace, elle se nourrit de petits poissons. Sa pèche constitue une industrie très importante. On estime à 5 ou 6 mille le nombre des navires qui vont dans les régions du Nord pour pêcher 1 1 morue; la France seule envoie 400 vaisseaux, montés par 12 000 marins.

On conserve ce poisson en le salant ou en le faisant sécher. Quelquefois on le pèche sur nos côtes oii on l'appelle cabillaud ; il est alors ordinairement mangé frais. Outre son importance alimentaire, qui est considérable, la morue est d'une grande utilité à cause d'un produit qu'on en retire, l'huile de foie de morue, dont l'emploi médicinal est très répandu ; cette huile doit ses propriétés au principe odorant et en même temps à l'iode qu'elle renferme. L'aiglefin est une sorte de morue qui ne dépasse pas 50 centimètres de longueur ; on le trouve dans la mer du Nord et aussi dans la Manche. Sa chair est plus savoureuse que celle du cabillaud.

morve. — Maladie contagieuse fréquente chez le cheval et l'âne, transmissible à la plupart de nos animaux domestiques, et même à l'homme. La morve, ou f'arcin, est essentiellement caractérisée par des

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ulcérations de la muqueuse du nez, un écoulement visqueux par les naseaux, nommé jetage, et enlin un gonflement des glandes lymphatiques situées sous la langue. Ces symptômes extérieurs sont accompagnés de désordres graves, surtout du côt('. des poumons. La maladie est généralement incurable ; sous sa forme aiguë, elle peut entraîner la mort dans un délai très court. Quand elle ne tue pas, elle persiste à l'état chronique : la morve chronique amène la mort très lentement.

Ce qui rend la mors'e surtout redoutable c'est sa contagiosité. La transmission de la maladie a lieu par le CDUtact avec l'animal malade, par l'intermédiaire des harnais, par le S 'jour dans une écurie dont la mang:'oire, le râtelier, le mur de face, les cloisons de séparation ont été souillés jtar du jetage ou du pus morveux. Ces produits conservent leur propriété virulente pendant au moins 15 jours.

Le jetage morveux déposé dans les abreuvoirs peut conserver son activité jusqu'à dix-nuit jours. La transmission est même à craindre pour l'homme.

Aussi la loi ordonne-t-elle l'abattage des animaux morveux, et leur enfouissement à grande profondeur.

mouches. — Les mouches [fig-), forment un groupe nombreux d'insectes diptères analogues à notre mouche domestique. Le corps est large, épais, la tête grosse, les yeux très développés. Les larves des mouches -s-ivent dans la terre ou dans l'eau, plus souvent dans les matières animales telles que la viande, ou les matières en décomposition comme le fumier : ces larves sont connues vulgairement sous le nom à'asticots. Les mouches ont leur utilité; elles servent d'aliment à un grand nombre d'animaux supérieurs ; en outre elles travaillent puissamment à consommer et à faire disjjaraître toutes les matières animales en décomposition, dont les émanations corrompent l'air.

La mouche domestique, si commune dans nos habitations, pond ses œufs dans le fumier, oii vivent et se développent ses larves. La mouche à viande, ou mouche bleue, la mouche verte, la mouche vivipare déposent leurs œufs ou leurs larves déjà vivantes dans les animaux abattus, et même dans les plaies des animaux vivants : les larves dévorent les cadavres. Ces mouches pullulent si rapidement que, d'après Linné, trois mouches consomment le cadavre d'un cheval aussi vite que le fait un lion. Outre les espèces précédentes, il

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existe beaucoup de petites mouches dont les larves attaquent les végétaux : elles sont nuisibles à l'agriculture ; d'autres larves, au contraire, vivent en parasites sur des chenilles malfaisantes, dont elles causent la mort : ces dernières mouches sont utiles. A côté des mouches proprement dites se placent un grand nombre d"insectes diptères très analogues.

Tels sont les taons, grosses mouches qui tourmentent les quadrupèdes en les piquant jusqu'au sang. Les œstres sont de grosses mouches très velues, presque sans trompe; elles déposent leurs œufs sur le corps du bœuf, du cheval, du mouton; chaque espèce s'attaque à un mammifère détewniné, et pond ses œufs toujours au même endroit. Ainsi l'œstre du cheval dépos.3 ses œufs sur le poil, à l'endroit où le cheval se lèche; le cheval avale les larves qui accomplissent une partie de leurs métamorphoses dans l'intestin, pour ne prendre des ailes qu'après leur sortie avec les excréments. L'œstre du mouton pond à l'intérieur des narines ; les larves montent jusqu'aux cavités frontales situées au-dessus du nez et occasionnent des vertiges et q^uelquefois même la mort du mouton :

c est la maladie nommée tournis.

Les hypodermes déposent leurs œufs sur les animaux; les larves pénètrent sous la peau et déterminent des tumeurs : le ver 'macaque de Cayenne, qu'on trouve dans les yeux, les fosses nasales, la bouché de l'homme, de façon à déterminer parfois la mort, est la larve d'un insecte hypoderme, la lucile hotninivore.

mouette. — Oiseau palmipède au bec fin et légèrement recourbé, aux longues ailes, qui dépassent la queue, et qui lui donnent une grande puissance de vol. Les mouettes {fig.) se ren-

Mouette ou goéland (lonjueur, OnjSO).

contrent sur les rives de toutes les mers, sur lesquelles elles volent et nagent constamment. D'une grande voracité, elles font œuvre de salubrité dans la mer en dévorant les cadavres, les immondices, les débris 'de toutes sortes qui flottent à la surface : leurs bandes considérables dissèquent et avalent en un clin d'œil les cadavres l's plus gros. Elles ne se privent

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