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soit , le meurtre fut découvert et les assassins bannis d'Égine. Pelée s enfuit à Phthie, auprès d'Eurytion. Tzetzès rapporte que, ne voulant pas paraître à la cour de son hôte sans une suite digne de son rang, il implora Jupiter, qui changea en hommes , appelés Myrmidnns , une certaine quantité de fourmis (|iUp{J.T]X£Çi). Eurytion, qu'Ovide remplace par Céyx , roi de Trachine , accueillit favorablement le fugitif, le purifia , et lui donna en mariage sa fille Antigone , avec le tiers de ses États. Ici les traditions divergent considérablement; au lieu d'Eurytion quelques-uns parlent d'Eurytus. Selon Diodore, c'est auprès d'Actor, fils de Myrmidon , que Pélée chercha un refuge, et, à la mort de son hôte, il hérita de la souveraineté. Sa femme Antigone porte aussi les noms dePolymélé, Polymélis , Philomèle , Eurydice et Laodumie ; il eut d'elle une fille , Polvdore , et , selon Eustathe, Achille. — L'un des chasseurs du sanglier de Calydon , il tua involontairement son beau-père dans l'ardeur de la poursuite , et se retira alors à lolcos, vers Acaste, qui le puriGa. Tzetzès désigne cependant Actor, fils de celui-ci, comme l'infortuné qu'il tua involontairement. — Il lutta avec Atalante dans les jeux funèbres célébrés en l'honneur de Pélias. Astydamie, femme d'Acaste, ou, suivant Pindare, Hippolyte, fille de Créthée, étant devenue amoureuse de lui, lui fit des propositions; ne pouvant le faire condescendre à ses désirs, elle envoya dire à sa femme qu'il allait épouser Sterope, fille d'Acaste ; A ntigone le crut et se pendit. Astydamie dit ensuite à Acaste que Pélée avait cherché ù la séduire. Acaste, ne voulant pas tuer un homme qu'il avait purifié, le mena avec lui à la chasse sur le mont Pélion. Arrivés là , ils se défièrent au sujet de la chasse : ce défi étant accepté, Pélée se contentait de couper les langues des bêtes qu'il prenait, et les mettait dans son havresac; Acaste et ses compagnons ayant pris ensuite ces bêtes, se moquaient de lui, disant qu'il n'avait rien tué ; alors il tira de son havresac les langues qu'il y avait mises, et leur dit qu'il avait tué autant de bêtes qu'il y avait de langues. Il s'endormit ensuite sur le mont Pélion, où Acaste le laissa après avoir caché son épée dans du fumier de breuf. Pélée s'étant réveillé, et cherchant son épée, tomba entre les mains des Centaures, qui voulaient le tuer; mais il fut sauvé par Chiron, qui chercha aussi son épée et la lui rendit; ou bien Chiron ou Mercure lui apportèrent une épée, ouvrage de Vulcain. — Quant au mariage de Pélée avec Thétis , le roi thessalien faillit être supplanté par Jupiter et Neptune , qui convoitaient la main de la déesse; mais Thémis ayant déclaré que le fils qui naîtrait de cette union serait plus puissant que son père, les deux divinités se retirèrent ( Pindare, Ovide ). On rapporte encore que Jupiter, voulant absolument posséder Thétis, ce fut alors que Prométhée (ou Protée ) pré-
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dit l'empire du ciel à son enfant. Apollonius dit que Thétis , élevée par Junon, méprisa le roi de l'Olympe , qui , pour la punir, la maria à un mortel. Cette tradition n'est pas , comme quelques-unes d'entre les précédentes, en désaccord avec l'esprit du mythe antique ; maintes fois dans l'Iliade on voit percer le mécontentement de Thétis , humiliée d'avoir un mortel pour époux. Elle ne céda pas sans résistance à la volonté des dieux , et se métamorphosa en flamme, en onde, en animal, en sèche {Sépia), d'où le nom du Sépias, mont de Thessalie , pour échapper à Pélée, qui, instruit par Chiron, la contraignit enfin à reprendre sa forme naturelle. La Discorde , qu'on avait oublié d'inviter à ces noces , se vengea cruellement. Voy. Paris. Suivant un Scoliaste d'Apollonius, la Thétis épouse de Pélée n'était pas la déesse marine, mais bien une fille de Chiron ; ou bien ce fut celui-ci qui , pour accroître la-renoramée de son ami , uni à Philomèle . fit courir le bruit qu'il avait épousé Thétis. Philostrate s'écarte, avec autant d'extravagance, de la tradition première; selon lui, Thétis, amoureuse de Pélée, lui étant apparue, sans se faire connaître, sur le Pélion, fut aperçue par lui un jour que, par une mer calme, les dauphins et les hippocampes la promenaient sur les flots. Ce spectacle effraya l'amant mortel, et il songea à s'enfuir ; mais Thétis lui fit souvenir que beaucoup de déesses avaient cherché des amants sur la terre ; elle lui rappela les amours de l'Aurore et de Tithon , de Vénus et d'Anchise , de la Lune et d'Eudymion ; enfin elle le tranquillisa tout à fait , en lui promettant un fils qui serait presque un dieu. — Contrairement au récit homérique , Apollonius et Ptolémée Héphestion disent que Pélée eut de Thétis sept enfants ; les six premiers furent jetés dans les flammes par la mère, irritée sans doute de ce témoignage de son union ; le septième, qui fut Achille , échappa par la brusque apparition du mari. Selon Apollodore, Pélée n'eut de Thétis qu'un fils, Ligyron, nommé plus tard Achille ; sa mère le fit passer par les flammes pour le rendre immortel (voy. Achille); mais, interrompue dans son opération, elle se retira vers les Néréides et confia l'enfant à Chiron, qui, selon d'autres, le reçut des mains de Pélée lui-même. — Celui-ci, qui avait pris part à l'expédition des Argonautes, au combat des Centaures et des Lapithes , et à l'expédition d'Hercule contre Ilion , si l'on en croit Pindare , Apollonius et Ovide , ravagea ensuite lolcos avec Jason et les Dioscures ; et, ayant tué Astydamie, femme d'Acaste, il la mit en quartiers, et fit passer son armée à travers ses membres séparés, pour entrer dans la ville. Pindare dit qu'il accomplit seul cette expédition, tua Acaste et sa femme , et soumit aux Thessaliens la ville d'Iolcos,qui dépendait auparavant de Magnésie. Il y a encore d'autres divergences relativement à la) lutte de Pélée
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avec Acaste : a. Les fils d'Acaste, Archandre et Arcbitélès , avaient chassé Pelée de la Phthie ( Euripide ). — b. Le troupeau donné par Pélée à Acaste, en expiation du meurtre de son fils Actor, fut dévoré'parun loup que Thctis changea en pierre (Tzetzès). — c. Pélée, abandonné par Acaste dans une chasse, se retira auprès de Chiron et acquit des troupeaux, qu'il offrit à Irus, père d'Eurytion, en expiation de son crime involontaire. Irus ayant refusé de les accepter, Pélée les laissa errer ; c'est alors qu'ils furent dévorés par un loup (Antoninus Libéralis ). — d. La Néréide Psamathé avait envoyé cet animal, pour venger la mort de Phocus ; mais elle le changea en pierre, à la prière de ThétLs. — Pélée était honoré à Pella comme un demi-dieu. On lui sacrifiait, dit-on, un homme tous les ans.
pélégon. Macédonien, fils du fleuve Axius et de Péribée , et père d'Astéropus.
pélé throxieas. Lapithes qui habitaient Pélithronium , au pied du mont Pélion, et auxquels on attribuait l'invention de l'appât.
péléthromus. Roi des Lapithes; il inventa le frein et la selle.
pélia. Foy. Pylia.
péliades. Filles de Pélias et d'Anaxibie ou de Philomaché. Elles étaient au nombre de deux, Astéropce et Antinoé (Pausanias); de trois , Alceste , Amphinome , Evadné ( Diodore ) ; de quatre , Alceste , Pisidice , Pélopie , Hippothoé ( Apollodore ); de cinq, Alceste, Isodice, Pélopie, Hippothoé , Méduse ( Hygin ). Pélias maria la première à Admète. Foy. Alceste. Après la mort de leur père , qui périt par une ruse de Médée ( voy. Pélias), elles furent chassées d'Iolcos, et se retirèrent à Mantinée , en Arcadie , où l'on montrait leurs tombeaux. — Les Péliades étaient représentées sur le coffre de Cypsélus. — Suivant Diodore, Jason maria, à son retour de Colchide, Alceste à Admète, Amphinome à Andrœmon et Evadné à Canès,
pélias. — i. Fils de Neptune (ou de Créthée) et de Tyro. Son nom de Pélias, de ttîXiooù, noircir, lui venait de ce qu'une jument l'avait frappé d'un coup de sabot au visage , dans son enfance , au moment où sa mère venait de l'exposer ainsi que son frère Nélée. Tous deux furent recueillis par des bergers, et, parvenus à l'adolescence, tuèrent leur belle-mère Sidéro , et chassèrent Éson d'Iolcos. Pélias s'appropria bientôt la royauté exclusivement» et épousa Anaxibie, ou Philomaché , dont il eut Acaste et les Péliades. La haine de Junon , à laquelle il ne rendait aucun culte, ne le laissa pas jouir tranquillement du pouvoir souverain. Inquiété par un oracle qui menaçait sa vie et sa fortune , il envoya Jason à la recherche de la toison ( voy. Argonautes); puis, croyant ne jamais le revoir, il fit périr Éson et son fils Promachus. Les malédictions de la mère de celui-ci, qui se pendit en proférant des imprécations contre le meurtrier, eurent bientôt leur effet. Jason , de retour dans sa
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patrie, chargea Médée de le venger. Cette célèbre magicienne sut persuader aux filles de Pélias, Astéropée et Antinoé , de couper leur père par morceaux et de" le faire cuire, leur promettant de le rajeunir par la vertu de ses charmes ; et pour leur en donner la preuve , elle fit cette expérience sur un bélier qui redevint agneau. Le malheureux roi d'Iolcos périt ainsi. Sa mort fut vengée par Acaste , qui célébra des jeux funèbres en son honneur. — 2. Chef troyen de la suite d*Énée.
pellen. Argien , fils de Phorbas ; il fonda la ville de Pellène en Achaïe.
pellewea. Surnom de Diane à Pellène, où la déesse avait une statue qu'on ne pouvait regarder sans être frappé de cécité.
pelloata. Déesse latine, qui présidait à l'expulsion des ennemis.
télopides. Descendants de Pélops.
PÉLOPIE ( PÉLOPÉIA, PÉLOPIA
i. Amante de Mars , mère de Cycnus. — 2. Peliade. — 3. Fille d'Ampbion et de Niobé. — 4. Fille de Thyeste , qui eut commerce avec elle dans un bois consacré à Minerve, soit involontairement, soit parce que l'oracle lui avait prédit que de cet inceste naîtrait un fils vengeur de ses injures. Égisthe, fruit de l'inceste, fut abandonné par sa mère, qui le recueillit plus tard , après avoir épousé Atrée, et le fit élever avec les Atrides. Au bout de plusieurs années , un jour qu'Égisthe se trouvait auprès de Thyeste, celui-ci le reconnut pour son fils à la vue de l'épée que Pélopie avait enlevée à son père après l'accomplissement de l'inceste , et la mère , pénétrée d'horreur, se donna la mort. Voy. STÉRons.
pélops. 1. Célèbre roi de Pise en Élide. Il devait le jour à Tantale et à Diane ; on nomme aussi comme sa mère Euryanasse, fille du Xanthe, Eurysthémiste , fille du Pactole, Clytie , fille d'Amphidamas, Eupryto , ou enfin Taygète. Les traditions ne s'accordent pas davantage sur son origine ; la légende vulgaire en fait un Phrygien qu'llus chassa de Sipyle , et qui se réfugia à Pise avec des richesses considérables ; d'autres le regardent comme un Paphlagonien qui donna son nom à ses compatriotes ( Pelopéioi). On le regarde encore comme originaire d'Olène en Achaïe, ou d'Arcadie. Foy. Stymphale. — Les dieux étant allés loger chez Tantale, ce prince, pour éprouver leur divinité, leur fit servir le corps de son fils, mêlé avec d'autres viandes. Cérès, d'autres disent Thétis, un peu plus gourmande que les autres, en avait déjà mangé une épaule, lorsque Jupiter découvrit le crime ; les dieux ordonnèrent aussitôt à Mercure de mettre les membres de l'enfant dans une chaudière magique, d'où Clotho le retira en parfaite santé; si ce n'est qu'il lui manquait une épaule, que Jupiter remplaça par une épaule d'ivoire. D'autres disent que ce fut Rhée, assistée de Pan. qui dansa pendant l'opération, à qui Pélops dut sa résurrection. Pindare nie cette légende, et prétend
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que le fils de Tantale , aimé de Neptune , séjourna quelque temps dans l'Olympe; elle était cependant vulgaire en Grèce , et les Pélopides, disait-on, avaient tous, en mémoire de cet événement, une épaule d'une blancheur éclatante. — Parvenu à l'adolescence , Pélops se rendit à Pise , soit qu'il eût été chassé de ses États par Tros , qui vengeait ainsi l'enlèvement de son fils Ganymède par Tantale; soit , ce qui est plus conforme au sens général des traditions , qu'il fut aiguillonné par le désir d'obtenir la main d'Hippodamie. Voy. ce nom. Ayant aperçu les têtes des autres prétendants au haut de la porte
1 de Pise, il songea à s'assurer la victoire par un moyen détourné, et parvint à séduire Myrtile, conducteur du char d'OEnomaiis. Après avoir sacrifié à Minerve Cydonia , il monta sur un char à deux ou à quatre chevaux , conduit par Cillas ( ou par Sphaerus, suivant les Trézéniens), et remporta la victoire. Voy. Myrtile. — Selon Pindare , Pélops agit trèsloyalement, et se contenta d'implorer le secours de Neptune, qui lui fit présent de chevaux ailés. — Il se défit du traître auquel il devait sa victoire et qui le maudit en mourant.
\ Pour apaiser ses mânes, il éleva en l'honneur de Mercure le premier temple qu'ait eu
j ce dieu dans le Péloponnèse. Il érigea aussi un monument et institua des sacrifices funèbres en l'honneur des prétendants. Hippodamie, de son côté, qui avait contribué à la victoire de son époux, en séduisant ellemême, suivant quelques auteurs, le cocher d'OEnomaiis, institua à Olympie une fête, nommée Hérée, en l'honneur de Junon; les femmes s'y disputaient le prix de la course. Pélops, maître de l'Élide, donna son nom à tout le Péloponnèse , et , suivant Pausanias , à neuf îles situées sur la côte de Trézène , en face de Méthane; il s'empara aussi d'Olympie,
! où il rétablit les jeux. L'histoire mythologique ne donne aucun détail sur sa mort; on sait seulement qu'il laissa une nombreuse postérité. Foy. Hippodamie. Outre sa femme, on lui donne une maîtresse, Axioché ou Danaïs , dont il eut Chrysippe. Il accorda la préférence à cet enfant sur ses autres fils ; de là la haine d'Atrée et de Thyeste, qui massacrèrent Chrysippe , et jetèrent son corps dans un puits. Leur meurtre ayant été découvert, ils durent s'enfuir ainsi que leur mère, dont Pélops recueillit les cendres peu après. — Plus tard, à l'époque de la guerre de Troie , l'oracle déclara que les Grecs devaient, s'ils voulaient vaincre , emporter les os de Pélops ; on dépêcha aussitôt des messagers qui parvinrent à se faire donner son omoplate à Letrine ou à Pise; mais le vaisseau qui la portait fit naufrage auprès de l'île d'Eubée, où Dalmamé-
i nés la retrouva dans la suite. Voy. Dalma-
; menés. Suivant une tradition rapportée par
! saint Clément d'Alexandrie, le Palladium avait été fait avec les os de Pélops. Au milieu de cet imbroglio de légendes diverses, on