‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 190 sur 420 · DICT. MÎT · texte numérisé non relu

DICT. MÎT

qni lui donna le jour à Thébes en Béotie {voy. Alcmène), Hercule est le type parfait d'un héros bienfaisant qui consacre sa vie entière au salut de l'humanité, et le. plus célèbre des guerriers de ces temps héroïques, si féconds eu personnages illustres. Doué d'une force prodigieuse et d'un courage à toute épreuve, il pousse parfois la témérité jusqu'à défier les dieux immortels, à ia volonté desquels il se soumet cependant durant sa longue vie de souffrances. La haine de Junon, qui le priva du pouvoir souverain auquel Jupiter l'avait appelé, lui suscitant d'interminables persécutions, il doit continuellement errer sur terre et sur mer pour secourir les opprimés et dompter les monstres , au mépris de son repos et de sa propre vie ; le cercle de ses pérégrinations ne s'étend cependant pas au delà de la Grèce et de l'Asie Mineure. Le dernier de ses hauts faits , qui n'ont pas de nombre déterminé, est d'arracher Cerbère de l'empire des ombres, junon s'apaise enfin à la mort du héros, et Hercule, déposant sa dépouille mortelle, qui s'en va habiter, comme ombre, dans le royaume de Pluton, s'élève dans l'Olympe, où il habitera désormais uni à la jeune Hébé, et siégeant au milieu des dieux immortels. Tels sont les traits essentiels de l'histoire mythologique primordiale du héros. — Traditions modernes. 1. Né à Thèbes ou à Tirynthe de Jupiter et d'Alcmène, qui le mit au monde en même temps qu'Iphîclès, Hercule fut privé par Junon de la puissance souveraine à laquelle il était destiné. Voy. Eurysthée. Jupiter, ne pouvant remédier à ce qui était accompli, se contenta d'obtenir de sa femme, que le fils d'Alcmène , après sa vie périlleuse, serait admis au nombre des dieux. A cette condition , il laissa la royauté à Eurysthée. Mais la rage de Junon n'était pas apaisée , et elle envoya deux serpents auprès du berceau de l'enfant qui n'avait encore que huit mois. Hercule se leva de son berceau, et tua les serpents en les étouffant chacun d'une main. Phérécyde dit que ce fut Amphitryon lui-même qui mit ces deux serpents dans le berceau de ses enfants pour savoir lequel des deux était le sien; qu'Iphiclès s'enfuit, et qu'Hercule attendit les serpents : ce qui lui fit connaître qu'Iphiclès était son fils. Cette tradition est absurde et révolte le sens commun. Dans ses Néméennes, Pindare fait apparaître Tirésias , qui , à la vue des serpents étouffés , prédit à Hercule les travaux et la gloire qui l'attendent, et comment il sera admis dans l'Olympe , après sa mort. — Hercule fut élevé à Thèbes. Diodore rapporte qu'Alcmène, effrayée des menaces de Junon , l'ayant déposé dans un champ , il y fut recueilli par Minerve et Junon, qui voulurent l'allaiter, et finirent par le rendre à sa mère. Suivant Ératosthène, Mercure porta le nouveau-né dans l'Olympe, et le déposa sur le sein de la reine des dieux, qui, irritée, à son réveil, arracha violemment l'en-

fant de sou giron : le lait, en s'ëchappant , forma la voie lactée. — Hercule apprit d'Amphitryon à conduire un char; d'Autolycus ou d'Harpalycus , l'art de la lutte ; Eurytus , d'autres disent le scythe Teutaros, lui enseigna à tirer de l'arc; Castor , à combattre armé de toutes pièces; Linus et Eumolpe, la musique et les sciences. Rhadamanthe , Chiron et Thestiade figurent aussi au nombre de ses précepteurs. Frappé par Linus, le jeune héros le tua d'un coup de lyre. Étant poursuivi devant les tribunaux pour ce meurtre, il se défendit en citant la loi de Rhadamanthe, qui absout ce lui qui en tue un autre en repoussant la force par la force. En conséquence de cette loi, il fut acquitté. Mais Amphitryon, craignant qu'il ne fit encore quelque chose de pareil, l'envoya vers ses troupeaux de bœufs. 2 Hercule devint bientôt d'une grandeur et d'une force extraordinaires ; il avait quatre coudées de haut (environ huit pieds\ suivant Apollodore. Pindare ie fait petit de taille, mais d'un courage indomptable. Le feu sortait de ses yeux ; il ne manquait jamais son but, soit à l'arc, soit à la lance. N'ayant que dix-huit ans, et étant encore avec les troupeaux , il tua le lion du mont Cithéron. Cet animal sortait de la montagne pour ravager les troupeaux d'Amphitryon et ceux de Thestius, roi des Thespiens, dont les cinquante filles eurent toutes des enfants du héros. Après avoir tué le lion. Hercule se revêtit de sa peau, et se servit de sa tête en place de casque. Cette tradition n est, du reste, qu'une copie de celle qui a rapport au lion de îsémëe. — C'est ici le lieu , au début de la glorieuse carrière d'Hercule, de parler de l'allégorie de Prodicus, qui n'appartient proprement pas à la mythologie, mais qui est si connue, qu'on ne saurait la passer sous silence : « Hercule, étant devenu grand, sortit, dit Xènophon , en un lieu à l'écart, pour penser à quel genre de vie il se donnerait : alors lui apparurent deux femmes de grande stature, dont l'une, fort belle, qui était la Vertu, avait un visage majestueux et plein de dignité , la pudeur dans les yeux , la modestie dans tous ses gestes, et la robe blanche; l'autre, qu'on appelle la Mollesse ou la Volupté , était dans un grand embonpoint, et d'une couleur plus relevée : ses regards libres et ses habits magnifiques la faisaient remarquer. Elle essaya d'attirer Hercule à elle; mais il se décida à embrasser le parti de la Vertu. » — Au retour de sa chasse , Hercule rencontra les hérauts qu'Erginus envoyait à Thèbes recevoir ie tribut {voy. Erginus); les mutila, leur coupa ie nez et les oreilles, et , ayant attaché leurs mains à leur cou, leur dit que c'était le tribut qu'il donnerait à Erginus et aux Minyens. Erginus marcha contre Thèbes; Hercule, ayant reçu une armure de Minerve , tua son adversaire , mit les Myniens en fuite, et leur imposa un tribut double du premier. Amphitryon périt dans ce combat, qui valut au héros la main de

Mégare, fille de Créon. Euripide dit cependant qu'il vivait encore longtemps après, Voy. plus loin. Suivant Diodore, Amphitryon avait voulu livrer Hercale à Erginus; mais le héros, exhortant la jeunesse thébaine à mourir pour la patrie, l'avait revêtue des armes consacrées dans les temples, et, avec son aide, s'empara d'Orchomène. Erginus ne fut pas tué dans le combat, dit Pausanias; il fit alliance avec son ennemi. Diodore rapporte encore qu'Hercule , ayant intercepté le cours du Céphise , au moyen d'énormes quartiers de rochers, fit ainsi refluer les eaux dans les terres, et empêcha par là l'effet de la cavalerie des Orchoméniens. — Après son expédition contre les Minyens, Junon, jalouse de lui, le rendit furieux, et, dans un accès ne délire, il jeta au feu les enfants qu'il avait eus de Mégare et deux de ceux d'iphiclès. S'étant condamné à l'exil pour cette action, il fut purifié par Thestius. Il alla à Delphes consulter l'oracle , pour savoir quel lieu il habiterait ; et ce fut là qa'il reçut pour la première fois, de la pythie, dit Apollodore, le nom d'Hercule. La prêtresse lui dit d'habiter Tyrinthe, d'y servir pendant douze ans Eurysthée, d'exécuter les travaux qu'il lui ordonnerait, et qu'après les avoir terminés, il obtiendrait l'immortalité. Les mythologues sont loin d'être d'accord sur cette période de la vie du héros, qui précède son service chez Eurysthée. Ils diffèrent sur l'époque et la cause de la folie d'Hercule. Suivant Euripide, c'est à son retour des enfers que le délire le saisit. Il tua Mégare et ses enfants, et allait égorger \mphitryon , si Minerve ne lui eût lancé une énorme pierre qui le renversa. On voyait cette pierre sous l'autel d'Apollon Israénien à Thèbes. Le scoliaste de Pindare s'accorde avec Euripide pour faire périr les enfants d'Hercule sous les traits de son arc redoutable. Selon Diodore, Junon inspira la folie au fils d'Alcmène, comme il s'attristait de sa vie aventureuse , après avoir entendu la réponse de l'oracle. Ou bien, demandant à Apollon comment il pourrait se purifier du meurtre de ses enfants, et n'en recevant pas de réponse, il vola le trépied sacré et ne le rendit que sur l'ordre de Jupiter. C'est pour cela que Mercure le vendit à Omphale. Voy. plus loin. Les auteurs ne s'accordent pas davantage sur la cause de la subordination d'Hercule à Eurysthée. La tradition homérique en donne pour raison le serment de Jupiter et la ruse de Junon ; un autre mythe rapporte que, voulant expier le meurtre de ses enfants, il suivit l'ordre d'Apollon, et de même que le dieu avait accepté un rôle inférieur pour expier la mort de Python, se soumit à Eurysthée. Enfin, une troisième fable dit que ce dernier rappela Hercule auprès de lui., jaloux qu'il était de sa gloire; Jupiter ordonna au héros d'obéir a son ennemi, et lui promit en récompense l'immortalité. — 3. Obéissant à l'ordre de l'oracle, Hercule se rendit à Tirynthe pour y recevoir les ordres

d'Eurysthée. La tradition la plus générale est qu'il exécuta douze travaux célèbres qui l'hnraortalisèrenl ; mais ni Homère ni les anciens poètes grecs ne parlent de ce nombre déterminé, imaginé par les Alexandrins, par suite de l'identification de l'Hercule grec avec l'Hercule égyptien, qui, en sa qualité de dieu-r.oleil , passe par les douze signes du zodiaque. Une fois cette remarque faite, nous nous conformerons à l'usage habituel des mythologues, avertissant encore que l'ordre des douze travaux n'est pas le même chez tous, et que le temps du servage d'Hercule est fixé tantôt à douze ans, tantôt à huit ans et un mois. Confiant dans sa force et dans son courage, Hercule pouvait affronter le mauvais vouloir d'Eurysthéc, et sortir triomphant de ses épreuves , grâce au secours que lui donnèrent les dieux ; il reçut de Mercure une épée, d'Apollon des flèches, de Vulcain une cuirasse d'or , de Minerve un manteau , et il coupa luimême une massue dans la forêt de Némée (Apollodore). On peut remarquer à ce sujet que les traditions présentent l'Hercule combattant sous deux aspects. L'Hercule essentiellement grec porte des armes toutes grecques, des jambières données par Vulcain , une cuirasse d'or, présent de Minerve, l'épée, le carquois, l'arc, les flèches, la lance : son bouclier est l'œuvre de Vulcain. 11 est d'une adresse remarquable à tirer de l'arc, et court les aventures sur un char que conduit Iolas. L'un de ses chevaux s'appelle Arion (Hésiode, Homère). Une fois la période posthomérique arrivée, l'Hercule naturalisé, c'est-à-dire égyptien de naissance, porte la massue et la peau de lion. Pisandre et Stésichorc paraissent être les premiers , parmi les poètes grecs , qui l'aient représenté ainsi. Suivant Apollonius, cette massue , faite d'airain , était un don de Vulcain; selon d'autres, c'était un tronc d'olivier sauvage. Pausanias ajoute que le héros l'ayant un jour appuyée contre la colonne de Mercure Polygios à Trézène , elle prit racine, et reverdit. — i. Lion de Némée. Le premier ordre qu'Eurysthée donna â Hercule fut de lui apporter la peau du lion de Némée. Il accomplit cette tâche difficile, Voy. Némée. Mais , a son retour , Eurysthée, effrayé de sa force, lui défendit d'entrer à l'avenir dans la ville, et lui ordonna de montrer seulement devant les portes le résultat de ses travaux. Voy. Eurysthée. — 2. Hydre de Lerne.

Le héros parvint à la tuer avec beaucoup de peine. Voy. hydre. Mais Eurysthée ne voulut point que cette action fût comptée dans ces douze travaux , parce que , pour détruire l'Hydre , Hercule avait eu besoin du secours d'Iolas. C'est à partir de celte époque, que ses flèches , trempées dans le sang de l'hydre, jouirent de la dangereuse propriété de faire des blessures incurables. — 3. Byehe cérynitide. 11 parvint à l'amener vivante à Mycènes, malgré la rapidité de sa course. Voy. Cerynitide. — 4. Sanglier d'Êr y manthe. Hercule

parvint aussi à l'amener vivant. Voy. Érymanthe. C'est en se rendant dans la Psophide, où ce monstre exerçait ses ravages, qu'Hercule eut à combattre les centaures. Nous parlerons plus loin de ce combat, que nous placerons à la suite des douze travaux , au nombre des travaux secondaires ou Parerga, bien que dans l'origine sa place chronologique fût marquée ici. — 5. Ètables d'Augias. D'après l'ordre d'Eurystliée, Hercule dut les nettoyer en un jour, et s'acquitta de cette tâche en détournant l'Alphee et le Pénée. Voy. Augias. Augias lui refusa son salaire , et le bannit. Le héros se rendit alors à Oléne, auprès de Dexamène, dont le centaure Eurytion voulait épouser la fille de force. Ce brutal amant tomba sous les coups d'Hercule, qui épousa la jeune Mnésimachê, et qui se vengea plus tard d'Augias. Eurysthée ne voulut pas compter le cureraent des étables parmi les douze travaux, sous prétexte qu'Herbule l'avait fait pour un salaire. — 6. Les oiseaux stymphalides. Voy. Sttmphaeïdes. — 7. Taureau de Crète. Acusilas dit que ce taureau était celui qui avait amené Europe à Jupiter. Suivant d'autres, Minos ayant promis à Neptune de lui sacrifier ce qui sortirait de la mer , ce dieu en fit sortir ce taureau. Minos, voyant sa beauté, l'envoya dans ses pâturages, et en sacrifia un autre à Neptune. Le dieu, irrité , rendit ce taureau féroce. Hercule se rendit en Crète avec la permission de Minos, dompta le taureau, le mena à Eurysthée, et lui rendit ensuite la liberté. Diodore dit qu'il s'en servit comme de monture» pour traverser le Péloponèse à la nage. Ce taureau, ayant parcouru le pays de Sparte et toute l'Arcadie , traversa l'Isthme, et se rendit à Marathon dans l'Attique, où il commit de grands ravages. — 8. Juments de Diomède. Voy, Diomède. Hercule, après s'en être emparé , fonda la ville d'Abdère en l'honneur de son ami Abdéros , tué dans le combat contre les Bistoniens. Quelques mythologues placent à cet endroit de la vie d'Hercule la délivrance d'Alceste. — 9. Baudrier de (a reine des Amazones. Voy. Hippolyte. A cette expédition se rattachent le débarquement a Paros, et le voyage en Asie Mineure dont nous parlerons plus loin. — 10. Les bœufs de Géryon. Parti pour aller à la recherche des bœufs de Géryon, Hercule traversa l'Europe, où il trouva beaucoup de peuples sauvages, et entra dans la Libye. Après avoir passé Tartesse, il planta dejix colonnes, en mémoire de son voyage, sur les deux montagnes opposées qui terminent l'Europe et l'Afrique. Le soleil, l'incommodant dans sa route , il tendit son arc contre ce dieu, qui, admirant son courage, lui donna une barque d'or dans laquelle il traversa l'Océan. Arrivé à Érythie, il s'empara des bœufs qu'il convoitait {voy. Geryon), les mit dans sa barque, et, parvenu à Tartesse , rendit au soleil ie présent qu'il en avait reçu. Passant ensuite par le pays d'Abdère ,

il vint dans la Ligurie, où Alébion et Dercynus, fils de Neptune, voulurent lui enlever ses bœufs. Les ayant tués, il se rendit dans la Tyrrhénie. A Reggio, un taureau se détacha de la troupe , et aborda en Sicile sur les terres d'Éryx , ce qui occasionna la mort de celui-ci. Voy. Éryx. Ayant retrouvé son taureau perdu, Hercule le conduisit avec les autres vers la mer Ionienne; mais un taon, envoyé par Junon, les dispersa dans les montagnes de la Thrace. Hercule les poursuivit, et en ramena une partie vers l'Hellespont. Les autres restèrent, et devinrent sauvages. Ayant enûn rassemblé ses bœufs avec peine, et le fleuve Strymon, qui était alors navigable, luuayant donné quelque sujet de plainte, il combla son lit de pierres, et le rendit impraticable. Il amena alors les bœufs à Érysthée , qui les sacrifia à Junon. Tel est le récit d'Apollodore, dont Diodore s'écarte en quelques points. Ce dernier fait aborder Hercule en Crète, puis rassembler une flotte nombreuse pour attaquer Chrysaor , et c'est dans ce même voyage qu'a lieu la mort d'Antée , l'expédition contre Busiris, et la fondation d'Hécatompolis. Suivant le même auteur, Hercule se rendit ensuite en Gaule, y abolit les sacrifices humains, et fonda Alésia. Dans la contrée où Rome s'éieva dans la suite, il reçut un accueil hospitalier de Cacius et de Pinarius ; prit part au combat des géants dans les champs de Fhlégra; combattit Éryx , sacrifia à Syracuse à Proserpine et à Cerès, etc. (Tite-Live). Suivant Hygin, dans son différend avec les Ligures il vint à manquer de flèches , et tomba à genoux épuisé de fatigue et couvert de blessures. Jupiter fit tomber alors une pluie de pierres , au moyen desquelles le héros mit ses adversaires en fuite. C'est chez les Aborigènes qu'Hercule tua Cacus. Voy. ce nom. .Comme on le pense bien , ce ne sont pas là les seules variantes qu'offrent les récits des mythologues ; mais il est impossible de les mentionner toutes. — Tous ces travaux furent terminés dans huit ans et un mois ; mais Euryslhée , ne voulant compter à Hercule ni celui des étables d'Augias ni celui de l'Hydre, lui en ordonna encore deux. — 11. Pommes d'or des Hespérides. Ces pommes étaient auprès de l'Atlas, dans le pays des Hyp-erboréens. Junon les avait données en présent à Jupiter lorsqu'elle l'épousa. Voy. HespÉrides. Hercule rencontra prés^du fleuve Echédore, Cycnus, fils de Mars et de Pyrène , qui. le défia au combat. Mars voulut prendre la défense de son fils , et combattre le héros; mais la foudre tomba au milieu d'eux et les sépara. Hercule passa ensuite par rillyrie , gagna les bords de l'Éridan, et, sur l'avis des nymphes, filles de Jupiter et de Thémis, se rendit auprès de Nérée, qu'ii força de lui indiquer la demeure des Hespérides. Il prit ensuite son chemin par la Libye, y fit périr Antée, dont il apporta plus tard les os à Olympie (voy. Antée), et, s'étant endormi après sa victoires fut assailli par les

Pygmées; à son réveil, il les enferma tous dans sa peau de lion. La femme d'Antée donna à Hercule un fils qui fut nommé Palémon. De la Libye , le héros passa en Égypte, y tua Busiris {voy. ce nom); puis en Arabie, où il fit périr Emathion (voy. ce nom), que d'autres placent en Éthiopie. Il arriva ensuite, par la Libye, à la mer extérieure , où il trouva sa barque; il s'y embarqua, et, ayant abordé au continent opposé, il tua à coups de flèche, sur le Caucase , l*aigle né de Typhon et d'Echidna, qui rongeait le foie de Proraéthée, et délivra ce* lui-ci, qui obtint l'immortalité. Voy. Chiron. Parvenu enûn dans le pays des Hyperboréens), il s'empara des pommes avec l'aide d'Atlas > Voy. Atlas. — 12. Descente aux enfers.

Eurysthée ordonna à Hercule, pour le douzième de ses travaux , de lui amener Cerbère. Avant d'entreprendre cette périlleuse aventure, le héros alla trouver Eumolpe à Eleusis , d'autres disent Musaeos à Athènes , pour se faire initier. Pylius l'adopta, et il fut admis au nombre des époptes après s'être purifié du meurtre des Centaures. Arrivé à Ténare , dans la Laconie, où est l'entrée des enfers, il y descendit par cette ouverture. Les ombres s'enfuirent toutes lorsqu'elles le virent , à l'exception de celle de Méléagre, qui lui offrit en mariage sa sœur Déjanire, et de celle de Méduse. Il tira l'épée contre la Gorgone, comme si elle eût été vivante ; mais Mercure ou Minerve, dont il était accompagné, l'avertit que ce n'était que son ombre. Près des portes de l'enfer, il trouva Thésée et Pirithoùs, qui lui tendirent la main , comptant sur sa force pour recouvrer leur liberté. Il délivra effectivement Thésée; mais la terre ayant tremblé lorsqu'il voulut saisir Pirithoùs, il le laissa. D'autres traditions disent qu'il les emmena tous deux , ou bien qu'il les laissa dans l'empire des ombres. On ajoute encore qu'en se levant, Thésée et son ami laissèrent une portion de leur chair après les sièges auxquels ils étaient attachés. Hercule leva aussi la pierre sous laquelle Ascalaphe était enfermé. Voalant ensuite faire goûter du sang aux âmes, il égorgea un des bœufs de Pluton. Après avoir vaincu Menœtius ( voy. ce nom) à la lutte, il saisit Cerbère, remmena avec lui, et remonta sur la terre à Trézène, ou à Coronée, ou à Héraclée. Voy. Cerbère. Puis, l'ayant montré à Eurysthée, il le reconduisit aux enfers. — C'est ici le lieu de parler des Parerga ou travaux secondaires du héros, qui n'ont été subordonnés aux premiers qu'à une époque assez peu reculée. — 1. Le premier est le combat contre les Centaures. Hercule, se rendant dans la Psophide pour combattre le sanglier d'Érymanthe, traversa le pays de Pholoé, et y fut reçu par le centaure Pholus (voy. ce nom), qui lui offrit un repas, dont l'odeur attira les Centaures. Ceux-ci se présentèrent à la caverne de Pholus armés de pierres et de sapins. Hercule mit d'abord en fuite Anchius et Agrius ; il poursuivit ensuite les autres à coups de flèche Jusqu'à Malée, et

blessa par mégarde le bienveillant Chiron. Voy. ce nom. Le reste des Centaures se dispersa ae côté et d'autre; quelques-uns se retirèrent sur le mont Malée. Eurytion se réfugia à Pholoé; Nessus , vers le fleuve Événus; et Neptune cacha les autres dans la montagne Éleusine. Cérès établit les petits mystères, pour purifier Hercule de ce massacre (Diodore). — 2. Expédition à Paros. En se rendant dans le pays des Amazones, Hercule aborda à l'île de Paros, où demeuraient Eurymédon, Chrysès, NéphalionetPhilolaûs, fils de Minos, qui firent périr deux de ses compagnons. Le héros, affligé de cette perte, les tua sur-le-champ et emmena prisonniers Alcée et Sthénélus, fils d'Androgée. Il se rendit ensuite en Mysie , où il fut reçu par Lycus (voy. ce nom), qu'il défendit contre les Bébryces. — - 4. En revenant de son expédition contre Hippolyte , Hercule aborda à Troie, où il délivra Hésione {voy. ce nom ) , ce qui n'empêcha pas Laoraédon de lui refuser son salaire. Hercule le menaça de se venger plus tard, et alla aborder à iEnos, où il fut reçu par Poltys, dont il tua le frère, Sarpédon . à coups de flèche. De là il vint à Thasos, soumit les Thraces qui habitaient celte île, et la donna aux fils d'Androgée. De Thasos, il alla à Toroné, où il tua, à la lutte, Polygone et Télégone, fils de Protée. 11 revint ensuite à Mycènes. — 5. Le Bouvier de Thermydre. Cet épisode, peu important en luimême , se rattache à l'une des faces du caractère du héros. Hercule, ayant tué Busiris, aborda à Thermydre , port de l'île de Rhodes; il y rencontra un bouvier qui conduisait son char attelé de deux taureaux ; il en détela un, le sacrifia, et le mangea. Le bouvier, furieux, l'accabla d'imprécations, et les Rhodiens gardèrent cette coutume de sacrifier à Hercule en l'accablant d'imprécations. On voit encore Hercule manger un bœuf entier chez Théiodaraas , dans le pays des Driopes , et de même chez le roi Coronus. Aussi en garda-t-il les surnoms de^ dévorant ((Sou^aYo;, fiouOatvaç, àdyw&yoç,). Sa réputation de buveur n'était pas moindre ; admis à la table de Pholus , il avale d'un trait une coupe tenant trois congés; il engage aussi avec Léprée une lutte à qui boira le plus, et en sort victorieux. Les anciens avaient symbolisé cette avidité , qui n'a rien de grossier quand on se reporte à la rudesse de la vie héroïque , par l'usage de vider complètement la coupe dans les sacrifices qu'ils offraient à Hercule. Plus tard, les poètes saisirent ce côté faible de la grande figure du fils d'Alcmène, et firent de lui une sorte de Falstaff , comme dans l'Alceste d'Euripide. — Les douze travaux étant terminés, Hercule revint à Thèbes , et donna Mégare en mariage à Iolas , regardant son union avec la fille de Créon comme désapprouvée par les dieux. Suivant d'autres, Mégare était morte; elle avait péri de la main d'Hercule, ainsi que ses enfants , dont Tzetzès place la mort à l'époque seulement où le héros revint des

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enfers. Voulant ensuite se remarier, il apprit qu'Eurytus, roi d'OEchalie, avait proposé la main d'iole, sa fille, à celui qui le vaincrait, lui et ses fils, au combat de l'arc. Il se présenta, et remporta la victoire ; mais le monarque lui refusa sa fille ( Apollodore ). Une aulre tradition dit qu'il était déjà marié à Déjanire lorsqu'il rechercha lole (Sophocle). — Quelque temps après, Eurytus, réclamant à Hercule des bœufs volés par Autolycus , ou des juments, envoya auprès de lui son fils Iphitus, qui le trouva à Pharès, comme il venait d'arracher Alceste à la mort. Tous deux se mirent en route pour chercher les bestiaux volés; mais le héros, saisi d'un accès de fureur, précipita son compagnon du haut des murs de Tirynthe. H erra ensuite quelque temps sans trouver personne qui voulût le purifier; Déiphobe', fils d'Hippolyte, lui rendit enfin ce service à Amy.lée. Il n'en fut pas moins atta que d'une maladie très-grave, en punition de son crime, et alla consulter l'oracle de Delphes pour savoir comment il guérirait. La pythie Xénoclée ayant refusé de lui répondre , il emporta le trépied , et se fit un oracle particulier. Apollon en vint alors aux mains avec lui; mais Jupiter, lançant la foudre au milieu d'eux, les sépara. L'oracle se prononça enfin, et dit à Hercule que sa maladie cesserait lorsqu'après avoir été vendu comme esclave, et avoir donné à Eurytus le produit de cette vente , en indemnité de son fils , il aurait servi trois ans entiers. D'après cet oracle, Mercure le vendit trois talents à Omphale, reine de Lydie. Sophocle dit que le héros fut vendu, non pas d'après un oracle, mais d'après l'oracle de Jupiter, et que le temps de son esclavage ne dura qu'un an ; quoi qu'il en soit , cette période de sa vie ne le vit pas inactif. C'est seulement par suite d'une confusion entre l'Hercule grec et le Sandon lydien , qu'on représente le héros, amolli par les plaisirs de l'amour, filant la laine, et revêtu de la longue sandyx. Il eut d'une esclave d'Omphale , Cléolas, et de sa maîtresse elle-même, Lamus ou Tyrrhenus ou Agelaus. Il est bon de remarquer que tout ceci ne repose que sur des traditions peu anciennes, rapportées par Apollodore et Apollonius. — Ce fut pendant son esclavage qu'Hercule prit et enchaîna lesCercopes. Foy. ce mot. Sylée , à Aulis , forçait les passants à travailler à la terre ; le héros déracina sa vigne , et le tua avec sa fille Xénodicé. D'autres font résider Sylée sur le Pélion en Thessalic , et disent que son frère Dicœos donna sa fille en mariage au héros. La jeune épouse mourut bientôt, et le désespoir d'Hercule fut tel, qu'il se serait jeté dans les flammes du bûcher, si les assistants ne l'avaient retenu. Ayant abordé à l'île Doliché , il y trouva le corps d'Icare , l'ensevelit, et donna le nom d'Icaria à l'île. Dédale, reconnaissant, lui érigea une statue à Pise; Hercule, ayant passé durant la nuit auprès de cette statue, ne la reconnut pas , et lui jeta une pierre, croyant que c'était un corps animé.

Les Itones dépouillaient les voyageurs; Hercule les battit, et ruina leur ville. Un serpent dévastateur qu'il tua sur les bords du Sangaris le fit placer par Jupiter, sous le nom de Serpentaire , au nombre des constellations. Lytierse, fils de Midas, qui massacrait ses hôtes, périt aussi sous les coups d'Hercule, auquel son esclavage n'avait nullement enlevé ses instincts généreux. — Suivant Apollodore, qui le nomme cependant parmi les Argonautes, Hercule ne prit aucune part à l'expédition de Colchide. D'autres traditions recueillies par le scoliaste d'Apollonius lui font jouer un rôle important dans ce mythe mémorable, — a. Hercule bâtit le vaisseau Argo sur l'Ossa, et l'appela Argo, du nomd'Argos, fils de Jason, qu'il aimait. — b. Les Argonautes choisirent Hercule pour chef; mais celui-ci déclina cet honneur, sachant bien que Junon le destinait à Jason. — c. Hercule fut chef de l'expédition, et les Argonautes l'aidèrent à triompher des Amazones. — d. Hercule fut déposé à terre par les Argonautes , parce qu'il avait brisé le gouvernail, ou parce que son poids menaçait de faire submerger le vaisseau. D'autres traditions disent que le vaisseau s'éloigna pendant que le héros était descendu pour chercher Hylas. — e. Délaissé par les Argonautes , • Hercule gagna la Colchide par l'intérieur. — Son esclavage fini, et sa maladie ayant cessé, Hercule entreprit une expédition contre Troie avec dix-huit vaisseaux à cinquante rames, ou six vaisseaux seulement, et une armée de héros qui le suivirent volontairement. Après avoir pris terre, il laissa la garde des vaisseaux à Oiclée, et marcha contre la ville. Laomédon, qui avait tenté une attaque contre la flotte, et tué Oiclée, qu'une autre tradition fait mourir à Mégalopolis, n'en dut pas moins se retirer dans Troie. Le siège ayant duré quelque temps, Télamon ouvrit une brèche dans le rempart, et s'élança le premier, ce qui lui occasionna un différent avec le héros. Voy. Callinique. Diodore dit qu'il avait été envoyé en parlementaire aveciphiclus auprès de Laomédon, et que jetés en prison ces deux héros se frayèrent un chemin hors de la ville à grands coups d'épée. Maître de la ville, Hercule fit périr à coups de flèche le roi et ses fils, excepté Podarque ( voy. ce nom ), et donna Hésiode en mariage à Télamon. A son retour de cette expédition , il fut assailli par une violente tempête excitée par Junon, et voulut débarquer à Cos, dont les habitants l'assaillirent à coups de pierre. 11 se vengea en s'emparant de l'île et en tuant Eurypyle, de la fille duquel il eut Thessalus. Il fut blessé dans le combat; mais Jupiter le guérit. Après avoir ravagé Cos, il alla, sur l'invitation de Minerve, à Phlégra, et y combattit avec les dieux contre les géants. Voy. ce mot. Aidé des Molionides, il dépouilla Augias de ses États. Voy. ■• Augias. Au retour, il institua les jeux olympiques, éleva un autel à Pélops, et douze autels aux douze dieux. Son premier

exploitât ensuite la prise de Pylos. Dans ce lieu . Périclymènes , Nélée et ses fils , tombèrent sous ses coups. Il blessa même Pluton , qui était venu au secours des Pyliens. De Pylos il marcha contre Lacédémone, pour se venger du fils d'Hippocoon ( voy. ce nom ) , et s'adjoignit Céphée et ses vingt fils, qui périrent tous en combattant. Ayant tué Hippocoon et ses enfants, Hercule prit la ville, et y ramena Tyndare, à qui il rendit la couronne. Il passa ensuite par Tégée, où il eut Télèphe d'Augé. Voy. ce nom. Puis il se rendit à Calydon, et y demanda en mariage Déjanire, fille d'OEnée, qu'Achélous lui disputa en vain. Voy. Abondance, Achelous. Les Calydoniens marchèrent ensuite avec lui contre les Thesprotes; ayant pris Éphyre, dont Phylas ou Phyleus était roi , il eut Tlépolème de la fille de ce prince , qu'on nomme Astyoché , Astydamie, Astygénie, ou Antigone. Thespius reçut de lui l'ordre de garder sept de ses fils, d'en envoyer trois à Thèbes , et les quatre autres en Sardaigne. Coupable du meurtre d'Eunomus {voy. ce nom), Hercule se soumit à l'exil , et résolut de se retirer à Tra chine , chez Céyx. Ce fut en s'y rendant que Déjanire eut à supporter l'insolence du centaure Nessus (voy. ce nom), qui se vengea du héros par le don du philtre fatal. — Son séjour en Trachine ne le laissa pas oisif; il s'empara du pays des Dryopes, protégea VEgimius, que les Lapithes avaient détrôné , et ayant rendu la couronne à ce prince, tua Laogoras, roi des Dryopes, et tous ses fils, pour les punir d'avoir donne du secours aux Lapithes. A son passage à Itone. il fut provoqué à un combat singulier par Cycnus, fils de Mars et de Pélopie, et donna la mort à son audacieux rival, qui, suivant Stésichore, égorgeait les voyageurs pour élever un temple à Murs avec leurs crânes. Hercule se rendit ensuite à Orménium : Amyntor, qui en était roi, ayant voulu s'opposer à son passage, périt aussi. Diodore rapporte qu'Amyntor futitué par le héros pour lui avoir refusé sa fille Astydamie. — Suivant Diodore et Apollodore, Hercule, revenu à Trachine, et voulant se venger d'Eurytus, rassembla une armée pour marcher contre OEchalie , que les uns placent en Eubée, et d'autres en Thessalie. Les Arcadiens , les Méliens de Trachine , et les Locriens Épicnémidiens, l'assistèrent dans cette expédition; avec leur secours, il tua Eurytus, et ses fils Toxeus , Molion et Pytius , et s'empara de leur ville. Après avoir donné la sépulture à Hippasus, fils de Céyx, à Argius et à Mêlas, qui avaient péri en combattant, il mit la ville au pillage, et emmena Iole captive. La tradition rapportée par Sophocle diffère beaucoup de celle-ci : Hercule est absent de Trachis depuis quinze mois, sans que Déjanire connaisse le lieu de son séjour. Le héros servait alors la reine Omphale, et part directement de la Lydie pour assiéger OEchalie, dont il se rend maître. — AyantabordéaucapCénée

en Eubée , Hercule y éleva un autel à Jupiter Cénéen. Voulant offrir un sacrifice, il envoya un héraut à Trachine lui chercher une robe de fête. Déjanire , apprenant de Lichas que Iole était captive , et redoutant l'influence de cette jeune fille sur son époux, frotta le vêtement avec le philtre qu'elle avait reçu de Nessus. Hercule s'en étant revêtu offrit son sacrifice ; mais lorsque la robe se fût échauffée, le venin de l'hydre pénétra la chair, et la fit tomber en pourriture. Hercule, alors, ayant saisi Lichas par les pieds, le lança dans la mer; il voulut arracher la tunique qui tenait à son corps, et les chairs se détachèrent avec l'étoffe. II se fit alors porter à Trachine. Déjanire se tua en apprenant ce qui s'était passé. Hercule ordonna à Hyllus d'épouser Iole lorsqu'elle serait nubile ; parvenu sur l'OEta, il y fit élever un bûcher, et ordonna d y mettre le feu lorsqu'il y serait monté, obéissant ainsi à Tordre de l'oracle auquel il s'était adressé dans ses souffrances. Personne ne voulait enflammer le bûcher; Pa?as, qui était venu là pour chercher ses troupeaux, s'y décida, et reçut les fameuses flèches du héros pour récompense.

D'autres disent que ce fut Morsimus de Trachine qui remplit cette triste fonction. Tandis que le bûcher brûlait, le fleuve Dyras sortît de terre pour apporter quelque soulagement aux souffrances du héros, qui fut enveloppé d'un nuage, et transporté au ciel au milieu de grands éclats de tonnerre : ce furent Minerve ou Jupiter lui-même qui l'introduisirent dans l'Olympe. Ii y reçut l'immortalité, et s'y réconcilia avec Junon , qui lui donna en mariage Hébé, sa fille, dont il eut deux fils, Alexiarès et Anicétos. Une tradition rapportée par Eustathe, et suivant laquelle Hercule, soumis à la loi de la mortalité, avant son apothéose, aurait été rappelé à la vie en flairant une caille présentée par lolas, est purement tyrienne, et se rapporte à l'Hercule que Cicéron fait fils de Jupiter et d'Astérie. -— Voici les noms des enfants d'Hercule, il eut de Procris , l'aînée des filles de Thestius , deux fils jumeaux , Antiléon et Hippéus ; de Panope, Threpsippe;deLysé,Eumède; de***, Créon; d'Épilaïs, Astyanax; de Certhé, lobés; d'Eurybie, Polylaûs-; de Patro, Archemachus ; de Méline , Laomédon ; de Clytippe , Eurycapys ; d'Eubote, Eurypyle; d'Aglaé, Antiade; de Chryséis, Onésippe; d'Orée, Laomène, de Lysidice, Télés; d'Entédide, Ménippide ; d'Anthippe , Hippodroraus ; d'Eurice, Téleutagore : d'Hippoté, Pylus; d'Eubée, Olympus; de Nicé, Nicodromus; d'Argélé, Cléolaûs; d'Exolé , Érythrus; de Xanthis, Homolippus; de Stratonice, Atromus; d'Iphys, Céleuslanor; d'Antis, Laothoès; d'Antiope, Alopius; Astybie . de Calamétis; de Philéis , Tigasis; d'Aischréis, Leuconès; d'Anthée, *** ; d'Eurypyle, Archédicus;deDynaste, Eratus ; d'Asopide, Mentor ; d'Éone , Araestrius , de Tiphyse , Lyncée ; d'Olympuse, Holocrates; d'Héliconis, Phalias ; d'Hésychie , Oistrèbles ; de Terpsicrate ,

Euryops; d'Éleuchie, Bulée; de Nicippe , \ntimachus; de Pyrippe, Patrocle; de Praxithée, Néphus; de Lysippc, Érasippus; de *•?, Lycurgue; de Toxicrate , Lycius; de Marsé, Bucolus; d'Eurytèle , Leucippe , d'Hippocratc, Hippozygos : tels furent les enfants qu'il eut des filles de Thestius. Il eut de ses autres femmes, savoir : de Déjanire, fille d'OEnée, Hyllus, Ctésippus, Glénus et Onéitès; d'Omphale, Agélaûs, de qui Crœsus tirait son origine; de Chalciope, fille d'Eurypyle, Thettalus; d'Épicaste, fille d'Augias, Thestalus; de Parthénopé , fille de Stymphaîe , Évérès ; d'Augé, fille d'Aléus, Télèphe; d'Astyoché, fille de Phylas, Tlépolème; d'Astydaraie, fille d'Amyntor, Ctésippus; d'Autonoé , fille de Pirée, Palaemon. Quanta Mégare, les mythologues ne sont nullement d'accord sur le nombre d'enfants qu'elle eut d'Hercule. Quelques» uns lui donnent deux fils, Thérimachus et Déicoon ou Ophitès, auxquels d'autres ajoutent Créontiadès et Aristodème, mais de manière à former une triade. Ou bien ses enfants sont au nombre de quatre : Thérimachus, Créontiadès , Déicoon , Déion ; Tzetzès ajoute aux deux premiers, Clymène, Glénus, Antimachus;illes désigne aussi de cette manière : Polydore, Anicétos , Mécistophonos , Patrocle, Toxoclite, Ménébronte, Chersibius. Comme Hercule ne s'appelait encore qu'Alcide, à l'époque de leur naissance, ses enfants portaient le nom d'Alcéides, suivant Ménécrate. — Outre ces noms mentionnés par Apollodore, on en rencontre encore d'autres dans les auteurs. Ainsi les personnages suivants sont mis au nombre des fils d'Hercule : Afer, Acélus ou Cleolaiis , fils de Malis , esclave d'Omphale ; Amatbus, Azon, Agathyrse, Gélon, Scythus, nés d'Échidna;Bargasus, fils de Bargé; Lamius, Hyllus, fils de Mélite ; Olynthus, Palas, né de Dy na, fille d'Évandre ; Rhopalos, etc. On donne aussi à Hercule une fille nommée Macaria. Tous les fils et descendants du héros sont désignés en général par le nom patronymique d'Héraclides. Voy. ce mot. — Les surnoms d'Hercule sont les suivants : Adamastos, l'indomptable; Adéphagos, le dévorant; Aiolomorphos, aux formes diverses; Alexicacos, le sauveur; Aleide, le puissant; Amphitryonadès, fils d'Amphitryon; Archégétès, l'archégète ; Astrologos , l'astronome ; Boélatès, le bouvier ; Bouphagos, Bouthoinas, le mangeur de bœufs; Bouraïcos, adoré à Bura; Callinicos, le glorieux vainqueur ; Canobéus, nom de l'Hercule égyptien; Carterocheir, vigoureux ; Cerdoos, qui apporte du gain; nom du Plutus tyrien; Céramyntès, sauveur ; Charops , le dieu au regard éclatant; Cornopion , Cytissoros; Daphnéphoros , le d 'aphnéphore ; Dorsanès , nom de l'Hercule indien; Édessaios, adoré à Édesse; Éridnnatas, libéral; Erythraios, adoré a Erythrée; Hippodétes, le dompteur de chevaux; Hoplophylax , qui garde les armes ; ldseos.te Dactyle idéen; Hipoctonos, qui

détruit les vers, pour avoir détruit les vers qui rongeaient les ceps des Érythréens; Léontothymos, au cœur de lion; Macistos, adoré à Maciste; Manticlos, le Manticléen; Mantis, le prophète ; Mécisteus , Melon; Melios , à qui on offre des pommes ou des brebis ; Mélampygos, le Mélampyge ;Ménutès, l'indicateur ; Misogynes, le misogyne; Monœcos, le sotiftfi?'e;Myiagros, le chasseur de mouches ; Ogmios, nom de l'Hercule gaulois ; Olympios, VO /y/npien;Ophiouchos, le Serpentaire, comme constellation; Pamphagos , Polyphagos, le décorant; Palsemon, le lutteur ; Pangénétor, le créateur suprême; Parastatès, l'auxiliaire; Philopotès , le buveur ; Promachos , le défenseur; Propylaeos , qui se tient devant la porte ; Rhinocoloustès, coupeur de nez; Sterphopeplos, à la tunique de peau; Soter, sauveur; Thasios, adoré à Thase; Tirynthios , le Tirynthien; Thébagénès, Thébaeos , le Thébain; Triespéros, à la triple nuit; Tyrios, le Tyrien. Voy, Melkarth. — Chez les Latins, Hercule porte les surnoms de : Claviger, porte-clefs ; Custos , gardien ; Défensor, le protecteur; Dexter, propice; Deusoniensis, sur des monnaies galliques ; Falsiparens né d 'un père putatif ; Incubo, dieu de la fortune ; Ingeniculus, l'Engonate, constellation ; Laborifer, qui supporte la peine ; Médius Fidius , Sancus Fidius, Semo, nom d'un ancien dieusabin identifié avec Hercule; Musagetes ou Hercules Musarum, le 3Iusagète;Nemaîus, le Nêméen ; OEtseus ; l'OEtéen; Olivarius, Pacifer, le pacificateur ; Somniaiis, dieu du sommeil; Victor, le vainqueur. — Le peuplier blanc, l'olivier, Tache, la caille, la mouette, lui étaient consacrés, ainsi que les sources chaudes d'Himère et des Thermopyles , que Minerve avait fait sourdre en son honneur. On lui attribuait d'ailleurs la faculté de découvrir les sources cachées sous la terre. Un mythe d'Orchoraène le représente comme ayant creusé le canal du Céphise, et ayant lait écouler le Pénée par la vallée de Tempé. Les animaux qu'on luioffrait dans les sacrifices étaient le taureau, le sang'.ier, le bélier. Les Béotiens déposaient des pommes devant ses autels, et les offrandes des Romains consistaient en bœufs. Comme Sancus-Hercule , on apportait dans ses temples, où il était révéré conjointement avec Cérès, des truies pleines, du pain et de l'hydromel. — Culte d'Hercule. — 1° En Grèce. Suivant Diodore, Iolas et d'autres amis d Hercule qui se trouvèrent auprès de lui à l'heure de la mort, lui offrirent sur son bûcher le premier sacrifice funèbre. Menœtius, fils d' Actor, suivit leur exemple dans la suite , et institua à Oponte un sacrifice annuel en l'honneur du héros , auquel oniramolait un taureau, un sanglier et un bélier. La même cérémonie avait lieu à Thèbes. Suivant Pausanias , ce furent les Marathoniens, d'autres disent les Athéniens oulesSicyoniens , qui rendirent les premiers au fils d'Alcmène les honneurs di\ ins , et tous les Etats helléniques

les eurent bientôt imités. En différents lieux, on l'honorait par de doubles sacrifices, comme dieu et comme héros; ses fêtes étaient d'ailleurs solennisées, non-seulement par des cérémonies purement religieuses, mais aussi par des jeux , tels que les Héraclées à Marathon et à Thèbes. A Sicyone , le premier .iour de la fête du héros s'appelait Onomata; lesecond, Héracléia. A Thèbes, la cérémonie commençait le soir, et durait toute la nuit; le lendemain on procédait aux jeux , dont le prix était une couronne de myrte. A Lîndus, dans l'île de Rhodes, des exécrations solennelles faisaient partie du cérémouial. A Cos, la fête d'Hercule, appelée Antimachia , était présidée par un prêtre revêtu de vêtements de femme; il faut sans doute voir là quelques traits d un culte asiatique ou lydien. Du reste, les Héraclées étaient souvent accompagnées de farces et de plaisanteries; ainsi lHéraclèum d'Athènes réunissait soixante personnes dont la conversation n'était qu'un feu roulant de pointes et de bons mots (Athénée). — Le culte d'Hercule était, après ceux de Jupiter et d'Apollon , le plus répandu dans toute la Grèce, et particulièrement dans la Doride et le Péloponèse. Les principales vHles qui renfermaient des temples consacrés au héros étaient : Argos, Bura , Corinthe , Mégalopolis, Olympie, Sicyone, Sparte, Stymphale, Tégée, Athènes, Marathon, Métite , Dtomée , Collytos, Acharnes, Héphestie, Thèbes, Thisbé, Tipha, Hyettos, Thespies , Coronée, Mycalesse, Phocis, Alysia , Erythrée, Amphaxos, Calatia, Métaponte, Philippi , Soles, Olynthe, Épidamnus, Thasos, Rhodei», en Crète, Messène, Acragas, Panorme , Syracuse, Tarente, Crotone; il y en avait dans toutes les autres villes du nom d'Héraclée. — 20 En Italie et dans le reste de l'occident. Suivant Denys d'Halicarnasse , Hercule avait des temples et des autels dans toute l'Italie. Il ne faudrait 'pas croire cependant que le culte du héros, tel qu'il était compris et pratiqué par les peuples italiques , fût entièrement conforme au culte grec. II s'était nécessairement altéré, soit par le contact avec les traditions indigènes se rapportant à des héros presque identiques , soit par le mélange des légendes phéniciennes et asiatiques qui surchargèrent bientôt la biographie du dieu grec. Voy. Acca Laurentia et Sancus. Parmi les traits particuliers du culte d'Hercule à Rome, figure l'usage de lui consacrer la dixième partie de ses biens, comme le firent Lucullus, Sylla et Crassus. Cette coutume provenait sans doute du culte de l'Hercule tyrien, auquel on offrait une dîme. C'est aussi à Rome seulement qu'Hercule apparaît comme Musagète. On ne sait pas bien la raison de cette dénomination. Quoi qu'il en soit, Marcius Philippus lui éleva, sous Auguste, un temple magnifique , où il était représenté tenant une lyre. Toutes les parties de la ville possédaient des monuments semblables, où

Il était adoré sous son nom propre ou sous quelque dénomination particulière. Ainsi, Hercule vainqueur avait deux temples, l'un situé près de la porte Trigemina , et l'autre sur le forum Boarium. Son fameux autel, ara maxima, fut desservi, dans l'origine, par la famille des Politiens; puis par des esclaves publics , assistes des Pinariens , et enfin par le préteur de la ville. Les serments qu'on faisait sur Yara maxima étaient regardés comme doublement sacrés. La fête d'Hercule se célébrait, à Rome, le 4 juin; celle de Sancus- Hercule et de Cérès, le 21 décembre, et celle d'Hercule et des muses, le dernier jour de juin. On ne devait laisser s'introduire au milieu des cortèges sacrés, ni les femmes, ni les esclaves, ni les chiens. — Le culte d'Hercule florissait encore en Sicile, à Malte, en Corse, en Sardaigne, à Cadix, et même en Gaule et en Germanie, où des héros indigènes furent identifiés bien à tort avec le dieuhomme fils d'Alcmène. — L'art plastique a fait d'Hercule l'objet de ses créations les plus riches et les plus variées. 11 a presque épuisé ce sujet, et, franchissant les limites que ta tradition lui avait posées , il a laissé à la postérité plus de monuments de ce héros que d'aucun autre personnage antique. Le caractère général des statues d'Hercule exprime une force mâle et presque surhumaine, qui apparaît également dans l'enfance du fils d'Alcmène et dans sa pleine maturité. Celles qui se trouvent à la galerie de Florence, et qui ont subi des restaurations, le représentent tout enfant , étouffant les serpents envoyés par Junon. Ses membres sont vigoureux, ses cheveux courts et bouclés, son cou musculeux et court : ses traits expriment la témérité; enfin , tout en lui annonce le héros destiné à soutenir avec honneur les luttes les plus pénibles. On a aussi une statue d'Hercule adolescent, connue sous le nom de l'Hercule Aventin, et reproduite dans le musée Capitolin. Mais le plus grand nombre des œuvres d'art relatives à Hercule nous le peignent dans la maturité de l'âge et dans le plein développement de ses forces physiques. Il est ordinairement vêtu d'une peau de lion. Ses armes sont la massue et un arc scythe à double courbure. La tête et les yeux, comparés au reste du corps , sont petits ; les cheveux épais et crépus, le cou épais, court et musculeux , la partie inférieure du front saillante : l'expression de la figure est grave et sérieuse. Les épaules, les bras , la poitrine , les cuisses, trahissent une vigueur surhumaine, et décèlent les pénibles travaux du héros. On a de Glycon un Hercule en repos, connu sous le nom d'Hercule Farnese. Il tient derrière son dos les pommes des Hespérides, et s'appuie sur sa n»assue. Cette belle statue est l'œuvre de Glycon , mais l'idée première en appartient à Lysippe. Le célèbre torse du Belvédère représente aussi un Hercule en repos ; mais ici ses formes n'expriment pas celte prostra-

tion qui suit de pénibles travaux, mais bien une béatitude complète, un repos heureux et calme, partage dm dieux qui habitent l'Olympe. Les vases offrent fréquemment l'apothéose d'Hercule; on le voit rajeuni, le front ceint d'une auréole, et, accompagné de Minerve ou de Mercure , s'élever vers les cieux. Il existe encore un grand nombre de monuments et de peintures représentant les douze travaux, divers épisodes de sa vie, et des scènes comiques avec les Cécropes, les Satyres et d'autres divinités champêtres.

hercYi\e ( hercyna ). Déesse de l'empirc des ombres, fille de Trophonius. On tire son nom de spxoç , ôpxoç, Orcina. Hercyne, compagne de Proserpine , jouant un jour dans le bois sacré de Trophonius, près de Lébadée en Béotie, laissa échapper une oie, qui s'enfuit dans un antre, et de dessous la pierre où l'animal s'était réfugié , on vit couler une source d'eau qui donna naissance au fleuve Hercyne. Pausanias raconte qu'on voyait encore de son temps sur les bords de l'Hercyne un temple élevé en l'honneur de la fille de Trophonius, et où elle était représentée tenant une oie. Une autre statue placée dans l'antre même, à côté de celle de son père, la représentait tenant en main la verge miraculeuse, entourée de serpents, qui est le plus ordinairement l'attribut d'Esculape. Suivant Lycophron , Hercyne introduisit à Lébadée le culte de Cérès, qui prit de là le nom d'Hercyna, et dont la fête à Lèbadée s'appela Hercynia.

hercyjVIA. Fête en l'honneur de Cérès, célébrée à Lébadée en Béotie. On sacrifiait conjointement à Cérès Hercyna et à Jupiter Trophonius.

hères marte*. Déesse de l'hérédité à Rome. Ceux qui héritaient lui offraient des sacrifices en actions de grâces.

hérfsides. 1. Nymphes dont la fonction principale était de préparer le bain de Junon. — 2. Prêtresses de Junon à Argos.

herfieuteur. L'une des Valkiries.

hériafadour. Père de la guerre. Surnom d'Odin.

héribée. Femme d'Astrée , mère des astres.

hérilus. Roi de Préneste, fils de Féronie. Sa mère lui ayant donné trois âmes, Évandre dut ie mettre à mort trois fois de suite.

hermammon. Dieu composite, formé de Mercure et de Jupiter Ammon.

h er manu bis. Mercure Anubis. Sa statue le représentait sous la forme d'un homme à tête de chien ou d'épervier.

HERMAPHRODITE (HERMAPHRODITOS).

Androgyne. Les anciens représentaient originairement l'Hermaphrodite comme une sorte de Vénus virile. Plus tard, ce fut un être mixte réunissant les deux sexes , mais où la virilité prédominait, comme on le voit parles traditions des poètes, qui ne lui donnent que secondairement la nature molle et délicate de

HÊR

la femme. Personnifié dans Ovide , Hermaphrodite était, suivant ce poète, fils de Mercure et de Vénus, et fut élevé parles Naïades du mont Ida. Sa beauté était merveilleuse. A l'âge de quinze ans il quitta l'Ida, et arriva en Carie , dans les environs d'Halicarnasse. Fatigué de la longue route qu'il avait faite, il s'arrêta près de la fontaine Salmacis , pour se baigner. La Naïade qui y présidait l'aimai et, n'ayant pu le rendre sensible, pria les dieux d'unir tellement leurs corps, que désormais ils n'en fissent plus qu'un qui conservât les deux sexes. A son tour, il obtint des dieux que tous ceux qui se laveraient dans la fontaine éprouveraient le même sort. Vou. Salmacis. — Il est certain que l'idée de l'hermaphrodisme n'est pas d'origine grecque. Il est plus probable que ce ne fut qu'à une époque postérieure à Homère qu elle fut transplantée en Grèce de l'Asie, où elle était le symbole du dualisme des sexes, réduit à une unité mystique. Cependant le caractère primordial de cette conception subit, en se transplantant, de nombreuses modifications, autant dans le culte populaire que dans les doctrines mystiques des Orphiques, et sous le ciseau des artistes. On trouve dans les auteurs quelques traces d'un culte domestique rendu à Hermaphrodite chez les Grecs; sa statue était sans doute formée de celles de Mercure et de Vénus. — L'art plastique des anciens s'est plu à représenter les hermaphrodites comme des êtres mixtes en qui se fondent la mollesse de la femme et l'énergie du sexe masculin ; ils font souvent partie des cortèges bachiques. Pline parle d'un hermaphrodite exécuté par Polyclès; il est douteux que dans les monuments parvenus jusqu'à nous, nous possédions encore des copies de ce chef-d'œuvre. — Voy. Androgynes.

hermapollox. Statue composée de Mercure et d'Apollon , et réunissant les attributs des deux divinités.

HER3IATHÉXÉ. Buste de Minerve, se terminant en Hermès; ou Hermès surmonté d'un buste réunissant les traits caractéristiques de Minerve et de Mercure; ou, enfin, Hermès surmonté des bustes de ces deux divinités.

hermées. Fêtes en l'honneur de Mercure, dans le Péloponèse, en Béotie, en Crète, et ailleurs.

hermé racle. Statue composée de Mercure et d'Hercule. On mettait communément les Herméracles dans les académies ou lieux d'exercices, parce que Mercure et Hercule, l'adresse et la force , doivent y présider.

herméros. Statue composée de Mercure et de l'Amour.

hermès. t. Nom grec de Mercure. — 2. Sorte de pilastres surmontés d'une tête de Mercure et qui représentaient ce dieu , mais non pas exclusivement; car, dans l'enfance de l'art plastique, les divinités n'avaient pas encore pour symboles ces magnifiques statues

que la Grèce a léguées à l'admiration de la postérité. Les images des puissances supérieures à l'homme étaient des pierres de forme conique, cylindrique ou carrée, et quelquefois des pieux ou des lances. Koy. B.etyles, AbàDIRS, Curitis. Le sentiment de Part s'ét^nt développé, on commença à dégager, p^ur ainsi dire, l'idée de sa gangue, en surmontant de têtes ces greniers symboles. Plus tard on y ajouta des bras et des jambes, mais qui restaient encore collés au tronc. Dédale fut, dit-on, le premier qui sculpta des statues animées, c'e-t a-dire qui donna à ces lourdes effigies le mouvement et la vie.

HERHINIUS. Chef troyen tué par Catille.

hermiox, lils d'Europs, fonda la ville d'Hermione dans l'Argolide.

HER3HOXE (HERMIONÉ). i. Surnom de Cérès et de Proserpine à Syracuse. — 2. La même qu'Harmonie , femme de Cadmus. — 3. Fille de Ménelas et d'Hélène ; épousa Pyrrhus, auquel son père l'avait fiancée avant l'expédition contre Troie. Homère ne dit rien de plus sur Hermione, mais les poètes postérieurs ont brodé la tradition primitive. — a. Avant de partir pour la guerre de Troie, Menélas avait promis la main d'Hermione à Oreste , ce qui ne l'empêcha pas d'offrir sa fille en mariage à Néoptolème , pendant le siège. Justement irrité, Oreste , après le retour de l'armée grecque, pria son rival de se désister de ses prétentions; et, sur son refus, le fit tuer par les Uelphiens. Il lui avait déjà enlevé Hermione, qui, croyant que le fils d'Achille lui préferait Andromaque, avait formé le dessein de tuer cette princesse ainsi que son enfant (Euripide^ — b. Ménélas avait promis, devant Troie, la main d'Hermione à Néoptolème ; mais celle-ci avait été fiancée à Oreste par Tyndare, pendant l'absence de l'armée grecque. A son retour, le fils d'Achille réclama la jeune fille avec hauteur, et l'enleva. De là un combat, dans lequel il périt de la main d'Oreste ou de celle de Machaereus , à Delphes (Pindare). — c. Enfin , suivant Virgile , Hermione était au pouvoir de Néoptolème , lorsque Oreste survint, qui , enflammé d'amour et de colère, tua son rival sur l'autel même de sa maison à Phthie. — Hermione n'eut pas d'enfants de Néoptolème; mais Oreste lui donna un fils, Tisamène. Elle avait à Delphes une statue sculptée par Calamis et donnée par les Lacédémoniens. — Un sco- Iiaste de Pindare dit qu'Herraione se maria en troisièmes noces à Diomède, et fut , comme lui, rendue immortelle par les dieux.

hermippé. Fille de Bœotus , femme d'Orchomène ou de Neptune, dont elle eut Minyas.

hermithra. Dieu composite, formé de Mercure et de Mithra.

HERMOCHARÈs. Jeune Athénien , amoureux de Ctésylle , fille d'Alcidamas de Ioulis ; ne sachant comment l'obtenir de son père, qui ne voulait accepter qu'un gendre fort ri-

che, il usa de ruse pour arriver à ses fins. Cne loi obligeant d'exécuter tout ce qu'on promettait dans le temple de Diane, Hermocharès écrivit sur une pomme : « Je jure de devenir l'épouse d'Hermocharès, » et jeta le fruit aux pieds de Ctésylle, qui s'engagea ainsi par un serment inviolable. Alcidamas lui-même promit de ne pas s'opposer à l'exécutio'i de cette promesse; mais, peu après, il maria sa fllle à un autre. Hermoebarès engagea facilement sa fiancée à quitter un mari qu'elle n'aimait pas; il l'amena à Athènes, où il l'épousa. Mais ce mariage ne fut pas heureux : Ctésylle mourut en donnant le Jour à un fils. Lorsqu'on voulut l'ensevelir, une colombe s'envola de son cercueil, et son corps disparut. Alors les habitants d'Ioulis fondèrent un temple en l'honneur de Ténus Ctésylle , appelée aussi Ctésylle Hécaerge. Comparez Cydippe.

hermode. L'un des Ases, fils d'Odin, et messager des dieux. On le représente toujours cuirassé et le casque en tête.

hermopaiv. Dieu composite, formé de Mercure et de Pan.

hermosiris. Mercure Osiris.

hermothime. Natif de Clazomène. Son âme se séparait de temps en temps de son corps, allait voir ce qui se passait en des pays éloignés, et revenait vite ranimer son corps, et annoncer à ses concitoyens ce qu'elle avait vu dans ses voyages. Un jour que la partie immatérielle de son être était occupée à quelque excursion lointaine, sa femme fit voir le corps inerte de son époux à des curieux qui le brûlèrent; de sorte que force fut à Hermotime de chercher une autre demeure. 11 avait un temple à Clazomène , dans lequel les femmes n'osaient entrer.

hermuLjE. Petits Hermès. Deux figures de Mercure placées dans le cirque.

hermus (hermos). t. Dieu-fleuve de Lydie, fils de l'Océan et de Téthys. — 2. Égyptide, époux de la danaïde Cléopàtre.

héro. 1. Danaïde , épouse d'Andromachos.

— 2. Fille de Priam. — 3. Jeune fille de Sestos, prêtresse de Vénus; fut aimée de Léandre, qui demeurait à Abydos, et venait la voir chaque nuit en traversant l'Hellespont à la nage. II finit par se noyer, et Héro se tua sur son corps.

hérophile. Sibylle d'Érythres , fille de Cétophage et d'une nymphe , ou de Théodore, ou d'Apollon Sminthée, dont on la fait aussi femme ou sœur. Contemporaine de la guerre de Troie , elle prédit à Hécube les malheurs qui allaient l'accabler, et finit ses jours dans le temple d'Apollon en Troade , où l'on voyait son tombeau.

héros. Dans Homère, ce mot ne désigne pas encore des personnages divins, honorés par des sacrifices particuliers. Il s'applique en général à tout individu distingué par des qualités émtnentes, capable de porter les armes et de prendre part aux déli-

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bérations des assemblées. De plus, bien que l'épithète de héros soit donnée le plus souvent aux princes ou chefs, tels qu'Aga memnon, Alcinous, Laomédon, Laerte, etc., Homère l'emploie aussi pour désigner le jeune homme encore inconnu (Odyss., IV, 3i2);, le vieillard décrépit (Odyss., II, i5), le barde frappé de cécité (Odyss., VIII, &S3), le messager en fonction (Odyss., XVIII, 422). Quantau terme de divin qui accompagne presque toujours la dénomination de héros, c'est une épithète surabondante qui n'indique nullement une naissance divine. — Dans Hésiode, la quatrième race placée sur la terre par Jupiter est « la race divine des héros, qu'on nomme demi-dieux. » Ces demi-dieux ne sont autres que les vaillants guerriers des temps héroïques, déjà divinisés par les poètes , pour leurs rudes combats devant Troie et à Thèbes , leur patrie; la simplicité de leurs mœurs et leur courage. Quand ils eurent succombé, Jupiter leur accorda une condition et un séjour distinct de ceux des hommes. Il les plaça aux extrémités de la terre et loin des immortels , dans les îles des bienheureux , où règne Saturne. — Pindare, qui sépare nettement les héros des dieux et des hommes, les place comme point médial entre la race céleste et la race humaine; quelques-uns d'entre eux, comme Hercule, s'élèvent cependant au rang des dieux, et tous sont l'objet d'un culte religieux. — Les traditions relatives à ces héros, étroitement liées à celles qui regardaient l'origine, les dispersions et le destin des diverses races, devinrent le sujet des poèmes épiques, dont le rhythme s'appela héroïque, et qui formèrent un cycle mythique qui se termine au retour des Héraclides dans le Péloponèse. C'est depuis cette époque, et sans doute par le canal des Doriens , que le culte des héros se répandit dans toute la Grèce. — Dans le sens le plus restreint, les anciens comprenaient sous ce nom de héros les individus nés d'un dieu et d'une mortelle comme Hercule ; ou d'un mortel et d'une déesse , comme Achille. La remarque d'Eustathe, que les seconds étaient regardés comme doués d'une vertu moins mâle (Gï]XvT£pac àpsxrj;), n'a aucune valeur. Dans l'acception la plus large, l'épithète de héros s'appliquait à tous les personnages célèbres des temps héroïques, guerriers, bienfaiteurs de l'humanité, divinisés par la reconnaissance des âges suivants. Au nombre des derniers se trouvaient les chefs de races, de migrations, les fondateurs de villes, les protecteurs des cités, des familles, des corporations. Tels étaient les héros éponymes, Hippothoon , Antiochus , Ajax , Léos , Érechthée , Égée , OEnée , Acamas, Cécrops, Pandion, qui donnèrent leurs noms aux dix tribus d'Athènes. Tels étaient encore les héros enchoriaux (iTU%(X)ploi , èyyoiÇiioi) Phylacus et Antonoûs de Delphes, ceux de Marathon , etc., dont le culte était tout local, et qui étaient regardés comme det

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génies tutélaires , veillant sur leurs protégés , les secourant dans le malheur, et leur envoyant des songes prophétiques. — Après leur mort, les héros étaient reçus dans l'Olympe , comme Hercule , Pollux , Quirinu* ; ou dans les îles heureuses , comme Rhadamanthe etEaque ; ou dans l'ile Leucé, ainsi qu'Achille. On croyait encore qu'invisibles aux mortels , ils avaient pour demeure les régions supérieures de l'atmosphère, brillant au milieu des astres dans la voie lactée ; ou bien que, comme les génies des lieux , ils habitaient les bois, les autels, les chapelles, etc., qui leur étaient consacrés. — Ce n'est que postérieurement à l'époque homérique qu'on voit célébrer des sacrifices en l'honneur des héros. Ceux-ci n'étant regardés que comme des hommes divinisés, on ne leur offrait, à proprement parler, qu'une offrande funèbre (évàyKjfxa), consistant en libations de miel, de vin . d'eau et d'huile, ou de lait. On déposait aussi devant leurs autels les prémices des récoltes et du bétail. Quand on leur sacrifiait des animaux ( toujours noirs) , il fallait que la victime reçût le coup mortel la tète tournée vers la terre , et l'on brûlait la chair au lieu de l'employer pour un festin sacré. La cérémonie avait toujours lieu le soir. On ne pouvait employer pour les sacrifices héroïques les fitû]iol ou autels des dieux; il fallait se servir des ècryjipat , tertres peu élevés , dans la construction desquels il n'entrait pas de pierres. Ces eo^àpou servaient quelquefois pour les dieux. Quant aux sanctuaires des héros, c'étaient des chapelles mortuaires ou herôons, situés au milieu des bois sacrés. — On donnait le nom d'Héroïnes (rjpcatoî: , Yjpwtvai) aux femmes des âges héroïques. — Il est bon de remarquer que depuis le siècle d'Auguste, le motr(pa>;, qui se rencontre fréquemment dans les inscriptions, n'a plus d'autre signification que celle de [xaxapiTY)?, défunt, trépassé.

hersé, r. Femme de Danaûs , mère d'Hippodicé et d'Adiante, — 2. Fille de Cécrops et d'Agraulos; fut aimée de Mercure, dont elle eut Céphale. Voy. AgFaulos. Elle avait un temple à Athènes, où on lui rendait les honneurs héroïques.

hersilie (hersilia). Femme de Romulus ; appartient évidemment à la mythologie plus qu'à l'histoire. Elle eut deux enfants, Aolle et Prima. A la mort de son époux, Iris l'emmena dans un bois sacré du Quirinal , d'où elle fut enlevée aux cieux. — On l'adorait dans le temple de Quirinus, sous le nom d'Horta.

hertha, qu'on écrit aussi jErthas ou hertha. Nom d'une déesse qui était adorée comme créatrice et mère par les .Estiens, les Longobards, les Angles, et beaucoup d'autres tribus germaniques. On la regarde comme identique avec la déesse Scandinave lord. Au rapport de Tacite, c'était dans un bois sacré d'une île de l'Océan , l'île de Ru-

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gen, suivant quelques modernes, que se trouvait le ebar de Hertha , qui , à certaines époques de l'année, parcourait le pays soumis à sa loi. Pendant cette procession solennelle, toutes les guerres cessaient. La cérémonie achevée, le char avec le tapis sacré qui le couvrait afin de voiler Hertha à tous les regards, était plongé dans le lac du bois sacré pour y être lavé par des esclaves , que les prêtres faisaient ensuite disparaître.

hésioxe 1. Fille de Danaûs; fut aimée de Jupiter, dont elle eut Orchomène. — 2. Fille de Laomédon , sœur de Priam. Exposée aux attaques du monstre marin que Neptune avait envoyé ravager la Troade (voy. Hercule, Laomédon1, elle fut délivrée par Hercule, qui la laissa auprès de son père , préférant la redemander plus tard. Le roi parjure ayant refusé de la rendre à Télamon, envoyé du héros, Hercule reparut bientôt, assiégea Troie, tua Laomédon, et donna Hésione en mariage à Télamon. Cet enlèvement fut invoqué plus tard par les Dardanus, pour justifier le rapt de Paris. Suivant d'autres, Hésione, enceinte de Télamon, s'enfuit à Milet auprès du roi Arion, qui lit élever, comme son propre fils, l'enfant qu'elle mit au inonde. Il reçut le nom de Trombelos. On appelle aussi Hésione Théanéira (Lycophron). — 3. Épouse de Nauplius, mère de Palamède, d'OEax et de Nausimcdon.

hespéré. L'une des Hespérides, selon Apollonius.

hespérides. Occidentales. Nymphes, filles de la Nuit et de l'Érèbe , ou de Phorcys et deCéto, ou d'Atlas et d'Hespéris, ou de Jupiter et de Thémis, ou d'Hespérus. Rien de plus confus que les fables qui les concernent. Quelques auteurs , les identifiant avec les Atlantides, les mettent au nombre de sept : Maïa, Electre et Taygète , qui furent aimées de Jupiter ; Halcyone et Céléno, amantes de Neptune ; Stérope ouAstérope, aimée de Mars, qui en eut OEnomaùs; et enfin Mérope. Apollodore en compte quatre : Églé, Érythee , Hestia, Aréthuse, qu'Apolfonius réduit à troi*, Hespéré, Érythéis, et Églé. Suivant d'autres , cette triade est composée d'Églé , d'Aréthuse etd Hespéruse. — Quoi qu'il en soit, les Hespérides étaient douées d'une voix mélodieuse; d'où leurs surnoms de Ligyphonoas, à la voix éclatante; de Hymnodous, et de Epkimeron aeidousaSy cantatrices. Elles avaient pour mission de garder les fameuses pommes d'or qui devinrent la proie d'Hercule; le dragon Ladon les aidait dans eette fonction. Lorsque le héros eut enlevé les fruits merveilleux, les Hespérides, au désespoir, furent changées en arbre (Apollonius). Suivant d'autres, elles reprirent leur ancien ministère , Minerve leur ayant rendu les pommes d'or, qui lui avaient été consacrées par Eurysthée. On dit encore qu'Hercule ayant laissé ces fruits dans le vaisseau des Argonautes, ceu.\-ci, tourinen-

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