PRI0R, BUTLER
livre tombent sur la théologie et les théologiens du temps. Il faudrait à tout moment un commentaire. La plaisanterie expliquée cesse d'être plaisanterie ; et un commentateur de bons mots n'est guère capable d'eu dire.
Du doyen Swift.
Voila pourquoi on n'entendra jamais bien en France les livres de l'ingénieux docteur Swift, qu'on appelle le Rabelais d'Angleterre. Il a l'honneur d'être prêtre, et de se moquer de tout comme lui ; mais Rabelais n'était pas au-dessus de son siècle, etSwiftest fort au-dessus de Rabelais.
Notre curé de Meudon , dans son extravagant et inintelligible livre, a répandu une extrême gaieté et une plus grande impertinence. Il a prodigué l'érudition , les ordures et l'ennui. Un bon conte de deux pages est acheté par des volumes de sottises. Il n'y a que quelques personnes d un goût bizarre qui se pi quent d'entendre et d'estimer tout cet ouvrage. L<? reste de la nation rit des plaisanteries de Rabelais, eft méprise le livre; on le regarde comme le premier des bouffons. On est fâché qu'un homme qui avait tant d'esprit en ait fait un si misérable usage. C'est un philosophe ivre, qui n'a écrit que dans le temps de son ivresse.
M. Swift est Rabelais dans son bon sens, et vivant en bonne compagnie. Il n'a pas à la vérité la gaieté du premier, mais il a toute la finesse, la raison, le choix , le bon goût qui manque à notre curé de Meudon. Sos vers sont d'un goût singulier et presque ini-