DRU
à la longue , leur autorité sur les populations De là une faiblesse èt des divisions qui amenèrent sa ruine et l'asservissement du pays. — A l'époque où les tribus gauloises allaient subir le joug du conquérant étranger, le druidisme, affaibli dans le reste du pays, dominait encore dans les deux Bretagnes et dans les bassins de la Seine et de la Loire. Les Éducs se trouvaient à la tête de ce parti, qui défendait le principe électif, c'est-à-dire les druides et les chefs temporaires du peuple des villes. Mais les Arvernes, les Séquanais, et toutes les populations ibériennes de l'Aquitaine étaient fidèles à l'hérédité, c'est-à-dire au système des chefs de clan. Les cruautés du vainqueur purent seules réconcilier contre lui les partisans de ce système avec les druides. Le signal de l'insurrection que dirigea le Vercingétorix Arverne partit de la terre druidique des Carnutes de Genabum. — ■ Quand la Gaule fut pacifiée, le druidisme, restreignant son empire à la masse poptslaire, laissa les ambitieux des hautes classes adopter la religion de*s Romains ; mais il devint le foyer où venaient se ranimer les espérances des patriotes. Lui-même conserva son énergie et son fanatisme; il sut résister constamment à l'influence romaine; et ce fut là que se réfugia la nationalité gauloise. Auguste essaya vainement de modifier les pratiques sanguinaires de ce culte. Sous Tibère , ce fut un Édue, Julius Sacrovir, qui se mit à la tète de la révolte des Gaules. Aussi l'empereur voulut-il, après avoir étouffé cette révolte, exterminer la secte entière des druides : en effet, presque tous périrent du supplice de la croix. Sous son règne et sous ceux de Claude et de ^léron, le général romain Suétonius Paulinus poursuivit les druides qui restaient jusque dans leur dernier asile, dans l'île de Mona ( Anglesey ). Là était depuis plusieurs siècles le siège le plus secret du cuite druidique. La conquête de la Bretagne ne devait être complète que lorsqu'ils seraient exterminés. Quand les Romains se disposèrent à débarquer, ils virent sur le rivage une forêt d'armes et de soldats. Dans les rangs couraient des femmes, les cheveux épars, des torches à la main ; tout autour étaient les druides, qui, fièrement immobiles et les bras levés au ciel, prononçaient avec solennité d'horribles imprécations Frappés d'abord de terreur, les Romains se ranimèrent à la voix de leurs chefs , et culbutèrent les Bretons. Druides, prêtresses, soldats, tout fut égorgé ou brûlé ( 61 après J. C. ) — Quand Civilis prit les armes contre Vespasien, ces prêtres, si longtemps persécutés, sortirent encore de leurs retraites pour proclamer que l'empire des Gaules allait s'élever sur les ruines du Capitole; mais la civilisation de Rome avait envahi les villes gauloises. On ne pouvait craindre que le pays ne s'oubliât lui-même. Seulement, hors des villes, dans les campagnes, et surtout en s'avançant vers le nord,