EMPOISONNEMENT
dans mon élable (ancienne prétention dont je ne discute pas ici la validité) : je bus de ce sang comme Atrée et mademoiselle de VergjL II ne me fit pas plus de mal que le sang de cheval n'en fait aux Tartares, et que le boudin ne nous ei^fait tous les jours, surtout lorsqu'il n'est pas trop i>ras.
Pourquoi le sang de taureau serait- il un poison quand le sang de bouquetin passe pour un remède? Les paysans de mon canton avalent tous les jours du sang de bœuf qu'ils appellent de la fricassée; celui de taureau n'est pas plus dangereux. Soyez sûr, chei lecteur, que Thérnistocle n'en mourut pas.
Quelques spéculatifs de la cour de Louis 3£IV crurent deviner que sa belle-sœur Henriette d'Angleterre avait été empoisonnée avec de la poudre de diamant, qu'on avait mise dans une jatte de fraises, au lieu de sucre râpé ; mais ni la poudre impalpable de verre ou de diamans , ni celle d'aucune production de la nature , qui ne serait pas venimeuse par ellemême, ne pourrait être nuisible.
Il n'y a que les pointes aiguës , tranchantes , actives , qui puissent devenir des poisons vioîens. L'exact observateur Mead ( que nous prononçons Mide), célèbre médecin de Londres, a vu au microscope la liqueur dardée par les gencives des vipères irritées ; il prétend qu'il les a toujours trouvées semées de ces lames coupantes et pointues , dont le nombre innombrable déchire et perce les membranes internes (i).
(i) On ne peut expliquer les effets d'un poison par une cause Dict. rli. 4* 2 3