‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 189 sur 420 · LIER · texte numérisé non relu

LIER

est libre encore de la tunique de peau et de la massue, ornements égyptiens dont on l'a affublé postérieurement. L'hymne homérique, qu'IIgen pense n'être que le début d'une ancienne Héraclée ou épopée herculéenne , présente les traditions dans le même ordre , avec la même simplicité de faits que l'Iliade et l'Odyssée. Ici commence l'altération. Lorsque les poètes des âges suivants eurent brodé de diverses manières et considérablement agrandi le cycle mythique du héros, lorsqu'on eut commencé à comparer età identifier les dieux et héros grecs avec ceux des autres nations, la masse des traditions relatives à Hercule ayant semblé trop lourde pour on seul individu, on imagina de reconnaître plusieurs héros du même nom ; c'est-à-dire qu'après avoir ramassé en un bloc autour d'un type national tout ce que l'esprit de curiosité naturel aux Grecs pouvait leur apprendre sur une multitude de personnages divers, on imagina de rescinder cette masse ; mais en coupant à droite et à gauche , donnant à l'un ce qui appartenait à l'autre : la confusion fut encore augmentée par une tendance vicieuse à réduire aux proportions humaines les énormes figures des temps héroïques. Le sens profond et poétique des anciennes conceptions fut alors tout à fait perdu, comme on peut le voir par les Alexandrins qui, méconnaissant dans Hercule ce type élevé et magnanime de l'homme qui souffre et meurt pour ses frères , arrangèrent ses travaux, et en réduisirent le nombre à douze, pour transformer le fils d' Alcmène en un dieu-soleil. Mais nous ne faisons pas ici de traité méthodique du symbole. Nous nous contenterons de faire une remarque sur un passage d'Hérodote auquel on accorde beaucoup trop d'importance. Cet historien parle de deux Hercules , l'un égyptien et phénicien , type du second, l'Hercule grec. Au sujet de quoi Plutarque répond avec raison que ni Homère, ni Hésiode, ni Archiloque, ni Pisandre, ni Stésichore, niAlcman, ni Pindare, ne connaissaient plusieurs Hercules; tous ces auteurs, dit l'historien de Chéronée, n'ont jamais parlé que d'un Hercule argien ou béotien. Il aurait cependant pu ajouter que dans Hésiode on trouve déjà quelques traces des traditions phéniciennes, qui, analogues à celles de l'Hercule grec , s'y reliaient aisément. Diodore compte trois Hercules : un d'Egypte , un de Crète, et un de Thèbes. Cicéron en nomme six , qui sont : i° fils du Nil ; 20 fils de Jupiter et de Lysithoë; 3° Dactyle idéen; 4° 1 Hercule indien; 5° fils de Jupiter et d'Astérie; f>° fils de Jupiter et d' Alcmène. Lydus en connaît sept, et Varron pas moins de quarantequatre. Un pareil système ne tendait à rien moins évidemment qu'à individualiser chaque action du héros, et conséquemment à dénaturer le mythe d'une manière complète. Passons maintenant à l'historique de la fable — Traditions antiques. Fils de Jupiter et d'Alcmène,

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