AV
RRJVIBRUD (AlfPed-Nieolas)
iNATKUR, ancien ministre, membre de Tlns-
titut, né à Besançon iDoubs) le 2 juillst
ifW^n '^4-- Elève de l'Ecole normale supé-
j|vi>o rieure en 1861 , il fut reçu agrégé d'histoire à sa sortie , en 1864, et nommé répétiteur à l'Ecole des Hautes-Etudes.
Docteur ès-lettres en 1870, M. Rambaud accomplit plusieurs vovages en Russie pour remplir des missions littéraires. Chargé du cours d'histoire à la Faculté des Lettres de (^aeii en 1871, il devint, en 1S7S, professeur suppléant à la L'acuité de Nancy. Chef du cabinet et du secrétariat de Jules Ferr}' au ministère de l'Instruction publique en 1871), il fut. après la chute du ministère, nommé maître de con férences à l'Ecole normale supérieure de jeunes filles à Sèvres (1881), puis professeur d'histoire moderne et contemporaine à la Faculté des Lettres de Paris, chaire créée le 31 décembre 188-5.
M. Rambaud fut élu sénateur du Doubs, après le décès de .\1. Gaudy, le 21 novembre iSç";, comme républicain libéral ; le 29 avril 1896, il accepta, dans le cabinet présidé par M. Méline, le portefeuille de l'Instruction publique, auquel les Cultes furent réunis peu après. Aucune mesure importante ne marqua son passage aux atl'aires et il démissionna, avec ses collègues, le 14 juin 1898.
Le 9 décembre 1897, il a été admis à l'Académie des Sciences morales et politiques , au fauteuil rendu \acant par la mort du duc d'Aumale.
y\. Alfred Rambaud a publié : l'Empire grec au -V" sirclc, Constantin Porphyrofrcnôtc, et De Bi{antino hippoJroino et eirccnsibits faclionibiis, thèses de doctorat, dont la première fut honorée par l'Académie française du prix Thiers (1872); la Domination française en Allemagne, i-jç)2-i8o4 (1873); X Allemagne sons Napoléon /", iSo4-iSu{ï?)-]^)\ la Russie épique (1876'!, étude sur les chansons de la Russie traduites ou analysées; Français et Russes, Moscou et SébastopoliiH-]-]); Histoire île la RussieiiS-]8, 2" éd. 18931: la France coloniale, en collaboration avec L. Archinard, P. Foncin, P. Soleillet, J. I.éveillé.etc. 1886, aveccartei; Histoire de la civilisation française (1887); Histoire de la civilisation contemporaine en France ii888); Histoire de la Révolution française: Y Enseignement primaire cJie^ les indigènes musulmans d' Algérie ; Français et Russes i8()2'; Russes et Prussiens \ i89si: Y Anneau de César 1S93 et 18961, etc. Il a rédigé la partie relative à la Russie dans le Recueil des instructions données aux
ambassadeurs de France depuis les traités de ]Vestphalie jusqu'à la Révolution (1890). Collaborateur de la Revue des Deux-Mondes, il y a publié une série d'études sur Catherine n, et il dirige, avec .VI. Ernest Lavisse, la publication de Y Histoire générale de la France, du JV siècle à nos Jours {ii>i)2 à 1898, en cours).
M. Alfred Rambaud est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 9 février 1880.
|VIAGf4E (Pieppe-liouis-nlfped" Eugène-fiapoléon)
fih'uTF-, né à Reims (Marne) le 2 juin 186s. IT \ est le petit-fils de M. Pierre Magne (1806- 1879), avocat, député de la Dordogne, sénateur, ministre des Finances de l'Empire, puis représentant à l'Assemblée nationale de 1871, et le fils de M. Alfred Magne (1834-1878), qui fut conseiller général de la Dordogne, trésorier payeur général à Orléans et à Laon , administrateur de la C' d'Orléans.
M. Napoléon Magne termina ses études classiques aux collèges Stanislas et de la rue des Postes. Bachelier ès-lettres et ès-sciences, il se présenta aux écoles polytechnique et de Saint-Cyr ; admis à cette dernière , ily séjourna de 1884 ^ 1886. Après une année passée ensuite à l'école de Saumur, il fut nommé souslieutenant au 16° dragons, et tint garnison à Paris et au camp de Chàlons de 1887 à 1890. Promu lieutenant au 5° chasseurs d'Afrique, il suivit son régiment à Alger et à Orléansville (1890-1892), puis fut lieutenant d'instruction à l'école de Saumur.
Sorti premier et nommé capitaine au 6' cuirassiers à Tours, il y devint capitaine commandant (1894), puis, avec le même grade, fut envoyé au 6" dragons, à Evreux. Démissionnaire en 1897, il conserve son ^rade dans la réserve de l'armée active.
M. N. Magne a accompli divers lointains voyages aux Indes anglaises (1889), autour du monde (1891), en Russie, notamment dans le Caucase et le Turkestan (1896*, au Mexique (1897).
Lors du renouvellement général législatif du 8 mai 1898, M. Napoléon Magne se porta dans la 2' cir. conscription de Périgueux (Dordogne), comme candidat conservateur, et obtint, au premier tour de scrutin, 6,76s voix, contre 4,481 à M. Chavoix, républicain, député sortant, 2,1^0 à M. Laussinotte, radical, et 172 à M. \'illotte ; au 2'' tour de scrutin, il fut élu par 7,219 voix, contre 6,543 à M. Chavoix
M. Magne siège h In droite de la Chambre des
députés.
~^ry^^ ^-
W^\ilB.t{-^OURl\i (Julien)
^vocAT, littérateur et conférencier, né h I Nancy (Meurthe-et-Moselle) le 21 décembre i? i8s4. Fils de magistrat, il fit ses études ^^ classiques au lycée de sa ville natale, où il suivit aussi les cours de la Faculté de Droit.
Reçu licencié en 1874, M. Munier-Jolain prit place au barreau de Nancy, et devint rapidement l'un des avocats recherchés pour la défense devant la Cour d'assises. Après avoir plaidé jusqu'en 1883, et fait de nombreuses conférences littéraires à l'Union de la jeunesse Lorraine, il vint à Paris l'année suivante. Entre temps, il avait fait, à peine âgé de as ans, une incursion dans la politique, comme conseiller municipal d'une commune importante près de Nancy.
Présenté par M" Démange et Allou à M' Cléry, M. Munier-Jolain devint le secrétaire de cet avocat, et c'est ainsi qu'il se produisit souvent comme défenseur dans les procès criminels.
Le journal le Gil Dlas donna alors de lui cet instantané :
L'avocat d'Ahélavd Floury, dans le procès des avortcuses, vient de Nancy, comme Barrés, mais n'est pas député. Secrétaire de Cléry, dont il a presque l'impertinence acide et l'esprit pétillant. Dans les loisirs que lui laisse le Palais, a publié un volume académique sur l'éloquence judiciaire, que loua M. Brunetière. Ecrit à la Revue Bleue, instantanéisa ses camarades et ses maîtres au supplément du Figaro de façon piquante et doucereuse. — Léandre pour les dames et ses confrères. Un sucre de pomme à l'absintlie, murmure-t-on dans les couloirs, les jours où il plaide. Signe particulier : apprend par cœur comme son maître, et plaide de dos comme Antoine.
Les portr:iits humoristiques donnés par M.. Munier- Jolain , sous le pseudonyme de Léandre, au supplément du Figaro, lui ouvrirent les portes du Gil Blas. Il y croqua , avec non moins de verve , les prédicateurs à la mode. Entré ensuite à la Revue Bleue, il y donna des articles sur l'éloquence judiciaire qui furent l'occasion d'une polémique, où M. Brunetière se signala par le refus qu'il fit à la plaidoirie d'être un genre littéraire.
M. Munier-Jolain a publié en librairie: VAiuicn réoiiiie dans une bourgeoisie lorraine; V Inslruelioii criminelle inquisiloriale et seerèle, avec préface d'Emile de Girardin (les premières [lages de ce li\re parurent par fragments dans l'article de tète de la France). On doit encore à M. Munier-Jolain 2 vo-
lumes de son Cours libre à la Sorbonne snr la j^lai- Joirie (1895 et i8()6); Procès de J'eninies, Recils du XVIII" siècle (1898); en outre, on annonce de lui une continuation à ces derniers récits et le y volume de son Cours.
|VI'"" de SA|V[flt^irlE (née Catherine de RRCHMEHOFF
isTRi; et littérateur, née le is janvier iSs4 à Moscou iRussie». Elle épousa, en 1871, M. de •g-riP Samarine, maréchal de la noblesse de Mos- 'J^i£/^ cou et frère du célèbre homme d'Etat russe de ce nom. Passionnée pour la peinture, .M"" de Samarine vint à Paris en 1894 et suivit les cours de l'Académie Julian dans les ateliers de MM. Bouguereau et Gabriel Ferrier. Ensuite elle a travaillé sous la direction de M. Aman-Jean.
Portraitiste, paysagiste et peintre de nu. M""' de Samarine a produit des œuvres intéressantes et fort bien venues dans ces divers genres. Mentionnons : Jeune Fille dans une serre: Méditation ; Femme en prière; Paysage Moscovite et quelques portraits. On cite particulièrement d'elle : le Portrait de M"' de Foss e.vposé en 1897 , à la Société nationale des Beaux-Arts et les Vierges aux rochers (1898), où se révèlent de bonnes qualités de composition et de coloris.
M"'° de Samarine, entr'autres productions littéraires, a publié dans la Nouvelle Mevue , une tra- "duction du Tumtilus du Prince Kougoucheff.
POlWEf^EU (t^obert-lVIaPie-IVIiehel Conîte de)
ÉPUTii, né à Paris le (1 février 18O0. Il tit ses ^1^^* études classiques au lycée Fontanes (Condorcet), suivit les cours de la Faculté de ' J^ Droit, puis de 1881 à 1887, accomplit en Europe, en Asie et en Afrique, une série de voyages. M. le comte de Pomereu, au retour de son dernier voyage en Asie, en 1887, se présenta et fut élu au Conseil général de la Seine-Inférieure pour le canton d'Argueil. Réélu sans interruption depuis cette époque, il a toujours siégé à la droite de cette assemblée départementale et y a fait preuve d'une activité remarquable. Candidat au.x élections législatives, une première fuis dans la ^'~ circonscription de l'arrondissement de Rouen, en 1889, contre M. Richard Waddington, député républicain sortant, il échoua avec 9,032 suffrages, contre 10,000. Appelé de nouveau à
alïronter la lutte, lors du renouvellement intégral de la (Chambre, en 1898, il recueillit, dans la 2' circonscription de Rouen, 6,778 voix contre 5,013 à M. Orange, socialiste, et 4,221 à M. Leteurtre, député républicain sortant, et fut élu, au scrutin de ballottage, par 8,659 '^'oix contre 7,007 à M. Orange. M. de Pomereu siège à la droite de la Chambre.
.Maire du Héron, grand propriétaire terrien, très compétent dans les questions d'agriculture, il a fait de nombreuses conférences sur ce sujet, en Normandie, ainsi que des conférences politiques.
Le député de la Seine-Inférieure fait partie des comices agricoles de Neufchàtel et de Rouen, il est nicmbrc de la Société des Agriculteurs de France et de la Conférence Molé-Tocqueville depuis 1888.
I^EV-f^OIZE (Henpi-JWaPie Bafon)
JcRiv.^iN , collectionneur, né à Marseille le i" août 1836. Petit-neveudugénéralCésarRoize, tué à Canope (Egypte' , dont le nom est gravé sur l'Arc-de-Triomphe, et du général Claude Roize, créé baron parl'empereurNapoléon 1", le baron Rey-Roize commença ses études à Nîmes, au collège de TAssomption, et les acheva au lycée de .\larseille: il iit ensuite son droit à Aix et à Toulouse. Rentré dans sa ville natale, il débutait bientôt par des articles au Phocérn, organe littéraire de .Marseille, puis écrivit dans diverses autres feuilles de cette ville.
Son père, légitimiste fougueu.v, qui s'était fait remarquer par l'énergie de son attitude et de sa parole dans les assemblées tumultueuses de 1848, rêvait pour son fils un avenir politique. Arrivé à Paris vers 1859 , le jeune licencié se fit inscrire au barreau ; mais ses aptitudes et ses goûts l'entraînaient ailleurs. A la même époque, en efl'et, il collaborait à YAriistc d'Arsène Houssaye, à l'ancienne Revue de Paris, à la Vie parisienne, au Figaro heddomadaire, etc.
Du 1S76 à 1S88, le baron Rey-'Roize séjourna au bord du golfe de Naples, dans un somptueux palais qu'il avait fait édifier d'après ses plans et où il avait rassemblé de belles collections d'objets d'art et de tableaux. Ce palais, bâti en pierre de Malte, et dont cm aperçoit, en abordant à Naples, du côté de Chiatamane, les colonnes corinthiennes, attire le regard et tait l'admiration des étrangers qui le visitent.
Depuis son retour en France , le baron Rey-Roize s'est de nouveau consacré aux lettres. Il a fait pa-
raître en librairie : la Comtesse Hedwige, roman 'i888) et le Bréviaire d'amonr {iS()i<j, recueil de vers auquel la presse et le public ont fait le meilleur accueil; ce dernier ouvrage, édité avec un luxe peu commun, est illustré de reproductions en couleur d'après les aquarelles de Lucius Rossi. On annonce en outre, pour paraître err 1899, le Décanieron parisien, autre livre de poésies du baron Rey-Roize.
Mflt^ET (Henpi)
W^^Éi| KPUTÉ, publiciste, né à Sancerre (Cher) le 4 Jll^y mars 1838. Ses classes faites au lycée de Bourges, il vint à Paris, où leduc de Bassano, son parent, le fit admettre à la préfecture de la Seine.
M. Henry Maret ne fit qu'un court séjour dans l'administration. Attiré par le journalisme, il publia des romans dans l'Opinion nationale et le Temps, collabora au Charivari, à Vlllustration et donna, à partir de 1869, des articles politiques h la Presse libre, à la Réforme et au Rappel.
En 1871, pendant le siège de Paris, M. H. Maret fonda le Mot d'Ordre, avec M. Henri Rochefort ; ses articles lui attirèrent une condamnation à cinq ans de détention ; mais l'état de sa santé le fit mettre en liberté au bout de quelques mois. Depuis il a collaboré à la Constitution, au Corsaire, à VAvcnir national, ii la Marseillaise, au nouveau Mot d'Ordre, dont il fut rédacteur en chef et qu'il quitta, le i" octobre 1880, pour prendre la rédaction en chef de la Vérité, et, au moins d'août :S8i, celle du Radical, devenu depuis l'un des plus importants organes du parti républicain avancé. La finesse de ses polémiques et le grand talent de plume déployé dans les nombreux articles donnes par M. Henry Maret à ces diverses feuillfes,et surtout à la dernière, l'ont mis au nombre des journalistes les plus en vue de ce temps.
M. Maret avait été élu membre du Conseil municipal de Paris (quartier des Epinettes) en 1877. 11 fut réélu, en 1881, par 2,826 voix, sur 4,175 volants.
Candidat radical, lors des élections législatives du 21 août i88i, dans la 2° circonscription du xvu' arrondissement de Paris, il fut élu, au ballottage, par 4,068 voix, contre 5,924 à deux concurrents. En 1885, il fut porté sur les listes de la Seine et du Cher. Il opta pour ce dernier département, et c'est lui que M. Henry Maret a représenté depuis à la Chambre, où il fut renvoyé, par l'arrondissement de Sancerre, en 1889, avec 11,282 voix, contre 10,462 au
marquis de Vogué, monarchiste; en 1893, avec i2,24.S suffrages, contre 9,133 à M. Georges Picot, et en 189S, le 8 mai, par 13,156 voix, contre 8,805 au même adversaire.
A la Chambre, M. Henry Maret a pris une part importante aux débats parlementaires. Siégeant à rextréme-gauche, il combattit vivement Gambetta, qu'il appela un jour « Vitellius », ainsi que la politique opportuniste et les entreprises coloniales. 11 déposa filusieurs propositions , fut membre et rapporteur de nombreuses commissions et notamment de celle relative au concours à prêter parle gouvernement à la C"^ du Panama, où il conclut en faveur de l'entreprise (1888) ; il fut l'un des plus actifs adversaires du boulangisme. En 1896, accusé par Arton d'avoir reçu de lui des sommes d'argent pour rétribuer son concours à la C du Panama, il fut arrêté, bien qu'ïucune preuve, autre que l'affirmation de son accusateur, n'existât contre lui, longuement et cruellement détenu et finalement acquitté par la Cour d'assises de la Seine (janvier 1898).
Le député du Cher a fait jouer une comédie en
deux actes: le Baiser df la Reine, avec M. Lecœur
(Bordeaux, 1864). Il a publié : le Tour du Monde
parisien (1862); les Compagnons delà Marjolaine
(1864); Arcachon, Promenade à travers bois 1,1865) ;
les Parents criminels (1874), avec M. G. Guillemot ;
La Justice (1898), oii il raconte les épisodes de son
procès, et fait une amère critique des mœurs et des
procédés judiciaires, etc.
JVI"^ COIGJ^IET (née Clapisse- Joséphine GflOTHlEf})
ioRALisTE et historien , née à Montagney-surrOignon ^ Haute-Saone ) le 14 novembre 1824. Fille d'un grand métallurgiste, parente du philosophe phalanstérien Victor Considérant, elle s'occupa, de bonne heure, des questions philosophiques, sociales et pédagogiques. Venue à Paris en i8si , M"'° Coignet collabora, de 1867 à 1870, à la Morale indépendante, revue dans laquelle elle soutint une longue polémique avec le philosophe Caro, qui faisait alors à la Sorbonne un cours de morale indépendante.
Cet écrivain a publié : un ouvrage sur VEnseigiiemcnt public {idi'j2); la. Morale indépendante dans son principe et datts son ob/ct [ïSt^]; De la morale dans l'éducation ; De Védncation dans la démocratie (1883); François 1" et son temps, portraits et récits du xvf siècle (1885) ; Un [GentilJiomme du temps passé
(1886); Delà réforme française avantlcs guerres civiles (1890); Catherine de Médicis et François de Guise (1891); Victor Considérant, sa vie et son œuvre (iV'f)',): Condition de la femme dans le temps présent (1896). M""' Coigniet a donné à la Revue Bleue, depuis sa fondation, un nombre considérable d'articles et d'études sur les sujets les plus divers. Elle y a traité notamment : le Féminisme en Angleterre et la Politique de Lamartine , avec une compétence très remarquée.
eoUCTOT (Geotrges)
ÉPUTÉ, avocat et économiste, né à Rouen (Seine-Inférieure) le 29 juin 185s. Venu à Paris tout jeune, il fit ses études classiques au lycée Condorcet et suivit ensuite les cours de la Faculté de Droit jusqu'au grade de licencié (1878). Inscrit comme avocat à la Cour d'appel, M. Georges Bouctot débuta, au Palais, en qualité de secrétaire de >P Léon Renault.
Passionné pour les questions économiques et sociales, M. Georges Bouctot a consacré la majeure partie de son temps à leur étude. Il a publié le tome I" d'une Histoire du communisme et du socialisme au point de vue sociologique vers 1889 ; il a rédigé l'article : Individualisme . dans le Dictio)iuaire d'économie politique de Léon Say et Joseph Chailley et son Répertoire ; en outre de sa thèse sur le Droit municipal, dans laquelle il se montrait partisan de la décentralisation administrative , cet écrivain a donné dans la Revue de jurisprudence et de droit civil, un travail très remarqué sur les Aliénés, où il demandait des modifications à la loi de 1838.
Très connu dans son département d'origine , M. Georges Bouctot sollicita, comme candidat républicain, en 1895, le mandat de conseiller général du canton de Saint-Saens (Seine-Inférieure), en remplacement de son père qui se retirait à cette époque, après avoir représenté ce canton pendant plus de trente-sept années consécutives (i8'i7-i895). Il fut élu par 1,12=, voix contre 605 obtenues par M. Cheveraux.
Nommé plusieurs fois rapporteur par ses collègues, notamment pour les budgets des archives et des beaux-arts, M. Georges Bouctot a soutenu aussi, devant cette assemblée départementale, la tiiéorie de l'impôt sur les revenus, émise par 'Si. Guillemet, à la Chambre des députés (avril 18961 et a appuyé dans un . rapport un vœu du Conseil général sur l'impuissance parlementaire uivril 1897). Au mois d'août 1897, ''
proposait le dégrèvement total Je l'impôt foncier des propriétés non bâties et défendait ces diverses réformes financières dans une longue série d'articles à VErliû (/(' Nf?ifclhi/i'!, où il traita aussi, avec une grande compétence, de nombreuses questions d'économie rurale (beurres, céréales, etc.)
Candidat aux élections générales législatives du 8 mai 1898, dans l'arrondissement de Neufchàtel, M. Bouctot, au premier tour de scrutin, obtint 8,461 suffrages contre 7,826 à M. Gervais, député sortant, républicain, 757 à M. Thiessé, ancien député, révisionniste, et fut éhi au deuxième tour, par 9,0^3 voix contre 8,34s à M. Gervais.
Le démitéde la Seine-Inférieure est inscrit au groupe des républicains progressistes du Palais-Bourbon.
OliLilVlEt^ (Olivier-Émile)
Jvoc.\T, -ancien ministre, écrivain, membre de l'Académie française, né à Marseille le 2 juillet 182s. Fils du représentant du peuple Démosthène Ollivier, mort en lit ses études à Paris, au collège Sainte- Barbe et suivit les cours de l'Ecole de Droit. Inscrit au barreau de cette ville, en 1847, il fut désigné, en 1848, comme commissaire général des Bouches-du-Rhône, par Ledru-Rollin, ami de son père, puis nommé préfet par Cavaignac qui, peu après, l'envoya en disgrâce dans la Haute-Marne. 11 quitta l'administration en 1S49. Après le coupd'lùat de 18=, I, qui exila son père, il revint à Paris, où, comme avocat, il se fit remarquer bientôt par de brillantes plaidoiries et acquit une grande réputation. Il plaida quelques causes politiques et fut frappé, par le tribunal de la Seine, d'une interdiction de trois mois (30 décembre 1859), à propos de son plaidoyer en faveur de M. Vacherot, poursuivi pour un livre intitulé la Dcinocralii'.
Nommé, en juillet 186s, commissaire de surveillance du gouvernement égyptien près la Compagnie de l'isthme de Suez, à Paris, aux appointements de 10,000 francs, cette fonction fît rayer du barreau de Paris M. Emile Ollivier, pour cause d'incompatibilité. Désigné par l'empereur comme arbitre dans les difficultés relatives à l'isthme de Suez, il rédigea plus tai'd un rapport sur le litige et la sentence arbitrale fut rendue sur les conclusions de ce rapport.
.\1. EmileOllivieravait épousé une fille du musicien Lizt, qui mourut en 1862. Il se remaria, en 1869, avec M'" Gravier, de Pondichéry, appartenant à la famille du bailli de Sufïren.
Dès 18S7, '°''* "-'^^ élections législatives, M. E. Ollivier était entré dans la politique militante, comme candidat de l'opposition, dans la 3"' circonscription de la Seine, contre MM. Monin-Japy. candidat officiel et Garnier - Pages ; soutenu par le Sicclc, alors tout puissant, il passa au second tour de scrutin. Il prêta le serment exigé des députés et prit part aux discussions importantes, notamment à celles sur les lois de sûreté générale (1858), l'expédition d'Italie (18S9I et le régime de la presse (1860). Il fut l'un des orateurs écoutés du Corps législatif et l'un des membres les plus ardents du petit groupe d'opposition dit des '< Cinq ». Après le décret du 24 novembre 1860, il donna des encouragements au gouvernement impérial et fut réélu, en 1863, dans la même circonscription, par i8,i=ii voix, contre 10,09s à M. Varin, candidat du gouvernement.
Au cours de cette nouvelle législature, persistant dans la conduite qu'il avait adoptée depuis 1861, il montra, dans ses relations avec le pouvoir, une modération qui jeta quelque froideur entre ses anciens amis politiques et lui. Il soutint, comme rapporteur, une loi sur les coalitions qui régit encore la matière et que l'opposition combattit. M. Emile Ollivier, auquel le gouvernement faisait des avances pour l'amener à accepter un ministère, subordonnait son concours à une transformation libérale de l'Empire. Sa séparation d'avec la gauche fut consommée en 1866, Napoléon m s'étant rallié à ses idées.
En mars 1869, M. Emile Ollivier crut devoir faire le récit de ses relations avec l'empereur, dans un mémoire intitulé : Le 10 Janvier , adressé à ses électeurs et au pays ; en même temps, il posait sa candidature dans le Var et dans la 3' circonscription de la Seine ; vivement combattu dans cette dernière, il n'obtint, sur 36,073 votants, que 12,848 voix, contre 22,848 données à Bancel, candidat de l'opposition irréconciliable. Dans le 'Var, il fut élu par la i" circons- Gription, avec 16,586 voix, contre 8,846 obtenues par son concurrent, M. Laurier.
Le 27 décembre suivant, une lettre de l'empereur chargeait M. Emile Ollivier de former le premier cabinet parlementaire ; la tâche fut laborieuse et c'est seulement le 2 janvier 1870 que put être arrêtée une combinaison ministérielle qui, pour donner satisfaction au centre gauche, comprit MM. de Talhouët, Louvet, Daru, Bufi'et, Segris et Chevandier de Valdrôme; .M. Emile Ollivier prit le portefeuille de la justice et, sans avoir le titre de président du Conseil, fut pourtant chef du cabinet. La situation de ce mi-
nistère, de\aiit une majorité issue de candidatures officielles, était dilîcilc. M. Em. Ollivier dut déployer une énergie peu commune et montrer toute la souplesse de son talent, pour repousser et détruire les elïets d'attaques successives cpii lui venaient tour à tour de la droite et de la gauche.
Ce ministère rendit un décret d'amnistie en faveur de Ledru-RoUin (lo janvier), convoqua la haute cour de justice pour juger à la fois le prince Pierre Bonaparte et le prince Murât (même jour); il eut l'habileté de maintenir l'ordre sans répression sanglante, lors de l'énorme manifestation provoquée par l'assassinat de Victor Noir ; il obtint l'autorisation du Corps législatif de poursuivre le député Henri Rochefort et exécuta le jugement rendu contre lui, malgré l'agitation du parti républicain (12 janvier-8 février); il révoqua le préfet de la Seine Haussmann, déposa plusieurs projets de loi relatifs à l'abolition des mesures de sûreté générale, au cumul des fonctions, etc.; adressa des circulaires recommandant aux préfets le respect de la liberté électorale et aux magistrats de séparer la justice de la politique, et émit le projet de constitution qui devait transformer l'empire autoritaire en gouvernement parlementaire et libéral. Lu dans la séance du Sénat du 28 mars 1S70, le sénatus-consulte qui promulguait cette modification à la loi fondamentale de l'Etat fut soumis, le 8 mai suivant, à un plébiscite national. Malgré les circulaires ministérielles, les préfets déployèrent une '^activité dévorante»; on appuya toute la propagande électorale sur la fameuse phrase : 'f l'Empire c'est h paix », et sept millions de sufl'rages approuvèrent la nouvelle constitution.
Trois membres du cabinet, MM. de Talhouët, Buflet et Daru, désapprouvant le principe du plébiscite, avaient donné leur, démission le 2=, avril. Ils furent remplacés, le is mai, par MM. de Gramont, Mègeet Plichon. M. Emile Ollivier fut, à ce moment, accusé de vouloir ressusciter le régime personnel. L'empereur, pour donner une preuve de son attachement à son ministre, violemment attaqué dans le Peuple français, journal subventionné pourtant par sa propre cassette, obligea l'auteur de ces attaques. Clément Duvernois, à quitter la rédaction de cette feuille.
Cependant, des faits extérieurs allaient détourner l'attention publique des luttes politiques. La candidature au trône d'Espagne du prince Léopold de Hohenzollem-Sigmaringen, membre d'une branche catholique de la famille royale de Prusse, déjà proposée et repoussée une première fois par notre gouverne-
ment, fut mise en avant de nouveau par }-\. de Bismarck, qui, pour triompher des résistances des états du Sud et les amener à l'unité allemande, était décidé à une guerre avec la France. M. de Gramont, notre ministre des Affaires étrangères, dans un discours au Corps législatif (6 juillet), fit ressortir, en les exagérant, les dangers que présentait ce projet et il fut décidé que le comte Benedetti, notre ambassadeur .à Berlin, serait envoyé >à Kms, où se trouvait le roi de Prusse, pour lui demander une désapprobation formelle de la candidature Hohenzollern.
Dans l'intervalle, le prince Léopold ayant renoncé à son projet, avait chargé son père d'en informer les cabinets européens. Cette déclaration aurait pu terminer l'incident ; mais le gouvernement impérial crut devoir faire demander encore par M. Benedetti au roi de Prusse l'approbation de la renonciation de son parent et l'assurance que cette candidature était bien et définitivement écartée.
Cet excès de précautions était imprudent. On a dit que les amis et les conseillers de Napoléon m, et surtout l'entourage de l'impératrice, voulant la guerre, avaient poussé à cette nouvelle démarche pour faire naître un incident. D'autre part, pourtant, on a assuré que l'empereur, malade, et satisfait parle plébiscite sur l'avenir de son fils, désirait sincèrement la paix. Quoi cpi'il en fût, c'est de cette tentative que naquit le conflit.
M. de Bismarck, par un dépêche communiquée officiellement à tous les cabinets européens, affirma faussement que le roi de Prusse avait refusé de recevoir notre ambassadeur. 11 força le sens et envenima les termes de cette note aux puissances, faisant ainsi intentionnellement une insulte publique à la France, afin de la pousser à une lutte pour laquelle il savait que nous n'étions pas suffisamment préparés.
L'attitude, en cette circonstance, du prince de Bismark est restée longtemps mal définie ; mais il a pris soin lui-même, en ces dernières années, d'éclaircir ce point d'histoire, et, de ses déclarations même, il résulte que la responsabilité de la guerre retombe toute entière sur lui; l'imprudence de notre diplomatie et l'impardonnable ignorance danslaquelle elle se trouvait de ses projets ont seulement aidé à la '■ réalisation de ses vues.
Trompé par la dépêche de M. de Bismarck, le iS juillet 1870, le premier ministre déclara que le gouvernement n'acceptait pas l'injure qu'on venait d'adresser à la nation; il montra la nécessité de la guerre et dit à la tribune qu'il en prenait la responsa-
bilité " d'un cœur léger » ; comme cette expression soulevait quelques objections :
N'équivoquez pas, ajoutait-il, sur cette parole et ne croyez pas que je veuille dire avec joie; je vous ai dit moi-même mon chagrin d'être condamné à la guerre; je veux dire d'un cœur que le remords n'alourdit pas, d'un cœur confiant, parce que la guerre que nous ferons, nous la subissons ; parce que nous avons fait tout ce qu'il était humainement et honorablement possible de tenter pour l'éviter et enfin parce que notre cause est juste et qu'elle est confiée à l'armée française.
Dès le début des hostilités, l'insuffisance de notre organisation militaire apparut. Après la retraite de M:ic-.Mahon sur (Hiàlons, et devant l'cfTervescence publique, M. Ollivier publia une proclamation pour rassurer le pays et fit convoquer, par l'impératrice régente, le Sénat et le Corps législatif, pour le 9 août.
Un ordre du jour, déclarant le cabinet incapable de pourvoir à la défense du pays, déposé dès la réunion de la Chambre, fut voté à une grande majorité >) août); le comte de Palikao fut chargé par l'impératrice de former un nouveau ministère ; M. Emile Ollivier se retira à Fontainebleau et passa ensuite en Italie. En 1873, il refusa de comparaître devant la commission d'enquête sur la révolution du 4 .septembre, nommée par l'Assemblée nationale.
M. Emile Ollivier rentra en France à la fin de cette même année. On aurait pu croire qu'il renoncerait désormais ;i toute velléité politique ; mais il n'en décida pas ainsi. .Vu.k élections législatives de 1876, il posa sa candidature dans deux circonscriptions du \'ar:à Draguignan et à Brignoles.avec l'appui de sou ancien adversaire, M. Rouher. A Brignoles, il obtint 3,120 voix, contre 9,737 à M. Dréo ; à Dragtiignan, 4,496, contre 12,211. Après la dissolution de la Chambre, en 1877, il se représenta dans ce dernier arrondissement et échoua encore contre l'un des ;(i3, M. Cotte.
A l'occasion d'une lettre du prince Napoléon sur les congrégations religieuses, parue le 29 mars 1880, l'ancien ministre de l'empereur invita, par un article dans YEstd/dtc. les " prêtres éclairés » à accepter les décrets relatifs à ces congrégations. Cet article provoqua, entre son auteur et M. de Cassagnac, une vive polémique.
Lors des élections générales de 1885, il ne posa pas sa candidature ; mais, dans un manifeste ;i ses amis du Var. il déclara qu'il '< n'était point anti-républicain, la République, à son avis, ne devant pas être mise en question; mais qu'il était résolument antiradical ». Il recueillit 298 voix sur =13,798 votants.
M. E. Ollivier avait été élu membre de l'Académie
française, en reraplacement de Lamartine, par 26 voix sur 28 votants, le 7 avril 1870. A son retour en France, en 187^, il lut, devant la commission académique, le discours qu'il devait prononcer en séance publique, et dans lequel il émettait des appréciations politiques qui soulevèrent les protestations de ses collègues et qu'on lui demanda de changer. M. Ollivier refusant de se prêter à aucune modification de son discours, un vote de la compagnie décida que la réception de l'ancien ministre serait indéfiniment ajournée (=> mars 1874J ; mais elle le considéra néanmoins comme reçu (13 mars]. M. Ollivier publia aussitôt son projet de discours sous ce titre: Lainartiiie, prcccdc d'une prcjacc sur les inci- Jcuts qui ont empêche son éloge en séance publique.
Directeur trimestriel de l'Académie française, au moment de la mort deThiers (3 septembre 1877), il était indiqué, en cette qualité, pour prononcer l'éloge du défunt ; mais on désigna M. de Sacy pour cet office, ce qui motiva une nouvelle protestation publique de l'ancien ministre. Lors de la réception d'Henri .Nlartin au fauteuil de l'illustre homme d'Etat, -NI. Em. Ollivier fut encore empêché d'exprimer son opinion sur le rôle de Thiers ; la commission, estimant que son discours contenait divers passages outrageants pour la mémoire de M. Thiers, en référa à l'Académie, qui demanda leur suppression. M. Ollivier ayant refusé de les modifier, M. Marmier fut chargé de recevoir Henri Martin.
Auteur de divers travaux juridiques, publiés dans la Revue pratique du droit l'riin(ais,(\\.\\\ avait fondée en i8^û, avec MM. Mourlon, Démangeât et Ballot, M. Emile Ollivier a écrit, en outre : un roman de jeunesse, Marie-Magdcleinc ; un Commentaire sur les saisies immobilières et ordres, avec M. .Nlourlon (1859) ; un Commentaire de la loi du 25 mai 1S64 sur les coalitions (1864) ; Démocratie et Liberté 118O7); Le 1<) janvier 11869), mentionné plus haut ; une Visite à la chapelle des Médicis, dialogue sur .Michel- Ange et Raphaël (1872) ; I^rincipes et conduite (1875) ; VEglise au concile du Vatican (1878) ; M . Thiers à l'Académie et dans l'histoire (1878) ; le Pape est-il libre à Rome ? (1882) ; le Concordat estil respecté? (1883); Nouveau manuel de droit ecclésiastique français, textes et commentaires (1885): i/Sç et iSSp (1890), étude historique et politique; Michel-Ange; Du régime de la presse (1892); Solutions politiques et sociales (1893); Y Empire libéral, récits, souvenirs (189s), etc.
CASTEIjiLifl]NlE ( VietoP- Amable- ElzéaP«Henpi Comte de)
UMISMATK et nrchcologue, ne à Belfort le <^É\WM iO mars 1861. Issu d'une illustre race, le comte Henri de Castellane appartient à la branche Majastre de la maison souveraine de Castellane : il est fils du comte Elzéar de Castellane, ancien officier supérieur de cavalerie, décédé en 1891, et de la comtesse née de Bastard d'Estang.
Il fit ses études classiques au collège Stanislas et commença de bonne heure à s'occuper de numismatique.
M. de Castellane a publié de nombreux travaux dans V Annuaire de la Socictc française de nuinistnatiqiic, la Revue numismatique, le Bulletin de numismatique. la Galette numismatique française, etc. Il est aussi l'auteur d'une grande quantité de comunications, insérées dans les procès-verbaux des séances de la Société française de numismatique.
M. le comte de Castellane est président de la Société française de numismatique, membre correspondant de la Société nationale des Antiquaires de France et membre de plusieurs sociétés étrangères de numismatique.
LtEFEBVfJE (ChaPles, dit CAf^LiOS)
'iiNTRi: paysagiste, né le 1" mai i8s4 ^ Le Quesnoy (Nord). M. Carlos-Lefebvre, dès ses débuts, se signala sans professeur par les aquarelles qu'il envoya au Salon, oii il fut reçu d'emblée. M.Harpignies remarqua les dessins du jeune artiste et celui-ci devint l'élève et l'ami du maitre.
Ses premiers envois comme peinture datent de 1887 : les Tilleuls de la Carnuée; Etude de Bouleaux (Nord). Puis des paysages de Sologne : Autour d'une mare (acquis par l'Etat) ; le Chemin de Monterey, qui obtint une mention honorable au Salon de 1888; Vue de Camiers, Pas-de-Calais (musée de Douai); VEtanar de Châles, Sologne (musée de Valenciennes); les Ruines de la Cour des Comptes, aquarelle (musée de Valenciennes) ; Menton par temps gris; les Chênes de l'étang de Chahs, Sologne (1894, médaille de 3° classe); les Châtaigniers de Coureimont (189=,); Lever de lune (1896) ; V Hiver en Sologne (1897, acquis par l'Etat); la Eerme du père Noffray; l'Allée des Châtaigniers (1898).
Comme peinture décorative, citons de cet artiste : les Quatre saisons,pour la salle à manger de .M.B...,à Paris; les décorations du hall du docteur R..., à Fécamp; la Baie du Mont-Saint-Miehel,chezyV"'L., à Le Quesnoy (Nord), etc.
flfiTlOCHE (jWaPie-FPançois-FePdinand-Adhémap Comte d')
tisTORiEK, né a Bruxelles le 9 novembre i8'i2. Il est issu de la maison d'Antioche, établie en Savoie en 1433 , lors du mariage de Anne de Lusignan avec Louis I", alors prince de Piémont, ensuite duc de Savoie. Anne de Lusignan fut accompagnée par ses cousins-germains, Pierre et Hector d'Antioche, dont la descendance s'est perpétuée dans les plus hautes charges de l'armée, de la cour et de la diplomatie. 11 est petit-fils du comte François-Gaspard-Ferdinand d'Antioche, premier gentilhomme de la chambre du roi Charles-Félix de Sardaigne, du roi Charles-Albert et du roi Victor- Emmanuel. 11 est fils du comte Charles-François- Alphonse, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi Charles-Albert et du roi Victor- Emmanuel, à Vienne, Paris, Berlin et Madrid, et de Thérèse-Ferdinande-Adilie, comtesse de Hamal et du Saint Empire romain germanique.
M. le comte Marie-François-Ferdinand-Adhémar d'Antioche acheva ses études classiques chez les pères Dominicains d'Arcueil-Cachan (Ecole Albertle-Grand), fut reçu licencié ès-lettres en 1869, prit part à la guerre franco-allemande de 1870-1871, à l'armée de l'Est, et fut renvoyé dans ses foyers, après la paix, comme capitaine d'état-major auxiliaire. Il est capitaine de cavalerie de réserve attaché à l'étatmajor général du 14' corps d'armée.
11 s'est fait connaître par la suite en écrivant d'intéressants travaux historiques publiés sous les titres suivants : Deux Diplomates ; le Comte Rae^ynski et Douoso Cartes \i88o) ; le Général Changarnier (1891); les Négociations masquées (1895), etc.
Lauréat de l'Institut, cet écrivain a reçu de l'Académie française le prix Thérouanne ; il est décoré de divers ordres.
M. le comte d'Antioche a épousé M'" de Talleyrand-Périgord, fille du feu comte de Talleyrand- Périgord, ambassadeur de France à Berlin et à Saint- Pétersbouri;.
KEt^Df^ELi (Vincent-Paul-Maf'ie- Casimin AUDÎ^EH de)
,i'NATiaiR, né au château de Saint-l.'hel, près de Lorient.le 28 septembre i8is. Après avoir été élève de TLcole des Chartes, en 1840, il rédigea un journal légitimiste à Rennes.
A la Révolution de 1848, M. Audren de Kerdrel fut élu représentant d'IUe-et-Vilaine h la Constituante, le septième sur treize, par 83,^71 voix. Il vota avec In droite et fut réélu, par 76,607 voix, à l'Assemblée législative, où il s'associa également aux efforts de la majorité conservatrice. Après le Coup d'Etat, il fut envoyé au Corps législatif par son département, en iS=,2 : mais il donna sa démission le 22 novembre de la même année, en la motivant sur le rétablissement de l'Empire. Pendant tout le règne de Napoléon ni, il s'abstint de toute intervention directe dans la politique.
Le 8 février 1S71, M. de Kerdrel fut élu représentant à l'Assemblée nationale, dans l'Ille-et-Vilaine, par 89,sî7 voix, et dans le Morbihan par 92,829. C'est pour ce dernier département qu'il opta. Il siégea à la réunion monarchiste dite des '<■ Réservoirs >/, fut un des orateurs de la droite qui s'opposèrent le plus énergiquement à l'établissement d'un gouvernement républicain et l'un des neuf députés délégués près de M. Thiers, le 20 juin 1872, pour lui imposer le programme des droites; en novembre 1S72, il proposa la nomination d'une commission chargée de répondre au message du président. Il lit partie de la commission des lois constitutionnelles, déclara se rallier au septennat, prit la parole dans de nombreuses discussions et repoussa l'amendement Wallon et l'ensemble des lois consti tutionnelles. Il a été vice-président de l'Assemblée, depuis le i" décembre 1874 jusqu'à sa dissolution.
Aux élections sénatoriales du Morbihan du 30 janvier 1876, M. de Kerdrel, dont le nom n'avait pas été porté sur la liste légitimiste , se fit inscrire sur une liste dite de conciliation, avec deux autres représentants sortants, .\1M. de I.a .NIonneraye et de Kéridec. 11 fut élu, le premier sur trois, par 230 voix sur 331 votants.
.\près cette première élection, M. de Kerdrel a été ^ans interruption renvoyé à la Chambre haute, par le département du Morbihan: au renouvellement du ^ janvier 1879. par 219 voix sur 327 votants; à celui
du s janvier 1888, par 651 voix sur 9^1 votants et, le 3 janvier 1897, par 659 sufl'rages.
Au Sénat, il continua de siégera droite; il fut vice-président de la haute assemblée de 1876 à 1879. Il a toujours figuré aux premiers rangs du parti monarchiste et combattit toutes les mesures républicaines: il prit une part très active à la préparation de l'acte du 16 mai 1877, aux négociations qui amenèrent la chute du cabinet J. Simon et vota, le 23 juin, la dissolution de la Chambre: il fit rétablir parle Sénat, au budget de 1879, un crédit supprimé par la Chambre, attribuant 32,000 fr.à l'aumônier en chef de la flotte; au congrès de Versailles, en 1884, il fut chargé de porter la parole au nom des droites des deux Chambres; en 1889, il présenta au Sénat un déclinatoire d'incompétence dans l'aflaire Boulanger; il s'opposa, en 1892, à l'autorisation des poursuites demandées contre plusieurs membres du Parlement à propos de l'afïaire de Panama, etc. En dehors des débats politiques, M. Audren de Kerdrel s'occupe surtout des questions maritimes e' coloniales. Il a toujours été président de la droite du Sénat. .^.f\rv
t^OV de IiOaiiflY (Liouis)
g!^^j& ipuTÉ, né à Paris le 8 août 1848. Fils de TIliSSM Pierre-Auguste Roy de Loulay (1818-1896), ancien député et sénateur de la Charente- Inférieure, il fit ses études au lycée Bonaparte (^aujourd'hui Condorcet) et venait d'être reçu' licencié en droit lorsque éclata la guerre francoallemande. M. Roy de Loulay servit alors comme lieutenant au 8' mobiles de la Charente-Inférieure, et prit part, avec l'armée de la Loire, à la bataille de Patay et aux combats qui se livrèrent sous le Mans. Elu, en 1876, conseiller général de la Charente- Inférieure pour le canton de Matha, il fut, peu de temps après, nommé maire de Saint-Pierre-de-1'Isle et, le 20 février de la même année, député de l'arrondissement de Saint-Jean d'Angély par 12, S33 voix, contre 5,688 à M. Larade et 3,642 à M. Borsay.
M. Roy de Loulay prit place au groupe de l'Appel au Peuple et compta parmi les is8 députés conservateurs qui soutinrent le ministère de Broglie contre les 363. Réélu successivement le 14 octobre 1877, par 13,342 voix, contre 9,931 à M. Normand-Dufié ; le 21 août 1881, par 11,795 voix, contre 11,605 a M. Lair ; le 4 octobre 1885 (sur la liste conservatrice de la Charente-Inférieure, le 4' sur 7), par 62,242 voix sur 124,616 votants; le 22 septembre 1889, dans son
ancien an'ondisseiiiciit, par 11, 384 voix, contre 10,637 à M. Bourcy, il prit une part importante aux discussions parlementaires, au cours de ces législatures; il intervint notamment pour le maintien du privilège des bouilleurs de cru et, d'une façon spéciale, pour la création aujourd'hui effectuée de nouvelles voies ferrées dans la Charente-Inférieure. Il fut, en outre, rapporteur du projet de loi qui a rendu obligatoire l'alcoomètre centésimal de Gay-Lussac et de celui qui a réglementé les relations internationales dans les questions postales et télégraphiques.
Lors du renouvellement général législatif de 1893, M. Roy de Loulay échoua, au 2" tour de scrutin, avec 9,59-; voix contre 11,568 à l'élu, M. le D' Bourcy ; mais aux élections de 1898, dans son ancien collège, il fut élu, au 2' tour, le 22 mai, par 10,778 voix contre 9,825 à M. Reveillaud, sur un programme de concentration progressiste portant pour points principaux: '< l'équilibre du budget, la réforme du système fiscal, des mesures de décentralisation, la diminution des frais de justice, la révision de la Constitution dans le sens le plus démocratique, et l'accès de la République à tous les Français de bonne volonté. »
En 1896, après le décès de son père, M. Louis Roy de Loulay fut appelé à le remplacer comme conseiller général du canton de Loulay. Il est intéressant de noter ici que la famille du député de la Charente- Inférieure est la seule en France à détenir un siège de conseiller général depuis l'origine de l'élection des conseils généraux; le grand-père de M. Roy de Loulay fit partie de l'assemblée départementale jusqu'en 1848 et son père jusqu'en 1896, sans interruption.
M. Louis Roy de Loulay a épousé, le 29 avril 1868, la princesse Anna-Celine Swiatopolk Czetwertvnska, descendante en ligne directe de Rurick et de saint Wladimir le Grand.
MflOrlE (Alfred)
*EiNTRE, né à Lusignan (Vienne) le 28 février 1855. Elève de Jules Letebvre et de Monginot, il débuta au Salon de 1879 avec deux peintures sur faïence grand feu ; mais il délaissa la céramique pour la peinture à l'huile et continua d'exposer dans ce genre des études d'animaux, de fleurs, des natures-mortes, etc., où il a acquis une réelle notoriété.
Il convient de citer, parmi les œuvres de M. A. Magne : Petit gagne-pain et Mit fermeture ih chasse
(1883); la Chasse du braconnier, Un Sanglier, toiles qui figurent au musée de Poitiers (1886); Chevreuils aux écoutes (1887); Renard emportant une perdrix (1888); Che:^ la fruitière, acquis par l'Etat pour le musée de Tunis (1889); Poissons et Gibiers (1890V. Coin de cuisine après la chasse (1891); Gibiers de marais, aujourd'hui au musée d'Arras (1893); En Poitou, départ pour le marche {1%^^); Après la cure'c (1895); A l'affût et Poule et Coq de bruyère {\%()h ; Objets d'orfèvrerie religieuse des XIIF et XV' siècle-. (1897); '® Trésor de l'Abbaye ^1898); Armures, Roses trdmières, le Puits fleuri, la Chanson du printemps, etc..
M. -Magne a peint en outre de grandes folles pour la décoration de plusieurs châteaux, notamment ceux du Puy (Haute-\'ienne1 et de Trélissac, près de Périgueux.
Récompensé à un grand nombre d'expositions, cet artiste a obtenu au Salon des Artistes français une mention honorable en 1886 et une médaille de 3" classe en 1897. ^^ ^^^ officier d'Académie et du Nichan Iftikhar.
f^ICHAl^D (JW"-^ fllfped JVIRGrlE, née Hoftense)
f'"^**^ EiNTRE miniaturiste, femme du précédent, née l a Paris en i8bo. Attirée de bonne heure vers les arts, elle étudia d'abord la peinture sur porcelaine. Remarquée aussitôt par ses reproductions de peintures anciennes et. modernes, elle peignit aussi des œuvres originales comme : Chloris à la fontaine, Mimi Pinson, Vénitienne, etc., et un grand nombre de portraits.
Dès 187s, M"" Hortense Richard exposa au Salon, où chaque année depuis elle a fait un envoi important. En 1879, elle épousa le peintre Alfred Magne, mais elle a continué de signer ses œuvres de son nom personnel.
M""' Hortense Richard eut pour maîtres MM. James Bertrand,"W. BouguereauetJulesLefebvre.Aprèss'étre : fait connaître par ses peintures sur porcelaine, elle fit aussi delà miniature sur ivoire, et réussit avec un égal bonheur. Dans cette nouvelle manière, elle a produit un grand nombre de pièces remarquables, parmi lesquelles nous mentionnerons : la Prière 11891;: Dormeuse (1892) ; Portrait de M'"' Segond-Weber (1893) ; Dernier soutien ; A l'Eglise, en Poitou (au musée du Luxembourg) ; Portrait du général Cetin (189s); Pêcheur raccommodant ses filets; Por-
trait du CiipitiU'iic de Grancey (1896) ; Pit'tc: Sainic- Ct'cile (1897); Portrait de M"'° la marquise de B... (1898), etc.
En outre de ces envois aux Salons, M""' Hortense Richard a pris part, avec grand succès, aux expositions des Arts décoratifs et des Arts appliqués à l'Industrie, ainsi ([u'aux principales expositions de l'étranger : Londres, Anvers, Barcelone, Moscou, Chicago, etc. Mlle a obtenu, à l'Exposition universelle de 1889, une mention honorable et une médaille d'argent aux Beaux-Arts et à la (Céramique; une médaille au Salon de 1892; l'Institut lui décerna la même année le prix .Vlaxime David.
Officier d'Académie en 1889, cette excellente artiste a été promue officier de l'Instruction publique en 1896.
IVIfllifll^TIC ( Matrie-Joseph-Gabfiel Comte de JWflOt^ÈS de)
'cRiv.\iN et agriculteur, né à Paris le 21 a\ril 1866. Il descend d'une ancienne famille d'épée, originaire d'Armagnac au xni" siècle, qui a figuré aux croisades et dans laquelle on trouve plusieurs chevaliers de Malte, plusieurs consuls d'Agen au xvf siècle, un lieutenant général, trois maréchaux de camp, un député de la noblesse aux Etats généraux, un député sous la restauration, etc. Son arrière-grand-père (1729-1805) fut président de la Cour des aides de Montauban, puis premier président du Conseil souverain de Roussillon ; un de ses arrière-grands-oncles, après s'être illustré dans les campagnes du Canada, aux cotés de .NIontcalm et et de I.évis, fut gouverneur des établissements français à l'Est du cap de Bonne-Espérance et a rendu son nom historique en défendant jusqu'à sa luort (1800), l'Ile de France contre les Anglais ; son grand-père (1769-1832), lieutenant aux gardes françaises, pendant les journées de 1789, fit la campagne d'Amérique, où il fut décoré de l'ordre de Cincinnatus, passa à l'armée de Condé, puis maréchal de camp, chevalier de St-Louis, commandeur de la Légion d'honneur, démissionna, en 1830, par refus de serment; son père (1816-1889), fut du service d'honneur de M. le comte de Chambord et a publié, à partir de 1840, dans divers journaux, des articles sur la politique étrangère, qui furent remarqués.
Le comte Gabriel de Maures de Malartic lit ses études classiques à Paris, les termina à l'école Sainte- Geneviève et fut reçu licencié en droit en 1890. 11
s'est fait connaître au public, par des ouvrages historiques d'un certain intérêt, parmi lesquels nous devons mentionner : le Journal dei campagnes au Canada, de ij^y à I/60 (i vol. i8qo) et une Notice surlevicomte A mbroisc-Eulalie de Maures de Malartic, maire delà Rochelle 1,1891). 11 est, en outre, l'auteur de communications et mémoires aux Sociétés archéologiques de Tarn-et-Garonne, des antiquaires de l'Ouest, des archives historiques de Saintonge et d'.\unis, etc.
M. de Malartic s'occupe aussi d'agriculture en Normandie et en Poitou; il est maire d'Yville, commune de la Seine-Inférieure, membre du Cercle agricole et de la Société hippique française.
-v-rv,^-
DEliAVRUD (liouis-ChaPles-Mafie)
o^^.i£ûGR.\PHE et diplomate, né à Rochefort (Cha- "^ rente-Inférieure) le 21 décembre 1860. Après
avoir fait ses études classiques au collège de sa ville natale, il passa successivement, à la Eai-ulté de Poitiers, sa licence en droit et sa licence es lettres en 1880, et son doctorat à la Faculté de Paris en 1884; il fut ensuite élève et lauréat de l'Ecole des Sciences politiques.
Reçu, au concours, attaché au ministère des Affaires étrangères, le 28 janvier i88=), M. Louis Delavaud fut envoyé comme secrétaire d'ambassade à (^onstantinople (1887), hVienne (18S8), puis à Berlin, où il fut spéeialementchargé par M. Herbette, ambassadeur de France, d'étudier les affaires coloniales allemandes.
Rentré à Paris en 1892, au ministère des Affaires étrangères, dans le service de la direction politique, il fut nommé secrétaire de 2'' classe (1893), puischargé du bureau des affairesd'Amérique (31 décembre 1896), institué par décret du même jour.
Entre temps, M. Louis Delavaud avait été délégué par les ministèresdes Affaires étrangères et des Colonies au Congrès de géographie de Lyon (1894). Il a été, à diverses reprises, membre de plusieurs commissions officielles, comme celle chargée d'examiner les documents soumis par les républiques de Costa- Rica et de Colombie au président de la République française, pris pour arbitre, par ces états, de leurs différends de frontière. II est membre de la Commission des archives du ministère des Colonies.
En outre de sa thèse de doctorat sur le Cens et la Censure, M. Delavaud a publié de nombreux travaux n-éographiques et historiques très remarqués dans les Annales de l'Ecole des Sciences politiques, la Revue
cncyclopi'diijiw, les Anliives /lision'ijHcs de la Saiiitongc, la Revue Bleue, la Revue de géographie, et les Recueils des sociétés de géographie de Paris, Rochcfort, Rouen, etc.
Membre de la Société de géographie de Paris, du Conseil d'administration de la Société de géographie commerciale, secrétaire de la classe 14 du jury d'admission de l'Exposition de 1900 (géographie), président de la Société des anciens élèves de l'Ecole des Sciences politiques (1897-1899), M. Louis Delavaud a obtenu une récompense de l'Académie des Sciences (188V), pour ses travaux géographiques. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis le i" janvier 1897.
JVTflHV (pPançois-Césaipe de)
ÉPUTÉ, ancien ministre, né à Saint-Pierre (Réunion) le 22 juillet 1830. Il vint étudier la médecine en France et, reçu docteur en i8=,6, retourna à la Réunion, où il exerça sa profession et en même temps s'intéressa au mouvement politique ; il collabora au Courrier de Saint-Pierre, réclama le droit commun pour la colonie et en fut élu représentant à l'Assemblée nationale, en 1871, par 12,109 "^'oi^'-
M. de Mahy siégea à gauche, s'occupa activement de toutes les mesures propres à établir la forme républicaine dans le gouvernement, vota l'amendement'Wallon et l'ensemble des lois constitutionnelles, fut membre des commissions de permanence, et prit part aux discussions financières, sur le régime des sucres, etc.
Envoyé à la Chambre des députés par la Réunion, le 9 avril 1876, avec 1 1,09s voix, sans concurrent, il fut, après l'acte du 16 mai 1877, l'un des 363 ; il retrouva son siège après la dissolution et fut choisi comme questeur de laChambre, après la mort du colonel Denfert-Rochereau. Réélu lea^ septembre 1881, au second tour de scrutin, par ',,944 voix, contre 2,7^1 données à l'abbé LeGall, il fut nommé ministre de l'Agriculture, le 31 janvier 1882, dans le cabinet Freycinet, et garda ce portefeuille, dans les cabinets Duclerc et Fallières, jusqu'au 21 février 1883. Depuis le 31 janvier, il avait été chargé, en outre, du ministère de la Marine.
M. F. de Mahy fut réélu aux élections du 11 octobre 1885, par 9,703 voixsur 12,462 votants. Appeléau ministère de la Marine et des Colonies dans le cabinet Tirard, le 12 décembre 1887, il refua de prendre un sous-secrétaire d'Etat , se retira dès le 3 janvier
18S8, et fut, le 10 janvier 1888, élu de nouveau questeur de In Chambre. A la suite d'un dissentimentavec son collègue de la questure, .NI. .^Iadier de .Vlontjau, relativement à des mesures d'ordre intérieur, M. de .Mahy donna sa démission avant la fin de l'année et fut aussitôt élu vice-président 112 novembre 1S881.
Aux élections du 6 octobre 1889, il fnl réélu député dans la 1' circonscription de la Réunion, par 0,sis voix, contre 3,42^ données à M. Le Vigoureux, et fut encore vice-président de la Chambre. Au renouvellement de 1893, il fut de nouveau réélu, par 7,809 suffrages, contre s, 293 à M. Le Vigoureux et, en 1894, de nouveau choisi comme vice-président. Son mandat fut encore renouvelé aux élections générales du 8 mai 1898 , où il avait pour concurrent 31. Choppy. républicain aussi.
M. de Mahy a publié une brochure sur le Régime politique aux colonies, réponse aux adversaires des institutions libérales (1872).
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PiiSSY (ppédéfie)
^coxoMiSTi;, membre de l'Institut, ancien dé- M P'J^'^' '"^ ^ Paris le 20 mai 1822. Fils de Félix Passy , conseiller à la Cour des comptes, mort en 1872, et neveu des deux hommes politiques Antoine et Hippolyte, membres de l'Institut, M. Frédéric Passy se fit recevoir licencié en droit et fut auditeur au Conseil d'Etat de 1846 a
M. Frédéric Passy s'est fait connaître par d'importants travaux sur l'économie politique ; il a publié des ouvrages et fait de nombreuses conférences sur cette science. Il a, de plus, déployé beaucoup d'activité comme secrétaire, puis président, de la Ligue internationale de la Paix, dont il fut un des fondateurs avec Arles Dufour, Michel Chevalier, Jean Dolfiis et Martin Paschoud. 11 a été reçu, le "! février 1877, membre de l'Académie des Sciences morales, en remplacement de M. Wolowski.
Lors des élections législatives du 21 août 1881, candidat dans le vni" arrondissement de Paris, M. Frédéric Passy fut élu, le 4 septembre, au scrutin de ballottage, par 4,738 voix, contre 4,682 obtenues par M. Godelle, bonapartiste.
A la Chambre, il siégea au Centre Gauche et prit part surtout aux discussions sur les questions économiques et financières.
En 188=,, inscrit sur la liste de l'Alliance républicaine de la Seine, il fut encore élu, au scrutin de ballottage, par 287.172 voixsur 414,360 votants. Dans
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cette législature, il suivit la même ligne de conduite politique, s'intéressa de préférence aux mêmes questions et, en outre, combattit la politique coloniale.
Aux élections du 22 septembre 1889, de nouveau candidat dans le vui' arrondissement de Paris, il échoua, au scrutin de ballottage, avec s, 1 14 voix, contre 6,83 1 obtenues par M. Marins Martin, candidat bonapartiste. Le 2 février i8()(), il se présenta à une élection sénatoriale partielle dans le département de Seine-et- Oise, pour le reuiplacenient de M. Léon Say, démissionnaire, et n'obtint que 111 \oix sur i ,■",22 votants. Il éciioiia encore aux élections sénatoriales du 4 janvier 1891, dans le département de la Seine, uii il n'obtint que 12s voix sur 66s votants.
11 représente le canton de Saint-(jermain-cii-i.a\'e au Conseil général de Seine-et-Oise.
M. Fréd. Passy a publié : AULiiiors CLOiiomiqucs (1858); De la Propriété iiitellecliicUc ; De rEiiseigiiemciit obliiratoire (18^9); De la Soiivcrainctc icinporelle des papes (1860); Leçons d'économie polit iqiie, faites à Montpellier, recueillies par MM. Bertin et Glaise (1860-611 ; De V inflnenec de la contrainte et de la liberté, qui avait été insérée dans le Journal des Economistes: la Question des octrois (i86()) ; la Guerre et la Paix (1867); Communauté et Communisme (1869I; la Question des jeux (1872); De l'Importance des éludes économiques (i87'î) ; la Solidarité du travail et du capital (1874) ; la Liberté du travail et les traités de commerce, conférence (1879); le Petit Poucet du XIX" siècle; George Stephenson et la naissance des cliemins de fer (1881) ; Edouard Laboulare, conférence (1884'! ; plusieurs Discours lirésà part, etc.
(chevalier de la Légion d'honneur depuis le 12 juillet 1880, M. F. Passy a été promu officier en janvier 1896.
GAVDE-SAVARV (Adpien-fllphonseH ppédépie-Hippolyte)
^^rfî-iNATEUR, avocat, né à Pampelonne iTarn'j le
^^' ïOjuin 1848. Il fit ses études h Albi et son droit à Toulouse. Engagé volontaire en 1870 et élu capitaine dans un corps franc, il fit la campagne en celte qualité.
Inscrit au barreau d'Albi depuis 1873, M. Gayde- Savary a été élu bâtonnier à plusieurs reprises et s'y est créé une juste réputation par les nombreuses et diverses causes qu'il a défendues.
Fin conseiller municipal, puis maire d'Alhi, il resta à ce dernier poste de 1888 à 1S90 et en démissionna par suite d'un désaccord entre la municipalité de
cette ville et le ministère, h propos de questions d'octroi et, à plusieurs reprises, il refusa ensuite d'accepter des fonctions électives.
M. Gavde-Savarv posa cependant sa candidature, le 20 mars 1898, et fut élu sénateur du Tarn, au V tour de scrutin par 373 voix contre 128 a M. Farssac, conservateur et 220 à M. Boularan, modéré, après avoir battu au premier tour MM. Dupuy-Dutemps, ancien ministre, et de Berne-Lagarde, qui étaient alors députés.
Au Sénat, M. Gayde-Savary siège à la Gauche dénmcratitiue. 11 est membre de la Commission de la petite propriété rurale et s'intéresse à toutes les ijucstions de jurisprudence et de législation, aussi bien qu'aux mesures destinées à protéger les produits agricoles contre la concurrence étrangère.
NAQUET (Alffed)
iHiMisTi-, ancien député, né à Carpentras ( V'aucluse) le b octobre 1834.
Docteur en médecine de la Faculté de Paris en iSs'), il fut, en 1862, nommé professeur agrégé à cette Faculté et appelé ensuite à l'Institut technique de Païenne, où il enseigna la chimie en italien, jusqu'en 1865.
Dès ce moment, M. Alfred Naquet s'occupait activement de politique. Affilié à une société s.crJte, il fut, pour cela, en 1867, condamné à quinze mois de prison, ^00 francs d'amende et à cinq ans d'interdiction des droits civiques, ce qui le privait de sa fonction d'agrégé. En 1869, un livre : Religion, Propriété, Famille, lui attira une nouvelle condamn ition à quatre mois de prison, 500 francs d'amende et l'interdiction des droits civiques à perpétuité. Il se réfugia en Espagne, d'où il envoya des correspondances au Réveil et au Rappel, prit part à l'insurrection de l'Andalousie et ne rentra en l'rance qu'après l'amnistie.
On vit M. Alfred Naquet, le 4 septembre 1870, au nombre des gardes nationaux qui forcèrent l'entrée du pont de la Concorde et envahirent la Chambre, puis l'Hôtel-de-Ville. 11 fut, après, nommé secrétaire de la commission d'étude des moyens de défense près la délégation du gouvernement à Tours, puis à Bordeaux.
Envoyé à l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, par le département de Vaucluse, son élection fut contestée ; il donna sa démission, se représenta le 2 juillet 1871 et fut élu par 32,^80 voix. Il se plaça à
l'Extréme-Gauche, déposa, le 24 janvier, avec M. Millaud, une motion déclarant Napoléon ni responsable de la guerre et demandant la saisie et la vente de ses biens, pour le paiement de l'indemnité. 11 réclama le plébiscite sur la forme du gouvernement en novembre 1873, puis vota l'amendement Wallon et les lois constitutionnelles, demanda l'amnistie pleine et entière, le scrutin de liste, une assemblée unique et combattit, dès le premier jour, comme il ne cessa plus ensuite de le faire, la politique opportuniste et modérée.
Lors des élections législatives du 20 février 1876, candidat dans la i" circonscription de Marseille, contre L. Gambetta, et dans l'arrondissement d'Apt (Vaucluse), il échoua dans le premier collège, avec 1,9^9 voix et ne passa à Apt qu'au scrutin de ballotage, avec 7,318 voix contre 6,070 obtenues par M. Sylvestre, candidat monarchiste.
A la Chambre, il siégea au groupe de l'Extréme- Gauche, demanda une enquête sur les opérations du Crédit foncier, l'abrogation des lois sur la pres5e et, pour la première fois, le rétablissement du divorce, proposition qui fut alors repoussée (1876).
L'un des 363, après le 16 Mai, il échoua aux élections du 14 octobre 1877, avec 6,423 voix, contre 7,306 obtenues par M. Sylvestre : l'élection de ce dernier ayant été invalidée, il fut élu, sans concurrent, par 8,668 voix. M. Naquet reprit, à la Chambre, sa proposition sur le divorce, qui, cette fois, prise en considération, donna lieu à de longs débats, mais fut encore rejetée deux ans après (1881). Réélu, la même année, par 7,205 voix, sans concurrent, il déposa encore, sur le bureau de la nouvelle Chambre, son projet de loi sur le divorce et arriva, cette fois, à faire triompher ses idées, autour desquelles, en dehors du Parlement, il avait su créer un grand mouvement d'opinion favorable, par des conférences, des écrits, etc., menant pour son projet, avec beaucoup de ténacité, une très ardente campagne. La loi rétablissant le divorce fut votée parla Chambre en 1882. L'année suivante, le député de Vaucluse fut rapporteur du projet de conversion du 5 °/„.
M. Pin, sénateur de Vaucluse, étant décédé, M. Alfred Naquet sollicita son siège et fut élu, le 22 juillet 1883, par 107 voix sur 206 votants. Arrivé à la Chambre haute, il y fit activer le vote de sa loi, qui fut enfin adoptée et promulguée le 21 juin 1884. 11 v fit aussi amender certains points de détail pour eu rendre l'application plus facile (1884-86).
Le sénateur de Vaucluse fut un des premiers mem-
bres du Parlement qui s'attachèrent à la fortune du général Boulanger. Avec MM. Laisant, Laguerre, etc., il lit une active propagande de presse et de conférences en faveur du mouvement révisionniste et poussa le général a un coup de force. Son attitude le fit exclure de son groupe au Sénat (1888).
Lors des élections législatives du 22 septembre 1889, bien que sénateur, M. Naquet se présenta dans la r' circonscription du v" arrondissement de Paris et fut élu, au ballottage, par 4,830 voix, contre 4,74s données au docteur Bourneville, candidat radical, député sortant. Son élection ayant été invalidée, il se représenta, le 16 février 1890, et fut élu, au second tour. If 2 mars, par 4,496 voix, contre •î,694, obtenues par son ancien concurrent. 11 donna sa démission de sénateur après sa validation. En 1893, il se fit élire, par 4, 686 voix, contre 4,407 à M. Beraud, radical, dans l'arrondissement de Carpentras lA'auclusei.
A la Chambre, .^I. Naquet, après la défaite complète du boulangisme , demeura l'un des anciens adliérents de ce parti qui conservèrent une attitude hostile et isolée. Il prononça plusieurs discours, notamment, en 189s, sur la question juive et, en 1897, pour combattre l'impôt sur la rente. L'un des parlementaires désignés par Arton. en i8q6, comme ayant participé aux libéralités de la C'° de Panama, il quitta < la France, dès l'annonce des poursuites, et écrivit de Londres que l'état de sa santé ne lui permettait .| pas de courir les risques et les rigueurs d'une détention préventive, mais qu'il saurait établir son innocence. Le 30 décembre 1897, en prononçant l'acquittementdes autres parlementaires poursuivis avec lui, la Cour d'assises de la Seine accorda à M. Naquet un sursis d'un mois pour se présenter, sur la foi des certificats médicaux quil avait fournis. Revenu à Paris dans les délais fixés, il fut à son tour acquitté (3 mars 1898).
Au renouvellement législatif de mai 1898, M. Naquet ne se représenta nulle part.
M. Alfred Naquet a publié les ouvrages suivants: Appitcjlion de l'analyse chimique à la toxicologie, thèse de doctorat (1858); De V Allotropie et l'Isoluctric, thèse d'agrégation (i86o) : Des Sucres, autre thèse d'agrégation (i86^); Principes de chimie fondés sur les théories modernes (1865) ; De l'Atomicité, extrait de la Philosophie positive ; Religion, propriété, famille (1868); \q Divorce (1877); Questions constitutionnelles (1883) ; Socialisme collccti- É viste et Socialisme libéral (1890). Il a traduit de l'anglais le Calcul des opérations chimiques, de
M. Brodie (1879) et donné des articles de chimie à la nouvelle EiuychipL\lic a-ciicriilc (1868 et suiv.) , au Dictionnaire de chimie, de M. Wurtz, au Bulletin de la Société chimique, aux Comptes-rendus de l'Académie, au Moniteur scientifique, etc. Il avait fondé, en 1876, un journal politique: la Rifvolution, qui n'ont que trente numéros ; il en fonda, en 1880, un autre, V Indépendant, qui devait être républicain radical, mais non intransigeant. 11 a enfin écrit. une notice sur Gaston Crémieux, en tète des Œuvres posthumes de ce dernier (1879).
Cf^ITSE^lï^O (l4ieolas)
i:iNTRE, né à Kousnetzk, province de Tomsk i^ iSibérie) le ao mai i8s6.
Il vint de bonne heure à Saint-Pétersbourg et entra à l'Ecole des ingénieurs mécaniciens de la Marine. Il fit plusieurs voyages sur les bâtiments de guerre comme officier mécanicien et fut remarqué, au cours de l'un d'eux, par le grand-duc .Vlexis, qui, sur la vue des dessins du jeune artiste, lui lit accorder une pension par le ministère de la .'Vlarine pour étudier la peinture à Paris, où il vint suivre les leçons des maîtres Cormon et A. Bogolubotï; il fut aussi élève de M. L. Lagorio.
.NI. Gritsenko s'est fait apprécier surtout par ses marines, peintures et aquarelles. ■
Ses marines indiquent chez lui un très intense sentiment Je In mer, a écrit M. de Veyr.in dans VArliste : ses paysages reproduisent avec une rare habileté de not.Ttion la douce mélancolie d'une nuit à Nijni, les derniers feux d'un soleil couchant, le calme d'un beau soir d'été, avec une vérité parfaite, une précision dé-
incertante.
Sept tableaux de cet artiste et plus de trois cents a^iuarelles sont à Saint-Pétersbourg dans les galeries de l'Empereur ; un autre de ses tableaux: l'Arrivée de l'amiral Avellan à Toulon, est au Cercle des .\rmées de terre et de mer de Saint-Pétersbourg. On cite encore un tableau de lui au musée de Sara tofl'; un autre, avec deux aquarelles, au musée de Moscou, etc.
11 a exposé à la Société des Artistes français, notamment: Sur un quai du Havre (1888); Marine; Bateau (1890); Vue du temple Teppa-Knlam ; Madura (1891) ; Tréport-Mers (1892) ; la Plage de Kalicick [Hollande; ; la Kue Je Paris, au Havre (,189 ■51 ; Kue du Treport 1 1894) ; I' « Entreprenante » à Toulon (^1895); le Palais de Longchamp à Marseille (1896) ; Vue de Moscou, prise de la Tour d'Ivane Weleski ; Promenade furieuse (1897^ ; Entrée de l'escadre française à Cronstadt (2j août i8pj); Une
escadre française (23 août iSçj, S heures du matin) (1898), etc.
Une des toiles de .M. Gritsenko : V Arrivée de l'amiral Avellan à Toulon, figure au musée de Marseille, et une autre : Rue de Paris, au Havre, a été acquise par la Société des Amis des Arts. Il a fait des expositions particulières à la galerie Durand-Ruel à Paris en 1891, 1897 et 1898, qui ont obtenu un grand succès.
M. Nicolas Gritsenko accompagna, comme artiste peintre, le tsarewitch, devenu aujourd'hui le tsar Nicolas II, dans le voyage qu'il fit en Orient, aux Indes et au Japon.
Cet artiste a reçu, à l'Exposition universellede 1889, une mention honorable et une médaille de bronze. '>-••>■>
GAJ^ROS (Paul-Edmond MATHIEU de)
a^^i^ oM.\NciER, né le 12 mars 1867 à Rousson, ^I^K V^^^ Châteauneuf-sur-Cher. Il fit ses études (^^»Ml. classiques;! Montluçon (Allier) etaccomplit son droit à Paris; il se destinait tout d'abord à l'enregistrement et, bien qu'admissible à cette administration, il se prépara aux examens 'de Saint- Cyr, où il échoua.
.M. Paul de Garros débuta dans les lettres avec des nouvelles insérées au Soleil du Dimanche. II en â fait paraître, depuis, un grand nombre à Vlntransigeant illustré, au Petit Parisien illustré, au Supplément de la Lanterne, à la Nouvelle Revue internationale, au Journal des Débats, etc. En même temps, cet écrivain se faisait connaître du grand public par la publication de divers romans dont on ne saurait trop louer les qualités d'émotion et d'observation. Il faut citer parmi ceux-ci : De la Coupe aux Lèvres, œuvre de début i^le Centre, de Montluçon, 1891); les Droits du Cœur [Y Estafette, Paris, 1892); Une d' Elles (i vol., 1892'); Celte Bohême (l'Univers illustré, 1893-1894); Madame Morange [l'Evénement, iSc)^); le Secret de la Mendiante (le Peuple Français, 1 894-1895) ; PeZ/to Gens (la Liberté, 18911); VOrgueil d'une Mère (le Petit Marseillais, 1896); l'Héritier des Pontcharras Petit Moniteur) ; la Revanche de l'honneur (la Libre Parole, 1897); la Légende du Bonheur (le Siècle, 1898); etc. Plusieurs de ces ouvrages ont paru, en outre, en librairie et ont été reproduits fréquemment, ainsi que les nouvelles du même auteur.
On annonce encore de cet écrivain trois ouvrages nouveaux : Souffrir pour aimer; la Fée Huguette et Ariette senlamne.
Î^IGflLiT {PiePfe de)
^uBi.icisTi: espagnol, demeurniil en France, né à Barcelone (Espagne) le 29 avril 1847. Après '(? avoir fait ses études classiques h l'Université de sa ville natale, il débuta aussitôt dans la littérature par des chroniques et des articles dans le Corrco de Valcncia (Courrier de Valence) et V Agence Mcihhiiii de Madrid.
Successivement rédacteur au Noticiario Univeruil de Barcelone, à la Piiblii/ihiJ, au Dilnvio, à la Correspoinlancia de Valeiieia, M. Pierre de Rigalt, qui avait su se créer une bonne place parmi les journalistes de son pays, fut envoyé à Paris, en qualité de correspondant des journaux espagnols en 1887.
Depuis cette époque, il donne toutes les semaines, dans le Heraldo de Madrid et à \ Agence Mencheta, dont il est le correspondant politique, des chroniques très remarquées sur l'art, la littérature et la politique en France ; il est aussi rédacteur à l'Agence nationale de Paris.
M. Pierre de Rigalt est décoré des ordres de Charles m d'Espagne et d'Isabelle la Catholique. .«-^rvv/-— ■
f^IGflliT (M"'' IWepeedès de)
usiciENNi;, fille du précédent, née à
fffliBfSvfc': ^ ' pieceueut, iiee a uaicc-
1^1 Uk lone. Elle commença ses études musicales ~jr^® à Madrid et suivit ensuite son père à Paris, T^l^ où elle prit d'abord des leçons avec M""' Donne. Reçue au Conservatoire et élève de Fissot, M"" Mercedes de Rigalt remporta le premier prix de piano et se produisit, dès lors, comme virtuose.
Cette artiste a donné des concerts en Espagne, notamment au Théâtre Lyrique de Barcelone et au théâtre du Prince-Alphonse, à Madrid. Elle y a obtenu le plus éclatant succès. Elle s'est fait entendre aussi dans la plupart des grands concerts parisiens, aux salles Erard, Pleyel, des Agriculteurs de France, du Journal, etc., et dans les salons de la haute société espagnole habitant Paris.
Excellente dans le genre classique, elle interprète surtout les morceaux difficiles des grands maîtres, Chopin, Beethoven, Hendel, etc., sans négliger les compositeurs de l'école moderne, tels que Widor, Bach, Lizt, auxquels elle doit de nombreux succès. Membre honoraire de la Société des Concerts de Madrid, M"" Mercedes de Rigalt est officier d'Académie depuis 1898. •
TARHOWS^V (jWiehel de)
cuLi'Ti.uR, d'origine polonaise, naturalisé français, né à Nice le 20 avril 1870. 11 fut élève
iwp^ de l'Ecole des Arts décoratifs de cette ville Entraîné par son goût pour la sculpture, il s'y adonna entièrement et fit plusieurs expositions particulières de ses travaux à Nice même. Parmi les œuvres de cet artiste vues à cette époque, il faut retenir déjà : le Naufrage, statue plâtre; les Bustes de M . Durand]', administrateur de la C'' du gaz et d'électricité de Nice; de SirGavan Du ffv, ancien gouverneur de l'Australie, etc.
Elève ensuite de M. Falguière à l'Ecole des Beaux- Arts, M. de Tarnowsky a exposé depuis, à la Société des Artistes français les œuvres suivantes : Homme, buste plâtre i'i894"); le Tireur d'Epine, ^tatuv plâtre (1895), qui fut mentionnée par le jury; l'Epine, statue bronze, et Homme primitif, importante statue plâtre 11897'): Portraits de M'"' de T.. buste marbre et de M. Louis Morin, buste plâtre (1898), et un grand nombre de médaillons et bustes divers, celui du General Pau, entr'autres.
BAl^BlEt^ SAIflT-HliiAIf^E (EPnest)
ivocAT à la Cour d'appel de Paris, né à Chartres (Eure-et-Loir) le i" juin 1860.
Petit-fils par sa mère de M. Boinvilliers, bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau parisien, sénateur et président du Conseil d'Etat sous l'Empire, M. Ernest Barbier Saint-Hilaire vint, de bonne heure, à Paris, où il fit ses études classiques et suivit les cours de la Faculté de Droit. Il est inscrit au barreau depuis 1880.
Ancien secrétaire d'agréé au Tribunal de commerce de la Seine et de M' Oscar Falateuf, ancien bâtonnier, cet avocat a plaidé un grand nombre d'aflaires importantes devant la juridiction civile, notamment pour les sociétés financières, et s'est acquis ainsi une certaine notoriété au Palais de Justice.
M'"" B.\RBiER S.\iNT-HiLAiRE, née Marie-Louise Delahaye, à Wignehies (Nord), sculpteur statuaire, élève de M. Puech.a produit dans cet art des œuvres appréciées, notamment : Apres le bain (statue plâtre); Un disciple de Saint-François d'Assise (buste pierre), qui furent remarquées au Salon de la Société des Artistes Irançais en 1898 et y obtinrent une mention honorable.
SOLiflCES (jVIapquis liudovic de)
[dmixistrateur, député, né le 20 juillet 1862. Il appartient à une ancienne famille du Rouergue; son arrière-grand-père, le chevalier de Solages, maréchal de camp des armées du roi, découvrit les gisements des mines de Carmaux et reçut de Louis xv, en 1745, le privilège de leur exploitation. Gendre du baron René Reille, député du Tarn, M. le marquis de Solages s'est toujours occupé des intérêts de la Société des mines de Carmaux, dont il est aujourd'hui vice-président du conseil d'administration.
Il est aussi administrateur de la verrerie de Carmaux, qui fut fondée par sa famille au siècle dernier et dont M. Rességuier est président du conseil d'administration; il préside également le conseil d'administration des mines métalliques de Riols.
Nommé conseiller général du canton de Carmaux (Tarn), en 1889, M. le marquis de Solages fut aussi élu député de la 2' circonscription d'Albi, par6,23i voix, contre 1,441 à M- Esquilat et siégea parmi les conservateurs de la Chambre. En 1892, lors de la grève des mineurs de Carmaux, une partie de la presse ayant prétendu que l'entente pourrait se faire entre l'administration de cette société et ses ouvriers, si M. le marquis de Solages se démettait de son mandat, et cette grève ayant pris un caractère exclusivement politique, le députéduTarn démissionna en etïet,'< ne voulant pas, dit-il alors, que personne put prétendre qu'il était un obstacle à la reprise du travail qui faisait vivre un si grand nombre d'ouvriers. » Cependant l'entente ne prévalut pas de ce fait.
Retiré de la lutte politique depuis lors, M. le marquisde Solages fut sollicité d'y rentrer, aux approches des élections législatives de 1898, pour faire échec au député sortant de la 2^ circonscription d'Albi, M. Jaurès. Elu, au premier tour de scrutin, par 6,702 voix contre 5,115 à son concurrent, le député du Tarn compte parmi les «r républicains indépendants// de la Chambre.
Dans son programme, M. le marquis de Solages demandait : '{ des dégrèvements d'impôts pour les familles nombreuses, la suppression des droits d'octroi au moins pour les denrées de première nécessité, des droits de protection pour les produits agricoles et industriels, la liberté d'association avec droit de posséder pour toutes les associations d'aide mutuel; la liberté de conscience >/, etc.
poUQUlEÎ^(Jaeques-Fpançois-Henr'y)
UBLicisTE, ancien député, né le i" septembre
1838, à Mai^seille. Fils d'un notaire de cette
ville, il étudia le droit et la médecine sans
prendre de grades, puis voyagea longtemps
en Espagne et en Italie.
M. Henry Fouquier fit, en 1861, un cours sur les peintres italiens, à l'Institut de Genève, et vint ensuite habiter Paris, où il collabora au Courrier diL Dimanche, à X Avenir national., à la Presse, etc.; il était en même temps correspondant du Phare de la Loire et du Progrès du Nord. En 1867,11 suivit l'armée de Garibaldi et envoya des courriers à Y Indépendance belge. 11 écrivit ensuite dans le Siècle, le Charivari, \e A\iin Jaune, et rédigea la chronique politique de la Revue germanique.
Envoyé à Marseille avec une mission du gouvernement de la Défense nationale, après le 4 septembre 1870, M. Henry Fouquier y fonda la Vraie République, qu'il dirigea jusqu'à sa nomination de secrétaire général du département des Bouches-du-Rhône (décembre); il remplit deux fois par intérim les fonctions de préfet, notamment lors de l'insurrection communaliste de .Marseille (mars 1871), et fut mis en disponibilité, à la suite d'un conflit avec le contreamiral Cosnier. Peu de temps après, il devint directeur de la Presse au ministère de l'Intérieur.
Au 24 mai 1873, rentré dans la vie privée, M. Fouquier collabora à l'Evénement, sous les pseudonymes de « Spectator // et de « Philinte », au Bien public, au Courrier de France, etc.; il créa avec M. Andrieux, alors député du Rhône, le Petit Parisien, puis entra au X1X<: Siècle, où il rédigea une chronique quotidienne et le feuilleton dramatique (1878). Il écrivit en outre dans le Gil Blas, sous le pseudonyme de « Colombine ». Il voulait conserver cette signature en quittant ce journal, mais il dût l'abandonner, à la suite d'un procès, qu'il plaida lui-même, où il fut jugé que la propriété de ce pseudonyme appartenait non à son auteur, maisau journal, d'autres rédacteurs s'en étant servi (1891). Il adopta alors celui de » Colomba », sous lequel il a donné des chroniques à divers journaux plus tard, notamment à l'Echo de Paris, où il signe aussi '< Nestor //.
A plusieurs reprises. M. Henry Fouquier avait collaboré au Figaro. II y rédige la critique dramatique depuis la mort d'Albert Wolff (27 décembre 1891). Il a épousé la veuve de M. Ernest Feydeau (février 1876).
Aux élections générales législatives du 4 octobre 1885, M. Henry Fouquier s'était fait inscrire, dans les Bouches-du-Rhône, sur la liste républicaine opportuniste, qui échoua toute au premier tour de scrutin. Dans une élection partielle, au mois de mars 1888, il se présenta seulement au second tour, et échoua encore, avec 12,440 roix , contre M. Félix P)-at, candidat socialiste, qui fut élu par 40,204. Au renouvellement du 22 septembre 1889, il se porta dans l'arrondissement de Barcelonette (Basses- Alpes) et fut, cette fois, élu député, au premier tour, par 1,456 voix contre 1,432 données à M. Léotard, candidat de la localité. A la Chambre, il vota avec la majorité opportuniste et ne se repi-ésenta pas en 1893.
M. Henry Fouquier a réuni en volumes certains de ses articles d'art et de littérature : Etudes artistiques (1859) ; 1'-"^''^ officiel et la liberté (1861); An siècle dernier (1884) ; la Sagesse parisienne i i8S=,l.etc. Il a tiré d'un livre de M. Rancun drame en cinq actes et huit tableaux: le Roman d'une conspiration, avec M. F. Carré (1890, in-i8) et il a fait jouer à l'Odéon, avec M. Bertall, le Modèle, comédie =, actes (1897
M. Fouquier a été promu officier de la Légion d'honneur le 12 février 1881.
BEt{SEZ (Paul-Liouis-Ferdinand)
l'puté, né à Mesly (Nord) le 22 janvier 1817. Fils d'un médecin qui fut ensuite brasseur et négociant en houblons, il fit de solides études classiques au lycée de Douai et devint, en 1878, l'associé de son père jusqu'à la mort de celui-ci (1881). Il resta quelques années encore dans les affaires, et nommé, en !886, administrateur des hospices, il se retira définitivement et se consacra tout entier à sa tâche de bienfaisance, ainsi qu'à l'étude des questions d'assistance et de solidarité. Il devint alors administrateur spécial de l'Hospice général et de la Crèche, et fonda à Cambrai l'œuvre de l'arbre de Noël pour les enfants des écoles. Noinmé délégué cantonal, membre du Comité de patronage des écoles laïques et président du Comité de la caisse des écoles, il fut appelé à faire partie du Conseil académique de Lille et choisi comme administrateur des collèges de garçons et de filles de Cambrai, président de la section cambraisienne de la Société des amis et anciens étudiants de l'Université du Nord, etc.
M. Paul Bersez fut, en 1895, porté au Conseil d'arrondissement,où ses collègues l'appelèrent aussitôt
à la vice-présidence. En 1896, le ^ mai, il arriva en tête de la liste des élus au Conseil municipal de Cambrai. Un an plus tard, la municipalité ayant démissionné, il accepta, pour éviter une division possible entre républicains, les fonctions de maire.
Choisi à l'unanimité par les délégués républicains des communes de la 1" circonscription de Cambrai, comme candidat aux élections législatives du 8 mai 1898, M. Paul Bersez fut élu au i" tour de scrutin par 15,432 voix, contre 4,274 à M. Robet Mitchell, ancien député, conservateur, et 4,469 a M. Bonnardel, socialiste.
M. Paul Bersez s'est déclaré « démocrate sincère, adversaire résolu de la réaction et de la révolution, désireux de voir l'entente se faire entre tous les républicains pour une politique exclusivement républicaine, dirigée vers la justice et le progrès: mais un progrès sagement entendu et s'accomplissant par le jeu normal des institutions, sans troubler l'ordre et la paix de l'Etat. »
f^OTHSCHlLit) (Henri Bapon de) J
ÉDECiN, écrivain, né à Paris le 26 juillet 1872. 1 Il est le fils de M'"" la baronne James de Rothschild, bien connue tant par sa philantropie éclairée , que par son talent d'écrivain et qui dirige l'hôpital portant le nom de son mari, le baron James, à Berck-sur-.Mer.
Après de fortes études classiques faites à Paris, le fl baron Henri de Rothschild accomplit divers voyages, au retour desquels il a publié plusieurs volumes : Notes Scandinaves; Notes Africaines; Souvenirs^ d'Espagne. Il a donné en outre des Lettres inédites ' de Jean-Jacques Rousseau, avec notes et préface; il a collaboré à la Revue artistique et littéraire, à lat Revue contemporaine, etc. w
M. Henri de Rothschild s'est surtout consacré hll l'étude de la médecine. Elève des professeurs Budin, ; Dieulafoy, Poirier, Périer, Tillaux, il fut reçu externe des- hôpitaux en 1893, moniteur d'accouchement à la Charité en 189s, et docteur de la faculté 'J de Paris en 1898.
11 a produit un certain nombre de travaux scientifiques, dont les principaux sont à mentionner: Quelques observations sut l'alimentation du nouveau-'-*, né et de l'emploi raisonné du lait stérilise (1897);- Sur les laits dits « matcrnisds » (1897); Notes sur rii voiène et la protection de V enfance dans les principales capitales de l'Europe (1897); X Allaitement
iiiixlc et riiUaitcDicnt artificiel (i8i)8'i; les Troubles gastro-intestinaux clie{ les enfants dn premier âge thèse de doctorat, 1898), etc. Il collabore, en outre, à !:i Revue des seieiiees pures et appliquées, au Progrès médical, etc.
M. le docteur Henri de Rothschild a fondé à Paris une polyclinique destinée spécialement aux maladies de la première enfance, et où Ton fournit le lait stérilisé aux enfants malades.
— ^yy^,*—-
IVIOt^Cf^ETTE-LiEDlEU (liouis)
l'i'UTii, né à Busigny (Nord) le 18 novembre
18=13. ^1 appartient à une famille originaire
de cette région ; son grand-père et son père
furent maires de Busigny et de Bévillers
pendant de longues années.
Ses études faites à Amiens et à .\rras,.\l. Morcrette- Ledieu se livra entièrement aux travaux agricoles. Propriétaire important à Caudry iNord), il s'est depuis longtemps dévoué à l'étude des questions qui intéressent les populations rurales et ouvrières. Il est membre et fondateur de nombreuses sociétés de secours mutuels du Nord et président d'honneur de l'Association des ouvriers de Caudry. Promoteur de riicole d'agriculture qui fonctionne à Wagnonville, dont il est resté l'administrateur, président du bureau d'agriculture au Conseil général du Nord, vice-président de la Société des Agriculteurs de (Cambrai, administrateur de la Coopérative agricole du Carabrésis, il est en outre membre de la Société des Agriculteurs de France.
Elu en 1886, et réélu sans interruption depuis, membre du C^cjuseil général du Nord, pour le canton de Ciary, M. .Nlorcrette-Ledieu s'v est distingué par un travail d'une grande utilité sur ï/iiipot dans le département du .Xord. Il a été en outre membre de la Commission extra-parlementaire relative aux tarifs douaniers et a fait partie des jurys des concours agricoles de Paris et de province. Il est aussi membre du Comité d'admission pour l'agriculture à l'Exposition universelle de 1900.
Porté, comme candidat républicain, dans la 2' circonscription de Cambrai, aux élections législatives du 8 mai 1898, M. Morcrette-Ledieu fut élu, au scrutin de ballottage du 22 mai, par 10,266 voix contre ! ',2?o à M. Rassel, socialiste.
.V la Chambre, le député du Nord est inscrit au .groupe dit des républicains progressistss.
t^E'V* (fllban-Emmanuel->Guillaume)
''"^■"^ov.AGEUR et archéologue, né à Chaumont (Haute-Marne), le 28 mai 1837. Petit-fils du général de division baron Emmanuel Rey, qui s'illustra par sa défense de Saint-Sébastien en 181-;, il lit ses études classiques dans sa famille et fut chargé, par le ministère de l'Instruction publique , de l'exploration du Hauran et du bassin de la .\ler .\lorte i iS^y-iS^S).
Envoyé une deuxième fois en mission dans l'Anti- Liban, dans le sud de la Syrie et en Chypre (,18=19- 1860), M. Rey explora, de 1864 à 186^, le nord de la Syrie. Il fit à cette époque de nombreux et importants dons au Musée du Louvre.
An moment de la guerre franco-allemande, M. Rey til la campagne à l'Etat-major du 21° corps.
Il a publié : Vojiage dans le Hanran et aux bords de la Mer Morte ; Exploration de -la tribu de Juda ; Etude sur l'architecture militaire des Croisés en Svrie et en Chypre ; les Colonies franÇaisesde Syrie aux XI 1° et Xlir siècles ;\es Ea milles d' Outre-Mer de Du Cange; Résumé chronologique de l'histoire des princes' d'Antioche : les Grandes écoles syriennes au mojen-dge, et d'importants travaux géographiques sur la Syrie,
Membre résidant de la Société des Antiquaires de France depuis 1862, ancien vice-présidet de la Commission centrale de la Société de Géographie de France, M. Rey est chevalier de la Légion d'honneur depuis le 15 août 1866.
IWflTHEV (liouisj
ÉDECiN, député, né à Thuray (Saône-et-Loire) le 27 septembre 1827. Son oncle, Charles Mathey, fut député de i84t> à 1848 et représentant du peuple à l'Assemblée Constituante de 1848 ; et son cousin, René Mathey, sénateur de Saône-et-Loire de 1878 jusqu'à son décès, en
-M . Louis Mathey fit ses études médicales à Lyon, où il fut reçu interne des hôpitau.x (i8=i4-i8s7), et h Paris; docteur de la faculté de cetie dernière ville en i8=)7, avec une thèse sur le Traitement de Térrsipèh' par le perchlorure de fer à F intérieur, thèse qui lui valut les félicitations du jury, il vint s'établir à Thuray et y exerce sa profession depuis cette date. 'S\. le docteur .Mathey a été nonîmé maire de Thuray en 18O0 ; deux fois révoqué, en 187:5 et 1877, par les ministères conservateurs, il a toujours été réélu à cette fonction. Il est membre du Conseil
générnl pour le canton de Saint-Germain-du-Bois (Saône-et-Loire), depuis 1862 ; secrétaire de cette assemblée et membre de la Commission départementale. M. le docteur Mathey est d'autre part viceprésident de la Société d'Agriculture de Louhans et s'occupe beaucoup de questions de culture et d'élevage.
Aux élections générales législatives du 8 mai iSyS, désigné par le congrès républicain comme candidat pour l'arrondissement de Louhans, M. le docteur Mathev fut élu député au i" tour de scrutin, par 12,216 voix, sans concurrent. 11 succédait à M. Guillemot, député sortant, élu sénateur.
Républicain radical, M. le docteur Mathey appartient à la Gauche démocratique de la Chambre.
Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1886, et titulaire d'une médaille d'argent pour les soins gratuits qu'il donne depuis de longues années aux indigents de son département.
^RHO (APthup)
îuBLiciSTE , sénateur , né le 20 décembre 1831 ^^ h Poitiers, où il fit ses études. Venu à Paris en 1853, il y suivit les cours de l'Ecole de Droit et de celle des Chartes.
De bonne heure, M. Ranc prit part aux manifestations démocratiques. Accusé de complicité dans le complot de l'Opéra-Comique, en 1853, il fu^ arrêté et déporté sans jugement en Afrique, d'où ij put s'évader; mais il ne revint en France qu'après l'amnistie de 1859.
Correcteur à V Opinion nationale, il écrivit- bientôt dans le Courrier du Dimanche, le ISIain Jaune, le Journal de Paris, la Cloche, le Ri'vcil et le Diable-à- Quatre. Ses polémiques, dans ces divers journaux, attirèrent sur lui les rigueur;-; du parquet impérial. Il fut, notamment, condamné à quatre mois de prison pour un article sur les insurgés de juin, publié dans le Nain Jaune.
Au 4 septembre 1870, .VI. A. Ranc fut choisi comme maire du ix" arrondissement ; puis, chargé d'une mission, il quitta Paris en ballon, le 14 octobre, et se rendit à Bordeaux, où, le 26, il fut nommé directeur de la sûreté générale, par Gambetta ; il put, en cette qualité, faire parvenir au général Trochu de précieux renseignements sur l'état des forces ennemies autour de Paris. Il quitta -ce poste le 6 février 1871 ; élu, le 8, représentant de la Seine à l'Assemblée nationale, il vota contre les préliminaires de paix.
puis résigna son mandat et revint à Paris. Le 26 mars, il fut élu membre de la Commune, fit partie de la commission de la justice et de celle des relations extérieures et se retira, le 6 avril, non sans avoir tenté d'amener une entente entre les maires élus et les pouvoirs insurrectionnels.
Lors de la fondation par Gambetta de la République française, en 1871, M. Ranc fut l'un des rédacteurs de la première heure et y donna, en feuilleton, un roman politique : Sous l'Empire (18721.
Elu, le 30 juillet 1871, membre du Conseil municipal de Paris pour le quartier Sainte- .Marguerite (xi° arrondissement), il fut appelé peu après devant la commission d'enquête sur le gouvernement du 4 septembre ; il défendit les actes de la Défense nationale et parla en faveur de l'insurrection du 18 mars.
Le II mai 1873, il fut élu représentant du Rhône, par 89,04=1 suffrages et siégea à l'Extrême Gauche ; le gouverneur de Paris, général Ladmirault, déposa contre le nouvel élu une demande en autorisation de poursuites qui fut votée par l'Assemblée le 19 juin. De Belgique, où il put se réfugier, .M. Ranc fit paraître, quelques jours plus tard, dans la République française, une lettre détaillée sur son rôle pendant le siège et la Commune. Le 7 juillet suivant, il se battit en duel avec M. Paul de Cassagnac, à la frontière du Luxembourg, et fut blessé, ainsi que son adversaire.
Le procès de M. Ranc, devant le 3° conseil de guerre, se termina par sa condamnation à nuDrt par contumace, le 13 octobre 1873.
De Bruxelles, il continua sa collaboration à la République française, et fit paraître, sous la signature de son père, M. O.Ranc,et sous le titre : De Bordeaux à Versailles (I8-]-]), un résumé du rôle de l'Assemblée nationale. Compris dans l'un des premiers décrets d'amnistie signés par M. Grévy, en 1879, il rentra aussitôt en France, reprit sa collaboration à la presse républicaine, et devint l'un des rédacteurs principaux du Vol la ire.
M. Ranc posa sa candidature aux élections législatives du 21 août i88i,dansla 2' circonscription du ix° arrondissement de Paris et fut élu, au scrutin de ballottage, par 3,402 voix sur 6,80=^ votants.
11 siégea à l'Union républicaine, soutint le cabinet Jules Ferrv et fut, à ce propos, vivement critiqué par ses anciens amis de nuance radicale. Son attitude à la Chambre compromit le succès de sa réélection. Au renouvellement général de 1885, en eff'et, effectué au scrutin plural, il n'obtint, au i" tour, que 103,191
voix sur 4'53,99o votants (4 octobrei, et se désista avant le ballottage. Il posa à nouveau sa candidature aux élections complémentaires de décembre , et échoua encore au scrutin de ballottage, le 27 décembre, avec 97,241 voix sur ■546,937 votants.
M. Arthur Ranc quitta le Voltaire en 1886 ; il devint, en juin 1890, rédacteur en chef du Paris, en remplacement de M. Charles Laurent, son fondateur. Il a, depuis, collaboré au Matin et à divers autres journaux. Il jouit d'une grande réputation parmi ses confrères de la presse et préside l'Association des .lournalistes républicains.
Candidat aux élections sénatoriales du 4 janvier i89i,dans le département de la Seine, M. Ranc fut élu, au troisième tour de scrutin, par 346 voix sur 662 votants. A la Chambre haute, il a été l'un des fondateurs et le premier président du groupe de la Gauchedémocratique et soutient la politique radicale.
En plus de ses innombrables articles de journaux et des livres déjà mentionnés, M. Ranc a publié : le Bilan Je Vaniice 1S6S, en collaboration avec MM. P. Grousset, Castagnary et F. Sarcey ; le Roman d'une conspiration, inséré d'abord dans le Temps, la même année ; l'Histoire de la conspiration de Babœuf, par Buonarotti, avec une préface et des notes (1869) : Evasion de Lambè^e (1871), etc.
DEHON-SOOBEIf^fl]^ (Jules)
l'L-TK, né à Nimes le 21 novembre 1837. De famille très pauvre, il dût s'astreindre de bonne heure au travail et s'instruire luimême pendant ses loisirs. Mousse à 14 ans et débarqué dans l'Inde, il vécut de longs mois dans les tribus sauvages.
Rentré en France, M. Delon-Soubeiran s'adonna au commerce des vins et parvint à fonder une maison devenue depuis un établissement de premier ordre. Il est aujourd'hui propriétaire, dans le Gard, de vignobles fort renommés.
Capitaine à l'armée des Vosges pendant la guerre, M. Delon -Soubeiran s'était distingué particulièrement dans la journée du 22 janvier 1871, à Dijon, où à la tète de iso hommes, il fit prisonniers 64 Prussiens, fait d'armes qui a inspiré à Anatole de la Forge quelques pages éloquentes.
Très populaire dans sa ville natale, où il a toujours été à la tète des républicains dans les batailles politiques, il a été deux fois président de la délégation municipale, conseiller général du canton de Lédignan
(1883 à 1898' et président de la Commission départementale du Gard.
Candidat aux élections législatives de 1893, dans la i" circonscription de Nîmes, contre M. de Bernis, celui-ci l'emporta de quelques voix sur M. Delon- Soubeiran, qui, à son tour, prit sa revanche en battant le député sortant royaliste par 8,826 voix contre 7,425 , au renouvellement général de 1898 (scrutin de ballottage du 22 mai. A la Chambre, M. Delon-Soubeiran est inscrit au groupe radicalsocialiste.
L'honorable député de Nimes est chevalier de la Légion d'honneur.
flOELt (Edouafd-MaPie-Emile)
i^l^£, o>i.\.\ciER. auteur dramatique, né à Arras ^M^M (Pas-de-Calais) le 24 octobre 1850. Il su- (^^«L bit, en 1865 , les examens de l'Ecole navale, prépara ceux de l'Ecole Polytechnique et les abandonna pour faire son droit.
En 1870-71, M. Ed. Noël fit la campagne comme lieutenant, puis capitaine des mobiles du Pas-de- Calais. Il est capitaine d'artillerie territoriale, attaché à l'Etat-major du gouverneur de Paris.
Inscrit au barreau de Paris, il ne tarda pas à le quitter pour se consacrer aux lettres. IL collabora, comme critique dramatique et musical,à de nombreux journaux : la Nation, VOrdrc , le Peuple français , la Cocarde , le Télégraphe et écrivit aussi, par la suite, dans la Revue et la Galette Ues Théâtres , l'Illustration , le Figaro, le Gaulois (sous le pseudonyme de Nicolet), etc.
En 1877, M. Edouard Noël refusa un poste de sous-préfet, que M. Behic, de qui il était secrétaire particulier voulait lui faire accordé par le gouvernement du Seize-Mai. En 1880, il devint secrétaire général du théâtre de l'Opéra-Comique et conserva ces fonctions jusqu'en 1891.
Il a été nommé, en 1898, membre de la commission d'examen du théâtre de la Comédie-Française, par M. Jules Claretie et avec l'assentiment du comité de ce théâtre, après le décès d'Edouard Cadol.
Parmi les ouvrages de M. Edouard Noël, il faut citer tout de suite les Annales du Théâtre et de la Musique, œuvre d'une grande érudition et d'un enseignement précieux , en collaboration avec .\I. Edmond Stoullig ^1873 à 1896), ouvrage couronné par l'Académie française, 21 volumes, tous précédés d'une préface d'un des hommes les plus connus au
théâtre : Francisque Sarcey, ^"ictorien Sardou, Got, Emile Zola, E. Perrin, H. de Pêne, Jules Claretie, Ludovic Halévy, etc.
Cet écrivain a publié, en outre : les Fiances de Thermidor !i vol. 18821, d'où il a tiré un drame, en collaboration avec .M. Emile Deshay ; Une mélodie de Schubert, dessins de Georges Gain (1888); Aventure iHémorable, incroyable et véridique de Modeste Parambei. de Beaiicaire (.1891) ; V Amoureux de la morte, roman passionnel d'une forme originale (1892 1; les Manœuvres de forteresse , souvenirs de Vanjotirs (1895) ; Rosie, roman parisien (1895) ; les Petits vers d'un joueur de flûte (1898).
Au théâtre, seul ou en collaboration, il a donné les pièces suivantes : Marianne^ comédie en i acte, en vers (Néris, 1883) ; le Roman d'un jeune homme chauve, com. -bouffe en i acte (Renaissance, 1887) ; Un monsieur qui a bien dinc, comédie en vers-, i acte (Gymnase, 1885) ; David Téniers. comédie en vers,
1 acte, avec M. Lucien Pâté (Odéon, 1886;; Coup double, comédie en i acte, (Déjazet, 1886); \s Singe d'une nuit d'été, opérette en i acte, musique de Serpette (Bouffes-Parisiens, 1886) ; Dcidamie, opéra en
2 actes, musique de Maréchal (Opéra, 18931 ; Proloaue de Bérénice, comédie en vers, en i acte, avec M. Lucien Pâté (Comédie-Française, 1893); Attendezmoi sons l'orgue (Cercle militaire, 1896), etc.
Il faut encore citer de M. Edouard Noël: Vlnterdit, concours du prix de Rome (1S91) ; les Cent jours, étude historique, sous la forme dialoguée, ouvrage couronné par l'Académie française et dont il a tiré un drame non encore représenté (189s) ; plusieurs cantates couronnées par l'Institut; Clarisse Harloice, concours du prix de Rome (1895) ; divers poèmes et scènes lyriques: la Chcvriêre, musique de Massenet, la Légende de Jumicges , musique de Maréchal, etc.
On annonce, comme prêts à paraître, plusieurs autres ouvrages de lui, dont voici les titres : le Capitaine Loys, comédie héroïque en 3 actes et 6 tab., en vers, que la Comédie-Française avait acceptée avant la nomination de son auteur aux fonctions de « lecteur »; Rêve d'opium , drame lyrique en 3 actes, avec Lucien d'Hève, musique de F. Le Rey; le Comte Roger, drame en 4 actes, en prose, avec Gheusi ; la Payse, drame lyrique en 4 actes, avec Lucien d'Hève ; Blancheflor, opéra en 5 actes et 9 tableaux, avec le même ; VŒillct blanc , comédie lyrique en i acte, avec Lucien Pâté (d'après la pièce d'Alphonse Daudet) ; Babet et la Bouquetière, op. com. en 3 actes, avec H. Bernède ; Mauricette , co-
médie en 4 actes, avec 'Si. Simon Boubée ; Madame Bcrnadotte, comédie en 4 actes, avec .\I. Gheusi ; Brumaire, ouvrage historique devant être publié au moment du centenaire du 18 brumaire, etc.
.NI. Edouard Noël est membre correspondant de l'Académie d'Arras. 11 est chevalier de \a Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique, etc.
CflZflU'W^IEIHH (f^ené)
LDECiN et député, né à Belin Girondei, le 2(1 juillet i8')9. Il fit ses études classiques au lycée de Bordeaux et vint ensuite h Paris pour y suivre les cours de la Faculté de Médecine. Reçu docteur en 1884, avec une thèse sur les Complications de la fièvre typhoïde, .^l. René Cazauvieilh alla s'établir dans son pays natal, où son père exerçait la médecine depuis de longues années.
A la mort de celui-ci, en 1892, M. le docteur René Cazauvieilh lui succéda aussitôt comme conseiller d'arrondissement, puis conseiller' municipal et maire de Belin ; la même année, il remplaçait aussi, au Conseil général de la Gironde son beau-père, M. Cazauvieilh, ancien député, décédé."
Candidat aux élections législatives générales de 1898 , M . le docteur René Cazauvieilh fut élu député de la ^j" circonscription de l'arrondissement de Bordeaux, le 8 mai, au premier tour de scrutin, par ii,s8i voix, contre 2,186 à .NI. Dufourg, socialiste.
Protectionniste, M. René Cazauvieilh est inscrit au groupe des républicains progressistes de la Chambre.
MIOSSEC (Gabriel)
;?UTÉ, né à Dineaulti Finistère! le iiniarsi8^!9. Peu fortuné, il fit un court séjour, comme élève, au collège de Quimper, puis s'occupa à la culture jusqu'à l'âge de vingt-deux ans et fut ensuite, de 1861 à i86^, employé de commerce et clerc de notaire.
A la mort de sa mère, en 1866, M. Gabriel Miossec s'établit, avec de très modestes capitaux, marchand d'engrais et de liquides, tout en continuant à s'adonner à l'agriculture. Appelé à fréquenter les marchés régionaux pour les besoins de son commerce, qui prospérait sans cesse, il s'est acquis insensiblement une grande popularité, et fut mêlé, du reste, à toutes les luttes politiques.
M. Gabriel Miossec accepta, en 1890, le mandat municipal que lui confièrent ses concitoyens de Châteaulin : puis, sollicité de se présenter aux élec-
tious générales législatives de 1898, il fut élu député de rarrondissement de ce nom, le 8 mai, par 6,650 voix, contre =.,770 données à M. Le Borgne, député sortant.
Républicain modéré, partisan de la liberté religieuse, protectionniste, M. Gabriel Miossec s'est fait inscrii'e, dès son arrivée au Palais-Bourbon, au groupe des républicains progressistes.
t^OSSI (Iiccius)
^EiNTRi\ Cl illustrateur, né à Rome le 23 janvier 1840.11 fit ses études artistiques à l'académie de Saint-Luc à Rome, sous le professorat d'Alexandre Capalti, portraitiste renommé.
M. Lucius Rossi s'était déjà fait connaître dans sa patrie, lorsqu'en 1867, il entra en relations avec la maison d'édition Goupil et C", de Paris, qui a depuis propagé les œuvres de cet artiste dans le monde entier.
En 1874. M. Rossi vint s'établir définitivement à Paris, qu'il n'a plus quitté depuis. Sans passer par les expositions publiques, les tableaux de cet artiste ont acquis une grande réputation et ont été maintes fois reproduits par la gravure et la photographie, ils ornent d'ailleurs les plus riches galeries de Paris, de Londres.de Rome et de Xe\v-York: onpeut citer parmi ses œuvres: les Fcuiiiirs SiiTiin/rs, toile qui figure dans une collection privée à Rome*, la Galère de Plaisance; Un jour Je réception che^ le doae de Venise, aujourd'hui en Amérique; la Vieillesse du Monarque, à New-York , etc.; plus un grand nombre de portraits : ceux du prince Odescalc/ii, du général de la Rocliethnlon, du baron et de la baronne de Ladoncctte, de A/"" d'Avignon, de M"' de Mousticr, fille de la comtesse de Moustier, de M"'" Feraud, etc.
M. Lucius Rossi a donné à diverses publications, au Graphie, au Figaro illustre', notamment, des dessins que l'on s'accorde à trouver remarquables , comme d'ailleurs ses illustrations d'ouvrages tels que : le Cousin Pons: le Cabinet des Antiques ; la Vieille fille: V Illustre Gaudissart , pour une édition de Balzac publiée en Amérique ; les Mémoires Je Marbeau, pour le Centurv Magaiine de New-York ; le Bréviaire d'amour, du baron Rey-Roize ; VEcolc de la Médisance, de Shéridan, à Londres, etc.
.^lenlbre du Cercle de l'Union artistique, où il expose ses œuvres, ancien membre du Jur) de la classsc i" à l'Exposition de i88i), cet excellent artiste est chevalier de la Couronne d'Italie.
LiflLtOGE (Philippe-François-lWarie-H SpaPtaeus)
,^^^è ÉPUTÉ, né à Paris le 21 décembre 1S69. 11 fit ses études à l'école municipale Turgot, à Paris, et après avoir satisfait à la loi milik^y taire, entra dans l'enseignement primaire, où il resta jusqu'en 189s ; il démissionna alors pour s'établir dans le commerce.
Dès ce moment, il se fit connaître par de nombreuses conférences populaires; il fut, de 1895 à 1897, directeur-rédacteur en chef du Journal de patronage laïque, organe des patronages laïques de Paris. Délégué cantonal, il fut. en 1896, élu conseiller municipal, puis adjoint au maire de Boulogne-sur- Seine.
Lors du renouvellement général de la Chambre, en 1898, il fut nommé député de la 4"' circonscription de l'arrondissement de Saint-Denis, au deuxième tour de scrutin,, le 22 mai, par -5,876 voix, contre =,,801 à M. Rigaud, député sortant, républicain.
M.Laloge est inscrit au groupe socialiste du Palais- Bourbon, dont il a accepté le programme, en faisant toutefois certaines restrictions, notamment sur la propriéié individuelle. Il a fondé avec son collègue, M. Pierre Richard, le groupe parlementaire des intérêts de la banlieue et fait partie du groupe commercial, dont il a été élu secrétaire.
GflBf^IEIi-ÏDEl^IS (Gabf iel DErJlS, ou)
i^J^Éfc'H à Cognac le 2:; novembre iSs3- Député, ^Injl grand propriétaire à La Chau\illère , né- «ife'e? gociant à Cognac (Charente - Inférieure) , M. Gabriel-Denis fut l'un des fondateurs, en 1881), du Comité de viticulture de Cognac, qui l'a depuis nommé son président d'honneur.
Elu conseiller municipal de la commune de Sablonceaux (Charente-Inférieure), en 1892, M. Gabriel- Denis devint, sans concurrent, conseiller général du canton de Saujon, en 1895. Au renouvellement général législatif de 1893, il avait été candidat à la députation dans la 2'' circonscription de l'arrondissement de Saintes et avait obtenu 5,602 voix contre M. Dufaure, qui fut élu au scrutin de ballottage par 6,032 suffrages.
Sollicité de se présenter de nouveau, lors des élections législatives de 1898, M. Gabriel-Denis fut élu député de cette circonscription, au 2' tour de scrutin, le 22 mai, par 7.394 voix contre 6,283 à M. Dufaure, député sortant.
Le député de la Charente-Inférieure s"est déclaré sincèrement républicain, mais absolument indépendant. Il n'est inscrit à aucun groupe du Palais-Bourbon.
M. Gabriel-Denis est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1892.
ËI^VE (Liouis-IVIaPie-HFthuPConQtede)
■^s^iiiNtR.\L de division, né à Metz i^Moscllei le 12 août 1836, d'une vieille famille. Après avoir fait ses études classiques au lycée de sa v'ille natale, il entra à dix-sept-ans, à l'Ecole de Saint-Cyr, d'où il sortit, en 1856, comme sous-lieutenant-élève à l'Ecole d'Etat-major.
M. de Brye fit des campagnes en Algérie et en Italie; il fut blessé à la bataille de Magenta (18^9) et décoré de la Légion d'honneur. Pendant la guerre franco-allemande, il fit partie de l'Etat-raajor de la division des grenadiers de la garde impériale, commandée par le général Picard et assista, en cette qualité, à toutes les opérations qui eurent lieu autour de Metz. Conduit en captivité à Francfort-sur-le- Mein, il rentra en France au moment de la Commune et prit part au second siège de Paris.
Colonel du 113° en 1887, puis pendant quelque temps chef du i" bureau de l'Etat-major de l'armée, il fut promu général de brigade en 1891 et remplit successivement les fonctions de chef d'Etat-major du 4' corps et de commandant de la 14'' brigade d'infanterie ; il a été membre des comités d'Etat-major et d'Infanterie et nommé général de division en septembre 1895. Il commande la }' division d'infanterie.
Le général de Brye est commandeur de la Légion d'honneur et a reçu le grand-cordon de Sainte-Anne de Russie.
CLifltJDH^Ol^ (Georges)
kURi: de forges, député, né à Saint-Paul-enm Jarez (Loire) le 6 février 1849. ^^ ^^^ ^^^ S> études classiques au lycée de Saint-Etienne, prit part, commesous-lieutenantde mobiles, à la guerre franco-allemande de 1870-71 et fut successivement aux armées des Vosges, de la Loire et de l'Est. Deux fois blessé, M. Georges Claudinon fut décoré de la Légion d'honneur, pour sa brillante conduite pendant la campagne.
Rentré dans ses foyers après la paix signée, il fut reçu comme élève à l'Ecole des Mines de Saint- Etienne. Il en sortit en 1873 pour seconder son père dans la gérance de la Compagnie des forges et aciéries
du Chambon-Feugerolles, dont il est, ensuite, devenu gérant à son tour.
Nommé conseiller municipal du Chambon-Feugerolles, le 12 novembre 1897, et maire quinze jours après, M. Georges Claudinon fut candidat aux élections générales législatives de 1898, dans la quatrième circonscription de l'arrondissement de Saint-Etienne et élu, au premier tour de scrutin, par 10,543 voix contre 4,891 données à son concurrent, M. Souhet, radical socialiste, député sortant. Le 17 juillet suivant, il fut élu conseiller général de la Loire contre le même concurrent.
M. Georges Claudinon est inscrit au groupe
progressiste de la Chambre des députés ; il est aussi
membre du Cercle républicain fondépar M. Waldeck-
Rousseau, et se déclare franchement protectionniste.
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PHSCflli (liéoncc«FPaneois)
ÉruTÉ, né à Uzès (Gardj le 7 août 1835. Fils
llî>*S» d'un ouvrier, il suivit les cours de l'enseignement secondaire spécial au collège de sa ville natale et vint ensuite à Paris, en 1854. Entré, dès cetteépoque. comme petit commis aux grands magasins du '< Bon Marché », M. Pascal put, grâce à son intelligence et à son activité, franchir tous les degrés de la hiérarchie dans cet important établissement commercial et en devenir l'un des administrateurs en 1869. 11 est le fondateur de l'excellente musique du « Bon Marché ».
Sous l'Empire, il fit partie, avec Gambetta, Michelet, etc., du comité qui soutint Jules Ferry dans le vi' arrondissement de Paris, en 1869.
Retiré des affaires, en 188^, pour se consacrera l'exploitation d'une grande propriété agricole, dans le Gard, M. Pascal débuta dans la politique comme conseiller municipal et maire de Saint-Victor-des- Oules (Gard'», en 1892. Nommé, en juillet 1895, conseiller général du canton d'L'zès ; le 7 mai 1896, conseiller municipal et maire de cette ville, Jl fut choisi, lors des élections générales de 1898, pour combattre la candidature de M. Crémieux, député sortant de l'arrondissement d'Uzès et fut élu député, au deuxième tour de scrutin, le 22 mai, par 10,962 voix, contre 8,589 données à son concurrent.
M. Léonce Pascal est inscrit au groupe des républicains progressistes du Palais-Bourbon.
L'honorable député du Gard est officier d'Académie depuis 1885.
PEYTt^ALi (Paul-Liouis)
[•liNATiiUR, ministre des Finances, né le 20 janvier 1842 h Marseille. Il exerça dans cette ville la profession de pharmacien et devint con- ''^ seiller général des Bouches-du-Rhonc. Aux élections du 21 août 1881, M. Peytral fut élu député de la i"" circonscription de Marseille, par 5,022 voix sur 9,269 votants. Il donna alors sa démission de conseiller général. Au renouvellement de i88î, fait au scrutin plural, il fut porté sur la liste radicale des Bouches-du-Rliône et élu au scrutin de ballotage, par 56,173 voix sur 92,84s votants.
.\ la Chambre, le député des Bouches-du-Rhône, qui avait siégé d"abord à l'Extréme-Gauche, puis à la Gauche Radicale, vota, en décembre i88s, les crédits demandés pour le Tonkin et Madagascar et entra dans le cabinet formé par M. de Freycinet, le 7 janvier 1886, comme sous-secrétaire d'Etat au ministère des. Finances, dont M. Sadi-Carnot était titulaire. Il conserva ces fonctions dans le cabinet Goblet, mais démissionna avant la chute du ministère. Il fut ensuite président de la commission du budget, en remplacement de .^I. Rouvier, appelé au ministère i^fin mai 1887). Du 3 avril 1888 au 22 février 1889, il eut luimême le portefeuille des Finances, dans le cabinet radical formé par M. Floquet. Il déposa un projet d'impôt sur le revenu qui ne fut pas adopté par la Chambre.
.\ux élections du 22 septembre 1S89, .^l. Peytral se présenta dans la 1'" circonscription de Marseille et fut élu, au premier tour, par =)>844 voix, contre 2,836 à M. Fabre, candidat boulangiste,et 1,139 ^ M. Furby, candidat radical socialiste. En 1893, il fut renvoyé à la Chambre, par le même collège, au premier tour de scrutin, le 20 août, avec 7,3=13 voix, contre 2,651 obtenues par 3 concurrents.
Entre temps, M. Peytral avait été rappelé au ministère des Finances (5 avril au 3 décembre 1893).
Au Parlement, il s'occupa principalement des questions économiques et financières ; membre de la commission des douanes, il soutint les théories libreéchangistes. 11 fut élu vice-président de la Chambre en i8()4-
Elu sénateur des Bouches-du-Rh6ne le 7 janvier 1894, par 214 sufî'rages sur 411 votants. .NI. Peytral a été membre de la commission des Finances du Sénat et de diverses autres. Le portefeuille des Finances lui a été attribué dans le cabinet formé par .^l. Brisson, le 28 juin 1898.
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IWUTEflU (Rlîfed)
lipuïK et homme de lettres, né à Dijon le i" mars 1850, d'une famille de la Côte-d'Or, où elle n'a cessé, depuis la Révolution, d'occuper des fonctions électives. Son grand père fut, pendant près d'un demi-siècle, conseiller général, député pendant quatorze ans sous la Monarchie de Juillet, et pendant seize ans à la tète de la Cour de Dijon comme premier président. Son père, M. Charles Muteau, conseiller honoraire à la Cour d'appel de Paris et ancien conseiller général, s'est fait connaître par de nombreux ouvrages historiques et juridiques.
M. Alfred Muteau, après avoir fait ses classes au lycée de sa ville natale et à Sainte-Barbe, étudiait le droit à Dijon, lorsqu'éclata la guerre franco-allemande. Il s'engagea dans les mobiles de la Côte-d'Or et prit part au siège de Paris. Sa conduite au combat de Bagneux lui valut la croix delà Légion d'honneur.
Pourvu du diplôme de licencié en droit, .NI. Muteau entra, au concours, dans le commissariat delà marine. Après plusieurs années de campagne dans l'.Xtlantique Sud, l'Amérique, l'Afrique occidentale et la Guinée, il quitta le service actif pour se consacrer à la littérature et aux études économiques et sociologiques.
Secrétaire général de l'Alliance française et de la Société internationale pour l'étude des questions d'assistance, membre du Conseil supérieur de l'Assistance publique, M. Muteau appartient en outre à la Société de Géographie, à la Société des Etudes historiques, etc.
Au Conseil général de la Côte-d'Or, où il représente, depuis 1895,1e canton de Selongey, M. Muteau se consacre particulièrement aux questions relatives à l'enseignement, aux beaux-arts, à la mutualité et à l'assistance publique. Ses rapports sur les habitations ouvrières et sur l'assistance aux vieillards et incurables sont bien connus, même en dehors de cette assemblée.
Lors des élections législatives du 8 mai 1898, .\I. Alfred Muteau, qui se présentait comme candidat républicain progressiste dans la 2' circonscription de Dijon, fut élu député par 9,^42 voix, contre 4,727 à M. Paris, rallié.
M. .\. Muteau a publié plusieurs ouvrages, parmi lesquels il convient de citer: Le- Niger et la Guinée (1878); Une nuit à Bibracte (1883); Une société secrète en Indo-Chine (1887) ; La lettre de cachet au XIX' siècle; Asado con Citera; Le Coco des Sey-
chelles ; Colonisation et enfants assistes (1893'; ; Une Idylle au Gabon; Thoniyris , roman dahoméen; Anthologie de l'assistance (1896-1898) ; De Paris à Paris par Lisbonne, le Sénégal et le Soudan (1897) ; Monographies Je certaines catégories d'assistés (1898), etc. 11 a collaboré ou collabore à la Revue de Géographie, au Télégraphe, à VUnivers illustré, au Musée des Familles, à la Nouvelle Revue, à la Revue d'assistance, dont il est le directeur, etc.
M. Alfred Muteau est officier de la Légion d'honneur et de l'Instruction publique.
BEflGV-POYVflliLtÉE (Piefpe de)
^EiN'TRi:. né à Bourges (Cher) le 20 mars i8=is. 11 fit ses études classiques à Moulins (Allier') et apprit la peinture à Paris, où il fut l'élève de Luminais, de qui il devint l'ami. Connu, comme peintre, sous le nom de Pierre de Bengy, cet Artiste débuta aux Salons annuels de la Société des artistes français, en 1883, avec un Portrait. Il a donné depuis : Martyre de St-Aiidré (1886J ; Légende de St-Martinien (1888); Portrait de M. S., lieutenant aux gardes Préobrajenski , attaché à l'ambassade impériale de Russie (1893), etc.
On doit encore à M. Pierre de Bengy un grand nombre de portraits remarqués, notamment ceux de Chcvreul . de Luminais , du Marquis et de la Marquise ile Chaumont-Ouitry , de la Comtesse d'Ainécourt, de la Comtesse de Maupas, de la Baronne de Viuols. de la Comtesse de Balleroy, de la Baronne de Montesquieu, etc., et des pastels de fort belle tenue.
Cet artiste a obtenu une mention honorable en 1884 et une médaille de 3° classe en 1893.
f^EILiLtE (BaPon Jean-î^ené-ChaPles- Franfois-Xavief)
•NxiLN officier, député, né à Saint-Amans- Soult 'Tarn) le 26 décembre 1871. Il est le lils du baron Re'né Reille, député du département du Tarn.
Après avoir fait ses études classiques au collège Stanislas, de Paris, il entra, comme élève, à l'Ecole polytechnique en 1S91, d'où il passa à l'Ecole d'application de Fontainebleau. A sa sortie, en 1894, il
fut nommé lieutenant au 3° régiment d'artillerie. Au mois de février 1898^ M. le baron Xavier Reille donna sa démission et devint lieutenant de réserve dans le même régiment.
Conseiller général du Tarn, maire de Saint-Amans- Soult. il se porta candidat aux élections géiiérales législatives du S mai 1898, et fut élu, au deuxième tour de scrutin, député de la première circonscription de l'arrondissement de Castres (Tarn), au siège rendu vacant par le décès de son frère, le baron André Reille ; il obtint 9,429 voix contre 8,47=, à son concurrent radical, M. Milhau-Ducommun.
Libre-échangiste au point de vue des matières premières, protectionniste en ce qui concerne l'agriculture, M. le baron Xavier Reille est républicain indépendant.
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PIONIS (Liouis PAPII^, dit Paul)
'^-^^""iTTÉRATEUR, ué à Baugé (Maine-et-Loire) le 27 février 1848. 11 fit de solides études classiques au lycée d'Angers et débuta dans les ^' lettres par un volume de nouvelles en prose et en vers, qui eut un certain succès : A la volée (eaux-fortes d'Edmond Morin, 1881).
M. Paul Pionis publia ensuite : Eclats de rire et sanglots, nouvelles (1882); Grand-maman Poupée (illustrations de Ferdinandus, 1887) et Pierre la Revanche, deux livres destinés à la jeunesse et qui ont atteint un grand nombre d'éditions ; la Chanson de Mignonne, poésies (1891) ; A l'a pointe de la plume, nouvelltfs (gravures sur bois dé Trinquier, 1893.' Il est en outre l'auteur de poésies intitulées : Douceur angevine, annoncées, mais non encore parues (1898).
M. Pionis a fait représenter : Réveil d'honneur, un acte en vers, épisode dramatique de la guerre de 1870-71. (Galerie 'Vivienne, 1894)
Il a été rédacteur en chef du Paris-Chronique et a collaboré à de nombreux journaux et revues de Paris et de la province, notamment : au Supplément du Petit Journal, à VEcho de la semaine, à la Revue artistique et littéraire du Maine, à Y Ouest artistique et littéraire, h la Revue illustrée des provinces de l'Ouest, au Voyageur du Centre, à la Revue moderne, à la Vie, au Semeur, à V Athénée, 'a \a Revue européenne, 'a la Famille, etc.
Il est membre de la Société littéraire de l'Ouest et de la Société philotcchnique de Paris.
SCHriElDEt^ ( Charles -PnospeF- Eugène)
^JI^^AiTRE DE FORGES et député, né au Creusot le l^ll» 28 octobre 1868. Petit-fils de Josephar^ff^» Eugène Schneider, qui fut ministre de
T^^ l'Agriculture et du Commerce en iS^i et président du Corps législatif (1870), fils de Henri- Adolphe-Eugène Schneider, maître de forges, député de Saône-et-Loire de 1889 à 1898, décédé à Paris le 17 mai 1898, M. Eugène Schneider, après avoir fait ses études classiques, entra, en 1887, aux usines du Creusot. auprès de son père, pour s'initier, de bonne heure, à la technique métallurgique et aux détails de l'administration.
Son père le nomma directeur général de ses usines en 1894 et se l'associa en 1896. Depuis la mort de ce dernier, il reste le seul chef de la maison.
Lors du renouvellement législatif de 1898, .M. Henri Schneider, dont la santé était déjà très ébranlée, demanda à son fils de se présenter à sa place. Celuici posa donc sa candidature dans la 2^ circonscription d'Autun et fut élu député, le 8 mai, par 11,948 voix, contre 3,107 à M. Lacomme, républicain et 2.06^ h .M. Lavaud, socialiste allemaniste.
Indépendant, M. Eugène Schneider n'est inscrit à aucun groupe du Palais-Bourbon ; il a déclaré vouloir «: rester en dehors des luttes politiques et se consacrer seulement aux intérêts de l'agriculture, du commerce et de l'industrie u.
HÉVY-DHUf?IVrEÎ^ (Liueien LtÉVV, dit)
'kistki. et sculpteur, né à Alger le 1 septembre i86s. Il vint de bonne heure à Paris, êiffSï? et s'occupa tout d'abord d'art décoratif ap- ~-^j pliqué à l'industrie.
\'ers 1887, M. Lévy-Dhurmer se consacra presque entièrement à la céramique; il dirigea dans les .Alpes- Maritimes l'important établissement de M. Clément Massier, et ses faïences à reflets métalliques, ses poteries d'un goût très personnel , révélèrent un incontestable talent en ce sens. Dans le même temps, il employait ses loisirs à poursuivre l'étude du dessin et de la peinture: il visitait aussi l'Italie, où la fréquentation des vieux maîtres affermit sa vocation naissante.
De retour à Paris, après dix ans d'un travail assidu, \1. Lévy-Dhurmer faisait, en 1896, chez Georges Petit, une exposition particulière de ses œuvres que la presse et la critique accueillirent fort bien. On cita
particulièrement parmi ses toiles : le Silence : la Maternilé ; la Fille â la Me'ihiille : les Bergers; Naïade; Circé ; la Bourrasque: Xotre- Dame Je Penmarc'li, etc.
En 1897, M. Lévy-Dhurmer exposait aux Artistes français un tableau intitulé: Au Paradis, et, en 1898, à la Société nationale des Beaux-Arts: // était une fois une princesse ; Dans la nuit, et Epis nouveaux, panneaux dont l'harmonie des couleurs et la poésie d'inspiration sont remarquables.
Il est en outre l'auteur de nombreux et intéressants portraits, notamment ceux de MM. Ravaisson- Mollien, Rodenbacli, Pierre Loti, le baron de Schikler, M. le comte et M"" la comtesse de Ponrtalès, M'"° Canibon , mère de l'ambassadeur , M"" la princesse de Poix, etc.
M. Lévy-Dhurmer a enfin exposé dans les galeries du Figaro un bas-relief de bronze, la Sorcière, œuvre de grand intérêt.
flYJVlÉ, baron de la CHEVl^ELilÈHE (Jean-IWarie-Charles)
ÉPUTÉ, né à Poitiers le 9 mars i8s8. Il appartient à une ancienne famille des Deux- W Sèvres et de Poitiers, très honorée et réputée pour son dévouement séculaire aux intérêts du pays, et qui a fourni plusieurs officiers de tous grades aux armées du Roi, de la République, de l'Empire : des sub-délégués, délégués de l'Intendance du Poitou ; des administrateurs, qui surent maintenir un calme relatif dans l'arrondissement de Melle, pendant la Révolution ; plusieurs conseillers d'arrondissement et conseillers généraux : un maire de Melle ; des députés aux Chambres ; un membre de l'Assemblée nationale en 1871, etc.
M. le baron Charles de la Chevrelière fit de brilla:ites études à Poitiers et à Paris. Il entra à l'Ecole de Saint-Cyr, en 1877, en sortit sous-lieutenact de cavalerie, passa par Saumur et fut ensuite promu sous-lieutenant au 20° dragons, puis lieutenant au lô" dragons et capitaine au même régiment.
Il comptait quinze ans de service, lorsqu'il, quitta l'armée active, en 1892, peu après son mariage avec M"" Séguier. Il est, depuis 1892, capitaine de réserve d'Etat-major.
Il fut élu maire de Gournay en 1893, conseiller général du canton de Chef-Boutonne Deux-Sèvres) en 189O et, le 8 mai 1898, au premier tour de scrutin, par 10,817 suffrages, contre 9,450 donnés à M. Goirand . avoué à Paris, député sortant, radical , les
électeurs de l'arroiiJissenient de Melle le choisirent pour leur député.
M. de la Chevrelière siège, à la Chambre, parmi les républicains progressistes. Au point de vue économique, le député de Melle estime que, '< dans les circonstances présentes, il faut défendre la production nationale du blé et du vin, contre la concurrence étrangère, libérée en bien des pays, des charges multiples qui accablent l'agriculture. »
POU^TELiIfJ (Auguste-Emmafîuel)
'iiNTRE, pastelliste et dessinateur, né à Arbois l^Jurai le 2^ juin 1839, et non le 4 janvier 1844, date donnée à tort par le Dictionnaire des Contemporains, de M. Vapereau.
Après la fin de ses études classiques, M. Pointelin entra dans l'enseignement secondaire et fut successivement chargé de cours et professeur de mathématiques aux lycées de Douai et Avesnes (Nord) et à Louis-le-Grand à Paris, en 1876, époque à laquelle il quitta l'Université.
Attiré par l'art, M. Pointelin avait pris les conseils de Maire et, dès 1866, il avait envoyé des tableaux au Salon. Il s'est depuis fait connaître et apprécier par des paysages, pris surtout dans son pays natal ; il excelle à rendre la poésie des crépuscules, dans une note grise d'une grande largeur de touche et d'une large conception.
Il convient de mentionner, parmi les œuvres exposées par cet excellent artiste aux Salons de la Société des Artistes français (peintures, pastels, dessins"), celles portant les titres suivants: le Pljtcaii,so\x\en\r des montagnes ; Soleil du matin chassant les brouillards (1866) ; Aurore (1869) ; Soir d'automne (18701 ; le Puits du Mousticr, Côte- d'Or (1874); le Bief d'Arche (1875) ; Sur nu plateau du Jura, V Automne (1876) ; Un Vallon (1877) ; Prairie dans la Coted'Or ; les Bois-Blancs (1878) ; Un taillis, le matin ; Une saiilee, le soir, et le Bord de l'eau, pastel ; Etudes, neuf aquarelles (1879) ; Soir de septembre ; Un ruisseau et Soir d'orage, dessins (1880) ; Coteau jurassien (1881); YAubc ; Collines rocheuses et Un Etang, pastel (1882); la Fin du bois ; Premiers raj'on s. pastel (1883); le Sentier des Roches; la Forêt, le soir ; la Combe aux Vipères, pastel (1884) ; la Lisière ; Soir d'hiver et Temps gris, pastels {1885) ; Un Pre dans le Jura ; Bouquet d'arbres à l'aube ;\qs Peupliers et le Soir dans les Saules, pastels (1886); Sur les monts ; Chêne, à la nuit tombante; le Matin et Sites
Jurassiens, pastels (1887); la Forêt mouillée ; le Lever du jour ; Chemin montant eX Automne, pastels : 1888); le Bief d'Amont, fin d'été ; la Roche du Loup-Blanc ; Bords de l'Ain et les Dernières feuilles, pastels ^1889); le Val Moussu ; Chênes des Brutes-Cornes ; Chemins creux et Plateau des Moidons, pastels : 1890); .-! l'orec d'un bois; le Haut-Jura (1891); l'Aurore dans les saules; Pleine lune d'octobre, pastels (1892) estes du Jura, vues de la plaine ; Lever de lune[iS())) Terrain vague ; Solitude (1894) ; Les fonds de Brc^in Mare en montagne (1895); Octobre, lever de lune; Soir, pastel ; Automne, fusain ^1896) ; Près Moussus (Jura) ; Aube grise, peintures; Arrière-Saison ; Soir, pastels (1897) ; Tertres rocheux, le matin ; Peupliers, le soir, peintures; Haut-Jura, pastel; Automne, fusain (1S98).
M. Pointelin a obtenu une médaille de 5° classe en 1878, une de 2" classe en 1881 et une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1886.
liESPlfJAY ( Zenobe - Alexis , MafRuis de)
ÉPUTÉ, né à Chantonnay (Vendée) le lo janvier 1854. Il est issu d'une des plus vieilles familles de Bretagne, dont l'origine connue remonte au xiv" siècle, et qui compte parmi ses membres, un marquis de Lespinay, baron des Essarts, de Chantonnay, Sigournis et le Puy-Belliard, capitaine au régiment du roi , chevalier de Saint- Louis et de la Légion d'honneur, député en 181 1; le général baron de Lespinay (1789-1869), commandeur de la Légion d'honneur, qui prit part à toutes les campagnes de l'Empire, baron de l'Empire en 1814, maréchal de camp en 1827, et pronotaire apostolique. Grand propriétaire, maire de Chantonnay depuis 1896 , M. le marquis de Lespinay fut nommé, en 1892, conseiller général de la Vendée pour le canton de ce nom. Sollicité de se présenter aux élections législatives du 8 mai 1898, dans la 1" circonscription de La Roche-sur-Yon , M. le marquis de Lespinay y fut élu, au premier tour de scrutin, par 9,338 voix contre 8,666 à M. Marchegay, député sortant. Monarchiste très libéral, il déclarait dans son programme :
Soit au Conseil général, soit à la mairie de Chantonnay. j'ai fait tout mon possible pour écarter tout ce qui nous divise. Mes votes vous disent assez que je suis un aiiii loyal des libertés, qui seules peuvent faire la grandeur et la puissance de notre pays.
Je ne me trouverai jamais dans les rangs de ceux qui cliercheraient à faire une opposition de parti pris au gouvernement de la République, dès lors qu'il s'inspirera des vrais intérêts de la Nation.
M. le marquis de Lespinay a épousé, en 1879, M"° Benoist d'Azy, petite-fille de l'ancien vice-président de rAssemblée nationale, bien connue dans la Vendée par son active participation à toutes les œuvres de bienfaisance qui y sont établies.
COÎ^BIJM (ChaMes)
^«^^iTTÉRATEUR , ancien officier supérieur d'Etat- 3lff/|f major, né à Paris le 24 juin 18^1. Après avoir »ff -)^ fait ses études classiques au collège Rollin, Y •^ il entra à l'Ecole Polytechnique en iBsi ; puis à l'Ecole d'Etat-major, comme sous-lieutenant, en i8s'; ; lieutenant en octobre iSss ; capitaine en décembre 1857 ; chef d'escadron en décembre 1868; lieutenant-colonel en décembre 1873 ; colonel en avril 1878 ; il diit, pour raisons de santé, quitter l'armée avec ce dernier grade, en 1883.
En sortant de l'Ecole d'Etat-major, M. Corbin avait été envoyé, sur sa demande, en Crimée, comme officier stagiaire, au 2° voltigeurs de la Garde ; il avait pris part, avec son régiment, à l'assaut de Malakoff. En 1859, il fit la campagne d'Italie, comme attaché à l'Etat-major général du 4° corps , assista atix batailles de Magenta et de Solférino et fut décoré de la Légion d'honneur à la suite de cette dernière.
Nommé aide de camp du maréchal Niel, il resta auprès de lui, en cette qualité, jusqu'à sa mort, survenue en 1869: il fut nommé ensuite attaché militaire à Londres , fit la campagne de 1870, d'abord comme attaché a l'Etat-major général du maréchal de Mac- Mahon, puis comme sous-chef d'Etat-niajor général du i" corps , fut blessé et nommé officier de la Légion d'honneur à la bataille de Ereschwiller, puis, fait prisonnier à Sedan.
NomméparM.Thiers,en 1871, chef d'Etat-major généra Ides gardes nationales, pendant la Commune; puis, détaché par le ministre de la Guerre auprès de la grande commission militaire de l'Assemblée nationale, M. Corbin collabora aux grandes lois organiques tlti'elle eut à préparer. De 1875 à 1877, il fut attaché militaire à \'ienne, puis, successivement, sous-chef d'Etat-major du 8' corps d'armée et chef du cabinet du général Borel, ministre de la Guerre.
M. le colonel (>orbin a produit de nombreuses études militaires qui parurent dans le Journal des Dchati. de 1871 à 187s; dans le Monilcur universel,
de 1882 à 1885 , et, depuis, dans la Revue des Deux- Mondes. Il a donné des nouvelles et des romans au Figaro, au Gaulois, au Moniteur universel, au Correspondant, et a fait paraître en librairie : Mes nuits blanches (1886); la 7'//ri///o/5tM' 1887), deux volumes de nouvelles, qui ont obtenu le plus grand succès ; la Comtesse de Sartèues, étude de mœurs (1889) ; Vertige (1891) ; les Défaillances (1892), romans ; le Crime de Juliette (1898), etc.
Les œuvres de cet écrivain et surtout ses nouvelles, qui appartiennent au genre fantastique, ont valu à leur auteur la dénomination d' 't. Edgar Poë contemporain. >/
M. le colonel Corbin est décoré de nombreux ordres étrangers et officier de la Légion d'honneur, depuis 1870.
HUIiA|^ (François, Comte de SUAt^EZ d')
fKPUTi:, né à Livourne Italiei le 7 juin 1864. ) Fils du marquis d'Aulan, qui fut écuyer de l'empereur Napoléon m et député de 1876 à 1881, il fit ses études classiques à Paris et accomplit ensuite son volontariat au 7° chasseurs, puis se réengagea comme maréchal des logis au 3" chasseurs d'Afrique ; il est aujourd'hui lieutenant de réserve au 19" dragons.
M. le comte d'Aulan s'est fait connaître surtout conime sportman, il a monté en course et dans les concours hippiques, où il a remporté de nombreux prix, à Paris et en province. 11 s'occupait aussi avec activité des questions éconorniques et agricoles: propriétaire dans laDrôine, il y préside le Syndicat agricole de Buis-les-Baronnies et la ligue plébiscitaire du département.
Lors du renouvellement général législatif de mai 1898, M. le comte d'Aulan se porta comme candidat nationaliste plébiscitaire dans l'arrondissement de Nyons [ Drôme) ; il fut élu, au deuxième tour de scrutin, avec 7,219 voix, contre 6,^43 à M. Boissy d'Anglas , député sortant , radical. Il demanda , dans son programme, '< le référendum municipal, l'élection du chef de l'Etat par le peuple, la diminution des impots visant l'agriculture, et la suppression des emplois inutiles dansl'administration »; il a déclaré être nationaliste et « s'inspirer de la devise " La France aux Français " pour combattre les menées des internationalistes de la politique et
des cosmopolites qui envatiissent notre marché français. »
FOÎ^EST (ppançois)
Tncien officier, député, né à Chaneaux
(Maine-et-Loire) le 13 septembre i8=j2. Il fit ses études classiques au collège Mongazon d'Angers et entra à l'Ecole spéciale mUitaire de Saint-Cyr, en 1872. Sorti, deux ans après, avec le grade de sous-lieutenant au 41'= de liî^ne, et successivement promu lieutenant, puis capitaine au 77" de ligne, M. Forest fut nommé, en 1887, professeur de législation et d'admininistration à l'Ecole de Saint-Cyr, où il occupa ces fonctions jusqu'en 1890. A cette époque, il donna sa démission pour se consacrer à l'exploitation d'un grand domaine agricole.
Il débuta dans l.i politique, comme conseiller général du canton de Rochefort-en-Terre (Morbihan), en 189V L'année suivante, il était élu conseiller municipal et maire de Malansac.
Lors des élections législatives générales de 1S98, M. Forest se présenta dans la deuxième circonscription de l'arrondissement de Vannes et fut élu député par 11,202 voix contre 4,608 à M. Autissier, directeur de la Société des Ardoisières de Rochefort-en-Terre, républicain.
Catholique conservateur et résolument protectionniste, M. Forest n'est inscrit à aucun groupe au Palais-Bourbon.
EPt^V (Chafles-FeirnaQd)
' «1^ irrKR.^TEUR et journaliste, né à Paris le 11 juin
«Isif ''''''T- Après avoir fait de bonnes études clas-
^jf ^ siques au lycée Saint-Louis, il suivit les
Y cours de la Faculté de Droit et fut reçu licencié en 1888.
Renonçant au barreau pour suivre ses goûts littéraires, M. Charles Epry entra, en 1889, au Journal des Débats, où il s'occupa plus spécialement du mouvement socialiste et, en qualité de rédacteur parlementaire, à l'Agence Daliiel. Chargé, en 1892, du courrier théâtral des Débats, il abandonna, un an après, ce journal, pour revenir à la littérature, tout en continuant à suivre, jusqu'en 1897,1e mouvement politique comme collaborateur, au Palais-Bourbon, de l'agence Dalziel, devenue AgciiccNatioualc.
Entre temps, il avait publié dans Y Evénement un loraan: Jean Valbert, qui parut l'année suivante (1891)
en librairie, sous le titre : La Worif^^ka. Il donna eiTsuite: Fantoches ! fantoches ! roman satirique du monde élégant (1897).
M. Charles Epry a fait insérer de nombreuses poésies dans ÏArt libre et la Revue des Beaux-Arts et des Lettres. II a terminé un volume de vers : VA me errajite, uns comédie en i acte et en vers: Tels quels! et un opéra-comique avec musique de M. Marcel Lefèvre : Clair de lune.
" Peintre exact, scrupuleux et mélancolique de la veulerie et du y'>M5??//c7!/5/;/6", dont les 'r fantoches,» nos contemporains, nous donnent le spectacle quasiquotidien, >/ a dit de lui, dans le Temps, M. Gaston Deschamps, M. Charles Epry n'est pas dans la vie le fataliste désabusé qu'il apparaît dans ses œuvres : il a étudié, comme publiciste, au cours de diverses enquêtes sur le mouvement socialiste, les causes de la misère et il concourt à en atténuer les effets comme administrateur de bienfaisance au vi" arrondissement de Paris.
M. Charles Epry est officier d'Académie depuis
GflliOT (Jules)
ÉPUTÉ, né au Havre (Seine-Inférieure 1 le 25 février 1839. Après avoir fait ses études classiques au lycée de Nantes, il entra au ministère des Finances (section des douanes) en 18=^9. Dix ans plus tard, vérificateur de i" classe, il donna sa démission pour entrer dans les affaires maritimes et coloniales.
Nommé vice-consul d'Italie à Nantes, M. Jules Galot abandonna ce poste à la suite d'un incident qui fit grand bruit : un soldat du I37''' de ligne, le croyant italien, vint lui proposer l'achat de cartouches du fusil Lebel, M. Galot fit arrêter le traître et résilia ses fonctions consulaires.
Il débuta dans la politique, en qualité de conseiller municipal de la commune des Moutiers-en - Retz (187=^), dont il devint maire en 1878. En 1880, il fut nommé conseiller d'arrondissement pour le canton de Bourgneuf-en-Retz.
Appelé à se fixer, vers 1882, dans la commune de Sainte-Marie, où il exploite une grande propriété, M. Galot ne tarda pas à être maire de cette commune (1884), puis conseiller général du canton de Pornic.
Très populaire dans l'arrondissement de Paimbœuf, il se présenta aux élections législatives de 1898, dans cette circonscription, et fut élu député.
A premier tour de scrutin, le 8 mai, par 7,^47 voix ^.jDtre 5,873 données à son concurrent républicain, M. Etiennez, maire de Nantes.
Conservateur libéral et indépendant, partisan de la liberté religieuse, du privilège des bouilleurs de crû et protectionniste, il n'est inscrit qu'au seul groupe agricole du Palais-Bourbon.
Administrateur de la Compagnie des charbons et briquettes de Blanzy-Ouest, vice-président de la Compagnie nantaise de navigation à vapeur, M.Jules Galot est officier du Nicham-lftikar et chevalier de l'ordre de la Couronne d'Italie.
WIL1SO5 (Datîiel)
ÉPUTÉ, né à Paris le 6 mars 1840. Fils du pro-
,^- priétaire du château de Chenonceaux et
.^i^ possesseur d'une grande fortune, il entra de
(jjf^y bonne heure dans la politique. Elu. dès
1S09, député d'Indre-et-Loire au Corps législatif,
cMUime candidat d'opposition à l'empire, il vota
^rintre la guerre.
Aux élections du 8 février l^7l, M. Wilson fut nommé représentant du même département à l'Assemblée nationale, par 31,302 voix et, le 23 juin 1872, conseiller général pour le canton de Loches. D'abord membre du Centre Gauche, il se fit inscrire ensuite à la Gauche républicaine et fit partie des commissions du budget. Il adopta l'amendement Wallon et ne prit pas part au vote des lois constitutionnelles. Réélu, le 20 février 187O. dans l'arrondissement de Loches, par 8.25=) voix, contre 7,33 1 obtenues par son concurrent, il fut un des 363 et retrouva son siège, après la dissolution, aux élections du 14 octobre 1877, battant, avec 8,4S2 voix, .Ni. F. Raoul-Du val, candidat officiel, i|ui en eut 5,705 seulement. Il fut nommé rapporteur
lierai du budget et appelé, en 1S79, au sous-secré- :riat d'Etat aux Finances.
11 épousa, en 1S81, la fille de M. Jules Grévy, pré- 'ient de la République. Renvoyé à la Chambre, sans
iicurrent, au renouvellement de la même année, le député de Loches fut chargé, en 1883, du rapport sur le projet de loi ayant pour objet la construction des chemins de fer de la Corse. Porté sur la liste républicaine du département d'Indre-et-Loire aux élections du 4 octobre 1885, il fut nommé par 40,018 voix sur 77,086 votants.
Propriétaire de la Petite France, journal publié à Tours, il fonda plus tard le Moniteur Je l'Exposition ; se servant de l'influence considérable que lui donnait sa situation auprès du chef de l'Etat, il attira
à ses journaux des subventions et des concours qui espéraient trouver leur récompense en décorations ou recommandations que pouvait obtenir, pour ses souscripteurs, le gendre du président de la République. M. Wilson fut ainsi mêlé au scandaleux procès qui commença d'abord par des poursuites contre le général Cafl'arel, .VIM""' Limouzin, Ratazzi et consorts, à propos d'une promesse de pot-de-vin de 50,000 francs payables entre ses mains. Cité comme témoin, le 7 novembre 1887. le dossier de l'instruction lui fut communiqué : il contenait deux lettres compromettantes pour lui qu'il remplaça par deux autres sans importance; mais la supercherie fut reconnue à l'audience: l'opinion publique alors s'exaspéra contre M. Wilson; le ministère dût, à la suite d'une interpellation à la Chambre, laisser déposer par le parquet une demande en autorisation de poursuites contre lui, qui fut accordée, et M. Grévy. accusé d'avoir fermé les j'eux sur les agissements de son gendre, dût se démettre de la magistrature suprême (1" décembre 1887).
Traduit devant le tribunal correctionnel de Paris, comme « complice d'escroqueries et de manœuvres frauduleuses dans l'exploitation de son crédit », M. Wilson fut condamné, le i" mars 1888, à deux ans d'emprisonDement,3 ,000 francs d'amende et l'interdiction pendant cinq ans des droits civiques, tandis que les autres accusés, bénéficiant des circonstances atténuantes, n'étaient frappés que de quelques mois d'emprisonnement, et M'"" Ratazzi purement et simplement acquittée. M. Wilson et ses co-prévenus interjetèrent appel et la Cour de Paris, réformant par un arrêt du 26 mars suivant, le premier jugement, constata l'exactitude des griefs formulés ; mais, considérant que « les faits précités ci -dessus ne tombent sous le coup d'aucune disposition répressive », elle mit à néant le jugement.
Après un an d'absence, M. Wilson reparut à la Chambre, le 26 novembre 1888. Sa présence eut pour effet de faire suspendre la séance. Par la suite, l'attitude de ses collègues à son égard ne fut pas toujours aussi intransigeante et l'on expliqua les ménagements dont il était l'objet par le fait que le député d'Indreet-Loire avait mis en lieu sûr plusieurs milliers de dossiers très compromettants pour le grand nombre de gens qui avaient eu recours à son appui.
Candidat au Conseil général dans le canton de Loches, en juillet 1889, .\1. Wilson échoua; mais au mois de mai 1892, il se fit élire conseiller municipal et devint maire de cette ville. Un procès devant le
tribunal de Loches pour corruption électorale, loin de lui nuire, augmenta son prestige. L'un des juges du tribunal, cite par le parquet comme témoin à charge, déclara à l'audience qu'il n'avait pas à déposer contre le prévenu et que sa citation comme témoin n'était qu'une manœuvre pour l'écarter comme juge (9-10 juillet 1892). Le Conseil municipal répondit à l'attitude du tribunal par une menace de démission collective. Un mois après (7 août), M. Wilson était élu conseiller général d'Indre-et-Loire par le canton de Montrésor. L'année suivante, il posait de nouveau sa candidature aux élections législatives générales dans l'arrondissement de Loches et il était élu député, par 9,4=s4 voix, contre 7,60=; à M.. Maurice Raoul- Duval, rallié (20 août 1893).
Au renouvellement de 1898, il fut renvoyé au Parlement, par la même circonscription, au scrutin de ballottage, le 22 mai, avec 8,999 '^'oix, contre 8,71s à son ancien adversaire, M. Raoul Du val.
Depuis qu'il est revenu à la Chambre, M. ^^'ilson n'a plus pris aucune part aux débats parlementaires.
I^EixTRE, né à Toulouse (Haute-Garonne) le 16 juin 1856. Venu de bonne heure à Paris, il suivit les cours de l'Ecole des Beaux-Arts, dans l'atelier de .M. Bonnat. et débuta au Salon des Champs-Elysées, en 1881, avec Tricolcnses, une toile qui fut très remarquée et qui se trouve au Musée de Pau. Vinrent ensuite : Saint-Jcrome ; Sabotier brcion (1883) ; Méditation , tableau qui est au Musée de Toulouse (1884); Portrait de M"" d'A. (1886) ; Coiiniicnt entra dans Paris Monseigneur le Dauphin de Franee (1887) ; la Légende de Saint-Martin {i8^S);Rosetta ; \in Portrait (1889); deux Portraits aux seules initiales •( 1890) ; Portrait de M'"° }'.(i89i); Portrait de M"" E. V. (1892).
A partir de cette époque, M. Henri Rachou exposa à la Société nationale des Beaux-Arts , où il a envoyé: Printemps, panneau décoratif; Souvenirs- Prière ; Portrait de M"'° la baronne de C. (1894); la Belle Panle, grand panneau décoratif, actuellement à la salle des Illustres au Capitolede Toulouse (1895); Saint-Martin ; Clocher; Tour; Tête de femme {ïh()6); Portrait ; Soir ; Etude d'intérieur (1897) ; Portrait de M'" A. V.; Chartreux; Prunier ; des Etudes (1898).
Portraitiste de talent, excellant à rendre les physionomies féminines, et peintre de genre très appré-
cié, cet artiste a reçu au Salon des Champs-Elysées une mention honorable en 1881, une médaille de 3" classe en 1884, une médaille de bronze à l'Exposition universelle de Paris en 1889, et une médaille de 2' classe, qui l'a mis hors concours, en 1890.
M. Henri Rachou a aussi figuré avec honneur aux expositions de l'étranger, notamment à Chicago, Anvers et Bruxelles. Il est, depuis 189s . membre sociétaire de la Société nationale des Beaux-Arts.
FEflflli (rJieolas-Joseph-Théophile)
Ë" ^ ndustrii:l, député, né à Badonviller i'Meurtheet-Moselle) le 12 septembre i8si. Il fit son droit à Nancy ; inscrit au barreau de cette
ville, en 1873, il se fit recevoir docteur en 187s et vint se fixer à Lunéville, en 1878, où il acquit une belle réputation d'avocat.
En 1883, des raisons de famille engagèrent M.Fenal à quitter la robe pour se consacrer à l'industrie II se mit alors à la tête d'une importante fabrique de faïence et tuiles à Pexonne (Meurthe-et-Moselle) ; il y créa une caisse de secours avec fonds de réserve pour l'établissement des retraites et s'occupa de construire des habitations à bon marché, vendues à terme à ses ouvriers ; ces créations philantropiques rendirent vite son nom populaire dans la région.
En 1896, M. Fenal abandonna cette entreprise, puis, sollicité par son ancien personnel, il se décida, en 1897, à en créer une semblable à Badonviller, dans laquelle il applique la participation des ouvriers aux bénéfices.
Nommé conseiller général de Meurthe-et-Moselle, pour le canton de Badonviller, en mars 1888, et constamment réélu depuis, il tient, dans cette assemblée, une place importante, notamment comme rapporteur du budget départemental, fonction dans laquelle il a succédé à M. Marquis, sénateur.
Lors des élections générales législatives de 1898, M. Fenal fut porté candidat par le congrès républicain et élu, le 8 mai, au premier tour de scrutin, par 12,811 voix contre 8,2'iO à M. Corrarddes Essarts, conservateur.
Républicain libéral progressiste, M. Fenal est nettement protectionniste, en ce qui concerne les intérêts agricoles
COQUAF^T (Geopges-Epnest)
ijg'RcHiTECTE, membre de Tlnstitut, né à Paris
. J[ ie 9 juin 1S31. Il entra à l'Ecole des Beaux- Jlp^ Arts en 1S47, y fut l'élève de Lebas, rem- ^S/ -f- porta le prix .Maillé-Latour-Landré, puis le Jeuxièmegrand prix de Rome en 1853, avec un projet de Musée pour nue capitale, le prix Abel Blouet et le prixdépartcmentalen iS^^iienfin, après ètreentrécinq fois en loge, le premier grand prix en 18^8, avec ce sujet : Hôtel des Invalides de la Marine.
Nommé inspecteur des Bâtiments civils en 1S64, il fut chargé Tannée suivante, avec M. Gustave Deville, d'une mission archéologique et épigraphique en Samothrace. A son retour (1866), il collabora aux travaux de la Cour de Cassation, sous les ordres de Louis Duc ; puis, en 1871, après la mort de Félix Duban, il devint architecte de l'Ecole des Beaux- Arts.
En cette qualité, M. Coquart transforma en musée de moulages antiques la cour intérieure du Palais des études (18741, en musée de moulages du Moyen-Age et de la Renaissance la chapelle de l'Ecole (1876- 1878), prépara les plans du monument d'Henri Regnault, élevé depuis, et commença la transformation en ateliers d'élèves des anciens bâtiments de l'hôtel (^hiraav, sur le quai Malaquais, etc. Ces fonctions lui furent retirées en 1890.
Cet architecte, dont la haute valeur artistique s'est manifestée en un grand nombre de dessins et de projets remarquables, n'a donné la mesure de son talent dans l'exécution d'aucune œuvre de réelle importance, (^est comme professeur et par ses envois aux Salons seulement qu'il s'est fait connaître.
Dans la pratique de son art, on ne connaît de lui que le Tombeau des généraux Lecomte et Clément Thomas, au cimetière de l'Est ; le Monument commémorât if de la bataille de Coulmiers ; un Lycée à Epinal avec M. DelairV, la Chapelle du grand séminaire de [.aval; le Monument de Crupel à Lille; le Tombeau de Philippe Fouqnet au cimetière de Rugles (Eure).
Au contraire, ses envois aux expositions, dessins et aquarelles, ont été nombreux et pour la plupart très remarqués; citons entr'autres : le Temple de la Victoire Aptère et les Propylées de V Acropole d'Athènes (1865) ; un Sarcophage peint trouvé à Pastum et la Décoration murale d'un triclinium de Pompéi (1866); Forum de Pompéi et Ruines d'Agrigente (1888); VArc d'Adrien à Athènes (1892), etc.
Elu membre de l'Académie des Beaux-Arts, en
remplacement deQuestel, le 19 mai 1888, M.Georges Coquart a obtenu plusieurs prix et une médaille d'or à l'Exposition universelle de 1889. lia été, à plusieurs reprises, nommé membre des jurys des Beaux-Arts et des Champs-Elysées (section d'architecture). Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1876 et officier d'Académie depuis 1888.
Ft^EJVIIET (Emmanuel)
fT.\TU.\iRE, membre de l'Institut, né à Paris le 6 décembre 1824. Neveu de Rude, l'illustre sculpteur, dont il fut l'élève et est resté jusqu'ici l'imitateur, .VI. Emmanuel Fremiet passa tout d'abord plusieurs années à la clinique et exécuta pour le musée Orfila divers travaux anatomiques, géologiques et d'iconographie comparée. Il fut, dans le même temps, employé à des travaux de peinture à la Morgue.
Son premier envoi aux Salons annuels date de 1843 : une Gabelle, plâtre, qui fut déjà favorablement accueillie. Nous citerons ensuite, de cet artiste , qui s'est illustré surtout comme animalier : Dromadaire, cire (1847); divers types de chiens : Faraude et Mascareau (1848) ; Matador, un Chameau tartare, 3° médaille (1849); ^^ Ours blessé, des Poules cochinchinoiscs et le Chien courant blessé, sa meilleure œuvre, aujourd'hui au musée du Luxembourg (iSiio); Ravageât et Ravageode, le Cheval à Montfaucon, étude remarquée, acquise par le ministère d'Etat (1853) ; cinq statuettes à l'Exposition universelle de 1853, 1^' ^^^ valurent une médaille de 3° classe : Carabinier, Artilleur à cheval. Voltigeur, Gendarme a cheval. Brigadier des guides, faisant partie d'une collection commandée par l'empereur et complétée en 1859 par un Cent-gardc, un Artilleur de la garde, un Zouave de la garde, un Sapeur et un Cheval de troupe; le Centaure Tcrée, un Chat de deux mois !i86ii; Cavalier gaulois, appartenant au ministère d'Etat ; Centaure emportant un 0«/-5, bronze (1863); Paon et ours; Chef gaulois, statue équestre (1864); Cavalier romain, à l'Exposition universelle de 1867, médaille de 2" classe; Napoléon j" , statue équestre; Métamorphose de Neptune en cheval {186S) ; Louis d'Orléans, frère de Charles VI, statue équestre en bronze pour le château de Pierrefonds; Chevaux marins et dauphins, groupe en bronze pour une fontaine 11870) ; Homme de Ta'ge de pierre, reconstitué sur des fragments humains de l'époque, et un buste colossal de la Guerre (1872) ; Fauconnier et Damoi-
selle, statuettes en broii/e argenté (1873) ;--cn 1874, une /6'(j««t! rf'.^rc, statue tumulaire en plâtre, différente de la statue équestre de cette héroïne, érigée la même année sur la place des Pyramides, et qui est son œuvre la plus justement critiquée; V Homme de rage lie pierre, reproduction en bronze, et Ménestrel du XV' siècle, statuette en bronze argenté (1875); Re'tiaire et gorille, beau groupe en terre cuite (1876); Saint Grégoire de Tours, statue en marbre pour le Panthéon, et Chevalier errant, statue équestre en plâtre (1878) ; Saint Michel, un Spadassin, statuettes en bronze doré et argenté (1879); Hommage à Corneille, bronze argenté ; Capture d'iti, jeune éléphant (1880); le Grand Condé, statue équestre bronze ; A/ /'s5 /(7«M)', bronze et marbre (1881); Stéphane le Grand, statue équestre bronze, pour la ville dejassy; Charles V, buste marbre pour la Bibliothèque nationale (1882); Porte-falot à cheval, pour THôtel-de-Ville de Paris; Charmeur de serpents, statuette bronze (i88'5); Ours et homme de Page de pierre, Chevaux de course, groupes bronze (18851; Chiens courants, Lévriers (1886); Saint Louis, statuette; Gorille, groupe plâtre (médaille d'honneur, 1887); VAïeul, statue équestre; Y Incroyable, statuette bronze (1888); une nouvelle Jeanne d'Arc, statue équestre (1889) ; Velasquei, statue équestre; Ane du Caire (1890); Saint Georges, statuette bronze (1891); Ah secours, groupe plâtre et bronze, et .4 Domrémv, statuette bronze (1893) ; Orang-Outang et sauvage de Bornéo, plâtre (1895) ; Saint Michel, statue plâtre, et Chat voleur, bronze (1896) ; La Poule aux œufs d'or, bronze et Homme de l'â^c de pierre, bas-relief plâtre d'une superbe exécution (1897) ; Cocher romain et Maternité, bronze (1898).
En outre de ces œuvres, généralement admirées, M. Emmanuel Fremiet a produit un certain nombre d'ojets d'art, édités par MM. Boussod et Valadon, qui ont un caractère plutôt commercial qu'artistique.
Nommé, en 187s, en remplacement du maître Barye, professeur de dessin au Muséum d'histoire naturelle et, en 189a, membre de l'Académie des Beaux-Arts, M. Fremiet a été décoré de la Légion d'honneur en 1S60, promu officier en 1878 et commandeur en 1896. Il est membre des académies royales de Madrid et de .Nlunich , commandeur de Charles III d'Espagne et des ordres royaux de Roumanie et de Munich.
DUpOUf^ (Eugène-plonentin)
WéJ^^j^KruTK, médecin, agriculteur, né à (Jrenoble le Jll^F 31 mars 1844, d'une ancienne famille du Dauphiné. 11 fh ses études médicales dans sa ville natale et se fit recevoir docteur devant la Faculté de Montpellier en 1866.
Lors de la guerre franco-allemande, M. le D' Dufour s'engagea dans les mobilisés du Nord. Nommé médecin-major du 3" régiment de marche, il prit part aux batailles de Pont-Noyelles, Bapaume et de Saint-Quentin, à toute la campagne de l'armée du .Nord et fut proposé pour la croix de la Légion d'honneur.
Successivement médecin des asiles d'Aix, de Dijon. d'Armentières (où il fut mis en disponibilité à cause de ses opinions républicaines par le ministre, M. de Goulard, en 1873'!, de Sainte-Gemmes, de Lyon et finalement de l'asile de Saint-Robert de Grenoble, M. le D' Dufour est resté médecin en chef de ce dernier asile de 1877 à 1S98, époque à laquelle il fut élu député.
Auteur de travaux appréciés sur les maladies mentales, notamment d'une thèse sur le Ramollisseiueiit du cerveau et d'un mémoire sur V Encombrement des asiles d'aliénés et des moyens d'y remédier, qui remporta une médaille d'or au concours international de Gand en 1869, le D' Dufour a préconisé et mis en pratiiiue l'im des premiers le système du « non restreint >, dans les services d'aliénés, c'est-àdire la plus grande liberté possible accordée aux déments. Il est membre de la Société médicopsychologique de Paris, lauréat et membre de la Société de médecine de Gand, ancien président de la Société de médecine de l'Isère, etc.
Ayant à diriger, à l'asile de Grenoble, une culture de 40 hectares, souvent récompensée depuis dans les concours régionaux, le D' Dufour fut amené à s'occuper pratiquement de questions agricoles. Il devint en 1884 directeur du Sud-Est. journal qui traite des applications des sciences naturelles à la culture, et il peut être considéré comme l'introducteur dans l'Isère de la culture delà betterave à sucre et de nouvelles méthodes pour la culture de la vigne. Il est président du conseil départemental de l'agriculture de l'Isère, président et fondateur de la Société d'élevage des cantons de La Mure, Corps, Valbonnais, membre honoraire de l'association d'agriculture de Grenoble, membre du conseil d'administration de la Société des viticulteurs de France, etc.
D'autre part, M. le D' Diifour a été nommé, en 1898, président du conseil d'administration de la Société des anthracites du marais de La Mure ; Isère).
Conseiller municipal de Saint-Egrève depuis 1888, maire de La Motte-d'Aveillans (Isère) depuis 1892, M. le D' Dufour fut conseiller d'arrondissement de La Mure de 1880 à 1885, et conseiller général pour le canton de ce nom de i88î à 1888, époque à laquelle il démissionna pour prendre la direction administrative de l'asile Saint-Robert. .\u Conseil général, il s'occupa tout particulièrement de l'organisation de l'enseignement agricole et du déclassement des routes départementales, dont il fut rapporteur.
Sollicité de se présenter aux élections législatives de 1898, M. le D'' Dufour n'accepta pas au premier tour de scrutin du 8 mai, mais au ballottage du 22. il posa sa candidature, comme républicain agricole indépendant, et fut élu par 7,08^ voix contre 4,2so données à M. Vogeli, député sortant, républicain.
Partisan des droits compensateurs pour l'agriculture, de la concentration républicaine en politique, .VI. le D' Dufour peut être considéré comme républicain radical.
Il est chevalier de la Légion d'honneur et du .Mérite agricole.
pliEt^S (Pieppe-liouis PUJOLi, dit)
•uTEUR dramatique, né à Paris le 27 avril 1867. Fils d'un fabricant de tissus, il fit ses études à Louis-le-Grand et au lycée Condorcet.
Après les avoir terminées, il demeura un an en Angleterre, en Allemagne et en Espagne, pour apprendre 1.1 langue de ces divers pays et, de 1888 à 1892, succéda à son père dans son industrie, qu'il abandonna brusquement pour la scène.
Naturellement porté vers le théâtre, M. Fiers joua dahord la comédie, en amateur, au cercle des Mathurins. Engagé ensuite, par .VI. Porel, directeur du L^rand Théâtre, il créa sur cette scène : Lysistrata, de .^laurice Donna v, et fut pensionnaire, de 1893 à 1894, de rOdéon .
Là s'arrêta la carrière d'artiste dramatique de M. Fiers, qui donna, comme auteur, depuis ce moment, sur diverses scènes parisiennes, de nombreuses pièces gaies, notamment : Paris-Baiar, 1 acte en vers ; An clair de la lampe, i acte, en vers (théâtre de la Bodinière, 1894), Vinrent ensuite: Autour de la Tour. I acte ; Pan's-Solcil, 1 actes (théâtre de la
Tour Eiffel) ; A la pointe du pied , 2 actes ; Ah ! Chaleur ! 2 actes (Moulin-Rouge) ; Ohc',là haut ! 2 actes ; Eh ! Ah ! 2 actes (Gaité Rochechouart) ; Petites-Binettes-Champs-Elysees, 2 actes (Alcazar d'Eté) ; Paris fui de sexe, 2 actes ; A nous Us femmes, 2 actes ; Cocorico, 2 actes ; la Prise de Grenade, i acte, opérette (Scala) ; la Reine des Reines, opérette en 3 actes, musique' d'Audran (Eldorado) ; Chc^ le couturier, i acte, musique de Victor Roger: Sport, ballet, avec musique de Goublier et Holtzer (Folies- Bergères) ; Fcmina, opérette, i acte, musique de Berger (Cigale) ; Flagrant délit, musique de Charton; Ohc ! Ohé !, avec Charles Mougel (Roulotte), etc.
M. Fiers a été l'un des propagateurs du grand mouvement sportif en France pendant ces dernières a.nnées.Membre fondateur du Racing-Club de France, berceau de l'Union des sports athlétiques, il a encouragé par la parole et par l'exemple, les exercices physiques, pratiquant lui-même la bo.xe, les courses à pied, l'aviron, l'escrime et autres sports, avec une maîtrise reconnue.
]VnE{^CIÉ (IVIairius-Jean-Hntomo)
fTATU.\iRE et peintre, membre de l'Institut, né à Toulouse le 30 octobre 1845. Il fut, à Paris, élève de M.M. Jouffroy, Falguière et de l'Ecole des Beaux-Arts, où il remporta, en 1858, le grand prix de Rome.
Dès le début de sa carrière, ses envois de Rome : Dalila et surtout David (1872;, mirent tout de suite M. Mercié en vue ; cette dernière œuvre lui valut une médaille de i" classe et la croix de la Légion d'honneur. Deux ans après, le jeune artiste envoyait au Salon son fameux groupe : Gloria victis (1874), qui lui fit obtenir la médaille d'honneur et rendit d'emblée son nom célèbre. C'est l'œuvre capitale du maître, qui n'a rien produit de meilleur depuis.
On ne saurait trop admirer, écrivait Paul de Saint- Victor, l'harmonieuse construction de ce groupe, la belle cadence de son équilibre, sa composition simple et pleine, exempte de tout hors-
d'œuvre et de tout placage L'exécution est d'une beauté et
d'une .science soutenue.
Loué unanimement par la critique, ce chef-d'œuvre fut acheté par la ville de Paris, et le bronze, avant d'être placé au square Montholon, figura au Salon de 187=,, « où, dit un biographe, il faut bien l'avouer, il n'a pas produit un aussi heureux eflet que le modèle en plâtre précédemment exposé. »
Dans la suite des expositions de M. Antonin Me rcié
on :i vil bien des œuvres de très grand mérite ; mnis on ne retrouve plus un succès pareil à celui obtenu par G!ori\i victis. 11 envoya aux Salons annuels, en 1876 : David avant le combat ; en 1877 : le Génie des j4r/s, groupe placé depuis au-dessus des guichets du Louvre, pour y remplacer le Napoléon III h cheval de Barye. Cette œuvre, l'une des plus importantes de M. Mercié, est aussi l'une des plus discutées :
— Ce groupe énorme, dit Paul de Saint-Victor, manque à la fois
de style, de goût, d'ordonnance monumentale et d'élévation
Ce Génie des Arts affecte la pose d'un écuyer d'hippodrome.
— Hardiesse de composition, apprécie au contraire M. Lafenestre, vigueur d'exécution, intelligence vive et nette du décor architectural, bien des qualités se réunissent pour faire du Génie des Arts une œuA're remarquable.
Citons encore : un bas-relief pour le Tombeau de Michel-Ange ; Arago, statue bronze, d'une bonne facture, mais peu ressemblante (1879) ; Judith et deux Portraits, peintures (1880); Après l'enterrement et Dalila (1881) ; Première étape et Quand même, groupe pour la ville de Belfort (1882); deux tableaux: Portrait de M"" F... et Vénus (celui-ci est au Luxembourg) et les médaillons de MM""' Gabrielle et William (1883) ; Léda , peinture (1884) ; le Souvenir, haut-relief (1885) ; le très imposant Tombeau de Louis- Philippe et de la reine Amélie ai Géniepleurant [1S81); une Statue de tombeau pour Constantinople (1888) ; la Vierge noire, peinture qui fut fort critiquée, et la Gloire et la Douleur pour le monument de Paul Baudry (1889); la Peinture, statuette; Victor Hugo, buste marbre (1890) ; En pénitence, groupe marb're, et la Toilette de Diane, statuette marbre (1891) ; le Regret ; Guillaume Tell (1892) ; une Madeleine, peinture ; le marbre de Guillaume Tell et le plâtre d'une Jeanne d'Arc pour Donrémy (1895) ; Po'ir l'honneur, plâtre (1896) ; Tombeau de M"" Carvalho, bas-relief marbre ; Eveil de l'Afrique, statuette bronze, et V Enfance de Bacchus , bas-relief pour cheminée (1897) ; Au Sérail, buste cire teintée ; Psyché sur le rocher, statuette marbre ; le Fruit défendu et un Portrait, peintures (1898).
M. Antonin Mercié est, en outre, l'auteur de la statue de M. Thiers, à Saint-Germain-en-Laye ; d'un Saint Eloi, qui est au Panthéon ; du monument de Victor Massé, à Lorient ; du fronton de la Nouvelle Sorbonne : les Sciences ; il a collaboré avec M. Falguière pour le monument à V Amiral Courbet etc.
Cet éminent artiste a obtenu, en outre des récompenses aux Salons dont nous avons parlé, la médaille d'honneur à l'Exposition universelle de 1878 et le
grand prix à celle de 1889. Officier de la Légion d'honneur en 1879, il a été promu commandeur en 1889 et élu membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1891.
tDUBOIS (Clément-ppançois- Théodope)
usiciEN, Directeur du Conservatoire national de musique et de déclamation, membre du l'Institut, né à Rosnay (.Marne) le 24 août 1837. Elève du Conservatoire en i8s4; .Y eut comme professeurs Ambroise Thomas pour la composition, Marmontel, Bazin et Benoit ; il obtint plusieurs premiers prix et, en 1861, le grand prix de Rome, avec une cantate intitulée Atala.
Il envoya de Rome une Messe, un opéra italien et deux Ouvertures, dent l'une fut exécutée au Conservatoire en 1866.
Revenu à Paris, M. Th. Dubois fut maître de chapelle à Sainte-Clotilde de 1863 à 1868 et à la .VlaJeleine de 1868 à 1875 ; puis organiste de cette dernière église jusqu'en 1896.
Nommé professeur d'harmonie au Conservatoire en 1871, il devint, en 1884, inspecteur de l'enseignement musical, puis professeur de composition au Conservatoire en 1891, après le décès de Léo Delibes. Elu membre de l'Académie des Beaux-Arts en 1894, en remplacement de l'illustre maître Gounod, M. Théodore Dubois a vu sa carrière couronnée en 1896 par sa nomination aux hautes fonctions de directeur du Conservatoire national, rendues vacantes par la mort d'Ambroise Thomas.
Dans ce poste, il n'exerce point cependant une autorité aussi absolue que son prédécesseur, certaines modifications ayant été apportées aux prérogatives du directeur de notre grande école lyrique. C'est ainsi que M. Dubois est assisté d'un conseil supérieur de l'enseignement pour les études musicales et d'un autre pour les études dramatiques ; son rôle se borne a exécuter les décisions de ces deux comités.
M. Théodore. Dubois est l'auteur de plusieurs oratorios et morceaux religieux, notamment : Les sept paroles du Christ [i%6']). Le Paradis perdu , couronné au concours de la ville de Paris en 1878 , une grande Messe pontificale, exécutée à Saint-Eustache (189^'] ; une Messe des Morts : Deiis Abraham, Tu es Petrus, etc. Il a donné au théâtre : la Gu{la de l'Emir, composée en 1869 et qui ne fut représentée qu'en
187^ au théâtre de l'Athénée ; le Pain his, donné à rOpcra-Comique, en [878 ; la Farjihloh\ hallet joué h l'Opéra en 1.S83 ; Ahc'ii- Hiiiiic/ , drame lyrique mis à la scène au Théâtre Italien en décembre 1883, à la veille de la faillite de cet établissement ; Xavicrc, représentée à rOpéra-Comique en 189=^. Au nombre de ses œuvres , il faut encore compter plusieurs suites d'orchestres, scènes lyriques, des recueils de pièces de piano, d'orgue, etc., des ouvrages didactiques, etc.
Le directeur du Conservatoire est officier de l'ordre du Sauveur de Grèce, et de l'Instruction publique. Décoré de la Légion d'honneur en iSS'j, il fut promu officier de cet ordre en 1896.
BOUGUEF^EflU (Adolphe-William)
j^EiNTRE, membre de l'Institut, né le v> novembre 182s, à La Rochelle. Elève de Picot à l'Ecole des Beaux -Arts, il partagea avec Baudry le grand prix de Rome en 1830. Le sujet du concours était : Zcnohic trouvée sur les bords lie l'Araxe. Dès son retour de Rome en iS^ï, il exposa au Salon et remporta une 2'' médaille.
11 n'est peut-être pas un peintre vivant qui ait vu ses œuvres aussi souvent reproduites par la gravure et la lithographie que M. Bouguereau. Elles plaisent toujours au grand public, qui se presse en foule chaque année devant les toiles envoyées par ce maître au Salon des Champs-Elysées. Elles charment, à la vérité, par la fraîcheur du coloris, la grâce des figures et la vive harmonie des tons.
La '«. manière »de M. Bouguereau a, toutefois, soulevé de nombreuses et vives critiques. Si le dessin de ses toiles est serré, son mode d'exécution les rend froides et monotones; on trouve exagérée la «joliesse» de ses '< pâtes tendres » et l'on reproche à ses chairs, d'une transparence extra naturelle, sans muscles, <ans squelette pour les soutenir, de manquer de \érité et de vie.
Quelque appréciation que l'on porte sur son genre de peinture, .VI. Bouguereau doit être placé dans la phalange des artistes qui sont la gloife de notre pays.
Ses principales œuvres sont : le Triomphe Ju martyre s i8s=i) : le Retour de Tobie ; les Quatre heures du 'ur, plafond ; le Jour des morts ; l'Amour blesse ,18^91 ; la Première discorde ; Faune et bacchante ; le Retour des champs ; la Paix ( 1 86 1 j ; le Sommeil ( 1 864) ; les Premières caresses ; Convoitise (1866) ; Apollon et
les muses dans l'Olvmpe, plafond ; Entre la richesse et l'amour (1869) ; Pendant la moisson (1872) ; Petites maraudeuses (1873) ; Homère et son guide : Italiennes à la fontaine (1874) ; Flore et Zéphire (1875), toile acquise pour un musée d'Amérique, où elle fut détruite par un fanatique sous prétexte d'indécence ; \a Jeunesse et l'amour (1877) ; Jeune fille se défendant contre l'amour (1880) ; la Nuit (1883) ; \i Jeunesse de Bacchus (1884) ; Biblis (188^) ; VAmonr désarmé (i88é) ; VAmonr vainqueur (1887) ; Premier deuil (1888) ; Psyché et l'amour ; la Leçon (1889) ; VAmonr mouillé. Premiers bijoux (1891) ; Offrande à l'amour (1892) ; le Guêpier (1893) > Vlmioccncc, la Perle (1894) ; Psyché et l'amour (1893) ; la Vague (1896) ; Compassion, Blessure d'amour (1897) ; r^S5i7«/, Inspiration (1898) ; etc.
M. William Bouguereau, en outre, a peint un grand nombre de sujets religieux et quelques portraits, notamment le sien qui a figuré au Salon de 189s et appartient au musée d'Anvers.
M. Bouguereau, qui a été vice-président de la Société des artistes français, a été élu membre de l'Académie des Beaux-Arts, en remplacement de Pils, le 8 janvier 1876. Il a présidé, jusqu'en 1891, l'Association des artistes peintres, architectes, graveurs et dessinateurs, fondée par le baron Taylor.
Ce peintre s'est vu décerner une médaille de \'° classe en 1857, ^^^ '^^ 3^ classe à l'Exposition universelle de 1867, une médaille d'honneur à celle de 1878 et la médaille d'honneur du Salon en i88v Chevalier de la Légion d'honneur le 15 août 1859. officier le 24 juillet 1876, il est commandeur depuis le 12 juillet 1885.
PASCAL» (Jean-Iioais)
'RCHiTECTE, membre de l'Institut, né à Paris le 4 juin 18^7. Il fut, à l'Ecole des Beaux-.\rts, l'élève de Gilbert et Q.uestel, obtint divers prix particuliers, fut six fois logiste, remporta le deuxième grand prix de Rome en 18=19 ^^ en 1864 et le premier grand prix en 1866. Lamême année, il envoyait au Salon un Projet de Palais pour le Corps législatif de la Haye, qui lui valut une récompense.
De ses envois d'Italie, on peut citer les principaux : Restauration de la Palestre impériale dans le Palais des Césars, à Rome ; étude sur V Eglise et le Couvent Filippo Néri, à Naples ; la Villa Médici, à Rome ; le
Piil.iis .S7/v)^,-/', à Florence ; le PaLiis /ùinirsc. à Rome; la Callu-dralr dr Salcnir: le Cloître de Sûii/j- Mûn,i-N,}vi-//,i, à Florence; la Cj///,',/ raie de Pise : Eludes à Poiiif>ei\ etc.
M. Pascal, qui obtint plusieurs prix en divers concours publics, a produit d'importants travaux, notamment : Moiniinent dn colonel d'Argy, à Rome; la décoration de la Chapelle de la Rochelle; l'exécution de la Faculté de Alédecine de Bordeaux; les monuments de Henri Reonault (avec M. Coquarti, et de Michelet ; la transformation de la Salle Vcntadour, pour la Banque de France; le Pavillon des Colonies portugaises, à l'Exposition universelle de 1878, de nombreux hôtels, maisons, villas, etc.
Architecte de la Bibliothèque nationale et des diocèses de Valence et d'Avignon, inspecteur général des Bâtiments civils, membre de divers jurys, professeur d'architecture, M. Pascal a reçu une médaille de i" classe en 1878 (Exposition universelle). Il a été élu membre de l'Académie des Beaux-.Vrts 'en remplacement de M.André), le 3 mai 1890.
Il est officier de la Légion d'honneur depuis 1889, officier de l'Instruction publique et décoré de l'ordre de San Thiago de Portugal.
FERf^EF{0 (Ppospep-Philippe-Benoît)
|uBLicisTE, député, né à Marseille le 2s décembre i8'59. Il fit ses études au lycée de sa ville natale et fut ensuite élève de l'Ecole supérieure de Commerce. Sorti de là en 1879, M. Prosper Ferrero entra, comme employé, à la Compagnie des Messageries Maritimes, où il est resté pendant quelques années.
Rédacteur au journal le Petit Provençal, de 18S4 à 1889, M. Prosper Ferrero a fondé une quinzaine de revues ou de journaux littéraires, notamment : la Sève, la l.ig'i'" "'« Midi, le Travailleur, VEcho du Midi, etc., et s'est occupé très activement, de bonne heure, des questions politiques et sociales.
Nommé conseiller municipal et adjoint au maire de Toulon en 1892, maire en 1893, puis conseiller général du canton ouest en 189^, M. Prosper Ferrero comme maire de Toulon présida, avec une distiiiction qui fut alors unanimement appréciée, les fêtes données en cette ville, lors de sa visite en France, à l'escadre russe commandée par l'Amiral Avellan (1893). 11 a créé à Toulon toutes les écoles suburbaines; il a aussi proposé un projet d'assainissement
de celte ville, M]iprouvé par les pouvoirs publics, mais repoussé parle Conseil municipal, en 181)8.
Candidat à la députalion, lors du renouvellement général de la Chambre, en 1898, M. Prosper Ferrero fut élu député de l'arrondissement de Toulon, par 7,S22 voix contre 6,541 obtenues par M. Abel, député sortant, radical, au 2" tour de scrutin, le 22 mai.
Inscrit aux groupes socialiste et viticole, M. Prosper Ferrero, très compétent dans les questions maritimes, fait aussi partie du groupe des députes des ports.
{^OBIH (Maupice)
jg»JS..
NDusTRiEL, chimiste, né à Mareuil-sur- Arnou (Cher) le 16 avril 1856. Fils d'un pharmacien, il fit ses études classiques au lycée de Bourges et vint ensuite à Paris pour y suivre les cours de l'Ecole supérieure de Pharmacie. Interne des hôpitaux en 1879, puis chef de laboratoire, M. Maurice Robin a été l'auxiliaire de Paul Bert dans ses recherches sur la combustion des gaz dans le sang. Sur ce sujet, il a fait de nombreuses communications à l'Académie de Médecine, en collaboration avec Paul Bert et Dumontpallier.
Dès 1881, il faisait sur les sels de fer une découverte qui eut un grand retentissement dans le monde scientifique et le corps médical. Il découvrit, en effet, la forme chimique sous laquelle le fer est assimilé et démontra à ce propos, le premier, le rôle physiologique de la glycérine formée dans l'intestin pendant le phénomène de la digestion. Il trouva, en effet, le moyen de préparer industriellement le peptonate de fer, sel ferrugineux assimilable, et cette découverte fut présentée à l'Académie des Sciences en i88t par .M. Berthelot. Plus tard, ce nouveau sel chimique fut analysé et étudié par le professeur G. Pouchet, de la Faculté de Médecine de Paris.
M. Maurice Robin, devenu ensuite fabricant de produits pharmaceutiques et chimiques et fournisseur, en cette qualité, des hôpitaux coloniaux, a continué à s'occuper de recherches scientifiques. Ses travaux sur les alcaloïdes, sur Viodo^one et sur les essais chimiques des glycéro-phospliates ont été très remarqués.
.Médaille et hors concours pour ses produits à de nombreuses expositions de France et de l'Etranger, ce chimiste a été plusieurs fois membre des jurys.
Secrctairc de la deuxième section i-lo la classent (hygiène, produits pharmaceutiques, alimentation), il a été chargé d'organiser cette section h l'Exposition universelle de 1900. Membre de sociétés savantes, notamment de la Société française d'hygiène, de la Société chimique de Paris, de la Société de géographie commerciale, etc., M. Maurice Robin est officier d'Académie et dignitaire d'ordres étrangers.
TOURNIEZ (Vietop-FePnand-Albeft)
. CKivAiN, avocat, né le 24 mars nSss, à i'amiers à (.Vriègei.
Il fit ses études classiques au collège de sa natale, puis vint à Paris où il prit ses iiiscriptions de droit. Inscrit au barreau de cette ville en 1880, il quitta la robe en 1894 pour occuper le poste de bibliothécaire au ministère de l'Instruction publique et djs Beaux-Arts.
M. Albert Tournier est surtout connu comme journaliste et homme de lettres. Dès la vingtième année, il collabora à la République Française, sous les auspices de Gambetta. Il publiait ensuite à V Evcncincnt des chroniques et un courrier parlementaire remarqué ; il a collaboré en outre au Figaro, :i Germinal, au Téléirraphe, au Matin, à la Paix- Sociale, etc., et à de nombreuses revues, notamment : la Revue Bleue, la Nouvelle Revue Internationale, la Revue des Revues, la Revue Occidentale, etc., aux .|uelles il a donné des études historiques appréciées.
Cet écrivain a publié en outre : un Chansonnier provençal (i vol. 1889) ; Gambetta et le général Boul.tiiger ; Gambetta (souvenirs anecdotiques) ; ifn paysan orateur du Dauphinc'; V Epopée Garihaldienne, avec illustrations du général Bordone, ancien chef de l'état-major de l'armée des Vosges (1889); la Quinzaine du Crime; Des Alpes aux Pyre'nées, en collaboration avec Paul Arène (1890); Un Thermidorien (dans la Paix Sociale, 1893) ; les Débuts de la Révolution à Pamiers (189^) ; la Convention en exil, -crie d'études sur les conventionnels : la partie concernant les régicides réfugiés aux Pays-Bas a paru dimV Etoile Belge ( iS()(i}; la Terre d'Oc, en collaboration avec Louis Roux-Servine: Vadicr, président du Comité de la Sûreté générale sous la Terreur (1897:.
M. Tournier, écrit M.Jules Clarctie dans lapréfaoe qu'il a consacrée
Vadier, esi enfant de Pamiers, comme le redoutable prcsidont
■Xn Comité de Sûreté générale dont il a écrit l'histoire. Resté
pyrénéen à Paris, et fidèle à la terre natale, il en a célébré les
gloires, peint les fiers paysages, écrivant après un Chansonnier provençat, car il est félibre comme tout bon méridional, un livre e.xquis avec Paul Arène : Des Alpes aux Pyrénées,
C'est surtout un volume ardent et enthousiaste : Gamhetla. qui me l'a fait connaître. Livre singulièrement mouvementé, dramatique, car Albert Tournier a le don de la vie. Il avait travaillé jadis à faire élever un monument à Lakanal, l'homme de l'instruction publique à la Convention; il a voulu en élever un autre à l'un des triumvirs qui passent inquiétants sur le ciel d'orage de la Révolution : Amar. Vadier, Voulland...
Ici. le félibre a fait place à l'historien.
Sollicité par les comités radicaux et de concentration républicaine de l'Ariège de se présenter aux élections générales législatives de mai 189S, M.Albert Tournier obtint, dans l'arrondissement de Pamiers, S.-î6o voix contre 9,841 à l'élu, W. Julien Dumas, député sortant.
Vice-président de la « Cigale /> et des '< Félibres de Paris», M. Albert Tournier s'est activement occupé du mouvement artistique qui a eu pour couronnement les fêtes littéraires du Théâtre antique d'Orange. 11 appartient aux associations de la Presse parlementaire, de la Presse judiciaire de Paris, à l'Association syndicale des Journalistes républicains, etc.
Kt^flUSS (Philippe)
ÉpuTÉ, né à Lyon, le 14 janvier 1864. Issu ll»;s&B d'une famille peu fortunée , qui compte dans son alliance la célèbre cantatrice %5 Gabrielle Krauss, il avait à peine commencé ses études classiques au lycée de sa ville natale, quand la mort de son père les interrompit ; le jeune homme déjà orphelin de mère, dut gagner sa vie.
Entré aussitôt, comme tout petit commis, dans une importante fabrique de chocolat de Lyon, il y devint bientôt l'un des principaux employés. Plus tard, M. Philippe Krauss devint le représentant lyonnais de la grande raffinerie de pétrole Fenaille-Despaux.
Entre temps, .^l. Philippe Krauss avait contracté, à dix-huit ans, un engagement volontaire au 14" bataillon de chasseurs à pied et, une fois libéré du service rnilitaire, s'était lancé dans la politique. Dès la fin de 1S86, il était secrétaire du Comité central des comités radicaux de la ville de Lyon. Depuis cette époque, il n'a cessé de faire la plus active propao-ande en faveur des idées républicaines avancées, ce qui lui valut une grande popularité dans les milieux ouvriers de la cité lyonnaise.
Nommé conseiller municipal i.iu v' arrondissement de Lyon, en 1896, puis rapporteur devant cette assemblée de la commission des grands travaux de la ville, M. Philippe Krauss conclut, en cette qualité, à un emprunt de conversion de quatre-vingt-cinq millions et à vingt millions de travaux neufs. Son rapport fut adopté à l'unanimité.
Lors des élections législatives de 1898, il fut élu député de la ^' circonscription de Lyon (la Croix- Rousse), au 2'' tour de scrutin, le 22 mai, par 3,381 voix contre 2,611 obtenues par son concurrent, M. Flourens, ancien ministre des affaires étrangères, député sortant.
M. Philippe Krauss est inscrit au groupe socialiste du Palais-Bourbon ; il a nettement adhéré au programme socialiste minimum présenté par M. iVIillerand au banquet de Saint-Mandé.
ZAI^I iW iaOfilllB% née Elzéarine Ol^TOliArJ, dite)
'CRivAiN, née à Paris, fille du célèbre jurisconsulte Ortolan. Elle débuta dans la littérature en 1884 par un roman très remarqué :
Gnillciiii'ifc , étude approfondie du cœur humain, aussi neuve qu'attrayante. Vinrent ensuite : la Fefc des neiges , charmant et troublant récit du Nord, où beaucoup de savoir se joint à Télégance du style ; les Bruyères de Serqueux (1886) ; Marthe et Christine, œuvre délicatement féminine, autant par la pureté de la conception que par l'élégance de l'exécution ; la Tour de Jeanne d' Are [i?,?,-]) ; le Fada, roman provençal dont la critique littéraire de Vl/histration disait le 20 juin 1891 :
C'est une œuvre pleine de passion et de poésie. La description des sites et des monts de la Provence s'y trouve tracée par un esprit qui aime la vérité ; l'analyse psychologique de chacun des personnages qui y vivent est présentée avec charme et sincérité. C'est à ces deux qualités que Zari doit en partie d'avoir pris place, dès ses débuts, parmi nos romanciers contemporains les plus distingués.
M'"" Zari a donné aussi : le Fils de Christophe Colomb, paru dans le Mon/leur universel ; la Porte du Cloître; Miss Arahell ; Le plus grand des amours; Tout à la joie, et plusieurs nouvelles au Petit Journal.
Cet écrivain a produit en outre de petites pièces représentées dans les Salons et sur la scène du théâtre
I delà Hodinière; la Tour de Jeanne d'Arc, jouée un } peu partout et Avocat consultant, vive satire contre
le féminisme, qui eut un franc succès au Théâtre
d'application, le 22 mai 1898.
DOeUlSSOfl (Liouis-Chaples-nimé)
KPUTK, médecin, né à Lesneven (Finistère), le 12 février 1S42. 11 accomplit ses études médicales à Paris, ou, comme externe des hôpitau.K, il obtint une médaille de bronze et fut reçu docteur en 1869, avec une thèse fort remarquée sur Vlnoculation des produits septiques et tuberculeux.
L'année suivante, lors de laguerre franco-allemande, le D' Dubuisson fut nommé médecin-major du 3" bataillon des mobilisés du Finistère, qui fit partie de l'armée de la Loire.
Etabli depuis à Châteauneuf (Finistère), où il exerçait sa profession avec un grand dévouement, il fut successivement appelé dans cette ville aux fonctions de conseiller municipal, d'adjoint au maire et d'ordonnateur du bureau de bienfaisance.
M. le D' Dubuisson fut élu conseiller d'arrondissement du canton de Châteauneuf ' en 1888 et conseiller général en 1891. Membre du Conseil départemental, de l'Instruction publique et de la Commission départementale, il a été chargé de l'organisation du service de l'Assistance médicale gratuite dans le département du Finistère ; il a été, en outre, rapporteur de la Commission des chemins de fer, qui adopta un nouveau réseau départemental et de divers autres projets d'intérêt local.
M. le docteur Dubuisson est trésorier du Comice agricole de Châteauneuf.
Lors des élections générales du 8 mai 1898, il fut élu député de l'arrondissement de Chàteaulin (Finistère), sans concurrent au premier tour de scrutin, par 8,461 suffrages.
Le député du Finistère, résolument protectionniste, est inscrit au groupe agricole de la Chambre. Républicain libéral indépendant, il est partisan«dela liberté de conscience, de l'assistance dans toutes ses formes, de la diminution des frais de justice, de l'organisation d'une caisse de retraites pour les travailleurs, etc. yy
MRIiOT (Heetop-Henpi)
^1^ oMANciER, né à 1.1 Brouille (Seine-Inférieure) le 20 mars 1830. Fils d'un notaire, il fut luimême clerc dans une étude, ^'e^s i8s3-S4, il écrivit dans divers petits journaux, colhibora ensuite à la Biagrciphic gciicralc de Firmin Didot et à quelques pièces pour les théâtres du boulevard ; il fut aussi chargé du feuilleton dramatique auLlovd fr<inçiiis et rédigea des brochures, politiques selon d'aucuns, historiques suivant les autres, pour le compte d'un sénateur.
Ensuite, M. Malot publia, sous ce titre générique : !S Viitimcs J\imour, trois romans de famille : les mants (18^9), les Epoux (1863') et les, Enfaiili 866). Il donnait, dans le même temps, un volume, m peu oublié depuis : la Vie moderne eu Angleterre, Tue son auteur lui-même jugea trop démodé pour [me réédition.
CeX écrivain a fait paraître, en outre, les romans suivants : les Amours Je Jacques (1868) ; Un Beau- Frrre (1869) ; un roman pour les enfants : Romain K.ilhris (i86q) ; Une Bonne A/faire {iS-]o); Madame Chrrnin (1870) ; Un Curé Je province (1872) ; Un Mariage sous le second Empire (1873) ; Une Belle- Mère (1874) ; l'Auberge du monde (187S-1876, 4 yol.) ; ks Batailles du mariage (1877^ 3 vol.) ; Cara (18781; S.iiis famille (1878, 2 vol., couronné par TAcadémie française) ; le Docteur Claude (1879, 2 vol.) ; la Boli'ine tapageuse (1880, 3 vol.) ; Pompon (1881) ; Une Femme d'argent (1881) ; la Petite Sœur {18S2, 2 vol.); Ir^ Million-; honteux (1882) ; les Besogneux (1883, 2 vol.) ; Poulette {1883) ; Marichctle (1884, 2 vol.) ; Micheline (1884) ; le Lieutenant Bonnet (1885) ; le Sang Bleu (1883) ; Baccara {1886) ; Zyte{j%%6) ; Vices français (1887) ; SéJuction (1887) ; Ghislaine (1887) ; MonJaine (1888) ; Mariage riche (1889) ; Justice (1889) ; Mère (1890); i4«/t' (1891) ; Complices (1892); En famille (1893) ; Amours Je jeunes et Amours de vieux {iS<)4).
Acetteépoque, M. Hector Malot résolut de ne plus écrire de romans. II annonça cette détermination par une lettre adressée au journal le Temps (2s mai 1893), dont voici le passage principal :
Mais en quoi l'artiste, son œuvre .iccomplie, fait-il acte méritoire en mourant la plume ou le pinceau .i la main, au lieu de s'arrêter dans une production qui n'a plus d'autre but que d'exploiter un nom auquel les années ont donné une valeur commerciale, alors que cette exploitation n'est indispensable ni à sa vie '" Il ■riellc ni à celle de sa famille V N'y a-t-il pas là une obstina-
tion scnile et aussi une àpreté de gain qui ni lune ui l'autre ne méritent l'éloge ? Ce n'est pas la plume à la main que ceux-là meurent, c'est l'argent à la main.
(.^ette déclaration fit dire malicieusement alors, que '< M. .Vlalot se retirait des aflaires après fortune faite. »
L'auteur de Sans famille a pourtant repris la plume pour écrire le Roman Je mes romans, en 1896.
M"'° Hector Malot, a publié elle-mémedes romans: Folie J' A monr [iSS-]) ; le Prince (1892); la Beauté (1896) ; VAmour Jominateur (1897), etc.
JWÉIiirlE (Félix-Jules)
l'iTTi'-, ancien président du Conseil des ministres, né à Remiremont (\'osges) le 29 mai 1838. Venu de bonne heure à Paris faire ses études de droit, il se fit inscrire au barreau de la Cour d'appel en 1860.
11 fit de l'opposition démocratique sous l'Empire et, après le 4 septembre 1870, ses opinions républicaines lui valurent d'être nommé adjoint au maire du 1" arrondissement. Il s'associa de tous ses efiorts à la politique du gouvernement de la Défense nationale et, en mars 1S71, se vit élu membre de la Commune par son arrondissement, mandat que M. Méline refusa.
Le 12 octobre 1872, il fut élu député des Vosges à l'Assemblée nationale par 32,160 voix contre 25,868 à M. .Mougeot, monarchiste, et siégea dansles groupes de la Gauche et de l'Union républicaines. Il soutint le gouvernement de M. Thiers, combattit le ministère de Broglie, vota l'ensemble des lois constitutionnelles et fut réélu, le 20 février 1876, par8, 071 voix sur 9,430 votants, dans l'arrondissement de Remiremont. Elu aussi membre du Conseil géitéral des Vosges pour le canton de Corcieux, il contribua pour une large part à la fondation du Mémorial Jes Vosges et suivit, à la Chambre, la même ligne de conduite que précédemment. 11 vota toutefois contre l'amnistie.
Nommé sous-secrétaire d'Etat au ministère de la Justice dans le cabinet Jules Simon (13 décembre 1876), il resta en fonctions jusqu'au 16 mai 1877 et fut au nombre des 363.
Réélu, après la dissolution de la Chambre, le 14 octobre 1877, par 9,750 voix, contre M. Krantz, candidat officiel, M. Méline appuya le cabinet Dufaure et les ministères (|ui sui\ Irent. vota l'article 7
et les lois sur renseignement et, membre de la Commission du tarif général des douanes, fut un des principaux rapporteurs de ce projet (1880). 11 y affirma pour la première fois, à l'encontre des tendances libre-échangistes gouvernementales, ses théories protectionnistes, qui depuis, ont fait tant de chemin.
Son mandatlui ayant été renouvelé, le 21 août 1S81, par 8,936 voix sur 10,843 votants, M. Méline reprit vigoureusement sa campagne en faveur du protectionnisme, soutint le cabinet Gambetta et, lors de la constitution du 2" cabinet Ferry (21 février 1883), accepta le portefeuille de TAgriculture.
Durant son passage aux atïaires, M. Méline obtint le vote de la loi sur le régime des sucres et saisit l'Assemblée d'un projet relevant les droits d'entrée sur les bestiaux et les céréales ; c'est à lui aussi qu'est due la création de l'ordre du Mérite agricole, décoration spécialement destinée aux agriculteurs. II démissionna, avec le cabinet, le s avril iSSs.
Réélu, le 4 octobre i88=j, sur la liste républicaine des Vosges, le i" sur 6, par 47,292 voix sur 87,63=, votants, M. Méline donna son adhésion aux ministères Rouvier et Tirard, tout en restant fidèle à ses principes économiques.
Au cours de cette législature il défendit le projet de surtaxe des céréales, combattit celui tendant à relever les taux légaux du rendement des betteraves et fut rapporteur du projet de prorogation à six mois du traité de commerce avec l'Italie.
Le 3 avril 1888, M. Méline fut élu président de la Chambre à égalité de voix, au bénéfice de l'âge, contre .M. Clemenceau et en remplacement ie M. Floquet, porté à la présidence du Conseil. Pendant toute la période d'agitation bouiangiste, il compta comn'ie l'un des plus redoutables adversaires de ce mouvement et, violemment combattu aux élections générales de 1889, n'en fut pas moins réélu par 8,241 voix, contre 6,236 à M. Flayelle, candidat du ". Comité national ».
.M. Méline, durant cette législature, fut rapporteur général, en même temps que président, de la Commission générale des douanes. 11 fit alors voter l'ensemble des lois économiques ayant pour but la protection des intérêts agricoles nationaux, en défendit tous les articles additionnels avec une ténacité et un talent oratoire qui lui valurent de beaux succès de tribune et le triomphe final de ses idées. Notre commerce national est placé sous le régime des lois de douane auxquelles son nom reste attaché depuis le
i" février 1892. L'œuvre de M. Méline a été trè^ diversement appréciée. Elle a aussi donné de-résultats divers, enrichissant certaines industrie^, nuisant à d'autres et en somme, elle a modifié profondément le régime économique de la France.
Nommé président du Conseil général des Vosges en remplacement de Jules Ferry, .M. Méline fut réélu député au renouvellement d'août 1893, par 1 1.338 voix sur 13,144, sans concurrent. II prit, le 2 novembre de cette même année, la direction de la Rcpuhlicjuc française, qu'il conserva jusqu'en 1896 ; le 26 décembre 1893, il refusait la mission de former un ministère.
Le 19 décembre 1894, porté de nouveau à la présidence de la Chambre, il recueillit 213 voix, contre 249 à M. Henri Brisson qui fut élu.
M. Méline s'éleva contre le projet d'impôt sur le revenu du cabinet Bourgeois, dans un discours, prononcé le 23 avril 1896, et qui eut un certain retentissement.
Chargé de former un ministère après la chute de ce même cabinet Bourgeois, le 29 avril 1896, M. Méline, avec la présidence du Conseil, prit le portefeuille de l'agriculture. En octobre de la même année, l'empereur et l'impératrice de Russie vinrent en France; de brillantes réceptions officielles et populaires leur furent faites à Cherbourg, puisa Paris et à Châlons, où l'on fit passer une grande revue de troupes au czar. Dans l'année 1897, le ministère pré- ' sida aux élections sénatoriales triennales, qui renforcèrent la majorité républicaine de la Chambre Haute ( 3 janvier), il fit voter par les Chambres une loi sur le régime des sucres, fit reprendre les poursuites à propos de l'affaire de Panama, contre des membres du Parlement qui, d'ailleurs, furent acquittés; organisa le voyage en Russie de M. Félix Faure fi8 au 31 août), au cours duquel fut officiellement proclamée l'alliance entre la France et ce pays, etc.
A la fin de 1897, une agitation considérable fut créée dans le pays en faveur de la révision du procès du capitaine Dreyfus, condamné pour trahison en 1894 et que l'on prétendit victime d'une erreur.' Interpellé uiaintes fois à ce sujet, le cabinet n"ap-| porta jamais à la tribune i|ue d'imprécises paroles.^ et de vagues appels au respect de la chose jugée ; il fit exercer des poursuites contre M. E.Zola, à propos d'attaques vives de ce dernier sur ce point, et s'opposa constamment à la révision de ce procès.
La politique générale du ministère Méline eut pour principal objectif l'union des républicains
modérés avec les conservateurs ; c'est à droite que le ministère trouva la majorité qui lui permit de gouverner, ayant contre lui les radicaux et les socialistes. Il prépara, dans cet esprit, les élections générales législatives des 8 et 22 mai 189S, qui amenèrent cependant une Chambre où l'élément nettement républicain s'affirma dès les premières séances. En effet, à la suite de celle du 14 juin, le cabinet dût démissionner, l'assemblée ayant voté un ordre du jour, repoussé par lui, demandant ipie le gouvernement s'appuie sur une majorité exclusivement républicaine. Très fréquemment interpellé durant le cours de son existence, ie ministère Méline n'en a pas moins fourni le plus bel exemple de longévité gouvernementale de la troisième république, aucun cabinet n'ayant pu se maintenir au pouvoir aussi longtemps que lui.
M. Méline avait été réélu député de l'arrondissement de Remiremont, le S mai, par n,7(i7 voix, sans concurrent.
COf^filli (Rnàf é-Vietof)
fKN.\'TEUR, médecin, membre de l'Académie de Médecine, né à Vichy le 17 juin 1837. Il est le fils d'un médecin inspecteur des eaux à l'établissement thermal de cette ville.
A Paris, où il vint terminer ses études, il fut reçu interne des hôpitaux en 1860, docteur en 1864 et agrégé de la Faculté en 1869, avec une thèse sur les Diffcrcntcs espèces de nephn'Ics. Nommé, la même année, médecin de l'hôpital de Lourcine(aujourd'hui Broca), .VI. le D' Cornil, qui s'occupa activement de politique dans les dernières années de l'Empire, dut à l'amitié de Gambetta d'être envoyé à la préfecture de r.Mlier le 4 septembre 1870. A la fin de ce même mois, il résignait ces fonctions pour se porter candidat aux élections pour l'Assemblée nationale ; mais il échoua, le 8 février 1871, avec la liste républicaine sur laquelle il figurait, n'obtenant que 31,194 voix, contre 49,741 au dernier élu de la liste conservatrice.
Cependant, conseiller général du canton de Cusset depuis 1870, M. le D"" Cornil fut appelé à présider en 1872 le Conseil général de l'xVllier. Ses efïorts, dès ce moment, tendirent à se concilier les sympathies des divers partis modérés ; le 20 février 187(1, il se représentait aux suffrages des électeurs, dans l'arrondissement de la Palisse, avec une circulaire où il disait en principe : « Notre Constitution, mûrement élaborée, et qui va être mise en œuvre, est
éminent conservatrice : elle rassure touslesintérêts...»
Elu député, avec 9,194 voix, contre 'j,']bi à M. Desmaroux de Gaulmin, royaliste et 2,087 à M. Gallay, républicain radical ; réélu en 1877, à la dissolution qui suivit l'acte du Seize-mai, par 12,176 voix, contre 7,174 au candidat officiel, et en 1881, par 7,614 voix, contre 4,^16 à M. Préveraud, républicain radical, il fit partie des groupes de l'Union républicaine et de la Gauche modérée et vota avec la majorité opportuniste de la Chambre.
Nommé professeur d'anatoinie pathologique à la l'acuité de .Médecine de Paris, M. le docteur Cornil abandonna, le 26 mars 1882, son mandat législatif, devenu incompatible avec cette situation.
Pendant quelque temps, M. le D'Cornil se consacra exclusivement à ses nouvelles fonctions et, le 13 juillet 1884, il fut nommé membre de l'Académie de Médecine. Ses recherches de laboratoire, les études qu'il publia dans le même temps, son enseignement, n'absorbèrent pas toute son activité; la politique l'attira de nouveau et, le mandat sénatorial lui permettant d« conserver son poste de professeur, il se présenta' aux élections de l'Allier, au renouvellement sénatorial de 1885, et fut envoyé à la Chambre Haute par 445 voix sur 836 votants ; en 1894, il était réélu à ce siège.
Au Sénat, M. le D'Cornil, qui appartient au groupe de l'Union républicaine, a été rapporteur de plusieurs projets de loi importants, tels que ceux réglant l'exercice de la médecine et de la pharmacie, l'utilisation des eaux d'égout,les adductions d'eau, à Paris, du Verneuil et de la Vigne ; il est chargé du rapport sur la loi de salubrité générale votée par la Chambre, dont on attend depuis si longtemps la discussion à la Chambre Haute.
M. le D'^ Cornil a publié, en librairie, en outre de ses thèses : Observations pour servir d l'Histoire de VErvsipcle du pharynx (1862) ; Mémoires sur les lésions aiiatomiqucs du rein (1865) ; Anatomie pathologique des diverses espèces de pneumonie aiguë ou chronique (même année) ; De la phtisie pulmonaire, étude anatomo-pathologique et clinique, avec le D' Hérard (1866, 'x' éd. 1882) ; Contributions à l'histoire du développement histologique ,des tumeurs cpithéliales (i866) ; Du cancer et de ses caractères anatomiques ( 1 867) ; Manuel d'histologie pathologique, avec le D' I.. Ranvier (3 vol. 1869-1876, 2" éd. 2 vol. 1881-1884); Leçons élémentaires d'hygiène {1872); Leçons sur la syphilis, faites à l'hôpital deLourcinc{i 884); Etude sur la pathologie du rein, avec le D' Brault
(même année) ; Les hactcrics et leur râle dans l'iiiiaioiiiie et l'iiistologie des maladies infectieuses, avec le D' Babès (i88s, y éd., 2 vol. 1890) ; Leçons sur Vanalomie pathologique des iiiélrites, des salpingites et des cancers de l'utérus (1889), etc.
M. le D' Cornil a collaboré en outre au Dictionnaire Ecyclopédiqne des Sciences médicales et dirigé, pendant plu5ieursannces,le./(;«/-«j/i/('.vco///M/55i7;z(:('.sme'dicales.
11 est chevalier de la Légion d'honneur depuis 188^. ^j-^-r-
VOGUÉ (Eagène-]V[aPie-|VIelehiop VieonQte de)
'cRivAiN, membre de l'Académie fran(,-aise, ancien député, né à Nice le 26 février 1848. Il appartient à une ancienne famille originaire de l'Ardèche.
Blessé à Sedan, et décoré de la médaille militaire pour sa belle" conduite en 1870, M! de 'Vogué, après la guerre, entra au ministère des Affaires étrangères et fut successivement attaché à l'ambassade de Constantinople en 1873, à la mission française en Egypte en 1875 et à l'ambassade de St-Pétersbourg en 1876, où il occupa les fonctions de secrétaire. Mis en disponibilité sur sa demande le 27 mars 18S2, il se consacra, dès lors, à des travau.x de littérature et d'histoire, dont la plupart, avant de paraître en librairie, furent publiées par la Revue des Deux Mondes.
Le 22 novembre i8-88, M. le vicomte de Vogué fut élu membre de l'Académie française, au fauteuil de D. Nisard.
Cet écrivain a exercé une action considérable dans le mouvement intellectuel de ces vingt dernières années. Dès 1885, M. O. Mirbeau l'appréciait ainsi :
Ecrivain de talent, instruit, chercheur, passionné d'art et de helles lettres, ce n'est point un littérateur d'occasion... Il est de la forte race de ces écrivains qui ont choisi la littérature, non point comme un passe-temps dont on s'amuse, non point comme une profession dont on vit, mais comme Une vocation d'instinct vers laquelle leur esprit les a portés par une irrésistible et naturelle pente. M. de Vogué est vraiment un homme de lettres, dans la belle et tranquille acception du mot.
Initié pleinement à la vie et à la littérature russes, il a donné de nombreu.x ouvrages sur ce pays :
C'est à lui, dit M. J. Canivet, que nous devons de connaître, dans l'essence même de leur talent, si, touffu et si bizarre, mais si réellement grand, lès hommes qui, comme Tolstoï, Tourgueneff, Dostoiewsky et d'autres, ont su mettre dans leurs luuvre-; l'àme même de leur pays.
Il s'est en outre particulièrement adonné à la pro-
pagation de doctrines néo-chrétiennes et d'idées philosophiques particulières, sur lesquelles la controverse est toujours vive.
Comme homme public, le rôle de M. de Vogue fut beaucoup plus elïacé. On l'avait \u, d'ailleur>, avec surprise s'essayer dans la politique. II n'y a point réussi ; aussi s'en est-il bientôt désintéressé.
-Vu renouvellement législatif d'août iSt)';, M. de Montgolfier, député sortant, monarchiste, ne se représentant pas, M. de Vogué avait posé sa candidature dans la ^'circonscription de Tournon (Ardèche . comme ')! républicain indépendant />, tout en se faisant soutenir par les comités et les organes conservateurs du département, et notamment par la Croix de l'ArdècIie. 11 fut élu par 8,432 voi.\, contre 7,^9*^ à .M. .\lbert Le Roy, qui se présentait aussi comme républicain, avec l'appui des journaux de cette nuance.
L'élection de .VI. de \'ogué fut très vivement contestée. Amené à la tribune de la Chambre pour la défendre, son premier discours, fut une déception pour ses amis, qui avaient espéré de sa haute et incontestable valeur de brillants débuts oratoires : il ne put éviter l'ajournement de la validation, qui fut prononcée plus tard, après une longue enquête.
Le député de l'Ardèche n'intervint à nouveau dans dans les délibérations de la Chambre que le 24 novembre i8()4, au sujet de l'expédition de Madagascar. Il prit, d'ailleurs, peu de part aux travaux parlementaires et n'était inscrit à aucun groupe. 11 ne se représenta pas aux élections générales de 1898.
A la suite d'une polémique dans les journaux locaux, au cours de laquelle on avait reproché à y\. de Vogué ses relations avec l'ex-sénateur Ed. Magnier, le député de l'Ardèche eut un duel avec M. Boissy-d'Anglas, député de la Drôme, et fut assez grièvement blessé au visage par son adversaire (30 novembre i 89=1").
y[. le vicomte de \'ogué est vice-président du comité de l'Afrique française.
Citons parmi les principales œuvres de l'éminent écrivain : Syrie, Palestine, Mont Alhos, voyage au pays du passé (1876) ; Histoires orientales, CJic{ les^ Pharaons, Boulacq et Saggarah (1879) ; les Portraits du siècle ( 1883 ) ; Le Fils de Pierrc-le-Graud ; Ma^eppa ; Un changement de règne (1884) ; Histoire i/'A/tVA- (i88;j) ; Le Roumu russe, étude sur Pouchkine, Gogol, Tourgueneff, Dostoiewsky (1886) ; Souvenirs. et Visions (i'887) ; Le Portrait du Louvre, conte de
Noël illustré (1888): Remarques sur V Exposition du CeiitcUiiire (1889) ; Le Manteau de Josepli Olêoniue (1890, avec portrait) ; Spectacles coutemporains {iSc)i); Ifeg'ards historiques et littéraires (1892) ; Heures d'Iiistoirc (1893) ; Devant le Siècle (1896) ; Jean d'Agrève (1897) '• Histoire et Poésie (18981.
DUCLiAOX (Pieppe-Emile)
'himisti;, membre de l'institul, né le 24 juin 1840, à Aurillac ^Cantali. Elève de l'Ecole normale supérieure en 1SS9, il lut reçu agrégé en 1862 et docteur es sciences physiques en 186s, avec une thèse ayant pour titre : Etudes relatives à l'absorbtion de l'aiinnouiaque et à la production J acides gras volât il s pendant la fermentation alcoolique.
xVl. Duclaux professa d'abord la chimie h la Faculté des Sciences de Clermont, puis à celle de I.yoïi. Nommé par la suite professeur de physique et de météorologieà l'Institut agronomique, à Paris, en 1879, il fut chargé en 1883 du cours annexe de chimie biologique à laSorbonne et, plus tard, d'un cours semblable à l'Institut agronomique. Il a été élu en i888 membre de l'Académie des sciences, en remplacement de M. Hervé Mangon.
Elève et collaborateur de Pasteur, .M. Duclaux, comme lui, et à sa suite, s'est adonné à l'étude des microbes. Ses recherches n'ont pas abouti à d'aussi retentissants résultats que celles de son célèbre maitre ; mais elles ont cependant leur valeur scientifique. Désigné, dès sa fondation, comme sousdirecteur de l'Institut Pasteur, il fut, en 189^, à la mort de l'illustre savant, nommé à la direction de cet établissement.
Le nom de .NI. Duclaux fut mêlé à l'agitation qui se produisit dans le pays en 1897 et 1898, à l'occasion de la révision du procès du capitaine Dreyfus; le savant pri,t nettement parti en faveur de cette révision et écrivit plusieurs articles et une brochure dans ce sens.
.\1. Duclaux a publié un grand nombre de mémoires et communications sur des sujets de chimie et de physique pure. Citons entr'autres : Sur la respiration et r asphyxie des graines de vers à soie (i86Si ; Sur la formation des gouttes liquides (1870) ; Sur le dosage de très petites quantités de cuivre et la présence de ce métal dans les cacaos et les chocolats (1871) : Sur les lois des mouvements des liquides dans les espèces
capillaires (1872) ; De l'influence de la tension superficielle des liquides sur les mesures aréométriques (1872) ; Sur les lois d'écoulement des liquides sur les espèces capillaires (1872); Sur l'iodure d'amidon (1872); Etudes sur la nouvelle maladie de la vio-ne dans le sud-est de la France (1873-1875) ; trois Mémoires (avec planches! ; Ferments et Maladies '1882, in-8, avec pi. ) ; le Microbe et la Maladie (1886, in-8) ; Chimie microbiologique (iSSb); le Lait [iSS-], Ballière"!; Traité de Physique et de Météorologie (iS()i) ; Principes de L; //('/•;'('( 1894) ; Pasteur., histoire d'un esprit (1896). On lui doit, en outre, une Etude sur les Maladies de la Vigne, faite sous les auspices de l'Académie des sciences; il dirige, depuis 1887, la publication des Annales de l'Institut Pasteur et il a commencé la publication d'un Traité de microbiologie, annoncé comme devant avoir 7 volumes (i" vol. 1897).
Lauréat de l'Institut, M. Duclaux est officier de la Légion d'honneur depuis 1889.
HUGUES (Clovis)
^j^sè KPUTÉ, poète, publiciste, né à Menerbes (Vau- JI^P cluse) le 3 novembre iSsi. Il accomplit ses ^Tp^ études au petit séminaire de Sainte-Garde et ^li 5 se destinait à l'état ecclésiastique lorsqu'un courant contraire le détourna de ce dessein. Il entrait, à quelque temps de là, au Peuple, dirigé à .NlarseilleparGustaveNaquet,puisau Vrai Marseillais, où l'un de ses articles lui valut, en 1871, une condamnation à trois ans de prison et six mille francs d'amende, que remplacèrent deux autres années de contrainte par corps. Après sa sortie de prison, vers la fin de 187=), il collabora tout aussitôt à la Jeune République. En 1877, à la suite d'une polémique entre ce journal et V Aigle, il eut un duel avec un rédacteur de cette feuille bonapartiste; il tua son adversaire, se réfugia momentanément à Naples, puis fut acquitté par la Cour d'assises d'Aix, le 22 février 1878.
Ayant échoué, candidat de l'extrême gauche, à une élection partielle du 3 mars de cette même année, dans la 2° circonscription de Marseille, M. Clovis Hugues s'y représenta aux élections générales de 1881 et fut élu député, au scrutin de ballotagc, par =,.288 voix, contre 4,211 obtenues par M. Simonin.
Durant cette première législature, .M.(3Iovis Hugues prit une part active aux débats de l'.Vssemblée et se signala par son intervention constante en faveur des grévistes et ouvriers condamnés pour délits poli-
tiques ou faits connexes. Il se fit aussi remarquer par ses interruptions violentes et la fougue de son opposition à la politique modérée. La Chambre prononça contre lui, dans la séance du 29 décembre 1S83, la censure avec suppression de traitement pour une injure personnelle contre le président du Conseil.
Réélu, au second tour, sur la liste républicainesocialiste des Bouches-du-Rhône, en 1885, il demanda dans Yliitrciiisigcant, où il collaborait, comme à la tribune parlementaire, la révision intégrale de la Constitution Wallon et ne se représenta pas aux élections du 22 septembre 1889.
Au.x élections de 1893, porté par les comités révisionnistes socialistes du .\ix° arrondissement de Paris, M. Clovis Hugues fut nommé député, au 1° tour de scrutin, par 6, s66 voix, contre 3,781 à M. Delattre, radical.
Il prononça, en janvier 1894, un retentissant discours en faveur de la liberté individuelle. Il déposa un projet de loi permettant aux communes de donner le pain gratuit aux indigents, non encore adopté; un projet de contrôle de l'Assistance publique, au moyen de délégués d'associations et de syndicats, etc. Au renouvellement de 1898, il fut renvoyé à la Chambre, par le même arrondissement, au 1° tour de scrutin, avec 9,714 voix contre 4,110 a M. de Sabran- Pontevès.
M. Clovis Hugues est Tauteur d'un grand nombre d'ouvrages, vers, romans, drames, qui tous se distinguent par une exubérance non point dénuée de vigueur. Citons : La Femme dans son ctat le plus intéressant (Marseille, 1870, in-8°). les Intransigeants (187^, in-i6), la Petite Muse [1875, in-S"), Poèmes de prison (187s, in-8°), recueil de poésies écrites pendant sa détention ; les Soirs de bataille (1883, in-8"), les Jours de Combat (1883, in-8°), les Evocations (1885, in-i8), vers; Madame Phacton (1885, in-i8), Monsieur le Gendarme (1891, in-i8), romans ; Une Etoile, comédie en vers, représentée au Théâtre Indépendant (1888); leSoinineil de Danton, drame en =) actes, en vers (1888); la même année, il achevait et faisait représenter une pièce posthume de G. Crémieux, le Neuf Thermidor; citons aussi: un drame en S actes, en vers, Sainpiero Corso et le Bandit , un acte (1898). On annonce encore de lui, une chanson de geste en 3 parties : Jehanne Dare. 11 a donné en outre quantité d'articles et de nouvelles, d'une allure bien personnelle dans plusieurs journaux. En 1889, une de ses pièces de vers : le Travail, obtint au concours de l'Académie française, un prix de 2,000 francs.
M"" Ci.ovis Hugues, née Roy.vnnez, s'est adonnée à la statuaire et y montre un réel talent. Elève de M'"" Laure .Vlartin-Coutan, elle a exposé aux Salons annuels, depuis 1886, des bustes, et autres œuvres, parmi lesquelles on cite surtout une statue : VAhandon (18881, remarquable à la fois de sentiment et d'exécution.
En 1SS4, le 27 novembre, elle avait été l'héroïne d'un drame qui passionna vivement l'opinion publique. Objet de multiples tentatives de difi'amation et de chantage de la part d'un sieur Morin, employé dans une agence de renseignements, elle tira sur son persécuteur six coups de revolver dans une galerie du Palais de .lustice et le tua. Elle fut acquittée par le jury de la Seine, le 8 janvier l'è'è').
DUSOLiIEF? (pfar^eois-fllexis-Aleide)
iNATLrK, publiciste, né le 21 septembre 1836, à Nonlron (Dordogne). Il est le fils de Tho-
^^ mas Dusolier qui, de 1839 ^ 1863, fut député,
^ ^ représentant du peuple, commissaire du gouvernement de 1S48, puis, rallié à l'Empire, élu comme candidat officiel au Corps législatif et fait officier de la Légion d'honneur (1799-1877).
Ses études terminées, M. Alcide Dusolier, venu pour étudier le droit à Paris, y collabora à plusieurs petits journaux de quartier, puis envoya quelques articles de critique à l'Artiste, au Figaro littéraire, au Nain Jaune et autres feuilles artistiques. Il publia, en outre, quelques brochures politiques ou littéraires, notamment : Décentralisation et Décentralisateurs (i8s9) ; Ceci n'est pas un livre (1860) ; Barbey d'Aurevilly (1863) ; Nos Gens de lettres (galerie de portraits littéraires formée d'une collection d'articles de journaux politiques écrits de 1863 à 1868) ; Les spéculateurs et la mutilation du Luxembourg (1866); Propos littéraires et pittoresques de Jean de La Martrille ( 1 867 V, Politique pour tous (1869) ; Ce que j'ai vu du y août iSyo au i" février iSjj. Aux titres littéraires de M. Dusolier, il y a lieu d'ajouter sa collaboration à la République française, de 1887 a 1889.
Après la chute de l'Empire, M. Dusolier devint secrétaire de Gambetta, le 17 septembre 1870. Candidat dans la Dordogne aux élections du 8 février 1871 pour l'Assemblée nationale, il échoua ; il n'eut pas plus de succès aux élections du 14 octobre 1877, dans l'arrondissement de Nontron ; mais il parvint à s'y faire élire député, au renouvellement législatif de
i88i, par 9,6s2 voix contre 8.074 à M. Sarlarde, Jcputé sortant.
A la Chambre, le député de Nontron siégea à gauche et, soutint les ministères successifs dans les questions scolaires, religieuses et colaniales. 11 fut rapporteur du projet de loi relatif aux manifestations sur la voie publique, fit partie de la commission chargée d'étudier le projet de révision constitutionnelle et de celle élue ensuite par le Congrès (1884).
Le 6 janvier 188'i, au renouvellement triennal du Sénat, M. Dusolier posa sa candidature dans la Dordogne et fut élu. 11 fut renvoyé à la (2hambrc haute au renouvellement du 7 janvier 1894.
Au Sénat, M. Dusolier a voté le rétablissement du scrutin de liste et les poursuites contre le général Boulanger (1889) ; il a été secrétaire de la Chambre Haute de 1891 à 181)4, vice-président du groupe de l'Union républicaine de 1890 à 1893 et président depuis 1894. Depuis 1889, il est membre de la Haute- Cour et, depuis 1897, questeur du Sénat.
Le sénateur de la Dordogne est conseiller général de son département depuis 1880. 11 a été décoré de la Lé"ion d'honneur en 1881.
DflVlîD (JulesMClaude)
JRCHITECTE, né à Paris le 31 août 1833. Il fit ses études à la pension Debray, suivit ses premiers cours de dessin avec M. Loyer, fzy/ -r peintre d'histoire, puis entra aux ateliers du décorateur Ciceri, d'où il sortit, deux ans après, pour étudier l'architecture avec M. Nolau, prix de Rome.
Pendant plusieurs années, M. Claude David habita jMarseille et fit de grands travaux d'architecture décorative pour hôtels et châteaux, dans cette ville et dans le département du \'ar.
Il construisit, en 1878, l'Hôtel de la Banque Nicolas Cordier, acheté depuis par la société del'Ecoledes Arts et .Vlétiers. Ce travail lui valut une mention honorable au Salon. C^ette même année, à l'Exposition universelle, ditïérentes études décoratives lui firent décerner une médaille de bronze. On cite encore de lui, plusieurs travaux importants, hôtels et châteaux, pour des particuliers dans le département de la (Charente, dans le Nord et à Paris.
Cet architecte a exposé divers projets aux Salons annuels de la société des Artistes français; à celui de 1882, il obtint une médaille de 1" classe, avec un grand projet décoratif de V Hostcllcric du Lyon d'or, qui le fit mettre hors concours. L'ensemble de ses
travaux lui valut en outre une nouvelle médaille de bronze h l'Exposition universelle de 1889.
M. David est officier d'Académie depuis le 16 février i89'> et chevalier de l'ordre de la Couronne de Chêne depuis le 15 octobre 1895.
DEIiPECH-CRJSiTflLiOUP (Jules)
l'puïK, agriculteur et avocat, né à Saint-Clar iGers) less février 1849. Appartenant à une très ancienne famille catholique du Gers, il fut mis de bonne heure au collège de Sorèze, où il fit de sérieuses études classiques sous la direction de Lacordaire. Elève, successivement, des facultés de Droit de Toulouse et de Paris, M. Delpech-Cantaloup fut reçu licencié en 1869.
Dès cette époque, il se consacra à l'exploitation de ses domaines agricoles et se mêla d'une manière très active, aux luttes politiques de son département. C^'est ainsi qu'il devint le lieutenant et l'ami de M. Paul de Cassagnac, avec lequel il a mené de nombreuses campagnes électorales, qui lui ont acquis une grande autorité régionale.
Nommé conseiller municipal de Saint-Clar en 1874, et conseiller d'arrondissement du canton la même année, M. Delpech-Cantaloup fut élu membre du Conseil général du Gqvs, en 1877, en remplacement de son père, qui avait représenté, pendant une période non interrompue de tpiarante et une années, le canton de Saint-Clar dans cette assemblée départementale. Il a été président de ce conseil général de 188^ à 1892. Connaissant à fond l'agriculture et la politique, il a traité, en conférences, de nombreuses questions touchant à ces matières, avec éloquence.
Candidat à la députation en i88i,dans l'arrondissement de Lectoure, il échoua, avec une minorité de 300 voix contre M. Descamps, républicain. Une deuxième fois, il se présenta aux élections générales législatives du 22 septembre 1889 et fut encore battu parle même concurrent. Porté sur la liste conservatrice, avec MM. de Montesquiou-Fezensac et Lacave- Laplagne, lors du renouvellement sénatorial, en janvier 1897, ^^- Delpech-Cantaloup partagea l'échec de ses amis politiques, tandis que les candidats radicaux, MM. Aucoin, Laterrade et Destieux-junca étaient élus.
Il sollicita encore le mandat législatif en 1898 et fut, cette fois, nommé député de l'arrondissement de Lectoure, le 22 mxii, au deuxième tour de scrutin.
par 5,671 voix, contre s.sm à M- Thierry-Cazes, député socialiste sortant. Plébiscitaire irréductible et très catholique, M. Delpcch-Caiitaloup. s'est fait inscrire, au Palais-Bourbon, au groupe desanlisémites.
flî^BOIS de JUBflUMVmiiE (|VIapie- Henfi d')
TKRATEUR, historien, membre de l'Institut,
né à Nancy le 5 décembre 1827. Il étudia
'^jir^'^ le droit et suivi les cours de l'Ecole des
Y ■^ Chartes jusqu'en 1851.
Nommé archiviste du département de l'Aube, il se fit admettre dans la Société d'Agriculture, Sciences et Belles-Lettres de ce département et obtint un prix de 1,200 francs pour un Répertoire archéologique lie l'Aube, au concours des sociétés savantes, en 1861.
En 1882, M. d'Arbois de Jubainville fut nommé professeur de langue et de littérature celtiques au Collège de France (chaire créée). Depuis 1867, il était correspondant de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, qui l'avait couronné deux fois; il fut admis comme membre titulaire de cette savante assemblée le 1" février 1884, en remplacement de François Lenormant.
M. de Jubainville a collaboré à la Revue archéologique, à la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, à la Collection des Mémoires de la Société de l'Aube, etc.; depuis 1886, il fait paraître la Revue celtique. Il a publié en volumes: les Armoiries des Comtes de Champagne (1852) ; Recherches sur la minorité et ses effets en droit féodal français (1852); Quelques pagi de la première Belgique (1852) ; Pouillé du diocèse de r/-(y'f5 (185?); Voyage paléographique dans le département de l'Aube [iS'ji'y) ; Essai sur les sceaux des comtes de Champagne [i%^6); Etudes sur l'état des abbayes {1%^^); Histoire des ducs et des comtes de Champagne (1859-1869, t. 1-VII, in-8), qui obtint, en 1863, le second prix Gobert. à l'Académie des Incriptions, et le premier prix l'année suivante; Etudes sur la déclinaison des noms propres dans la langue franque 1,1870); La déclinaison latine en Gaule, à l'époque mérovingienne {iS-]2) ; Les premiers habitants de l'Europe (1877, 2' édition, avec la collaboration de M. G. Dottin, 1888) ; Etîtdes sur le droit celtique (1881) ; Etudes grammaticales sur les langues celtiques {18S2); Lntroduction à l'étude de la langue celtique (1883; 2' éd. 1897) ; Essai d'un catalooue de
la littérature épique de l'Irlande t{i88-)); Le cvcle mythologique irlandais cl la mythologie grecque (1884); Cours de littérature celtique, comprenant (t. 111 et IV) la traduction et le commentaire des Mabinogion (1889); Recherches sur l'origine de la propriété foncière et des nopts de lieux habités en France {i%()o) ; Les noms gaulois (1891); Cours de littérature celtique (189s, 7 vol.); Deux manières d'écrire l histoire (1896).
M. d'Arbois de Jubainville est chevalier de la Légion d'honneur, membre des Académies d'histoire de Madrid et d'Irlande et docteur en philosophie de l'Université de Kœnigsberg (Allemagne).
JEAf4 BEf^THEfîOY (m"^ Bcpthe LiE BRt^IIjliIEl^, dite)
<^j^^) OMANCIER et poète, née à Bordeaux le 24 wl«^ juillet 1860. Elle débuta dans la litérature, ^^^WU en 1888, par un volume de vers, intitulé : \'ibrations,oy}L\ révéla son nom et ses qualités littéraires au public. Vinrent ensuite : Marie-Madeleine, Yiohme biblique d'une réelle inspiration (1889I; Femmes antiques, qui valut à son auteur le prix de poésie de l'Académie française et les félicitations de Leconte de Lisle (1891) ; Cléopâtre, roman égyptien ; Aristophane ci Molière, pièce en un acte en vers, représentée sur la scène de la Comédie-Française (1897) i Ximenès, roman historique, couronné par l'Académie française (1893) ; le Mime Balhylle, étude sur les mœurs de la décadence romaine (1894; ; le Roman d'une âme. dans lequel l'auteur dépeint, en psychologue, les luttes d'une ànie de femme cérébrale et passionnée à la fois ( 189=1'! ; le Double joug (1897) ; Sur la pente, oîi elle déploya de supérieures qualités d'analyse sociale contemporaine (,1897) ' '^ Danseuse de Poinpéï, étude historique et littéraire (1898).
Jean Bertheroy a collaboré au Figaro, au Gaulois, à la Revue des Deux-Mondes, à la Revue de Paris, à la Nouvelle Revue et à de nombreux journaux et revues de Paris et de la province.
Comme critique d'art, cet écrivain a. publié, dans la Revue des jeunes filles, des pages d'une forme exquise et qui ont été très remarquées pour le sens, le goût et la compétence artistiques de leur auteur.
• Il
BOUDE]^OOT(Liouis-Chaples-Ffançois)
gDMiNisTRATEUR , ingénieur et député, né à Fruges (Pas-de-Calais), le 2 mai 1853. II fit de brillantes études classiques au lycée de St-Omer et au collège Sainte-Barbe à Paris, entra, le huitième, à l'Ecole Polytechnique, en 1876, et le second à l'Ecole supérieure des Mines. Entre temps, il se fit recevoir licencié en droit par la Faculté de Paris et publia, dans le Mémorial Artésien, journal républicain de Saint-Omer, de nombreuses chroniques littéraires et scientifiques qui furent remarquées.
Sorti de l'Ecole des .\Iines en i88( , M. Boudenoot devint secrétaire de la rédaction du Portefeuille économique des Machines et des Nouvelles Annales de la construction ; il fit partie de V Association polytechni- 'jte, où il donna, pendant dix années consécutives, des 'ours d'enseignement populaire. En 1884, cet ingénieur et son collègue de la Société des Ingénieurs civils, .^I. A. -L. Petit , se firent les promoteurs du Système pneumatique de transmission de force. M. Bourdenoot dépensa, à ce sujet, une grande activité de propagande, publiant des brochures, faisant des conférences, rédigeant des mémoires pour les sociétés savantes et techniques, de nombreux articles de journaux, etc.
L'année suivante, MM. Boudenoot et Petit établirent au centre de Paris la première usine de distribution de force motrice à domicile qui y ait fonctionné; elle rendit les plus grands services aux ouvriers en chambre de la petite industrie parisienne et a servi de modèle à tous les établissements analogues installés depuis.
De cette même époque datent les débuts de M. Boudenoot dans la vie politique. Nommé conseiller général du canton de Fruges en 1885 , il s'occupa activement de doter les régions du Pas-de-Calais jusi]u'alors privées de voies ferrées d'un réseau départemental de chemin de fer à voie étroite. Il réussit à le faire déclarer d'utilité publique et contribua à faire mener à bonne fin son exécution. II s'occupa aussi avec sollicitude de toutes les questions concernant l'agriculture, l'enseignement et les travaux publics et devint ainsi très populaire dans sa région. II a été constamment réélu au Conseil général et est président de la délégation cantonale de Gougé.
Candidat aux élections législatives du 22 septembre 1889, dans l'arrondissement de .Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais), il fut élu par 9,163 voix contre 8,316 à M. de Lhomel. Réélu, en 1893, P^^" "^l'i^i voix, et en 1898 par 15,284 suffrages, sans concurrent,
M. Boudenoot a acquis rapidement, au Palais-Bourbon, une réputation méritée d'orateur d'affaires.
Membre de diverses commissions, telles que celles du Budget, à cinq reprises différentes ; des patentes, de la réforme successorale, de l'Armée et des Chemins de fer , il a rapporté successivement les budgets des Travaux publics, des Postes et Télégraphes, de la Caisse d'Epargne et de la Guerre.
L'honorable député a aussi été rapporteur du projet de loi portant approbation de la convention signée à Berne, le 14 octobre 1890, entre la France, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Russie et la Suisse, relativement au transport des marchandises par chemins de fer(i89i) ; du projet d'établissement d'un chemin de fer d'Am-Sefra à Djenien-Bou-Regz, en Algérie (1891) ; des projets de loi ayant pour objet d'approuver une convention passée avec les compagnie des chemins de fer de l'Ouest et de Paris à Lyon et à la Méditerranée, pour la modification du compte d'exploitation partielle (1892); des projets concernant la réforme de l'usufruit et la déduction du passif dans les successions (1893) ; de la loi sur l'abaissement du droit frappant la dénaturation des alcools (1896); du projet d'installation d'un câble entre Brest et New- York (1897), etc.
M. Boudenoot est fréquemment intervenu dans les débats parlementaires, notamment dans les discussions générales du budget, et encore à propos des contributions directes et taxes y assimilées de l'exercice 1891, du régime des sucres , du budget des Travaux publics , du tarif général des Douanes, du régime des boissons, du budget de la Guerre ; il a prononcé divers discours sur les conventions avec les compagnies de chemins de fer et leur application , et provoqué , par son amendement et son discours de 1890 sur la matière, l'économie de 80 millions réalisée depuis lors sur les budget des conventions. C'est lui qui a fait voter par la Chambre la loi du 17 mars 1S98 sur la révision du cadastre ; il est aussi le promoteur du projet de loi sur la réforme de la Télégraphie militaire.
Protectionniste modéré, M. Boudenoot fait partie au Palais-Bourbon, du groupe des républicains progressistes. II s'est déclaré partisan de l'union du parti républicain , « faite au nom des mêmes idées et des mêmes vues politiques et en vue de la réalisation d'un programme commun et précis , qui écarte les questions divisant les républicains et comprend une liste de réformes mûries et pacifiques dans l'ordre
aïo —
politique, économique et social; car ce serait, dit-il, un maliicur pour la France et la République qu'une politique, non pas même de réaction, mais seulement d'immobilité. »
M. Boudenoot a été nommé membre des commissions extraparlemcntaires du cadastre, de la décentralisation, de l'alcool, des câbles sous-marins; il est vice-président de la sous -commission technique du cadastre.
L'honorable député a publié de nombreux mémoires et brochures sur le Chemin de fer Métropolitain, les Chemins de fer en Amérique , le Transport de la force et sa distribution, la Culture rationnelle du blé, etc. Il collabore à la Revue Polit icjue et parlementaire, où il donne des articles sur la législation parlementaire, les finances, les mesures pratiques de décentralisation et les réformes à introduire dans nos administrations, etc.
Membre honoraire de l'Association polytechnique, administrateur de mines et de divers chemins de fer secondaires, ancien membre du comité de la Société des Ingénieurs civils de France, M. Boudenoot a été secrétaire du Congrès international de mécanique appliquée à l'Exposition universelle de 1889 et lauréat de la Société d'encouragement pour l'industrie (section de mécanique).
FOVEflO deCOUt^|VIELiliES(Fl'ançois-
Vietop)
ÉDECIN, écrivain scientifique, né à Courmelles (Aisne) le 19 juillet 1862. Licencié ès- ^JtJHh'J^ sciences physiques en 1883, licencié ès- ^^■^ sciences naturelles en i88s,il obtint, en 1888, la licence en droit, en même temps que le doctorat en médecine. La même année, il était proclamé lauréat de l'Académie de Médecine. Par deux fois, au cours de ses études médicales, le D' Foveau de Courmelles faillit être victime de son dévouement professionnel : en 1884-1885, il contractait une aiïection cholériforme en donnant ses soins aux cholériques de Marseille; en 1886, il fut atteint de dipthérie alors qu'il était attaché au service du professeur Grancher, à l'hôpital des Enfants malades.
En 1890, 1891, 1892, des travaux et des découvertes comme la bi-électrolyse , la pyrogalvanie et l'électroscopie, que le jeune savant produisit en électricité médicale, déterminèrent le Conseil général des Facultés à lui confier la création et la direction d'un cours libre d'électrothérapie,dont la radiographie fut bientôt une branche, à l'Ecole pratique de la Faculté
de Médecine de Paris (1892-1893), cours régulièrement continué depuis.
Outre les Propos du Docteur, articles d'hygiène, que le D' Foveau de Courmelles a publiés régulièrement dans la 5'c/(7;/(7'/'oz(r /()î/.s( 1886) et, de 1888 à 1892, dans la Revue universelle, le Voltaire, Y Indépendance Luxembonrçreoisc, le Paris, etc., il a écrit : la Vaginite et son traitement (1888)!; le Magnétisme devant la /o/ (1889); les Facultés mentales des Animaux (1890), qui lui valut une médaille d'argent de la Société protectrice des animaux ; Y Hypnotisme (1890), ouvrage traduit en anglais par Laura Ensor et auquel la Société nationale d'encouragement au bien décerna une médaille d'honneur ; Précis d'électricité médicale (1891, 2""^ édit. 189s), traduit en russe et en espagnol ; V Esprit des plantes (1893), conférence faite à l'Hôtel de "Ville d'Amiens devant la Société d'Horticulture de Picardie ; V Hygiène à table (1894), avec une préface du docteur Dujardin-Beaumetz, qui lui mérita une nouvelle médaille d'honneur de la Société d'encouragement au bien ; l'Electricité curative ou Leçons du cours libre d'électrothérapic à la Faculté de Paris, préface du D' Péan (1895); Traité de radiographie scientifique et médicale, premier enseignement des Rayons X à la Faculté de Médecine, préface du D' d'Arsonval (1897); Electricité médicale; l'Esprit scientifique contemporain ; L'électricité et ses applications (1898).
Divers mémoires et communications d'un grand intérêt lui sont également dûs: l'Oione, qui le fit nommer membre correspondant des sociétés de Médecine de Bruxelles et Rio de Janeiro ; le Saturnisme, qui lui valut les remerciements de l'Académie de Médecine en i894;de nouveaux tubes de Crookes et les actions à distance des Rayons X, présentés à diverses reprises par M. Lipmann à l'Institut (Académie des Sciences) en 1897; ^^ visibilité des Rayons X ^. par certains jeunes aveugles, travail exposé par M. Marey devant le même corps savant en 1898, etc. ^
Membre du jury de l'Exposition d'hygiène en 1888, î professeur d'hygiène à l'Association polytechnique de 188331891, rnembre du jury d'électricité des expositions de Bordeaux, Amsterdam, Rouen, et des comités d'admission de Paris (1900), M. le D' Foveau de Courmelles est vice-président de la Société , française d'hygièneet de l'Association des Membres de j l'Enseignement. Il est officier d'Académie.
M"'° FovE.\u de Courmelles , née Andrée W'egl, sculpteur de mérite , est l'auteur de la Fille des Champs, du Bilboquet, première œuvre sculpturale
féminine acqui.se pnr l;i Ville de Paris, de Lola, statue de bronze, du médaillon de Claude Carnot, etc. Elle a, en outre, écrit des articles très remarqués, dans la JcHite Revue, de iSS8 à iSSi). Elle est officier d'Académie.
SABfl (Edmond-Liouis-Jaeques- Joseph)
i^piTF, ancien fonctionnaire et industriel, né h
IlS^M St-Denis (Aude: le 17 novembre 1848. Il lit ses études à l'institution .\lontès de (^arcassonne. Entré au service vicinal du département de l'Aude, il fut nommé agent-voyer conducteur, au concours, en 1868, et conserva cette fonction jusqu'en 1873, époque h laquelle il se maria et demanda un congé illimité pour aller prendre la direction de la compagnie aurifère dite du«Mataroni// Ciuyane française'). Comme administrateur de cette >ociété, M. Edmond Saba eut sous ses ordres, de 1874 à 1877 , plus de 500 ouvriers et un nombreux personnel d'employés. Four raisons de santé, il dut revenir en France et fut mis, en 1878, à la tête d'une importante imprimerie lithographique à Toulouse. Deux ans après, il était nommé secrétaire en chef de la mairie de Castelnaudary (Aude).
En 1882, M. Edmond Saba acheta la charge de greffier en chef du Tribunal civil de la même ville, charge qu'il céda en 1896, a sa nomination de maire. Conseiller municipal de Castelnaudary à plusieurs reprises, puis premier adjoint de 1888 à 1896, .VI. Saba fut élu maire de cette ville en 1S96, et bien que suspendu quatre fois par le ministère Méline, il reprit toujours ses fonctions. En 1897, il fut nommé conseiller d'arrondissement du canton sud de Castelnaudary, après une campagne d'opposition des plus acharnées.
Lors des élections générales législatives de mai 1898, M. Saba fut élu député de l'arrondissement de Castelnaudary, au 2' tour de scrutin, après une lutte des plus vives, par =1,732 voix, contre 5,463 à M. de Laurens-Castelet, rallié. Il prit place à la gauche de la Chambre et se fit inscrire au groupe radical et à la gauche démocratique.
Le 31 juillet 1898, M. Edmond Saba a été élu sans concurrent, conseiller général du canton de Castelnaudary Sud.
Le député de l'Aude travaille depuis plusieurs années à amasser les matériaux d'un dictionnaire littéraire pratique, que l'on dit conçu dans un esprit nouveau et suivant un plan original.
liflSSEf^r^E (IVIaupiee-Pieï'Pe)
lvocAT,députéet publiciste, né àSt-Nicolas<lela-Grave (Tarn-et-Garonne) le 6 septembre 1862. Filsde Joseph Lasserre, décédé en 1889, qui fut conseiller général et député de Castclsarrazin, il accomplit ses études classiques à Paris, au collège Rollin , suivit les cours des facultés de Lettres et de Droit et prêta le serment d'avocat devant la Cour d'appel en 1884.
Deux ans après, il obtenait le diplôme de l'Ecole des Sciences politiques (section administrative). Secrétaire de M. Thévenet, dont il fut, au Palais, le collaborateur apprécié, M. Maurice Lasserre devint, en 1889, chef du cabinet de celui-ci au ministère de la Justice.
Sollicité de poser sa candidature, après la mort de son père, dans l'arrondissement de Castelsarrazin, M. Maurice Lasserre fut élu député, en janvier 1890, par 9,191 voix, contre s,20oà M.de Mauvoisin, socialiste ; il a été successivement réélu au mois d'août 1893, avec 10,463 suffrages contre 6,340 au même concurrent et, le 8 mai 1898, par 8,878 contre 8765, à M. Sénac, conseiller général du Gers, radical.
Ce législateur a fait partie d'importantes commissions parlementaires et s'est acquis, à la Chambre, une grande et rapide notoriété d'orateur financier.
Cinq fois choisi comme rapporteur de la Commission du Budget, rapporteur du projet de navigation intérieure (appontements de Pauliac) (1890); des projets de loi sur les menées anarchistes et le régime de la presse (1892-1893), de l'élection de M. Wilson (1894), du budget du ministère de l'Intérieur (1896- 1897), du rachat des canaux du Midi par l'Etat (1897), de la convention avec l'Etablissement thermal de Vichy (avril 1897), M. Maurice Lasserre est intervenu dans un grand nombre de discussions importantes, notamment dans les débats concernant le tarif des douanes (sparterie et vannerie) (1892), les travaux publics(i892), les contributions des portesetfenètres, la procédure devant la justice de Paix, le budget des colonies; il a été nommé secrétaire de la Chambre pendant les sessions de 1892 et 1893.
11 est l'auteur d'une interpellation sensationnelle à M. de Freycinet, ministre de la guerre, sur l'alTaire de la mélinite (1891) et il prononça un discours très remarqué, le 12 juillet 1896, à propos de l'impôt sur la rente, auquel il se montra favorable (projet Cocher}-).
L'honorable député a été élu maire de St-Nicolas-
d&-la-Grave et conseiller général de ce canton en
inscrit au groupe progressiste du Palais-Bourbon, il est entièrement acquis aux théories économiques et politiques de M. Méline.
Publiciste de talent, M. Maurice l.asserre a fondé la Tribune de r<rrH-c/-G(7roH«(',dont il fut le directeurrédacteur en chef, et a collaboré ou collabore au Malin, au Petit Moniteur Universel et au Télégramme, journaux dans lesquels il a publié de nombreuses études sur les questions politiques et financières.
11 est officier d'Académie depuis 1889.
GOUBET (Claude)
ÏNGÉNiEUR-CoNSTRUcTEUR , ué à Lyou le 14 février 1840. Fils d'un ingénieur mécanicien, qui fut l'un des fondateurs de la Société des écoles
des Arts et Métiers, M. Claude Goubet entra à l'Ecole d'Angers en iSst, pour ea sortir, diplômé, trois ans après. Il s'associa dès lors à tous les travaux des ateliers de son père.
En outre d'un grand nombre de machines de tous genres, tels que machines à imprimer, métiers pour filatures, trouvées et construites par lui, cet ingénieur a inventé un joint qui porte son nom, en usage dans les importantes usines françaises et les établissements de l'Etat, ainsi qu'à l'étranger. Le mouvement cinématique particulier au «jointGoubet» est, aujourd'hui, couramment enseigné dans les écoles' scientifiques de France et de l'étranger et a été, notamment, professé chez nous, à l'Ecole polytechnique, dans le cours de mécanique de M. Résal, de l'Institut.
La plus importante découverte de M. Goubet est la solution qu'il a donnée au problème de la navigation sous-marine, en construisant un bateau ayant toutes les qualités requises pour naviguer sous l'eau. Du procès-verbal de la commission chargée de suivre les expériences officielles faites avec le Goubet, en rade de Cherbourg, il résulte que « ce navire sousmarin possède les qualités suivantes: rl'habitabilité, 3" la stabilité, 3° la flottabilité, 4" l'immobilité absolue à toutes les profondeurs, 5° la rapidité d'immersion et d'émersion, 6° la facilité de manœuvre , en raison de l'ingéniosité de ses organes; 7° l'aptitude à gouverner droit, à évoluer dans tous les sens et à virer aisément sur lui-même; 8" la sécurité complète, due, d'une part, à ses rames qui lui garantissent de ne jamais rester en détresse, d'autre part, à son poids
lesteur, qui lui permet de remonter instantanément à la surface en cas d'accidents. » Le jury d'examen qui a donné officiellement cette appréciation du bateau sous-marin le Goubet, aux dat»s des 18 mai et 15 juin 1891, était présidé par l'amiral Gervais.
L'auteur de cette remarquable invention construit depuis cette époque de nouveaux bateaux sousmarins, pour Je transport des passagers, la pèche detperles et des coraux, la vérification des travaux sousmarins, etc.
WITT (Conpad-Jaeob-Dionys'" Copnélis de)
(jÈj^^S ÉPUTÉ , né à Paris le 15 novembre 1824. Fils Jll^y de M. Guillaume-Corneille deWitt,admi- ^j^^ nistrateur et auditeur au Conseil d'Etat ; tf""^ frère de M. Cornélis- Henry de ^^'itt, historien distingué, représentant du Calvados à l'Assemblée Nationale de 1871 et sous-secrétaire d'Etat au ministère de l'Intérieur en 1874 -7s, M. Conrad de Witt se consacra de bonne heure à l'agriculture. Propriétaire de l'important domaine du Val Richer,prèsdeCambremer, Calvados, il s'efforça d'apporter des perfectionnements à la culture du sol et présida, pendant près de vingt ans, la Société agricole de Pont-l'Evéque. En récompense de ses travaux la Société d'agriculture de France lui décerna sa grande médaille d'or (1S64).
Conseiller général du Calvados, pour le canton de Cambremer, depuis 1861, maire de St-Ouen-le-Pin depuis 1868, et confirmé sans cesse dans ces fonctions, M. Conrad de Witt fut porté, aux élections législatives de 188^, sur la liste conservatrice du Calvados et nommé député par 51,398 voix sur 89,604 votants. 11 a été réélu, au scrutin uninominal, dans l'arrondissement de Pont-l'Evéque: en 1889 par 6,972 voix contre s, 189 à M. Landry ; en 1S93, par 6,373 ■^'O'-"^ contre 3,401 à M. Paul Benard, et en 1S98, par 6,043 voix contre 3,637 à M. d'Hangest.
Conservateur libéral et encore qu'inscrit au groupe de la droite parlementaire. M. de Witt, resté très indépendant, a toujours soutenu les ministères modérés au pouvoir. 11 a pris part aux discussions sur le budget, sur la réforme des impôts, contre la politique scolaire et coloniale en usage ; en 1897, à proposde Madagascar, il prononça un discours remarqué eh faveur de la liberté de conscience. 11 a fait partie de diverses commissions, et notamment de celle des Colonies.
Membre, à la Chambre, du Groupe agricole, M. Conrad de Witt est aussi membre de la Société des Agriculteurs de France et membre correspond;int de la Société nationale d'Agriculture.
L'honorable député du Calvados à épousé M'"" Henriette Guizot, fille aînée du grand orateur et homme d'Etat, connue par de nombreux ouvrages d'histoire et d'éducation.
fJlRHS (MauPice B0]^V0ISir4, dit)
sS!^^ 1 ssiN.\TEUR et aquarelliste, né à Verviers le 26 mai 1049.
Dès 1873, le jeune artiste collabora régulièrement A\x Journal Amusant, dirigé alors par M. Eugène Philipon, et au Charivari de M. Pierre Véron, publications dans lesquelles il n'a cessé de donner un grand nombre de dessins d'une ironie toujours gaie.
Mars prend ses types sur le vif et compose toutes ses légendes lui-même. Cet artiste à beaucoup voyagé: l'Angleterre, l'Ecosse, l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique, la Hollande, l'Autriche, la Hongrie, la Bosnie, l'Herzégovine, la Russie, l'Algérie, la Tunisie, la Dalmatie, tout le littoral de la France, lui sont pays- aussi familiers que le sien propre. 11 n'est pas un coin pittoresque, pas une individualité ou un trait de mœurs intéressant, que n'ait saisi son crayon ou '-on pinceau.
Parmi lesalbums decet excellent dessinateur, on doit citer : A ux bains de mer J'OstcnJc, Plages Je Bretagne et Jersey, Aux rives d'or (la Riviera de Marseille à Gênes); Parisbrillant;la Vie de Londres {côtésnants) ; Sable et galet (Plages de la Normandie et de la mer du Nord) ; A travers le Havre et l'Exposition ; la Reine Bicyclette, premier ouvrage illustré publié sur cette matière; l'Album d'Anvers-Exposition ; Croquis de plage (sur Blankenberghe et les autres stations du littoral belge) ; l'Escrime à l'Elysée, galerie des principaux habitués de la salle d'armes du Palais de l'Elysée sous la présidence de Jules Grévy ; Bruxelles et l'exposition ; la Vie d'Ostende ; Mesdames les cyclistes ; Nice en Carnaval, etc. Il faut aussi mentionner les albums «pourla jeunesse» qu'il a donnés sous ces titres : Nos chéris. Compères et compagnons. Joies d'Enfants, et encore, en anglais; Our Darlings, b'riends and Playmatcs, etc., dont on ne saurait tro]i louer les qualités d'émotion et d'exécution.
Il a collaboré ou collabore, en outre, à la Vie Moderne, à la VVi.' élégante, à la Vie militaire, au
Monde Illustré inolamment avec une série intitulée: Nos députés che{ eux), à l'Illustration et à la Revue Illustrée, où parurent de lui quantité d'articles illustrés sur Nice en Carnaval, Amsterdam la nuit, A travers Berlin, les Femmes de l' Expositon, la Vie en Houscboat, Comment on se baigne, les Fêtes enfantines, etc.; au Petit Bleu, (dessins sur le couronnement de la reine de Hollande' ; au Graphie et au Daily Graphie, à l'Illustrated London News, (série de '< rambling sketches », notamment sur la Hollande, la Bretagne, la Riviera"), etc.
Ajoutons que Mars est le créateur des types légendaires de ■?: Guy, Gontran et Gaston », les inséparables gommeux dont la sereine niaiserie fait autorité dans toutes les capitales.
GAf^rJlEF? (pPédépic-Jean-pPançois- Gustave)
îDMiNisTRATHUR, député et agricultcur, né à Rochefort-sur-Mer le 24 février 1836. Sa famille compte plusieurs ingénieurs distin- ^^ gués, notamment son grand-père maternel, M. Chaumont, qui fut directeur des constructions navales à Lorient; son oncle paternel, directeur des travaux hydrauliques de Rochefori;son père, inspecteur général du génie maritime, grand officier de la Légion d'honneur, mort en 1859, etc.
M. Frédéric Garnier fit ses études classiques à Paris, où il suivit ensuite les cours de la Faculté de Droit. Revenu dans son pays d'origine, il se consacra à l'exploitation de ses propriétés agricoles.
Sollicité par ses amis de présenter sa candidature au Conseil général pour le canton de Royan (Charente-inférieure), M. Frédéric Garnier fut élu, avec une très forte majorité, sur le candidat officiel de l'Empire, en 1864. Il n'a cessé, depuis cette époque, d'appartenir à cette assemblée départementale dont il est le premier vice-président. Nommé conseiller municipal et maire de la ville de Royan en 1871, il conserve ces fonctions depuis cette époque et a contribué puissamment à la rapide transformation et h l'embellissement de cette station balnéaire, devenue l'une des plus fréquentées des bords de l'Océan.
Sous son administration, en effet, des écoles ont été créées, des promenades spacieuses tracées de beaux édifices construits, des rues et des boulevards percés, des égoùts construits, la lumière électrique installée, une distribution d'eau établie ; ce, pendant que les recettes municipales augmentaient et que la
population de la ville île Roynn, de 3,367 habitants en 1871, atteignait le chiffre de S,2=,7 en iS^M.
Désigné au congrès de Saintes comme candidat aux élections législatives de 188s, M. Frédéric Garnier fut inscrit sur la liste républicaine de la Charente-Inférieure, mais il échoua avec cinij de ses amis; il avait toutefois obtenu la majorité, même sur ses concurrents élus, dans l'arrondissement qu'il habite.
Le 22 septembre 1884, il devint député de la circonscription de Marennes par 7,994 voix, contre S, 91 3 à M. Duport, boulangiste, député sortant. Réélu en 1893 par 8,741 suffrages et en 1898 par 8,900 voix, sans concurrent, M. Frédéric Garnier a été membre de nombreuses commissions, notamment de la commission de la Marine et de celle des Chemins de fer.
Se préoccupant beaucoup des intérêts de la région qu'il représente au Parlement et qu'il a rendue prospère, il s'est adonné surtout à l'étude des questions d'agriculture et de celles touchant aux intérêts des ostréiculteurs et des marins. Républicain, libreéchangiste, il n'est inscrit à aucun groupe politique du Palais-Bourbon.
L'honorable député a fondé le Comice agricole des cantons de Royan et de La Tremblade et a provoqué l'entente entre les divers comices de sa circonscription; il aété l'un des principaux créateurs de la Société agricole : « L'Union des Comices de l'arrondissement de Marennes ». L"un des fondateurs et administrateurs des chemins de fer de la Seudre, aujourd'hui devenus la propriété de l'Etat et qui ont formé la ligne de Pons à Royan et à La Tremblade, il a aussi puissamment contribué à la création du port de la Cotinière dans l'île d'Oléron et de la jetée-débarcadère de Royan.
M. Frédéric Garnier est officier d'Académie depuis 188^; il a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 18S6, à la demande de tous les maires de son canton.
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SÉZIIiLiE des ESSflt^TS (flugusteH ppédépie-PiefPe)
.FiN'TRE, né à Noyon (Oise) le 12 mars 1867. Elève de MM. Bourgeois et Gervex, iM. des Essarts s'est fait connaître par un certain nombre de toiles de genre, études, etc., exposées à la Société des Artistes français. Il y a lieu de mentionner particulièrement son envoi de 1898: Coquetterie de modèle, qui attira l'attention
sur cet artiste et qu'un critique autorisé, M. Roger Miles, décrivit ainsi dans V Eclair :
Coi/iief/t'n'f dt Modèle est une jeune feinnic un peu rosée, gracieuse et gracile, très parisienne, qui s'aJuiire dans uni' et que nous goûtons sous tous ses aspects.
glace
GOUf^D (fllphonse-I^amsay)
vocAT, député, né à New-York (Etats-Unis le 7 septembre 1850, du parents français. Son père était chef d'une maison de commerce de Lyon , qui avait une succursale à New-York.
.M. Alphonse Gourd fit ses études classiques à Lyon et y fut reçu bachelier ès-sciences et licencié ès-lettres. 11 vint ensuite accomplir ses études de droit à la Faculté de Paris. Docteur en droit , stagiaire inscrit au barreau de Paris de 1872 à 1878, secrétaire de la Conférence des Avocats (1876-1877), M. Gourd s'est fait connaître dans de nombreuses causes civiles qui lui ont fait une réputation d'orateur.
Entré tard dans la politique, M. Alphonse Gourd a été nommé conseiller général du i" canton de Lyon, en 1894, dans une élection partielle; il a été réélu à cette fonction en 1895, et a été, sans interruption, membre de la Commission du Budget du département du Rhône.
Candidat républicain libéral progressiste , aux élections législatives de 1893, dans la 2" circonscription de Lyon, M. Gourd échoua, avec 3,142 voix, contre 3,641 à l'élu, M. Clapot, député sortant, républicain radical; mais lors du renouvellement de mai 1898, il fut élu député de cette même circonscription, par 4,989 suffrages, contre 4,463 à son ancien adversaire.
Le député du Rhône est l'auteur d'un certain nombre de travaux sur le droit civil, le droit public, l'économie politique et sociale. 11 a écrit , notamment, sur les Chartes coloniales et la Constitution des Etats-Unis d'Amérique, 2 volumes parus en 188") (2 autres volumes à paraître); il a donné des articles au Bulletin de Législation comparée et à ÏAnniiairc de Législation étrangère, etc.
M. Alphonse Gourd est membre correspondant de l'Académie de législation de Toulouse, vice-président de la Société d'économie politique et sociale de Lyon.
11 est, en outre, l'un des membres du Comité des présidents des Sociétés de secours mutuels de Lyon, du Conseil de direction de la Caisse d'épargne et de Prévoyance de Lyon et du Rhône, etc.
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BOOHV (Jacques)
J RTisTE lyrique, compositeur de musique et professeur de chant, né à Pepinster (Belgique) le i8 juin 1848.
•J" Il fit d'excellentes études musicales au Conservatoire de Liège, puis vint à Paris, où il fut lélcve de MM. Charles Duvernoy, Moker et Masset. Il sortit en 1869 de notre Conservatoire national, avec les premiers prix de chant et d'opéra et le deuxième prix d'opéra-comique.
Engagé à l'Opéra de Paris, M. Bouhy fit de brillants débuts dans le rôle de Méphistophélès de Faust et parut dans divers autres rôle du répertoire. En 1871, il créa Erostrcifc à la salle de la rue Le Peletier; puis, passé à l'Opéra-Comique, il y créa notamment : ')on César de Basait, Carmen (Escamillo) et reprit &es Noces de Figaro, Roméo et Juliette, le Pardon de ^locrniel, Philémon et Bancis, Galathée, Maître \Wolfratn Qtjoeoiide, le délicieux ouvrage de Nicole, [que personne n'a plus chanté depuis.
En 1876, -M. J. Bouhy quitta l'Opéra-Comique pour laller au Théâtre lyrique, et y débuta dans Giralda, le |i2 octobre. Après avoir créé à ce théâtre le Bravo, iPatil et Virginie (is novembre 1876), la Clef d'Or 1(1877), '' eflectua sa rentrée h l'Opéra au moment de la fermeture du Théâtre lyrique et y interpréta iHamlet, Don Juan, la Favorite, etc.
Cet excellent artiste fut ensuite successivement îngagé en Russie et en Angleterre, où il chanta les répertoires italien et français et créa le Méf>Iiistoplie'lès de Boito, et la Reine de Saba de Goldmark.
Appelé, en 188s, à New- York pour y fonder le Conservatoire National, il dirigea cet établissement d'instruction musicale jusqu'en 1889.
Rentré à Paris, il créa Sainson et Dalila à l'Eden- Théâtre (1890) et lit une courte apparition à l'Opéra en 1892.
Possédant une voix étendue, au timbre expressif et pénétrant, chanteur de grand style et de haute culture musicale, ayant surtout l'intelligence du drame, " M. Bouhy est, comme talent, ce que je connais de meilleur, en fait de basse chantante, après Faure, •» écrivait, à propos de ses débuts, Gounod à M'"" Weldon. (Lettre publiée par le Gaulois au moment du procès Gounod-Weldon .
Compositeur plein de verve, il a publié un grand nombre de bluettes et de charmantes mélodies, dont les plus connues sont : Ave Printemps, Mater Snperba, avec violon, violoncelle et orgue; le Manoir bleu
de Rosemonde, A vingt ans. Ce que j'aime en toi, les Papillons, e\ quantité d'autres, publiées en Russie, en Italie et à Paris. 11 est l'auteur de quelques chœurs pour voix d'hommes et s'est exercé dans le style religieux.
En 188=) , M. Jacques Bouhy prit part au concours de composition organisé par \e Figaro et, sur 617 concurrents, remporta une première mention avec un chœur pour voix d'hommes : la Noce au Hameau.
Professeur de chant depuis qu'il a abandonné le théâtre (1892), M. Bouhy ne fait que des élèves se destinant à la carrière artistique ou à l'enseignement musical.
Membre du Comité d'examen des classes de chant du Conservatoire de Paris, M. Jacques Bouhy est officier d'Académie et chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique.
BOUt^GEfiT (Uean-Mai'ie-Liouis)
KNATEUR, né à Agen ( Lot-et-Garonne ) le 9 novembre 1840. Après avoir fait de solides études classsiqucs à Paris, au collège Sainte- '^^ Barbe, il suivit les cours des facultés de Droit de Paris et de Toulouse, fut reçu licencié en 1865, et s'inscrivit alors comme avocat à la Cour d'appel d'Agen.
Succédant à son père, maire depuis 1834 et conseiller général depuis iSs"; , M. Bourgcat débuta dans la politique en ciualité de conseiller municipal et maire de la commune de La Magistère (Tarn-et-Garonne) , le is août 1870; depuis cette époque, ce mandat lui a été sans cesse renouvelé par ses concitoyens. Successivement conseiller d'arrondissement de Moissac (1873) et conseiller général du canton de Valence d'Agen (1886), .M. Bourgeat a été élu sénateur du département de Tarn-et-Garonne le 31 octobre 1897.
Inscrit aux groupes de la Gauche et de l'Union républicaine du Sénat, franchement protectionniste , l'honorable sénateur est président du Comice agricole de Valence d'Agen et vice -président de la Société d'agriculture de Tarn-et-Garonne.
.VI. Bourgeat a été nommé chevalier de la Légion d'honneur, au mois d'août 187s, pour sa belle conduite lorsdes terribles inondations qui ravagèrent, h cette époque, tous les départements du Sud-Ouest de la France.
DOMHf^GUE (Eugène-FPédéfiek)
5<<rOMPOsiTi;uR de musique, né à Belleville, com- Sîf mune depuis annexée à Paris, le 3 novembre 18S9. F^'^^ d'artistes, ses parents lui donnèrent bien eux - mêmes une première éducation musicale ; mais ils le destinaient aux affaires et lui firent faire ses études à l'Ecole Turo'ot, d'où il sortit bientôt pour entrer dans une maison de commerce. Il y resta tout au plus six mois.
Le jeune homme, qui n'avait jamais abandonné l'étude de la musique, prit alors, à l'insu de sa famille, des leçons de violon d'un ami de son père, M. Edouard Dumas (violoniste à l'Opéra et à la Société des Concerts) ; celui-ci le fit entrer au Conservatoire, où il eut pour professeurs. MM. Emile Gilette, Croharé, Emile Decombes , Emile Durand , Ma^-montel et Massenet.
Pendant le cours de ses études, M. Domergue tint les emplois de second violon et alto dans différents orchestres, entr'autresau Théâtre Lyrique (Théâtre de la Gaîté) en 1877; puis il se fit accompagnateur dans les concerts des Salles Erard, Pleyel, Henri Hertz, etc. Il sortit du Conservatoire après avoir été cinq fois lauréat.
Chef d'orchestre au Casino de Contrexeville depuis 1882,11 occupa le même emploi dans divers petits théâtres de Paris, puis en 1886, prit la direction de l'orchestre au Théâtre du Palais-Royal.
A partir de ce moment, M. Domergue écrivit de la musique, et fut remarqué par la presse pour ses ouvertures et ses petits entr'actes symphoniques.
On doit à ce compositeur : deux grandes pantomines, Pierrot confesseur et le Discobole, en collaboration avec MM. Galipaux , Pontsevrez, Paul Bilhaud et Maurice Lefèvre, jouées au Cercle funambulesque, où elles obtinrent un très joli succès; le Baiser cV Yvonne, opérette en 3 actes, jouée 100 fois au Théâtre Déjazet ; Maître Pierre, La foi jurée, Carte blanche, opéras-comiques en i acte, en collaboration avec MM. Lenéka, Matrat et Dernay ; un Recueil de Mélodies sur des poésies de Lenéka ; des Pièces pour violon et violoncelle ; un grand nombre de morceaux d'orchestre ; un Quatuor pour piano et instruments à cordes, etc., etc..
Membre de la Société des Auteurs dramatiques, de la Société des Compositeurs et éditeurs et de la
Société des Artistes musiciens , M. Domergue est officier d'Académie.
BflUDUSl (Pieppe)
t'vocAT, député, né à Nantua^Ain), le 21 août L i86v Fils d'un maire de cette ville et conseiller général du département ; neveu c^ -I- du représentant du peuple de ce nom qui fut tue sur une barricade, lors du coup d'Etat de i8=ii, M. Pierre Baudin vint de bonne heure à Paris, où il fit ses études classiques et de droit.
Inscrit au barreau de Paris depuis i88s, il fut élu conseiller municipal, pour le quartier des Quinze- Vingt, le 4 mai 1890, comme candidat républicain socialiste, avec 4,107 voix, contre 2,727 à M. Elie May. Réélu en 1893 et en 1896 avec de fortes majorités, M. Pierre Baudin ne tarda pas à se créer une place considérable â l'Hôtel de Ville, où ses collègues lui confièrent le rapport général du Budget de 1893 à 189=^. On peut encore rappeler ses travaux sur la comptabilité publique des ingénieurs, sur les emprunts municipaux, sur les questions d'enseignement, etc.
Vice-président du Conseil municipal en 189s, M. Pierre Baudin en fut nommé président la même année. C'est à dernier titre qu'il reçut l'empereur de Russie à l'Hôtel de Ville et la presse comme l'opinion reconnurent unanimement qu'il se tira à son honneur de cette tâche délicate.
Aux élections générales législatives de 1893, M. Pierre Baudin se présenta dans la 1'° circonscription du xn" arrondissement ; il y obtint au premier tour de scrutin une assez forte minorité et se retira au deuxième tour.
Plus heureux, lors du renouvellement de 1898, M. Pierre Baudin fut élu député dans la i'" circonscription du xi" arrondissement de Paris, au 2' tour de scrutin, avec5,7iovoix, contre 3,142 à M. Faberot, député sortant.
Au Parlement, le député de la Seine siège au groupe des radicaux socialistes.
Journaliste, M. Pierre Baudin, de qui la plume est appréciée, a collaboré ou collabore à la Cité, à la France, au Soir, au Rapide, h la Lanterne, à la Volonté, etc.
11 est l'auteur, avec M. Cadière, des Grandes Journées populaires, récit historique d'un grand intérêt.
liOUBET (pPançois-Emile)
NciEN président du Conseil des ministres, président du Sénat, né à Marsanne i^Dromelle ■il décembre 1858. Après avoir accompli ses études classiques, il se lit recevoir docteur en droit et inscrire comme avocat au barreau de Montélimar. 11 devint maire de cette ville et fut révoqué le 16 mai 1877, mais rétabli aussitôt en fonctions.
Membre du (-onseil général du département de la Drome depuis 1871 et, à diverses reprises, président de Cette assemblée, il se présenta aux élections générales législatives du 20 février 1876, dans l'arrondissement de Montélimar, et fut élu député, par n,2t)', voix, sans concurrent.
A la Chambre, M. Emile Loubet prit place sur les bancs de la Gauche républicaine et fut l'un des 363 députés qui refusèrent leur confiance au ministère de Broglie; il fut réélu le 14 octobre 1877, par 11,012 voix contre 7,006 à M. Lacroix-Saint-Pierre, bonapartiste et, le 2 1 août 1881, par 11,201 voix, sans concurrent. Il posa ensuite sa candidature, lors du renouvellement triennal du Sénat, le 2^ janvier 188s, dans la Drôme, et fut nommé sénateur, le premier sur deux, par 407 voix sur 7^8 votants.
Le sénateur de la Drôme devint ministre des Travaux Publics dans le premier cabinet Tirard,du 12 décembre 1887 au 3 avril 1S8S. Son passage à ce mini,stère fut de trop coûte durée pour être autrement signale ; le 29 février 1892, il fut chargé de former un cabinet, après la chute de celui présidé par M. de Freycinet. Président du Conseil avec le portefeuille de l'Intérieur, à une période particulièrement mouvementée, M. Loubet montra une attitude ferme et conciliante tout ensemble. 11 eut à faire face à une situation politique rendue compliquée par de nombreuses interpellations, par les attentats de Ravachol, par le renouvellement des conseils municipaux (mai 1892), par le vote des crédits supplémentaires pour le Soudan et le Dahomey, la démission du ministre de la .\Iarine, M. C'avaignac, que remplaça M. Burdeau ; par le renouvellement de la moitié des conseils généraux (juillet-août), par la célébration du centenaire de la proclamation de la République en 1792. oii M. Loubet prit la parole au nom du Gouvernement, etc. On doit mentionner aussi sa courageuse attitude lors de l'épidémie cholérique du Havre (août).
Dans cette période eurent lieu les congrès socia-
listes de Tours, Saint-Ouen et Marseille, les troubles des mines de Lens et de Liévin, ainsi que la grève de Carmaux qui, commencée le is août 1892, dura plus de deux mois, donna lieu à de nombreux incidents et se termina par une sentence arbitrale que M. Loubet, à la suite 4"uii préalable accord des deux parties, fut appelé h rendre, et qu'il signale 27 octobre; après quelques résistances nouvelles, la grève se termina le 3 novembre. Cinq jours plus tard, une bombe était déposée à la porte des bureaux de la C" de Carmaux, à Paris; transporté au commissariat de police, cet engin éclata et fit cinq victimes. Interpellé à ce sujet , le ministère, sur les déclarations de VI. Loubet, obtint de la Chambre un ordre du jour de confiance voté par 359 voix contre 94.
A peine cette affaire était-elle terminée que le président du Conseil eut à faire face aux graves difficultés qui suivirent l'interpellation de M. Delahaye sur les scandales de Panama et qui amenèrent la démission du cabinet (28 novembre).
Dans la combinaison Ribot, qui suivit (7 décembre 1892), M. Loubet conserva le portefeuille de l'Intérieur jusqu'au 10 janvier 1893, époque à laquelle il donna sa démission et fut remplacé à ce département , comme il l'avait été à la présidence du Conseil, par M. Ribot lui-même.
Réélu sénateur de la Drôme, le 7 janvier 1894, par 588 voix, M. Emile Loubet fut nommé, au Luxembourg, président des commissions des Douanes et des Finances, qu'il avait déjà précédemment présidées. 11 prononça à cette occasion, en avril 189=), un i m portant discours pourlequcl l'affichage fut ordonné.
Le 10 janvier 1896, M. Loubet fut élu président du Sénat; il a été réélu à ces hautes fonctions, depuis, chaque année.
Plifll^CHOl^ (Gustave)
Î|oT.\NiSTE et pharmacologiste, membre de iL l'Académie de Médecine , né à Ganges (Hérault) le 29 octobre 1833. ^1 étudia à Montpellier, dès 1849, ^^^ mathématiques, la médecine et les sciences naturelles. Reçu docteur en médecine en 1859, après avoir été, jtrois années consécutives, lauréat de la Faculté ; puis agrégé à la Faculté de médecine en 1860, docteur ès-sciences et pharmacien de i'" classe en 1864, M. Planchon fut nommé, au concours, cette même année, professeur agrégé à l'Ecole supérieure de pharmacie de Montpellier ; en 1866, il devint titulaire d'une chaire à
l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris et il a été choisi comme directeur de cette Ecole en 1886.
Depuis son entrée à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris, il s'est occupé de la collection, déjà très considérable, laissée par son prédécesseur, M. Guibourt, et l'a augmentée encore, surtout par l'adjonction de collections géographiques, donnant, pour nombre de pays, la physionomie générale de leur matière médicale indigène.
Membre de plusieurs sociétés savantes françaises et étrangères, membre de l'Académie de médecine depuis 1877, M. Planchon a reçu, en 1880, la médaille d'or Hanbury, récompense internationale décernée aux auteurs qui ont fait le plus progresser la matière médicale.
Parmi les travaux nombreux de M. Planchon, il convient de citer : Sur les caractères et Voriginc botanique des Jaborandi ; Des globulaires aux points de vite botanique et médical (thèse de doctorat en médecine, 1859) ; le Kermès du chêne aux points de vite loologiqiie, commercial et pharmaceutique (thèse de pharmacie, 1864); Des quinquinas [Xhéss à'as,xégation à l'Ecole de pharmacie, 1864) ; Etude des tufs quaternaires de Montpellier, aux points de vue géologique et paléontologique (1864) ; Sur l'oris'ine de l'elcmi en pains (1868) ; une édit-ion refondue de l'Histoire naturelle des drogues simples, de Guibourt (1870) ; un Traité pratique de la détermination des drogues simples d'origine végétale (1871), ouvrage en deux volumes auquell'Académie des Sciences accorda le prix Barbier; Sur les ipecacuanas striés [iS']2-iSij); Sur la structure anatomiquc des écorces qui portent le nom de cannelle (1873) ; Les Rhénin (1874) ; Des diverses sortes de Parciva Brava et de leur or i cri ne, d'après les recherches de D. Hamburg (1875) ; Sur les styrax (1876) ; Sur les caractères et les affinités de l'écorce de Hoang-Nau (1877) ! Etude sur les Strychnos et en particulier sur les plantes qui fournissent les curares (i88o) ; Notes sur les Premières années de la Société de pharmacie à Paris (1881) ; Matière médicale des Etats-Unis (1881) ; Note sur le quinquina à cinchonomine (1882) ; Distribution géogratihiquc des médicaments dans la région méditerranéenne (1891) : le Jardin des Aphothicaires et l'Histoire des divers enseignements faits à l'Ecole de pharmacie, depuis leurs origines.
iM. Planchon a aussi publié, en coliaboratiuii avec son élève, M. Collin, un ouvrage en deux volumes, qui résume l'état actuel de la matière médicale.
Officier d'Académie en 1872, chevalier de la
Légion d'honneur depuis 1881, ce savant a été promu officier de cet ordre en i8;;8.
MltililOrl (Ltouis)
il"* ?/ URiscoNSULTE et député, né à I.voii le iS sep- W^im tembre 1829. Il appartient à une ancienne ~!^jI famille du Beaujolais, fixée dans l.t commune -^ de Q.uincié (Rhône) depuis plusieurs siècles.
Ses études classiques accomplies au collège rov:il de Lyon, il vint à Paris, où il obtint la licence en droit, puis se fit inscrire au barreau de la Coviid'appel de Lyon dès i8=ii.
Appelé à la vie publique par ses opinions ré|niblicaines lors de la révolution du 4 septembre 1870, M. .\lillion fut nommé conseiller municipal et maire de Quincié cette même année. En 1874, il était élu conseiller général du Rhône pour le canton de Beaujeu. \'ice-président et président, en 1879 ei i8S(i, de cette assemblée départementale, il démissionna de ces fonctions, en 1886, après avoir été maintes fuis rapporteur d'importants travaux sur le budget, les asiles d'aliénés, les enfants assistés, etc.
Le 12 mars 1882, M. .Million fut élu député de la première circonscription de Villefranche-sur-Saone, avec 7,703 voix, contre ^883 à M. Edouard Thiers. 11 a été depuis constamment réélu : en 188'i, au scrutin de liste, par 86,7'!6 voix sur 136,430 vota;its; en 1889, au scrutin uninominal, dans la première circonscription de \'illefranche, par ii.î^o voix contre 2,si i à .'^1. (^hervin, radical; en 1893, par 7,129 voix co/itre 6,158 à M. Marmonnier, radical, et en 1898, par 10,66'i voix, contre 1,644 à M- Sj-lvestre, socialiste.
M. Louis Million a fait partie, au Palais-Bourbon, de nombreuses commissions, notamment de celle du règlementdéfinitif des budgets précédents ^ 1891), dont il fut choisi comme vice-président. 11 fut aussi président de la commission chargée d'examiner le projet de loi sur l'assistance judiciaire et celui sur l'extension de la compétence des juges de paix, dont il est \ lui-même l'auteur, adopté une première fois par la Chambre et qui a reçu du Sénat quelques modifications.
L'honorable député du Rhône est aussi l'auteur de nombreux rapports, tels ceux sur l'élection Floquet, sur le contrat de métayage, sur la monnaie de nickel, sur le règlement des comptes de la Chambre et sur la préparation du Budget. Il n'est inscrit à aucun groupe politique, bien que radical de gouvernen)ent, mais appartient au groupe viticole dont il est viceprésident.
M. Louis Million, très compétent dans toutes les ijnestions viticoles et agricoles, l'ut choisi comme prcsidciit liu comité de vinil.ince du département du Rhône pour la défense des vignes contre le phylloxéra ; il tut désigné, en :S8i^, pour faire partie du ( onscil supérieur d'Agriculture à Paris; il a été président de la commission administrative de l'asile des aliénés de Bron et membre du conseil départemental du Rhône.
Il a publié plusieurs ouvrages de jurisprudence très estimés et d'une grande utilité pour l'élude des lois de procédure, parmi lesquels il faut citer: Traite sur le contrai if engagement des ouvriers (187S); Traite sur le contrat il'apf^rentissage (1880); AiJe- Memoire Jes Justices de Paix et le Traite des Gref/ca et Greffiers des Justices de Paix (ces deux derniers ouvrages en collaboration avec son frère, ancien juge de paix à Paris).
M. Louis Million est officier d'Académie.
LiAFO^l (Jaeques-Liouis-f^ené)
vor.AT, homme de lettres, né à Paris le 16 jp.nvier 1860. Il y fit ses études classiques et de droit.
Avocat à la C^our d'appel depuis 188^, ,M. René Lafon s'occupe particulièrement, au Palais, des afïaires littéraires et théâtrales ; c'est ainsi qu'il plaida, notamment, un procès Taylor-Commainville- Deslnndes, dans lequel il soutint une intéressante discussion à propos d'une adaptation à la scène de M'"' Bovary. Il fut secrétaire de la Conférence des [ avocats de 188=, à 188(1.
Kcrivain, M. René Lafon a donné au théâtre des pièces applaudies : La Lettre du Cardinal, 1 acte en vers avec Georges Bertal (Odi;on 1886) ; Le T/iapsia, I acte (Déjazet) ; Les deux font la paire, i acte avec M. Michel Noirot (Déjazet 1889) ; Un cousin de province, I acte avec M. Taylor (Déjazet 1890) ; Ces nunstres d'honnnes, 3 actes, avec M.Darsay (Déjazet i8()o); Le troisième Larron, i acte (Déjazet 1894), etc.
11 a publié en librairie : Mémoires d' un Juge d'instruction, en collaboration avec un ancien magistrat ; Coquin d'Amour . recueil de nouvelles, illustrées par Léandre et I.ourdey, et en collaboration, sous le pseudonyme de " Louis Hé rel »: Un drdle de tvpe au régiment, scènes de la vie militaire. On annonce, en outre, de lui : Pour être avocat, étude pratique du barreau et de l'Ecole de Droit, à paraître dans la ' Uection des Livres d'Or de la Science.
M. René Lafon a collaboré ou collabore à la Quinzaine littéraire et politique, à la Chronique de Paris, au Monde Parisien, à la Famille, à la Chronique du Palais, etc.
Il a en outre, de 1885 à 1890, fait des conférences écoutées h la Salle des Capucines, sur des sujets littéraires.
liECHEVflliLiIEt^ (Fendinand-
Edmorid)
l'-puïÉ, né à Bolbec (Seine-Inférieure) le 26 janvier 1840. Entré de bonne heure dans ''^p^^ l'industrie, il se trouva, à vingt ans, à la tête ^J^"^ d'un établissement de tissage important et sut, dans ce milieu ouvriet, se créer une grande popularité.
Elu, en 1871, au conseil municipal d'Yvetot, où il habitait depuis quelques années, M. Lechevallier fut bientôt désigné comme adjoint. A ce titre, il créa une société de secours mutuels qui fonctionne toujours. Au 24 mai 1873, ne voulant pas recevoir l'investiture du ministère de Broglie, il démissionna de ses fonctions. II a fait partie, de 1873 à 1880, du Tribunal de commerce d'Yvetot et de la Chambre de commerce de Rouen.
Choisi comme maire d'Yvetot en 18S0, M. Lechevallier dota d'un service d'eaux potables cette ville qui, située à 152 mètres d'altitude, en était jusque-là privée ; il fit, en outre, construire des écoles et contribua à l'établissement de plusieurs œuvres de prévoyance et de solidarité. 11 n'a pas cessé, depuis i88o, d'être réélu maire. Président de la Caisse d'épargne de cette ville, il a organisé un service téléphonique reliant Yvetot avec tous les cantons de l'arrondissement où fonctionne une succursale de la dite caisse d'épargne : c'est le seul arrondissement en France qui soit doté, dans tous ses cantons, de ce service.
Candidat républicain dans la i" circonscription d'Yvetot, au renouvellement législatif de 1881, et élu député, par 6,084 voix, contre 5,142 à M. Anisson Duperron, conservateur, M. Lechevallier à été successivement réélu : en 1883, sur la liste républicaine, le deuxième du département de la Seine- Inférieure, par 80,^84 voix sur 149, S46 votants ; en 1889, dans son ancienne circonscription, par 6,306 voix contre 5,730 à M. Clément de Royer, plébiscitaire : en 1895, par 6,S2'5 voix, contre 5,r4s au même
adversaire et, en 1898, par 6,Vi7 voix, contre 4,828 données encore au même concurrent.
A la Chambre, M. Lechevallier appartient au groupe des républicains progressistes. Protectionniste, il compte parmi les fondateurs du groupe agricole préside par M. Méline : membre d'un grand nombre de commissions, il a pris une part active aux discussions économiques ; rapporteur de plusieurs propositions, il a contribué à faire voter par la Chambre les lois de douane relatives à l'importation des mélasses étrangères et des chevaux étrangers (i 897^1. 11 est l'auteur d'un projet de loi sur la plus-value h accorder au fermier sortant. Président et rapporteur de la Commission de comptabilité de la Chambre pendant plusieurs années, il s'est fait remarquer par ses aptitudes administratives. Il a été nommé questeur de la Chambre des députés'en 1898.
M. Lechevallier fait partie du Conseil supérieur de l'Agriculture et il est membre du Comité supérieur de l'Exposition de 1900 (classe d'économie sociale).
BISCHOFFSHEIIVI (Raphaël-Liouis)
EMBRE de l'Institut, député, né à Amsterdam l'Hollande) le 22 juillet 1823. Fils du banquier Louis Bischoffsheim, décédé en 1873, il vint de bonne heure à Paris pour y faire ses études classiques et scientifiques. En 1839, il entra à l'Ecole centrale des Arts et Manufactures, puis fut attaché comme ingénieur inspecteur aux chemins de fer de la Haute-Italie.
De retour en France et mis à la tête de la maison de banque paternelle, M. Bischotïsheim se signala par de fréquentes libéralités pour l'encouragement des sciences. Portant un intérêt particulier à l'astronomie, il fit les frais de la construction d'appareils fort coûteux pour les observatoires de Paris, de Montsouris, de Lyon et du Pic du Midi ; on lui doit aussi la fondation et l'élévation de l'observatoire de Nice. En même temps, protecteur des arts et des lettres, il se montra d'une générosité éclairée et discrète, qui lui attira d'unanimes sympathies.
M.Raphaël Bischoffsheim obtint,le24avrili88o, pour «services rendus au pays, » ses lettres de grande naturalisation et il aété admis à l'Académie des Sciences, comme membre libre, le 16 juin 1890, en remplacement de M. Cosson.
Candidat républicain dans la 2° circonscription de Nice, le 21 août 1881, à une élection législative partielle, M. Bischoffsheim fut élu député, par 8,691 voix
sur 9,4';7 votants. Il siégea au centre gauche, sans se faire toutefois inscrire à aucun groupe politique, soutint les divers ministères modérés au pouvoir et s'abstint, en sa qualité d'israëlite, de prendre part aux discussions d'un caractère religieux. Au renouvellement général de i88=i, fait au scrutin plural, porté sur !a liste républicaine des Alpes-Maritimes, il obtint 17,652 voix sans être élu, et se retira au deuxième tour devant M. Rouvier, assurant de la sorte le succès de celui-ci, qui, après avoir échoué dans les Bouches-du-Rhône et dans l'Inde française, avait été inscrit au 2*^ tour sur la liste des Alpes-Maritimes.
Aux élections législatives du 22 septembre 1889, rétablies par arrondissements, M. R. Bischoffsheim, candidat dans la i'" circonscription de Nice, fut élu par s, 062 voix contre 4,366 à M. Raiberti, boulangiste. Invalidé, il ne se représenta pas. Lors du renouvellement général de 1893, il se porta dans l'arrondissement de Puget-Théniers et fut élu par 2,867 voix contre 2,393 ^ M. Malausséna, député sortant. 11 a été réélu, en 1898, par 4,754 voix sur =),i52 votants.
Républicain indépendant M. Bischoffsheim n'est inscrit à aucun groupe. II vote cependant d'une façon générale avec les progressistes. Libre échangiste déclaré , il a été membre ou président d'un grand nombre de commissions parlementaires.
Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1885, l'honorable député des Alpes-Maritimes a obtenu, à l'Exposition universelle de 1889, deux médailles d'or, l'une pour l'observatoire de Nice, auquel il a consacré plus de six millions de francs, l'autre pour l'Ecole professionnelle du boulevard Bourdon , à Paris , édifiée et entretenue à ses frais.
I^IiOTZ (liouis-IJtUeien)
s y^y^vot^AT. député, journaliste, né h Paris le 1 i jan- '^iiSM) yier 1868, de parents parisiens. 11 est d'origine alsacienne-lorraine par ses grands pères Ipaternel et maternel. Après avoir accompli ses études classiques et de droit, il se fit inscrire comme avocat à la Cour d'appel de Paris.
Attiré vers la politique, M. L.-L. Klotz débuta, tout jeune, dans le journalisme. Dès 1888, il fondait la Vie Finiico-Russc, journal illustré, qui devait, dans sa pensée, contribuer à préconiser l'alliance francorusse et à vulgariser parmi nous les mœurs, les coutumes, l'art et la littérature de ce peuple.
Le 27 janvier 1889, M. .Maurice Barrés ayant publié, dans le Gaulois , une lettre d'adhésion au boulan-
gisme, où il faisait appel aux étudiants, leur demandant de se prononcer en faveur du gcnéial, le jeune publiciste trouva là une occasion de renouveler avec L-clat les déclarations qu'il avait déjà précédemment faites contre ce mouvement politique : le Matin publia de lui une Réponse à Maurice Barrés^ dans laquelle il dénonçait les menées césaristes et adjurait les étudiants de Paris de rester avec le parti de la République contre le boulangisme.
Au mois d'avril, entré à VEstafette, M. Klotz y donna une série d'articles remarqués surla littérature et le droit; mais en septembre 1892, un dissentiment politique le détermina à quitter le journal de Jules Ferry. Dès lors, il commença une vigoureuse campagne contre les ralliés, dans lesquels il voyait un nouveau syndicat de candidatures réactionnaires. C'est à ce moment que la direction du Voltaire lui confia la rédaction en chef de cet organe quotidien qui, grâce à lui, prit vite un nouvel essor. Sous ce titre: Le fait politique, '\\ y traita chaque jour les questions d'actualité.
Aux élections législatives du 20 août 1893, .VI. Klotz se présenta à Paris, dans la i'' circonscription du i\'' arrondissement, où il est né. Candidat unique, au second tour de scrutin, de tous les comités républicains, et soutenu à la fois par les Débats, le Temps, la Lanterne et la Petite République, il échoua, après une vigoureuse campagne, obtenant 2,193 voix, contre 3,343 à l'élu, M. Georges Berry.
En décembre 1893, M. Klotz abandonna le Voltaire pour collaborer à divers journaux républicains; il fonda, le i''' février 189s, le Français quotidien, journal qui s'occupa spécialement des questions de défense nationale et d'enseignement ; cet organe fusionna quelque temps après avec le Voltaire, dont M. Klotz redevint rédacteur en chef.
Candidat à la députation dans la Somme, en 189!), lors d'une élection partielle, il échoua encore de quel- <iues voix, mais fut élu , quelques jours après, conseiller général du canton de Rosières. Présenté à nouveau , au renouvellement général législatif de 1898, dans le même arrondissement de Montdidier (Somme), .\1. Klotz fut élu député, le 8 mai, au premier tour, par 8,123 voix, contre 7,898 obtenues par ses quatre concurrents. Insi-rit aux groupes démocratique et radical socialiste du Palais-Bourbon, membre des commissions des Douanes et du Sutlrage universel, il se déclare protectionniste, tout en défendant les intérêts industriels.
Comme avocat à la Cour d'appel, M. L.-L. Klotz s'est fait entendre dans d'importantes affaires. Il est avocat conseil de la Société des garçons de recette '< la Fidélité ». .Vlembre de la Société de défense des enfants traduits en justice, de la Société des prisons, du bureau de placement gratuit du ix^ arrondissement, fondateur du Comité central des oeuvres du travail, dont il devint le secrétaire, fondateur du Comité d'action pour les réformes républicaines, y\. Klotz prête en outre son concours à de nombreuses œuvres de bienfaisance. 11 a fait, au siège de diverses associations parisiennes, des conférences très suivies de législation sociale et politique.
JVIOJ^IEt^ (Joseph-ppédépie)
l^^^ffÛNATEUR, industriel et agriculteur, né à ^^^1 Eyguières (Bouches-du-Rhône) le 24 avril ifwn '^4^- ^^ appartient à une famille qui a acquis, dans l'agriculture et l'industrie delà région, une situation prépondérante : un monument, œuvre de l'architecte Faure et du sculpteur marseillais Aldebert, élevé par souscription sur une place publique d'Eyguières, à la mémoire de son père, .\i. Camille Monier, atteste, en même temps que les services rendus au pays, la sympathie qui s'attache à son nom.
Elevé dans les idées libérales, M. Frédéric Monier prit part aux premières luttes contre l'empire. En 1S69, il était président de l'un des comités qui soutenaient, dans l'arrondissement d'Arles, la candidature de Eugène Pelletan, père du député actuel,
En 1870, nommé vice-président de la Commission municipale d'Eyguières, il se mit néanmoins à la disposition de l'autorité militaire, qui le nomma capitaine d'état-major, à titre provisoire.
L'année suivante, il fut élu conseiller général du canton d'Eyguières, puis conseiller municipal et, en 1S77, maire de cette commune.
Au lO mai 1877. M- Frédéric Monier fut le premier des maires du département des Bouches-du-Rhône révoqué par décret du s juillet 1877. Pendant cette période, il soutint Gambetta avec dévouement et, en compagnie d'Edmond Adam, il sauva la vie au grand tribun, lors de l'échauffourée de Cavaillon.
Redevenu maire après le 16 mai, ce mandat a été constamment renouvelé à M. Monier par le Conseil municipal d'Eyguières, qui, à cette date comme en 1884, 1888, 1892 et 1896, l'a réélu à l'unanimité des suffrages.
Clmiimc iimire d'Fvgiiières, M. Monicr a dote cette ville d'un important groupe scolaire. Il y a l'onde une caisse agricole coopérative. 11 est aussi président d'honneur du Syndicat agricole d'Eyguières et président de la Caisse d'épargne.
M. .Nlonier a représenté le canton d'Eyguières au Conseil général des Bouches-du-Rhône de 1871 à 1897. 11 a été élu par trois fois vice-président, en 1884, 1889 et 1891, puis président en 1892, de cette assemblée, lin 1897, il ne fut pas candidat au Conseil général pour faire élire M. le D' Bayol à sa place.
A la mort de .M. Humbert, sénateur inamovible, son siège ayant été attribué aux Bouches-du-Rhône, M. Frédéric Monier fut élu sénateur de ce déparlement, le 30 décembre 1894, contre M. Abram, alors maire d'Ai.x. 11 siège, au Sénat, à la Gauche démocrati([ue, et s'occupe particulièrement de toutes les questions agricoles et indutrielles.
Il a fait partie de la Chambre de commerce de Marseille et a été, jusqu'à son élection au Sénat, membre de la Commission départementale des Bouches-du-Rhône. Le Conseil général l'avait également délégué dans diverses commissions inter-départementales et s'était fait représenter par lui, en 189-;, à l'inauguration du canal de la Goulette (Tunisie).
M. Monier a été nommé, en 1884, officier d'Académie ; en 1891, chevalier de la Légion d'honneur, et en 1893, grandxroix du Nicham-Iftikar.
IiEt^OtlX (Ange-Henpi-^Chafles)
KDEciN, né à Paris le 28 mars i8s'5. H 'it ses études classiques, prit ses inscriptions médicales, fut interne des hôpitaux, en médecine et en chirurgie, de 1876 à 1879, obtint en cette qualité une médaille en bronze , et fut reçu docteur et lauféat de la Faculté(médailie d'argent) en 1880, avec une thèse sur les Résultats éloignes des amputations et des résections che{ les phtisiques.
Nommé, en 1886, médecin en chef du dispensaire Furtado-Heine et, quelques annés après, médecin consultant de la crèche du même nom, M. le D' Leroux exerça, pendant quelque temps, les fonctions de médecin délégué du service des épidémies et reçut, à ce dernier titre, une médaille du ministère de l'Intérieur pour services rendus en temps de choléra. Attaché ensuite au service médical de l'Exposition de 1889, ila été choisi parle Conseil municipal de
Paris comme secrétaire de l'Œuvre nationale des hôpitaux marins pour le traitement des enfants scrofulcux et tuberculeux. 11 est, de plus, professeur à l'Union des Femmes de France (directeur de l'enseignement du iv' arrondissement de Paris), et membre de la Commission consultative de PAsile national du V'ésinet (ministère de l'Intérieur). En 1891, il fut envoyé en mission par le ministère de l'Intérieur pour étudier le fonctionnement et l'organisation des hôpitaux marins en France.
M. le D' Charles Leroux a publié les mémoires suivants: Note sur deux cas de scorbut sporadiijue [France médicale, i^-jS] ; Mémoire sur l'oblkéraiio)! de la veine-porte dans le cours de la cirrhose atiophique [Galette médicale de Paris, 1879); De l'emphysème pulmonaire et de la phtisie fibreuse chronique (revue critique: Journal des connaissances médicales, 1879) ; Mémoire sur la cyotocèle inguinale [Revue de Médecine et de Chirurgie, 1880); Note sur deux cas de pneumonie caséeuse [Archives générales de Médecine, 1881) ; Mémoire sur le paludisme congénital et sur le rôle de l'hérédité dans l'étiologie du paludisme infantile [Revue de Médecine, 1882); De la chorée de Sydrnliam, son étiologie, sa nature, d'après les faits observés au dispensaire Furtado- Heine (mémoire iii : Revue mensuelle des Maladies de l'Enfance, 1890) ; De la colique appendiculaire dans ses rapports avec l'appendicite [Revue mensuelle des Maladies de l'Enfance, 1891); Alimentation de la première enfance (note communiquée au Congrès international d'hygiène et de démographie de Paris, 1889); L'anlipyrine et la chorée de Sydenham : quelques formes rares d'éruptions : des récidives: le tic post-choréique (mémoire in : Revue mensuelle des Maladies de l'Enfance, 1891); De l'assistance médicale dans les dispensaires d'enfants (conférence, 1 891) ; Des résultats thérapeutiques obtenus dans les hôpitaux et sanatoriums marins récemment créés; nécessité d'un séjour prolongé ; indication du traitement marin (communication au Congrès de la tuberculose, 2° session, juillet 1891); Rapport adressé a M. le ministre de l'Intérieur sur l'organisation et le fonctionnement des hôpitaux marins pour le traitement des Jeunes enfants scrofuleux et tuberculeux (mission en date du 1" août 1891) ; L'Assistance maritime des enfants et les hôpitaux marins : la scrofule, la tuberculose, le rachitisme et les hôpitaux marin i 1 1 vol. gr. in-8" dvec dessins et plans, 1892 ; mention de l'Académie de médecine, prix Monbinne. 1893) ; Del'action des injections de gaïacol iodoformé dans le traitement de
la tuberculose pulntonaircdcs enfants (communication au Congrès pour l'ctuJe Je la tuberculose, y session, 1S93); Vliiipetioro des enfants (recherches bactérioloujues, note communiquée à l'Académie de Médecine ■ ctobre 1893); V Impétigo des cnfaitts, affection conlai^ ietisc inoculable et microbienne, strcptocoquedel'iinp' 'liiro (broch. avec lig., 1894, Bibliothèque du Journal de Cliniijue et de Thérapeutiijue infantiles) ; Inllneuce du traitement marin sur le rachitisme (note communiquée au i"^' (>ongrcs de thalassothérapie, ;s juillet 1S94; Médecine infantile, 1^ octobre 1894); .Vote sur un cas d'angine diphtérique, traité avec suclés par le sérum thérapeutique {Médecine infantile, lécembre 1894) ; La stomatite aphteuse doit être dénommée stomatite herpétique (Journal de clinique ri de thérapeutique infantiles, 25 mai 189=)) ; Pathotr 'nie de la chorcc, d'après les travaux récents (Presse médicale, 1896) ; Un cas d'hémiplégie par embolie d'origine cardiaque dans une angine diphtérique traitée par le sérum anti-diphtérique [Journal de clinique et ile thérapeutique infantiles, 1896) ; De l'importance du service médical dans les crèches. — Purpura généralisé. Stomatite pemphygoïde hémorrhagique. Troubles trophiques des ongles consécutifs àl' ingestion d'un gramme d'aiitipjrine [Journal de clinique et thérapeutique infantiles, 1897); L'assistance m.iriiime des rnfauts et l'œuvre des hdpilau.x marinsilievue philanthropique, 1897) ; De la cure marine de la tuberculose pulmonaire [Médecine moderne, 1897) ; Choréc-Impéligo-Ecthyma (in : Traité des Maladies de V Enfance, de Grancher et Comby, t. iv et v); les Paralysies de la Coqueluche [Journal de clinique et de thérapeutique infantiles, 1898).
M. le D' Leroux est officierdWcadémie depuis i88s et chevalier de la Légion d'honneur depuis 1896.
PÉP^IIiLtlEt^ (Jules)
*^^C ii'ini'; et avocat, né à Nîmes le 29 novembre 1841. 11 commença ses études classiques au lycée de sa ville natale et vint les terminer à Paris, où il suivit ensuite les cours de la 1-aculté de Droit. Reçu licencié, il se lit inscrire comme avocat au barreau de la Cour d'appel.
Engagé volontaire, au début de la guerre HrancD- Mlemandc, .M. Périllier conquit le grade de capilaine .uijudant-maitir à la deuxième armée Je la Loire. Nommé aide-de-camp du général Saussier, il l'ut chargé, à l'armistice. Je réorganiser la justice militaire Ju corps Jarmée, que la prolongation Jes
hostilités et la difficulté de réunir devant l'ennemi les cours martiales et les conseils d'enquêtes avaient complètement désorganisée. L'ordre cju'il apiiuria dans les dossiers permit Je rendre 300 jugements en moins de deux mois et de liquider une situation qui paraissait inextricable. Ses chefs tinrent à mentionner sur ses actes de services « le zèle, le dévouement et la grande habileté » dont il fit preuve dans cette circonstance.
La paix signée, M. Périllier reprit sa place au barreau de Paris. Peu après, il acheta une propriété à Varennes (Seine-et-Oise), où il se fit bientôt de nombreuses relations. Elu conseiller municipal et maire de cette ville en 1876, fonctions qu'il a conservées jusqu'en i888, il fut l'un des fondateurs et le président du Comité radical de Seine-et-Oise, qui fit échouer, en 1881, les candidatures des républicains modérés.
Porté, à son tour, sur la liste radicale de ce département, le 18 octobre 1885, il fut élu député, au scrutinde ballottage, par ssf'H^O'-^- -^son arrivéeà la Chambre .NI. Périllier alla siéger à l'extrême gauche et prit une part active aux travaux et aux discussions parlementaires.
11 interpella le gouvernement, au mois d'octobre 1886, sur l'interdiction faite par la (J'-' des chemins de fer P.-L.-M. à ses agents, d'accepter aucun mandat législatif; il vota pendant cette législature, nota m ment; pour l'expulsion des princes, contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement, contre le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la Presse, pour les poursuites contre le général Boulanger ; il fit invalider, sur son rapport, en 1885, les députés conservateurs du département des Landes, qui furent ensuite remplacés à la Chambre par les candidats de la liste républicaine; il fut rapporteur d'un projet de loi sur les médailles et récompenses industrielles c|u'il lit adopter, etc.
Candidat aux élections générales législatives du 22 septembre 1 889, Jans la 2° circonscription de Pon toise, M. Périllier échoua, avec '5,576 voix, contre 6,933 ^ M. Brincard. 11 revint à la Chambre au renouvellement du 8 mai 1898, comme député de la i"' circonscription, nouvellement créée, de l'arrondissement de CorbeiI,élu par =^,6 18 su ftVages, contre 4,3 13 donnés à .M. le comte Treilhard. Il est inscrit au groupe radical-socialiste du Palais-Huurbon.
Rapporteur de la sous-commission chargée d'examiner la validité des opérations électorales de la 2" circonscription Je Constantine, il Jécida la Chambre,
contrniremciU à l'avis du bureau, à ordonner une enquête sur l'élection de M. Thoitison (1898).
Comme avocat, M. Périlliera plaidé un grand nombre de procès importants, civils et politiques. Citons notamment celui en faveurdes victimes de la catastrophe des grands moulins de Corbeil et le procès intenté par 809 curés bretons au Jounuil de Scme-ci-Oisc.
lilTVlflrlE (Félia)
•ANïATKici-, née à Saint-Pétersbourg (Russie) le 30 mars 1865. Douée, dès l'enfance, d'une véritable vocation artistique, elle vint de bonne heure à Paris, où elle fit d'excellentes éludes musicales sous la direction de M""' Barthe- Banderoli et de M. Victor iMaurel.
Après avoir débuté brillamment au Théâtre-Italien, en 1884, dans Simone Boecanegra et Heniani, elle fut engagée par les directeurs du théâtre de la Monnaie de Bruxelles, pour créer la Walkyrie, qu'elle donna sur cette scène plus de cinquante fois, toujours avec un égal succès.
Revenue à Paris en 1889, M"" Félia Litvinne entra comme soprano à l'Académie nationale de musique et y chanta les Hiigueriots, la Jttive, V Africaine, etc. Dès ce moment, la réputation de cette cantatrice fut définitivement établie.
Engagée en Italie, d'abord au théâtre Saint-Charles de Naples, puis à la Scala de Milan, M'"° Félia Litvinne recueillit, dans ces deux villes, une ample moisson de lauriers ; elle se rendit ensuite à Sl-Pétersbourg et à .Moscou pour interpréter, dans leur langue, les chefs-d'œuvres des maîtres de l'école italienne et française. Appelée au théâtre impérial de Saint- Pétersbourg, par ordre du tsar, elle se produisit avec éclat dans Jndifh, opéra du compositeur russe Sérofï, ouvrage pour lequel on ne trouvait pas de soprano possédant un registre assez élevé.
A son retour en France, M'"° Félia Litvinne fut la pensionnaire des grands théâtres de Marseille et de Lyon. C'est dans cette dernière ville que l'irapressario Grau vint la chercher, en payant un fort dédit, pour l'emmener en Amérique (1896), en compagnie de MM"'"EmmaCalvé,Melba,de MM.JeanetEdouard de Reszké, ses beaux-frères, Pol Plançon, Lubert, etc.
Au cours de cette longue tournée artistique, M"" Litvinne chanta, pour la première fois en Amérique, Tristan et Yseidt en allemand. Elle obtint un succès considérable, ainsi que dans les rôles de son répertoire.
Après un nouveau séjour à Saint-Pétersbourg avec
les frères de Reszké, saison consacrée aux œuvres de Wagner, où elle reçut les plus chaudes félicitations de l'empereur de Russie, M"" Litvinne se fit entendre à Breslau; elle y chanta : les Huguenots en français. Aida en italien, Tristan et Yseultun allemand ; du reste, elle interprète la plupart de ses rôles en ces trois langues avec une réelle perfection.
De Breslau, elle se rendit à Lisbonne, pour y jouer les rôles du grand opéra, en 1898. Au mois de novembre de la même année, elle se produisit aux Concerts Lamoureux, à Paris, dans le i""^ acte de Tristan et Yseult, et la presse fut unanime à lui prodiguer les plus flatteurs éloges. Elle contracta ensuite un engagement avec le théâtre de Nice pour la saison 1898-99.
Douée d'une superbe voix de soprano dramatique, tragédienne lyrique remarquable, cette parfaite cantatrice, très aimée de M'™ Wagner, va tous les ans à Bayreuth auprès de la veuve de l'illustre compositeur.
DEVlfiS (Ltouis-flntonin)
i^l^^i^ ÉPUTÉ, né à Beaumont (Haute-Loire) le 28
l?^" décembre iSso. Ses classes faites au lycée de Clermont, il étudia la médecine à la Faculté de Paris et fut reçu docteur en 1876.
11 s'établit, pour exercer sa profession, à Brioude (Haute-Loire), où il ne tarda pas à acquérir une grande notoriété. Nommé médecin adjoint de l'hôpital de cette ville en 1878, puis médecin en chef en 1891, il se consacra à ces fonctions avec beaucoup de dévouement et de désintéressement. Il est en outre médecin des épidémies, membre du conseil d'hygiène de l'arrorkdissement, médecin expert près le Tribunal, etc.
Conseiller municipal en 1878, conseiller d'arrondissement en 1880, conseiller général du canton en 1887 et maire de Brioude en 1888, M. Louis Devinsse présenta, au renouvellement général législatif de 189-;, comme candidat radical dans son arrondissement et obtint 7,154 voix, contre M. Chantelauze, également radical, qui fut élu avec 10,017 suffrages.
Plus heureux aux élections pour le renouvellement de la Chambre du 8 mai 1898, il fut élu député de la circonscription de Brioude par 10,782 voix contre 8,712 obtenues par son ancien concurrent, M. Chantelauze, député sortant.
A la Chambre, l'honorable député de la Haute- Loire vote avec la fraction républicaine radicale.
DELiOMBÏ^E (Paul)
^ ixisTRi;, député, publiciste et économiste, né ' le i8 ni:irs 1S48, à Maubeuge (Nord). Après
*> avoir accompli ses études classiques au rf-- lycée de Versailles, il vint à Paris suivBe les cours de la Faculté de Droit et débuta en même temps dans la presse, en collaborant, dès 1868, à des journaux républicains tels que la Cloche et au Journal ilcs Travaux Publics.
A la même époque, M. Paul Delombre participait :i la fondation de la conférence Henrion de Pansey, i.[ui compta bientôt parmi ses membres l'élite de la jeunesse du Palais ; il fut aussi membre de la conférence Molé-Toctiueville. Reçu licencié en droit en 1869, il prêta le serment d'avocat devant la Cour d'appel de Paris; mais continua à se consacrer au journalisme et aux études d'économie sociale et politique.
M. Paul Delombre a publié, depuis cette époque, d'importants travaux sur les budgets, le crédit public, l'organisation des banques, l'industrie, le commerce, les chemins de fer, la mutualité, la coopération, les grèves, etc.; ces travaux ont paru notamment dans le journal le Temps, où, depuis 1878, il est chargé de la partie économique.
Candidat aux élections législatives du 11 septembre i"^8i), dans le v' arrondissement de Paris, contre M. .Vlfred Naquet, boulangiste, qui fut élu, M. Paul Delombre fut ensuite présenté, en 1893, à la députalion, par les comités républicains de la circonscription lIc Barcelonnette (Basses- Alpes) et élu par i.soo voix t'intre 1,43s à M. Liotard.
Au Palais- Bourbon, il prit place parmi les républicains progressistes et, précédé par sa haute réputation d'économiste, fut aussitôt choisi par ses collègues comme membre des plus importantes commissions de la Chambre. C'est ainsi qu'il a participé aux travaux des commissions: des crédits (1893), des fi nances( 1894- 189=;), du budget vi896).des chemins de fer, des douanes, etc.. lia été nommé raporteur du budget des Finances en 1894 et 1895, rapporteur général du budget de 1896, puis deux fois président de la Commission du budget. Entre autres rapports, on lui doit ceux sur la question des relations monétaires avec l'Italie, la Suisse, la Grèce, la Belgique et celui -ir l'impôt sur le revenu. I.ors de la discussion de tte dernière question, .\I. Paul Delombre prononça, :i la tribune du Palais-Bourbon, un discours qui eut un grand retentissement (mars 1896).
Réélu député de l'arrondissement de Barcelonnette, le 8 mai 1898, par 2,507 suffrages sans concurrent, M. Paul Delombre accepta le portefeuille du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes, dans le cabinet de conciliation républicaine formé par M. Ch. Dupuy, le 3 novembre 1898.
L'un des fondateurs de l'Association nationale républicaine, qui a pour but principal de grouper et de transmettre au Parleinent les vœu.x de réforme émanés des diverses régions de France et préparer les projets pouvant en assurer la réalisation, il est resté membre du comité de cette association jusqu'au jour de son arrivée au ministère. Il est encore membre du Conseil général de la Ligue nationale de la pré voyance et delà mutualité, à la création de laquelle il collabora avec M. Hyp. Maze ; membre de la société d'Economie politique de Paris et du '< Cobden-Club » de Londres et conseiller général des Basses-Alpes.
M. Paul Delombre a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1880 et promu officier 601887.
DEHOt^lWflflDlE (LiOUis-Jules-EPoest)
tN.\Ti:uR inamovible, né à Paris le 6 août 1821. Issu d'une vieille famille de robe, il prit ses inscriptions à la Faculté de Droit et entra t)f^^ ensuite dans l'étude d'avoué que possédait son père à Paris. Il succédai celui-ci en 1851. La considération qu'il sut acquérir parmi ses confrères lui valut d'être choisi par eux, à trois reprises différentes, comme président de la Chambre des avoués. Pendant le siège de Paris, en 1871, M. Ernest Denormandie fut nommé adjoint du vin'' arrondissement, dont Hippolyte Carnot était alors maire. Celui-ci professait une grande estime pour M. Denormandie et se plaisait à reconnaître le tact et le dévouement qu'il apporta dans les différents services de la mairie, principalement en ce qui touchait aux questions alimentaires, si importantes à cette époque ainsi qu'aux œuvres d'assistance et de charité. En 1875, M. Denormandie publia sous ce titre : Le VIII" arrondissement et son administration pendant le siège, une étude dans laquelle il expose en détail le fonctionnement de ces divers services pendant ces temps troublés.
Porté aux élections complémentaires de juillet 1871 pour l'Assemblée nationale, sur la liste de l'Union parisienne de la Presse, M. Denormandie fut élu, par 1 13,589 voix, représentant de Paris. Il siégea au centre gauche. Son éloquence lui valut de nombreux succès de tribune, notamment à l'occasion du
vole de 1:1 loi dite des i [n millions. U s'agissait d'une transaction entre la ville de Paris et l'Etat ; M. Dcnormandie défendit, avec beaucoup de talent, les intérêts des habitants du département de la Seine, au sujet .des indemnités c|ui leur étaient dues pour les dommages éprouvés pendant la guerre.
Lors de l'élection des sénateurs inamovibles, en 187s, M. Denormandiefut envoyé par l'Assemblée nationale au Sénat. 11 y a fait partie de nombreuses commissions, notamment de celle des Finances.
Nommé gouverneur de la Banque de France par décret du 18 janvier 1879, le choix de M. Denormandie à ce poste important fut bien accueilli dans le monde financier ; mais en novembre 1881, à l'avénement du ministère Gambetta, il fut remplacé par M. Magnin, pour raison politique : il avait voté contre l'article 7. Durant sa gestion il s'était montré administrateur de premier ordre.
Président du conseil d'administration du Comptoir national d'escompte, depuis sa fondation en 1889, M. Denormandie a su, grâce à la confiance personnelle qu'il inspire et à une savante direction, faire, en quelques années, de cet établissement financier, l'un des plus importants et des plus florissants de la banque française.
M. Denormandie a publié un volume : A'oto et Souvenirs, 1870-71 ; ses Discours et ses Rapports parlementaires. Parmi les principaux discours, il convient de citer : celui relatif à la loi des 140 millions, déjà mentionné ; celui par lequel il revendiquait, pour la Banque de France, la fixation de SI circulation fiduciaire ; ceux, non moins importants,sur l'exécution delà loi relative à la réforme de la magistrature et sur le divorce, etc.
M. Ernest Denormandie est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1874.
DOMPIEt^f^E d'HOf^NOV (Chaples- JVIamus-fllbept de)
'I CE-AMIRAL, ancien ministre, ne a Hornov (Somme) le 24 février 1816. Entré, à douze ans, à l'Ecole navale, et successivement 'i'r^ aspirant de marine, enseigne de vaisseau ^1834), lieutenant (1841), capitaine de frégate (1849), il prit part au bombardement de St-Jean-d"Ulloa (1838), fit les campagnes d'Afrique, de Crimée, du Mexique et fut nommé capitaine de vaisseau, le 2 décembre 1854, pour avoir brillamment commandé, sous le feu des batteries de Sébastopol, le vaisseau-amiral qu'il montait, la Villc-dc-Paris.
Commandant de la station d'Islande. chefd'Etatmajorde celle du Levant, membre du conseil d'amirauté, M. de Dompierre d'Hornoy fut promu contreamiral, le i^ août 1864, commanda le service d'honneur placé près de l'impératice de Russie, pendant son séjour à Nice (iSOs' et fut appelé au poste de directeur du personnel au ministère de la Marine (1869). Après le 4 septembre, le gouvernement de la Défense Nationale lui confia l'intérim du ministère delà Marine, en remplacement de l'amiral Fourichon, qui avait suivi la délégation à Tours; il conserva ce portefeuille pendant toute la durée du siège de Paris.
Elu représentant à l'Assemblée Nationale, le 8 février 1871, par le département de la Somme, le 2""' sur 11, avec 102,072 voix sur 123,34^ votants, M. de Dompierre d'Hornoy siégea sur les bancs delà droite légitimiste, se fit inscrire à la réunion Colbert et aux '< Réservoirs » et vota constamment avec le groupe parlementaire monarchiste. Il prit souvent la parole, à l'Assemblée Nationale, notamment pour combattre le droit accordé aux colonies d'élire des députés.
Vice-amiral depuis le 4 juin 1871, il fut appelé, au lendemain de la chute de M. Thiers, à laquelle il avait contribué, au ministère de la Marine et des Colonies, dans le cabinet de Broglie (2^ mai 1873), fut maintenu (26 novembre) dans le cabinet remanié après Lorganisation du Septennat et démissionna avec lui, le 21 mai 1874.
Candidat conservateur aux élections sénatoriales du 30 janvier 1876, dans la Somme, il fut élu par 482 suffrages, prit place à la droite de la Chambre haute et vota la dissolution de la Chambre demandée par le cabinet de Broglie-Fourton après le 16 mai 1877. Non réélu au renouvellement du 8 janvier 1882, M. de Dompierre d'Hornoy fut nommé à la fois, lors des élections législatives du 4 octobre i88s, au scrutin plural, député delà Gironde et de la Somme: il opta pour la Somme. Au renouvellement Je 1S89, ilfutélu dans la 2' circonscription d'Amiens, par 12, =,43 voix, contre io,6s8 à M. Levecque, républicain.
Siégeant toujours à droite, il intervint dans les discussions intéressant la manne et fut l'adversaire des ministères républicains. Quand M. .Vlichelin réclama une enquête sur les causes et les responsabilités de l'expédition du Toukin. M. de Dompierre d'Hornoy se sépara de la droite qui vota pour et déclara s'abstenir, '< pour ne pas affaiblir la portée du verdict rendu par les électeurs eux-mêmes contre les fauteurs de l'expédition ». 11 ne se représenta pas à l'expiration de son mandat.
Admis à la retraite, comme vice-amiral, le 24 février 18S1, M. de Dompierre d'Hornoy est grand officier de la Légion d'honneur depuis le 10 juillet 1869 et grand cordon de St-Stanislas de Russie.
DUJWAS (Pieppe-Paul-Julien)
^^^^t ÉpuTK et avocat, né à Sèvres, près Paris, le i"'
llfessB octobre 18=57. Petit-fils du baron de Sibert de Cornillon, ancien conseiller d'Etat et secrétaire général au ministère de la Justice; (ils d'un ancien premier président de la Cour d'appel d'Orléans, il fit ses études classiques au collège Stanislas, à Paris, où il suivit les cours de la Faculté de Llmitet s'inscrivit ensuite comme avocatauxbarreaux d'Orléans et de Toulouse.
Dans cette dernière ville, \l. Julien Dumas ne tarda pas à se faire unegrande réputation d'éloquence. Des cau.ses nombreuses qu'il a défendues, tant au civil qu'au criminel, on peut citer notamment : le procès Boland, qui, en i'" instance à Luxembourgcteii appel à Liège, obtint un grand retentissement ; l'affaire Redier de la \'illate, meurtre passionnel dont toute une région s'émut longtemps, etc.
Maire de Luzenac (Ariège), où il possède une grande industrie de talc, M. Julien Dumas fut présenté aux élections législatives de 1893, dans l'arrondissement de Paiiiiers et élu, au deuxième tour de scrutin, par 8,911 voix contre 8,76s à M. Wickersheimer, député sortant. Il fut réélu, le 22 mai 1898, par 9,841 voix, contre 8,360 à M. Albert Tournier, bibliothécaire au ministère de l'Instruction Publique.
A peine arrivé au i\ilais Bourbon, il débuta à la tribune pour combattre le projet Reinach sur la suppression de la publicité des exécutions capitales et contribua a assurer son rejet ; dans la discussion de la loi contre les menées anarchistes, il déposa un i ' iiitre-projet laissant au jury l'appréciation de ces faits et le soutint avec une telle vigueur que sa proposition obtint, à la (Chambre, l'imposante minorité de 238 voix; il intervint aussi dans la discussion relative à la pension accordée à la veuve de M. Burdeau et pour en demander la réduction, qu'il obtint ; il protesta contre l'envoi de notre flotte h Kiel, s'opposa .1 l'expédition de Madagascar, etc. A l'avènement du cabinet Bourgeois, en novembre i8()s, il interpella le ministère sur le maintien des lois restrictives de la liberté individuelle et fut, en :S97, l'auteur d'une interpellation .à M. Barthou, ministre de l'Intérieur dans le cabinet Méline au sujet de
l'application hors de propos de la mensuration envers les prévenus. Cette interpellation eut pour conséquence une circulaire amendant les mesures en vigueur dans le sens indiqué par l'interpellateur.
M. Julien Dumas a été membre de diverses commissions telles que celles de la révision du code d'instruction criminelle, de l'organisation judiciaire et de la commission des 33 (mise en accusation de M. RaynaI).Très libéral aux points de vue politique et religieux et partisan résolu des réformes sociales, il reste absolument indépendant, quoique inscrit à la gauche démocratique. 11 a aussi fait partie du groupe colonial; mais s'en est retiré après l'alTaire deFashoda (novembre 1898).
M. Julien Dumas a publié des articles politiques très remarqués dans le Jour et la Patrie.
SEt^EJSlDflT de BEliZIM (liouis)
EiNTRi-, né le 26 juin 18^4 à Port-Louis (lie ■'""' Maurice). Il apprit, dans sa ville natale, à --^^=^($ l'atelier de son compatriote Delahogre, les 'j^iT premiers éléments du dessin et de la peinture ; puis, en 1S80, il vint à Paris, où il fut d'abord élève de M. Carolus Duran, puis de Cabanel à l'Ecole des Beaux-Arts.
D'esprit très libéral, à tendance esthétique originale, M. Serendat de Belzim participa à la fondation de la Société des Artistes Indépendants, en 1884, et en devint par la suite le trésorier; en 1885, ce peintre envoya à la Société des Artistes français un Portrait de Femme qui fut refusé, peut-être à cause de la situation que son auteur occupait dans une société rivale. L'année suivante, il subit le même sort avec Une Victime du Salon, toile au titre ironique, et qui, en raison de ses réelles qualités d'exécution, fut très remarquée dans une salle de la rue de la Chaussée d'.Vntin, à Paris, où l'auteur l'exposa plus tard.
11 convient de mentionner, parmi les œuvres envoyées ensuite dans diverses expositions par .NT. Serendat de Belzim, qui s'est imposé par elles à l'attention publique: Portrait de la Marquise de T..., au Cercle artistique et Une Parisienne, à l'Iixposition française de Tunis (1887) ; Rêverie etjudit/i au Cercle Volney (1888); Portrait de femme et Portrait de jeune tille lisant, aux indépendants (1890) ; Portrait du général Saiissier, fusain, au Blanc et Noir ( 1891 ); Portrait du D' Broicn-Sequar et la Prière du Malin, au Cercle Volney ; Portrait du D' Tholo^an, au Cercle
Artistique, Vœux à la Madone et Sic- Ursule, aux Indépendants (1892); Portraits de Carvallio et du D' Le Juge de Segrais et Prière à Stc-Aitne d'Auray, au Cercle Volney ; le Mage, St-Elie et la Naissance de r Amour, panneau décoratif d'un très gracieux effet, aux Indépendants (1893).
En 1894, M. Serendat de Belzim fit, dans les Galeries Georges Petit, une exposition de ses œuvres principales, parmi lesquelles on remarqua surtout : Miss Bahy, Mignon et Lothario, la Misère, Fantaisie, Tendresse, Rêverie, Les Papillons, Souvenir, toiles : Porthos et Mousquetaire, fusain. On a vu encore de cet artiste: les portraits du General baron Favcrot de Kerbrecli, de Sir Bug. Lecle^io, etc, au Cercle de rUnion artistique (1896), un grand nombre de portraits aux seules initiales et le Christ, toile importante (1897), qui doit former, avec St-Pierrc dans sa barque et St-Paul, un tryptique destiné à l'église de Carquefour.
M. Serendat de Belzimestprésident de l'Association syndicale professionnelle des peintres et sculpteurs français, fondée eni897. Il est officier d'Académie et commandeur de divers ordres étrangers.
flflTHUVIE-IVIÉl^flHD (PieFPe«Iiouis)
t^S^^ Éi'UTÉ. né à Nantes le 31 juillet 1860. Fils ^■IsSb J'y,;, avocat, il fit toute son éducation à l'externat des Enfants nantais. En 1878, il fut l'un des fondateurs du journal l'Observateur ; il devint licencié en droit en 1881 et docteur en droit en 1884 , époque où il se fit inscrire pendant une année seulement au barreau de Paris et à la conférence Molé-Tocqueville.
Réinscrit, dès 1885, au barreau de Nantes, M. Anthime-Ménard fonda, en 1891, le Nouvelliste de VOuest, journal quotidien qui, complété par plusieurs organes hebdomadaires, est devenu, dans la région de l'Ouest, le grand facteur de l'adhésion des anciens partis d'opposition aux institutions républicaines. Directeur et seul propriétaire de cette importante œuvre de presse, il a lutté, depuis cette époque, à la fois contre l'opposition antirépublicaine de droite et contre la politique anticléricale de gauche. A nouveau membre de la conférence .\lolé-Tocqueville et secrétaire de la gauche républicaine de cette réunion en 1897, M. Anthime-Ménard se présenta aux élections législatives dans la 1'' circonscription de Saint-Nazaire, le 8 mai 1898, contre M. Gasnier, député sortant, représentant le parti de |
la concentration, et fut élu au premier tour de scrutin, par 9,158 suffrages, contre 8,156 obtenus par son concurrent.
M. Anthime-.Ménard est membre du conseil de la Société des Bibliophiles bretons.
ALiLiÈGl^E (Viocent-Gaëtan)
ÉNATLUR, administrateur, avocat, né à Six- Fours (Var) le 7 août 1835. Après avoir fait ses études classiques et de droit à Aix, il s'inscrivit au barreau de Toulon, où, se mêlant de bonne heure aux luttes politiques, il défendit énergiquement la cause démocratique et combattit le régime impérial.
Nommé, dès i86t, conseiller municipal de Toulon, il fit preuve d'un tel dévouement civique pendant la cruelle épidémie qui ravagea cette ville, quelegouvernement, malgré son attitude d'opposition, lui accorda unemédailled'honneur. Successivement élu conseiller d'arrondissement et conseiller général du Var, pour le canton de la Seyne-sur-Mer, M. Allègre fut aussi le premier maire républicain de Toulon après le 4 septembre 1870. Révoquédecesfonctionspar le ministère du 24 mars 1S73, il était si populaire qu'on ne put lui trouver un successeur pendant plus de six mois.
Elu député de la 2° circonscription de Toulon en 1876, par 7,361 voix sur 8,227 votants, il fut l'un des ; ^6^ et retrouva son siège, en 1877, après la dissolu- ; tion. A la Chambre, iM. Allègre fît partie de l'Union ' républicaine, prit une part importante aux discussions concernant les questions d'enseignement et fut l'un des rapporteurs de la loi actuellement en vigueur sur l'enseignement primaire. En politique étrangère, il signala, dès l'origine, l'évolution de l'Italie vers l'Allemagne.
En 1881, à l'échéance de la période législative, M. Allègre accepta les fonctions de gouverneur de la Martinique, poste qu'il avait refusé l'année précédente pour ne pas abandonner, durant son cours, le mandat législatif qu'il détenait. Dans cette situation, M. Allègre apporta un esprit de progrès réel et une grande science administrative. Le gouvernement de File de la Martinique, où l'esclavage n'avait été aboli qu'en 1848, était une œuvre laborieuse et délicate; il fallait organiser l'enseignement public et faciliter le développement de la petite propriété, alors complètement délaissée. Le nouveau gouverneur sut accomplir cette tâche et s'y concilier la sympathie générale, tout en conservant la confiance du pouvoir central.
A la mort de M. Demazes, sénateur de l'ile, en i88f, M. Allègre fut choisi pour le remplacer, à l'unanimité moins une voix, par les délégués sénatoriaux: il refusa de poser sa candidature ; mais, revenu en France pour raisons de santé en 1887, il fut élu, l'année suivante, sénateur de la Martinique, aprèsune lutte assez vive, contre M. César Laine. Il a été réélu en r897, contre le même concurrent.
.\u Palais du Luxembourg, M. Allègre prit bientôt une place en vue. Il est intervenu, à la tribune, dans toutes les questions intéressant la prospérité de la Martinique et des colonies en général. .Nlembre de la (Commission de la Marine ei des Colonies, il a aussi fait partie de celle chargée d'examiner le projet de loi, adopté en 1896, qui déclare Madagascar colonie française et a participé à tous les travaux de la commission extra-parlementaire de la Marine. Inscrit à la gauche démocratique et aux groupes agricole et colonial, il est partisan des mesures protectionnistes.
Décoré de plusieurs ordres étrangers, M. Allègre est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1881 et officier depuis i886.
KAE]VIPFEJSl (RlbePt)
l^|DMiMSTR.\TEUR et publicistc, né de parents Il suisses, à Versailles, le !■; avril 1826 et naturalisé français en 1849.
Il fit ses études classiques au collège Bourbon (aujourd'hui lycée Condorcet), suivit les cours de la Faculté de Droit et se fit inscrire au barreau de la Cour d'appel de Paris en 1849. ^^- Kaempfen fut secrétaire de la Conférence des Stagiaires sous le bâtonnat de Berryer.
Il débuta, en i8=i=j, dans le journalisme, à la Gi7{(-//t' (/(•5 Tribunaux, et ne tarda pas à se créer une place importante à l'/Z/ws/r^i/oH, puis il collabora au Courrier du Diiitiiiichc, à la Revue Moderne, à la Vie Parisienne, à r Univers illustré, à Y Epoque, à la Discussion, de Lyon, au Rappel,A\xMagasind'e'ducationetderécréa/ion.au riLV;//>$, dont il fut, de 1866 à 1870, un des rédacteurs attitrés sous le pseudonyme, de X. Feyrnet.
Il a publié : la Tasse à thé, roman (1886) ; Paris capitale du Monde (1870') étude humoristique des mœurs de la fin de l'empire, en collaboration avec M. lidmond Texier ; des nouvelles dans plusieurs journaux de Paris ; une monographie du Louvre, dans la France Artistique et monumentale, etc.
M. Albert Kaempfen fitpartie,en i869,deladélégation des journalistes parisiensenvoyésà l'inauguration
de canal de Suez. Directeur du Journal officiel en 1871, il remplit ces fonctions jusqu'en 1874. Révoqué par le ministère de Broglie, il collabora régulièrement à V Univers illustré, où, plusieurs années durant, il rédigea le courrier de Paris et des théâtres. Il a, pendant longtemps, envoyé des * Lettres parisiennes >> au journal la Gironde, de Bordeaux.
Nommé inspecteur des Beaux-Arts en 1879 par Jules Ferry, M. Kaempfen fut délégué, en décembre 1882, dans les fonctions de directeur des Beaux-Arts. Par décret du 26 septembre 1887, il est devenu directeur des.Nlusées nationaux et de l'Ecole du Louvre.
M. Kaempfen est officier de la Légion d'Honneur depuis le ^i décembre 18S7. Il est aussi décoré des ordres de Léopold n de Belgique, St-Stanislas de Russie, de la Courc)nne d'Italie, Lion et Soleil de Perse, Soleil-Levant du Japon , et du Christ de Portugal.
GAUTHIER [de CLiRGHY] (AlbePt)
ÉpCftÉ et avocat, né à\'ersailles le 14 septembre 1833. 11 est fils d'un conseiller municipal de cette ville et propriétaire, qui construisit sur l'ancien parc de Clagny (domaine de M"'° de Montespan) tout un quartier nouveau. II fit son service militaire dans la cavalerie, puis entra dans l'industrie, passant plusieurs années au milieu des ouvriers dans le Nord, aux Pyrénées et en Italie, s'occupant de l'exploitation de carrières de marbres durs. Lesétudes juridiques l'attirèrent ensuite : il soutint brillamment sa thèse de doctorat endroit en 1882 et devint, en 1883, avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation. En cette qualité, il obtint, dans le procès de l'abbé Sterlin, un important arrêt qui établit la validité du mariage chez les ecclésiastiques, changeant ainsi la jurisprudence admise depuis le commencement du siècle. Il a aussi plaidé l'affaire Turpin et a été l'avocat de la famille dans le retentissant procès en cassation qui a abouti a la réhabilitation de la mémoire de Pierre \'aux.
Elu conseillergénéral du canton de Sèvres en 1886, mandat qui lui a toujours été renouvelé depuis cette époque, M. Gauthier deCIagny fut porté aux élections générales législatives de 1889, par le parti national et la fédération révisionniste, et nommé député de la 2""'circoascription de Versailles, au i" tour de scrutin, par 51,677 voix contre2,36i à M.Ferdinand Dreyfus, ancien député, et 1,003 ^ '^^- tîaulier, député de la Seine sortant. Réélu successivement : au renouvelle-
ment gênerai de 189:5, par 6,007 suffrages, contre 2,71=, à M. Lenoir, adjoint au maire de Versailles, et =5643 M. Cazalis, radical, et en i8()S, par 8,644 sans concurrent, M. Gauthier de Clagny a été, pendant ces diverses législatures, membre de multiples commissions, telles que celles du Budget, delà réforme judiciaire et de la commission des " trente trois, dans laquelle il s'est signalé par sa demande d'interpellation sur les poursuites exercées contre la Compagnie de Panama. Il a prononcé de nombreux discours, notamment contre l'impôt sur la rente ; il a présenté et défendu un projet relatif à la défense des ouvriers français contre la concurrence étrangère; il prit une part importante à la discussion de la loi sur les opérations de bourse et parla à cette occasion des dangers de l'envahissement de notre pays par la finance cosmopolite ; il s'est occupé également de l'augmentation des pensions des sous-officiers et soldats; il a aussi déposé un projet de loi rendant le vote obligatoire, s'est prononcé maintes fois contre le vote des articles restrictifs de la liberté de la presse et a défendu les intérêts du commerce dans la discussion de la loi sur les sociétés coopératives. Partisan du referciidiiiii, le député de Seine-et-Oise s'est particulièrement attaché à mettre en évidence les défauts et les lacunes du régime parlementaire et a proposé, à maintes reprises, la révision de la constitution de 187=,- M. Gauthier de Clagny n'est inscrit à aucun groupe du Palais-Bourbon ; il est républicain indépendant.
MÉÎ^V (Henpi)
ÉDECiN, né à Chartres (Eure-et-Loir) le 17 octobre 1862. 'Venu à Paris pour y suivre les cours de la Faculté de Médecine, il fut successivement interne à la Pitié, à Ivry, à THôtel-Dieu et aux Enfants assistés, où il fut l'élève de MM. Proust etSevestre; puis il fut reçu docteur en médecine, avec une thèse très remarquée sur la Sclerodermic tn 1889, agrégé et médecin des hôpitaux en 1898.
Comme chef de laboratoire du service de la diphtérie à l'hôpital des Enfants abandonnés, M. Méry a organisé, avec le D' Sevestre, des conférences de démonstrations pratiques destinées à vulgariser les procédés du diagnostic bactériologique dans le monde médical.
Parmi les travaux publiés par .M. le docteur H. Méry, il convient de citer: Ncpliritc scarlaiiiieiisc, Perforation intestinale à la suite J'nleérations iire-
iiiiijnes, Péritonite (1888); Anatomie pathologique et naturelle de la Sclârodcrmie (1889) ; Recherchefbactériologiques sur la salive des enfants atteints de la rougeole, en collaboration avec le D' P. Boulloche (1891); Amyotrophies et polynévrites cliei un enfant, paraissant pouvoir être rattachées à la lèpre, en collaboration avec le D' Sevestre (1893) ; Sur la persistance du bacille de Lafflcr chc^ les enfants guéris de la diphtérie (189s) ; Etude expérimentale de l'action du sérum antidiphtérique sur la virulence du streptocoque (1896] ; Abcès à pneumocoques et streptocoques consécutifs à des infections sous-cutanées de caféine. Infection d'origine sanguine, A rthrites suppurées expérimentales d streptocoques (1896) ; Streptocoques et sérum de Marniorek; Examen bactériologique de la strepto-diphtérie ; Gangrène pleuro-pulmonairo consécutive à la rougeole, étude bactériologique (1897), Recherches sur le séro-diagnostic de la morve, avec le D' Bourges (1898), etc.
Ces divers mémoires scientifiques ont été publiés dans les Bulletins de la Société de Biologie, de la Société anatomique, de la Société clinique, de la Société médicale des hôpitaux, dans la Revue des maladies de l'enfance, etc.
M. le docteur H. Méry est lauréat de la Faculté de médecine (1889) et membre de plusieurs sociétés savantes.
FOUf^flETS (Jean«flntoine"t^ené)
Jrtiste lyrique, né à Pau le 2 décembre i8=,8. Issu d'une très ancienne famille du Béarn, il commença, dans sa ville natale, des études classiques que des revers de fortune l'obligèrent a abandonner. Poussé par une véritable vocation artistique et doué dès l'enfance d'une voix superbe, il se présenta comme élève au Conservatoire de Paris et fut reçu, le premier sur 17 élèves admis et 163 concurrents, à l'unanimité du jury.
Après avoir suivi les classes d'Obin pour la déclamation lyrique et de M. Boulanger pour le chant, M. René Fournets sortit du Conservatoire avec deux premiers prix d'opéra et de chant (1884). Il s'était déjà brillamment produit aux Concerts' Pasdeloup, à côté du célèbre baryton Faure.
I.e jeune artiste débuta avec éclat dans les rôles de Frère Laurent [Roméo et fnliette] à l'Opéra-Comique et de Gritzenko [l'Etoile du Nord, décembre 1884). M. Fournets chanta ensuite tout le répertoire de basse sur cette scène lyrique et y fit de superbes
créntions, telle'? que celles de rompcrctir Fri'dcric Barberoiisse du C/irvii/irr Jean. d'Anton de Miu'Irc Amhros, de Saint-(-orcntin du Roi d'Ys, du duc d'Albe à'EgmnnJ. du hncheronA' Eitgiicrrande, et du pope de Dimitri.
tingagé ensuite à l'Opéra comme chef d'emploi, au mois de décembre 1892, cet excellent artiste y fit de remarquables débuts dans le rôle de Méphistophélès de Faust. Depuis cette époque, il n'a cessé d'interpréter, avec une maîtrise peu commune, les (tnivres du répertoire et sa réputation d'artiste et de chanteur s'est accrue de pair avec son beau talent, l'nrmi les créations, à l'Opéra, de .M. Fournets, il tonvient de mentionner : ses rôles d.ins Saiiisoii et Dalila, Frcdegonde. Hc-lh\ etc.
.NI. lùnirnets s'est aussi fait entendre aux concerts Pasdeloup, Colonne, Lanioureux, de l'Opéra et du Conservatoire de Paris, au.x concerts classiques de Liùge, de .\Iarseille, d'Angers et de Nantes et y a chanté notamment: Le Paradis et la Péri, de Schumann; la Nuit de Valpurgis , de .VIendelsohnn ; Manfrcd, les Symphonies de Beethowen, les principaux fragments de tous les ouvrages de '\^'^agner et surtout la Da m nation de Faust .Dans ces villes diverses, ainsi qu'à .Monte-Carlo, où il s'est rendu plusieurs fois, le jeu tragique et la belle voix de basse de cet artiste nnt soulevé les acclamations du public.
M. Fournets a fondé, en 1894^ ""^ maison hospitalière destinée à recueillir les jeu nés artistes dépourvus 'e ressources. Décoré de la médaille de sauvetage, en '^19i pour acte de dévouement, il est officier d'Académie depuis 1889.
FOUî^flETS-VERHflUD (M"' Mafia)
Jj^^iiNTRi:, femme du précédent, née à Paris, jj^y^ Elle est la fille de .VI. Vernaud, ancien ^^5^P entrepreneur de travaux publicsde la ville ■^1^-^ qui fut le collaborateur de \'iollet-Leduc exécuta de nombreux monuments, tels que la Banque de France, la Bibtiothè(iue Nationale, les théâtres des Nations et du Chàtelet et releva la colonne Vendôme, après les événements de la Commune.
M'"' Marie Vernaud apprit la peinture sous la direction de Diogène .^laillard et exposa, pour la première (ois, au Salon des Chanips-Elysés, en iSS^j, une composition historique, intitulée: le Chouan. \inrent ensuite: Enfant et Chien (1888); Frcdéi'iuide et Clôt aire (1889^ : V Enfant au.x Cerises KS92) ; Distrait ion à l'Église {iSi))), toile très bien venue; Petit homme (1894); Tête d'esclave révoltée
(1895) ; Faune et Baechante (18981, tableau de grande dimension, qui révèle chez cette artiste de réelles qualités de dessin et de coloris.
H convient de mentionner aussi de M"" Fournets- Vernaud, toute une série de portraits, notamment ceux de MM""" Conta, docteur en médecine ; Deschamps-Zet'in, de l'Opéra ; Fanny Thomas, critique du Musical Courrier, de New-York, etc.
POIflCRf^É (Raymond-r4ieolas- Liandpy)
(SciEN ministre, député, né à Bar-le-Duc (.Meuse) le 20 août 1860. Fils d'un inspecteur général des ponts et chaussées, cousin germain du physicien de ce nom (i), il se fit recevoir docteur en droit, en 1882, devant la Faculté de Paris. Inscrit au barreau la même année, il devint premier secrétaire de la Conférence des avocats et prononça à cette occasion un Eloge de Dnfaure., qui fut remarqué.
En même temps, M. Poincaré se révélait publiciste au journal le Voltaire, où il était chroniqueur, dès cette même année 1882 et jusqu'en 1887. En 1886, il fut nommé chef du cabinet du ministre de l'Agriculture. La même année, il était élu conseiller général de la Meuse, pour le canton de Pierrefitte.
La mort de M. Liouville ayant laissé vacant un siège législatiffdans ce département, M. Poincaré fut élu député le 31 juillet 1887, au scrutin de liste, par 34.796 voix sur 46,944 votants. Alors un des plus jeunes membres de la Chambre, il fut rapporteur des projets de loi sur les acquits des chemins de fer et sur le contrat de louage et prit bientôt une place très en vue dans la majorité républicaine.
Réélu au renouvellement général de 18S9, au scrutin uninominal, dans l'arrondissement de Commercy, par 9,648 voix, contre 7 ,997 à M.Gérardin monarchiste: ,i celui de 1893, dans le même arrondissement, par 14, ■577 voix, sans concurrent, et à celui de 1898 par 14,476 voix, également sans concurrent, le député de la .Meuse a été, au cours de ces diverses législatures, membre de la Commission du budget, rapporteur de celui des Finances pour les exercices 1891 et 1892, rapporteur général du budget de 1893; il a prononcé un grand nombre de discours, dont plusieurs eurent un grand retentissement, à la Chambre et au dehors.
Choisi, le s avril 189^, comme ministre de l'Instruction publique, des Cultes et des Beaux-Arts dans
(I). Notice page 135.
le premier cabinet Dupuy, M. Poincaré s'occupa, notamment, durant son passage à ce département, de la réforme des études médicales et de celle du doctorat en droit; il déposa devant le parlement le projet de loi sur les universités, que son successeur, M. Combes reprit ensuite et dont, plus tard, il devint à la Chambre, le rapporteur naturellement désigné.
Démissionnaire, avec ses collègues, le 3 décembre de la même année, M. Poincaré eut le portefeuille des Finances, auquel ses études et sa compétence le portaient plus particulièrement, dans le deuxième cabinet Dupuy, du 31 mai 1894 au 20 janvier 189=^. Il prépara à ce moment le projet de loi sur les successions, celui sur la péréquation de l'impôt foncier, tous deux votés par la Chambre, etc.
Républicain de gouvernement et protectionniste déclaré, M. Poincaré conserve à la Chambre une situation prépondérante. lia collaboré, avec M. Waldeck-Rousseau et d'autres parlementaires éminents, à la fondation du grand Cercle républicain, et il a été élu membre de son conseil général.
Au barreau de Paris, où son grand talent de parole est des plus appréciés et son caractère très estimé, le député de la Meuse a plaidé dans un certain nombre d'afïaires civiles importantes.
On connaît de M. Raymond Poincaré un ouvrage sur \e Droit do vente dans ta propriété mol>iliêrc (1S83).
CLiflMAGEt^Hl^ (Jeati-Jules)
fÉN'.'VTEUR inamovible, ancien ministre, écrivain, né à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis d'Amérique) le 29 mars 1827. Issu de parents d'origine française, M. Clamageran vint de bonne heure en France et fit ses études classiques au collège Henri iv, à Paris, où il obtint plusieurs prix au concours général. Dès qu'il eut atteint sa majorité, c'est-à-dire quelques semaines après la révolution de 1848, il fit valoir ses droits à la nationalité française, en vertu de l'article 10 du code civil, et se fit recevoir docteur en droit, en i8=ii, avec une thèse remarquée sur les Obligations Naturelles. L'année suivante il obtenait la première médaille au concours de doctorat. M. Clamageran se montra, dès lecoupd'Etat, parmi les plus énergiques opposants à l'Empire. En 1864, il fut compris, avec Hérold, Jules Ferry, Floquel, Dréo, etc., dans le procès dit des " Treize >/ et condamné à cinq cents francs d'amende. Sa collaboration au Manuel électoral avait déjà attiré sur lui l'attention du pouvoir.
Après le 4 septembre 1870, nommé adjoint à la Mairie de Paris, il fut spécialement chargé de la surveillance des approvisionnements pendant le siège. Démissionnaire en février 1871, il se tint quelque temps à l'écart de la politique.
Protestant libéral, M. Clamageran prit, en 1872, une part active aux débats du Synode général des Eglises réformées de France.
En 1876, le quartier des Bassins, maintenant dénommé quartier de Chaillot (xvi" arrond'), par 1,327 voix contre 1,470 votants, l'envoya au Conseil muni- 1 cipal de Paris, dont il fut vice-président et où il occupa bientôt une situation prépondérante. Membre des plus importantes commissions de l'Hôtel de Ville, il fut rapporteur du règlement sur les dépenses de l'octroi.
Le 14 juillet 1879, M. Clamageran entra au Conseil d'Etat dans la section de la guerre, de la marine, des colonies, des postes et télégraphes et des finances.
Nommé, en décembre 1882, sénateur inamovible, après le décès de l'amiral Pothuau, M. Clamageran alla siéger à gauche. 11 prit le portefeuille des Finances dans le cabinet formé par iM. H. Brisson le 6 avril 1885, mais il dut donner sa démission, dix jours après, pour raison de santé.
Républicain progressiste M. Clamageran a prononcé au Sénat des discours notables, sur les questions de finances, sur la question des princes, sur les associations et les congrégations, sur le domaine public, sur le louage des services, sur la taxe des céréales, sur le régime fiscal en Algérie, etc.
Lors de la campagne menée pour obtenir la révision du procès intenté au capitaine Dreyfus en 1894, il prit parti en faveur de ce mouvement et se fit inscrire à la Ligue pour la défense des Droits' de l'Homme et du Citoyen (1898).
L'honorable sénateur a publié, en outre de sa thèse, déjà citée : un mémoire sur le Louage d'industrie, le mandat et la commission, couronné par la Faculté de Droit (18^6); VEtat actuel du protestantisme français '18^7); Histoire de V impôt en France (3 vol. 1867 à 1876) ; Le Matérialisme contemporain (1869); Cinq mois à r Hôtel de Ville, Souvenirs du siège de iSjo-yj; La France républicaine (1873); V Algérie f 1874-1884) ; Zi7 Réaction économique et la démocratie \\%<)\)\ La lutte contre le Mal {iSl}']) et un grand nombre d'articles dans la Revue pratique du droit français.
M. Clamageran est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1882.
f^OYBET (Ferdinand)
iiNTRE et graveur, né à Uzès (Gard) le 12 avril 1840. 11 fit ses premières études à l'école de gravure de Lyon et vint, en 1864, à Paris, où il fréquenta assidûment le Louvre. Renvoya, dès i86s, au salon des Champs-Elysées une Mttsicit'ii Ut' et un Inicriciir de ciiisiin', deux toiles qui furent très remarquées et deux eaux-fortes pour l'album de la Société des Aquafortistes, Faneuse et en Retard pour la fête; l'année suivante on vit de lui : Un fou sous Henri III, tableau qui eut un succès retentissant; médaillé et acheté par la princesse Mathilde, il décida la réputation du jeune artiste.
X'inrent ensuite: Un duo, « peintd'une brosse hardie,» dit M. Maxime Ducamp (1867); Les joueurs de trictrac, d'une habileté remarquable; le Concert (1869), acquis par M. Vanderbilt ; V Amateur d'estampe; la Femme au perroquet, qui appartient au grand-duc Alexis ; la Chanson à boire et le Jour des rois, deux tableaux décoratifs pour M. Hériot (1870).
En 1871, M. Roybet alla visiter les musées de Hollande, se pénétra plus particulièrement de la manière de Rembrandt et de Hal, puis il resta plus de vingt années sans faire d'envois aux expositions. Il reparut au Salon des Champs-Elysées, en 1892, avec deux magnifiques portraits : M. Louis Préfet et M"" Juana Romani, une de ses élèves, et fut décoré pour cette exposition. 11 donna ensuite : Charles le Témcrairc à Nesles et Propos galants, deux œuvres magistrales qui lui valurent la médaille d'honneur; la dernière fut vendue 100.000 francs à M. Mac-Léod pour sa galerie (1893) ; La main chaude, qui fit sensation (18941 ; La sarabande (1893); L'œuvre (,1896); Porte-étendard , Philippe - Cluvier (1897); L'astronomie; Portrait de M. Vigiteron (1898). Il faut encore citer le portrait équestre du commandant Hériot ; ceux de M"" Hériot et de ses enfants ; de M'"' Gibson ; de M'"" la baronne de Berckhein ; de M.^l. Georges de Dramard, Antoine Guillemet, etc.
M. Roybet a conquis une grande renommée comme portraitiste ; artiste puissant et expressif, coloriste sobre et exact, dessinateur vigoureux, on le place au nombre des meilleurs maîtres contemporains.
Cet éminent artiste a obtenu une médaille de y classe en 1866, la médaille d'honneurau Salon de 1893, ainsi qu'à l'Exposition universelle d'Anvers (1894), à celles de Berlin et de Vienne. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1892.
COSTA de BEflOt^EGAf^D (ChaflesfllbePt JVTapqtiis de)
^ftiSTORiEN, membre de l'Académie Française, ~ ancien député, né le 24 mai 183s à Lamotte- Servolex (Savoie). Il appartient à une très ancienne famille savoyarde, dont plusieurs membres se sont distingués dans la politique, les armes et les lettres, notamment son grand-père, le marquis Henri Costa de Beauregard, qui fut quartiermaître général de l'armée Austro-Sarde en 1796.
Elevé en Belgique, le marquis Charles- Albert Costa de Beauregard, au moment de la guerre de 1870-71, fit la campagne en qualité de commandant des mobiles de la Savoie ; il se conduisit très brillamment, fut blessé à la bataille de Héricourt et emmené en Allemagne, comme prisonnier de guerre.
Il rentra en France pour siéger à l'Assemblée nationale. Très populaire en Savoie, il avait été, en effet, pendant sa captivité, élu, seul candidat de la liste conservatrice, député de Chambéry, par 19,339 voix. Ilpritplaceàdroite,s'inscrivitàlaréunion Colbert et aux Réservoirs, signa l'adresse des députés syllabistes au Pape et la proposition de rétablissement delà monarchie. A la suite d'un discours séparatiste, prononcé dans un banquet par M. Piccon, député de Nice et qui produisit sur la France une émotion profonde, le député de Chambéry protesta, à la tribune del'Assembléejdu patriotisme inaltérable de la Savoie:
Il ne peut entrer, déclara-t-il, dans la pensée de personne, que la Savoie soit solidaire de ce qui a pu se passer à Nice. A ces aspirations anti-françaises, nous n'avons, nous, qua opposer l'affirmation de notre patriotisme. Nous pouvons, en Savoie, être divisés d'opinion ; mais devant Dieu et devant le pays, j'affirme que républicains et monarchistes se rallieront toujours, comme pendant la guerre, au cri de « Vive la France! ».
En 1875, lors des élections générales législatives, le marquis Costa de Beauregard ne se représenta pas.
Ecrivain de race, doublé d'un perspicace et caustique historien, il se consacra dès lors tout entier à la littérature; il a été élu membre de l'Académie Française le 21 janvier 1896, au fauteuil de Camille Doucet.
On doit à M. Costa de Beauregard des ouvrages d'un réel intérêt historique : Un homme d'autrefois, souvenirs recueillis par son arrière petit-fils (1877) ; Prologue d'un règne, La jeunesse du roi Charles- Albert (i8S^) ; Epilogue d'un règne. Les dernières années du roi Charles-Albert (1890) ; le Roman d'un Royaliste (1892) ; Prédestiné (1897). H a donné, en outre, une longue suite d'études au Correspondant et
a publié de nombreux opuscules. Il a fait aussi des conférences historiques, à Rome et à Florence. Nommé chevalier de la Légion d'honneur, pour fait de guerre en 1871, M. le maniais Costa de Beauregard, est commandeur de Tordre des Saints Maurice et Lazare.
Dt^OUHET (Julien-Théodope)
-KNATKUR, né à la Rochelle (Charente-Inférieure) le 4 avril 1817. Emmené très jeune par ses parents à l'ilede la Réunion (alors ile Bourbon), il fut un des plus brillants élèves du collège royal [aujourd'hui lycée) de St-Denis et il devint professeur dans cet établissement en 1833, n'ayant pas encore atteint sa dix-septième année. Il donna sa démission pour fonder, en 1841, l'institution devenue l'Ecole Joinville, qui contribua puissamment au progrès des études universitaires dans la colonie.
Le i" mai 1848, M. Drouhet rentrait au lycée comme proviseur ; le i" janvier 1866, il était nommé inspecteur, chef de l'Instruction publique, dans la colonie.
Le 8 mars 1867, M. Drouhet avait été élu membre du conseil municipal de St-Denis. En cette qualité, chargé d'un rapport sur un déficit de 212,000 francs constaté, dès le mois de mars 1867, dans la caisse du receveur municipal de St-Denis, il crut devoir conclure à la responsabilité du receveur général. Après avoir épuisé toutesles juridictions, l'agent comptable dùtrembourser lesdeniers municipaux et la commune ne subit aucune perte. L'attitude indépendante de M. Drouhet en cette afiaire déplut au pouvoir impérial, qui prononça prématurément sa mise à la retraite comme inspecteur de l'enseignement, le 3 1 juillet 1 869.
Elu conseiller général, pour le canton de St-Denis, le 19 février 1871 et réélu conseiller municipal le 'j, mars suivant, M. Drouhet fut choisi comme viceprésident du Conseil général de la Réunion le 7 décembre 1871. Il fut appelé sept fois à la présidence de cette assemblée, de 1874 à 1880.
Nommé, en cette dernière année, directeur de l'Intérieur à la Guyane, huit mois après il passait dans l'Inde, en qualité de gouverneur des Etablissements français; enfin le 21 juillet 1884, il était désigné pour les fonctions de trésorier payeur à la Réunion. Il refusa cette position et revint à St-Denis.
Réélu conseiller général le n septembre 1886, M. Drouhet reprit la présidence du Conseil et, le 28 septembre 1S90, il était nommé sénateur de la
Réunion, en remplacement de M. .Vlilhei-Fontarabie,^ décédé, par 9^ voix contre 72, obtenues par M. de la' Serve. Réélu en 1894 contre le même concurrent^ M. Drouhet a toujours siégé à la gauche républl caine du Sénat. Très indépendant, d'ailleurs, il vote souvent avec la gauche démocratique. Membre' delà Commission de l'Armée, il s'est surtout attaché à^ l'étude des questions touchant l'organisation d'une armée coloniale et la réorganisation judiciaire des colonies. Il est libre échangiste déclaré.
L'honorable sénateur de la Réunion a été nommé^| officier d'Académie en 1866, par V. Duruy, alors mi-; nistre de l'Instruction publique, auprès duquel ilj avait été envoyé en mission. Le fait de ne posséder que cette seule distinction, après une aussi longue carrière administrative, témoigne d'une indépendance vis-à-vis du pouvoir assez rare pour devoir être mentionnée.
f^OOJOiJ (Henpy-pPançois-Joseph)
'^■rj^^iTTERATEL-R et administrateur, ué le i" septembre llllol '^''3 ^ Paris, où il fit ses études classiques | a^-)^ aux lycées Henry iv et Saint-Louis. Après
*■ J avoir suivi les cours de la Faculté de Droit et reçu le diplôme de licencié en 1874, M. Henry Roujon entra, deux ans plus tard, au ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts ety conquit rapidement tous les grades administratifs. Secrétaire de Jules Ferry, alors président du Conseil et ministre de l'Instruction publique (1889), puis nommé chef de bureau au cabinet du ministre, par Paul Bert, il montra de telles aptitudes organisatrices que M. Léon Bourgeois, • ministre de l'Instruction publique, l'appela, en 1891, '1 à la direction des Beaux-Arts, en remplacement dej M. Gustave Larroumet. |l
Dès son arrivée à la direction des Beaux-Arts, '| M. Henry Roujon donna les preuves d'une grande activité et d'un sens parfait des nécessités artistiques; il concentra tout d'abord ses eflortsen vue de la fusion, de l'ancien service des Bâtiments civils avec cette/ administration et de la création d'une caisse des Musées nationaux, choses faites aujourd'hui, la premièreunifiant la direction de deux services analogues, et la seconde doublant les ressources destinées auxacqui-', sitions de nos musées.
Ecrivain très apprécié dans les milieux artistiques et littéraires, il a fondé, avec M. Catulle Mendès. la République des Lettres, a collaboré à divers journaux et revues, notamment au Voltaire, à la RcvHe.~\
bleue, à la Revue des Lettres, des .4/75, etc. 11 a publié en librairie un roman illustré: Miremondc, qui lui assure une bonne place parmi les romanciers contemporains (1896).
-M. Henry Roujonest officier de l'Instruction publique et, dc]niis 189s, officier de la Légion d'honneur.
DUPAIlM (Edmond-liouis)
LiNTRE, né à Bordeaux le 13 janvier 1847. Fils de commerçants, il suivit les cours de dessin 'f9 de l'Ecole municipale et obtint, de la ville de Bordeau.x, une pension qui lui permit de iiir étudier à Paris.
.\dmis h l'Ecole des Beaux-Arts dans l'atelier de labanel, M. Dupain exposa pour la première fois en 1^70, au Salon des Champs-Elysées, la Mort de la niphc Espéric, sujet mythologique; puis, successinent: le Vieux chasseur (i^-j^); Thjone cliasseresse • 74, depuis au musée de Narbonne);la/fw«t'556' et la A/o/7^ 1875, 3"= méd.);le5o« 5^ /«rtr//«/«,destinéà l'Eglise de Longwy (Moselle) et St-Gcrvais et St-Protais conduits au martyre, pour l'Eglise de Pierrefitte (Seine), - deux dernières œuvres sont des pages magistrales, iiie couleur vigoureuse et d'un dessin châtié (1877, méd.); le Droit de sortie d Bordeaux au XVI" >.'.,le, panneau décoratif, placé dans la salle du Tribunal de commerce de cette ville ; la Mort de I' tion et Bu^oi (1879), au musée de Libourne ; le Choix d'une arme (1880) ; Le printemps chasse l'hiver (1881); A la dérive (1882); Le chemin difficile, tableau de genre bien des fois reproduit par la gravure, qui fait partie de la galerie du grand-duc Alexis de Russie (1883) \PortraitdeM"°Jung; Passage de Vénus devant le Soleil, plafond commandé pour la salle du musée astronomique de l'Observatoire de Paris (i886;; le Départ de l'enfant prodigue; Portrait de l'amiral Mouche^ (1887); Entre deux dangers; Musique de rue, Biskra (1888); la Mort de Sauveur, le héros breton républicain (1889, acheté par la ville de Bordeaux pour son musée, une des plusbelles toiles de cet artiste 1; Portrait de M. Haumesser ; Portrait de M .Jamin (1890) ; Portrait de M. Eugène Marin; Jeu- ■-<■ et Chimère (1891); le Passant, toile inspirée par la pièce de François Coppée (1892) ; Par dessus l'épaule (189Î); Centenaire de l'Ecole Polytechnique, iide composition renfermant les portraits de toutes illustrations sorties de l'Ecole depuis cent ans is) ; Pour le bal ; Portrait de l'Abbé Lacroix (1897) ; Doux propos : Malice (1898).
On doit aussi à M. Edmond Dupain de nombreux portraits, parmi lesquels il convient de citer: ceux de Delaunay, de la Comédie Française, pour le foyer de l'Odéon, du C()/(j/;(7</c/?y(7/i75if".i/V/î(;/, administrateur de l'Ecole Polytechnique, du Colonel Pistor, du Général André, du Général Borius, du Colonel Laussedaf, directeur du Conservatoire des Arts et .VIctiers ; de V Astronome F. Tisserand, ancien directeur de l'Observatoire de Paris, commandé à M. Dupain par l'Observatoire de Pulkowa (Russie).
Cet excellent artiste a exécuté également de nombreux travaux décoratifs, tels que: le Commerce protégeant les Art s, plafond allégorique et V Apothéose d'une mère, peinture également destinée au plafond d'un hôtel particulier.
Tour à tour peintre d'histoire, de genre, décorateur, portraitiste, paysagiste, M. Dupain se distingue par de réelles qualités décomposition, une science approfondie de l'art du dessin et une coloration vigoureuse et délicate à la fois.
Titulaire d'une médaille de 3" classe en 187s, d'une de reclasse en 1877 ^t de deux autres récompenses aux expositions universelles de 1878 et 1889, M. Dupain a été nommé maître de dessin à l'Ecole Polytechnique en 1879. Oflicier de l'Instruction publique depuis 1892, il a été décoré de la Légion d'honneur en 1894.
liEGOOX (Etnile-Bernapd-Jules Baron)
F^OMMK politique, publiciste, ancien magistrat, " né àSaint-Amand(Cher)le 16 novembre 1836. Petit-filsdu baron Legoux, procureur général près la cour de Paris sous le premier empire, il fit ses études classiques au lycée Bonaparte, prit lalicenceen droit, prêta serment d'avocatetfutattaché au parquet du procureur général à Paris. Successivement substitut à Sainte-.\lenehould (1863) et à Epernay, puis procureur impérial à Avallon et à Corbeil, M. le baron Legoux occupait ce dernier poste durant l'invasion allemande. 11 refusa alors de remplir ses fonctions sous la pression des baïonnettes prussiennes, bien qu'on l'eût menacé d'internement en Allemagne.
Il était procureur de la République à Chartres depuis deux ans, lorsqu'il fut nommé, en novembre 1877, chef de cabinet de son ami, M. Lepelletier, garde dés sceaux dans le ministère Rochebouët,
La chute de ce ministère amena sa retraite de la magistrature.
Elu, en 1880, conseiller municipal et maire des Chapelles-Bourbon (Seine-et-Marne), M. le baron Legoux fut, en 1887, candidat plébiscitaire aux élections municipales dans le xvf arrondissement de Paris; il se présenta aussi, lors des élections législatives de i889,dansla 2"^ circonscription de Tro) es et échoua, avec de fortes minorités, les deux fois.
Membre du comité de législation impérialiste, du comité d'action, du comité national plébiscitaire, etc., M. le baron Legoux fut choisi, en 1888, par le prince Victor-Napoléon, comme son délégué général près les comités plébiscitaires de la Seine et, en 1890, comme président de ces comités, lors de la retraite du général du Barail. En mai 1894, il donna sa démission, mais il fut réélu en août de la même année, par tous les comités réunis. Cette présidence, à son expiration, lui a été renouvelée, le 18 décembre 1898, à la presque unanimité des voix et pour une nouvelle période de trois ans.
L'un des chefs les plus populaires du parti impérialiste et l'un des conseillers les plus écoutés du prince Napoléon, c'est surtout comme homme politique et entraîneur de foules que M. le baron Legoux est connu. Il a soutenu la cause de l'appel au peuple, qui lui est chère, avec beaucoup d'énergie et de conviction, en de nombreuses conférences etréunions publiques, ainsi que dans les journaux tels que le Courrier duPas-dc-Calais, Y Ordrc,\& Peuple français, le Moniteur de laSeiuaiiic, le. Révisionniste, la Patrie, le Petit Caporal, l'Aigle, ï Appel au Peuple, le Plébiscite, qu'il a dirigé de 1894 à 1896, tous organes impérialistes.
Comme littérateur, M. le baron Legoux a publié des livres très documentés, notamment ; Du droit de o-rdcc en France comparé avec les législations étrangères; Histoire de la commune de Chapelles-Bourbon, qui obtint, entre autres récompenses, une mention de l'Académie Française;d'intéressantesétudesde mœurs; les Propos d'un Bourgeois de Paris , Honunes et Femmes {1'" série), les Reflets (2= série), Simples esquisses [f série) ; Pro Patria , couronné par la Société nationale d'encouragement au bien ; le Prétexte, un acte en prose joué au Vaudeville ; Ctng ans après; Par téléphone ; Monsieur mon parrain: Lettre d'amour; Autour d'un chapeau ; Oii c'est bleu ; Panoplie; Conférence sur le patriotisme des sapeurspompiers (épuisé) ; Une Patriote, etc.
SAIflT-Mflt^CEHUX (Chaples-f^ené de Pfl.Oli de)
iJ^^f-cuLPTEUR Statuaire, né à Reims le 23 septembre ^^^^ 184s. Fils d'un négociant en vins de Chamf^^ pagne bien connu, ses parents le destinaient au commerce et c'est contre le gré de sa famille qu'après avoir fait ses études classiques dans sa ville natale et un voyage de courte durée en Allemagne, il entra, en 1869, dans l'atelier Joufïroy, qu'il ne quitta point lors de l'établissement des cours à l'Ecole des Beaux-Arts.
Le Salon de 1868 le vit exposer pour la première fois une statue en marbre: la Jeunesse du Dante, qui fut remarquée et a été acquise depuis par le musée du Luxembourg. Des raisons de santé éloignèrent, . durant près de quatre années, le jeune artiste de toute exposition ; mais en 1872, il donna la statue en bronze -, de VAbbé Mirov (prêtre fusillé à Reims par les ", Allemands), statue érigée par souscription publique, : qui fut exclue du Salon à cause de son caractère même, et n'en n'obtint pas moins la seconde médaille.
Puis vinrent successivement: Enfant (1874); un Florentin, auquel la critique réserva les plus grands éloges (187=)) ; Génie gardant le secret de la Tombe , statue en marbre qui est au Luxembourg et valut à. son auteur la médaille d'honneur (1879) ; Arlequin, ' statue en plâtre d'une conception toute nouvelle (1880) ; Danseuse arabe (1886) ; Faneuse, terre cuite (àf. l'Exposition universelle de 1889); la Dame de Pique, statuette en pierre peinte ( 1890); P/-ew;'t;rL'Co;«;M«7z/on, acquise par le musée de Lyon \ Jeanne d'Arc au Sacre, projet de statue pour la cathédrale de Reims (1893) ; La Faute, femme couchée (1894, au musée de Bucharest); Nos Destinées, groupe plâtre (1898), etc.
M. de Saint-Marceaux a produit en outre une certaine quantité de bustes et de statues décoratives, parmi lesquels il convient de citer : les bustes de M'" Blanche Baretta de la Comédie Française (1875), de Meissonnier, (1882), du peintre Dagnan-Bouveret, acquis par l'Etat pour le musée du Luxembourg; de Renan, (1893), de Claudin, de Gabriel d'Annun^io et d'Edouard Détaille (1898) et ses statues de la Musique, femme jouant de la harpe, qui décore le château deFerrières; la F/^^wt', composition destinée à décorer un bassin à l'Hôtel-de- Ville de Reims; la Danseuse, acquise pour la galerie de M. Joseph- Reinach; Bailly au serment du Jeu de Paume, placée à Versailles dans la salle du Jeu de Paume : la Dame
de Pique Qi Wcikicn la japonaise, figurines d'une préparation et d'une technique particulières, qui révèlent un des côtés les moins connus, mais des plus appréciables du talent de cet artiste. 11 a aussi exécuté quelques monuments funéraires, notamment: le tombeau à' Alexandre Dumas fils, au cimetière Montmartre, composition de grand caractère et celui de M. TirarJ au Père-Lachaise, pour lequel il a donné une statue du Devoir vraiment admirable. On connaît encore de lui, un projet de statue d'Alplionse Daudet et Les destinées, groupe décoratif pour couronner un monument dédié au.x poètes lyriques (1899).
L'éminent sculpteur est officier de la Légion d'honneur depuis 1889.
LiflFEplESTf{E (Georges)
EMBRE de l'Institut, administrateur, poète et
critique d'art, né le 5 mai 1837, à Orléans,
-j^,,. - où il commença ses études classiques, qu'il
Tw^ termina au lycée Charlemagne, à Paris.
Entré à la direction des Beaux-Arts en 1870, M. Georges Lafenestre devint chef de bureau six ans après et fut nommé inspecteur des Beaux-Arts et commissaire général des expositions des Beaux-Arts en 1879. En cette qualité, il fut délégué, de 1879 à i88s,aux expositions de Munich, de Vienne, d'Amsterdam et d'Anvers. Secrétaire du jury des Beaux- Arts à l'Exposition universelle de Paris (1878), il fut élu par les artistes comme secrétaire-rapporteur de la sectionde peinture à celle de 1889.
Nommé conservateur-adjoint des peintures, dessins et de la chalcographie au musée du Louvre et professeur de l'histoire de la peinture à l'école du Louvre en 1886, il devenait, deux ans après, conservateur titulaire de ce poste. Depuis 1889, M. Georges Lafenestre est aussi professeur suppléant du cours d'esthétique etd'histoire de l'art au Collège de France. II a été élu membre libre de l'Académie -des Beaux- Arts le 6 février 1892.
M. Lafenestre a publié les ouvrages suivants : les Espérances {iSb:\) et Idylles et chansons (1874), deux volumes de vers appréciés; l'Art vivant, recue'û de critiques sur les Salons annuels de 1868 à 1873 ; Etudes artistiques et historiques (1882) ; Bartholoméa (1883), roman de mœurs romaines ; les Maîtres anciens; Description du Musée de Montpellier, parue dans l'Inventaire général des richesses d'art de la France; le Musée de Harlem (1884); La Peinture italienne depuis les origines jusqu'à la fin du XV' siècle (1885) ; La vie et l'œuvre du Titien (1886) ; en collaboration
avec M. Richtenberger : La Peinture en Europe, dont cinq volumes ont paru sous les titres : Le Z()Hi7V (1893); Florence (iS()^); la Belgique [iS^6) ; Venise (1897); La Hollande (1898).
Cetérudit a aussi donné un livre très remarqué sur La/ontaine, dans la collection des grands écrivains de Hichette et La tradition dans la peinture française, études sur le xix" siècle (1898). Il a collaboré à la Revue Contemporaine (1859-70), au Moniteur Universel (186831879), à la Ga{ettedes Beaux-Arts, depuis 1869, à la Revue de l'A rt ancien et moderne, au Figaro illustré et alaRevue des Deux Mondes où, de 1886 à 1897, il a fait les comptes-rendus des Salons annuels. Il est en outre l'auteur du Livre d'or du Salon de peinture et de sculpture, magnifique publication artistique qui a paru tous les ans de 1879 à 1892, date à laquelle est mort son éditeur, Jouaust.
Commandeur des ordres de la couronne d'Italie, de François-Joseph d'Autriche, de St-Michelde Bavière, du Christ de Portugal, officier de Léopold 11 de Belgique, de St-Stanislas de Russie, M. Georges Lafenestre est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1879.
IWEJSltDÈS (Catulle)
'oiiTE, romancier, critique dramatique et musical, né à Bordeaux le 22 mai 184 1, selon le Dictionnaire Vapereau et plusieurs biographes, et en 1843, d'après d'autres.
Venu à Paris à dix-huit ans, il se jeta dans la littérature et s'y fit assez rapidement une certaine notoriété par les nouveautés de la forme et les hardiesses très scabreuses de ses tableaux. Ilfonda, en i86i, la Revue fantaisiste, où écrivirentTh. Gautier, Albert Glatigny, Paul Verlaine, Xavier de Ricard, etc., et publia ensuite un premier volume de vers, Philo- W(-H(? (1864). Puis, en société avec Xavier de Ricard, il créa le Parnasse ; de là le nom de '< Parnassiens » donné à ce groupe de poètes, qu'on avait d'abord appelé les «Fantaisistes », d'après le titrede la Revue, et les « Impassibles », à cause d'un sonnet de Th. Gautier, d'un poème de L. -Xavier de Ricard et d'un autre sonnet de M. Catulle Mendès. Dans cette revue, il fit paraître le Roman d'une nuit, comédie non représentée, dont la publication le fit condamner à un mois de prison et ^00 francs d'amende.
M. Catulle Mendès occupe dans les lettres une place des plus en vue ; il a écrit de nombreuses poésies, des romans, du théâtre, etc. Ses œuvres se font remarquer par les mêmes particularités qui signalèrent ses premières productions. Ses poésies se
succèdent dans Tordre suivant : Odelettes guerrières (1871); La colère d'un franc-tireur ; Contes épiques: Hespârus, singulière épopée mystique, parfois incompréhensible, d'après Swendeborg (1872); Le Soleil de Minuit ; Soirs moroses (1876) ; Nouveaux contes épiques ; Poésies (1885) ; Les vaincs amours ; La grive des vignes (1896).
Ses contes et nouvelles portent les titres suivants : Histoires d'amour (1808) ; Les 7^ journées de la Commune (1871); Les Folies amoureuses (1877); La divine aventure (18B1) ; Les monstres parisiens, où il dépeint les perversités que Ton peut observer à Paris (2 vol., 1882-1885) ; L'amour qui pleure et l'amour qui nV (1883) ; Les boudoirs de verre: Jeunes filles ; Jupe courte; Pour lire au bain ; Tous les baisers (1884); Le rose et le noir; Les îles d'amour; Les Contes du rouet ; Le Fin du fin, avec un sous-titre fort suggestif: Conseils à un jeune homme qui se destine à l'amour ( 1S85) ; Toutes les amoureuses ;Pour les belles personnes; Tendrement [iSSb); Le Souper des pleureuses; L'envers des feuilles ; Les Oiseaux bleus (1888) ; Le confessionnal, '(. contes chuchotes » (1890), etc.
Comme romancier, on doit à M. Mendès: La vie et la mort d'un clown (1879) ; Le roi Vierge (1881) ; Le crime du vieux Blas (1882/; Zo'liar (1886); L'homme tout nu; La première maîtresse 1887); Grande Maguet (1888) ; La femme-enfant (1889) ; La maison de la vieille (.1890); Rue des Filles-Dieu, ^6 [i%<)^) \ Gog (1894) ; Le chercheur de tares \i897). La plupart de ces romans ont atteint un tirage considérable.
Au théâtre, M. Catulle Mendès a donné : La part du roi, com., 2 a. en vers (1872) ; Les frères d'armes, drame, 4 a., au théâtre Cluny (1873) ; Justice, drame en 3 a., à l'Ambigu (1877) ; Le capitaine Fracasse, op. -com. en 3 tableaux, d'après Th. Gautier (Opéra- Com., 1878) ; Les mères ennemies, drame. 3 actes et 10 tableaux (Ambigu, 1882) ; Le châtiment, drame en vers, 1887) ; Gicendoline, opéra en 2 actes, musique d'Em. Chabrier, joué à Bruxelles, puis à l'Opéra (1886); La Femme de Tabarin, tragi-parade, donnée au Théâtre-Libre (1887) et à la Comédie-Française (1893) ; Isoline, féerie, 3 actes (Renaissance, 188S) ; Fiammette, drame en 6 actes, en vers (Théâtre libre, 1889, remanié en 5 actes et donné à l'Odéon, sous le titre de la Reine Fiantinette, en 1899) '■> Chand'd'habits, pant. [(Folies-Bergère, 1896); le Docteur Blanc, pant. (Folies-Bergère 1S97); Mede'e, tragédie en 3 actes, en vers (Renaissance, 1898). Il est, en outre, l'auteur de Briseïs, drame musical, avec Ephraïm Mikaël, musique d'Em. Chabrier.
M.Catulle Mendèsa donné des chroniques à presque tous les journaux de ce temps. Il a fondé, avec M. Henry Roujon, la revue la République des Lettres. Critique dramatique et musical au Journal, il réunit en un volume annuel, depuis 1893, tous les articles publiés en cette qualité, sous le titre: L'Art au théâtre. Mentionnons aussi ses études d'art , notamment sur/? /V/;i?n/ Wagner et sa Légende du Parnasse contemporain.
Il a fondé, en 1897, avec M. Gustave Kahn, au théâtre de l'Odéon, les « Samedis populaires de poésies ancienne et moderne », et les « Jeudis populaires de musique de chambre ancienne et moderne >/, au théâtre de l'Ambigu.
M. Catulle Mendès avait épousé, en 1866, M"" Judith Gauthier, dont il s'est, depuis, séparé avec éclat.
Cet écrivain est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1894.
HflLifllS (Chafles-Emile)
CRivAix militaire, administrateur, ne à Béthune
^Pas-de-Calais) le 28 mai 1846. Il fitsesétudes
7Af=r^ au collège de Cambrai et s'engagea ensuite
<|/ "^ dans l'infanterie de marine (4° régiment).
Parvenu au grade de capitaine, il fut pris, en 1879,
comme aide de camp par l'amiral Aube,aIorsgouver-
neur de la Martinique,
Parti au Tonkin en 1886, comme aide de camp de Paul Bert, gouverneur général, M. Halais fut chargé d'une mission auprès du roi d'Annam, démissionna ensuite et fut nommé résident maire d'Hanoï. En cette qualité, il transforma rapidement la ville indigène en cité européenne, en employant les seules ressources du travaillocal. Il fut également présidentduTribunal, président de la Chambre de commerce et résident de la province d'Hanoï. Rentré en France en 1888, après avoir partagé ses fonctions entre plusieurs résidents, M. Halais retourna en Indo-Chine l'année suivante comme résident maire de Tourane, où il organisa les services municipaux, la voirie et construisit lesquais. Nommé, en 1894, résident maire de Haïphong,il quitta ce poste en 1896 et prit sa retraite, après un séjour de plus de vingt ans dans les colonies.
De retour à Paris, M. Halais, que sa situation de fonctionnaire avait jusque-là empêché de signer de son nom des articles publiés dans l'Avenir Militaire, la France militaire, la Marine française et la Liberté Coloniale, reprit ouvertement sa plume de publiciste. Correspondant de VLndépendance Tonkinoise, il collabore assidûment à l'importante Revue
des Colonies; il est syndic de la Presse icoloniale depuis 1S97.
Candidat au Conseil supérieur dos Colonies en 1898, contre M. de Lanessan, député, il échoua à peu de voix de dilïérence. Il a été délégué delà Presse coloniale au Congrès international de Lisbonne et à d'autres congrès. Il fut, pendant deux années, président de la section de Plndo-Chineà laSociétédegéographie commerciale de Paris, qui l'a élu membre de son comité.
M. Charles Halais est chevalier de la Légion d'honneur depuis 188^, médaillé du Tonkin, officier d'Académie et commandeur de plusieurs ordres étrangers.
HÉl^ISSOlSi (maPic-SylvestPe)
i:nateur et ancien député, né à Surgy (Nièvre) le 2 août 1835. Il est le frère de Charles Hérisson, qui fut ministre, député etconseiller i*= à la Cour de cassation (i83i-i89Vi- Après avoir accompli ses études classiques au collège d'Au- .xerre, M. Sylvestre Hérisson se rendit à Paris pour suivre les cours de la Faculté de Droit; il fut reçu licencié en 1854 et s'établit ensuite àClamecy avocatavoué, profession qu'il a exercée de 1861 à 1878.
M. Sylvestre Hérisson débuta de bonne heure dans la politique, comme maire de Surgy; il devint, en 1879, conseiller général el maire de Clamecy et il a présidé le Conseil général de la Nièvre de i88[ à 1888.
Présenté par les comités républicains de l'arrondissement de Clamecy, lors des élections législatives du 21 août 1881, il fut élu député par 8,916 voix contre 8,040 à M. Le Pelletier d'Aunay, impérialiste. M. Sylvestre Hérisson prit place au groupe de la gauche radicalede laChambre, dontilfutprésidentà plusieurs reprises, et appuya de son vote et de ses efforts toutes les propositions ayant un caractère nettement progressiste. Porté en 188^, sur la liste républicaine radicale de la Nièvre, il fut réélu, le 1° sur cinq, par 43,02s voix sur 83,419 votants. Il suivit dans cette nouvelle législature la même attitude politique que dans la précédente et fut, notamment, rapporteur de la demande en autorisation de poursuites formée par M. Veil-Picard contre .\1. Wilson (18881. Au renouvellement général de 1 889, combattu dans l'arrondisse ment de Clamecy par les partis boulangiste et conservateur, il échoua, avec =),96s suffrages, contre 10, •590 à l'élu, .M. Jules Jaluzot.
Le 16 juin 1889, M. Hérisson se présenta au sicge sénatorial rendu vacant dans la Nièvre par la mort
de M. Decray et obtint 301 voix, contre 382 à M. de Moncorps, conservateur, élu ; mais le choix des délégués sénatoriaux se porta sur son nom lorsqu'il s'agit de remplacer, au Lu.xembourg, M. de Laubespin, décédé. Élu, en 1896, sénateur de la Nièvre, par 476 voix contre 252 à M. de Lespinasse, candidat conservateur, il fut réélu au renouvellement de janvier 1897, par 576 voix, au 1' tour.
A la Chambre haute, M. Hérisson est inscrit au groupe de la gauche démocratique et participe activement aux travaux parlementaires.
PERRET (Hippolyte-Augustin-Paul)
^ OM.\NCiF.R et critique dramatique, né le 12 février 1835 à Paimbceuf (Loire-Inférieure). Ses études classiques accomplies au collège de Nantes, .M. Paul Perret vint à Paris suivre les cours de la Faculté de Droit, fut reçu licencié et se mêla aussitôt au mouvement littéraire. Il débuta en i8ï4, dans la Revue Je Paris de Laurent Pichat et .Vlaxime du Camp, par une traduction très remarquée des Légendes Italiennes , dont quelques-unes ont été empruntées par Shakespeare. Les Légendes Italiennes furent réunies en un volume devenu introuvable. .M. Paul Perret donna aussi une Histoire des Vaudois et des Albigeois et collabora, d'une façon assidue, à la Revue Contemporaine, où il publia: l'Ame en voyage, Robert Stilfort, Avocats et Meuniers, les Verts galants de la Thnlaye et Dame Fortune (18^7) .
Parurent ensuite dans la Revue Européenne: le Bourgeois de Campagne (1859); dans le Journal des Débats : la Pudeur (1862) ; dans le Temps: le Billet de Mille francs f 1863); dans la Revue des Deux Mondes : Mademoiselle du Plessé , la Bague d'Argent, le Prieuré, le Parasite, Violante, V Amour Eternel, et, en différents recueils : la Parisienne, les Amours sauvages . les Bonnes Filles d'Eve, la Fin d'un viveur. Renée. Hors la loi, etc.
A ces études, oùl'imagination s'allie le plussouvent. et non sans agrément, à une observation très exacte du caractère et du temps, il faut ajouter les autres ouvran-es de M. Paul Perret : Mademoiselle de Saint-Ay (1868 in-iSj; Madame Valence (1879 in-i8); Ni fille nivcuve (1879 in-i8) ; YAine murée 11879 in-i8); Ce quecoûtel' amour{\?>i>i in-i8); Les Demi-mariages (18S1 in-i8); les Enervés (i88s in-i8'); le Roi Margot [iSS-j in-i8) ; Sirur Si-Agnès (1888 in-i8); Après le Crime (i888in-i8); Mademoiselle de Bardelys (1889 in-i8); les Derniers Rêveurs (1890 in-i8) ; le Droit à l'Amour
(1890 in-i8); les Filles Mauvoisiii 11891 in-18); L'Amour et la Guerre (1893 in-18); Ma7iette André, scc- V es de la Révolution (1894111-18); les Demoiselles de Z/>^(i895); la Robe {iS^6); Madame Victor, récit de 1813 (1897); Thérèse Vanbecourt, roman moderne paru dans la Revue Hebdomadaire en 1898.
On doit aussi mentionner du même auteur un grand ouvrage illustré sur les Pyrénées Françaises (188=,- 1886-1887) et presque toute la partie descriptive des Châteaux historiques de France (1879 à 1883).
M. Paul Perret a collaboré ou collabore encore à plusieurs journaux quotidiens, tels que Paris-Journal de Henri de Pêne, la Presse, le Moniteur Universel, le Gaulois, etc. ; il a rédigé pendant vingt années consécutives (1878-1898), avec une réelle autorité, la critique littéraire et dramatique à la Liberté.
En 1864, M. Paul Perret a épousé la fille du philosophe Théodore Jouffroy.
Cet excellent écrivain est lecteur-examinateur à la Comédie-Française, chevalier de Tordre de François- Joseph d'Autriche, officier de Flnstruction publique et, depuis 1877, chevalier de la Légion d'honneur.
Bflt^miiOT (Iléon)
?EiNTRE, né à Montigny-lès-Metz (Lorraine) le II octobre 1844. Il commença par dessiner desmodèles de papiers peints chez son père, qui avait une importante fabrique à Metz, puis il suivit les cours de dessin de cette ville et vint à Paris en 1869. Dès cette même année, M. Léon Barillot envoya au Salon des Champs-Elysées plusieurs toiles représentant des Fleurs et un Paysage, qui furent reçus. Revenu à Metz et resté là pendant toute la durée du siège, il rentra à Paris après la Commune, travailla d'abord à l'atelier de Suisse, puis dans celui de Bonnat en 1872.
Parmi les nombreuses toiles dues à M.Léon Barillot, il convient de citer: Cour de ferme dans la Haute- Marne; Hcrbageà Benieval,C2.\\aàos[i'&i-)); Animaux au pâturage sur les falaises de Cancale ; La vieille Charlottéet sa vache ; Vache cancalaise ( 1 874) ; la Ferme Louédin près d' Honfleur ; Le vieux Jacques et ses bêtes 1877); le Gué de Las-Landies ; le Jour du marché d'Aurillac (i8-]S); la Ferme d'O nival (Somme) ; Marais d'Hauteb ut. Somme (1879); Troupeau dans un étang des Dombes {Ain); Les bêtesdeSeiirctte, Lorraine(i88i); Coup de vent sur les bords de la Manche, placé au muséede Bourges; Noiraud et sa mère{i'èS)) ; Matinée
d'été (au musée de Lille) ; Soirée d'Automne (1886) ; le Pac des Héritiers ; Bords de rivière, matin (1887); le Port de Ouistreham; Matinée d'octobre à Luc-sur-Mer (i 888); Z«;«^z<ort/5C5 7?erèi?s, au palais deFontainebleau; Un bout de causette (i88q) ; L'été en Normandie; L'automne en Lorraine (iS^o) ; Via le garde...! ; la Vallée <lela SeuUes (1891); Le train ^j; Bergères lorraines, tableau acquis par l'Etat, au musée du Luxembourg (1892); l'Appel, au musée du Havre; la Vallée du A/oî(^o« (1893); Bergère Saintongeaisc; Labourage en Saintonge {iSi)4): Embarquement de bestiaux dans le Marais Poitevin, acheté par l'Etat, au musée de Nancy ; La bergère au trois moulins [iSi)^) ; laMaredes Champs, Normandie; la Ferme Sautais (1896) ; Un gué en Lorraine; la Ferme de Grousset (1897); LLerbage du Cotentin ; Vache Nortnande et un pastel: Soleil levant sur la Sèvre Niortaise (1898); la Ferme de Thoville 11899).
On doit aussi à cet artiste: la Barrière, tableau qui est au musée de Rouen, et les Etangs de Saint-Panlde-Varx [Km), au musée d'Amiens. Il a, en outre, fait chaque annéedes envois aux expositions du cercle ^^olney ou des Mirlitons et a collaboré, comme aquafortiste, à l'Art, à l'Album Cadart et à la Vie Moderne.
Peintre d'une facture solide, qui donne à ses œuvres une allure de force et de vigueur étonnantes, excellent paysagiste et maître animalier, M. Léon Barillot, disait un critique, '( aime les paysages aériens franchement ensoleillés, oîi la lumière va fouiller les moindres replis de terrain. Les animaux qu'il nous présente sont robustes, vigoureux et, sous le pelage épais et souple de ses bœufs, on sent une charpente solide, toujours bien observée et toujours bien décrite ».
Au Salon de 1880, M. Léon Barillot reçut une médaille de 3" classe; en 1884, une 2" médaille le mit hors concours. Il reçut la même année une des six médailles d'or attribuées à la peinture française à l'exposition du Cristal-Palace à Londres, une autre médaille lui fut attribuée à l'exposition de .Melbourne en 1888; en 1889 une médaille d'or lui fut décernée à la suite de l'Exposition universelle; il obtint ensuite un grand prix à l'Exposition universelle de Lyon en 1894. Membre du jury de peinture au Salon des Champs-Elysées, membre du comité de l'Association des artistes peintres (société Taylor), il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 189=1.
Bf^OGliIE (Jacques-Vietop-fllber*t Duc de)
;cRivAiN, membre de l'Académie française, homme politique, né h Paris, le 13 juin 182 1. Fils aine du duc Victor, qui fut membre de l'Institut, ministre, pair de France, et mourut en 1870, il fut élevé dans sa famille. A 19 ans, il entra au ministère des Affaires Ftrangènes et fut envoyé à Rome, puis à Madrid, comme secrétaire d'ambassade; mais la révolution de 1S48 le fit revenir à Paris.
Le duc Albert de Broglie écrivit alors, dans la Revue des Deux-Mondes, des articles sur la politique étrangère qui firent grand bruit ; il collabora aussi au Correspondant et au Français. Adversaire, à la fois, des doctrines exclusives dé l'Univers religieux et de la philosophie rationaliste, du pouvoir absolu comme de la démocratie, il défendit, en même temps, les intérêts catholiques et les principes du libéralisme constitutionnel modéré. Sous l'Empire, il devint célèbre et, lorsqu'en 1862, il se présenta à l'Académie, en remplacement du P. Lacordaire, il fut élu, par 22 voix sur 29.
jusqu'alors, le duc de Broglie n'était pas entré en militant dans la lutte politique ; mais, en 186-,, il organisa l'Union libérale, avec MM. Thiers, Dufaure. Buffet, Daru, Decazes, de Talouët, etc., pour combattre l'Empire. Candidat de l'opposition dans l'Eure, aux élections générales de 1869, pour le Corps législatif, il échoua avec 3,8^4 voix, contre 14,000 au candidat officiel, M. Philémon Fouqué.
Il entra à l'Assemblée nationale, comme représentant de l'Eure, le 8 février 187!, élu par 4s,4'j3 voix; le 19 de ce même mois, il était nommé ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Londres.
M. le duc de Broglie fut chargé, en mars 1872, de porter au gouvernement anglais la dénonciation des traités de commerce. Vivement attaqué par la presse républicaine, il demanda sa mise en disponibilité et fut remplacé par M. le comte d'Harcourt (i" mai'). Le 20 juin suivant, il fit partie de la délégation de la droite chargée d'imposer à M. Thiers une politique conforme aux vues de la majorité monarchique et il justifia cette démarche dans'une lettre-manifeste.
Choisi comme rapporteur de la commission des Trente, le duc de Broglie présenta h l'Assemblée nationale, le 21 février 1873, un projet de loi sur les relations du président de la République et des représentants. Dans ce rapport, il était stipulé que
l'Assemblée ne se séparerait pas sans avoir statué sur l'organisation et le mode de transmission des pouvoirs exécutif et législatif, sur la création d'une seconde chambre et sur la loi électorale. Le 23 mai, il interpella le chef du pouvoir exécutif sur le nouveau ministère choisi dans le centre gauche. Cette interpellation, dont la discussion se termina le lendemain, amena la chute de M. Thiers, l'Assemblée ayant adopté, à 16 voix de majorité, l'ordre du jour de blcâme proposé par M. Ernoul (24 mai 18731.
Chargé, par le maréchal de Mac-Mahon, élu président de la République le même jour, de former un cabinet, le duc de Broglie lutta avec énergie pour restaurer la monarchie. Cette période lui suscita de nombreux ennemis dans tous les partis : les républicains lui reprochant de nombreuses destitutions de fonctionnaires, la loi sur les maires attribuant exclusivement leur nomination au pouvoir central et aux préfets (20 nov. 1873), la tentative de fusion entre les deux branches de la maison de Bourbon (août-novembre 1873), etc., tandis que les royalistes ne lui pardonnaient pas la prorogation pour sept ans (septennat) des pouvoirs du maréchal, que M. de Broglie avait fait voter. Aussi, quant à propos du vote de la loi électorale, le ministère fut battu, le 16 mai 1874, par 381 voix contre 317, sa défaite futelle due à la défection de la droite. Démissionnaire, M. le duc de Broglie reprit sa place au centre droit et vota les lois constitutionnelles. L'hostilité du parti légitimiste le poursuivit encore lors de l'élection des 7s sénateurs inamovibles (décembre 1875) et fit échouer sa candidature.
Conseiller général de l'Eure, pour le canton dont il porte le nom, depuis le S octobre 187 1 , il devint sénateur de ce département, par 486 voix sur 780 votants, lors des élections générales pour la Chambre haute (1876). Au Sénat comme à la Chambre, M. le duc de Broglie, fidèle à ses principes, combattit la République.
A la suite d'une lettre officielle du maréchal de Mac-Mahon reprochant au président du Conseil sa soumission aux volontés de la Chambre, le ministère Jules Simon démissionna le 16 mai 1877 ^^ ^^- '^^ Broglie, chargé de former un cabinet, prit pour lui le portefeuille de la Justice. En même temps, il fit proroger la Chambre qui, de suite, avait refusé sa confiance au ministère, en votant l'ordre du jour dit des 36^. Le 16 juin, un vote du Sénat, sur la demande du gouvernement, prononçait la dissolution.
Après la dissolution, M. de Broglie, puissamment
secondé par son collègue, M. Je l'ourldu, ministre de l'Intérieur, mit tout en œuvre pour obtenir l'élection d'une Chambre disposée à faire triompher ses projets de restauration monarchiiiiic : révocations nombreuses de fonctionnaires, intervention des journaux officiels contre les 363, mesures administratives et judiciaires les plus propres à terroriser les républicains, candidatures officielles, pression des l'administration sur les électeurs, etc., rien ne fut épargné. Toute cette campagne voulue de violence et d'intimidation échoua devant la volonté du pays de conserver la forme républicaine de gouvernement qu'il venait à peine de conquérir. Le 14 octobre, une Chambre, comptant une forte majorité de députés républicains, était élue et, le 16 novembre, M.leduc de Broglie se retirait avec tousles membresducabinet.
Depuis cette époque, l'ancien président du Conseil ne prit que rarement la parole à la tribune du Sénat ; mais, chaque fois, avec une autorité incontestable. 11 a été le plus redoutable adversaire de Jules Ferry et le discours qu'il prononça, en 1880, au sujet des projets relatifs à l'enseignement, reste comme un modèle d'éloquence parlementaire.
En 1881, il intervint dans la discussion sur les affaires de Crète et, en 1883, sur la réforme de la magistrature.
Lors du renouvellement triennal du Sénat, le 25 janvier 1885, M. le duc de Broglie ne fut pas réélu. Il échoua aussi, la même année, aux élections législatives générales du 4 octobre, sur la liste monarchiste du département de l'Eure et, depuis, se retira de la vie politique.
M. de Broglie a publié : Etudes morales et tittéra/res (1833) ; L'Eglise ci V Empire romain an III' siècle (1856), son œuvre principale, qui a eu cinq éditions; elle fut suivie de deux autres parties: /////c;/ l'Apostat et TJiéoilosc-lc-GranJ (6 volumes); en 1876, il donna une traduction du Système religieux, de Leibnitz. Il a encore écrit : Une réforme administrative en Algérie (1860), brochurequi fit beaucoupde bruit; Questions de religion et d'histoire (2 vol., 1860) ; La Souveraineté pontificale et la Liberté {iSbi) ; La Liberté divine et la Liberté humaine [l'&b'Ç); LaDiplomatie et le droit nouveau (i?<6S); les Candidatures officielles (1868); le Secret du roi, correspondance secrète de Louis XV avec ses agents diplomatiques (2 vol., 2 édit., 1878- 1879) ; Discussion du projet de loi portant amnistie (1878) ; Le Libre-échange et l'impôt (1879) ; les Préliminaires de la guerre de Sept ans ; Discours prononcés au Sénat (1880-1881) ; Deux discours : Sur
l'enseignement obligatoire et 5wr l'expédition de Tunisie (1882) ; Frédéric II et Marie-Thérèse, d'après des documents nouveaux (1882, 2 vol., 2 édit.) ; Le Ministère des Affaires Etrangères avant et après la Révolution (1883) ; Frédéric II et Louis A' F, d'après les documents nouveaux (2 vol., 2 édit., 1894); Marie- Thérèse, impératrice (1888, 2 vol.) ; Histojrc et Diplomatie (1889) ; Souvenirs du feu duc de Broglie, 1785 -1890, importante publication des mémoires de son père (4 vol., 1 886-1887) ' '^^ Mémoires de Talleyrand (1891, ^ vol.) ; Maurice de Saxe et le marquis d'Argenson ; la Paix d'Aix-la-Chapelle ; V Alliance autrichienne ; la Mission île M. de Gontaut-Biron à Berlin (1896).
Le style de M. le duc de Broglie est puissant, nerveux, classique ; c'est celui d'un érudit doublé d'un observateur. Une fine ironie lui donne souvent une souplesse et une saveur toutes particulières qui charment, tandis que ses fortes qualités procurent à la lecture de ses œuvres une très grande impression.
Marié, le 19 juin 184s, à M"" Pauline-Eléonore de Galard de Béarn, morte le 28 novembre 1860, M. le duc Albert de Broglie a eu quatre fils : l'aîné est député de la Mayenne et le dernier, Emmanuel, a publié plusieurs ouvrages, couronnés par l'Académie française.
duc Albert de Broglie est chevalier de la
Légion d'honneur depuis 184s. 11 a été admis à l'Académie des Sciences morales et politiques en 1896.
BÎ^OGlilE (liouis-Alphonse-Vietof ppince de)
^^^â l'puTÉ, ancien diplomate, fils aine du précédent, né à Rome le 11 octobre 1846. Il fit à Paris de brillantes études classiques, pendant (* y lesquelles il fut lauréat du prixd'honneur de philosophie au grand concours de 1864. Elève ensuite des facultés des Lettres et de Droit, il fut reçu bi-licencié en 1867. En 1870, M. le prince de Broglie prit part à la campagne comme lieutenantde mobiles. A la fin des hostilités, il fut nommé capitaine, puis chef de bataillon au 17° régiment territorial.
Entré, dès 1871, dans la carrière diplomatique, il fut attaché au secrétariat de l'ambassade française de Londres, puis rédacteur à la direction politique du ministère des Affaires étrangères et sous-chef du cabinet de M. le duc Decazes en 1874. Choisi, comme chef de cabinet au ministère de la Justice qu'occupait alors son père, le duc de Broglie, président du
(Conseil (1877), il déploya dans ce poste une grande iictivité. Après la retraite du cabinet Broglie-Foiirtou et la démission du maréchal de Mac-Mahon, président de la Républiqu-;, M. le prince de Broglie se retira dans la vie privée, avec le titre de secrétaire d'ambassade de première classe (1S79).
Porté par les comités conservateurs, aux élections législatives de 1893, dans l'arrondissement de Chàteau-Gontier (Mayenne), il fut élu député, au i" tour Je scrutin, par 8,3'i2 voix, contre 7,=>74 à M. Fouassier, républicain. Réélu le 8 mai 1S98, par 11,825 suffrages, sans concurrent, M. le prince de Broglie est inscrit, depuis son arrivée à la Chambre, au groupe de la droite monarchiste et au groupe agricole. Très compétent dans les questions d'agriculture, il est nombre de tous les comités agricoles de son arroniwsement et fait partie du syndicat des éleveurs de IJurham. Protectionniste, il a soutenu de ses votes la politique économique du ministère Méline (1896- 1S9S) , sans rien céder de ses opinions monarchistes.
L'honorable député de la Mayenne est membre actif de la Société des Bibliophiles de France. Il est chevalier de la Légion d'honneur depuis 1874.
CHflNTflGREli (Jean)
hÉNATEUR, né à Sauxillanges (Puy-de-Dôme) le 14 avril 1822. Fils d'un républicain, qui fut poursuivi pour ses opinions lors du coup d'Etat de 1851 et mourut centenaire, il fit Ses études de droit à Paris et prit part à la révolution de 1848. Devenu professeur libre de droit, il fit, <à Paris, des cours très suivis pour l'auditorat au Conseil d'Etat.
En 1870, M. Chantagrel, bien que son âge le dispensât de tout service, s'engagea au 28'' régiment de marche pour la durée de la guerre.
Porté, en i88s, sur la liste républicaine législative du Puy-de-Dôme, il fut élu député, au scrutin de ballottage, et par 75,953 voix sur 131,907 votants. (Conseiller généralpour le canton de Sauxillanges, et adversaire du cumul des fonctions électives, il donna sa démission à ce moment. A la Chambre, il siégea à l'extrêmegauchcfit partie de diverses commissions, notamment de celle du Panama, et compta parmi les adversaires, déclarés de l'émission des obligations à lots de cette entreprise. 11 fut même du nombre des membres du Parlement auxquels les agents de la compagnie firent des propositions d'argent et voici comment le Moniteur dit Piiy-Jc-Dâme, du 4jdécem-
bre 1892, apprécia l'attitude de l'honorable député en cette circonstance :
.M. Chantagrel n'est pas des nôtres, lit nous ne pourrons pas être accusé de flatterie en rendant hommage à s.i probité .i l'occasion de la déposition qu'il vient de faire devant la commission de Panama. Cette déposition est celle du vir proiiisiSans. phrase, il a refuse la forte somme qui lui était offerte pour prix de son vote; sans phrase, il a raconté comment des offres de plus en plus tentantes lui avaient été faites. Jusqu'à ce jour, M. Chantagrel, avait gardé le silence. C'est tout à son honneur. M. Chantagrel que nous avons combattu, voudra bien agréer l'expression de notre haute considération.
Au renouvellement législatif de 1889, M. Chantagrel ne se représenta pas; il resta dans la vie privée jusqu'au 2 octobre 1898 où, à une élection partielle, il fut nommé sénateur du Puy-de-Dôme, par 626 voix contre 510 à M. Goyon et au 2° tour de scrutin. Socialiste, il siège à la gauche démocratique de la haute assemblée.
On doit à l'honorable sénateur du Puy-de-Dôme des ouvrages importants dont voici les titres: TrciJiictiou et explication des texes du Digeste (1885); Droit administratif théorique et pratique (i8s6, supplément 1859, 2'' édition 1869); Commentaire ducode Napoléon {1S61); Manuel de Droit criminel (2^ édition 1865); Précis d'instruction civique et d'administration commerciale (1889); Traité de Droit civil (1890) et diverses brochures et études sur des points de droit.
OUVRÉ (André-Félix)
ËNDUSTRiEL et député, né à Paris le 23 mai 1852. Petit-fils, du côté maternel, de J.-B. -M. Moreau, qui fut maire de Paris et député de la Seine:
fils de M. Félix Ouvré, qui rendit h la population parisienne, éprouvée par les rigueurs du siège, en 1870-71, de réels services comme propriétaire d'un des plus importants chantiers de bois de charpente et de bois à briiler, M. André Ouvré accomplit ses études classiques au lycée Bonaparte (Condorcet) et devint, dès son retour du régiment, l'associé de son père. Resté seul, en 1875, à la tète de l'entreprise commune, il succéda, en 1888, à M. Félix Ouvré dans la direction d'une importante fabrique de sucre à Souppes (Seine-et-Marnei.
Président de la Chambre syndicale des marchands de bois de Paris et de la banlieue, membre de la Chambre de commerce de Paris de 1884 à 1888, M. André Ouvré fut membre du jury de l'Exposition universelle de i88i). Depuis 1883, il fait aussi partie de la Commisssion des valeurs en douanes et du Conseil supérieur d'Agriculture.
Propriétaire du doni.iine de Chancepoix, situé dans le canton de Château-Landon, berceau de sa famille, M. André Ouvré fut, en 1882, nommé conseiller général de ce canton, en remplacement de son père qui avait conservé ce mandat pendant 29 années.
Candidat républicain aux élections législatives de 1889, dans l'arrondissement de Fontainebleau, il fut élu député, par 1 1,347 ^'O'^ contre 2,217 ^ M. Renoult, radical. 11 a été réélu successivement: au mois d'août 1893, par 10,742 voix contre 7,239 à M. Renoult et 487 à M. Fournière socialiste et en 1898, par 10,399 voix contre 8,827 à M. Hubbard, député de Pontoise sortant, radical socialiste et439 à M. Tristan Lambert, ancien député conservateur.
M. Ouvré est inscrit au groupe progressiste du Palais-Bourbon. Membre de diverses commissions, notamment de celle du Travail et de celle relative aux prêts sur titres par les Monts-de-Piété, il fut désigné comme rapporteur de ce dernier projet de loi et le fit voter par le Parlement (1890). Il s'occupe plus spécialement des questions agricoles, industrielles et économiques, à l'étude desquelles il apporte une particulière compétence.
Président d'honneur de la Société d'agriculture, il est aussi président de la plupart des sociétés et associations de l'arrondissement de Fontainebleau.
M. André Ouvré a été nommé chevalier de la Légion d'honneur le 13 novembre 1889, à la demande unanime des jurys français et étrangers dont il fut rapporteur pour là classe 42, à l'Exposition universelle.
GtJAflDllDIEfJ (Alftred)
|É0GR.\PHE, mathématicien et explorateur, membre de l'Institut, né à Paris le 20 décembre 1836.
Après avoirachevé dans safamillesesétudes classiques, il suivit, de 18^43 18^7, les cours scientifiques du Collège de France et partit en mission, à vingt-un ans, avec son frère, Ernest-Louis-Marie, et M. Janssen. Celui-ci, forcé par une maladie inopinée de revenir en Europe, les deux frères, l'un comme naturaliste, l'autre (M. Alfred Grandidierj à la fois comme mathématicien et géographe — de 18^7 à 1859 — franchirent plusieurs fois les Cordillières et explorèrent le Pérou, le Chili, la Bolivie et le Brésil, dont ils rapportèrent diverses collections intéressantes.
En 1862, M. Alfred Grandidier s'embarqua pour les Indes, visita l'îl»de Ceylan et le Dekkan; mais les
fièvres paludéennes l'empêchèrent d'arriver jusqu'au Thibet, qui était le but de son voyage.
Après un séjour de plusieurs mois à Zanzibar et sur la côte orientale d'Afrique, puis à l'île de la Réunion, il descendit sur la côte orientale de Madagascar et comprit bientôt, comme il l'écrivit depuis, que cette contrée, sur laquelle existaient déjà tant de descriptions plus ou moins erronées, était une vraie « terre incognite />.
Depuis 1865, époque à laquelle M. Grandidier visita pour la première fois Madagascar, jusqu'en 1870, où la guerre tranco-allemande l'engagea à rentrer en France, l'intrépide explorateur traversa trois fois la grande île dans toute sa largeur, parcourut la plus grande partie de ses côtes, fit de nombreuses excursions dans le Sud et dans l'Ouest, recueillant au cours de ses recherches des trésors d'observations et d'études. Bien que chargé de missions officielles, il faut mentionner que M. Alfred Grandidier accomplit tous ses voyages à ses frais.
M. Grandidier a entrepris depuis 1872, en collaboration avec MM. Milne-Edwards, Sauvage, Mabille, de Saussure, etc., une Histoire physique, naturelle et politique de Madagascar ,(:[m doit comprendre environ 40 volumes et dont environ 1400 planches et 20 • volumes ont paru en 1899, sous les titres suivants : Histoire de la Géographie et Géographie mathématique (i vol.); Histoire des mammifères (3 vol.); Histoire desoiseaux (4 vol.) ; Histoire des poissons {i vol.); Histoire des lépidoptères (i vol.); Histoire des hemenoptères (i vol.) ; Histoire des coléoptères (i vol.) ; Histoire des Mollusques (i vol.) ; Histoire des Plantes (3 vol.) ; Ethnographie et Anthropologie (2 vol.).
M. Alfred Grandidier qui, dès 1872, a dressé la première carte exacte de Madagascar, a aussi établi une carte de la province centrale de l'Imerina, à 1/200,000 en collaboration avec les RR. PP. Roblet et Colin, carte très détaillée et très complète. 11 a publié, en outre, un grand nombre de Mémoires et Communications, tant géographiques, qu'etnographiques et zoologiques, sur cette même île, dans les revues scientifiques spéciales.
On a encore de lui: Voyage dans l'Inde, récit paru dans le Tour du Monde de 1869 ; plusieurs notices sur Vile de Cevltiu, sur Zanzibar et sur la Cote orientale d'Afrique; un Rapport sur les cartes et les appareils de géographie et de cosmographie, sur les cartes géologiques et sur les ouvrages de météréologie et de statistique, à l'occasion de l'exposition de 1878, ouvrage de 747 pages in 8°, qui donne l'histoire com-
plète des progrès de ces diverses sciences pendant les dix dernières années (Paris 1882); un mémoiresur Mjdiigascar et ses Habitants, lu devant les cinq Académies (1886) et un important discours sur le même sujet, prononcé à la séance générale du Congrès des Sociétés savantes, le ii avril 1896, etc.
M. Alfred Grandidier, qui reçut en 1872 la grande médaille d'or de la Société de Géographie de Paris et celle du ministère de l'Instruction publique au Congrès des Sociétés savantes, fut nommé, en 1881, président honoraire de cette société et a été élu, le (> juillet 1885, inembre de l'Académie des Sciences, en remplacement de Dupuy de Lôme (section de géographie et de navigation).
Il est officier de la Légion d'honneur depuis 1896, commandeur de l'ordre de Léopold, de l'Etoile Polaire et de divers autres ordres européens. Il est membre d'honneur de nombreuses Sociétés de géographie françaises et étrangères.
TAmiiIAr4DlEf^(Henpi-flndpé-Joseph)
ifPUTÉ, né à Fresnoy (Pas-de-Calais) le 23 juin 1847, d'une ancienne famille de l'Artois. Il
W commença au collège d'Arras et termina à Paris ses études secondaires ; il suivit ensuite les cours de la Faculté de Droit et fut reçu docteur.
Nommé, en 1870, capitaine de la 2* compagnie du s" bataillon du Pas-de-Calais, il fit, en cette qualité, toute la campagneduNord,dansrarméedeFaidherbe; il assista aux batailles de Pont-Noyelles, deBapaume, de 'Vermand et de St-Q.uentin. La guerre finie, il se consacra à d'importantes exploitations agricoles dans le Pas-de-Calais et se fitremarquerdanslesprincipales sociétés d'agriculture.
En 1872, .\1. Tailliandier fut appelé à la mairie de Fresnoy, à l'unanimité des voix; il a,depuis,été rnaintenu à ce poste avec la même unanimité, à toutes les élections municipales. Depuis 1880, il représente au (Conseil général du Pas-de-Calais, le canton deVimy ; Au renouvellement de 1898, une très vive campagne fut menée contre lui; il n'en obtint pas moins, dès le premier tour, plus de 1,700 voix de majorité.
Dès le vote de la loi de 1884, M. Tailliandier créa le Syndicat agricole de Viray, dont il est le président.
Elu député du Pas-de-Calais, en 1885, par 101,678 suffrages sur 179,777 votants, au scrutin de liste, M. Tailliandier a, depuis, constamment été réélu, dans la 2' circonscription d'Arras, successivement: en 1889, par 10,483 voix contre M. Camescasse, député
sortant, ancien préfet de police ; en 1893, par 10,004 voix, contre 9,908 a M. Viseur, et en 1898, par 10,750 suffrages, contre 9,258 à M. Hary, conseiller d'arrondissement, radical.
Républicain indépendant, M. Tailliandier, à la Chambre, fait partie dugroupe agricole et des grandes commissions de l'agriculture, de l'administration départementale et communale et de décentralisation administrative; il a été plusieurs fois chargé de rapports dont les conclusions furent adoptées par le Parlement ; il a pris part a. de nombreuses discussions au sein des commissions , notamment de la commission des Douanes, et a prononcé, à la tribune, d'importants discours sur rétablissement de droits sur lés mais et sur les budgets de l'Agriculture. 11 a soutenu constamment le ministère Méline aux points de vue politique et économique (1896-1898).
Protectionnisteconvaincu, M. Tailliandiera formulé et soutenu de nombreuses propositions de loi en faveur de la production nationale. C'est ainsi qu'ila réclamé: la représentation officielle de l'agriculture par des chambres consultatives élues, à l'exemple des chambres de commerce, l'organisation du crédit agricole, la loi du cadenas, la réglementation des admissionstemporaires, les droits sur les sucres coloniauxétrangers, sur les graines oléagineuses, les textiles; des droits plus élevés sur les mélasses, l'entente monétaire entre les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Allemagne etles peuples de l'union latine; la diminution des impôtsqui pèsent sur l'agriculture, etc.; il a insisté sur la nécessité d'une surveillance plus active du bétail arrivant en France à l'état de viande frigorifiée, demandant aussi la fermeture des frontières au bétail contaminé. Dans les questions sociales, il s'est proclamé le défenseur des classes ouvrières.
JVIflF^CÈt^E (Emile-Lioais-Gustave DESHflVpS de)
ÎNciE.K ministre, sénateur, né à Domfront (Orne) le 16 mars 1828, d'une vieille famille de Normandie. Il étudia le droit à Caen et fut lauréat de la Faculté.
Attaché quelque temps au ministère de la Justice, M. de Marcère entra ensuite dans la magistrature et fut successivement substitut à Soissons (12 novembre 1853) et à Arras (i" janvier 1856), procureur à Saint- Pol (1861), président du Tribunal d'Avesnes (1863) et conseiller à la cour de Douai (1865).
En 1871, lors des élections pour l'Assemblée
nationale, M. de Marcère publia une I.cthe aux chrtciin à l'occasion des clcclioiispoiir la Coiistiliianlc de /S//, qui fut son entrée dans la vie politique. Elu le 8 février 1871, par 2()(,s88 voix, représentant du Nord à l'Assenibléc nationale, il siégea au centre gauche, groupe dont il fut l'un des fondateurs, vota pour la paix, soutint 1^1 politique de Thiers, prit sou vent la parole au nom de son groupe, fut l'un des fervents protagonistes de la décentralisation et déclara que le maintien des institutions républicaines était indispensable dans l'état actuel de la France.
M. de Marcère prononça de remarquables discours sur les élections municipales, sur la mise à la retraite des magistrats, sur l'exercice du droit de grâce, sur l'organisation des conseils généraux, sur la fête des écoles à Lyon, sur l'élection des princes d'Orléans à .r.\ssemblée (1871), sur le projet de loi qui interdit aux députés des fonctions salariées, sur l'organisation de la magistrature, sur la loi contre l'ivrognerie, sur le budget de l'Instruction publique, sur les conclusions de la commission des Trente (1872-187^), etc.
Au mois de mai 1874. rapporteur du projet de loi relatif à la prorogation des conseils municipaux, M. de Marcère en attaqua très habilement les dispositions; son rapport, imprimé aux frais du groupe des gauches parlementaires, futtiréà 100,000 exemplaires et répandu dans les départements. Adversaire du cabinet de Broglie, il contribua à son renversement, votal'amendementWallon'et l'ensembledes lois constitutionnelles (1875) et fut alors nommé membre.de la ■f commission des Trente, chargée d'élaborer les lois constitutionnelles complémentaires. Rapporteur de la loi électorale de la Chambredes Députés, il défendit, dans un discours remarquable, le scrutin de liste.
Elu député de la 2' circonscription d'Avesnes, le 20 février 1876, par 10,202 voix contre 7,619 a M.Bottiau, ancien représentant, il reprit sa place au centre gauche et, à la formation du premier ministère républicain, devint sous-secrétaire d'Etat à l'Intérieur, où M. Ricard était ministre. Il seconda activement celuici, rédigea plusieurs circulaires adressées aux fonctionnaires et se vitdésignépour remplacer le ministre lorsqu'il mourut (i-; mai 1876). Malgré les difficultés créées en partie par l'entourage du maréchal de Mac- Mahon,M.de Marcère tenta quelques modifications dans le personnel administratif. 11 aborda fréquemmment la tribune, parla notamment pour faire maintenir la loi qui donnait au gouvernement la nomination desmairesdeschefs-lieuxdecanton, surl'intention du gouvernement délaisser la plus grande liberté aux
élections, etc. Au mois d'août, il se rendit à Domfronl, où il prononça un discours qui eut du retentissement et dans lequel il renouvela ses déclarations en faveur de la République, le seul régime dit-il, qui " s'adapte exactement à l'état social, aux intérêts, au idées issues de la Révolution française ». Ce langage produisit un grand eflFet dans le pays : les républicains furent satisfaits; mais les monarchistes s'en irritèrent et. xM. de Marcère se trouva dès lors en butte à de violentes attaques. Dans deux discours, à Maubeuge et au Quesnoy (octobre 1S76), il répondit à ces attaques en confirmant ses précédentes déclarations. Bientôt, un incident relatif aux obsèques civiles de Félicien David, à qui l'autorité militaire avait refusé de rendre les honneurs, provoqua de la part de la gauche une interpellation et décida le ministère à présenter un projet de loi relatif aux honneurs militaires. M. Laussedat proposa à la Chambre un ordre du jour motivé, demandant tjue le principe de l'égalité de tous devant la loi fut rigoureusement maintenu. M. de Marcère retira alors son projet et se rallia à cet ordre du jour ; la droite se récria, et accusa le ministre de l'Intérieur de n'avoirpas consulté ses collègues, ce qui était inexact. Le Sénat ayant, à propos d'une loi sur l'enseignement public, voté un ordre un jour défavorable au ministère, M. Dufaure donna sa démission, qui entraîna celle du ministère tout entier et, à sa reconstitution, M. de Marcère fut remplacé par Jules Simon (i2décembrei876).
Nommé, quelques jours plus tard, président du centre gauche, M. de .Marcère soutint le gouvernement de ses votes, se prononça contre les menées cléricales, et fut l'adversaire de la politique du 16 mai. Le 17 mai 1877, il proposa à la Chambre, de concert avecles présidents des autres groupes républicains, le célèbre ordre du jour de défiance, voté par 363 députés. Après ladissolution, il fut rééludéputé d'Avesnes, le 14 octobre, par 9,526 voix, contre 8,945 à M. Bottieau, candidat officiel. Membre du comité des " Dix-huit » à la Chambre, il contribua, en cette qualité, à faire adopter la formation d'une commission d'enquête parlementaire sur les agissements de l'administration du 16 mai, interpella le cabinet Rochebouet et dit que •:' ce ministère représentait le pouvoir personnel, qu'il n'était pas une solution, mais une menace ,j. A la suite de cette interpellation, le ministère Rochebouet se retira et le maréchal-président se décida à modifier sa politique.
M. de Marcère reprit le portefeuille de l'Intérieur dans le cabinet Dufaure (n décembre 1877). Il rem-
plaçn.dèsle i8décembre,83 préfets, etses instructions aux fonctionnaires placés sous ses ordres, relativement aux élections municipales etaux élections complémentaires de la Chambre, furent empreintes d'un esprit libéral. II modifia le personnel des maires dans le sens républicain et appuya devant le Parlement les projets de loi sur les délits de presse, le colportage et sur les atténuations à apporter au régime de l'état de siège. Il conserva son portefeuille dans le cabinet Waddington (4 février 1879); mais il dut répondre à deux interpellations: Tune à propos de l'annulation d'un vote du conseil municipal de Paris de 100,000 francs pour les anmistiés; l'autre au sujet de révél-itions faites par la Lanterne de certains actes de la l'réfecture de police ; un procès intenté à ce journal, q uoi que avant abouti à une condamnation, donna lieu à de nouveaux débats. Une commission d'enquête fut nommée; maiselle ne put se livrer àaucun examen sérieux. .\ la suite d'une question de M. Lisbonne et d'une interpellation de .M. Clemenceau, la Chambre vota l'ordre du jour pur et simple, que M. de Marcère interpréta comme un blâme et ildéraisionnafj marsiS/gi. Au mois de février 1881, M. de .Marcère fut rapporteur favorable de la proposition relative au rétablissement du divorce. Réélu, le 21 août suivant, par 10,173 '^'oix, contre s, 012 à M. Leconte radical, il vota avec les modérés, fut rapporteur du projet d'organisation municipale (1882) et, le 28 février 1883, fut nommé par le Sénat, sénateur inamovible, en remplacement de M. Gauthier de Rumilly, décédé, et par 150 voix contre 7 à M. Leroy-Beaulieu.
A la Chambre haute. M. de Marcère devint bientôt président du centre gauche. Il a été rapporteur du traité conclu avec la Chine (juin 188^), du projet Loustalot, sur l'auginentation du nombre des iinseillers municipaux (juin 1886). .\iembre de la commission sénatoriale des « Neuf, » chargée de l'instruction et de la mise en accusation dans le procès Boulanger devant la Haute-Cour (1889), rapporteur de la Conférence de Berlin, il fait partie, au Palais du Luxembourg, de nombreuses commissions telles que celle des finances, et a prononcé dès discours remarqués notamment sur l'enseignement et sur la loi des boissons (maintien du privilège des bouilleurs décru). En outre de sa collaboration à divers journaux et revues, comme le Soir, dont il a été le directeur, la Revitc lilene, l.i Nouvelle Revue, la Revue </// Palais. la Revue Je Paris, la Quinzaine, le Parti national, le Journal des assemblées départementales, qu'il a aussi dirigé. M. de .\larcère a publié en librairie:
La politique d'un P rovi ne ia l {iS6()); Lettre aux électeurs ( 1 87 1 ) ; Z<7 Republique et les conservateurs (1871); Lettre aux électeurs (187^ j; Zj Republique cl les Républicains (1884); Le cardinal de Bonnechose et la Société contemporaine (1887); La Constitution de rSyy (1888); Entretiens et souvenirs politiques [2 vol. 1894).
Il est président, depuis sa fondation en 1876, de la Ligue de décentralisation, pour laquelle il a fait de nombreuses conférences. En 1898, il a organisé une campagne de conférences et de presse en faveur d'une révision de la (Constitution.
M. de .Vlarcère est officier de l'Instruction publique et grand-croix de l'ordre de Charles m d'Espagne.
BEÏ^THELiOri (Eugène-Joseph)
iiisTRi:, né à Paris le 16 novembre 1830. Après avoir successivement été l'élève de Lavieille et de Berne-Bellecour, il débuta en 1868 au Salon des Champs-Elysées par un Paysage qui obtint un certain succès. Vinrent ensuite : Vue de la Vallée de la Chambre à Fontainebleau ; Route de Laniiniàre (Seine-et-Oise, iS']2j; Plateau de Bellecroix, au printemps, effet du soir (1873); les Bords de la Seine àVernoit [EuTe] le matin; Un soir au rocher Besnard ; Dans le bois de Meudon (1874); Près du Charlemagne, forêt de Fontainebleau (1878) ; les Bords de la Seine à Epones (Seine-et-Oise); Le soir après la pluie; Avant l'orage, à Saint- Pierre-Louvier (Seine, 1879).
A partir dece moment, sans délaisser complètement le paysage, M. Eugène Berthelon se tourna vers la marine, genre dans lequel il excella bientôt. II exposa successivement : Falaise de Mer; Vue prise du banc de galets au Tréport ; Intérieur de falaise au Tréport {1881); La tempête du 14 octobre sur Tancienne jetée du Tréport (1886), au musée de Senlis: Z<? calme après l'orage, an Tréport (1887); Gros temps pendant la constructiondu brise-lame auTrcport{\%iîi)\ Bateau de pêche abandonne dans les rochers (Musée de Roubaix, toile acquise par la ville de Paris, 1889); Lx dernier rentrant (1889) ; Calme plat ; Vue prise à Pongues-les-Eaux (Nièvre, 1890); Mer démontée ; Les derniers rayons aux étangs de Morfontaine (1891); Tempête du 21 août à Yport;Vue prise à Y port (1892); Marine à Yport, acheté par le prince Albert de .Monaco; Les bords de la Seine à L'on t-de-T Arche iiS()^); Marée basse : Effet de soleil couchant (1894); Marée basse et Près des falaises au Tréport (189s): Bateau fuyant l'orage, accfuis par la ville de Lyon pour son musée ; Soleil couchant au Tréport (1896) ; Temps de
mer sur la jetée d'amont an Tréport ; Foret Je Fontainebleau (Mont V,ss,y) ; Automne (1897); Grande marée an Tréport par un grand vent snd-Onest; Marée basse au Tréport (1898); Vue de Paris prise de Garches; Mer démontée (1899).
En outre de ses envois aux Salons, M. Eugène Berthelon a produit de nombreuses toiles non exposées, tellesque la Vuedcl'île Saint-Denis, commandée pour la décoration de THôtel-de-Ville et placée dans le Salon des Arts. Il a aussi exécuté quelques travaux de décoration artistique, notamment, avecM.Carrier-Belleuse, les (Quatre Saisons, pour un riche amateur de New-York.
Titulaire d'une mention honorable en 1879, d'une médaille de Y classe en 1886 et d'une deuxième médaille en 1889, M. Eugène Berthelon a obtenu une médaille d'argent à l'Exposition universelle de 1889 et a été mis hors concours cette même année.
LiÉVlS - JVTIt^EPOlX (Adfien- Charles « pélix-JVTapie Comte de)
KPUTH, né à Paris le l'^mai 1846. Il appartient à l'une des familles les plus anciennes de France, qui a donné des maréchaux, des grands baillis, des ducs et pairs, un cardinal, des chevaliers du St-Esprit, des représentants aux assemblées législatives, etc. Une branche de cette famille tire son origine de Gui i" de Lévis, célèbre par sa croisade contre les Albigeois, et qui reçut en récompense de sa valeur le château et la baronnie de Mirepoix et le titre unique et héréditaire de maréchal de la Foi. Descendant de celle-ci, le comte Félix de Lévis-Mirepoix se destina d'abord à la carrière des armes. Il entra à l'Ecolede St-Cyren 1864, en sortit sous-lieutenant de cuirassiers et devint rapidement capitaine. C'est en cette qualité qu'il prit part à la guerre de 1870, d'abord au 13% puis au 15' corps, qui fit partie des armées de la Loire et de l'Est.
La paix signée, le comte de Lévis-Mirepoix quitta le service et s'établit dans le département de l'Orne, où il se consacra aux travaux agricoles. Maire d'Origny-le-Roux depuis 187s, il se présenta à la députation, sur la liste conservatrice de l'Orne, aux élections législatives Je i88s et futélu,par43,479voix sur 88,704 votants. Il a été successivement réélu, dans l'arrondissement d'Alencon : en 1889 par 8,164 voix, contre 1,973 ^ ^^- -"^larchaiid, opportuniste et 2,722 à M. Lherminier, radical ; en 1893 par 7,2^3 voix contre 7,060 à M. de Corcelle, républicain et en 1898 par 7,612 voix contre 6,969 au même adversaire.
D'abord membre de la Droite monarchiste, le comte de Lévis-Mirepoix, tout enfaisant encore partie i des 'adroites /, de la Chambre, cessa, par la suite, de j se faire inscrire à aucun groupe politique; mais il est] demeuré membre des groupes de la » Défense nationale >/ et agricole, comme protectionniste. II s'occupe activement des questions agricoles et chevaline et a déposé, avec certains de ses collègues, divers projets de loi s'y rattachant.
Membre de la Société d'encouragement des chevaux de pur sang et de la Société des Agriculteurs de France, M. de Lévis-Mirepoix est commandeur de St-Grégoire le Grand.
SOIiEKlÈf^E (Eugène de)
®â^^S»OMrosiTEUR de musique, conférencier et critimi^i? '^^^ musical, né à Paris le 2s décembre 1872. V^=?^ Issu d'une famille aristocratique, fixée dans V^ ^ le midi de la France, M. de Solenière fît ses études en Allemagne. Il suivit d'abord, à Leipzig, les cours du Conservatoire, puis travailla, à Brunswick, sous la direction du célèbre musicien Apel.
Rentré en France, M. de Solenière vint à Paris, y fut élève de MM. Paul Vidal et Alfred Brun et écrivit en même temps des mélodies diverses, notamment: Laisse-moi t' aimer, Désenchantement, le Rêve, etc. ; quelques morceaux pour instruments, ainsi que des brochures sur l'art de la musique.
Parmi les ouvrages plus importants publiés par ce jeune compositeur, déjà bien connu, il convient de citer : La femme compositeur (i vol. \?<)i,); Rose Caron (album monographique, 1895); Notes 7nnsicales (1896); Masscnet et son œuvre (i vol.); Musique et Religion (i vol. 1897); Massenet,éi\iàe sur l'œuvre de ce maître ; Saint-Saens, idem (1898); on annonce, encore du même auteur : Réjlexions et impressions musicales, articles et conférences.
M. de Solenière a fait un grand nombre de conlérences aux Salles Pleyel,de la Société de Géographie, ÔL \\\\hn&s, eXc.,s\irV Idéal dans la musique, la Femme et la musique. Musique et Religion, la Musique classique ; il professe à l'Institut Rudy, depuis plusieurs années, un cours d'iTi/Z/c'Y/c^ ;/<.•;« «s/riz/t'trèssuivi.
M. de Solenière est rédacteur musical à la revue la Critique, à la Revue internationale de musique, à la Vie Moderne et à divers journaux, où ses articles et ses études sur les productions musicales contemporaines sont remarqués.
GUlLiLiElVIET (Jean-Baptiste-Antoine)
JiiiNTRF. né à Chantilly (Oise) le 30 juin 1843. Issu d'une très ancienne famille d'armateurs de Rouen, il fit d'abord de sérieuses études classiques, puis se consacra à la peinture. Présenté à Corot, il connut bientôt toute la belle pléiade d'artistes du temps : Daubigny, Daumier, J. Dupré ; puis Courbet, Vollon, etc.
Le premier envoi de M. Guillemet au Salon date de 186s: VEtaiiff de Bail (Isère), qui laissait pressentir déjà sa manière large, si personnelle. Il exposa ensuite, notamment: Village au bord de la Seine (1869); Ruines d'un aqueduc romain à Fréjus (1870); Mer basse à Villerville (mention honorable, tableau acquis par l'Etat pour le musée de Grenoble, 1872) ; le Vieux Monaco (1873); Bercy en décembre, toile magistrale, 2' médaille, qui fut placée au musée du Lu.xembourg, et est maintenant à la Chambre des députés (1874); \e Quai d'Orsay [i%']'y); Villerville, rappel de 2" médaille (1876) ; les Falaises de Dieppe ; les Environs d'Artemare (1877); la Plage de Villers, musée de Rouen (1878); le Chaos de Villers, musée de Mulhouse (1879); le Vieux Bercy, toile qui valut la croix à son auteur (1880) ; la Plage de Sainl- ','.7(75/ (1881); Morsalines (1882); Saint-Suliac, musée d'Amiens (1883); Villerville; Meudon (1884); Paris, vue prise de .Meudon (i88s); \e Hameau de Landemer, musée de Bordeaux (1886) ; la C/iapelle des marins; la Plaine de Cayeux (1887); \a. Baie de Morsalines (i888); V Epave; la Tour de la Hougue (1889); le Coup de vent: la Baie de Saint- Vaast{iS()o) ; le Quai de Bercy- Charenton, acquis par le Conseil municipal pour le musée de la ville de Paris (1891) ; la Seine à Conflans- Cliarenton (1892) ; Carrières Charenton, musée de Toulon (1893) ; le Pont-Marie (1894) ; le Quai Henri IV, appartenant à -M. Ch. Bartholoni (189s) ; Paris, vue prise des Moulineaux, musée du Luxembourg (1896); Paris, vue des hauteurs de Belleville, musée de la ville de Paris (1897) ; Au plateau de Clidtillon, musée de la ville de Paris (1898) ; les Bords du Loing à Moret; l'Eglise de Moret (1899).
.M. A. Guillemet est en outre l'auteur de la Fontaine de Medicis, qui décore, à l'Hôtel-de-Ville, le salon des Lettres.
Artiste sain et robuste, peintre et dessinateur de grand style, avec un tempérament très personnel, .VI. Guillemet peut être considéré comme l'un des inaitres de l'école française contemporaine. Très répandu dans le monde parisien, ayant dans celui
des lettres de hautes relations, il est membre de la commission du 'Vieux-Paris et fait partie de tous les jurys et commissions de la Société des Artistes français depuis 1880. Officier de la Légion d'honneur depuis 1896, l'excellent peintre est aussi chevalier de l'ordre de Léopold de Belgique, etc.
CHRISTOPHliE (Albeft-Silas- Ivrédéfie-Chaples)
,g^^& ih'UTÉ, ancien ministre, gouverneur hono- ^I^B raire du Crédit Foncier de France, né à Domfront (Orne) le 13 juillet 1830. II fit son droit à Caen et devint lauréat de la faculté de cette ville en 1850. Reçu docteur deux ans après, il fut nommé avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation en 1856.
Le 6 septembre 1870, M. Albert Christophle fut investi des fonctions de préfet de l'Orne. En cette qualité, il prit l'initiative de faire nommer, dans son département, les maires et adjoints par les conseils municipaux et s'employa activement à l'équipement des bataillons de mobiles et de mobilisés de l'Orne. Le 23 décembre de la même année, en désaccord avec le Gouvernement de la Défense nationale, il donna sa démission.
Aux élections générales législatives du 8 février 1871, élu représentant de l'Orne à l'Assemblée nationale, par S3,6 18 voix sur 65,=) 15 votants, il siégea au centre gauche, groupe qu'il présida bientôt. II prit une part importante à l'élaboration des lois constitutionnelles et rédigea, notamment, le rapport sur la loi organique du Sénat. Membre des commissions relatives aux lois sur la magistrature, les conseils municipaux, la décentralisation, etc., il parla à plusieurs reprises dans les questions d'affaires et s'acquit la réputation d'un jurisconsulte avisé et pratique.
Partisan de la République, telle que la préconisait Adolphe Thiers, M. Christophle soutint la politique de celui-ci, et se prononça ouvertement contre toute tentative de restauration monarchique, par des lettres et des discours fort commentés à cette époque ; il fut, en outre, maintes fois chargé par son parti de présentera la tribune des ordres du jour de confiance, en faveur du gouvernement de M. Thiers, et dont le vote assura le triomphe définitif des idées républicaines.
En 1876, M. Christophle fut élu député de la \" circonscription de Domfront lOrne), par 8,681 voix, contre 1,88^ au baron Houssin de St-Laurent, mo-
narchiste. Appelé, le 9 mars de la même année, à faire partie du cabinet Dufaure, comme ministre des Travaux publics, il réalisa dans ce département d'importantes réformes, plaçant des hommes compétents à la tète de tous les services et admettant, pour la première fois, les conseils supérieurs des Ponts-et- Chaussées et des Mines à donner leur avis sur les titres à Favancement. Il proposa aussi diverses améliorations au régime des chemins de fer et se fit particulièrement remarquer dans la discussion d'un amendement présenté par M. AUain-Targé, en défendant le système de la garantie d'intérêt, restée la base de l'organisation actuelle des chemins de fer. De nouveau titulaire des Travaux publics dans le cabinet Jules Simon (12 décembre 1876), il démissionna de ces fonctions lors de l'avènement du cabinet de Broglie, le 17 mai 1877.
M.Christophle fut de ceux qui, parmi les 363, combattirent très énergiquement le mouvement de réaction. Il fut, après la dissolution, le 14 octobre 1877, réélu par 9,117 voix contre 2,531 à M. Grippon, candidat officiel. Il continua de siéger parmi les modérés de la majorité républicaine et soutint le nouveau cabinet Dufaure. Réélu en 1881, dans la même circonscription, par 7,7s8 voix sur 9,21=, votants, il futporté sur la liste républicaine aux élections sénatoriales de 1882 et échoua, obtenant 2si voix sur 584votants; au renouvellement législatif de 1885, fait au scrutin plural, il eut le même sort avec toute la liste républicaine; mais, le 16 octobre 1887, il retrouva son siège dans une élection partielle, élu par 47,283 voix sur 61,12^ votants. Il fut successivement renvoyé à la Chambre, par la 1" circonscription de l'arrondissement de Domfront : en 1889, par 6,766 voix contre 5,246 à M. Cochet, conservateur ; en 1893, par 8,9'io voix, sans concurrent, et, en 1898, par 6,535 voix, contre 3,222 au D'' Barrabé et 1,788 au D'^ Poulain, radicaux.
M. Christophle n'a jamais cessé de soutenir de son influence et de ses votes les divers ministères modérés au pouvoir ; il a fait partie de nombreuses commissions, notamment de celles des Douanes, et a été élu, en 1898, président de la commission de législation fiscale, qui étudie toutes les réformes financières proposées à la Chambre.
Membre, depuis 1871, du Conseil général de l'Orne, l'honorable député en est le président depuis plusieurs années.
Le 13 février 1878, sous le deuxième cabinet Dufaure, M. Albert Christophle avait été nommé gou-
verneur du Crédit Foncier de France, en remplacement de M. Grivart, sénateur, et à un moment où la prospérité de cet important établissement financier n'était rien moins qu'assurée. Il fallait liquider les opérations malheureuses faites précédemment, telles que l'escompte des centaines de millions représentant les engagements d'Ismaïl-Pacha, la gestion du Crédit agricole, société annexe, et d'autres aflaires. En un an, le Crédit Foncier prit, sous la direction de M. Christophle, un essor considérable, élevant de 800 millions à 3,600,000,000 de francs le chiffre de ses opérations. Des emprunts nouveaux, dits de conversioUj en diminuant le taux d'intérêt dû aux obligataires, permirent, de plus, de réaliser des prêts fonciers et des prêts communaux à des taux inconnus jusqu'alors.
En dehors du Crédit Foncier, M. Christophle fut chargé, par l'Etat, d'un certain nombre d'opérations financières, telles que: les emprunts nécessités pour la constitution du capital des associations de la presse, par les dommages subis lors du tremblement de terre de Nice, l'invasion des sauterelles en Algérie, etc. C'est à lui, enfin, qu'est due la création des bons qui assurèrent le succès de l'Exposition de 1889. En 1896, M. Christophle donna sa démission de gouverneur du Crédit Foncier, pour éviter le cumul de ces fonctions avec celles de député. 11 a été nommé gouverneur honoraire par le décret même qui acceptait sa démission.
11 a fondé, en 1897, le Syndicat général des bouilleurs de crû, à la cause desquels il apporte les plus " grands efforts.
Chevalier de la Légion d'honneur depuis 1886, M. Albert Christophle fut nommé officier du même ordre en 1889, quoique député en exercice, par le ministère Tirard.
IVEAIiHEt^BE (flpistide-Apmand)
^Ï^^ÉDEciN, né à Paris le 17 juillet 1862. Il fii [(f IDJ^ ses classes au lycée Condorcet et se livrf
fit ses classes au lycée Condorcet et se livra ensuite à l'étude de la médecine. Ses maîtres furent les professeurs Tillaux, Millard, Segond et Terrier. Interne des hôpitaux en 1891, ses premiers travaux portèrent sur la gynécologie.
Il publia successivement: Présentation iVitn fihromyomc de l'utérus [Bull. Soc. anat., 24 octobre 1890); Abcès de la cloison vésico-vaginale ; Absence de vagin et d'utérus; Dilatation de Vurèthrc{TribHne médicale, 30 avril 1891) ; Kyste dcrmoïde huileux de l'ovaire