‹ Dictionnaire mythologique universel;Chapitre 312 sur 420 · ORI · texte numérisé non relu

ORI

me. — On a plusieurs suites de bas-reliefs, de pierres gravées , et de peintures relatives à l'histoire d'Oreste. — 2. Fils d'Achélous et de Périmède. — 3. Chef grec, tué par Hector. — 4c Chef troyen, tué par Léontée.

orestéa, orestina dea. Diane, dont Oreste avait emporté la statue de la Chersonèse Taurique,

ORESTHÉE (ORESTIIEUS). T. Fils de Ly-

caon ; il donna son nom à Oresthasium, ville de PArcadie, appelée depuis Orestie , d'Oreste.— 2. Roi des Locriens Ozoles, fils de Deucalion et père de Phytius.

orestides. Fils, descendants ou sujets d'Oreste. Chassés du Péloponnèse par les Héraclides, ils s'établirent dans une contrée de l'Lpire, à laquelle ils donnèrent leur nom. Suivant d'autres, ce pays reçut le nom d'Orestide , d'Oreste lui-même , qui y bâtit une ville.

orgies (de orgé, exaltation de l'âme).

— Voy. Bacchus. On donnait aussi ce nom aux fêtes de Cérès et à celles des Cabires.

orgilos. Irascible. Épithète de Bacchus.

orias. Chien d'Actéon.

oribasus , Grimpe-montagne. Chien d'Actéon.

orient. Un des quatre points cardinaux; est désigné par une femme dans l'arc de Constantin ; elle tient d'une main une palme et de l'autre un globe , sur lequel est un petit Génie avec un voile étendu sur sa tête et un flambeau à la main , image de l'étoile du matin. Cette femme est portée sur un char tiré par quatre chevaux qui paraissent courir en montant.

orilochie. Nom que donnent à Iphigénie les écrivains qui parlent de sa résurrection par Diane, et de son mariage avec Achille, dans l'île des Bienheureux, Il y a peut-être quelque confusion entre ce nom et l'épithète d'Orsilochê que l'on donne à Diane.

orioiv. Fameux géant béotien, nommé aussi Candaon, célèbre par sa beauté et par son amour pour la chasse. Il était autochthone, c'est-à-dire né de la Terre, ou fils d'Hyriée ( Strabon ) ; d'autres le font naître de Neptune et d'Euryale ( Apollodore) , ou d'OEnopion (Servius). Selon Hygin et Lycophron, Hyriée (ou OEnopion) ayant donné l'hospitalité, à Thèbes (ou à Chio), aux trois dieux Jupiter, Mercure et Neptune ( ou Mars ) , ceuxci lui dirent de former un souhait qu'ils accompliraient. Hyriée demanda un fils. Alors les hôtes célestes urinèrent sur la peau de la génisse qu'il avaient tuée pour leur repas, l'enfouirent sous terre , et, au bout de neuf mois, Orion en sortit. Doué par Neptune de la faculté de mareher sur les flots, il devint bientôt d'une taille telle que quand il descendait au fond de la mer, ses épaules dépassaient les vagues; marchait-il sur la terre, sa tête se perdait dans les nues. Tel est du moins le récit de Virgile, qui rend assez difficile à concevoir les rapports d'Orion avec le reste dea

360 ORÏ

hors mes. Mais on sait que la mythologie ancienne ne se piquait pas d'être très-logique. — Suivant Diodore, il creusa un port pour le roi Zanclus, et éleva le promontoire de Pelore, sur lequel il bâtit un temple à Neptune. Époux de Sidé, qui périt par la colère de Junon , après lui avoir donné deux filles, nommées Ménippé et Métioché , il devint ensuite amoureux de Mérope ou d'Aero , fiile d'OEnopion, de Chio, et la demanda en mariage, après avoir purgé l'île des bêtes sauvages qui l'infestaient. Ayant essuyé un refus, il fit violence à Mérope : le père, irrité , implora le secours de Bacchus, qui envoya des Satyres pour plonger le monstrueux géant dans un profond sommeil. OEnopion profita de ce moment pour lui crever les yeux. Orion, instruit alors par l'oracle qu'il recouvrerait la vue , s'il tournait ses pas vers l'Orient et exposait ses yeux aux rayons du soleil, se rendit à Lemnos, guidé par le bruit que faisaient les Cyclopes en forgeant; là, Vulcain lui donna Cédalion pour guide. D'autres rapportent qu'OEnopion ayant enivré Orion lui creva les yeux, et l'exposa sur le bord de la mer. Le géant aveugle étant entré dans une forge y prit un enfant, qu'il mit sur ses épaules, en lui ordonnant de le conduire, vers le lever du soleil. Sa cécité ayant disparu, il retourna à Chio pour se venger d'OEnopion ; mais les sujets de celuici l'ayant caché, il se rendit en Crète auprès de Diane, qu'il accompagna dans ses chasses. — Ces diverses traditions sont toutes postérieures à Homère, qui ne dit autre chose sur ce héros, sinon que ««le grand Orion, enlevé par l'Aurore , à cause de sa beauté , fut tué à coups de flèche par Diane , dans l'île d'Ortygie. Son ombre, descendu; aux enfers, s'y occupait encore à chasser les bêtes sauvages avec une massue d'airain. » Une autre tradition rapporte qu'Apollon, irrité contre sa sœnr Diane, qui était amoureuse d'Orion, eut l'air de douter de son adresse à lancer la flèche , et lui indiqua comme but un point noir qu'on distinguait à peine au milieu de l'Océan. Le trait siffla et alla s'enfoncer dans la tête d'Orion, car c'était lui qui nageait sans prévoir le danger qu'il courait ( Hygin ). On dit encore qu'ayant défié Diane au disque , ou ayant fait violence à Opis , le géant tomba sous les flèches de la chaste déesse; suivant Servius, elle le fit tuer par un scorpion monstrueux. Ovide prétend qu'Orion s'étant vanté d'exterminer toutes les bêtes sauvages qui couvraient la terre, cette déesse envoya un scorpion qui le tua. Esculape ayant voulu le ressusciter fut foudroyé par Jupiter. — Orion , transporté au ciel, sous la figure d'un homme armé d'un glaive , y forme une brillante constellation ; aussi Virgile le norame-t-il armatus aiiro. Son lever et son coucher sur la Méditerranée étant signalés par de fréquentes tempêtes, lui ont valu les épithètes de nimbosus ,imbrifer, aquosus. Les Grecs disaient qu'au cie! même, redoutant encore le Scor-

ORM

pion, Orion se couche quand la constellation rivale se lève.

ORIONIDE. Vo\J. MÉN1PPE.

orios (oréios). i. Centaure tué par Hercule, devant la grotte de Pholus. 11 était représenté sur le bouclier d'Hercule et sur le bas-relief du trône d'Apollon à Amyclée. — 2. Lapithe, fils de la magicienne Mycaie , tué par Grynée, aux noces de Pirithous.

orippus (orippos). Le premier qui courut tout nu aux jeux olympiques; il était de Mégare. On lui éleva un héroum , par ordre de l'oracle de Delphes.

orissa. Le dieu suprême à Bénin.

orithyie (oreithyia). i. Fille d'Érechtliée et de Diogénie, amante de Borée.— 2. Néréide — 3. Amazone , fille de Marthésie et sœur d'Antiope, voulant venger celle-ci, dont Hercule s'était emparé , envahit l'Attique avec un corps de troupes scythes, commandé par Panasagoras; elle fut défaite par les Athéniens (Justin ).

orm. Monstre fabuleux, tué par Ragnar- Lodbrok. Voy. ce nom.

ormémdès. Ctésius, fils d'Orménus.

orméxis. Astydamie,! petite-fille d'Orménus.

orméxus (orméxos ). i. Roi dolope, fils de Cercaphus et père d'Amyntor. Il fonda la ville d'Orménium. — i. Père de Ctésius , aïeul d'Kuraée. — 3-4. Chefs troyens, tués l'un par Polypœtès, l'autre par Teucer.

ormuzd, en zend ahura-mazda, le seigneur grandement savant. Le dieu suprême des antiques habitants de l'Ariane, et l'adversaire d'Ahriman, qui, loin de l'égaler en puissance, comme les mythologues l'ont répété jusqu'à une étude plus attentive des textes zends, lui est complètement surbordonné et finira par reconnaître sa suprématie. — «Ormuzd, disent les Naçkas, livres sacrés des peuples qui habitaient de ce côté de l'Indus, est le principe de tout bien, et rien ne dérive de lui qui ne soit bien. 11 est dans la nature, mais la nature est distincte de lui. «J'invoque et je célèbre le créateur Ahura- Mazda, lumineux , resplendissant, très-grand et très-bon, très-parfait et très- énergique, très-intelligent et très-beau, éminent en pureté, qui possède la bonne science , source de béatitude, lui qui nous a créés, qui nous a formés, qui nous a nourris; lui le plus accompli des êtres intelligents. » ( Yaçn. Hymn. i.) Malgré ces épithètes pompeuses, qui semblent ne mettre aucune borne à sa puissance divine , certains passages des Naçkas montrent cependant qu'il faut regarder Ormuzd non comme le créateur, mais comme l'ordonna-, teur du monde. Le mot Qadhatâ , donné de soi-même, par lequel les livres zends qualifient les principes physiques de l'univers, est décisif à cet égard : « J'invoque les astres, la lune, le soleil , lumières données de soi-même et toute la création de l'être saint et céleste. (Yaçn., Hymn. i. ) » - «J'invoque les Fé-

ORM

rouers, (pi créent des routes pures aux astres, la lune et le soleil, lumières données de soimême. » ( Yescht des Férouers.) On voit donc que les Ariens, ne pouvant concevoir qu'Ormuzd eût tiré du néant l'espace et le temps, laissaient la question indécise. Cette remarque est importante , car ce sont ces passages et quelques autres analogues qui donnèrent naissance à l'hérésie de Manès : ce sectaire soutenait que la substance matérielle , dont les Naçkas ne mentionnent nulle part la création , donne seule une existence positive en face de Dieu au principe du mal. — Les Naçkas ne laissent donc à Dieu que le rôle d'ordonnateur de l'univers et de producteur des êtres particuliers. Du reste , suivant le véritable esprit du mazdéisme , rien dans l'œuvre d'Ormuzd qui ne soit bon, et cela apparaît surtout, non par la contemplation de cet univers terrestre, mais en embrassant dans un vaste essor l'ensemble des mondes et des temps. — Quelle est donc cependant l'origine du mauvais principe? A peine Orrauzd , désirant le bien, l'ordonnant, adressait-il la parole à l'univers, qu'Ahriman apparut et refusa d'accompiir le Konover ( parole), de ceindre le Kosti (cordon sacré), de s'humilier enfin devant la toute-puissance et la toute-bonté. On voit ici que, par une profonde connaissance instinctive de la nature humaine, le mazdéisme attribue l'origine du mal à l'orgueil et au libre arbitre, comme la théologie hébraïque. Mais, de même que dans l'oeuvre de l'organisation, il y a une grave imperfection à ne pas représenter Dieu comme l'auteur de la création, de même, ici, la théologie arienne ne rend nullement compte du mal physique. Elle l'attribue bien à Ahriman, mais sans faire concevoir comment il peut découler du mal moral. Du reste, le mal ou Ahriman est entièrement subordonné au bien; il ne peut contre-balancer l'œuvre d'Ormuzd qu'en imitant, en sens inverse , ses créations. Voyons comment cette lutte s'opère, suivant les Naçkas, qui nous représentent le mauvais principe opposant immédiatement à chaque nouvelle création de son rival une création malfaisante. Au Lorodman, ciel immobile qui sert de demeure a Ormuzd et embrasse l'infini de l'univers supérieur, correspond, par le moyen du pont Tchinévad, le sommet de l'Albordj ; au-dessous du Tchinévad s'étend le Douzak, abîme ténébreux, qui contraste avec le séjour de lumière et où Ahriman réside. La terre est, au début, aussi pureque le ciel : l'Ariane , sorte d'Éden couvert de prairies verdoyantes , est arrosée par les eaux de la fontaine Ardviçour, qui communique au sol une abondante fertilité. Le premier qui l'habita fut Kaïomorts, suivant quelques traditions. D'autres rapportent d'une manière différente l'origine de l'humanité , en la faisant précéder de luttes entre les deux principes. Les mythologues ont essayé de classer chronologiquement les événements de cette D1GT. MIT.

OM\ 36 i

guerre tilanique; mais les légendes zendes sont trop confuses et trop contradictoires pour qu'on puisse les coordonner méthodiquement Le taureau Aboudad, qui contenait les germes de toute vie physique, dit une de ces légendes, ayant été créé par Orrauzd, Ahriman, rejeté du ciel, où il avait tenté de s'introduire , prit la forme d'un serpent et blessa le précieux animal, qui mourut. De son épaule droite, sortit le premier homme Kaïomorts, et les différentes parties de son corps donnèrent naissance aux races des animaux bienfaisants et à toutes les plantes utiles, à rencontre desquels Ahriman créa aussitôt les animaux et les plantes nuisibles. Il tua ensuite Kaïomorts , d'où sortit, dix ans plus tard, le premier couple, Meschia et Meschiane , qu'il séduisit à l'aide de chèvres et de fruits, et auquel il fit perdre ainsi les béatitudes célestes. — Les deux puissances supérieures ne sont pas seules à lutter dans les espaces infinis. Chacune d'elles a son armée, qui la seconde, l'une dans le. mal, l'autre dans le bien, et opprime ou protège les habitants de la terre. Pour peupler son magnifique cosmos, Ormuzd créa en premier lieu les Amschaspands, génies supérieurs, au nombre de six , représentant la bonté, la vérité, la justice, la piété, la richesse, l'immortalité. L'un deux , Sapandomad , génie féminin , veille particulièrement sur le monde humain, tandis que ses frères s'occupent, sous la présidence d'Ormuzd , du gouvernement de l'univers. Sous eux viennent une suite innombrable d'anges, créés particulière ment pour les besoins de notre univers. L'un couvre la terre de richesses agricoles, celui-là fait prospérer les troupeaux, un autre administre la pluie, un autre la lumière. Il y a encore des anges pour chaque année , pour chaque mois, po"ur chaque heure du jour et de la nuit , pour chaque bonne pensée, et cette multitude innombrable d'esprits bienfaisants s'occupe à détruire les Devs, créés par Ahriman. Ceux-ci ont sept princes, marchant à la tête d'un nombre infini de Devs inférieurs. « On voit courir ensemble, dit le Vendidad, courir séparément, former des desseins ensemble et séparément, Ahriman , plein de mort, chef des Devs, le dev Ander (impur), le dev Savel (violent), le dev Naonghes (destructeur), les devs Tarik ( avarice) et Zaretch (famine), Eschera (colère), Eghetesch (auteur de l'hiver). L'auteur des maux a produit dans le temps ces devs voleurs, destructeurs: le dev Boété, le dev Derevesch (pauvreté ), le dev Dévesch ( séduction), le dev Kesoch (rachitisme), le dev Péetesch (mauvais discours), le plus méchant des devs. »— Il faut joindre encore aux génies protecteurs des hommes les Fervers, ou forme pures des choses. Les astres, les animaux, les hommes, les anges, Ormuzd lui-même, tout a son Ferver dans le ciel. Les Fervers des saint» qui ne sont plus descendent de l'empyrée,

362 ORM

attirés par les invocations des cœurs pieux, et répandent sur les mortels la prospérité. L'homme est ainsi ballotté dans un dualisme continu , du moins pendant sa vie; pendant qu'un' Ized lui conseille une bonne action, un Dev lui souffle une mauvaise pensée. Ormuzd ne le livre cependant pas désarmé aux puissances infernales. Chaque matin, le coq céleste nommé Kehrkâs élève la voix avec force pour que l'homme réveillé fasse des prières pures aux Amschaspands comme aux Izeds, aux Izeds comme aux Fervers, bienveillants génies qui veillent sur les mondes, et protègent les moissons, les arbres, les troupeaux. Comme il a reçu de Zoroastre des formules de prières pour invoquer les Izeds, il y en a aussi de correspondantes pour repousser les Devs, auteurs de l'hiver, des maladies, des fléaux de toute sorte. L'une des meilleures manières d'honorer Ormuzd est de cultiver la terre, de la couvrir de végétaux et d'animaux utiles, de l'embellir : « La vaste gueule et l'énorme poitrine du Dev seront brûlées lorsque le grain sera en abondance. » ( Vend. , Farg. 3. ). Il faut de même protéger et nourrir les animaux domestiques; il faut en garder au moins trois dans chaque maison, le bœuf, le chien et le coq. Quand la mort d'un animal domestique est nécessaire, il faut, en l'immolant , réciter sur lui une formule expiatoire. La destruction des Kharfesters ou animaux impurs , crées par les Devs, n'est pas recommandée avec moins de soin : « Que pour purifier son âme et expier son crime , le coupable frappe dix mille de ces couleuvres qui se replient sur elles-mêmes et marchent sur le ventre ; qu'il frappe dix mille couleuvres à corps de chien ; qu'il frappe dix mille tortues; qu'il frappe dix mille grenouilles de terre ; qu'il frappe dix mille grenouilles d'eau ; qu'il frappe, dix mille de ces fourmis qui trainent les grains; qu'il frappe dix mille de ces fourmis qui marchent sur une même ligne , et font du mal sur leur route ; qu'il frappe dix mille de ces mouches qui se reposent sur les différents êtres » ( Vend. , Farg. , 14). Telle doit être la conduite de tout fidèle adorateur d'Ormuzd, qui, à sa mort, est entraîné sur le pont Tchinévad. Là , on le juge , et , suivant la vie qu'il a menée , il franchit le pont , ou est précipité dans le royaume des ténèbres. Le châtiment n'est cependant pas éternel. Quand le monde approchera de sa fin, Ormuzd enverra le prophète Socioch, qui préparera les hommes à la résurrection générale. La comète Gourzcher traversera l'espace et heurtera la terre, qu'elle réduira en cendres : devenue elle-même un torrent de feu, elle se précipitera dans le Douzak, où elle purifiera les âmes des méchants et même Ahrirùan et ses satellites. Alors renaîtra un nouvel univers, pur, parfait, immortel, dans lequel le chef des Devs dira éternellement le Honover. — Culte d'Ormuzd. I. Les Naçfcas distinguent nettement deux périodes

ORM

très-différentes dans l'histoire du calte, celle des Poériotkaëchna ou hommes de l'ancienne loi, et celle des Nabânadizta , hommes de la nouvelle loi. La première, dont nous allons nous occuper exclusivement, en premier lieu, correspond à Fépoque où l'Inde et l'Ariane n'avaient encore qu'un seul et même culte, il est difficile de préciser le caractère de ce culte, mais il est certain qu'Ormuzd ni Zoroastre ne s'y rattachent en rien. Le Dieu suprême y est conçu sous le symbole de Hom(Haoma), et sa représentation sensible est le suc de cette plante, employée dans les sacrifices. Voy. Hom. Les livres brahmaïques portent des traces évidentes de l'antique suprématie de ce dieu(Soma, en sanskrit), comme on peut s'en convaincre en parcourant le Rig-Véda. — On ignore à peu près quelles sont les divinités inférieures qui s'échelonnaient sous le dieu Hom; on ne connaît pas davantage les traits généraux du culte. 11 paraît cependant qu'à cette époque le feu , l'eau , l'urine de bœuf , jouissaient déjà de prérogatives particulières. Il paraît aussi qu'on adorait les Dévas ( Daévas), Indra, les A ç vins, regardés plus tard, dans le Mazdéisme, comme des puissances funestes, le dieu Mithra , etc. Suivant les traditions ariennes relatives à l'histoire fabuleuse , le premier qui invoqua Hom fut Vivengham , en sanskrit Vivasvat, l'un des anciens noms du soleil dans l'Inde, qui fut père du fameux Djemchid. Le second adorateur de Hom est Athvyan,père de Fridoun; le troisième est Sam, père de Guerschasp, qui a des checaux maigres, et Ourouakhsch, qui a de grands yeux. Le quatrième est Pôroschasp , qui a beaucoup de chevaux. De ce dernier naquit le célèbre Zoroastre, astre d'or. Il paraît, d'après l'observation de M. Pieynaud , auquel nous empruntons textuellement la majeure partie de ces considérations , que ces quatre noms désignent plutôt quatre groupes ou peuples divers , qu'une filiation, issue de Kaïoraorts, dont le texte ne parle nullement. Le règne de Djemschid correspond cependant, d'une manière évidente, à la période édénique. L'homme était alors exempt de tout mal physique. Comp. Meschia. C'est après Djemschid que le mal commence, c'est-à-dire qu'à cette époque, le culte d'Ormuzd et d'Ahriman apparaît. Les croyances légendaires, conservées principalement dans les auteurs raahométans, ont altéré ces données antiques en établissant entre elles une filiation généalogique, en les reliant à la seconde période du culte arien , et en les amplifiant de mille manières. Suivant elles , un saint prophète, Mahabad, fut le chef d'une antique dynastie et le premier auteur de la civilisation. 11 reçut de Dieu même quatre livres, et divisa son peuple en quatre castes. Durant le règne de Mahabad, qui fut l'âge d'or de la vie humaine , les hommes vivaient d'une vie toute, patriarcale, et ne souillaient jamais leurs

ORM

mains du sang des animaux. A ce culte succéda l'adoration des astres. Vint ensuite la dynastie des Pichdadicns , que de nombreuses traditions représentent comme la première , et avec laquelle commença le culte du feu. Ses trois premiers princes furent Kaïmaras,Siamek et Houcheng. Selon Ferdoucy, ce dernier vit jaillir l'étincelle sacrée du choc de deux cailloux , et il dit : Ce feu est une divinité ; qu'il soit adoré par tout le monde. Djeraschid régna ensuite, et, après lui, Zohak, qui donna le premier le coupable exemple de manger de la chair. Il dépeuplait chaque jour la Perse pour assouvir deux serpents qui sifflaient sur ses épaules. Après Féridoun (voy. ce nom) commença la dynastie des Kaianides. Gustasp , qui renouvela le culte de feu , fut détrôné et rétabli par son fils isfcndiar. Telles sont les légendes ariano-mahométanes extraites principalement du Chah-Nameh et du Dabistan. — Ainsi que nous l'avons dit plus haut, d'après les livres zends, l'apparition du mal sur la terre date des temps postérieurs à Djemschid. La naissance de l'homme primordial, dont parle le Boun-Uehcsch , et qui eut à supporter la haine d'Ahriman , doit donc figurer dans l'histoire de la seconde période du culte mazdéique , laquelle commence à la scission des cultes hindou et arien et à l'apparition de Zoroastre. — il: En comparant les Védas aux Naçkas , on y trouve des traces évidentes d'une communauté de culte et d'une scission religieuse, qui s'accomplit, à une époque ineonnue, mais synchroniquement à l'apparition de Zoroastre. Les Dèvas, qui, dans les Védas, sont les divinités bienfaisantes , dans les Naçkas , sous le nom de Daevas , sont les puissances ennemies de l'homme. Le nom de dieu Ahura, en zend , identique avec Açoura , noms des génies du mal aux Indes , apparaît dans les Védas , appliqué en bonne part au dieu Varouna. Indra et Siva sont maudits dans les Naçkas. Nàonghaithya ( Nàsatya, en sanskrit), l'un des Açvins, est maudit dans un endroit des mêmes livres et loué dans un autre. D'autres divinités , telles que Mitra et Hom , sont également invoquées dans les livres ariens comme dans ceux des Hindous. De ces faits divers, il résulte, suivant la remarque de M. J. Reynaud , que les deux religions brahmaïque et mazdéenne , identiques dans l'origine , se séparèrent à l'époque de Zoroastre. Cette époque dite période des Ndbânazdista, ou hommes de la nouvelle-loi, se distingua par l'apparition du culte d'Ormuzd : le Rig-Vèda la symbolise par une prétendue scission entre Manou et son fils Nâbbânédichtha; d'autres traditions, par la guerre des Açouras et des Dévas. — III. Les lieux de sacrifice des prêtres de Zoroastre étaient frappants par un caractère singulier de nudité. La religion n'y requérait que des parfums , de l'eau bénite, quelques vases, des produits végétaux , et surtout le feu immortel, symbole de la divinité sur la terre. Voy.

Page 1