H66 EMPOISONNE MENS
La cantarella dont on prétend .que le pape Alexandre VI et son bâtard, le duc de Borgia, fesaienf m grand usage, était, dit -on, la bave d'un coekoii rendu enragé en le suspendant par les pieds, la tête en bas, et en le battant long-temps jusqu'à la mort; c'était un poison aussi prompt et aussi violent que celui de la vipère. Un grand apothicaire m'assure que la Tophana , cette célèbre empoisonneuse de Naples , se servait principalement de cette recette. Peut-être tout cela n'est-il pas vrai (2). Cette science est de celles qu'il faudrait ignorer.
Les poisons qui coagulent le sang au lieu de déchirer les membranes, sont l'opium , la ciguë, la jusquiame, l'aconit et plusieurs autres. Les Athéniens
mécanique de cette espèce. Quelques-uns paraissent avoir une action chimique sur nos organes, qu'ils détruisent en décomposant la substance qui les forme. Tels sont les poisons caustiques. Le venin c!e la vipère paraît n'avoir qu'une action purement organique. ( Voyez l'ouvrage de M. l'abbé Fontana sur le venin de la vipère.) Nous ne prétendons pas prononcer que l'action mécanique des corps, leur action chimique, leur action organique soient d'une nature différente; mais les faits prouvent que ces trois espèces d'actions existent, et rien ne nous prouve qu'elles doivent être réduites à une seule, ni même ne nous en fait entrevoir la possibilité.
( ) ïl est très-vraisemblable que c'est un conte populaire : il serait plus facile qu'on ne croit de pénétrer ces prétendus secrets; mais ceux qui savent quelque chose sur ces objets doivent avoir la prudence de se taire. Ce n'est pas qu'il ne soit utile que ce* vérités soient connues , comtae toute autre espèce de vérité ; mais on ne doit les publier que dans des ouvrages qui fassent connaître en même temps le danger, les précautions qui peuvent en préserver , et les remèdes