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lillcraircs : De Mcgarcutium ingciiio et Des caractères Je rallicisiiie dans l'éloquence Je Lysis (thèses pour le lioctorat, 1SS41 : TliiicyJide 11860, 2° cdit. 1S84, ouvrage ayant obtenu le prix au concours de l'Académie française) ; HyperiJe, sa vie et ses écrits

1861) ; Un procès de corruption che^ les Athéniens

1862) ; \eSeniiment religieux en Grèce (1868, 3' édit. 1887'), couronné par l'Académie française: Etude sui l'éloquence attique, Lysias, Hypéride, Demosthène (1874); Etudes sur la poésie grecque: Epicharme, Pindare, Sophocle, Théocrite, Apollonius (1884), etc.

(chevalier de la Légion d'honneur en i86'5, ce savant a été promu officier le 17 janvier 1881.

FOUmiJtÉE (fllfped- Jules-Emile)

^nii.osûi'Hi:, membre de l'Institut, né à la Pouëze 1 Maine-et-Loire) le 18 octobre 1838. Après avoir achevé ses classes au lycée de Laval, il y fut maître d'études un an, donna quelque temps des leçons comme professeur libre à Paris, puis fut nommé professeur aux collèges de Louhans et d'Auxerre et au lycée de Carcas;fOnne. 11 obtint, en 1864, le premier rang au concours d'agrégation de philosophie et devint successivement professeur aux lycées de Douai, de Montpellier, de Bordeaux et à la Faculté des Lettres de cette ville. 11 avait été reçu docteur es lettres en 1872. Appelé à Paris, comme maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, il fut mis à la retraite en août

M. Fouillée fut élu correspondant de l'Académie des Sciences morales le 4 mai 1872 et a été admis comme membre titulaire en 189-;.

Ha publié : ses thèses de doctorat, Platonis Hippi s minor siv: socralica contra libcrum arbitrium argumenta et la Liberté et le déterminisme, dont la seconde fut très commentée (1872) ; la Philosophie de Platon (1869, 2' éd. 1889) ; la Philosophie de Socrate (1874) ; Histoire de la philosophie (1873) ; Vidée moder\-e du droit en Allemagne, en Angleterre et en France (1878, 3" éd. 1896) ; la Science sociale contemporaine (1880) ; Critique des systèmes de morale contemporaine (1883, }" édit. 1898); La prcpriété sociale et la démocratie [\'è9'^\\ l'Avenir de la métaphysique fondée sur l'expérience (1889) ; La morale, l'art et la religion, d'après Guyan (1889, nouv. édit. 1897 1; VEvolutionisme des ■ idées-forces 1,1890); la Psychologie des idées-forces (1893); VEducation au point de vue national; Descartes (1894) ;

Tempérament et caractère (189s) ; Le mouvement idéaliste et la réaction contre la science ; Le mouvement positivistv et la conception sociologique du Monde [li^qb) ; Psychologie du peuple français {1898). Outre des éditions classi(iues de la République, de Cicéron ; des Mémoires, de Xénophon ; du Manuel, d'Epictète : de la Théodicée,de Leibniz; de la Logique, de Port-Royal, et un recueil d'Extraits des grands philosophes 11877, in-8°), il a aussi édité les écrits posthumes de Guyau (1889), et a collaboré à la Revue des Deux-Mondes, à la Revue philosophique, etc.

.^l. Fouillée a été décoré en 1S70. Il est officier de la Légion d'honneur.

M""' FouiLi.o-, sous le pseudonyme de « G. Bruno >/, a publié des '< livres de lecture et d'instruction » pour les écoles, notamment Francinet et le Tour de la France par deux enfants, couronnés par l'Académie F'rançaise et qui ont eu de nombreuses éditions.

pOUQUÉ (Fendinand-André)

^^(lÉoi.oGUE et minéralogiste, membre de l'Ins- '~^ titut, né à Mortain (Manche) le 21 juin 1828. Elève de l'Ecole normale supérieure ^^s îP en 1849, il y devint conservateur des collections scientifiques.

.M. Fouqué fut nommé préparateur de M. (>harles Sainte-CIaire-Deville, maître de conférences à l'Ecole des hautes études, remplit plusieurs missions pour observer les phénomènes volcaniques des îles de de l'Archipel et des îles Açores, soit -seul, soit avec son maître, à qui il succéda, en 1877, comme professeur titulaire dans la chaire de géologie au Collège de France. Il a été élu, le 13 juin 1881, membre de l'Académie des sciences, en remplacement de Delesse.

M. Fouqué a écrit, dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, des mémoires sur les phénomènes chimiques des volcans, sur les gaz des sources de pétrole, sur les éruptions de l'Etna (1865), de Terceira, îles Açores (1868) et de Santorin; sur les tremblements de terre, etc. II a exécuté une Carte géologique du massif du Cantal (1878) et une autre de Brioude (1881). II a publié en librairie : Introduction à l'élude des roches érnptivcs françaises ; Minéralogie micrographique [iS-]^); Santorin et ses éruptions (1879'! ; Synthèse des minéraux et des roches 11882); Contribution à l'étude des feldspaths des roches volcaniques (1895).

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Ce savant a, de plus, donne dans la Revue îles Deiix-M ondes : les Aiieieiis voleaiis Je Ja Gréée, soiivcnirs d'une excursion scientifique i7 l'islhme de Corinllie et dans les Cyclades (1867); Un Pompét ante'/iistoricjiie en Grèce, dans Varchipcl Sanlorin (1869); Voyage géologique aux Açores (i87'5); la Reproduction artificielle des minéraux et des roches (1883); les Tremblements de terre (1888), et plusieurs autres études dans le même ordre de sujets.

M. Fouqué est oflicier de la Légion d'honneur.

Pflf^IS (Gaston-Bfuno-Paulin)

,__^ «DMiNisïR.^TEUR du (>ollège de France, membre t^M\ Je l'Institut, né à Avenay (Marne) le Q août 1839. Fils de Paulin Paris, ériidit, membre de l'Institut ^i8oo-i88i), il fit ses études classiques au collège Rollin, puis suivit les cours des Universités allemandes de Bonn i i8s6) et de Gœttingue (1858), où il étudia la philosophie classique et les langues romanes.

M. Gaston Paris entra à l'école des Chartes en i8p8, suivit en même temps les cours de la Facultéde Droit et se fit recevoir docteur ès-le'tres en iiS()=,. Professeur de grammaire française au.\ cours libres de la rue Gerson, répétiteur, puis directeur des conférences de langues romanes à l'Ecole pratique des hautes études, il suppléa son père, en 1866 et en 1869, au Collège de France et lui succéda, commeprofesseur titulaire, le 26 juillet 1872. 11 est devenu administrateur de cet établissement en 189s, à la place de M. Gaston Boissier.

M. Gaston Paris avait été élu membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres le 12 mai 1876, en remplacement deGuigniaut. En 1896, ila été admis à l'Académie française.

Les œuvres de M. Gaston Paris se font remarquer par une grande érudition jointe à un style élégant et à un goût parfait. Elles sont le complément ouïe résumé de son enseignement. Ses principaux travaux publiés portent les titres suivants : Etude sur le râle de l'accent latin dans la langue française (1862); De Pscudo-Turpino (1865, thèse latine de doctorat); Histoire poétique de Charlemagne (\%bis , thèse française, ouvrageauquel l'Académie des Inscriptions a décerné le prix Gobert); la Vie de saint Alexis, textes des xi', xn°, xni' et xiv" siècles*(i872), qui lui valut une seconde fois le prix Gobert ; Dissertation critique sur le poème latin appelé Ligurinus 11873); le /'('/// Poucet et la Grande Ourse (1875) : les Plus anciens Monuments de la

langue française, ix° et x' siècles (i87s>; les Coules orientaux dans la littérature française du moyen dge (187V1; les Miracles de Nostre-Dame par personnages (1876-1885); le Mystère de la Passion, d'.Vrnoul Gréban (1878); Deux rédactions du roman des sept sages de Rome (1879) ; Aucassin et Nicolettc, chantefable du xn' siècle (1879); le Juif-Errant (1880) ; la Poésie du moyen âge, leçons et lectures (188=1!; Manuel d'ancien français, la littérature au moyen âge. xi'^ et xiv'' siècles (1888); le Haut enseignement historique et philologique en France (1894) ; Récits des poètes et prosateurs du moyen âge, mis en français moderne ; Etude sur le râle de l'accent latin dans la langue française (1896); Jean, sire de Joinville; \' Anneau de la Morte, histoire d'une légende (1897).

M. G. Paris a traduit en outre de l'allemand, avec .\IM. Brachet et Morel-Fatio, la Grammaire des langues romanes, de Frédéric Diez 1 1874-1878), inséré un certain nombre d'articles dans la Bibliothèque de l'Ecole des chartes et autres recueils, et publié à part plusieurs Leçons, Conférences, etc. 11 a été l'un des fondateurs de la Revue critique (i86s:, de la Roniauia 1 1872). Il a collaboré à la Revue historique, à la Revue de Paris, au Journal des Savants, au Journal des Débats, etc.

Membre associé ou correspondant de la plupart des académies d'Europe, membre et président de diverses sociétés savantes, il a été décoré de la Légion d'honneur en 187s, promu officier en 1886 et commandeur en 1896. Il est en outre officier de l'Instruction publique.

GEBHRRDT (l^ieolas-Émile)

^■^^ ITTÉR.\TEUR et professeur, membre de l'Institut,

llUff "^ ^ Nancy le 19 juillet 1839. Il fit ses études

â^yS au lycée de cette ville, fut élève de l'Ecole

^Y française d'Athènes et se fit recevoir, en

1860, docteur ès-Iettres.

Nomt-i-ié professeur de littérature étrangère à la Faculté des Lettres de Nancy, puis à celle de Paris, professeur des littératures de l'Europe méridionale, chaire nouvelle, créée par décret du 31 décembre 1870, il a été élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques en 1S9S.

Ondoità M. EmileGebhardt, outre sesthèsesdedoctorat: De Varia Ulyssis apud veteres poêlas persona et Histoire du Sentiment poétique de la nature dans l'iintiquité grecque et romaine {1S60), couronnée par l'Académie française; Praxitèle, essai sur l'histoire de

l'iiit cl lin gi'iiic grecs, depuis l'époque de Pcriclès jusqu'à celle d'Alexandre (1864) ; Essai siirlapcinliin' Je genre Jaiis raiiliqiiitc'iiSôq), deuxouvragQSSinVart ancien. lia écrit aussi desétudeslittéraires: De l'Ilalie, essais Je critique et J'Iiisloire 1,1876); Rabelais, la Renaissance et la Reforme (.1877) ; les Origines Je la Renaissance en Italie (i879\ces deux derniers couronnés par l'Académie française ; EtiiJes ineriJionales ; la Renaissance italienne et la philosophie Je l'histoire (1887); Y Italie mystique; Histoire Je la Renaissance religieuse au moyen âge (1890, 2° éd. i8gi) ; Autour J'une tiare, loyj-ioSj (18941; Rabelais 1S9S1; Moines et papes (1896-97) ; Au son Jes c/()i7;i'5 (189S). 11 a collaboré à la Revue Bleue, à la Revue Jes Deux-MoiiJes , à la Revue Je Paris, au Journal Jes Débats, au Temps, etc.

Ce professeur est officier de la Légion d'honneur.

GflODÎ^Y (Jean-Albent)

*.\r.ÉONT0LOGisTr, membre de l'Institut, né .i

Saint-Cjcrmain-en-Laye le 16 septembre

s=w=^'i? 1827. Vils d'un avocat connu, mort en 1875,

=|o/ et petit-fils de Ph. Lebon, l'inventeur du

gaz, il fit ses études au collège Stanislas, et obtint

le diplôme de docteur ès-sciences en i8t2.

.\1. (iaudry entreprit, en 18=,% un voyage en Orient, chargé d'une mission par le .Muséum et le ministère de rinstiLiction publique. En 185=^-56 et en 1860, il ht. sous les auspices de l'Académie des Sciences, d'intéressantes découvertes d'animaux fossiles, à Pikermi. dans l'Attique.

11 avait été nommé aide-naturaliste de paléontologie en iS^2: il devint professeur de cette science le 8 juin 1872.

.VI. Albert Gaudrv fut élu membre de l'Académie des Sciences, en remplacement de Sainte-Claire- Deville, le 16 janvier 1882. Il est associé des académies royale de Belgique, de .Vladrid, de Londres, Je Bavière, de Rome, etc.

On doit h M. Albert Gaudr) des études portant principalement sur l'évolution du monde animé dans les temps géologiques. Parmi ses publications, citons: Recherclits scientifiques en Orient (185s ; Contemporancitd Je l'espèce humaine et Je Jiverses espèces animales aujourj'hui éteintes (1861); Géologie Je Vile Je Chypre (1862); ConsiJdrations générales sur les animaux fossiles Je Pikermi (1866); Animaux fossiles et géologie Je l'Attique {i862-G']) ; Animaux fossiles Ju Mont Lébéron (1873), avec

M.Vl. Fischer et TournoUer; Matériaux pour l'histoire Jes temps quaternaires (1876-1888); les Enchainements Ju monJe animal Jans les temps géologiques : mammifères tertiaires, fossiles primaires, fossiles secondaires (1878-1890); VActinoJon [ifiS-]'\; les Ancêtres Je nos animaux Jans les temps géologiques {\2,%i);le Dryopithèqne (1890); les MastoJontcs [\^\); les Pythonomorphes Je France (1892) ; l'Eléphant Je Durfort 1804''; Essai Je paléontologie philosophique Il 81)6 .

Lauréat de la médaille Wollaston de la Société géologique de Londres, ce savant a été décoré de la Légion d'honneur le =, août 18^7 et promu officier le 0 juillet 1886.

DlEUliRFOV (Geot^ges)

^^■^^ ÉDEciN', membre de l'Académie de .Médecine, iHli!»^ né à Toulouse en 1840. Il suivit les cours <9-^^-^"' de médecine à Paris, fut reçu docteur en

^^^ 1869, avec une thèse sur la Mort subite Jans la fièvre typhoïJe , et agrégé avec une autre intitulée : Des progrès réalisés par la physiologie expérimentale Jans la connaissance Jes malaJies Jii système nerveux.

.NléJecin de l'hôpital Necker, puis de l'Hôtel-Dieu, M. Dieulafoy a été élu membre de l'Académie de Médecine en 1891 .

Parmi les travaux publiés parle docteurDieulafoy, on cite notamment : Traité Je l'aspiration Jes liqiii- Jcs morbiJes, méthoJe méJico-chirurgicale Je Jiagnostic et Je traitement, etc. (1873) ; De la Thoracentèse par aspiration Jans la pleurésie aigiie (1878); Manuel Je pathologie interne (1880-1896) ; De Tarterite cérébrale syphilitique (1893) ; Clinique méJicale Je V Hôtel-Dieu Je Paris (1896-97), etc.

.VI. le docteur Dieulafoy est officier delà Légion d'honneur.

DiEULiAFOY (|VIaPeel"fluguste)

'"'sgiIniixr et archéologue, membre de l'Institut, né à Toulouse le 3 août 1844, frère du précédent. II entra, en 1863, à l'Ecole polytechnique, puis à celle des Ponts-et-Chaussées en 186s, et fut nommé ingénieur ordinaire de y classe en 1868. Envoyé d'abord en Algérie, puis attaché aux travaux de la ville de Toulouse, M. Dieulafoy se signala lors des inondations de la Garonne, en 1875 , par son courage et son activité. Promu ingénieur de i'" classe le 1" juillet 1880. M. Dieu-

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lafoy, à ce niomcnl. soUicil;) du iTouveriicmciit et obtint tiiie mission nielie'olngique en Perse ; il exécuta des fouilles ijui amenèrent la découverte du palais de Darius et d'Artaxercès, ainsi que d'auties mcMiuments. Nommé ingénieur en chef en iSiS-?, il rentra en France en i88(). Les collections qu'il a rapportées de Suse ont été placées au Musée du Louvre, où elles occupent trois salles.

M. Dieulal'oy a publié : r.l;7 lUiliqiu- de la Prrsr, Achcnnhiidcs.Parthcs^Sassanidcs (1884- 1889); ï Acropole de Susc, d'après les fouilles exécutées de 18S2 à 1886 (1890-93), le Roi David ; le Chdlean-Gaillard ; la BaliiiUe de Muret (1897).

Chevalier de la Légion d'honneur en 187s, après les inondations de Toulouse, il a été promu officier en 1894. 11 a été reçu membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres en 1895.

Sa femme, née Jane-Paule-Rachel Magre, à Toulouse, le 29 juin iS"! I, a accompagné M. Dieulafoy dans ses voyages et pris part h ses travaux. De retour en France, elle fut autorisée à porter en public le costume masculin auquel elle s'était habituée dans ses excursions.

M""' Dieulafoy a publié les ouvrages suivants : La Perse, la Chaldée et la Susiaiie, voyages effectués en i8Sj-iS86 (1886), couronné par l'Académie française; A Suse (1888); un roman historique, Parvsatis (1890'!, couronné par l'Académie française ; Rose d'Hatra (1893); Frère Pelage {189s); Déchéance, roman moderne (1897) ; Conférences sur la Perse antique, la Perse du Moyen-Age, les Tragiques grecs et les fouilles de Susc (1896, 97, 98), etc.

M""' Dieulafoy a été décorée de la Légion d'honneur en 1886.

IiAVEDflrl (Hubept-lléon)

DMiNisTRATEUR et publicistc, ué ,à Tours en j u 1 u *' 1826. Il fit ses études au collège de Tours ^KjT et, après a voir été quelque temps précepteur ■l- dans une famille, il devint, en 1848, rédacteur à la France Centrale de Blois, journal légitimiste. Il fonda en i8=,o, à Orléans, le Moniteur du Loiret, qui fut supprimé, huit ans plus tard, par l'Empire.

Venu à Paris en i8=,8, M. Lavedan collabora à V Ami de la Religion, à la Galette de France, puis au Correspondant, où, adversaire de l'Empire, il fut poursuivi pour ses écrits et condamné à un mois de prison (1864). Il envoyait, en outre, des correspon-

dances ,a des jcuirnaux catholii|ues des dép.irtenients et de l'étranger.

M. La\edan suivit a Tours et à Bordeaux, après le 1 septembre 1S711, la rédaction du journal le l'raUiais, dans lequel il lit une vive opposition à Gambetta.

Nommé par Thiers, en mars 1871, préfet de la Vienne, il passa, le 22 janvier 1874, dans la Loire- Inférieure; le 10 septembre de la même année, il fut nommé administrateur-général adjoint de la Bibliothèque Nationale, fonction ipii fut supprimée en

Directeur du (Correspondant au id mai 1877, le cabinet de Broglie le nomma directeur de la presse au ministère de l'Intérieur, et on lui attribue l'inspiration des attaques réitéréeset passionnées contre les 36-5, que publia à ce moment le Bulletin des communes. Il rentra dans la vie privée à la chute du gouvernement de l'Ordre moral.

M. Lavedan, depuis, a longtemps donné une assidue collaboration politique au Figaro, sous le pseudonyme de « Philippe de Grandlieu. » 11 a été créé comte romain par le pape Léon \ni et est chevalier de la Légion d'honneur depuis i87'5.

HflVEDflJ^ (Henpi-Ijtéon-Emile)

^■j^TiTTÉRATiiuR, flls du précédent, né à Orléans le liUlf '^ avril i8s9. Ses études achevées aux lycées «j^^-^S^ Louis-le-Grand et Fontanes, il s'adonna de Y ^ suite aux lettres.

Les relations de son père ouvrirent de bonne . heure h M. Henri Lavedan les portes des grands journaux parisiens; dès ses débuts, il collabora à V Fclio de Paris, au Gil Blas, au Figaro, etc.

Les articles de cet écrivain, réunis et réimprimés en librairie sont généralement des peintures • satiriques des mœurs du monde ou plutôt des divers mondes parisiens, assez bien observées et élégamment écrites. Ces volumes portent les titres suivants : Mani'selle Vertu ; Lydie ; Reine Janvier ; Inconsolables ; Sire; La Haute; Nocturnes: Petites Fêtes \ (séries de chroniques parues de 188^ à 1892); le Non- ■x veau jeu ; la Critique du Prince d' An rec (1S91) ; Leur cicur ; Une cour I 1893) ; le Lit ; Leur Beau Physique (1894); le Vieux Marcheur ; les Marionnettes ; Un peu de honte iySt)'^); les Petites Visites ; Leurs Sœurs { 1S96) ; les Deux Noblesses: les Jeunes 0.1 l'Fspoir de la France (1897;, ^^'^■

Auteur dramatique, M. Lavedan a l'ait représenter Une Famille, coiu. 4 actes iTh. Fr. 1890, couronnée

par rAcadémie française) ; les Di-scciuiauts, pièce refusée sous ce titre à la Comédie française, acceptée et jouée au Vaudeville avec succès sous celui de : le Pn'iui' J'A iircc i 18921 ; la Revue toute faite, 3 actes, avec de nombreux collaborateurs (1893) ! Catherine, corn. 3 actes (Comédie française, 1897); \e Nouveau Jeu, coni. ^ actes (Variétés, 18981.

M. Henri Lavedan est chevalier de l:i Légion d honneur depuis i89'?.

|VIÈ]4E (Edme-Édouafd)

>"T^^ 1 oKci.N , écrivain scientilique, né à i'aris le [il|»' 22 septembre 1855. Elève des professeurs '^^-^-~^' Natalis Guillot, Morineret, Lenoir, Broca,

"^ \'erncuil, Civiale, il fut reçu'docteur de la faculté de Paris en i8=,9, avec une thèse Sur la Sciatique et sou traitement par les raies et pointes de feu. Il est médecin de la Maison de santé des frères Saint- Jean-de-Dieu depuis 1873.

Ancien membre honoraire du conseil d'administration de la Société d'Acclimation, le D' Mène a publié, dans le Bulletin de cette Société, un grand nombre de travaux ; h citer : Des usages du Bambou en Chine (1869) ; Des produits végétaux de la Chine et en particulier du Bambou (1869); Etudes sur les productions végétales du Japon ('.880 à i8?6'), qui lui valurent, en 1882 et en i880,lesdeuxgrandesmédailles d'or de la Société. Il a fait paraître, en outre, un mémoire sur le Bambou au Japon 1 1880I et une notice sur le Chrysanthème dans l'ait japonais 1 1886).

.^l. le D' Mène compte parmi les plus célèbres et documentés collectionneurs d'objets d'art japonais et chinois du monde ; il en a formé un véritable musée, où on admire trente-six armures de princes, en fer repoussé, ciselé, incrusté et damasi|uiné d'or et d'argent, chefs-d'œuvres des artistes de la famille Miotchin. célèbres ciseleurs du Japon du su" au wnf siècles ; une série de casques dont un porte la signature de Mouné Souké,le premier .\liotchin, et la date de n=,5 (xii" siècle) e,t un autre est signé Miotchin Xobou-i-yé et daté de i'i4=, (xvi" siècle). Il a formé une magnifique collection de cinq mille gardes de sabre japonais, vrais bijoux en fer ciselé et incrustés d'or, d'argent, d'émaux translucides et de pierres dures, qu'il a classés par siècles, par artistes, par sujets, par légendes, dont il a déchiftré les signatures et qu'il a lait photographier en planches, reproduisant un grand nombre d'armoiries des familles princières et seigneuriales du Japon, ayant au vc-rso toutes

les indications de dates d'annoblissement, de lieu de résidence, etc.

Le D' Mène a réuni aussi un grand nombre d'objets en fer, faits par les .Miotchin, ainsi que plus de soo pièces en laque d'or, des meubles incrustés de nacre, des ivoires, des bois sculptés, des anciennes porce laines et aussi des émaux cloisonnés et des jades.

On annonce de lui des notices sur diflérents artistes japonais, d'un grand intérêt, notamment sur Kané-i-yé, le grand ciseleur de gardes de sabre du xvi' siècle, et sur .Nliotchin Nobou-i-yé, le grand armurier du xvi'' siècle.

."^1. le D' .Vlènecst oflicierde la Légion d'honneur et de l'Instruction publique, commandeur des ordres du Trésor sacré du Japon, de Saint-Grégoire-le-Grand, du Saint-Sépulcre, de Danilo du .VIonténégro, etc.

VRPEI^ERU (Liouis-Gustave)

Jd.\ii.sistr.\ii;lr et écrivain, né à Orléans le 4 avril 1819. Fils d'un boulanger, il fit ses études classiques au petit séminaire, puis au collège de sa ville natale, et remporta, dans un concours entre tous les collèges de France, le prix d'honneur de philosophie. Entré, en 18^8, à l'Ecole normale supérieure, il en sortit en 184 1 ; fut, pendant l'année suivante, secrétaire de Victor Cousin ; devint, en province, professeur de philosophie en cette même année 1S42 ; prit l'agrégation en 1843 et, mis en disponibilité en iSsa, quitta l'Université.

A Paris, où il revint alors, M. ^'apereau reprit et acheva son droit, et se fit inscrire au barreau en 18=14: mais il n'exerça pas cette profession et s'adonna à des recherches historiques, documentaires et littéraires.

Après la chute de l'Empire, .\1. Vapereau fut nommé préfet du Cantal, le 14 septembre 1870 ; puis, le 26 mars 1871, préfet de Tarn-et-Garonne jusqu'en mars 1873. Il fut réintégré dans l'L'niversité comme inspecteur général de l'instruction publique (enseignement primaire), le 23 janvier 1877, et fut misa la retraite, par suppression d'emploi, en 1888, avec le titre d'inspecteur général honoraire.

M. Vapereau est l'auteur du Dictionnaire universel des Contemporains, i8s8, 2'' éd. 1861, 3" i80s, 4" 1870,' S° 1880, 6" 1893, Supplément i8i)s', œuvre considérable et d'une utilité incontestable, dans laquelle sont rassemblés, en 7,000 notices environ sur toutes les notabilités du monde, de précieux documents pour l'histoire générale de ce siècle. Il a aussi dirigé

la rédaction du Die I ion n a ire universel des Litléraliires (1876), répertoire plus spécinl et très complet de bibliographie littéraire. 11 a publié, sous le titre de VAnuée Jiiléraire cl driiniatiqiic (iSso-iSûiji, une revue annuelle des principales productions de la littérature française. On connaît encore de lui : Eléments d'histoire de la littérature française (2 vol., i88^-i88s' : des éditions annotées du Discours de la méthode de Descartes, et de trois comédies de Molière : les Précieuses ridicules , le Bourgeois gentilhomme et les Femmes savantes j des études sur la Colonie de Mcttray. le Divorce, la Reforme pénitentiaire, dans la Liberté de penser 11847-18491; des articles de droit et de philosophie dans le Dictionnaire des sciences philosophiques ; d'autres dans V Encyclopédie générale, ï Encyclopédie pe'daoogique, la Nevue de rins/ruction publique, la Revue française, Manuel général de V Instruction primaire, etc., publiés sous son nom ou sous les pseudonymes de « Adrien Tell// et " G.-.\I. Valtour >/. On cite, sous ce dernier nom, V Homme et la Vie, notes et impressions (l8q()i.

Cet écrivain est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 7 février 1878.

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FOUf^^lIEt^ (Jean-fllfpcd)

h'-DixiN, membre de l'Académie de .^lédecine, né à Paris le 12 mai 18-52. 11 étudia la médecine sous la direction de Ricord, fut reçu docteur en 1860 et agrégé de la Faculté en 1863.

Attaché à l'Hôtel-Dieu, puis à l'hôpital de Lourcine, M. le docteur Fournier devint médecin en chef de cet hôpital, d'où il passa à Saint-Louis.

Le ■; I décembre 1879, il fut nommé professeur des maladies cutajiées et syphilitiques, chaire créée pour lui, et a été élu membre de l'Académie de Médecine le 23 décembre 1880.

Les travaux de M. le docteur Fournier ont pour objet principal les maladies vénériennes, leur siège, leurs effets, leur contagion. Il a publié les Leçons sur le chancre, du D' Ricord (1858) ; puis il a traduit les anciens traités relatifs à l'objet de ses études, tels que le poème célèbre de Frascator : Syphilis (1869), le Nouveau carême de pénitence et purgatoire d''expiation, par Jacques de Béthencourt, publié en 1S27 ^871), le Mal Jrançais, de Jean Vigo (1872), etc. Il a ensuite écrit : Des glossitcs tertiaires [li'j']) ; la Syphilis du cerveau (1879) ; Syphilis et mariage [iSSo);

Leçons cliniques sur la syphilis {iS?.i) ; De VAtaxie locomotrice d'origine syphilitique 11882. in-8) ; Leçcni sur la période pra-ataxique du tabès d'origine syphilitique 1 188=,); Leçons sur la syphilis vaccinale (18891; Des syphilides secondaires malignes (1893'!; Affections parasrphilitiques : Traitement de la syphilis ^1894); Syphilis et paralysie générale (189s); les Chancres extra-génitaux (1898), etc.

-M. le docteur Fournier est officier de la Légion d'honneur depuis le 23 décembre 1886.

DUCHESrlE (Liouis-Mapie-Olivier')

R(.HHOLOGUi;, prêtre catholique, membre de l'Institut, né à Saint-Servan (llle-et-Vilaiuei] le 13 septembre 184-!. Ordonné prêtre et reçu docteur es lettres en 1877, avec une thèse latine : De Macario magnete et scripiis ejus, et une thèse française : Etude sur le 'f Liber poutificalis „ . il devint maître de conférences à l'Ecole des hautes études, puis professeur d'archéologie et d'histoire du christianisme à l'Institut catholique de Paris. Il a été membre des écoles françaises d'Athènes et de Rome et est chanoine honoraire du chapitre de Saint-Brieuc. lia été chargé de missions au Mont-Athos, à Salonique et à Palmos en 1874, et dans le Sud de l'Asie-Mineure en 1876.

M. l'abbé Duchesne est, depuis 1888, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, où il a remplacé Bergaigne.

Il s'est fait connaître par des travau.x publiés sous les titres suivants : Mémoire sur une mission au Mont-Athos, suivi d'un Mémoire sur un Ambon conservé à Salonique; la Représentation des mages en Orient et en Occident durant les premiers siècles (1877) ; De codicibus mss grœcis l^ii II iii bibliotheca Alexandro-Vaticana (1879) > ^''^'' '*•• Rolycarpi aiictore Pioiiio (1881); la Crypte de Mellébande et les prétendus martyrs de Poitiers [\^^y/. Etude sur la liturgie latine avant Charlcmagne (1889) ; les ' Anciens Catalogues épiscopatix de la ville de Tours (1890) ; une édition du Liber pontificalis. texte et commentaires ; 1884-1892) ; Fastes épiscopaux de l'ancieiiiie Gaule ; Vie de Ste Geneviève (1893) ; Nennins reiractalus (1894); Autonomies ecclésiastiques, Eglises séparées (1896); Origines du culte chrétien 1181)7;. 11 a, en outre, écrit dans la Revue archéologique, la Revue des Ouestions historiques . la Revue Poitevine et autres recueils.

pASt^E (Amant-Joseph)

!.ÉNATEUR, professeur, écrivain, né à Rodez le lo décembre 1842. Ses études faites au lycée de sa ville natale, il prit la licence es lettres à Toulouse et fut successivement nommé professeur de troisième, de seconde et de philosophie nux collèges de Millau, de Figeac, d'Auxerre et de Toulon ; agrégé de philosophie en 1867, il fut envoyé, Tannée suivante, au lycée de Caen.

En 1871, sur le rapport d'un inspecteur général, M. Joseph Tabre dût quitter l'Université ; mais il put s'y faire réintégrer et se vit, en 1873, chargé du cours de philosophie à la Faculté des Lettres de Bordeaux ; révoqué et mis en non-activité par M. de Cumont. en octobre 1S74, il fut nommé, un an plus tard, par M. Wallon, suppléant du cours de philosophie au lycée Louis-le-Grand et devint, en 1876, titulaire au lycée Saint-Louis.

M. Joseph Fabre posa sa candidature aux élections législatives du 14 octobre 1877, comme républicain, dans la 2' circonscription de Rodez et échoua, avec 1,594 voix, contre ^'ii^^'^ données à M. Roques, député sortant et candidat officiel. Plus heureux au renouvellement de 1881, il se fit élire, dans la i" circonscription de la même ville, par 6,072 voix, contre ■^,^44 données à M. Azemar, candidat bonapartiste et député sortant.

A la Chambre. le député de Rodez siégea à la Gauche radicale et à l'Union républicaine. Il prit une part active aux travaux parlementaires et intervint notamment dans les discussions sur le scrutin de liste, sur la révision des lois constitutionnelles, sur les mesures contre les membres des familles ayant régné en France, sur l'enseignement public et privé, etc. Dès cette époque, il proposa l'instiliitinn d'une fcte nationale en l'honneur de Jeanne-d'Arc, qui n'aboutit pas alors 1 18841.

Lors des élections du 2^ janvier 1S85 pour le renouvellement triennal du Sénat, M. Joseph Fabre se présenta dans son département ; mais la liste républicaine, sur laquelle il était porté^ échoua, et il ne réunit que 272 voix sur 842 votants. Au renouvellement législatif, du 4 octobre i88s, fait au scrutin plural, inscrit d'abord sur la liste du comité républicain, il retira sa candidature.

Aux élections sénatoriales de 1894, il fut élu dans l'Aveyron, le dernier de la liste républicaine, par 471 voix sur 798 votants. Au Sénat, il reprit son

projet de fête nationale en l'honneur de Jeanne d'Arc, en fut rapporteur et y intéressa le Sénat (1898).

M. Joseph Fabre a publié : Cours de philosophie, suivi de Notions d'his'toirc de la philosophie (1870) ; Notions de philosophie (1874), ouvrage qui attira sur lui les rigueurs administratives; Histoire de la philosophie {1877-1881). Il a écrit, en outre, plusieurs volumes d'éducation civique, sous les titres : Ecole de l'homme et du citoyen (1881 et suiv.); Washington libérateur de l'Amérique [\9:?:2): Jeanne d'Arc libératrice de la France (1883, nouv. édit. 1894). Il a consacré à la même héroïne : Procès de condamnation de Jeanne d'Arc, d'après les textes authentiques des procès-verbaux officiels (1884); Procès et réhabilitation de Jeanne d'Arc, raconté et traduit d'après les textes latins officiels (1888); le Mois de Jeanne d'Arc (1892). M. J. Fabre a en outre composé et fait jouer le drame historique de Jeanne d'Arc, en cinq actes avec prologue ''1890). On lui doit encore: Jésus, mystère (1892) ; Jeanne d'Arc, drame en 3 parties (1895), etc.

L'Académie française lui a décerné le prixGuizot en 1892.

f^ICHEPlH (Jean)

oiiTn, auteur dramatique et romancier, né le 4 février 1849 à Médéah (Algérie). Fils d'un médecin militaire originaire de l'Aisne, il fit ses classes à Paris, aux lycées Napoléon et Charlemagne.M. Richepin commença ensuite, sous la direction de son père, des études médicales qu'il abandonna pour entrer à l'Ecole normale supérieure, dans la section des lettres en 1868.

Pendant la guerre de 1870, rédacteur en chef de ï Est, journal de Franche-Comté, il s'engagea dans les francs-tireurs de l'armée de Bourbaki. Après la paix, il collabora au Mot d'Ordre, au Corsaire et publia dans la Vérité : les Etapes d'un réfractaire : Jules Vallès, qui parurent ensuite en volume 11872). La même année, il fit représenter au théâtre de la Tourd'Auvergne, où il joua lui-même : Tf/o/'/f, pièce écrite en collaboration avec André Gill. A cette même époque, il composa la Chanson des Gueux, qui, sur la dénonciation du Charivari, lui valut un mois de prison et "jog francs d'amende. En prison, il écrivit les Morts bigarres, puis à sa sortie, tombé, dit-on, dans une grande gêne, il s'engagea comme matelot et fut même débardeur à Bordeaux. Rentré à

Paris, il devint rédacteur nu G/7 Blns, cl se consacra tout entier aux lettres.

L'dMivro de .VI. Riclicpin est considérable: il a donné dans les journaux un très grand nombre de chroniques littéraires, [uiblié une suite importante de volumes, vers ou prose, et fait représenter plusieurs pièces de théâtre. Poète impeccable, styliste de grande valeur, il est l'un des représentants les plus « avancés* de Pécole naturaliste, de laquelle il s'est appliqué à exagérer encore les effets, allant dans la crudité des expressions et la licence des sujets audelà des 1 imites les plus reculées. Les hardiesses de cet écrivain, blâmées par beaucoup, applaudies par d'autres, ont contribué à mettre son nom en vive lumière et son talent incontesté l'y a maintenu.

Citons, parmi ses poésies : la Chanson des Cuuu.w son prernier recueil, paru en 1876, suivi de nombreuses éditions, les unes avec, les autres sans les morceaux qui avaient fait condamner l'auteur. Dans celle de 1881, l'auteur, défendant son œuvre, dit que « la crudité de son style est peut-être inutile et répugnante, mais non iinmorale. » Vinrent ensuite : les Caresses (1877), œuvre très diversement appréciée, excentrique en somme; les Blasphèmes (1884), recueil de poèmes philosophiques où l'auteur déclare être allé « plus loin qu'on ne le fit jamais dans la franche expression de l'hypothèse matérialiste ; » la Mer (1880); Mes Paradis (18941.

Les romans de M. Richepin, écrits dans le même genre de style audacieux et personnel, portent les titres suivants : Madame André (1874); les Morls hi'iarrcs, titre dé'p cité (1877); la Glu (1881), dont il devait tirer un de ses drames ; Miarlta la fille à l'ours, curieuse évocation de la vie bohémienne ; le Pave, paysages et eoins de mes (1883) ; Sophie Monnier, maîtresse de Mirabeau ( 1884) ; Ce'sarinc ; Braves o-eiis, roman parisien (1888) ; le Cadet ; TrnandaiUes (1890); la Miseloqite, choses et gens de théâtre (1892) ; r.4 /«/(•■ (1 893 1 ; Flambochc {l'^e)^); les Grandes Amoureuses : les Etapes d'un réfractaire (nouv. édit. 1896).

Au théâtre, il a fait représenter : la Glu, drame en cinq actes (Ambigu 1883, tiré de son roman ; A'j;/<7 Sahib, drame en ^ actes et en vers (Porte-Saint-Martin, 1882), oîi l'auteur joua lui-inême; Macbecth, drame en 9 tabl. en prose (même théâtre, 1884); Monsieur Scapin, coméd. 3 actes, en vers (1886) ; le Flibustier, com. dramatique en 3 actes et en vers (1888) ; /"i//- /(■ G/j/t'c, drame en s actes et envers (1892), ces trois dernières pièces à la Comédie fran-

çaise; le Mage, opéra de Massenet (Opéra, 1892); Vers la joie (Com. Franc. 1894) ; le Chien de Garde, dr. t, a. I .Vlcnus-Plaisirs, avec l'acteur 'l'ailliadc dans le principal rôle) ; le Clieniineau, drame en ^ actes, en vers, qui obtint un grand succès (Odéon, 1897); la Martyre, drame antique en ^ actes et en vers (^Com. franc. 1898). Il a publié aussi un livre intitulé : Théâtre chimérique, 27 actes en prose et en vers (1896).

VlBEÏ^T (dehan-Gcofges)

KiNTRi;, graveur, littérateur, né à Paris le 50 septembre 1840. Il étudia d'abord la gravure, puis la peinture, sous la direction de MM. Barrias et Picot, et débuta au Salon de 1S61, par deux tableaux de genre : la Sieste et Repentir.

M. Vibert, peu connu comme graveur, est célèbre comine aquarelliste et peintre; ses œuvres se font remarquer par une grande science du coloris; les plus connues sont : Narcisse changé en fleur ; Insouciance iiidi^) ; Martyrs chrétiens dans la fosse aux lions; le Mouton mort (i86s); Daphnis et Chloé ; Entrée de toreros, peinte en collaboration avec M. Zamacoïs ; un Cabaret à Tolède, dessin ; Porteur d'eau, aquarelle (1866) ; VAppel après le pillage ; la Tentation , et deux aquarelles : Savetier ambulant. Don Quichotte (18671 ; Barbier ambulant (Espagne); le Couvent sous les armes (Espagne, 181 1) et diverses aquarelles (1868) ; le Retour de la ditne ; le Matin de la noce et deux aquarelles ; Arlequin che{ l'avocat; le Fripier (1869); Gulliver; V Importun (1870) ; le Départ des mariés ; le Premier né (1873); la Réprimande ; Moine cueillant des radis; M. Coquclin aine dans le rôle de Mascarille (1874) ; <, la Cigale et la Fourmi; le Repos du peintre [l'è-]^); ■ l'Antichambre de Monseigneur (1876) ; le Nouveau commis; la Sérénade (1877); Apoth 'ose de M . Thiers (1878), toile de vastes proportions qui, d'abord acquise par l'Etat pour le Luxembourg, fut placée à la Chainbre, puis alla au musée de Versailles; y Arrivée (1886) ; le Malade imaginaire (1890) ; le Cordon bleu (1891) ; le Désespoir de Polichinelle et le Médecin malade, toile qui fut lacérée par une main inconnue 118921.

.Vlembre fondateur et président de la Société des .\quarellistes français, il a envoyé de nombreuses aquarelles aux expositions de cette association. On dit que cet artiste, doublé d'un chimiste,

fabrique hii-méme ses couleurs et on prcteini que ses procédés, meilleurs que ceux de l'industrie moderne, assurent à la vivacité et à la netteté des tons de ses toiles, une durée plus longue qu'à la généralité des œuvres peintes de notre temps.

Ce peintre a écrit, pour le théâtre, quelques saynètes et monologues : la Tn'hiiiic mccaniquc iPalais-Royal, mai 1872) ; les Chapctiiix, conférence faite par Berthelieri Variétés, 1874 et publiée en brochure, avec dessins de l'auteur); les Portraits, autre conférence faite également par Berthelier (187^) ; le Verglas, comédie en un acte (Vaudeville, 1876); Cltaiitciisc par amour, opérette, avec M. R. Toché \'ariétés, 1877). Il a aussi publié en volume: la Science de la peinture (1891).

M. (jeorges Vibert a obtenu trois médailles, en 1864, 1867 et 1868 et une médaille de ^^ classe à l'Exposition universelle de 1878. Décoré delà Légion d'honneur en 1870, pour sa peinture et non pour faits de guerre, comme le dit par erreur M. Vapereau, dans son Diitionnairc des contemporains, il a été promu officier le 18 février 1882.

THÉVEJ^ET (Marius)

-iNATiaiR, ancien ministre, né à Lvon en 1X4=,. Avocat dans cette ville, il y devint conseiller municipal, puis membre et président du i-J!M>^ Conseil général du département.

En 1883, M. Thévenet se présenta dans la 6'' circonscription de Lyon, comme candidat opportuniste, au siège de député rendu vacant par la démission de M. Varambon; il échoua, le 20 mai, avec 4,680 voix, contre s, 071 données au candidat radical, \\. Monteillet. Inscrit sur la liste de l'Union républicaine dans le Rhône, aux élections du 4 octobre 188s, faites au scrutin départemental, il fut élu au scrutin de ballottage, le sixième sur onze, par 86,072 voix sur i3<),os2 votants.

A la Chambi'e, le député du Rhône fit partie de plusieurs commissions, déposa et soutint une proposition relative à la législation concernant les faillites, i-i prit une large part aux débats parlementaires.

Appelé, dans le second cabinet Tirard, au ministère de la Justice et des Cultes (22 février 18891, '^ ''* diriger des poursuites contre le comité directeurde la Ligue des patriotes et demanda à la Chambre l'autorisation de poursuivre aussi le général Boulangerdevant la Haule-Cour. Le procureur général près la C^our de

Paris, .\1. Camille Bouchez, ayant refusé de signer le réquisitoire rédigé à cet eflet par le garde des sceaux, M. Thévenet luj demanda sa démission; ce magistrat refusa de la donner; le garde des sceaux le révoqua et le remplaça par M. Quesnay de Beaurepaire. Il eut plusieurs fois h soutenir et défendre devant les Chambres les agissements du ministère public et dût invoquer les nécessités politiques pour justifier l'attitude du pouvoir judiciaire en cette affaire.

Pendant son ministère curent lieu les élections générales du 22 septembre 1889, au scrutin uninominal. M. Thévenet se fit éliredans la 2' circonscription de Lyon, au lieu de la 6°, avec s, 121 voix, contre 2,82'î données à .^I. Robert Boubée, candidat monarchiste, et i,is9 à M. l'arjat, socialiste-révisionniste. Il donna sa démission de garde des sceaux avec le cabinet Tirard, le 17 mars 1890.

Après le décès de M. Testelin, M. Thévenet fut présenté au siège sénatorial rendu vacant dans le Rhône et élu au second tour, par 448 voix sur 737 votants, en janvier 1892.

Le sénateur du Rhône siège à la gauche de la Chambre haute. Il y a pris plusieurs fois la parole, dans les questions juridiques notamment. Il fut du nombre des membres du Parlement poursuivis, le 20 décembre 1892, à l'occasion des aflaires de Panama et fit rendre en sa faveur une ordonnance de non-lieu (7 février 1893). Depuis, M. Thévenet a été rapporteur delà loi sur les sociétésanonymes (1893) et de celle relative aux accidents de travail (1896 et 1898); il appuya au Sénat, avec ses collègues, MM. Scheurer-Kestner et Trarieux , la campagne menée en faveur de la révision du procès du capitaine Dreyfus (1898}, etc.

f^OCHEGt^OSSE (Geofrges-flntoine- IVIapic)

iiNTRE et dessinateur, né à Versailles le 2-;ioùt 18=59- Elève, à l'Ecole des Beaux-Arts, de I.efebvre et de Boulanger, il échoua pour le prix de Rome en 1880 et 1882 et débuta au Salon de cette dernière année, avec une toile: Vitelliiis traîne dans les rues de Rome par la populace.

On a vu depuis de M. Rochegrosse : Aridromaquc (^i88-îj, é[iisode de la prise de Troie, tableau remarquable qui fit de suite la réputation de l'artiste ; Noir et Rose, aquarelle (1884); \a Jacquerie (i883);la Folie du roi Nabncliodonosor (1886) ; la Curée ; Salome devant le roi Ile'rode M 887) ; 'f Japon chc^ soi», pastel (1888); le Bal des Ardents, épisode du règne de

Charles VI ; Tij un lui user an Ww/ï.'.-ètv;^ (1889) ; Combat de cailles; Nouvelle arrivée au Harem, xviu' dynastie (1890) ; la Mort de Bahrloiw {i^<)i), tableau de grandes dimensions, l'une des œuvres les plus connues et aussi les plus discutées de Tauleur ; Pillage d'une villa gallo-romaine par les Huns (1893 1 ; le Chevalier aux fleurs (1894, depuis au Luxembourg); Babil d'oiseaux (189O; Angoisse humaine, œuvre d'une belle conception ; les Maîtres chanteurs, scène du quintette (1896) ; le Chant des Muses éveille l'dme humaine, décoration pour la Sorbonne, toile d'un symbolisme un peu obscur (1898).

La peinture de cet artiste se fait remarquer par ses qualités de modelé, de coloris et de facture. Comme illustrateur, on cite ses dessins pour les œuvres de V. Hugo: V Homme qui rit, Han d'Islande; de Flaubert, Herodias, Salammbô, etc., et pour diverses revues, magazines et journaux illustrés.

M. Georges Rochegrosse a épousé une fille de Théodore de Banville.

Cet excellent peintre a obtenu une médaille de 3' classe dès 1882, une de 2" classe et le prix du Salon en 1883, et une médaille de bronze à l'Exposition universelle de 1889. 11 est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1892.

OHflET (Geopges)

fOMANCitR et auteur dramatique, né à Paris le r^ avril 1848. Fils d'un architecte, il fut reçu licencié en droit et avocat. Il abandonna le barreau, après la guerre de 1870, pour faire du journalisme politique, comme rédacteiir au Pars, puis au Constilitlioiiiiel , journaux conservateurs.

M.Georges Ohnet a publié sous le titre : Balailles de la vie, des romans parus d'abord dans le Figaro, dans Vlllustration ou dans la Revue des Deux- Mondes et en librairie ensuite, intitulés : Serge Paninc (1881), ouvrage couronné par l'Académie française; \q Maître de Forges 11882), un des plus vifs succès de l'auteur qui fut, à son propos, accusé de plagiat ; la Comtesse Sarah (1S83) ; Lise Fleuron (1884) ; la Grande Marnière (188s) ; les Dames de Croix-Mort (1886) ; Volonté (1888) : le Docteur Rameau (1889) ; Dernier amour (même année) ; Dette de haine (1891) ; le Lendemain des amours

(1893) ; le Droit de l'enfant : Vieilles rancunes

(1894) ; V Inutile richesse (i8t)6); le Curé de Favières (1897); le Roi de Paris (1898). On cite encore de

lui d'autres romans : Noir et rose (1887) ; Y Ame de Pierre (1890) ; Nemrod et C" (1892) ; la Dame en gris (1895) ; la Fille du député {\%i)b'\.

Les œuvres de cet écrivain ont, presque toujours, été bien accueillies du public ; certaines, même, ont connu des succès peu communs ; mais M. Georges Ohnet n'a pas trouvé la même faveur devant la critique, qui l'attaqua souvent avec une violence passionnée, l'accusant de plagiat, lui reprochant la banalité de ses idées et la platitude de son style. Il faut reconnaître, cependant, qu'à défaut d'une haute portée philosophique, les sujets traités par M. Ohnet sont toujours clairement exposés et développés, d'une moralité et d'une honnêteté parfaites.

Au théâtre, .M. Georges Ohnet a fait représenter : Regina Sarpi , drame, avec M. Denayrouse (187s) ; Marthe, com. 4 a. (1877) ; puis des pièces tirées de ses romans : Serge Panine, pièce en 5 actes (1881) ; le Maître de Forges (Gymn. 1883, pièce en 4 ac); la Comtesse Sarah, pièce en 5 actes (1887) ; la Grande Marnière, drame en =, actes et 8 tableaux (Porte-St- Martin, 1888), qui renouvela le succès du Maître de Forges ; Dernier amour, pièce en 4 actes (Gymnase, 1890); le Colonel Roquebrune , dr. s a. (Porte-St- Martin, 1897).

M. Georges Ohnet a été décoré de la Légion d'honneur le 8 juillet 1885.

TlI^lWfll^ (liouis)

D^^^■1STRATEUR, sénateur, ancien gouverneur général d'Algérie, né à Mézières le 29 juillet 18:57. Il fut, après le 4 septembre 1870, nommé secrétaire général, puis préfet des Ardennes (6 avril 1871). Révoqué au 24 mai 187';, il devint, en 1876, préfet du Puy-de-Dôme; fut l'objet d'une seconde révocation, au 16 mai 1877 et réintégré, de nouveau, après la chute du ministère Broglie, comme préfet des Bouches-du-Rhône, le 29 décembre 1877.

Nommé, en 1879, conseiller d'Etat, iVl. Tirman succéda à M . Albert Grévy, comme gouverneur général de l'Algérie, en novembre 1881. En cette qualité, il fut plusieurs fois appelé à défendre son administration et surtout son budget devant les Chambres et prit part aux discussions parlementaires sur les questions algériennes, en qualité de commissaire du gouvernement. En avril i8qi,il fut remplacé par M. Cambon et rentra en France.

M. Tirman sollicita alors un mandat législatif.

Propriétaire dans les Ardennes, membre du Conseil général pour le canton d'Attigny et président de cette Assemblée, il posa sa candidature dans ce département, à une élection sénatoriale partielle, causée par le décès de M. Péronne et fut élu, le i8 décembre 1892, par 478 voix sur 8^6 votants. Il a été réélu, au renouvellement général de i8()4, par 6s2 voix sur8si votants.

Au Luxembourg, le sénateur des Ardennes siégea la Gauche républicaine. 11 est intervenu, en 1894, dans la discussion sur la propriété foncière en Algérie.

M. Tiriuan a été choisi comme président du Conseil d'administration de la C"' des Chemins de fer P.-L.-M., en 1896.

Officier de la Légion d'honneur le 29 décembre 1881, commandeur le 9 juillet 1883, grand-officier le 20 juillet i88s, il est grand-croix depuis le 18 avril 1 89 1 .

f^OTY (Liouis-Oseap)

§cuLPTi:uR et graveur en médailles, membre de rinstitut, né à Paris le 12 juin 1846. Elève, à l'Ecole des Beaux-Arts, d'Augustin Dumont et de Ponscarme , il obtint , en 1872 , le deuxième second grand-prix de Rome et le grandprix en 187s, avec un sujet de médaille représentant un Berger elierelmnt à lire l'inseription gravée sur un i/es roe/iers du passage lies Tliermopyles. 11 avait déjà paru, au Salon de 1873, avec Amour pique eX, à celui de 1874, avec une Médaille eoiiDii^'niorative du dévouement des frères de la doetrine eltrctieiuie. pendant la guerra de iSjo-ji. 11 envoya, de Rome : Vénus et l'Amour ; Jeunesse ; Tête antique et Fragment d'une Iresque de Pinturieeltio.

On cite, parmi les œuvres de M. Roty, vues depuis : Vénus caresse l'Amour, médaillon (1878); Etude, pierre gravée (1879) ; médaille de Récompense pour les apprentis de l'imprimerie Cliaix (1881) ; le Vicomte Delaborde ; Faune et Faunes.se (1882) ; médaille commémorative de l'Exposition internationale de l'électricité ; Effigie de la République (i88';'i ; M. Boulay, président de l'Académie des Sciences ; V/mmortalilé, revers de la médaille de Victor Hugo (1885) ; médaille commémorative du Centenaire de M. Chevreul ; médaille commémorative de la Loi sur l'enseignement secondaire des jeunes filles (1886) ; médaille commémorative de l'Inauguration du chemin de fer d'Alger à Constan-

tine ; médaille ot^erte h M"" Boucicaut par ses employés ; médaille de Récompense pour actes de dévouement des pompiers (1887) ; médaille commémorative de la Résistance de M. Madier de Monljau au Coup d'Etat (1888) ; Foriuna, plaque de bronze (1889) ; médaille de V Association française pour r avancement des sciences : médaille de Sir John Pope Hennessy ; le Centenaire de 1889, épreuve en argent ; les médailles de Mounct-Sully, du Club alpin français et de V Union franco-américaine (i?i()\) ; la médaille du Soixante-di{icmc anniversaire de M .L. Pasteur ; Maternité, médaille de naissance et six Plaquettes, sujets divers (1893).

On connaît encore de cet artiste, que l'on se plait à regarder comme l'un des plus éminents graveurs de notre temps, en dehors des Salons, beaucoup de médaillons-portraits, aux initiales, exécutés pour des particuliers, et de médailles commémoratives. 11 a gravé, en outre, la pièce de ^o centimes française, mise en circulation en 1897 ^^ 1898.

Elu membre de l'Académie des Beaux-Arts, en 1888, après le décès de Bertinot, M. Roty a obtenu une médaille de 3" classe en 1873, une de 2° classe en 1882, une médaille de i"" classe en 1885 et le grand- ]irix à l'Exposition universelle de 1889. Décoré de la Légion d'honneur en i88s, il a été promu officier le 29 octobre 1889.

t^OCHEpOt^T ('\/ietoP-HenPi JVIapquis de I^OCHEFOHT-lJtUÇflY, dit Henpi)

fuBLicisTE, vaudevilliste et homme politique, '0^ né à Paris le 30 janvier 183 1. Son père, le

marquis Claude-Louis-Marie de Rochefort- Luçay, s'était fait connaître comme vaudevilliste, sous le nom d'Edmond Rochefort.

11 fît ses classes au lycée Saint-Louis. Plusieurs biographes ont raconté qu'il y avait composé une pièce de vers à la Sainte-Vierge; la vérité est qu'il fit simplement une poésie adressée à l'archevêque de Paris, à l'occasion d'une visite de ce prélat au lycée, pour appeler sa pitié sur les deux fils de l'assassin du général Bréa, ses condisciples dans l'établissement.

M. Henri Rochefort commença ses études luédicales qu'il n'acheva pas; puis il donna des leçons de latin et entra, le i" janvier 1851, dans l'administration municipale de la Seine comme expéditionnaire. Il devint sous-inspecteur des Beaux-Arts de la Ville de Paris et mit fin à sa carrière administrative en démissionnant de ce poste en i86i.

Dès i8s8, M. Henri Rochefort s'était essayé dans la littérature en écrivant, pour le compte et sous le nom d'Eug. de Mirecourt, un roman historique, la Marquise de Cour celles, ei en collaborant à la sccoiuic édition du Diiiioiniiiireiie la Conversalion. La même année, il fonda, avec .Iules Vallès, la Chronique parisienne^ feuille littéraire et artistique, qui vécut peu de temps; puis il donna dans divers journaux des comptes rendus de théâtre et collabora assidûment au CItarivarl. En 1863, il suivit M. Aurélien Scholl au Nain Jaune ; il collabora ensuite au Figaro hebdomadaire, au Soleil, à VEvcncmeiil de Villemessant et entra au lu'oarn quotidien, où son talent contribua au succès du journal.

Dans le même temps, M. Rochefort écrivait aussi pour le théâtre. 11 a fait représenter : Uji Monsieur bien mis, vaudeville en un acte (Folies-Dram., 18=^6), avec M. Commerson ; Je suis mon fils, comédie-vaudeville en un acte (Pal. -Roy., 1860), avec M. Varin ; le Petit Cousin, opérette en un acte (Bouffes, 1860), avec M. Deulin; les Roueries d'une inge'nue, comédie en trois actes (Vaud., i86i) ; Une Martingale, vaudeville en un acte (Var., 1862), avec MM. Clairville et Cham; Un Premier avril, opérette en un acte (Bouffes, 1862), avec M. Adrien Marx; les Bienfaits de Champavert, comédie-vaudeville en un acte (Délas.-Com., 1862); Un Homme du Sud. vaudeville en un acte (Pal. -Roy., 1862), avec M. Albert Wolf, folie suggérée par la question américaine ; Nos petites faiblesses, vaudeville en deux actes (Var., 1862); les Secrets du grand Albert, comédie-vaudeville en deux actes (Var., 1863), avec .M. Eug. Grange; Sortir seule! comédie en trois actes (Gym., 1863), avec le même; les Mystères de V Hôtel des Ventes, comédie-vaudeville en trois actes (Pal. -Roy., 1863), avec M. Albert Wolf; la Vieillesse de Brididi, vaudeville en un acte (Var., 1864), avec A. Choler; les Mémoires de Resc'da (Pal.-Roy., 186^), avec Ern. Blum et Albert Wolf ; la Tribu des Rousses, vaudeville en un acte (même théâtre, 1865), avec M. P. Véron; la Foire aux grotesques, courrier de Paris en deux feuilletons (Pal.-Roy., 1866), avec M. P. Véron ; la Confession d'un enfant du siècle, comédie en un acte (Vaud., 1866).

A ce moment, M. Henri Rochefort qui, jusqu'alors — le Figaro étant un journal non politique — s'était contenté de critiquer finement, mais sans âpreté, les menus faits et les personnages de la vie parisienne, arriva insensiblement à transformer ses chroniques en satires, de jour en jour plus vives, de l'Empire et

du régime impérial. 11 attira .linsi les rigueurs administratives sur son journal et celui-ci dut se séparci" de son collaborateur.

La tameuse Lanic'rui' lut alors fondée, sous la lornic de petite brochure hebdomadaire. Le premier numéro parut le i" juin 1868; plus de 80,000 numérci^ furent vendus dès le premier jour et ce tirage, déjà superbe, alla croissant avec les numéros suivants, jusqu'au onzième, où le journal fut saisi. Poursuivi, M. Rochefort fut condamné à un an de prison, 10,000 francs d'amende et un an de privation des droits civils et politiques [i^ aoùti ; cette condamnation fut renouvelée pour le numéro suivant. A partir de ce moment, la Laiitcrne parut à Bruxelles et ne „ put parvenir en France qu'en trompant la surveillance la plus rigoureuse ; elle continua cependant d'y circuler clandestinement et obtint dans toute l'Europe le même succès de curiosité; cette publication rapporta, dit-on, des sommes considérables à M. Ro- .' chefort ; elle fut aussi l'origine de son action politique et rendit son nom célèbre dans le monde entier.

L'auteur de la Lanterne fut l'objet, à son occasion, d'attaques signées Stamir et Marchai, pour la réparation desquelles il demanda aux tribunaux, non pas des dommages formidables comme l'on a souvent répété, mais seulement un franc. Il voulut en outre que l'imprimeur de la brochure où il était diffamé lui rendit raison ; sur le refus de celui-ci, il se porta contre lui à des actes violents et fut encore condamné pour ce fait à quatre mois de prison.

Le nombre et l'importance des condamnations qu'il avait encourues décidèrent M. Henri Rochefort à se réfugier en Belgique où, en septembre, il dut se battre avec M. Ernest Baroche, qu'il blessa assez grièvement. Il avait eu déjà des duels avec un officier espagnol, à propos d'un article irrespectueux pour la reine d'Espagne; avec le prince Achille Murât, au sujet d'indiscrétions de chroniqueur et avec M.Paulde '. Cassagnac, sous prétexte d'un article sur Jeanne d'Arc. Il avait été blessé dans ces deux dernières rencontres.

Porté comme candidat aux élections générales de mai 1869, dans la 7° circonscription de Paris, en con- | currence avec Jules Favre et Cantagrel, et soutenu dans les réunions publiques, M. Rochefort obtint, au •'• premier tour de scrutin, 10,033 voix, contre 12,028 à Jules Favre, et 7,437 au candidat socialiste, Cantagrel. L'auteur du Dictionnaire universel des Contemporains , et avec lui d'autres biographes , ont écrit qu'avant lescrutin, chacun des candidats de l'opposition avait promis de se désister au second tour en

faveur de celui d'entr'eux le plus favorisé au premier ; cette erreur doit être rectifiée : c'est seulement entre MM. Cantagrel et Rochet'ort que pareille conventinn était intervenue. M. Cantagrel se retira, en etïet, au second tour; mais M. Rochefort échoua quand même , avec 14,780 voix, contre 18,267 données à J. Favre.

Porté encore, comme candidat de la première circonscription, aux élections partielles du mois de novembre, M. Rochefort se décida à rentrer en l^rance, malgré les jugements prononcés contre lui. Arrêté à la frontière, à 2 heures de l'après-midi, il fut relâché à 8 heures. Les réunions publiques organisées en sa faveur furent des plus bruyantes et le candidat déclara accepter le '< mandat impératif » avec ses conséquences. 11 fut élu par i S, 0^0 voix, contre 1 1,445 obtenues par .^I. Hippolyte Carnot, son concurrent.

A la ("hanihre, il prit place à côté de Raspail, en s'éloignant autant de la gauche républicaine que de la majorité monarchique et son attitude, ses attaques contre la personne même de Napoléon ui, lui valurent plusieurs rappels à l'ordre.

Le député de Paris fit décider par son comité électoral la fondation d'un journal intitulé la Marseillaise, dont il fut proclamé rédacteur en chef et dont tous les collaborateurs : Flourens, Millière, Arthur .\rnould, Ducasse, Victor Xoir, et autres révolutionnaires, furent élus en réunion publique.

Le 12 janvier 1870, la Marseillaise fut saisie, après la publication d'un article intitulé: En voilà asse^! uns demande d'autorisation de poursuites, accordée par la Chambre, aboutit à la condamnation de son rédacteur en chef à six mois de prison et 3,000 francs d'amende. Arrêté et emprisonné h Sainte-Pélagie, il lui fut interdit d'écrire dans son journal. Pendant son absence, M. Ordinaire lut en son nom à la Chambre un projet de mise en accusation du gouvernement 112 février».

Appelé comme témoin dans le procès Pierre Bonaparte (13 marsi, il fut, après son audition, réintégré dans sa prison.

Pendant la détention de M. Rochefort, la publication de la Marseillaise ne fut pas suspendue, bien i|u'avec lui, presque tous les rédacteurs fussent emprisonnés. La révolution du 4 septembre les rendit tous à la liberté.

Choisi comme l'un des niembresdu gouvernement delà Défense, l'incroyable vi jlence des attaques delà Marseillaise contre ses collègues obligea .\1. Rochelort à déclarer qu'il était désormais étranger à cette leuille. Le n) septembre, il fut nommé président de

la commission des barricades. Un mois après, sa lutte avec Félix Pyat, rédacteur en chef du journal le Combat, et la tentative insurrectionnelle du 31 octobre, entraînèrent sa retraite. Présent à- l'Hôtelde-Ville au moment de l'envahissement par les émeutiers, il s'efforça pendant plus de douze heures de calmer la foule et promit la '< Commune », c'est-àdire les élections municipales à bref délai. Désavoué par legouvernement de la Défense, M. Henri Rochefort donna immédiatement sa démission. Pressé de la reprendre, après la victoire des gardes nationaux, il refusa absolument, et resta président de la commission des barricades.

En vue des élections pour l'Assemblée nationale, M. Rochefort fonda, le 1"' février 1871, le Mol d'Ordre. Porté à Paris sur la liste républicaine, il fut élu. au scrutin du 8 février, par 16=^,670 suffrages sur ^28,970 votants. A Bordeaux, il siégea avec la gauche radicale, vota contre les préliminaires de paix, puis donna sa démission. Dès le 18 mars, il prit parti en faveur de l'insurrection, refusa cependant toute candidature à la Commune; mais continua contre le gouvernement, dans le Mot d'Ordre, la plus violente polémique. Il sortit de Paris, avant l'entrée de l'armée versaillaise, pour se réfugier en Belgique; mais il fut arrêté à Meaux le 20 mai et conduit h Versailles, où, après une longue prévention, au cours de laquelle il fut gravement malade, le 3° conseil de guerre le condamna, le 20 septembre suivant, à la déportation dans une enceinte fortifiée. Malgré les démarches pressantes faites par ses amis, et notamment par Victor Hugo, auprès deM.Thiers, ce jugement suivit son cours. Interné au fort Bayard, puis transféré, en juin 1872, à la citadelle de Saint- Martin-de-Ré, il en fut extrait au mois de novembre suivant, pour aller contracter ,i \'ersailles un mariage in extremis, avec M"° Renaud, de laquelle il avait eu plusieurs enfants. Puis, après de nouvelles et aussi vaines tentatives de Victor Hugo et d'autres personnages, pour éviter au condamné l'exécution de sa peine, à cause de l'état de sa santé, M. Rochefort fut embarqué et arriva à Nouméa le 8 décembre 1873.

On apprit, trois mois après, qu'il avait réussi à s'évader et à gagner San-Francisco, avec MM. Paschal Grousset, Olivier Pain, etc. '20 mars 1874). Revenu bientôt en Europe, il séjourna à Londres, puis <à Genève, où il fit paraître, en juin suivant, une nouvelle Lanterne. \\^p\^^. en même temps, sans trop de difficultés, insérer des chroniques et des articles, signés d'emblèmes ou d'initiales, dans une autre Lanterne

quotidienne, publiée à Paris; dans la Marscilhiisc, dans le Mot d'Ordre çt dans le Rappel.

En mai 1880, son fils aîné ayant été, dans une manifestation , maltraité par un agent , M . Rochefort adressa à M. Andrieux, alors préfet de police, une lettre oii il le provoquait en duel. M. Georges Koechlin, beau-frère de M. Andrieux, releva le défi et une rencontre eut lieu, le 3 juin, près de Coppet, dans laquelle M. Rochefort fut assez grièvement blessé à la poitrine. L'amnistie générale du II juillet 1880 lui permit de rentrer à Paris où, dès le 14, il fondait Vliitransigeant., journal dans lequel il n"a plus cessé depuis d'écrire un article chaque jour.

Aux élections législatives de 1881, M. Rochefort refusa la candidature; à celles du 4 octobre 1885, il patronna, dans l'Intransigeant, une liste radicale et socialiste dont quelques noms, notamment ceux de MM. Basly et Camélinat, obtinrent un nombre suffisant de voix pour voir leur candidature maintenue au scrutin de ballottage. Candidat lui-même, il obtint au premier tour, \}i,^}^ voix sur 433,990 votants, et fut classé le trentième sur la liste générale des candidats. Il fut élu, le 18 octobre, par 249,134 voix sur 414,360 votants. Après la constitution du ministère Freycinet, il déposa une proposition d'amnistie, pour laquelle il fit voter l'urgence, malgré l'avis contraire du gouvernement (janvier 1886); mais sa proposition ayant été ensuite repoussée par la Chambre, dans la séance du 7 février, il donna sa démission de député (8 février 1886).

En 1888, M.' Henri Rochefort devint l'un des plus ardents et non des moins redoutables champions du mouvement boulangiste. 11 demeura fidèle au chef du parti révisionniste jusqu'à sa dernière heure et il fut, en 1889, avec celui-ci et M. le comte Dillon, condamné par le Sénat, transformé en Haute-Cour de justice, à la détention à perpétuité dans une enceinte fortifiée. Mais il s'était mis en sûreté en passant de Belgique en Angleterre. De là, il continua d'envoyer des articles signés de son nom au journal Vlutrajisigcant, organe devenu populaire et dans lequel il a constamment combattu, comme n'étant pas des républicains, tous ceux qui ne partagent pas ses vues sur les choses de la République. Dans un style pétillant d'esprit, mais d'une violence excessive, il a mené les plus vives polémiques contre la plupart des membres des gouvernements successifs et les chefs des fractions modérées du parti républicain. Jamais il n'a reculé devant un mot, si gros qu'il

fût, ni devant une accusation, si énorme qu'elle parût, quand il s'est agit de tomber un adversaire : Gambetta, Jules Ferry, MM. Quesnay de Beaurepaire, Constans, ces deux derniers surtout, et tant d'autres, ont été de sa part l'objet d'attaques aussi violentes dans la forme que, bien souvent, peu justifiées dans le fond.

Amnistié par le ministère Bourgeois, en 1896, le directeur de l'Intransigeant rentra en France, où ses amis lui firent une brillante et bruyante réception à Calais, d'abord, puisa Paris. Entr'autres polémiques retentissantes, soutenues depuis dans son journal, nous devons mentionner la vive campagne qu'il mena contre toute tentative de révision du procès en trahison du capitaine Dreyfus et contre les personnalités qui soutenaient la cause contraire ; M.M. Zola, Scheurer-Kestner, Trarieux, etc., ont été, à ce propos, l'objet de ses habituelles vivacités de plume 11897- 98). M. Joseph Reinach . à la suite d'articles parus à cette occasion, dans lesquels il était personnellement pris à partie, obtint contre M. Rochefort une condamnation à cinq jours de prison, qu'il purgea à Sainte-Pélagie {1898).

De 1886 à 1888, cet écrivain, sous le pseudonyme de 'f. Grimsel » avait donné dans le G/7 Blas, des chroniques où, s'abstenant de toute politique, il avait montré t-jute la verve vraiment exceptionnelle de son esprit, la richesse et le charme de son style et un sens profond et juste d'observation.

On connaît de M. Rochefort, en outre de ses pièces de théâtre, un certain nombre de livres sur des sujets divers : Petits mystères de l'Hôtel des Ventes, étude des mœurs de ce lieu que, fin connaisseur et très épris deschosestouchantl'art, il a toujours assidûment fréquenté, publiées d'abord dans le Charivari et réunies en un volume en 1862; les Français de la Décadence iiS66), la Grande Bohême (2' série du précédent 1,1867'), Signes du temps {Y série, 18681, réunion de ses articles au Figaro ; les Dépravés (187s), les Naufragenrs (1876), V Aurore boréale (1878, 2' éd., 1S96), le Palefrenier {iS-]()), romans de mœurs contemporaines, publiés à Genève ; Retour de la Nouvelle-Calédonie, de Nouméa en Europe, récit de son évasion (1877); Mademoiselle Bismareh, roman parisien (1880); V Évadé, roman canaque (1880-83); Napoléon dernier, les « Lanternes » de l'Empire (iS8^y, la Malaria, étude sociale (1887) ; les Aventures de jna vie (=j vol. 1896-1898). Plus les articlesde'< Grimsel» au G// ^/iî-Ç, publiés sous les titres de : Farces amcres (1886) et Fantasia (1888).

JWEYEÎ^ (MaPie-Paul-Hyaeinthe)

AiioGRAPHE et philologue, membre de l'insl^il^ titut, né à Paris le 17 janvier 1840. Sorti de ''vT'^ l'Ecole des Chartes, il fut, en 1861, archiviste

^^f-^ de la ville de Tarascon (Bouches-du-Rhône), puis attaché au département des manuscrits à la Bibliothèque nationale, de 1863 à 1865 ; archiviste aux Archives impériales, de 1866 à 1872; secrétaire de l'Ecole des Chartes, de 1872 à i87'i-

Nommé, en 1S69, suppléant pour le cours de langues romanes, à cette école, M.Meyer fut promu, en 1876, professeur de langues et littératures méridionales de l'Europe au Collège de France, en remplacement d'Edgar Quinet. En 1882, il est devenu directeur de l'Ecole des Chartes.

M. Meyer obtint, en octobre 1883, le prix biennal de 20,000 francs décerné par l'Institut, sur la proposition de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres ; il fut élu membre de cette Académie, en remplacement d'Edouard Laboulaye, le 30 novembre suivant.

En 181)8, le savant directeur de l'Ecole des Chartes, témoin dans le procès intenté à M. Zola, à l'occasion de sa campagne pour la révision du procès Dreyfus, affirma que le bordereau attribué à Dreyfus devait être d'ime autre personne.

M. Paul Meycr a donné, dans les revues spéciales, de nombreux articles et mémoires dont plusieurs ont été réunis en volumes. On cite parmi ces derniers : Recherches sur l'épopée frciiiçaise (1867); le Salut f amour dans les littératures provençales (1867) ; Recherches sur les auteurs de la chanson de la Croisade albigeoise (1868) ; une série de rapports sur les Documents manuscrits de Vancienne littérature de France, conservés d:uisles bibliothèques de Grande-Bretagne (1871) ; un Mémoire sur l'étude des dialectes de la langue d'oc au moyen âge (1874), couronné par l'Académie des Inscriptions, etc. Il a édité : le Roman de Flamenca, d'après le manuscrit de Carcassonne, avec gloses (1865); Guillaume de la Barre, roman d'aventures d'Arnrind Vidal de Castelnaudary (1868, 1' éd. 189V; Recueil d'anciens textes bas-latins , provençaux et français (i8'j^-i^-]6}\ la Chanson de la Croisade contre les Albigeois (187^-1879), pour la Société de l'Histoire de France, etc. On lui doitaussi des éditions de Brun de la Montagne {1875), de Daurel et Béton, de Raoul de Cambray ( 1880-82'!, de Nicolas Bo{ou (18891, s'*^- Il 3 "^té l'un des fondateurs de la Revue critique et de la Rouiauia et il a donné à la « Biblio-

thèque française du Moyen Age », dont il est un des directeurs : Alexandre le Grand dans la littérature française du Moyen Age (1886).

M. Paul Meyer est officier de la Légion d'honneur. 'vyv,^^

HAJVrV (Théodofe-Jules-Efnest)

5-^ NrHROPOLOGisTt et ethnographe, membre de l'Institut, né à Boulogne-sur-Mer (Pas-de- Calais) le 22 juin 1842. Reçu docteur de la ^-^ T Faculté de Paris en 1868, il fut d'abord préparateur à l'Ecole des Hautes-Etudes, puis nommé aide-naturaliste , pour l'anthropologie , au Muséum d'histoire naturelle, en 1872.

En 1874, M. Hamy fut chargé d'une mission dans les pays Scandinaves, par le Muséum, puis délégué parle ministère de l'Instruction publique aux congrès de iVIoscou (1879) et de "Venise (1881) ; il accomplit aussi, pour le ministère, une autre mission en Tunisie, en 1887.

Conservateur du Musée ethnographique du Trocadéro, dont il a été le fondateur en 1880, il a été élu membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en remplacement dugénéral Faidherbe, le 24 janvier 1890 et nommé professeur d'anthropologie au Muséum, le 5 mai 1892. Il a été président de la Société de géographie, fait partie de la Société d'anthropologie et de plusieurs autres sociétés scientifiques.

M. Hamy a publié un grand nombre de travaux sur des sujets d'anthropologie, d'ethnographie, de géographie, etc., sous forme de notes et de mémoires, et des ouvrages, parmi lesquels nous citerons : l'Os intermaxillaire de l'homme à l'ctat normal et pathologique (1868, thèse de doctorat); Précis de paléontologie humaine (1870); Cranta ethnica, les crânes des races humaines {iS-]yi8S2, avec aXhs), en collaboration avec M. de Q.uatrefages ; Exposition coloniale et indienne de Londres (1886); les Origines du musée d'ethnographie (1890) ; Décades Américaines II, II, 1891); Les derniers jours du Jardin du roi et la fondation du Muséum (1893) ; Etudes historiques et géographiques (1896); La galerie américaine du musée d'ethnographie du Trocadéro 11897, ouvrage ayant obtenu le grand prix Augrand de la Bibliothèque nationale en 1898'. M. Hamy a fondé et publié, pendant 8 ans, la Revue d' ethnographie; il dirige, depuis 1885, le Bulletin de géographie historique et descriptive du Comité des Travaux historiques au ministère de l'Intruction publique (12 vol.

parus en 1898); il a aussi rédigé, pour la Mission scientifique an Mexique et dans V Amérique centrale, la partie relative à V Anthropologie du Mexique.

M.Hamy est officier de la Légion d'honneur depuis le 29 octobre 1889.

^I0\i (ppaoçois ÎDOl^É Comte de)

.x|!cRivAiN, né à Pierrefonds lOise) le 13 août m. 1S56. 11 appartient à une des plus anciennes

familles de l'Ile de France et du Poitou.

Fils du comte de Nion (1794-1863), commandeur de la Légion d'honneur, etc., qui, enqua-

• lité de ministre plénipotentiaire, fut le signataire du traité de Tanger qui mit fin à la guerre contre le Maroc (1844), il se rattache par sa mère, fille du marquis de Saint-Belin-Mâlin, aux premières familles de la Champagne et de la Bourgogne.

M. le comte François de Nion débuta dans la carrière diplomatique fort jeune encore et fut attaché d'ambassade à Paris, puis à La Haye, où il resta jusqu'en 1881, époque de sa démission.

11 coinmença sa carrière littéraire en i88s. Comme écrivain, M. de Nion est certainement celui de nos romanciers dont la nature et le tempérament littéraires se rapprochent le plus de ceux de Maupassant. Il écrivit d'abord dans la Nouvelle Revue, devint, à quelque temps de là, directeur de la Revue indépendante, fondée par M. Dujardin, et ne tarda pas à se faire remarquer dans le monde lettré par ses qualités de style et d'observation. Il a notamment publié en volumes : le Journal de Stcnd/ial et une étude sur cet écrivain, avec notes; V Usure [iSSS); la Peur de la Mort, roman d'une haute portée philosophique et sociale (1890) ; VObex, roman où les idées chrétiennes sont utilisées sous une forme des plus dramatiques

• (1894) ; VAn Rouge (1898), recueil de nouvelles sur la guerre de 1870; les Façades {même année), roman d'aventures, mondain et social, où l'auteur montre une fois de plus qu'il sait être moraliste en même temps que styliste.

On a de lui, en outre, de nombreux contes et quelques articles de critique littéraire parus dans le Figaro, le Gaulois, ïEcho de Paris, la Revue hebdomadaire, la Revue encyclopédique, etc.

Il a fait représenter : Faust, adaptation en 5 actes du drame de Marlov\'e (Théâtre d'Art; et les Suo-o-estions de Colombine, un acte (Escholiers:.

On annonce encore de lui : un roman passionnel. Notre Chair, et le Duc d'Iéna, une étude que l'on dit des plus curieuses sur le premier Empire.

M. le comte de Nion est membre du comité de Société des Gens de Lettres.

MAIGfiflJSi (Pieppe-AlbePt-Hené)

KiNTRE, né à Beaumont (Sarthe) le 14 octobre 184s et non, comme l'indique M. Vapereau, dans son- Dictionnaire des Contemporains, le is décembre 1844. Elève de Noël et de Luniinais, il fit d'abord des paysages et des tableaux de genre empruntés à l'Espagne, puis s'adonna à la peinture d'histoire.

.M. Maignan débuta au Salon de 1867 avec deux toiles : Luxeuil et Intérieur d'une ferme. Depuis on vit de lui : Passages-San-Juan (Espagne) et Y Archiduchesse Elisabeth quitte l'Allemagne pour se rendre à la cour de Charles JX, son fiance (i868) ; Napoléon et Marie-Louise le jour de leur mariage ; le Marche des palmes le jour des rameaux, à Se'ville (1869"); Intérieur de ferme (1870); Fauconnier hindou (1872); le Favori de la veille ; l'Education des derniers rois de Grenade (1873); Départ de la flotte normande pour la conquête de l'Angleterre en 1066, acquise par l'Etat pour le Luxembourg [\%']\);V Insulte aux prisonniers (187^); Frédéric Barbcrousse aux pieds du Pape (1876); VAttentat d'Agiiani (1877); le jOhrist appelle à lui les affligés (1879); Derniers moments de Chlodohcrt (1880); Le Dante rencontre Matilda (1881), acquis par l'Etat pour le Luxembourg; la Répudiée {18S2) ; Hommage à Clovis II (1883); Guillaume le Conquérant (1885); la Bague de Peau-d'Ane (i886i ; le Frère peintre (1887), l'une de ses meilleures toiles, exposée deux ans avant au cercle Volney; les Voix du tocsin [1S8S); Monsieur le Curé; VAtre (1889); la Naissance de la perle (1890); Mérovingienne à sa toilette (1891); Mort de Carpeaux ; les Coulisses du Salon (1892); la Musc verte, « l'absinthe »; la Fortune passe! (189=1); la Ville de Saint- Etienne présente à la France les produits de son industrie, plafond pour la Chambre de commerce de Saint-Etienne (18961; on lui doit en outre plusieurs portraits aux initiales, des illustrations, aquarelles, cartons de tapisserie et de vitraux, etc.

M. Maignan a obtenu une médaille de 3° classe en 1874, une de 2' classe en 1876, une de i'" classe en 1879, une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889, et la médaille d'honneur en 1892. Chevalier en i88^, il a été promu officier de la Légion d'honneur en 189s.

ni

Ot^TIWfllSlS (Fepnand-Emile-nlphonse)

'-^^ 'iTTÉRAïKijR et historien, né de parents français, à Bruxelles, le 9 mai 1S61. Reçu licencié en

^-m-y^ droit en 1879, licenciées-lettres en 1881, il Y ^ est élève diplômé de l'Ecole des Hautes- Etudes.

M. Fernand Ortmans s'est l'ait connaître par la publication d'un certain nombre de travaux sur l'histoire ; il a aussi donné, comme journaliste, des articles au Temps, sur des questions d'art.

En 1896, il fonda Cosmopolis, importante revue, qui publie des éditions à Paris, à Londres et à Berlin, et contient des articles des littérateurs anglais, allemands et français. Cette publication a obtenu un grand succès, son tirage vient en seconde ligne parmi les revues européennes ; son directeur y a joint, en 1S97, un supplément on russe, aiu|uel doivent venir s'ajouter des suppléments en italien, espagnol, Scandinave et hollandais.

En 1893, M. Ortmans s'était présenté aux élections législatives à Argelès de Bigorre (Hautes-Pyrénées'); il obtint près de 3,000 voix, contre M. Alicot, élu.

SniJ^T-QUErlTiri (Gabfiel de)

ïoMPosniaiR de musique, né à Pontoise (Seineet-Oise le 8 mai 1848. Fils d'un trésorierpayeur général d'Eure-et-Loir et frère du ministre plénipotentiaire de ce nom, il fit son droit, puis ses études musicales au Conservatoire de Paris, avec \'ictor Massé, comme professeur.

Engagé, dès le début de la guerre de 1870-71, dans un régiment de mobiles, M. de Saint-Quentin fit ainsi les campagnes des armées de la Loire et de l'Est, puis reprit ses études musicales interrompues et suivit particulièrement les conseils de Guiraud.

11 débuta, vers 1883, avec la Prière du inaliii, pour orchestre, soli et chœur, couronnée par la Société des Compositeurs de musique, exécutée chez Pasdeloup et dans nombre de concerts, depuis ce temps. M. Gabriel de Saint-Quentin est l'auteur de plus de quarante mélodies, souvent applaudies, tant en France qu'à l'étranger; citons, notamment, celles intitulées; la Tristesse d'Olynipio; V Aurore; Lameiito; Nous avons passe sans nous voir; Bit lia Je Je Barberine; ■Laisse-moi f aimer; Chanson d'un vanneur Je blé; Mignonne ; trois romances pour violoncelle, dont l'une ; Elégie, a été exécutée aux concerts classiques de Monte-Carlo, etc.

Comme musique instrumentale, ce compositeur a donné, notamment : une i" suite, pour piano ; Carillons blancs et carillons noirs; Elévation, violon et orgue ; un Concerto de violon ; 2"'° suite, pour piano (Rencontre, Ivresse, Souvenance); une Suite d'orchestre, etc.

En musique religieuse, on a de lui : un Piejesu ; un Ave Veruin ; un O Salutaris!; un Parce Domine, psaume, solo, chœur et orchestre, exécuté, sous le titre <!' Imploration, avec des paroles françaises, dans plusieurs grands concerts symphoniques, etc.

M. G. de Saint-Quentin a fait représenter au théâtre ; Barberine, comédie lyrique en 3 tableaux, d'après Alfred de Musset (Bruxelles, décembre 1891, théâtre de la Monnaie). On annonce encore de lui un drame lyrique en ^ parties, dont un prologue et un épilogue, intitulé : Saint-Augustin.

Il a été nommé chevalier de la Légion d'honneur pour faits de guerre pendant la campagne de 1870-71.

IVIASPEf^O (Gaston-Camille-Chanles)

ru;nt.\i.istk, membre de l'Institut, né à Paris le \Wi\W) 24 juin 1846. Ses classes faites au lycée Louis-le-Grand, il entra à l'Ecole normale, dans la section des lettres, en 1865. A sa sortie, il voyagea dans l'Amérique du Sud 11867-68), et au retour fut nommé répétiteur d'archéologie et de philologie égyptiennes à l'Ecole des Hautes Etudes (1869), puis remplaça Emm. de Rongé comme professeur au Collège de France, le 4 février 1874.

M. Maspero, envoyé en Egypte en 1880, fonda, au Claire, sur un plan nouveau, l'Ecole archéologique et fut désigné, en janvier 1881, pour remplacer Mariette- Pacha à sa direction. Il poursuivit les recherches de son prédécesseur et cessa. ses fonctions en juin 1886. Il avait été élu, le 30 novembre 1883, membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, en remplacement de Defrémery.

Les travaux de M. Maspero ont été publiés sous les titres suivants ; Mémoire sur quelques papyrus Ju Louvre (1875) ; .£"55^?/ sur l'inscription dédieatoirc du temple d'AbyJos et Je la jeunesse Je Sésostris (1869); Hymne au Nil, publié et traduit d'après les deux textes du Musée britannique (1869); Une enquête juJiciaire à Thêbcs au temps Je la XX' Jvnastie (1872); De Carchemis oppiJi situ et historid avtiquissimâ; Du genre épistolaire clie{ les anciens Egyptiens (1873); Histoire ancienne Jes peuples Je l'Orient (187^), collection de l'Histoire universelle

dirigée par M. Duruy; une traduction de V Egypte ancienne de M. Ebers (1880); une série d'Etudes égyptiennes (1879-1889, tomes i-ii); Contes populaires Je l'Egypte ancienne, traduction et commentaire (1882); Guide du visiteur au Musée de Boulaq (1884); les Momies royales de Deïr-el-Bahari (,1886); Y Archéologie égyptienne (1887) ; Lectures historiques (1889); Sur t'Enéade (1892); le Nomantique de la grande Oasis (1893) ; Histoire ancienne des peuples de l'Orient (1894-96) ; Mémoires des membres de la Commission archéologique du Caire (1S81 à Ï8981 ; plus de nombreuses notices publiées séparément ou insérées dans la Bibliothèque de l'Ecole des Hautes- Études, la Revue archéologique, le Journal de la Société asiatique, etc., dont la plupart ont été réunies dans ses Essais de Mythologie et d'Archéologie égyptienne (1893-98); il dirige, depuis la fondation, le Recueil des Travaux relatifs à la Philologie et d l'Archéologie égyptiennes (20 vol., 1878-98); il a aussi édité plusieurs des travaux laissés manuscrits par ChampoUion et par Mariette-Pacha.

Décoré en 1879, promu officier le 30 décembre 1882, M. Maspero est commandeur de la Légion d'honneur depuis 189^.

pfll^TH^-lJiaTOlJf? ( Ignace -Hentriw Jean-Théodofe)

^j^^EiNTRE, né à Grenoble le 14 janvier 1836. 11 jlB^^ fut élève de son père, pastelliste de talent, et .*5^fS' de Lecoq de Boisbaudran, fréquenta un '4n2' moment l'Ecole des Beaux-Arts et travailla dans l'atelier de Courbet.

M. Fantin-Latour débuta au Salon de 1861 par trois Etudes d'après nature ; on vit de lui, à celui de 1863, I3 Lecture et, la même année, à l'exposition des refusés : un Portrait et une composition intitulée Féerie. En 1864, son Hommage à Delacroix, fut très remarqué ; le Toast (186=;), qui groupait autour de la statue de la Vérité quelques-uns des artistes et des écrivains de ce temps, attira également l'attention. Il exposa ensuite: un Portrait de femme; Nature morte (1866); portait de M. Ed. Manct (1667); le Lever (1869); Un Atelier aux BatignoJIcs (1870); Coin de table (1872) , tableaux oii étaient représentés les amis de l'auteur ; Fleurs et objets divers (1874); Portraits de M. et M"" Edwin Edù'ards (1875); Fleurs; l'Anniversaire, allégorie en l'honneur de Berlioz (1876) ; Portrait de M"" F..., la Lecture (1877), tableaux; Souvenirs de Bayreuth et Festival

de Richard Wagner, pastels; Scène du Tannhanser et l'Anniversaire de Berlioi, lithographies (1877) ; la Famille D..., peinture; Rynaldo de J. Brahms, Duo des Troyens, pr.stels, Scènes. de Rheingold, lithographies (1878) ; les mêmes en peinture (1880) ; la Brodeuse [i'è%i); Nuit de Printemps (1884); Autour du piano [iStS'y]: Tannhauser (iS?i6)\ la Dainnalion de Faust; l'Or du Rhin (1888); funnor/alifé iiSSq); Danses; la Tentation de Saint-Antoine et quatre lithographies : le Vaisseau fantôme, Lohengrin , l'Enfance du Christ, Poèmes d'amour [\?it)\\; Hélène; Prélude de Lohengrin ; deux pastels : Evocation, le Bain, et six lithographies (1892); Songe; Parsifal; deux pastels et cinq lithographies (1893); l'Aurore; les Troyens à Carthage ; deux pastels: Musique et Poésie , et quatre lithographies (1894) ; Baigneuses ; Vision; la Nuit (pastel), et cinq lithographies (1895); ^^ Toilette; Vénus et les Amours; Inspiration (dessin); Ondine (pastel) et sept lithographies (1896) ; la Nuit ; la Tentation de St-Antoine (1897); le Lever; Andromède (1898) et plusieurs portraits aux seules initiales.

M. Fantin-Latour a obtenu une médaille en 1870, une médaille de 2° classe en 187s; il est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 2s juillet 1879.

HOUf^t^ISSOrl (Jean-Félix)

HiLOsoPHE, membre de l'Institut, né à Thiers (Puy-de-Dôme) le 18 juillet 182=^. Suppléant général au collège Stanislas, en 1846, il fut reçu agrégé de philosophie en i8=io et docteur es lettres en i8s2. Entre temps, il avait étudié le droit et s'était fait inscrire au barreau de Paris en 1850. Il ne plaida cependant pas. Professeur de philosophie au collège Stanislas, la même année; au lycée de Rennes en i8=i4, à la Faculté de Clermont en 187 s, au lycée Napoléon à Paris en 1858, c'est comme professeur et par ses écrits que M. Nourrisson a acquis la notoriété qui entoure son nom.

Elu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques le -14 mai 1870, en remplacement du duc de Broglie, il remplit, de 1871 à 187^, par délégation, les fonctions d'inspecteur général de l'Université. Depuis 1874,11 professe au Collège de France l'histoire de la philosophie moderne.

Les ouvrages principaux de M. Nourrisson portent les titres suivants : Essai sur la philosophie de Bossuet \i8=i2, thèse de doctorat) ; le Cardinal de Bérnllc, sa vie, ses écrits, son temps (i8s6); les Pères de l'Eglise latine, leur vie, leurs écrits, leur temps

(^1856) ; Histoire cl Philosophie , recueil d'études (1860); la Philosophie de Lcibnii (1860); la Philosophie de Saiitt-Aiignstiii (i86s) ; la Nature humaine, essais de psychologie appliquée (1865), ces trois ouvrages couronnés par l'Académie des Sciences morales et politiques; Spinoza et le naturalisme eontemporain (1866); la Politique de Rossiiet I1867); De la liberté et du hasard, essai sur Alexandre d'Aphrodisias (1870); \s. Souveraineté nationale et la Révolution ([87-;] ; Théorie platonicienne des idées (1874) ; Machiavel (1885) ; Pascal physicien et philosophe (1885); Trois révolutionnaires: Turgot, Necker, Bailly (i88s) ; Tableau des progrès de la pensée humaine depuis Thaïes jusqu'à Hegel (18861 ; Philosophie de la nature : Bacon, Bayle, TolaiiJ, Biiflon (1887); Voltaire et le Voltairianisnie {iS()b), etc. On lui doit en outre des mémoires et articles insérés dans le Compte-rendu de l'Académie des Sciences morales, le Correspondant, la Revue des Deux- Mondes, etc.

M. J.-F. Nourrisson est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1862.

HElMf^V-GRÉVlLiLtE (|VI"<'DUf^AriD,née fllice-lWatrie-Céleste HE^t^Y, dite)

i-MMEde lettres, née à Paris le 12 octobre 1842. I Elle suivit, à St-Pétersbourg, son père, pro-

fesseur de langue et littérature françaises à l'Université et à l'Ecole de droit de cette ville, apprit la langue du pays, en étudia les mœurs ei écrivit des nouvelles dans les journaux russes.

Vers 1866, M"° Henry épousa M. Durand, professeur français à l'Ecole de droit de St-Pétersbourg et revint, en 1872, en France, où elle se fit connaître par des romans et des nouvelles sur la vie et les mœurs russes, qui parurent d'abord dans la Revue des Deux- Mondes, \e Journal des Débats, le Figaro, le Siècle, le Temps, etc.

M""' Henry-Gréville a publié ensuite en librairie : Dosia (1876) ; l'Expiation de Savelli (1876); la Princesse Ogheroff (1876) ; les Koumiassine (2 vol.) ; Suzanne Normis ; Sonia ; la Maison de Maurè^e ; Nouvelles russes ; les Epreuves de Ratssa (1877) ;

Y Amie [{%•]%) ; le Violon russe (2 vol.) ; Lucie Roday (1879) ; Cité Ménard ; l'Héritage de Xénie ; le Moulin Frappier (1880); les Degrés de V échelle ; Madame de Dreux; Perdue (1881) ; le Fiancé de Sylvie ; Rose Ro{ier ; une Trahison (1882) ; Angèle ;

V Ingénue ; Louis Breuil , histoire d'un pantouflard

(1883) ; Un Crime ; les Ormes (1884) ; Clairefontaine ; Idylles ; le Mors aux dents (1885); Cléopâtrc ; le Comte Xavier [i?>?i()) ; la Fille de Dosia; Nicanor; Frankley (1887) ; Comédies de paravent ; la Seconde mère (1888) ; V Avenir d'Aline (1889) ; le Passé; Un mystère (1890) ; Aurette ; Péril ; Y Héritière (1891) ; Chénerol ; le Mari d' Aurette ; Contes et Nouvelles [\%()2) ; Jolie propriété à vendre; Un vieux ménage (1893) ; Fidelka ; Y Aveu (1894) ; le Fil d' or {\.?,()<j) ; Céphisc (1896") ; Un peu de ma vie (1897), etc.

Elle a aussi écrit un livre pour les écoles : Instruction morale et civique des jeunes filles (1882), qui a été condamné par la Congrégation de Y Index, en janvier 1883.

liEmÈVt^E (Adolphe^flchille)

• i;n\teur, né à Besançon le 25 juillet 1836. Employé supérieur des domaines, il démissionna en 1868 pour se faire inscrire au barreau de Lons-le-Saulnier. Mêlé au mouvement politique de la fin de l'Empire, M. Lelièvre combattit le plébiscite en 1870, et se porta sans succès le 8 février 1871, au.x élections à l'Assemblée nationale ; il devint conseiller général du Jura, pour le canton de Conliège, en 1871 ; président de cette assemblée départementale en 1S77, ^^ donna sa démission en 1884. ^ fut élu député de l'arrondissement de Lons-le-Saulnier, par 14,952 voix, contre 8,326 obtenues par son concurrent bonapartiste, le 20 février 1876, siégea à la gauche républicaine et fut l'un des }6-\.' Réélu, le 14 octobre 1877, par 16,1 17 voix, contre 5,126 au candidat officiel, puis réélu encore le 21 août 1881, par 1=^,691 voix, contre 6,289 au candidat monarchiste, il devint sous-secrétaire d'Etat aux Finances dans le cabinet du 14 novembre 1881, présidé par L. Gambetta et donna sa démission avec tout le ministère, le 26 janvier 1882. Il présida le groupe de l'Union républicaine en 1885. A la Chambre, il fut chargé de plusieurs rapports et s'occupa principalement des questions budgétaires, agricoles, forestières, de presse, etc.

M. Lelièvre, porté sur la liste républicaine opportuniste du Jura, aux élections du 4 octobre 1885, eut à lutter contre une très active campagne des candidats de la liste radicale. En minorité au premier tour de scrutin (19,229 voix sur 65,238 votants), il se désista au ballottage avec les autres candidats de la même liste.

Il rentra au parlement, lors du renouvellement triennal du Sénat, le 5 janvier 1888, élu sénateur du Jura, le premier sur trois, par 567 voix sur 880 votants; mais il dut soutenir encore une très vive lutte au renouvellement du } janvier 1897, contre la liste radicale. Il réunit la majorité au 3' tour seulement, avec 432 suffrages.

Au Sénat, M. Lelièvre fut, en 1896 et 97, élu viceprésident du groupe de l'Union républicaine ; membre de diverses commissions, il a été rapporteur du budget des Finances en 1888-89.

AliVÈS de VEIGfl (fluguste-lWatioel)

■[^«^OMME politique et avocat, né à Izéda, district

^^^ de Bragance (Portugal) le 24 août 1848 et résidant à Paris depuis de longues années. Il fit ses études classiques et de droit, jusqu'au grade de docteur, à l'Université de Coimbre et débuta, en 1867, dans la presse portugaise par des articles très remarqués sur la philosophie, notamment sur la Critique de la raison pure, de Kant. Attiré vers les idées démocratiques, il fonda la République portugaise, organe de propagande libérale.

Nommé ensuite professeur d'histoire et de philosophie de la ville de Porto, M. Alvès de Veiga se fit inscrire, en 1874, comme avocat au barreau. En même temps, il commença, au moyen de conférences, une très active campagne contre la monarchie et créa, en 1884, la Discussaô (la Discussion), journal républicain intransigeant.

A cette époque, en Portugal, les adversaires déclarés de la monarchie étaient peu nombreux; M. Alvès de Veiga fut cependant soutenu par quelques amis dans la lutte énergique et ardente qu'il mena contre le gouvernement de son pays. Son activité, son éloquence et son talent d'écrivain, amenèrent ensuite à sa cause un grand nombre de ses concitoyens.

En i88=i, M. Alvès de 'Veiga publia, dans la Discussion, un magnifique article sur Victor Hugo, à l'occasion de son quatre-vingt-troisième anniversaire, ce qui lui valut, de notre grand poète, une gracieuse lettre de remerciements.

Au mois de janvier 1890, de passage à Paris quand éclata le conflit anglo-portugais, M. Alvès de Veiga provoqua et présida une réunion internationale pour protester contre l'ultimatum de l'Angleterre. La presse parisienne, à cette occasion, rendit hommage au patriotisme de l'orateur portugais.

Rentré en Portugal, il fut un des plus actifs pro-

moteurs du mouvement insurrectionnel du 3 janvier 1891 et proclama lui-même la République à l'Hotelde-Ville de Porto. Obligé, à la suite de sa participation à cette révolution et après sa répression, de quitter son pays, M. Alvès de Veiga vint habiter la France qu'il n'a plus quittée depuis. Il a présidé à Paris, le comité chargé d'organiser les fêtes du centenaire de Vasco de Gama (1898).

liÉVÊQUE (Jean-Chaples)

ONSIEUR Lévéque, professeur de philosophie, membre de l'Institut, né à Bordeaux le 7 août 1818, fit ses classes au collège de cette ville, y fut deux ans maître d'études suppléant, et entra à l'Ecole normale en 1838.

Agrégé de philosophie en 1842, M. Lévéque fut nommé professeur de cette classe aux collèges d'Angoulême et de Besançon (1841-1847), fit partie de l'Ecole française d'Athènes, lors de sa création, et devint, à son retour ( 1847-1848), professeur de philosophie à Toulouse. Docteur es lettres en i8s2, suppléant à la Faculté des Lettres de Besançon en i8=i3, puis, l'année suivante, professeur à celle de Nancy, il fut appelé aussitôt à Paris, à la Sorbonne, d'où il passa, en i8s6, au Collège de France, comme chargé du cours de philosophie grecque et latine. Il fut nommé titulaire de cette chaire, le 28 décembre 1861, en remplacement de M. Barthélemy-Saint- Hilaire, démissionnaire.

M. Lévéque a été élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques en 1865, en remplacement d'Emile Saisset.

On connaît de M. Lévéque, outre ses deux thèses : le Premier moteur et la nature dans le système d'Aristotc et Qnid Pbidiœ Plato debuerit (1852); la Science du beau étudiée dans ses principes, ses applications et son histoire (1860), ouvrage couronné en 1859 au concours de l'Académie des Sciences morales et politiques, et qui obtint, un an plus tard, un prix de 3,000 francs de l'Académie française et un prix de l'Académie des Beaux-Arts ; Etudes de philosophie grecque et latine ; Du spiritualisme dans l'art {1S64); la Scioice de l'invisible [iSô',) ; les Harmonies providentielles (1872), etc.

On cite aussi de lui des articles de philosophie dans la Revue des Deux-Mondes, la Revue philosophique, la Revue Bleue, le Journal des Savants etle Journal général de V Instruction publique ; plusieurs de ces derniers, notamment une Notice sur

la vie et les a-iivres de Siiiuirl (iSs?), ont été tirés à part. On lui doit aussi la publication, avec une notice biographique, d'un ouvrage posthume de Fernand Papillon : Histoire de la philosophie moderne dans ses rapports avec le développement des sciences de la nature (1S76).

Décoré de la Légion d'honneur le 11 août 1860, il n été promu officier le 11 juillet 1885.

\lR\i

TIEGHEIVI (Philippe-EdouaPd« Ltéor^)

.OTAMSTK, membre de l'Institut, né à Bailleul Nord) le 19 avril 1839. Entré à l'Ecole normale en 1858, agrégé en 1861, docteur es sciences physiques en 1864 et es sciences naturelles en 186s, M- Van Tieghem devint maître de conférences à l'Ecole normale en 1864 ; il a été nommé professeur ■ de botanique au Muséum en 1S79.

11 a été admis à l'Académie des sciences, malgré une assez vive opposition, le 8 janvier 1877.

On cite, parmi les travaux que M. Van Tieghem a publi(;s : Recherches sur la structure du pistil et sur l'anatomie comparée de la fleur (1871); Recherches sur la symétrie de structure des plantes vasculaires (1871); Traite de botanique (2" éd. 1891); Eléments de botanique i-^' cd. 1898"!: Recherches comparatives sur l'origine des membres cudogcncs dans les plantes vasculaires (1889); Eléments de botanique (1894, t. i); Recherches sur les Phaui'rogames sans graines, etc. (1897), etc. Il a en outre traduit de l'allemand le Traite de botanique de J. Sachs (1873-1874).

M. Van Tieghem est officier de la Légion d'honneur.

RRf4VlEf^ (Liouis-Hntoine)

rDixiN, membre de l'Institut, et de l'Académie de Médecine, né à Lyon le 2 octobre 183s. Il étudi.n la médecine à Paris, se lit recevoir docteur en i86s, fut directeur-adjoint du laboratoire d'histologie annexé à la chaire du médecine du Collège de France, puis professeur titulaire de la chaire d'anatomie générale créée pour lui, par décret du 19 août 187s.

M. Ranvier, membre de l'Académie de Médecine depuis le 20 avril 1S86, a été admis à l'Académie des Sciences, dans la section de zoologie, en remplacement de Charles Robin, le 24 janvier 1887.

Parmi les travaux publiés par M. Ranvier, on cite particulièrement : Considération sur le développement du tissu osseux et sur les lésions des cartilages et des os (1865, thèse de doctorat) ; Observations pour servir à l'histoire de l'adénie (1868), avec le docteur Ollivier; Manuel d'histologie pathologique (1869- 1872), avec le docteur Cornil; Ecole pratique des Hautes Etudes, laboratoire d'histologie, travaux de l'année 1874-187Ï et années suivantes; Traité technique d'histologie (187=4-1888); Leçons d'anatomie générale sur le système musculaire (1890) ; Leçons d'anatomie générale faites au Collège de France en 187S et 1879, publiées par M. Weber.

M. Ranvier a été décoré de la Légion d'honneur le 7 février 1878.

POUSlCfll^É (Julcs-Het^t^y)

athém.\ticii;n , membre de l'Institut, né à Nancy le 29 avril i8=)4. Fils d'un professeur - m -^ à la Faculté de médecine de cette ville, il "^^ est le cousin de M. Raymond Poincaré, député, ancien ministre.

M. Henry Poincaré entra à l'Ecole polytechnique en 1873 et passa à l'Ecole des Mines en 187'i. Ingénieur des Mines le 1" avril 1879 et docteur ès-sciences mathématiques la même année, il fut chargé du cours d'analyse à la Faculté des Sciences de Caen et appelé à celle de Paris, en 1881, comme maître de conférences. Il devint répétiteur à l'Ecole polytechnique en 1883, fut chargé du cours de mécanique à la Faculté des Sciences en 1885 et nommé, en 1886, professeur titulaire de physique mathématique et de calcul des probabilités.

M. Henry Poincaré a été admis à l'Académie des Sciences, en remplacement de Laguerre, le 31 janvier 18S7 ; il a été nommé membre du bureau des longitudes, le 14 janvier 1893.

On doit à ce savant de nombreux mémoires publiés, principalement, dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, sur maints points de la science mathématique et, notamment, sur l'étude des fonctions différentielles, l'application des méthodes infinitésimales à la théorie des nombres et à la mécanique céleste. Celui de ses travaux qui fit le plus de bruit fut le mémoire sur le Problème des trois corps et les équations de la dynamique, qui remporta, en 1889, au concours entre tous les géomètres de l'Europe, le grand-prix, fondé par le roi de Suède, à l'occasion du 60' anniversaire de sa naissance, prix

qui fut accordé à M. Poincaré, sur le rapport de M. Veierstrass, professeur à l'Université de Berlin, au nom d'une commission composée de trois savants suédois, trois français et trois allemands.

On cite encore de lui, un mémoire sur la Stabililc du système du monde, qui intéresse les philosophes autant que les géomètres ; puis, en volumes : Cours professé â la Faculté des Sciences de Paris, pendant l'année i88^-iSS6 ; Méthodes nouvelles de la méca- 71 iqiie céleste [iS^o-g^) ; Cours de physique mathématique (1892 et 1893) ' Calcul des probabilités (1896) ; les Rayons cathodiques et la théorie de Jaumann (1897), etc.

Décoré, en 1889, M. Henry Poincaré est officier de la Légion d'honneur.

JACQUET (Jules)

r/ï^^RAVEUR, né à Paris le i" décembre 1841. Elève Ik^jV de Henriquel-Dupont, Pils et Lœmlin, à ^iil^^ l'Ecole des Beaux-Arts, il remporta le grand ^jU y» prix de Rome (gravure), en 1866, avec une Académie d'après nature.

M. Jules Jacquet a exposé aux Salons annuels un grand nombre de dessins, eaux-fortes et gravures, parmi lesquels il faut mentionner : Saint Bruno en prières, d'après E. Lesueur (1867) ; Polyphème poursuivant Acis et Galathée (1869); Pie IX (1870); ÏOdorat, d'après Téniers, eau-forte {ï'è']2)\ Terres cuites grecques et Figurines grecques, d'après les dessins de J.-A. Chaplain, pour les Céramiques de la Grèce propre, de M. Dumont, ainsi qu'un certain nombre de vases peints (1873); Gloria Wc//5, d'après le groupe de Mercié (1878), commandé par l'Etat ; Enfant, d'après Raphaël ; lu Jeunesse, d'après la statue de Chapu, acquise par l'Etat; Clio, Euterpe et Thalie; M'"" Récamier, pour la chalcographie du Louvre (1878); l'Amour sacré et l'Amour profane, d'après "Titien (même année) ; Y Amour qui vient (1880); Melpomène, Erato, Polymnie (1881); Esméralda ; Pyginalion et Galathée (1882); l'Aurore (1883); le Printemps; Daphnis et Chloé, d'après Millet (1886) ; CaUiope , d'après Baudry {1887); la Belle Portia, d'après Cabanel (1888); Mil huit cent sept, d'après Meissonier ( 1891); La Fortune et l'Enfant , d'après Paul Baudry (1892); « 1S06 » léna, d'après Meissonier; les Regrets, d'après A. Mercié (1893) ; le Départ des Volontaires en ijpj, bas- relief de Rude; Friledy Compétitors, d'après M. A. Lesrel (1894) ; « 180^ », d'après Meissonier ; Offrande aux Dieux, d'après

M. Schmaltz (1895) ; Première offrande, d'après le même (1897); Triomphe de l'Art, d'après Bonnat (1898), et plusieurs Portraits.

M. Jules Jacquet a obtenu une médaille de 2' classe en 187s, un rappel en 1876, une médaille de reclasse en 1882 et une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889. Chevalier en 1883, il a été promu officier de la Légion d'honneur en 1893.

JfiCQUET (flehille)

RAVEUR, membre de l'Institut, né à Courbevoie (Seine) le 28 juillet 1846, frère du '1^5^23 précédent. A l'Ecole des Beaux-Arts, il eut âis T> les mêmes maîtres que son frère et remporta le prix de Rome en 1870.

Parmi les œuvres envoyées par M. Achille Jacquet aux Salons annuels, nous citerons : David et Goliath, d'après le tableau de Daniel de Volterre, du musée du Louvre (1868); la Musc Uranie, d'après le tableau de Lesueur au Louvre (1870, acquise par l'Etat); Sainte-Barbe, d'après Palma Vecchio (1873); le Courage militaire, d'après P. Dubois (1877, commandé par l'Etat) ; Pietà (1881); Flore et Psyché (1882); Evanouissement de Sainte Catherine ; Janvier, Mai, Août et Novembre (1883) ; Rébecca et Elié- ^^er ; Juillet et Octobre (1884) ; Février, Mars, Juin, Septembre et Décembre ; ['Education de Saint-Louis (1885); portrait de M. Mackay (1886); portrait de Carie Vernet {l'&id) \ le Peintre d'enseignes (i888); Portrait de la fondatrice de ï ordre des Petites Sœurs des pauvres [iSS()) ; le Renseignement (Desaix alarmée de Meurthe-et-Moselle) , d'après Meissonier (1892) ; les Tirailleurs, d'après M. Détaille (1892) ; le Guide, d'après Meissonier; Sainte Cécile, d'après Maderno 11894); le C^z/i'ij/n', d'après Mantegna (1893); M.Félix Faure, président de la République ; Jeanne d'Arc, d'après M. Paul Dubois (1896); Guillaume Juvenal des Ursins, d'après Fouquet (1897); Atelier d'artiste, d'après Meissonier ('.898), et plusieurs Portraits.

M. Achille Jacquet a été élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, en remplacement de M. Henriquel-Dupont, le 19 mars 1892.

11 a obtenu une médaille de 3° classe en 1877, une de 2" classe en 1881, une de i'° classe en 1884, une médaille d'honneur en 1889, un grand prix à l'Exposition universelle et la décoration de la Légion d'honneur la même année.

Ï^OUSSEli (Théophile-Vietop-Jean- Baptiste)

! i;de(;in, sénateur, membre de l'Institut et de Ê^ l'Académie de Médecine, né à Saint-Chély- » d'Apcher (Lozère) le 27 juillet 1810. Il étudia la médecine à Paris, fut interne et lauréat des hôpitaux de 1841 à 1843, ■"^Ç" docteur cette dernière année et chargé, en 1847, par le ministre de l'Agriculture, du Commerce et des Travaux publics, d'étudier la pellagre dans les départements du sud-ouest de la France.

Dès 1849, M. Théophile Roussel s'intéressa à la politique. Elu, à cette date, comme républicain modéré, représentant de la Lozère à l'Assemblée* législative, il rentra dans la vie privée après le 2 décembre i8=)i.

Après la chute de l'Empire, il se fit, dès le 8 février 1871, élire représentant de son département à l'Assemblée nationale, passant le dernier sur trois, avec 9,272 voi.\ sur 25,000 votants. Il proposa les lois sur la répression de l'ivresse et sur les nourrissons, s'occupa des questions d'hygiène, du sort des enfants dans les manufactures et les professions ambulantes. 11 fit, plus tard, vot,er, comme président de la Société protectrice de l'Enfance, la loi pour la protection des enfants du premier âge. Il siégea à la Gauche républicaine et vota l'amendement Wallon et l'ensemble des lois constitutionnelles.

Aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, M. Roussel échoua avec 118 voix sur 249 votants; mais il fut élu député, le mois suivant, dans l'arrondissement de Florac, par 6,027 ^'o\x, contre 2,84s obtenues par le candidat monarchiste. Inscrit aux groupes du centre gauche et de la gauche, il fut, après le 16 mai 1877, l'un des 563 et retrouva son siège, le 14 octobre suivant, avec =5,774 voix, contre 1,637 données au candidat oliiciel.

Lors du premier renouvellement triennal du Sénat, il se présenta, de nouveau, dans la Lozère et fut élu, le s janvier 1879, par 162 voix sur 248 votants. 11 a été réélu, le 5 janvier 1888, puis le 7 janvier 1897. Au Sénat, il défendit et fit adopter la loi du II juillet 1893, sur l'organisation de l'assistance médicale gratuite et continua de s'occuper des mêmes questions humanitaires et philantropiques. Il siège à la gauche républicaine.

Membre de l'Académie de Médecine, dès le k) novembre 1872, M. Th. Roussel fut admis à l'Académie des Sciences morales et politiques en 1891 . On cite, parmi ses travaux : Recherches sur la vie

et Je pontificat d'Urbain r(i84i), ouvrage couronné par l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et en partie inédit ; Etudes sur mal de la Rosa des A st II ries (1842) ; De la pellagre, de son origine, de son progrès, de son existence en France, de ses causes et de son traitement curât if et préservatif (1845J, mémoires couronnés, en 1850, par l'Académie des Sciences ; De la valeur des signes physiques dans les maladies du cœur, thèse d'agrégation (1847) ; Traité de la pellagre et des pseudo-pellagres (i866), ouvrage qui a obtenu, en 1865, le prix de 5,000 francs, décerné par l'Académie des Sciences ; De Véduealion correctionnelle et de Véduealion préventive (1879) ; il a aussi publié des mémoires dans VEncyclographie médicale, la Revue médicale, l'Union médicale, etc.

M. Théophile Roussel a été décoré de la Légion d'honneur en 1850.

WflDtDH^GTOl^ (Charles-Tzaunt)

HiLosoPHE, membre de l'Institut, né à Milan

le 19 juin 1819, d'une famille protestante; il

est cousin de MM. William et Richard

Waddington, bien connus tous les deux

dans la diplomatie et la politique.

Entré en 1838, à l'Ecole normale, reçu agrégé de philosophie en 1842, M. Charles Waddington fut nommé professeur de cette classe à Bourges, puis suppléant à Paris, aux lycées Henri IV et Louis-le- Grand, enfin maître surveillant à l'Ecole normale supérieure.

Docteur es lettres et agrégé en 1848, il ouvrit des cours complémentaires à la Sorbonne sur la logique, et il quitta l'enseignement officiel en 1856, pour entrer, comme professeur, au séminaire protestant de Strasbourg. Réintégré dans 1 Université en 1864, et nommé professeur de philosophie au lycée Saint- Louis, à Paris, il fut chargé, en 1875, d'un cours complémentaire de philosophie à la Faculté des Lettres, où il devint professeur titulaire de philosophie moderne à la fin de 1879.

Correspondant de l'Académie des Sciences morales depuis le 20 juin 1863, M. Charles Waddington est devenu membre de cette compagnie le 18 février 1888, en remplacement de M. Caro.

Connu d'abord sous le pseudonyme de « Kastus », M. Waddington a publié, soit sous ce pseudonyme, soit sous son nom : De la Psychologie d'Aristote et De Pétri Rami vita, scriplus, philosophia {i2,\%) , deux thèses de doctorat, la première couronnée par l'Institut, la seconde développée en un ouvrage inti-

tulé : Rauiui, sa vir, etc., en iSB-;); Essais Je logique (iS-iS), qui ont obtenu un prix Montyon ; De rdiiic humaine, études iic psychologie (1863); Dieu et conscience (1870); V Athéisme en France à la fut du XVIIP siècle (1892) ; Des idées morales dans l'anlique Egypte {iS())), etc.; une traiuctionlittérale duCriton (1850); plusieurs discours prononcés à la Sorbonne : Utilité des études logiques (1831); De la Méthode déductive (1852), etc.

Décoréen 1866, M. Ch. Waddington est officier de la Léû;ion d"hoiineur.

CHTJTHIEZ (PiePfe)

CRivAiN, critique d'art, né à Fontenay-aux- 3K Roses (Seine), de parents messins, le 2 mars 1862. Il fit ses études classiques à Sainte- Barbe-des-Champs et à Louis-le-Grand,puis entra à l'Ecole normale en 1880. Reçu agrégé des lettres (1883), il fut professeur au lycée d'Orléans, de 1884 à 1885 et bibliothécaire de l'Arsenal à Paris, de 188=, a 1888.

Erudit et critique d'art des mieux informés, M. Pierre Gauthiez a publié nombre d'articles et d'études dans la plupart des revues de ce temps. 11 a collaboré notamment à l'Art (Etudes sur le Paysage en montagne, sur P. Prudhon ; Nouvelles) ; à la Revue philosophique [s\ir Schopenhauer, Giordano Bruno, etc.) ; à V Artiste (sur le Titien et Delacroix, Voyages en France, Salons) ; à la Revue des Lettres et des Arts ; à la Revue d'art dramatique (Racine ci la Champmeslé, pièce en i acte en vers, et T{cmna, pièce en i acte, qui a été traduite en allemandj ; au Paris Illustre {Tout simplenient, nouvelle) ; à la Gaiette des Beaux-Arts ; à la Revue de l'Art ancien et moderne (Salons) ; à la Revue de Paris (vers) ; à la Z/Zx'/'/d' (politique étrangère) ; à la Revue bleue (articles sur la Renaissance ; à la Wc contemporaine [Y Anneau d'argent , Y Age incertain, etc.) : à la Revue du Palais (articles sur Jean de Médicis, fragments d'un livre à paraître, etc.).

M. Pierre Gauthiez, connu aussi comme poète et romancier, et dont les derniers ouvrages surtout ont obtenu des succès de presse et de librairie, a fait paraître en volumes -..Etude sur P. Prudhon, sa vie et son œuvre {1 vol. 1885); les Voix errantes, poésies (i vol. 1886) ; la Danaé, nouvelles (i vol. 1887) ; les Berbes folles, poésies (i vol. 1892); Etudes sur le XVl" siècle ; Rabelais, Montaigne et Calvin (i vol.

189-!); Deux poèmes [i&q^) ; VArclin n vol. 18961 : l'Age incertain, roman (i vol. 189X1.

Onannonce enfin de M. Pierre Gauthiez: la Dcim du Lac. roman ; Ji'jn des liandes noires, cdidc liistorique et l'Ile de France, volume de vers.

LiUCHRIf^E (Achille)

^fe ISTORIFN et professeur, membre de l'Institut, ~ né à Paris le 24 octobre 1846. Elève de l'Ecole normale supérieure, il fut reçu agrégé d'histoire en 1869.

'rofesseur, d'abord, aux hcées de Pnu, puis de Bordeaux ; docteur es lettres le 2S nvril 1877, M. Luchaire fut nommé, la même année, à la chaire d'histoire de la Faculté des Lettres de Bordeaux ; en 188^,, il devint professeur de l'enseignement des sciences auxiliaires de l'histoire à la Faculté des Lettres de Paris. Il a été admis à l'Académie des Sciences morales et politiques en 189V

M. Luchaire a publié : De lingua Aquitaniea et Alain le Grand, sire d'Alhret, l'administration royale et la féodalité du Midi, thèses de doctorat (1S77}; Notice sur les origines de la maison d'Albrcl ; Remarque sur les noms de lieux du pays basque (1874) ; Etudes sur les idiomes pyrénéens de la :'cgiou française (1879) ; Recueil de textes de l'ancien dialecte gascon, d'après des documents antérieurs au xvi' siècle, suivi d'un glossaire (1881), ces deux ouvrages obtinrent, en 1884 et en 1885, lé grand-prix Gobert à l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres ; Histoire des institutions monarchiques de la France sous les premiers Capétiens, pSy-iiS'< (1884) ; Etudes sur les actes de Louis Xll (188=) , avec 6 plariches) ; puis, Louis il le Gros, annales de sa vie et de son règne, avec une introduction historiquej (1889) ; les Communes françaises à I époque des'^. Capétiens directs (1890), ouvrage couronné pari l'Académie française.

On cite, en outre, de lui, plusieurs monographie: écrites en collaboration avec M. Zeller et faisant^ partie de la« Bibliothèque des écoles et des familles», notamment : les Capétiens du Xll' siècle : Philippe, le Bel : Philippe-Auguste et Louis Vin ; les Premiers Capétiens ; Charles Vil et la monarchie absolue (i88o-i888'l, ainsi que plusieurs articles dans la Revue historique et autres revues spéciales.

M. Luchaire a été décoré de la Légion d'honneur le 1 1 juillet 1891 .

LiUt^O (BePtfand-Vietop-Onésime)

'•KNAiEUK iiiauiovible, ne à Villecointal (iers)

e i6 octobre 1S23. Il fit ses classes à Auch

jR^a^ et son droit à Paris

Candidat démocratique aux élections pour l'Assemblée législative de 1849, M. Luro ne fut pas élu. 11 devint alors avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de Cassation. Chargé, après le Coup d'Etat du 2 décembre iSsi, de soutenir les pourvois des condamnés en conseil de guerre, il plaida l'incompélence.

En 1866, M. Luro quitta sa charge, se fixa à Pau, et fut élu conseiller général du Gers pour le canton de .Vliélan. Aux élections du 8 février 1870,1! fut nommé représentant de ce département à l'Assemblée nationale, le cinquième sur six, par 63,000 voix. Siégeant au Centre droit, membre du groupe Lavergne,il vota d'abord avec la majorité monarchiste de l'assemblée ; puis il adopta l'amendement Wallon, et fut à cette occasion vivement attaqué par la presse bonapartiste ; il rappela alors sa profession de foi aux élections de iSyi, dans laquelle il avait déclaré se rallier à la République. Il soutint le scrutin de liste dans la discussion de la loi électorale et adopta l'ensemble des lois constitutionnelles. Porté sur la liste des gauches lors de l'élection des sénateurs inamovibles, il fut élu au 4"' tour de scrutin, le 13 décembre 187^, le trente-neuvième sur soixante-quinze, par 347 voix sur 689 votants.

Au Sénat, M. Luro n'est inscrit à aucun groupe et vote habituellement avec le parti républicain; il repoussa la demande de dissolution de la Chambre des députés, le 23 juin 1S77.

M. Luro a publié : Du travail et de l'organisation des industries dans la liberté (1848) ; Marguerite d'Angouléme, reine de Navarre, et la Renaissance, conférences faites à Pau en 1866, et divers articles insérés dans les journaux de son département.

HUMBEf^T (Ferdinand)

f''^*^i:iNTRF.. né à Paris le 8 octobre 1842. Elève de l Picot, de Cabanel et d'Eug. Fromentin, il débuta, au Salon de 1865, par une Fuite de Néron et exposa, les années suivantes:

Œdipe et Antigonc retrouvant les .corps d'Eléocle et de /'olvnice (1866), envoyé au musée d'Aurillac ; V linlcvement (1867), au musée d'Autun ; Anibroise Paré implorant la pitié du duc de Nemours m8(>8, appartient à la famille du docteur Nélaton) ;

Mcssaonda{i^6^) ; Saint-Jean-Baptiste Qt Tireuse de cartes (r872) ; Dalila (1873) ; la Vierge et l'enjaul Jésus (1874), acquis pour le musée du Luxembourg et cjui a figuré à l'Exposition universelle de 1888 ; le Christ à la colonne (iS?',), appartient au musée d'Orléans ; la Femme adultère (1877) ; VEnlèvement de Déjanire (1878) ; Salomé (1880) ; la Fin de la journée, panneau décoratif pour la mairie du xv" arrondissement (1885) ; En temps de guerre, pour la même mairie ; Pro Patria, pour le Panthéon (188O); Maternité (1888); Portraits de M''" Héglon, de l'Opéra (1896), de M. Jules Lemailre (1898) et un grand nombre de portraits aux seules initiales.

Cet artiste possède un talent agréable, surtout comme portraitiste.

M. F. Humbert a obtenu trois médailles en 1866, 1867, 1869, '^^ ""^ médaille de 3° classe à l'Exposition universelle de 1878. Chevalier de la Légion d'honneur la même année, il a été promu officier le 11 juillet 188s.

VlOLiLiET (MaPie-Paul)

Ruorr, membre de l'Institut, né à Tours le 24 octobre 1840. Il étudia le Droit à Paris et, en même temps, suivit les cours de l'Ecole des Chartes.

Archiviste paléographe et licencié en droit, .NI. Viollet devint successivement secrétairearchivistc de la ville de Tours, archiviste aux Archives nationales, puis bibliothécaire de la Faculté de Droit de Paris. 11 a été nommé professeur de droit civil et canonique à l'Ecole des Chartes le 7 juin 1890.

Depuis le 28 janvier 1887, M. Paul Viollet est membre de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, où il a remplacé Ernest Desjardins.

On connaît de M. Viollet les ouvrages suivants : Election des députés aux Etats généraux réunis à Tours en 1468 et 14S4 (1866); Œuvres chrétiennes des familles royales de France (1870); Caractère collectif des premières propriétés immobilières (1873); Enseignements de Saint Louis à son fils (1874), réponse à y\. Natalis de W'ailly et observations pour servir à la critique des Grandes chroniques de France et du texte de Joinville; les Sources des établissements de Saint Louis (1877); les Etablissements de Saint Louis (i88i- 1886), publiés pour la Société de l'Histoire de France; Histoire du droit ^ civil français, accompagnée de notions du droit canonique et d'indications bibliographiques (1885, 2"' éd., 1893); la Question de la légitimité à l'avènement de Hugues Capet (1892) ; Histoire

des Institutions politiques et administratives de la France (1890-98, en cours); les Etats de Paris en février /j^5(i894), etc. En outre, il a donné une nouvelle édition des Lettres intimes de M"' de Condé à M. de la Gervaisais (1879) et une traduction de l'allemand d'Adolphe Sclimidt, Paris pendant la Révolution, d'après les rapports de la police secrète (1880- 1894).

M. Paul VioUet est chevalier de la Légion d'honneur.

SGHli^MÊEt^GEt^ (Gustave-liéor^)

•RCHKOLOGun et historien, membre de l'Institut, né à Guebwiller (Haut-Rhini le 17 octobre 1844. Il fit ses études classiques au lycée de Pau, vint à Paris en 1863, suivre les cours de la Faculté de Médecine et fut interne-lauréat des hôpitaux.

Pendant la guerre de 1870-71, xVI. Schlumberger s'engagea dans les ambulances ; il devint, après la paix, docteur en médecine, avec une thèse sur YErysipèlc du pharynx; mais il n'exerça pas cette profession et se consacra à l'archéologie et à l'histoire. II voyagea en Italie, en Allemagne et dans le Levant. En 1878, il organisa, avec M. de Longpérier, l'exposition rétrospective au Trocadéro.

Membre de la Société des Antiquaires de France, M. Schlumberger a été admis à l'Académie des Inscriptionset Belles-Lettres, le 12 décembre 1884, en remplacement de A. Dumont.

Citons parmi les travaux que M. Schlumberger a publiés: Des Bractcates d'Allcmao-ne (1874); les Principautés franqucs du Levant, d'après les plus récentes découvertes de la numismatique (1877) ; Numismatique de l'Orient lai in (i?,-]S); Supplément et Index (1882) ; le Trésor de San'a, monnaies himvaritiques[\'è%0]\ les 7/6-5 des Princes, le Palais et l'Eglise desBlacliernes ; la Grande nntraille de By^ance {18S4) ; Sigillographie de l'Empire byzantin (1884, avec 1,100 dessins) ; Un empereur byzantin an X" siècle, Nicéthore Phocas (1890) ; Amulettes byiantins anciens (1892) ; Mélanges d'archéologie byiantine (1895); l'Epopée byiantine à la fin du X' siècle {i8<)-]); Renaud de ChâtiÛon, prince d'Antioche (1898), etc. Il a aussi édité les œuvres de M. de Longpérier (1883-1884).

M. Schlumberger a été décoré de la Légion d'honneur en 1878.

LtOl^Gl^Ofl (fluguste^Honopé)

RuniT, membre de l'Institut, né à Paris, le 18 octobre 1844. Fils d'ouvriers, il fréquenta l'école mutuelle de 1850 à i8=,6, puis exerça la profession de cordonnier.

Animé d'un zèle ardent pour la science, le jeune homme consacrait tous ses loisirs à l'étude Grâce à des elïorts et à un labeur qui ne sauraient être trop loués, il parvint, en 1868, à se faire admettre comme élève à l'Lcole pratique des hautes études, dans la section d'histoire et de philologie.

Nommé auxiliaire aux archives impériales, le i" avril 1870, puis archiviste titulaire le i" juillet 1871, M. Longnon devint, en 1879, répétiteur, pour la géographie historique de la France, à l'Ecole deshautes études. Chargé à plusieurs reprises de suppléer M. Alfred Maury dans sa chaire d'histoire et de mo. raie au Collège de France, il fut appelé h lui succéder comme titulaire, le i" juin 1892, cette chaire étant désormais aftectée à la géographie historique de la France.

Membre du Comité des travaux historiques et de la Société des Antiquaires de France, il a été admis à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, le s mars 1886, en remplacement de Miller.

On cite parmi les plus importantes publications de M. Longnon: Livre desvassaux du comté de Champagne et de Bric, iic)2-i222 (1869); Etudes sur les <g. pagi% de la Gaule, d.ins la Bibliothèque de l'Ecole des hautes études (i 869-1 872) ; Pouillé du diocèse de Caliors (1874) ; Rôles des fiefs du comté de Cliainbacrne sous le rèo-ne de Thibandle Chansonnier ; Etude biographique sur François Villon (1877), d'après des documents inédits découverts aux Archives nationales ; le Saint voyage à fliérusalem du seigneur d'Aiiolure, avec M. F. Bonnardot ; Géographie de la Gaule au Vi° siècle, honorée du premier prix Gobert par l'Académie des Inscriptions ; Paris pendant la domination anglaise, 1420-14^6 (1878) : Documents parisiens sur l'iconographie de Saint-Louis ; Raoul de Cambrai, chanson de geste, avec M. P. Meyer (1882') ; Atlas historique de la France, depuis César jusqu'à nos jours (1884-1889, ivec planches en couleurs) ; Pohptyqne de l'abbaye de Saint-Germain-des- Prés (1886-189=;) ; Dictionnaire topographique du département de la Marne (i8()i) ; Œuvres complètes de F. Villon (1892); Mrliador, par Jean Froissart ; roman comprenant les poésies lyriques de Wenceslas de Bohème (189S-1898), plus un certain nombre de

cartes pour diverses publications historiques et notamment pour ÏAtlcis de Gc'o^rjp/iie historique de Schrader.

M. Longnon, en outre, a collaboré au Bulletin, ainsi qu'aux Mémoires Je la Société Je l'histoire de Paris et de l'Ile de France, société dont il a été le fondateur. Il est aussi l'auteur de plusieurs Rapports à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, et a été choisi comme président, pour' 1898, de cette compagnie et de l'Institut de France.

Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1S86.

liECOJVITE (Maxime)

rKNATKUR, né à Bavay (Nord) le i" mars 1846. Reçu docteur en droit en 1870, il servit dans l'armée du Nord en 1870-71 et fut fait lieutenant après la bataille de Bapaume.

Inscrit au barreau d'Amiens, M. Maxime Lecomte fit des cours de droit commercial à la Société industrielle de cette ville. Il entra à la Chambre des députés le 6 avril 1884, élu dans la a' circonscription d'Avesnes, par 8,865 voix, contre 6,906 données à un autre candidat républicain. Il siégea à l'Union républicaine, groupe dont il fut secrétaire.

Battu aux élections générales du mois d'octobre i8Ss, avec toute la liste républicaine du Nord, .^I. Maxime Lecomte revint à la Chambre, à la suite de l'élection partielle du 27 novembre 1887, où il obtint 146,09s voix sur 27=^,240 votants. Il fut encore réélu, dansson ancienne circonscription, aux élections L;énéralesdu 22 septembre 1889, par 7,1 1 8 voix, contre =1,96^ données au candidat boulangiste.

A la (Chambre, le député du Nord s'associa à la politique républicaine, s'occupa des questions militaires, agricoles et commerciales. Il est l'auteur de la proposition de loi reformant le régime des faillites; il défendit le scrutin d'arrondissement, le système protectionniste, etc.

Une élection sénatoriale partielle ayant eu lieu dans le Nord, le 4 janvier 1891, il fut élu sénateur par 1,274 voix, contre 1,028 données au candidat monarchiste, M. Hellin. Réélu au renouvellement triennal du 3 janvier 1897, par 1,410 voix, le sénateur du Nord siège à l'Union républicaine et prend une part très active aux travaux de la haute Chambre.

On cite de M. Lecomte quelques brochures politiques de circonstance, plus des Souvenirs de la campagne du Nord (1872), dédiés au général Faidherbe; un Manuel du commerçant, la vie commerciale dans

ses rapports avec la loi (1878); Etude comparée des principales législations européennes en matière de faillites (1879) ; le Répertoire analytique de jurisprudence et de législation {1887), etc.

GOUI^DOIJ de GErlOUlLiLiflC (|*4ieolas- Jules-Henpi)

•^i^fe t:R.\LDisTi;, romancier et historien, né le 2? sep-

li^P tembre 1826 à Paris, et non à Monchy, ^ comme le dit par erreur M. Vapereau, dans son Dictionnaire des Contemporains. Après avoir été élève de l'Institut Polymatique, il débuta dans la littérature par de petites pièces de théâtre. On lui doit une quantité de nouvelles et des romans, et de très érudites études héraldiques et historiques.

Nous citerons d'abord les travaux héraldiques publiés en volumes par M. Gourdon de Genouillac : Grammaire héraldique, avec Vocabulaire et figures (1853) ; Dictionnaire historique des ordres de chevalerie (i8i4) ; Recueil d'armoiries des maisons nobles de France (1860); Dictionnaire des fiefs, seigneuries, châtcllcnies de l'ancienne France (1862); Nobiliaire du département des Bouches-Ju-Rhone, avec le marquis de Piolenc (1863)'; Igs Mystères du Blason, de la Noblesse et de la Féodalité (1868); les Ordres religieux 1868) ; Dictionnaire des anoblissements de I2-/0 à ijço 1 1869); Y Art héraldique (1890).

Parmi les ouvrages historiques, mentionnons: Histoire de l'abbaye de Fécamfi et de ses abbés (1872) ; Histoire du Capitonlat et des Capitouls de Toulouse (1880); Histoiie nationale de la Bastille {i88-]) ; Les Refrains delà rue; l'Eglise et la Chasse; les Boiseries sculptées du cha-ur de Notre-Dame, et le plus important : Paris à travers les siècles, histoire nationale de Paris et des Parisiens depuis l'origine, s gros vol. grand in-8°, illustrés, et un sixième consacré à Paris moderne {18^2).

Ses principaux romans historiques et de mœurs contemporaines portent les titres suivants: les Amours d coups d'épée {1864); Comment on tue les femmes (1865); les Damnés de l'Autriche (1867); le Crime de 1804 (1873); V Avocat Bajadcre (1876); Une Luronne (1876); Une vie d'enfer (1877); L'homme au veston bien (1878); la Magicienne ; le Secret du feu (1880); les Folies de Paris (1882); les Quatre manières de les aimer [i88^)\ le Roi Rouge; An pays des neiges ; Comment elles agissent (1885) ; le Roman d'une bourgeoise (1886); Lisa Patard (1888); Inviolable; le Capitaine Bernard; la Misère en habit ttoir;

les Voleurs de femmes ; les Compagnons tfe la Marjolaine; les hilcts de Versailles; V Homme au ne{ coupe (i^i)^) ; V Expiation après le crime; les Drames du civur ; le Dernier amour de Henri IV (18941. etc. Tous ces romans ont paru d'abord en feuilleton dans les divers journaux parisiens, où cet écrivain a donné aussi une quantité considérable de nouvelles et d'articles de critique d'art et de littérature.

M. Gourdon de Genouillac a fondé et dirigé: le Courrier de la Banlieue, le Trail d'Union, le Passe- Temps, le Journal des Employés, le Journal des Médaillés de l'Empire, le Monde A rtisie, qu'il a créé en 1862 ; il a collaboré à un grand nombre de revues et journau.x parisiens.

lia fait partie de plus de soixante sociétés savantes ou de sauvetage. Mentionnons seulement : la Société des Gens de Lettres, qui le reçut sociétaire en 1832, membre dé son comité par réélections successives depuis 1868 et quatre fois son vice-président; la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique ; le Conseil héraldique de Fiance; l'Institut héraldique italien, etc. Il fut membre du Comité d'organisation de l'Exposition de 1889. 11 est en outre président du Conseil d'administration de la Société anonyme de la Bénédictine.

M. Gourdon de Genouillac est officier de l'Instruction publique et de l'ordre du Nicham de Tunis, chevalier de l'ordre des Saints Maurice et Lazare d'Italie, de l'ordre du Christ de Portugal, etc.

Bt^Ur^ET (Liouis)

^UBLiciSTE, né à Paris le 23 février 1870. Ses études terminées, il s'engagea en Afrique et gagna rapidement les galons de sous-officier. Rentré dans la vie civile, il s'occupa des questions coloniales, que son séjour en Afrique lui avait permis d'étudier, et fonda la Société Amicale des anciens militaires de l'armée d'Afrique, dont il fut nommé président.

En 1895, il créa le journal l'Africaine, organe de ce groupe, récompensé par une médaille d'or à l'Exposition internationale de Bruxelles (1897) et, peu de temps après, la Biographie militaire et coloniale. recueil d'intéressants portraits de militaires et d'explorateurs.

Secrétaire de la rédaction de la Revue des Colonies et des Pays de protectorat, importante publication

haut cotée dans le monde colonial, il est devenu directeur du Mouvement colonial.

-M. L. Brunet a créé, en 1897, la Petite Collection militaire et coloniale, dans laquelle il publie nombre d'œuvres essentiellement patriotiques et destinées à répandre le goiit de la colonisation dans la jeunesse française. 11 est également l'auteur d'un ouvrage très documenté et fort intéressant sur les Ordres coloniau.x français. -

Ses nombreux titres ont valu à M. L. Brunet! d'être nommé syndic de la Presse coloniale et la] colonie du Dahomey et dépendances l'a désigné.) pour la représenter, en qualité de délégué-adjoint, à l'Exposition universelle de 1900.

M. L. Brunet est membre de la Société de Géographie commerciale de Paris, du Syndicat de la Press&j militaire, etc. ; délégué du Souvenir français, il' appartient en outre aux comités de la Ligue coloniale de la Jeunesse, de l'Union des Sociétés régimentaires^ de France, du Monument de la Tour d'Auvergne, etc.

11 est commandeur de l'Etoile Noire du Bénin, officier du Nichan Iftikhar, chevalier du Xichan-el- Anouar de Tadjourah, etc.

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WEILi (Henri)

ïjjw^l^LLLiNisTE, membre de l'institui, né à'Franc- ^l^B foi't-surTle-Mein (Allemagne) le 26 août ^^^^ 1818. Il fit ses études à Bonn, à Berlin et à '■|"'^i' Leipzig, puis suivit les cours de la Faculté des Lettres de Paris, prit, en 1845, le diplôme de docteur et, en 1848, celui d'agrégé; en même temps il se faisait naturaliser français.

Nommé professeur de littérature ancienne à la Faculté des Lettres de Besançon, .^l. Henri W'eil en devint le doyen en 1S72. Il fut appelé, le 7 mars 1876, comme maître de conférences, à l'Ecole normale supérieure et fut directeur adjoint à l'Ecole pratique des hautes études. 11 a été admis à la retraite en août 1891.

Correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres dès 1866, M. H. Weil a été élu membre titulaire, le 17 février 1882, en remplacement de Dulaurier.

On cite de lui : De Tragœdiorum grœcarum cnm rebns publicis conjnclione et Question de grammaire générale, thèses de doctorat (1845) ; Théorie générale de l'accentuation latine (iSs^) ; De l'ordre des mots dans les langues anciennes comparées au.\ modernes (3' éd. 18791 ; Etudes sur le drame antique (1897

a, de plus, donné des éditions critiques et explicatives d'Eschyle, de huit tragédies d'Euripide, des H ara ligues et des Plaidoyers politiques de Démosthènc, etc. ; de diverses œuvres d'Euripide, de Démosthciic, li'Bsehylc (1868 à 1898); un commentaire critique sur (Jti Papyrus inédit de la bibliothèque de M. Ambroise Firmiii-Didot . etc.

M. Henri \\'eil est officier de la Légion d'honneur depuis le 12 juillet 1SS7.

JflCCOOD (Ffançois-Sigismond)

li-DECiN, membre de l'Académie de Médecine, né à Genève le 20 novembre 1830. Il vint

3^il'A/^ étudier la médecine à Paris, fut interne des

^1*^ hôpitaux en 18^5 et obtint la grande médaille d'or au concours de l'internat en 18S9.

Reçu docteur, en 1860, avec une thèse sur' les Conditions pathogeiiiqucs de l'albuminurie ; médecin des hôpitaux en 1862 et agrégé, l'année suivante, avec une thèse sur V Humorismc ancien comparé à l'Iiumorisme moderne, M. Jaccoud fut envoyé en Allemagne pour y étudier l'organisation des facultés de médecine et publia à son retour un Rapport sur ce sujet.

Nommé médecin de la Maison municipale de santé, de la Charité, puis de l'hôpital Lariboisicre, il fut chargé du cours de pathologie et devint professeur titulaire de clinique médicale h la Faculté de -Nlédecine, le 16 décembre 1876. Il a été élu membre de l'Académiede .Médecine le =, janvier iSyy.

On connaît de M. le docteur Jaccoud, en plus de ses thèses, du rapport cité plus haut et de plusieurs mémoires sur ses travaux, les ouvrages suivants : Eludes de pathogénie et de sémciotiqiie (1864) ; Leçons de clinique médicale faites à l'hôpital de la Charité 11867"); Traité de pathologie interne (1869-1872 1; la Station médicale de Saint-Morit; (i87'5); Leçons de clinique médicale Jaites à l'hôpital Lariboisicre (187s); Leçons de clinique médicale faites à l'hôpital de la Pitié, iSS^-iSSy (1885-1887) ; Curabilité et traitement de la phtisie pulmonaire (1888;.

On cite encore de ce professeur une traduction des Leçons de clinique médicale (1861-1H62), du médecin anglais Graves ; il a dirigé le Nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques (40 vol. 1879-1886), etc.

Décoré de la Légion d'honneur le i^iaoùt t866, M. le D' Jaccoud a été promu officier le 10 avril 1877.

SEf^ï^ES (liouis de)

JipOMPOSiTEUR de musique, né à Lyon le 8 novembre 1864. Sesétudcs terminées au collège Saint-Joseph de sa ville natale, ii commença ^ à travailler la musique. Venu à Paris et reçu, comme élève, au C'onservatoire, en 188'i, il suivit les classes de M. Tandon pour l'harmonie et de C~ésar Franck pour l'orgue et la composition.

M. Louis de Serres est l'auteur de nombreuses (XHivres musicales applaudies, parini lesquelles il convient de citer : Era^ilité (donnée aux grandes auditions) ; Vilanellc triste (créée aux Concerts Colonne) ; Vilancllc fleurie; Sous les bananiers ; Toc- Toc; Barque d'Orient; Sub iirbe, dans le genre lied ; .1// bord de la mer, avec accompagnement d'orchestre ; Nuit d'été et Jour (/(•.< Morts, chœurs avec orchestre; Andante pathétique et les Caresses, pièces symphoniques, etc.

La plupart des pages musicales de ce compositeur ont été exécutées à la Société nationale de musique et y ont obtenu le plus vif succès.

On annonce encore de lui ; un Oiialunr et une suite de Alélodies, écrites sur des paroles de M. Emile ("ottinet (1898).

M. Louis de Serres est membre de la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique et fait partie du comité de la Société nationale de musique. -r-^^y^y —

Gt^lVAÎ^T (Ltoais-t^ené-Joaehim)

fi:NATF.UR, ancien ministre, né à Rennes le 30 juillet 1821). Il étudia le droit et se (it inscrire au barreau de cette ville, où il a été quatre fois choisi comme bâtonnier.

M. Grivart entra dans la politique après la chute de l'Empire. Elu représentant d'Ule-et- Vilaine à l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, par 88,610 voix, il fut membre de la fameuse commission des Trente et devint ministre de l'Agriculture et du (commerce, dans le cabinet Chabaud-Latour (24 mai 1874 au 10 mars 187=;). Secrétaire de l'Assemblée nationale en 1873 et 1874, il fut membre de diverses commissions et rapporteur de plusieurs projets de lois. II vota avec la droite de l'Assemblée, repoussa l'amendement Wallon, mais adopta l'ensemble des lois constitutionnelles (187'^). Peu après, il fut délégué par le gouvernement français à la Conférence internationale de Bruxelles, réunie pour établir la convention sur le résïime des sucres.

Lors de l'élection des sénateurs inamovibles, M. Grivart fut porté sur la liste des droites, mais ne put réunir la majorité. Il se fit élire, dans TlUe-et- Vilaine, membre du nouveau Sénat, le 30 janvier 1876, par 287 voix sur 400 électeurs. Il continuai siéger sur les bancs de la droite monarchiste et vota la dissolution en juin 1877.

Le 1" octobre 1877, M. Grivart fut nommé gouverneur du Crédit foncier ; mais il ne conserva ces fonctions que jusqu'en février 1878.

Aux élections sénatoriales du 5 janvier 1879, il échoua, dans le même département, avec 214 voix sur 45s électeurs ; il retrouva son siège, le 2 juillet 1895, après le décès de M. de Callac, avec 518 voix et il fut réélu au renouvellement de janvier 1897, par S76 voix. Le sénateur d'Ille-et-Vilaine , siège au Centre droit.

Pt^ITCHfit^t) (ChaPles-Edouafd)

Compositeur de musique et chef d'orchestre, né à Saint-Germain-en-Laye le 22 septembre 1863. Après de bonnes études classiques aux lycées Condorcet et Saint-Louis, de Paris, il entra, selon la volonté de sa famille, à l'Ecole supérieure des Mines, en 1882 et en sortit, avec le diplôme d'ingénieur, quatre ans plus tard.

A cette époque, M. Pritchard renonça définitivement aux études scientifiques pour se consacrer à l'art musical. Elève du Conservatoire national de musique dans la classe de Massenet, puis de César Franck, il se produisit en public, comme violoniste, et fut ensuite directeur de la « Fanfare Mauloise », chef d'orchestre, successivement, aux théâtres parisiens de la Renaissance (1889), des Menus-Plaisirs (1897; et du Chàtelet (1898).

Parmi les nombreuses œuvres musicales de ce compositeur, il convient de citer : Pharaon, poème symphonique, joué à Paris en 1889 ; Rolla, ouverture dramatique donnée au Jardin d'acclimatation, en avril 1897 et reprise au mois de janvier 1898 ; des mélodies, notamment: Mignonne ; Jane ; Nox ; la Saison J'ainoiir ; Printemps ; Pourquoi dire non ? ; un Ave Maria ; des morceaux de piano : les Libellules, Mazurka ; un Menuet, pour violon ; Scène an soir, avec soli et chœur pour voix d'hommes et de femmes.

M. C.-E. Pritchard est encore l'auteur de : Bretagne, poème lyrique en trois actes, avec paroles de

lui-même; Mahomet, ballet en trois actes et cinq tableaux; Ruse i/'jwo»^-, pantomime en un acte (1898).

fJR-S/fllSSOl^-lVIOlJtMErJi (Jean- GaspaPd-Félix-Liachep)

^HU.osoPHE, membre de l'Institut, né à Xamurle 23 octobre 1813. Ses études faites au collège Rollin, à Paris, il fut reçu agrégé en 1836, et partagea, l'année suivante, avec M. Michelet ;de Berlin) le prix de l'Académie des Sciences morales et politiques, pour un travail très considérable intitulé : Essai sur la métaphysique d'Aristote (1837-1846).

M. Ravaisson-MoUien fut professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Rennes, de 1838 à 1840, puis inspecteur général des bibliothèques publiques 1 184S-18S3), inspecteur général de l'enseignement supérieur et membre du Conseil de l'Instruction publique; il fut appelé, en juillet 1870, aux fonctions de conservateur des antiquités au musée du Louvre.

M. Ravaisson-MoUien conserva le titre d'inspecteur général de l'enseignement supérieur jusqu'à la suppression, par mesure budgétaire, de cet ordre d'inspection ; il fut alors nommé inspecteur général honoraire (^mars 1888). Admis à l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, en remplacement de Letronne, le 9 novembre 1849, il est entré à celle des Sciences morales et politiques, en remplacement de M. Peisse, le 30 avril 1880.

En outre du travail mentionné plus haut, on cite particulièrement de M. Ravaisson : De l'habitude (1838), thèse pour le doctorat ; une révision du Catalogne général des bibliothèques publiques (r849) '> ""^ série de Rapports au ministre sur plusieurs dépôts et collections, notamment celui sur les archives de l'Empire et la bibliothèque impériale (1862) ; un Rapport sur l'enseignement du dessin (1833); ^^ Philosophie en France au XIX' siècle, rapport officiel publié à l'occasion de l'Exposition universelle (1868); la Vénus de Milo (1878, avec pL), sujet sur lequel il est revenu plusieurs fois devant l'Institut ; le Monument de Myrrhine et les bas-reliefs funéraires des grecs en général (1876, avec pl.i ; l'Art dans l'Ecole et le Dessin, extraits du Dictionnaire de Pédagogie, etc.

M. Ravaisson-Mollien est officier de la Légion d'honneur depuis 1862.

— Mî

JVIEflOX (iWanie-Camille-Alfired Vicomte de)

CRivAiN, ancien ministre, né à Montbrison Loire; le i8 septembre iSio. II appartient à une vieille famille qui compte parmi ses J/ " ^J membf'es un député royaliste (son grandpère) et un des fondateurs du Corresponitant (son père, gendre de Montalembert).

M. le vicomte de Meaux débuta dans les lettres à la Revue Contemporaine en 18^4, puis il écrivit dans le Correspondant {(?'^6).

Quoique sans fonctions officielles, il prit part, sous l'Empire, h toutes les affaires qui intéressèrent sa réyinu. 11 combattit le transfert de la préfecture de la Loire à St-Etienne, concourut à l'assainissement de la plaine du Forez, à la création du grand canal d'irrigation qui a transformé l'agriculture du pays, etc.

Le i" juin iS6'5, candidat de l'opposition libérale au Corps législatif, dans la y circonscription de la Loire, il échoua, avec7, 553 voix, contre 17,8^53 l'élu officiel, M. Bouchetal-Laroche, et ne fut pas plus heureux, le 24 mai 1869, avec 10,402 voix contre i6,8=i8 au député sortant, réélu. Conseiller municipal Je Montbrison, il signa avec ses collègues, en face de l'invasion du territoire, en septembre 1870, une proclamation aux habitants, adhérant à la République, et fut élu, le 8 février 1871, représentant de la Loire à l'Assemblée nationale, le 8" sur 11, par 48,088 voix, sur 8()-,27S votants. Il prit place à la Droite modérée, fut nommé secrétaire de l'Assemblée dès sa réunion à Bordeaux, fut rapporteur de la loi ratifiant le traité de Francfort et du projet de loi supprimant la mairie centrale de Lyon, prit part aux négociations qui amenèrent le rappel des lois d"e\il pour les princes français et aux discussions sur la loi municipale, la dissolution des gardes nationales, l'impôt des matières premières et les projets des lois constitutionnelles présentés par le duc de Broglie.

Nommé ministre de l'Agriculture et du Commerce dans le cabinet Buffet, le 10 mars 187=,, M. le vicomte de Meaux fut élu sénateur de la Loire en i87('). Il parla, au Sénat, contre le projet d'amnistie, quitta son portefeuille le 8 mars 1876, mais le reprit après le 16 mai 1877, dans le cabinet de Broglie-Fourtou ; il prit part aux actes politiques de ce ministère et prépara la création de l'Institut agronomique de Paris. Il démissionna, après les élections du 14 octobre, avec tous ses collègues.

Conseiller général de Saint-Georges- en-Couzan

(Loire), M. de Meaux échoua, dans ce département, au renouvellement triennal du. Sénat, le s janvier 1879, avec 117 voix sur 390 votants. Le 4 octobre 1885, aux élections législatives, porté sur la liste conservatrice de la Loire, il ne réunit que 49,734 voix sur u6,8=i7 votants et ne s'est plus représenté depuis.

M. le vicomte de Meaux est l'auteur d'intéressantes études historiques et littéraires : La Révolution et l'Empire (1867); les Luttes religieuses an XVl" sièele (1879); La réforme et la politique française jusqu'au traité de Westplialic (2 vol., 1889); L'Eglise catholique et la liberté aux Etats-Unis (1892') ; Montalembert, vivec notes et préface (1892), etc. Il a donné, en outre, un grand nombre d'articles au Correspondant.

Sflifi (Edouat'd-fllexandPe)

EiNTRE, né le 13 mai 1830 à Cluny (Saône-et- (^ Loire), où son père était percepteur.il com-

mença ses études artistiques en suivant les cours de l'Académie de peinture, de sculpture et d'architecture de Valenciennes, qui lui décerna la grande médaille de peinture, pour une copie de Y Annonciation de la Vierge, de Rubens (1847]. Cette même année, M. Edouard Sain se rendit à Paris et entra à l'Ecole des Beaux-Arts et dans l'atelier de Picot, où il obtint, comme élève, de nombreuses récompenses et fut admis au concours de Rome.

M. Sain exposa d'abord h Douai un Portrait de M. Julien Potier, son premier professeur (1851) ; puis, au Salon des Champs-Elysées de Paris : Vénus et l'amour, qui valut à son auteur une flatteuse appréciation de Th. Gautier, et Portrait de M'" A'... (i8s2) ; le Cabaret de Ramponnean, magnifique toile qui avait demandé deux ans'de travail et figura au Salon de 1857, en même temps que Ronde de ramoneurs (sans souci du lendemain) ; la Poupée ; les Petits poulets ; Ramoneur lisant ; la Petite travailleuse ; la Soupe ; la Rêveuse. Vinrent ensuite : Ramoneurs partant pour le travail (si heureux la veille) ; le Ruisseau ; le Cheval de bois ; le Départ pour l'école ; ïNerbagcre, effet du matin ; le Chemin de l'école; Vieillesse et vétusté; Femmes basques à la fontaine ; le Déjeûner et le Portrait de son père (1861) ; \e Lever; Trois amies (portraits) et \e Départ pour le messe, toile achetée par l'Etat pour le musée de Màcon (1863); le Départ pour la fêle ; la Leçon

iic catcchismc (1864); une Dcvideusc à Caprl \ le Paiement (souvenir de la place Moiitaiiara, à Nome), achetée par l'Etat et offerte au musée d'Autun (i«6^) ; Kiarclla(Capn]; Iss Fouilles d Pow/x-/ (Luxembourg); Jeune fille de Vile de Capri, musée de Kensington, Etats-Unis (1867) ; Jour de fête aux environs de Naples (1868) ; Récolte des oraiiors à Capri, acheté parla maison Goupil {1869) ; Romaine marchande de fleurs ; Napolitaine marchande de citrons (1870) ; la Convalescente en pèlerinage à la Madone d'Angri (environs de Naples); Portrait de M"" D... de C... (1873) ; une Fille d'Eve ; la Marina de Capri ou le Port au retour des barques, grand tableau avec plus de 50 personnages (1874); la Tortue ; l'Enfant endormi ; Macaroni de Sposaliiio (repas de noce che{ un paysan de Capri), au musée de Valenciennes (1875) ; Je'sus et la Samaritaine ; Portrait de M.Hutinet (1876) ; Andromède ; Portrait de M. T. Lambrecht, ancien ministre (1877); M"" la marquise de Grouchy ; la Comtesse Adrien de Briinonf, portraits (1878) ; la Vicomtesse de Montreuil ; M. G. Gaillard de Witt; H Baronne Morio de l'Isle{i8^o) ; M"' Gellibert des Seguins ; M. Léon Bienvenu, directeur du Tintamarre (1881); M"" Adrien Allei ; la Bénédiction paternelle avant le mariage (Capri, 1882) ; M"" de Morenghc ; la Baronne de Benoist, portraits (18S3) ; la Comtesse A. d'Alcantara ; Af'"" Rcgnault de Preniesnil(i884); M"" Grimbcrt-Fievet; M"'" Paul Boca (1885) ; Rosina (Capri) ; Portrait de M'" Emilie Sain (1886) ; M. Delsait, le célèbre violoncelliste (au musée de Valenciennes) ; Peusierosa (Capri) ; Nannarella ou le Repos (Capri, 1887); M'"' Pellerin : M. Edmond Guillaume, architecte du Louvre au musée de Valenciennes, 1883) ; le Baron de Rochctaillee et sa fille ; Nannina (Capri, 1889).

Nommé sociétaire, depuis la fondation de la Société nationale des Beaux- Arts, M. Edouard Sain a exposé au Salon du Champ-de-Mars : une Tarentelle à Capri ; Ti voglio bene ; Jeune mère (Capri) ; M. Willy Martcns, peintre hollandais ; M. Mascart, de l'Institut (1890) ; ÏAcquaiiiola ^Capri) ; le Vieux paysan (Capri) ; Primo aniore (Capri) ; Maison à Anacapri ; Vieille vigne iCapn) ; Jeunesse, toile achetée par l'Etat et qui se trouve à la grande chancellerie de la Légion d'honneur ; M'"' Gérard ; M. Charles Jongle^ ( 1 89 1 ) ; Coquetterie ; Ephémère ; Rêveuse et quatre portraits : la Baronne Camille de Rochetaillee ; M'"' Charles Max; M. Dutert, architecte (1892) ; la Famille, achetée par l'Etat ; Lilas blanc ; Palote ; Extase ; Petit projll de rousse ; la

I^ergola (site de Capri, \%<)}) ; Thaïs ; Violette; Nadia (pastel) et six portraits ; la Comtesse de Rochefort ; M"' Marguerite Lévy ; M"" Bource ; M"" Grandjany ; M. Mairesse ; M"' Emilie Sain (1894); Brunette ; Jeune Baigneuse ; la Chasseresse égarée ; la Prière et divers Portraits (1896) ; la Dinette (Capri); la Vérité; Mélancolie ; En été; Fleurette (Capri) ; Chrysis ; Marchande de corail iCapri) ; Rosina (Capri) ; Pervenche 'Capri, 1897) ; Tarascone, danse de l'île de Capri ; Carmen, marchande de grenades (Capri) ; V Attente, étude de nu ; Martyre ! ; Contemplation ; la Vierge de deuil, en souvenir des victimes du Bazar de la Charité ; Portraits du colonel comte de R... et de A/"" M... et de sa fille {iSgS), etc.

M. Edouard Sain a envoyé aussi beaucoup d'oeuvres aux expositions universelles de Paris, de Philadelphie, de Melbourne (Australie) , d'Amsterdam, d'Anvers, de Londres, de Vienne, de Chicago, et participé à des expositions de province et de cercles parisiens. 11 a de plus produit de nombreuses toiles qui ont été directement vendues sans avoir jamais figuré dans les expositions.

Ce peintre a par dessus tout l'amour du vrai et du beau; à ces deux passions, il a été fidèle toute sa vie, et jamais rien de commun ni de vulgaire n'est sorti de son pinceau ; cette note de distinction et de vérité caractérise toutes les œuvres de M. Edouard Sain et lui assigne une bonne place parmi les maîtres modernes.

Cet excellent artiste a fondé, en 1879, un cours de peinture qui a pris, depuis cette époque, une extension considérable et a produit de très bons élèves.

Vice-président de la Société artistique et littéraire des Enfants du Nord, membre de la Commission et du Comité d'administration de l'Association des artistes-peintres, graveurs et dessinateurs fpondation Taylor), membre du Jury de la Société nationale des Beaux-Arts, M. Edouard Sain a obtenu, pour son art, 2 médailles d'or aux expositions artistiques de Valenciennes ( 1852 et 1S72 1 , une médaille d'argent à celle de Rouen (1862), la médaille des Beaux-Arts à Philadelphie (1877), une médaille d'or à Melbourne (1888), une médaille d'argent à l'Exposition universelle de Paris (1889); au Salon des Charnps-Elysées, trois mentions honorables, une médaille en 1866, et une médaille de 3" classe en 1875. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis

SUflU De lifl Ct^OlX (Henpipfédépie-Engueppand Comte du)

I \iAiLi,ia!R d'art, né au château de Petit val (Seine-et-Marne) le 13 octobre 1840. Il appartient à une famille originaire du Dauphiné, <!' -j alliée aux principales maisons de ce pays, parmi lesquelles celle des ducs de Lesdiguières, aujourd'hui disparue. Certains ascendants du comte actuel ayant émigré à la Louisiane, alors colonie française, y occupèrent les plus hautes fonctions: son grand-père paternel l'ut gouverneur de la banque de cette colonie; son arrière grand-père maternel, le marquis de Marigny. repose dans la cathédrale de la Nouvellç- Orléans; d'autre part son oncle, le comte Frédéric du Suau de la Croix fut secrétaire du ministre des alïaires étrangères prince de Polignac, en 18-50.

Depuis l'âge de seize ans, le comte Enguerrand du Suau de la Croix travaille, en amateur et en artiste, les métaux, dont il connaît toutes les combinaisons possibles ; il s'est, depuis 18S5, adonné surtout à l'émail , s'appliquant plus particulièrement au genre ancien. Après de nombreuses recherches, il est arrivé à créer un art nouveau: les émaux translucides de grand feu, à double haut relief cabochon, sur métal à jour en épousant tous les contours, et dont la l'orme convexe produit des intensités de lumière et des teintes dégradées qu'aucun émail connu n'avait pu donner encore. Il est d'ailleurs le seul, à ce jour, à obtenir de si merveilleux résultats. Divers journaux, le Figaro, le New-York Herald, le Journal, la Vie Nationale, l'Evénement, etc., se sont occupés des travaux de cet artiste, aux œuvres si personnelles.

Le comte est un gentilhomme .Tuioureux de son art. Comme lîcnvenutoCellini, il tr.ivaille ussiJi'iment, n'ayant pour coUahorateurs que son fils et sa bellc-lUle , M"^' de Montigny, comme lui, jaloux du secret de sa découverte.

Il compose lui-même ses dessins et ses modèles, qui sont de pars chefs-d'œuvre, et manie ensuite la lampe d'cmailleur, travail très délicat, car il s'agit, pour obtenir la fusion des émaux, de produire une température de 800" et de ne pas faire fondre l'argent qui ne supporte pas plus de 1000° pour rester rigide.

Les applications en sont très diverses. Ils peuvent être combinés avec des médailles servant à fixer le souvenir d'un événement important, comme pièces de mariage, par exemple; en ce cas on peut réserver des écussons pour les enfants à naitre, et ceci constitue le livre d'or de la famille, qu'on laisse dans le sanctuaire de la tendresse, comme les Icônes byzantines auxquelles sont empruntés les motifs ornementaux.

On en fait aussi des bijoux, des épingles de chapeau, des dessus de bonbonnière, ou, s'élevant du profane au sacré, on les dispose pour en former le marli (comuiuncment bord) d'une païenne. (L. Perrée, le Soir, 11 mai 1898).

On a remarqué parmi les productions artistiques de iM. Suau de la Croix les plaques composées à la mémoire des victimes du Bazar de la (Charité et divers autres plaques, médailles commémoratives de baptême, de première communion et d'anniversaires quelconques, des croix, glaces, bijoux divers, pièces d'orfèvrerie d'or et d'argent, etc.

Marié â M'"" de Montigny, née de Vincelles, fiUe du colonel de X'incelles, le comte du Suau de la Croix habita longtemps la Bretagne, où sa femme est alliée aux premières familles du pays, et où il exposa à plusieurs reprises, obtenant notamment un diplôme d'honneur et ime première médaille, la plus haute récompense, à Rennes ; il a exposé aussi à Vannes, où lui fut décerné le grand diplôme d'honneur, et à Paris, à la Société des Artistes français (Section des Arts décoratifs), en 1898.

Son fils, ancien sous-maître de manège à l'Ecole de cavalerie de Saumur, est aussi arrivé à une grande habileté dans l'art de l'émail, suivant les traces de son père.

M""' Jeanne de Montigny, sa belle-fille et son élève, exposa elle-même des émaux au Salon de 1898, ainsi qifà l'exposition des Arts de la femme; cette artiste est également une aquarelliste distinguée.

TOt^IGfiY (dean-Plaeide)

l'puTÉ, né à Chantenay-Saint-Amberl (Nièvre) I^SS» le 17 janvier 1822. Reçu docteur en médecine à Paris en i8sii, il s'établit à Sainte Pierre-le-Moutier.

Poursuivi après le coup d'Etat, pour son opposition à l'Empire, et (3bligé de quitter la France, M. Turigny, à son retour, fut un des chefs du parti républicain dans la Nièvre et collabora aux journaux ïlniparlial du Centre et la Tribune Nivernaise.

Candidat aux élections du 8 février 1871, pour l'Assemblée nationale, il échoua avec a=i,?io<)Sulïrages; mais à une élection partielle, le 27 avril 1873, il fut élu par 11,071 voix, contre 3i,9S4 au candidat monarchiste, M. Gillois. Invalidé, le 27 juin, pour manœuvres électorales, il fut renvoyé à la Chambre, le 12 octobre suivant, par 39,872 voix, contre 28,26,3 à M. Gillois. Membre de l'Union républicaine, il vota la constitution, puis se rangea parmi les intransigeants qui repoussèrent les lois complémentaires.

Elu député, dans la 2' circonscription de Nevers, le 20 février 1876, par 5,988 voix, contre 3,777 au candidat monarchiste, M. Turigny siégeai l'Extrême-

Gauche et se prononça pour l'amnistie pleine et entière. Après l'acte du 16 mai 1877, il lut un des 363 et réélu, le 14 octobre suivant, par 0,284 voix, contre 4,721 obtenues par le candidat officiel. Depuis, M. Turigny a été constamment réélu député de la 2' circonscription de Nevers, en 1881, 1885 (s"'' '^ liste radicale du Cher), 1889, 1893 et 1898, cette dernière fois, avec 7,363 voix, contre 3,880 à M. Gros, républicain.

A la Chambre, où il n'a plus cessé de siéger à l'Extrème-Gauche, il vote avec ce groupe dans les questions politiques en débat.

Maire de Chantcnay, le député de la Nièvre est aussi conseiller général de Saint-Pierre-le-Moutier.

liEÏ^OVHBEflOLtlEU (Henpy«JeanH Baptistc-Anatole)

f'^'^'^^UBLi CISTE, membre de l'Institut, né à Lisieux ^ en 1842. 11 s'intéressa dès sa jeunesse à des recherches critiques et artistiques et écrivit un volume intitulé : Une troupe de coiurdiciis (1866) , puis un Essai sur la restauration de nos moniuiients historiques , devant l'art et devant le budget, où il traita particulièrement de la restauration de la cathédrale d'Evreux.

En 1872, M. Anatole Leroy-Beaulieu fit en Russie un premier séjour , qu'il renouvela plusieurs fois depuis, pour étudier l'organisation et les mœurs de ce pays. A son retour, en 1881, il devint professeur d'histoire contemporaine politique et religieuse à l'Ecole libre des Sciences politiques. Il a été élu, le 30 avril 1887, membre libre de l'Académie des Sciences morales et politiques.

Conseiller général de la Haute-Marne de 1883 à 1889, M. Leroy-Beaulieu a fondé, en 1895, avec plusieurs publicistes, un « Comité de Défense et de Progrès social », destiné à combattre la diffusion du socialisme. 11 a donné, pour cette propagande, plusieurs conférences, dont certaines ont été publiées.

M. Anatole Leroy-Beaulieu a écrit, dans la Revue des Deux-Mondes , des études publiées ensuite en volumes, sous les titres suivants: Un Empereur, un Roi, un Pape, une Restauration (1879), critique historique sur la politiciue du temps du second empire ; VJimpire des Tsars et lesRusses (1887a 1893), ouvrage important sur l'histoire et la politique russes; Un honnne d'Etat russe (Nicolas Milutine) (18841 '• Les Catlioliques libéraux, l'Eglise et le libéralisme (1885) ; La France, la Russie et l'Europe (1888) ; La

révolution et le libéralisme {1890) ; La papauté, le sociali'ime et la démocratie (1892); Israël chci les nations (iSi)'^); Etudes russes et européennes [li^b], et les conférences suivantes : Pourquoi nous lie sommes pas socialistes (189')); Individualisme et socialisme (1896); l'Antisémitisme ; La patrie française et r internationalisme (1897), etc.

M. Anatole Leroy-Beaulieu est chevalier de la Légion d'honneur.

liEÏ^OV-BEAUliIEO (Pieppe-Paul)

ifîco.N'o.MisïE , membre de l'Instilut, frère du |[ précédent, né à Saumur (Maine-et-Loire) le 9 décembre 1843. S''* études faites au lycée Bonaparte, il séjourna ([ueKiue temps à Rome, puis fréquenta les universités de Bonn et de Ijerlin en 1864 ^t i86s.

.^l. Paul Leroy-Beaulieu s'est fait connaître par d'importants travaux sur l'économie politique ; il collabora au Temps, à la Revue nationale, à la Revue contemporaine , à la Revue des I^eux - Mondes. Son mémoire, intitulé : De l'influence de l'état moral et intellectuel des populations ouvrières sur le taux des salaires, fut couronné, en 1867, par l'Académie des Sciences morales, qui lui décerna, en 1868, trois prix pour les mémoires suivants : De la colonisation clie{ tes peuples modernes ; De l'administration en l'rauee et en Angleterre ; De l'impôt foncier et de ses conséquences économiques. Entré, en 1870,3 la rédaction du Journal des Débats, il n'a cessé depuis d'v combattre les théories protectionnistes.

Nommé professeur de finances à l'Ecole libre des Sciences politiques en 1872, ses cours sur l'histoire financière de l'Angleterre le mirent en vive lumière. En même temps, il fondait le jor.rnal l'Economiste français. Suppléant, au Collège de France, de Michel Chevalier, son beau-père, il lui succéda danssa chaire, comme titulaire, le i" mai 1880. Il a été élu membre de l'Académie des Sciences morales et politiques, le 6 juillet 1S78, en remplacement d'Audiffret.

M. P. Leroy-Beaulieu a faitdiversestentatives infructueuses pour entrer dans la vie politique. Candidat aux élections municipalesdans leNvi' arrondissement de Paris, en 1874; puis à Constantine, en a\ril 1877, ^ une élection partielle pour la Chambre des députés: en juillet 1878 et en novembre 1883, dans l'arrondissement de Lodève (Hérault'i, il échoua constamment. Il ne fut pas plus heureux aux élections générales du =, octobre 1885, où il était inscrit

sur la liste monarchiste de l'Hérault; ni au renouvellement du 22 septembre 1889, où il fut candidat, dansl'arrondissementde Lodève; pas plus qu'en i8<)o, après l'invalidation de son concurrent, M. Ménard- Dorian. 11 crut devoir se présenter encore dans la même circonscription en 1893,6! fut battu de nou- \cau, bien que candidat républicain, cette fois, par M. Vigne d'Octon, socialiste. Une nouvelle tentative, faite lors du renouvellement législalil , en 1898, dans le xvi" arrondissement de Paris, aboutit à un nouvel échec.

On cite parmi les travaux de cet éminent économiste : les Guerres contemporaines (1868-1869), recherches statistiques sur les pertes d'hommes et de capitaux; la Question ouvrière au XIX' siècle (1871) ; le Travail des femmes au XIX' siècle {1873); Traite Je la science des finances [i?^-]'], =)■= éd. 1897); Essai sur la répartition des richesses (1880) ; De la colonisation cfie{ les peuples modernes (1882); ]e Colleciit'/.s/Mt', examen critique du nouveau socialisme (1884); L'Algérie et la Tunisie (1887); Précis d'économie politique (1S88, 3'' éd. 1896); L'Etat moderne et ses fonctions ( 18891; Traité théorique et pratique d'économie politique (1896) ; Collectivisme agraire et nationalisation ; les Expériences sociales en A ustralie (18071, etc.

M. Paul Lerov-Beaulieu est officier de la Légion d'honneur.

PEf^F^IEl^ (dean-Oetave-Edmond)

.-:!^iSS|'.\TL-R.\LiSTi;, membre de l'Institut, né à Tulle le 11^* 9 mai 1844. Ses études, commencées au lycée

de Tulle, s'achevèrent au lycée Bonaparte, a^^ ^ Admis, en 1864, à l'Ecole polytechnique et à l'Ecole normale supérieure, M. Perrier opta pour cette dernière, se fit recevoir agrégé en 1867 et fut professeur au lycée d'Agen. Nommé aidenaturaliste au Muséum d'histoire naturelle en 1868, docteur ès-sciences naturelles en 1869, il devint, en 1872, maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, puis professeur de zoologie au .\Iuséum (1876) et administrateur de cet établissement.

M. Perrier a été reçu membre de l'Académie des Sciences, le 12 décembre 1892, en remplacement de .NI. de Quatrefages.

'S\. Edmond Perrier a donné de nombreux Aiemoires <•»( la vie et la structure des animaux inférieurs ; Ses recherches ont été insérées dans les recueils scientifiques : Comptes-rendus de l'Acadé-

mie des Sciences, Annales des Sciences naturelles. Archives de Zoologie expérimentale, etc. Il a publié en outre : les Colonies animales et la formation des organismes (1881) ; Anatomies et physiologies animales (1882) ; les Principaux types des êtres vivants (1882, avec atlasj; la Philosophie {oologique avant Darwin (1884) ; les Explorations sous-marines (1886), résumé des explorations auxquelles il avait pris part, en 1883, dans l'Atlantique, sur le « Talisman », et, en 1885, sur le « Travailleur »: l'Intelligence des animaux (1887) ; le Transformisme : Eléments d'anatomie cl de physiologie animales, à l'usage de l'enseignement spécial (1888); Traité de Zoologie 11892); Lainark et le Transformisme actuel (1893); Eléments de Zoologie; Précis de physiologie animale (1895); Manuel de sciences, applications à Tagriculture et à l'hygiène (1895-96) ; Leçons élémentaires sur l'histoire naturelle des animaux (1897), etc.

Ce savant est officier de la Légion d'honneur.

VfllLiliflflT (jVIaFie-ÉdouaFd)

Li>uTÉ. publiciste, né h V'ierzon (Cher) le 29 II^^B janvier 1840. Reçu ingénieur des Arts et .\lanufactures,il se fit inscrire à la Faculté de Médecine de Paris, puis il alla parachever ses études en Allemagne, à Heidelberg, Tuehingen et Vienne. II revint en France en 1870 et, pendant le siège de Paris, fit dans cette ville une active propagande révolutionnaire.

M. Vaillant se présenta aux élections pour l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, mais ne fut pas élu. Il prit partà l'insurrection communaliste, fut nommé membre de la Commune dans le viu"" arrondissement, le 26 mars, puis fit partie de la Commission executive et délégué à l'enseignement (21 avril). Après la défaite de la Commune, il passa en Angleterre et participa, à Londres, à l'Association internationale des travailleurs, comme membre de son conseil général (septembre 1871). Le 20 juillet 1872, le Conseil de guerre le condamna à mort par coutumace.

Revenu à Paris après l'amnistie, M. Vaillant reprit sa propagande révolutionnaire et se fit élire conseiller municipal, le 11 mai 1884. Au Conseil, il demanda la suppression des armées permanentes, le réquisitionnement des logements inoccupés en faveur des citoyens sans logement , la création d'un fonds de secours permanent destiné aux ouvriers sans travail ou pourvus de moyens d'existence insuffisants, la

création d'une milice de police, placée sous les ordres du Conseil, etc. Lors de l'agitation houlangiste, M. Vaillant se déclara contre la politique du général; majs il refusa de s'allier aux autres groupes républicains pour couihattre le mouvement.

Au mois de juillet 1888, il se présenta à une élection législative partielle dans le Rhône, comme anti-boulangiste et anti-opportuniste à la fois; il échoua, n'obtenant que 17,614 voi.\-, contre 37,133 données à M. Chepié, républicain. 11 se représenta, le 22 septembre 1889, dans la 2" circonscription du xx' arrondissement de Paris et, n'ayant pas réuni la maiorité au premier tour, se désista au ballotlage ; mais il parvint à se faire élire député de cette circonscription en 1893, par 7,3'i8 voix, contre 4,'ii9 à M. Patenne, républicain.

M. Vaillant donna alors sa démission de conseiller municipal de Paris, et vint siéger à la Chambre dans le groupe socialiste. Réélu, en 1898, par 7,602 voix, contre 7,016 au même adversaire, il est le chef reconnu de la fraction blanquiste.

M. Vaillant avait fondé, en 1880, avec Blanqui, le journal AV Dieu, ni Mciltrc; il prit, en 1888, la direction de VHomiiic libre, journal socialiste quotidien.

PflISZECH (Iléon- Joseph-Philippe- V&ndsMn Comte)

?HiL.\NTHROPi-, né à Odessa (Russie) le 27 décembre 1849. Issu d'une des plus anciennes familles de Pologne, ayant eu son berceau en Bohême, qui compte parmi ses membres Marina Mniszech, épouse du faux Dimitrius; tzar de Russie, et qui est alliée aux Poniatowski, Czartoryski, Wisniowiecski, Leszezynski, Zamoyski,etc., le comte Léon Mniszech est fils du comte André et de la comtesse, née Potocka.et arrière petit-fils de Georges Mniszech, grand maréchal de la couronne de Pologne. Les armes de cette famille sont« de gueule à sept plumes d'Autruche au naturel, appointées en pile, la pointe de l'écu sur un demi-croissant renversé //; suivant Paprocki, célèbre héraldiste, le champ doit être d'argent).

Le comte Léon Mniszech fit ses études à Paris. 11 était à Bruxelles lorsqu'éclata la guerre de 1S70 et s'employa, dès lors, activement, à soulager les blessés de la campagne franco-allemande, tant en Belgique qu'en France; à l'issue des hostilités, il fonda, avec M. Henry Blount, la Société française de secours aux paysans ruinés par cette guerre.

Le comte Léon Mniszech s'est acquis depuis une grande notoriété par sa participation active à la plupart des œuvres de bienfaisance de France, d'Autriche et de Belgique.

(Chambellan de l'empereur d'Autriche, il est membre fondateur à Vienne, notamment, de la " Wiener Rettungs GesellschalTt », société de secours immédiats aux blessés des accidents de la voie publique ; à Paris, il est membre fondateur de la Croix Rouge, membre de la Société des Agriculteurs de France, de la Société Taylor, etc.

11 s'est marié, en 1876, à la comtesse Isaure- F.ugénie-Sophie de Montault, dame de la Ooix Etoilée d'Autriche et de Ste-Elisaheth de Bavière, fille de Odet-Armand marquis de Montault et de Cécile Marquet de Montbreton.

M. le comte Léon Mniszech est officier de la Légion d'honneur, chevalier d'honneur de l'ordre de .Vlalte d'Autriche, etc.'

DELiAOlSlAV (SiiDon-Benjamin- Eugèt^e)

HiRURGiEN, né à Saintes (Charente-Inférieure) !<) le 12 août 1861. Après avoir fait ses études ^ classiques au collège de sa ville natale, il se rendit à Paris pour y suivre les cours de la Faculté de Médecine.

Interne provisoire à l'hôpital Broussais, puis titulaire successivement à Ivry (1889), à la Maison Dubois (1890), à Saint-Louis (1891) dans le service du docteur Péan, enfin à Broca (1892J, sous les ordres du docteur Pozzi, il fut reçu docteur en médecine avec une thèse sur les Opérations conservatrices de l'ovaire (1893) et devint, dès cette époque, chef de clinique de Péan, avec lequel il a préparé de nombreux travaux scientifiques et dont il a été le collaborateur le plus assidu jusqu'en 1898, date de la mort de l'illustre chirurgien.

M. le docteur Delaunay a publié d'importantes communications à divers congrès, notamment au Congrès français de chirurgie de Lyon, en 1894, sur V Ablation totale des orosses tumeurs de l'iitenis, une des premières sur ce sujet ; au Congrès de Paris, de l'année suivante, communication sur le même sujet, avec un procédé nouveau ; au Congrès international de Rome, sur V Incision transversale dans les opérations snr le rein , en collaboration avec Péan et présentée par ce dernier ; Sur le traitement du

— isi

Prolapsus o-ciifLi!, avec procédé personnel (Archives de Gynécologie, 1896); A' la cure radicale Jcs grosses hernies ombilicales par un procédé nouveau (18981, etc.

M. le docteur Delaunay a, en outre, collaboré au tome X des Cliniques de Péan et présenté divers travaux à la Société anatoniit[ue sur des sujets du chirurgie générale et de gynécologie.

WALilSZEWSKI (CasimiP-Clément Comte)

•cRivAiN, né à Golle (Pologne Russe) le 19 novembre 1849. 11 appartient à une vieille famille de la noblesse polonaise dont l'origine remonte à 1^29 environ.

Le comte Casimir Waliszewski fit ses études classiques au collège des Jésuites de Metz, malgré la volonté de ses parents, témoignant ainsi de son goût pour la langue et la littérature françaises. Il se lit recevoir docteur en droit de la Faculté de Paris, en 1875, avec une thèse remarquée sur la Condition des étrangers en France.

Le comte Waliszewski s'est fait connaître par des études historiques très appréciées, écrites pour La plupart en français et quelques-unes en polonais. 11 convient de citer notamment : ses ouvrages sur les Relations diplomatiques entre la France et la Pologne sous le roi Sohieski (3 vol., te.xte français et polonais, Cracovie, 1879-1881); Correspondance de M"" Kossakowska , avec notes et documents 'i vol., 1879) ; Correspondance du prince Charles Rad{iiL'ill i\ vol., 1889) ; les Relations diplomatiques entre la Pologne et la France au XVtr siècle (Cracovie, 1 vol., 1889, texte français et polonais) ; La Pologne et l'Europe dans la deuxième moitié du XVtlf siècle (Cracovie, 1890, i vol.) ; le Dernier ambassadeur de Pologne à la Cour Ottomane (2 vol., 1894) ; le Roman d'une Impératrice (i vol., 1893, traduit en anglais et en suédois) ; Vovage autour d'un tronc (i vol., 1894, traduit également); Pierre le Grand (i vol., 1897, idem); Marysioïka (i vol., 1898, idem). On annonce enfin de lui un important ouvrage sur les impératrices russes avant Catherine la Grande.

M. le comte Waliszewski est en outre l'auteur d'un volume de Poésies sur la vie de campagne (Varsovie, 1877); il a collaboré <à de nombreuses revues: la Niiea, V Aten^-iun, de Varsovie ; le Kraj, de Saint-

Pétersbourg ; le Correspondant, la Revue contemporaine, la Revue de Paris, etc.

11 est membre de la Commission historique de l'Académie de Cracovie.

VflYSSE {Marie-Iiéonce)

iiNïi;i.;, né à Maligny (Yonne) le S janvier 1844. l'"iU d'un médecin qui mourut fort 'i? jeune, il fut, malgré ses goûts, destiné au commerce et se consacra aux alïaires tout en acquérant, à ses moments de h)isir, les principes de l'art pictural, vers lequel il se sentait attiré. D'abord élève de .M. H. Prou, puis de M. Jeanniot, dont il épousa la fille, M. Léonce Vaysse s'est l'ait connaître par des paysages d'une grande variété en mènie temps que d'une personnalité indéniable.

11 débuta au Salon de 1881 avec Une route en Champagne (toile aujourd'hui à M. Alfred Boucher). 11 y exposa depuis, Jiotamment : en 1883, Matinée d'avril ; en 1884, Matinée d'août; en 1886, Matinée de juin; en 1887, Paysage d'octobre (au musée de Vesoul); en 1889, Coin de Tannerie.

Lors de la scission qui se produisit au sein de la Société des Artistes français, M. Vaysse attendit une réconciliation qui ne vint pas, puis suivit la Société nationale des Beaux-Arts et produisit àses expositions annuelles: en 1891, les Ruines du château de Chinon ; en 1892, un Coteau à Chinon et Nuit de juin ; en 1893, Clair de lune; en 1894, Paysage de novembre : Paysage de juin ; Lever de lune; Paysage de décembre; en 189"), Paysage de Champagne ; Avant l'orage; Nuit tombante; Paysage de novembre ; Nuit d'été; en 1896, Heure indécise; Paysage de Champagne (au musée de Tunis) ; Nuit de juin ; Paysage de novembre ; Sous bois ; en 1897, le Clos Gaston Doré (Galerie Haussmann); la Lisière du parc de Dlivcs; la Chaumière champenoise ; Nuit d'octobre ; en 1898, Paysage d'avril; Ruine du château des évoques à Chauvigny ; Souvenir d'Etrctat ; Chemin de traverse, etc.

11 convient de mentionner aussi les importantes œuvres suivantes de cet excellent artiste, non exposées à ^zr'i'i: l'Allée des Veuves, qui est au musée du Mans ; Prairie à 'Vesoul ; les Bords de la Colombinc ; les Bords du DurgeoH ; Effet de neige ; V Averse ; une Saulaie ; Navettes en fleurs ; une Route ; Souvenir de Chinon ; Moulins d'Enfer, au Mans, etc.

On a vu de M. Léonce Vaysse aux expositions universelles d'Anvers et de Bruxelles, et à l'exposition du centenaire de l'Académie royale de Gand, des

toiles remarquées, ainsi qu'aux expositions annuelles des artistes Francs-Comtois. 11 est, depuis 1892, membre associé de la Société nationale des Beaux-Arts.

Bf^lDGJVIfH^ (Fpédépie-APthuf)

'eintre, né à Tuskegee (Alabama) le 10 novembre 1847. Le plus jeune des trois fils d'un médecin, il montra, dès son enfance,

IS' des dispositions pour le dessin et débuta, par la suite, dans la gravure sur acier, vers 1864.

En 1866, M. F.-A. Bridgman vint à Paris. Elève du professeur Suisse, puis de M. Gérôme à l'Ecole des Beaux-Arts jusqu'en 1S71, il fit en Algérie et en Egypte un voyage d'études (1872-73), d'où il rapporta quantité d'esquisses. Il a exposé, notamment, aux Salons annuels de la Société des Artistes français : Apollon enlevant Cyrciie (1872); Intérieur nuiiiresque (1873) ; un Voviigc aux Pyrénées, aujourd'hui à Liverpool (1874') ; les Funérailles il' une momie, toile appartenant à M. Gordon Bennett (1877) ; Dizrr/issement d'un roi assyrien, aujourd'hui à San-Francisco (1878) ; Procession Jn bœuf Apis, aujourd'hui à Washington (1879) ; la Cigale (1883) ; la Brodeuse au Maroc (1886) ; Sur les terrasses à Altrer ('-887) ; Dans une villa de campagne et Soir d'été : Alger (1888) ; Pharaon poursuivant les Israélites, passage de la Mer Rouge et le Songe (1892) ; Au crépuscnle (1893) ; la Musique du passé, panneau décoratif pour un hôtel et les Captifs d'un Pharaon (1894) ; la Fin d'une journée de printemps et le Silence du soir à Alger (1895) ; les Bacchantes et Cléopâire sur les terrasses de Philoé (1896) ; un Retour de fête d Alger, aujourd'hui à Winchester, Amérique (1897); le Torrent et le Ruisseau, dyptique (1898), etc.

Il convient aussi de citer, parmi les toiles non exposées de M. F.-A. Bridgman, les portraits: de Miss Herts, de New-York ; de Miss Palmer, de Boston ; de A/'"" Hein^e, de Brooklyn ; du marquis de Porte, de Paris ; de M"" Katy Noël, de New- York ; de M'"'' Wallcr , de Chicago ; de Miss fustice , de Philadelphie ; des Enfants Taft, de Boston , etc.

M. Bridgman fit, à New-York, des expositions particulières de ses œuvres en 1881 et 1887 et une à Paris en 1897, au cercle de l'Union artistique, où l'on a remarqué, notamment: la Fête du prophète à Blidah ; les Bacchantes ; Retour de fête à Alger ; Femme grecque ; le Soir ; Soleil couchant

(marine); la Mer furieuse; Eva ; Dans la solitude: Arabe et son cheval; Baigneuses ; Bacchante au réveil, et diverses études, aquarelles, dessins et pastels : Lions, Centauresses, Danseuses grecques, étrusques, etc. Il est en outre l'auteur d'une décoration remarquée à l'Harmonie-Club de New-York.

Ecrivain, M. F.-A. Bridgman a donné en anglais, sous ce titre : les Hivers en Algérie (18911, une suite d'impressions de voyage et l'Anarchie dans l'Art (1898), ouvrage de critique artistique.

Membre de la National Academy de New-York et de la Société des Artistes américains de New-York et de Paris, M. Bridgman est titulaire d'une médaille de y classe (1877), de 2" classe (i878,Salons) ; 2' médaille (Exposition universelle 1889), médaille d'or à xMunich et Berlin, médaille de isolasse à Anvers (1894), etc. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1878.

f^OCQUAI]^ (Théodofe-Félix)

ISTORIEN-, archiviste, membre de l'Institut, né à Yitteaux iCôte-d'Or) le ^ mars 1833. Elève de l'Ecole des Chartes, il obtint le

p^^ diplôme d'archiviste, en 1854, avec une thèse intitulée : Essai sur les variations des limites géographiques et de la constitution politique de l'Aquitaine depuis César jusqu'à l'an 613.

M. Rocquain est chef de la section moderne aux Archives nationales ; il a été élu membre de ^l'Académie des Sciences morales et politiques, en remplacement de M. Chéruel, le 19 décembre 1891.

M. Félix Rocquain a publié des articles dans les revues et recueils spéciaux et un certain nombre de travaux concernant l'histoire des institutions de la France, qui lui ont valu une mention à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (i8ss), le prix Thérouanne à l'Académie française (1879) et le prix Audifïret à l'Académie des Sciences morales et politiques (1884). Nous citerons : l'Etat de la France au iS brumaire (1874); Etudes sur l'ancienne France; Napoléon I" et le roi Louis , ces deux derniers d'après les documents conservés aux archives (187=)); l'Esprit révolutionnaire avant la Révolution, ijiyijSp (1878); la Papauté an moycn-dge, Nicolas 1" , Grégoire VU, Innocent III, Boniface Vin (1881); La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther

1,1893-97' 3 ^'ol-)-

.M. Félix Rocquain est chevalier de la Légion

d'honneur.

IWILiLiflUD (ÉdouaPd)

ffi'xATi;rR, ancien niinistri.-, nû à Tarascon iBouches-du-Rhône: le 27 septembre i8';4. Avocat à Lyon dès 1856, il acquit, dans cette ville,

" une certaine réputation d'orateur et prit ]iart au mouvement politique d'opposition à l'Empire.

La révolution du 4 septembre fit de M. Millaud un premier avocat-général près la Cour de Lyon (10 septembre 1870); il remplit, en cette i]ualité, les fonctions de procureurgénéral par intérim; en mai 1871, ayant refusé de conclure contre certains journaux républicains poursuivis, il dût donner sa démission.

M. Hdouard .Nlilhuid se présenta, le 2 juillet 1871, et fut élu représentant du Rhône à l'Assemblée nationale, par 61,268 voix sur 114,6-52 votants; il siégea d'abord à l'Lxtrème-Gauche, puis fut un des fondateurs de ITiiion républicaine, prit part à un grand nombre de discussions, déposa une proposition tendant à la saisie et à la vente des biens de Napoléon m. p()\ir payer les frais de la guerre, et vota l'ensemble des lois constitutionnelles.

("andidat aux élections sénatoriales du 30 janvier 187(1, ilans le Rhône, il obtint is6 voix, contre ly) à l'élu et fut nommé député aux élections générales du 20 février, dans la i"-" circonsi;ription de Lyon, par i|,'!7i voix, contre 3,727 au candidat monarchiste. Il continua de siéger à ITnion républicaine et fut vice-président de ce groupe. L'un des 363 au 16 mai 1877, il fut réélu, le 14 octobre suivant, par 15,942 voix, contre 3, 7S2 obtenues par le candidat officiel. Il fut membre et rapporteur de plusieurs commissions, notamment de celle des traités de commerce et de celle relative au colportage; il a été secrétaire de celle du budget en 1877.

.\l. Edouard Millaud fut élu sénateur du Rhône, dans une élection partielle, le 14 mars i8,S<i, par 2V) voix sur ■Î2T votants. Au renouvellement triennal du 8 janvier 1882, il fut réélu, le premier sur quatre, pariai) voix sur ^2^ votants. Son mandat fut encore confirmé, le 4 janvier 1891, par 448 voix sur 7=,o votants.

Le sénateur du Rhône fit partie, comme ministre des travaux publics, du cabinet Freycinet, en remplacement de M. Baïhaut, démissionnaire (4 novembre iSSô) ; il conserva ce portefeuille dans le cabinet Goblet, du 1 1 décembre de la même année au 30 mai

A la Chambre haute, M. Millaud a fait [lartie de nombreuses commissions; il a été vice-président et

rapporteurgénéraldecelledesFinances Ils'estsurtout ' occupé des questions intéressant son département, de celles relatives aux finances, à l'économie sociale, au régime électoral , aux Beaux-Arls, etc. Il a été secrétaire du Sénat.

On connaît de M. Edouard Millaud ; litiidc sur l'orateur Hortciisitis (i8=>9) ; Daniel Manin, jurisprudence vcnêlc, lois et coutumes Je Vt'H/sc (1867); De ia réorganisation de l'arinde (1867) ; le Soufflet, Devons-nous signer la paix ? (1871); divers petits livres de propagande républicaine: le Père Ge'rard , Almanacli du père Gérard , les Moissons du père Gérard (1871), etc., et plusieurs travaux de médecine légale et de jurisprudence (i86<i-i86ri, insérés dans divers journaux et revues.

LiAr4ESSflfi (Jean-Mafie-flntoine de)

ÉPUTÉ, ancien gouverneur général de l'Indo- "(^W Chine, néà Saint-André-de-Cubzac (Gironde) le 13 juillet 1843. II commença ses études médicales à Bordeaux, puis entra dans la marine en 1862 et passa huit ans en Afrique et en Cochinchine. Au moment de la guerre de 1870, il donna sa démission et s'engagea, comme chirurgienmajor, dans les mobilisés de la Charente-Inférieure. II fut reçu docteur en médecine en 1872, agrégé de la Faculté de Paris en 1876, puis chargé d'un cours de zoologie.

Candidat radical à une élection partielle, en 1879, au Conseil municipal de Paris, pour le quartier de la .Monnaie (vi" arrondissement) et réélu, le 9 janvier 1881, M. de Lanessan fit partie, au Conseil, du groupe de l'autonomie communale. Elu, le 21 août 1881, député de la 2" circonscription du v" arrondissement de Paris, par 3,'i74 voix sur 6,839 votants, il fonda, peu après, le Réveil, journal quotidien qu'il ijuitta, en février 1882, pour prendre la direction de la Marseillaise ; il abandonna bientôt cette dernière feuille et écrivit dans divers journaux républicains.

A la Chambre, M. de Lanessan siégea d'abord à l'Extréme-Gauche ; il prit part à la discussion des questions concernant l'organisation de l'instruction primaire et secondaire, la décentralisation communale et départementaIe,etc.;futrapporteurdubudgetdela Marine et des Colonies, des projets de loi tendant à ouvrir des crédits au ministre de la Marine pour l'expédition de .Madagascar, etc. Vers la fin de la législature, il se rapprocha de l'Union républicaine et cette évolution

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