‹ Dictionnaire philosophique (volume 2)Chapitre 16 sur 49 · DE PAROLES · texte numérisé non relu

DE PAROLES

Terminons tous ces exemples du style économique, qui sont innombrables, par ce passage de saint Jérôme dans sa dispute contre Jovinien sur les secondes noces (ni), «Si les organes de la génération dans les hommes, l'ouverture de la femme, le fond de sa vulve , et la différence des deux sexes faits l'un pour l'autre, montrent évidemment qu'ils sont destinés pour former des enfans, voici ce que je réponds : Il s'ensuivrait que nous ne devons jamais cesser de faire l'amour, de peur de porter en vain des membres destinés pour lui. Pourquoi un mari s'abstiendrait-il de sa femme ? pourquoi une veuve persévérerait-elle dans le veuvage, si nous sommes nés pour cette action comme les autres animaux? en quoi me nuira un homme qui couchera avec ma femme ? Certainement si les dents sont faites pour manger, et pour faire passer dans l'estomac ce qu'elles ont broyé ; s'il n'y a nul mal qu'un homme donne du pain à manger à ma femme, il n'y en a pas davantage si, étant plus vigoureux que moi , il apaise sa faim d'une autr« manière , et qu'il me soulage de mes fatigues, puisque les génitoires sont faits pour jouir toujours «de leur destinée. »,

Quoniam ipsa organa et cjenitalium fabrica et riostra feminarumque discretior et receptacula vulvœ, ad suscipiendos coa~ lendos fœtus condita, àexus differentiam prœdicant, hoc breviter respondebo. Nunquàm erqo cessemus à libidine, ne frustra hujuscemodi membra portemus. Cur enim maritus se absiineat ab uxore? Cur casta vidua perseveret, si ad hoc tantùm nati sumus ut pecudum more v'wamus? Aut quid mihi nocebit si cum uxore

[m) Livre l.

I jr 4 ÊC ROUELLE S.

med allus concubuerit? Quomodô enim dentîum ofjicium est mandere, et in alvum ea guas sunt mansa transmittere , et non habet crimen, qui conjugi meœ panem dederit; ita si genitaliwn hoc est officium ut semper fruarvtur naturâ sua, meam lassitudinem alterius vires superent; et uxoris , ut ita dixerim, arden* tissimam gulam fortuita libido restinguat.

Après uti tel passage , il est inutile d'en citer d'autres. Remarquons seulement que ce style économique, qui tient de si près au polémique , doit être manié avec la plus grande circonspection , et qu'il n'appartient point aux profanes d'imiter dans leurs disputes ce qrie les saints ont hasardé , soit dans la chaleur de leur zèle, soit dans la naïveté de leur style.

ECROUELLES.

Ëcrouelles, scrofules, appelées humeurs froide^ quoiqu'elles soient très -caustiques; l'une de ces maladies presque incurables qui défigurent la nature humaine, et qui mènent à une mort prématurée par les douleurs et par l'infection.

On prétend que cette maladie fut traitée de divine, parce qu'il n'était pas au pouvoir humain de la guérir.

Peut-être quelques moiues imaginèrent que de 4 rois ? en qualité d'images de la divinité , pouvaient avoir le droit d'opérer la cure des scrofuleux , en les touchant de leurs mains qui avaient été ointes. Mais pourquoi ne pas attribuer à plus forte raison ce privilège aux empereurs qui avaient une dignité si supérieure à celle des rois? pourquoi ne le pas donner aux papes, qui se disaient les maîtres des empereurs 9 et qui étaient bien autre chose que de simples

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