PÊCHE AD FEU , ÏRAMAIL , TROUBLE, VERVEUX
Voyez aussi ablette, alose, anguille, B.\RBEAU , BRÈME , BROCHET, CARPE, CHEVESNE, CHABOT, ÈCREVISSE, ÉPERLAN , GARDON , GOUJON , GRE- NOUILLE , LAMPROIE , LOCHE, OMBRE, PERCHE, SAUMON, TANCHE, TRUITE, VAU- DOISE, VÉRON.
pèche à la ligne. — Nous avons décrit, aux mots correspondants, les instruments ou accessoires dont on a besoin pour la pêche à la ligne (vo y.
HAMEÇON, CANNE, LIGNE, APPATS, ESCHES, MOUCHE ARTIFICIELLE, ACCESSOIRES DE
LA PÈCHE A L.\ ligne). Nous indiquerons ici comment se pratique cette pêche.
Observations générales. Toules les saisons ne sont pas également bonnes pour la pèche à la ligne. Pendant les trois mois froids, décembre, janvier, février, on est à peu près assuré de ne rien prcmire. En mars et avril on commence à prendre, à la ligne flottante, des goujons, «les carpes, des vaudoises et surtout des perches. Le nombre des espèces qui mordent bien augmenta en avril, mais diminueen mai, juin, juillet, alors que les herbes qui garnissent le fond en abondance ofl'rcnl aux poissons hervibores une alimentation abondante.
Mais, pendant ces mois d'été, on se livrera avec beaucoup de succès à la pèche des poissons carnivores (chevesne.
truite, saumon, brochet, perche,...), 3oit à la ligne à lancer soit à la ligne de fond. Les mois favorables par excelli-nce à la capture de tous les poissons sont août, septembre et octobre ; novembre commence à être trop froid.
En été, quand il fait chaud, on péchera le matin et le soir; au printemps et à l'automne toutes les heures du jour sont également favorables.
Le choix de l'emplacement n'est pas moins important que celui de la saison et de l'heure. Le pécheur, surtout celui qui pratique la pèche à la ligne flottante, doit étudier le fond (voy. accessoires DE LA PÈCHE A LA LIGNE) pOUr
en connaître la nature et savoir à quelle distance de l'hameçon il doit arrêter la flotte. Ainsi, pour pêcher le gardon, on fera descendre l'hameçon à 10 centimètres du fond, environ; pour la carpe, on le fera traîner de 30 centimètres sur le fond,... Un fond en pente, un fond très irrégulier est tout à fait défavorable pour la pêche à la ligne flottante, à moins qu'on ne s'adresse à des poissons de surface.
L'état de la rivière influe aussi sur les résultats de la pêche et sur la nature des poissons que l'on peut chasser avec quelque chance de succès, les uns préférant les eaux limpides et courantes, les autres les eaux calmes et profondes, d'autres les eaux troubles.
En temps d'orage la pêche à la ligne est particulièrement abondante.
Le pêcheur doit être silencieux et marcher le moins possible, pour ne pas effrayer le poisson. Le moindre bruit, l'ombre de la canne sur l'eau, la vue d'un fil de ligne trop gros, suffisent pour faire fuir bien des poissons. De là la nécessité d'emploj'er, à la construction des lignes, des avancées en crin ou en crin de Florence, presque incolores et presque transparentes, et par suite peu visinles.
Pêche à la ligne flottante. Le pêcheur doit avoir une ligne dont la torce, la longueur, les hameçons soient appropriés à la nature du poisson qu'il veut prendre. Il est muni à'esclies de nature convenable. A propos de chaque poisson nous donnons des indications prati ques sur ces divers points {fig.).
Il choisit un emplacement convenable, où il ait chance de rencontrer le poisson qu'il veut capturer. Il étudie le fond, lequel doit avoir, autant que possible, une surface unie , horizontale, sans grosses pierres, sans herbes qui arrêteraient l'hameçon. La rive devra être telle que les manœuvres de la ligne y soient possibles ; mais cependant une rive nue. qui laisse le yiècheur trop visible, n'est pas très favorable. Quand
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le pêcheur peut so mettre dans un bateau bien solidement amarré, il est à la fois assis à son aise et libre de toute entrave dans ses mouvements , en même temps qu'il peut aller chercher le poisson plus loin dans la rivière, si cela est nécessaire.
L'emplacement choisi, le pêcheur monte sa ligne, arrête la flotte à la distance convenable pour que l'hameçon se trouve flotter à la profondeur voulue pour le poisson que 1 on chasse, il attache l'esche et lance la ligne ; tout cela en faisant le moins de bruit possible.
On remarquera que tous ces petits détails, si simples en apparence, exi-
en la soutenant légèrement inclinée avec une petite fourche et un crochet piques en terre. Dans ce cas le pêcheur peut manœuvrer et surveiller simultanément plusieurs lignes.
Il en est de même dans les eaux très peu courantes, quand on poursuit des poissons de fond: car alors on adapte à la ligne un plomb assez gros qui, reposant sur le fond, l'empêche d'être entraînée par le courant. Dans tous les autres cas on lance la ligne aussi loin que possible en avant ; elle descend le courant et on la suit avec la perche, sans cependant marcher. Quand la flotte est descendue assez bas pour
La pêche à la ligne flottante.
fent une connaissance approfondie des abitudes des poissons que l'on veut capturer. Le pécheur ignorant qui prend une ligne quelconque, met une amorce quelconque à l'hameçon et va s'installer en un endroit quelconque de la rivière, sans savoir si la saison, l'heure, le temps, l'état de la rivière sont favorables ou défavorables, qui fi.xe la flotte sur la ligne au premier endroit venu, sans avoir même sondé la rivière, prendra de temps en temps un poisson ; il lui arrivera même, par hasard , de faire une belle journée ; mais, neuf fois sur dix, ce pécheur ne prendra rien.
Dans les eaux tout à fait dormantes.
le pêcheur lance la ligne devant lui: il peut alors poser la canne sur le bord,
qu'elle commence à tirer sur le fil, on sort la ligne pour la relancer vers le haut.
Quand le poisson mord à l'hameçon, la flotte l'indique immédiatement en s'enfonçant dans l'eau plus ou moins.
Il faut alors tirer la ligne pour ferrer le poisson, c'est-â-direlui enfoncer le dard de l'hameçon dans les chairs. Le poisson, en effet, se ferre très rarement lui-même. Le moment précis où l'on doit tirer la ligne est délicat à saisir ; c'est, là encore, une afl'aire de pratique et aussi une afl'aire de science, car il ne faut pas ferrer tous les poissons au même moment ni de la même manière, tous ne saisissant pas l'appât de la môme manière. Dans tous les cas, la ligne doit être toujours disposée de
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telle sorte qu'on puisse ferrer dès qu'on le juge bon ; pour cela, il faut que la longueur de la ligne soit réglée de telle manière que la portion du fil comprise entre la flotte et l'extrémité du scion soit toujours à peu près tendue ; s'il n'en était pas ainsi, le coup
En opérant ainsi il fait fuir les poissons qui sont dans le voisinage; si, de plus, il a affaire à une grosse pièce, il nrise la ligne ou la canne, et le coup est manqué. Pour l'errer, il faut se contenter, quand la partie supérieure de la liirne est bien tendue, de donner uu
La pêche à la ligne : enUvage Au poisson cf autorité.
serait toujours trop mou et le poisson aurait toujours le temps de lâcher l'appât en sentant la première piqûre de l'hameçon.
Bien ferrer un poisson n'est pas une opération facile. Le pêcheur inexpérimenté tire violemment toute sa ligne hors de l'eau, en donnant un grand coup et en faisant beaucoup de bruit.
coup sec du poignet, pour soulever simplement l'hameçon de 15 à 20 centimètres; cela suffit. Si le poisson est petit, on continue alors le mouvement, plus lentement, pour le tirer de l'eau (fîg). Si le poisson est gros, on sent une résistance et l'on prend les précautions nécessaires en pareil cas.
Dès qu'un gros poisson est pris à
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l'hameçon, par suite d"uu inouveiiu'iil sec du poignet, il faut maintenir la canne haute pour empêcher le poisson de tiler horizontalement avec toute sa force, car alors il briserait la ligne ou arracherait l'hameçon. Mais si la canne est maintenue haute, le poisson, tenu la tête en l'air, presque verticalement, perd presque toute sa force ; d'ailleurs la flexibilité du scion amortit singulièrement la violence de la traction qu'il exerce, dans ses mouvements brusques.
Ces mouvements sont parfois d'une
frande violence; le pêcheur les suivra e la main, doucement, mais sans
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comme une masse inerte, il semble liri'sque mort. On le rapproche peu à peu du bord, la canne haute ; on prend la canne de la main gauche, l'épuisette de la main droite, et, sans cesser do veiller, pour être prêt à tout événement, on passe l'épuisette sous le poisson et on le tire de l'eau i/if/.). Si l'on n'a pas d'épuisette, il faut noyer le poisson Beaucoup plus complètement avant do chercher à s'en emparer avec la main.
Si la rive est trop haute pour qu'on puisse le prendre à la main, on altend encore que la noyade soit complète, puis on saisit le fil de la ligne avec la
L'enlevage du poisson à l'épuisette.
jamais cesser de tenir la canne très nautc cl la ligne tendue presque verticalement. En même temps le pêcheur saisira son épnisette, de façon à l'avoir à la main pour l'employer quand le moment sera venu. Bientôt les mouvements du poisson deviennent moins violents, mais ils reprennent après un instant de repos, pour s'arrêter de nouveau, et ainsi de suite. A mesure que la défense devient moins puissante, le pêcheur soulève un peu plus la canne, cl tâche d'amener ainsi la tète du poisson hors de l'eau, ce qui détermine l'asphyxie assez rapidement.
Au moment de l'asphyxie, le poisson a souvent des soubresauts très dangcreu.x; il ne faudra donc pas se hâter, ni cesser de veiller attentivement.
Enfin le voilà sur l'eau ; immobile
main, aussi près que possible de la bête et on lire très doucement ; mais on conçoit combien cette manœuvre est délicate quand le poisson est gros et le fil peu résistant.
On augmente beaucoup les chances de prise dans la pêche à la ligne flottante en amorçant convenablement la rivière pour attirer le poisson dans un endroit choisi avec soin fvo\'. appâts).
Pêche à la ligne à lancer. Celte pêche est très fatigante, mais souvent très fructueuse : c'est une véritable chasse au poisson. Elle s'adresse à tous les poissons qui viennent à la surface do l'eau pour y dévorer les insectes :
perche, ablette, clievesne, truite, saumon....
La ligne à lancer (voy. ligne) n'a pas
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de flotte ; elle est eschée avec une mouche artificielle* [\oy. ce mol) convenable, ou, à défaut d'une mouche artificielle, avec des mouches naturelles, des papillons, des sauterelles, des grillons, ou même des hannetons, s'il s'agit de poursuivre de gros chevesnes.
La pêche se fait de la manière suivante (fifj.)- Le pAcheur, armé de sa ligne, fait sautiller l'appât sur la surface de l'eau, sans qu'il s'enfonce, et le retire presque aussitôt; le poisson, cro\-ant voir un insecte qui tombe, se précipite; c'est là, plus encore qu'à la ligne flol-
1 poisson, qu'il faut aller chercher au milieu de la rivière ; dans ce cas il faut uni- trOs longue canne, assez lourde
I pour n'être m anœuvrée qu'à deux mains;
I il fiut avoir en outre l'épuisette au dos, toi^ours prête à fonctionner.
I L'exercice cesse d'être fatigant
! quand on s'y livre sur un bateau. I^e
fiêcheur est alors à l'avant, il lance sa igné devant lui, à plusieurs mètres en avant du bateau ; un rameur dirige l'HUibarcation, lui faisant descendre le courant aussi lentement que possible i et ne donnant, dans le plus grand silence.
La pêche â la ligne à lancer.
tante, qu'il faut avoir le coup d'œil juste pour ferrer à temps.
Comme on ne peut pas lancer la ligne avec quelque chance de succès plus de 2 ou 3 fois de suite au même endroit, la pêche à la ligue à lancer est une promenade continuelle le long des rives, à travers tous les obstacle;; que l'on rencontre sur les bords d'une rivière, d'un ruisseau, d'un torrent. Si l'on s'adresse seulement à l'ablette, avec une ligne très légère et de petite longueur, la fatigue de ce genre de chasse' ne vient que des obstacles à franchir, des positions pénibles que l'on est obligé de prendre pour atteindre parfoisl'eau à travers les arbres , les broussailles. Mais il en va autrement si l'on s'adresse au gros
que le nombre de coups de rames strictement nécessaire pour que le bateau ne se retourne pas et ne vienne pas s'échouer sur les bords.
On ne prend jamais rien à la ligne à lancer sur une eau trop calme. Il faut que la surface soit agitée par le courant ou par un vent léger qui fait rider la surface.
La ligne à lancer doit toujours être munie d'hameçons petits par rapport au poisson que l'on veut prendre. .Son empile et son avancée doivent être aussi incolores et aussi transparentes que possible. Le pêcheur aura toujours en portefeuille un assez grand nombre d'hameçons de rechange, munis de leurs mouches artificielles, car il n'est aucune
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pêche à laquelle on perde autant d hameçons, dans les arnres et les broussailles qui bordent la rive.
Question de fatigue à part, le grand talent, dans ce genre dépêche, consiste à savoir bien lancer la ligne ; il y faut de la pratique et la direction d'un bon maître. Là où une ligne bien lancée fait une fort belle pèche, une ligne mal lancée ne prend absolument rien.
On doit lancer doucement, aussi loin du bord que possible, sans jamaisbattre l'eau ni la faire jaillir, ce qui demande une grande légèreté de main. En outre,
poignet donm- ù la canne redresse le fil, et la mouche louche seule le liquide, sans aucune secousse. Si l'appât n'est
F as saisi à l'instant même où il touche eau, le pAchcur le ramène doucement vers lui en le faisant traîner à la surface ; puis il l'enlève enfin, pour lancer de nouveau.
Les petits poissons, une fois ferrés, sont enlevés d'autorité, comme pour la ligne flottante. Les grands sont pris à Vépuisette (voy. plus haut, à la pèche