MÉLAMPE
ornytion. Fils de Sisyphe, père de Phoeus et de Thoas.
orxytos. Le même que Teuthis.
' oro. Dieu des anciens Taïtiens ; il était fils de Taaroa , suivant les traditions. Il jouait un grand rôle dans les cérémonies qui avaient 1 eu lors de l'investiture royale.
orodès. Compagnon d'Énée; fut tué par Mézence.
oro.médow Un des géants, selon Properce. Une montagne de l'île de Cos portait son nom.
oroxte. Fleuve de Syrie, ainsi appelé du nom d'un géant, d'une taille prodigieuse, trouvé dans son ancien canal. — 2. Capitaine qui suivit Énée en Italie.
oropus. Fils de Macédo , et petit-fils de Lycaon.
Orphée (orphecs). Suivant les traditions vulgaires, chantre thrace, fils d'Apollon ou d'OEagre et de la muse Calliope. On en fait aussi un roi thrace, fils de Clio et père de Musée. Dans les Argonautiques , qui portent son nom, on le qualifie de chef des Ciconiens. riches en troupeaux. Inventeur de la cithare, il chantait et jouait de la lyre avec tant de charme, que les arbres et les rochers quittaient leurs places, les fleuves suspendaient leur cours, les bêtes féroces s'assemblaient autour de lui pour l'écouter. Désigné par les Argonautes pour les accompagner dans leur expédition en Colchide, il se signala par de nombreuses merveilles. L'Argo, qui restait immobile sur la plage, descendit dans les flots aussitôt que sa lyre eut fait vibrer l'atmosphère, et reçut dans ses flancs les chefs indociles, qu'Orphée sut soumettre au pouvoir de Jason. A Lemnos, ce fut le chantre thrace qui tira les Argonautes de leur inaction; après le combat contre les Cyzicéniens , il apaisa la colère de Rhée , suspendit ensuite l'agitation des Symplégades, évoqua Hécate, dont l'intervention ouvrit à Jason le chemin du bois sacré, et endormit le dragon. Au retour, il captiva par des chants harmonieux l'attention des Argonautes, qui eussent péri en écoutant les Syrènes , et quand Médée eut massacré Absyrte il offrit aux diéux un sacrifice d'expiation. — Une légende immortalisée par les vers de Virgile nous représente Orphée uni à la célèbre Eurydice, qu'il avait épousée dans le pays des Ciconiens. La mort la lui ayant ravie , il descendit sur les rives du Styx , charma par la douceur de son chant les divinités infernales, et obtint d'elles le retour de sa femme à la vie , à condition de ne pas
la regarder avant d'avoiu franchi les limites des enfers. Orphée, impatient, oublia la défense, et revit Eurydice pour la dernière fois. — On raconte sa mort de diverses manières. Suivant les uns, il se tua pour ne pas survivre à la perte d'Eurydice; d'autres prétendent que Jupiter le foudroya, parce qu'il avait voulu révéler les secrets des dieux. Se- .lon Platon, il périt pour n'avoir pas voulu mourir en place de son épouse. La légende la plus en vogue le fait mourir déchiré par les femmes thraces , soit qu'il eût méprisé le culte de Bacchus, soit à cause de la haine qu'il portait au sexe féminin , et place le lieu de la scène près de l'Olympe, du Pangée, ou de l'Hémus. La tête d'Orphée et sa lyre ( qui , suivant d'autres, échut à Terpandre) furent jetées dans l'Èbre et portées par les flots jusqu'à Lesbos; là, la tête s'arrêta dans une fissure de rocher , et rendit des oracles ; la lyre, placée dans un temple , s'y voyait encore du temps de Lucien. Transportée parmi les astres, elle y forme la constellation de la lyre. Voy. NÉanthe. Conon rapporte que le crime des femmes thraces étant resté impuni, le pays fut frappé delà peste : l'oracle, consulté, répondit qu'il fallait chercher la tète d'Orphée et lui rendre des honneurs funèbres. Un berger parvint à la rencontrer, sur les bords du Méiès . Elle avait gardé sa fraîcheur et rendait encore des sons mélodieux. Du reste, on montrait le tombeau d'Orphée en divers lieux (voy. Libèthre), et entre autres au pied de l'Olympe. — Si nous réfléchissons maintenant que l'idée fondamentale du mythe d'Orphée, dont Homère et Hésiode ne parlent nullement et dont Aristote révoquait en doute l'existence, est la personnification de la puissance du nombre, la symbolisation de l'harmonie générale au sein de laquelle l'air et la mer vibrent en ondes sonores et dont la terre tressaille ; si nous ajoutons à cette idée fondamentale toutes celles qui se relient à celles de poésie et de musique, dans l'enfance des sociétés, nous arriverons naturellement à concevoir comment tout le cycle de la religion ésotérique et de la mystagogie alexandrine n'est qu'une suite de doctrines prétendues orphiques ; déjà, du temps de Platon, on attribuait au chantre thrace, dont on fit aussi un Égyptien, des poésies théogoniques ; plus tard les mystiques et les néo-platoniciens surchargèrent la légende orphique, toute mythologique dans le principe, de subtilités et de rêveries, dignes de figurer dans la cabale. Orphée devint pour les âges postérieurs un savant, un prêtre, un grand pontife; culte de Cérès et de Bacchus, orgies, mystères d'Eleusis, expiations, tout fut inventé ou introduit en Grèce par lui, d'après les doctrines recueillies en Egypte; l'art médical, l'alphabet, le rhythme, lui durent aussi leur origine. Cependant les ouvrages qui portent son nom étant en contradiction évidente, soit avec les doctrines qu'on lui attribuait , soit avec le sens