‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 137 sur 420 · DRU · texte numérisé non relu

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un reste de nationalité s'était encore conservé avec. le druidisme, qui s'y était réfugié, et dont le souvenir était toujours cher aux Gaulois. Aussi Pescennius Niger ne crut pouvoir mieux faire , pour se rendre populaire parmi eux, que de ressusciter, dit-on, de vieux mystères qui sans doute étaient ceux du druidisme. Des femmes druides prédirent l'avenir à Aurélius, à Dioctétien- et à Alexandre Sévère. La religion nationale n'avait point péri, elle dormait sous la culture romaine en attendant le christianisme. Le culte druidique, incorporé en quelque sorte au sol même, résista fortement à la nouvelle religion qui devait le transformer successivement,, sans pouvoir enlever aux Bretons ce profond caractère national qu'ils ont gardé jusqu'à nos jours. Prêché en Armorique, vers la fin du quatrième siècle, le christianisme fit d'abord peu de prosélytes : le druidisme était proscrit ; mais il subsistait dans les monuments, peu ou point modifiés , de l'ancien culte qui devaient servir de symbole au nouveau. La présence des signes matériels démentait aux yeux de la foule grossière la transformation accomplie. Ce fut donc à peu près sans succès que le concile de Nantes, tenu en 658, s'élevant contre les adorations du peuple à l'égard de certains chênes et de certaines pierres cachées au fond des bois, devant lesquels on allait allumer des brandons et porter des offrandes, prescrivit aux prêtres armoricains de faire arracher ces arbres sacrés, ûe les brûler, de ramasser les pierres, et de les enfouir dans des endroits si cachés que les paysans ne pussent jamais les retrouver. Ces décrets ne purent être exécutés que très-imparfaitement. Au neuvième siècle, on voit Charleraagne lancer contre les superstitions et les pratiques du druidisme deux capitulaires qui n'eurent pas plus d'effet. L'action lente d'une civilisation avancée qui gagnait de jour en jour du terrain sur la barbarie, et finit par étreindre en entier la Bretagne , pouvait seule amener des résultats efficaces. Mais que ce travail fut long! Au dix-septième siècle , on voit le littoral de l' Armorique et l'île d'Ouessant, etc., encore plongés dans le paganisme le plus grossier, et accomplissant machinalement des pratiques superstitieuses dont le sens était alors à peu près perdu. Les pérégrinations de le Nobletz, qui parcourut la Bretagne vers 1614 , une croix à la main, nous révèlent l'état de grossièreté des Armoricains au commencement du grand siècle. Ici, les femmes balayaient la chapelle la plus vois'ine de leur village, et en jetaient la poussière au vent, pour le rendre favorable au retour de leurs maris et de leurs enfants qui étaient embarqués. Là, elles prenaient, comme les grossiers ostiaques de l'obi, les images des saints, les menaçaient de mauvais traitements , les fouettaient même, ou les jetaient à l'eau s'ils ne leur accordaient pas proraptement l'heureux

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