‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 144 sur 551 · CHRONOLOGIE · texte numérisé non relu

CHRONOLOGIE

(•) Voyez, 1 l'article Egltu, la mite de ce morceau »apj»ritnt " i , jusqu'aux mou, roan peu «Téta». (A.)

1 KT. rnlL

Oit dispute depuis long-temps sur l'ancienne chronologie ; mais y en a-t -il une ?

11 faudrait que i-haque peuplade considérable eût possédé et conservé des ngisrrrs authentiques bien attestés. Mais combien peu de peupla-lés savaient écrire? et dans le petit Tom}irc d liomni's qni cultivèrent cet art si rare, s'e.j est-il trouvé qui prissent la peine de marquer deux dates avec exactitude?

Nous avons à la vérité dan* des temps très-réeen* les ohs [valions célestes d;s Chinois et des Chaldi-eus. Elles ne remontent qu'environ deux mille ans plus ou moins avant notre ère vrlgaire. Mais quand les premières annales .«.»• bornent à nous instruire qu'il y eut une éclipse sous un tel prince, c'est nous apprendre que ce prince existait, et non pas ce qu'il a fait.

De plus, les Chinois comptent l'année de la mort d'un empereur tout entière, fut -il mort le premier jour de l'an; et son successeur date l'année suivante du nom de son prédécesseur. On ne peut montrer plus de respect pour ses ancêtres; mats on ne peut supputer le temps d'une manière plus fautive en com paraison de nos nations modernes.

Ajoutez que les Chinois ne commencent leur cycle sexagénaire, dans lequel ils ont mis de l'ordre, qu'» l'empereur Tao, deux mille trois cent cinquante-sept ans avant notre ère vulgaire. Tout le temps qui précède cette époque est d'une obscurité profonde.

Les hommes se sont touours contentés de l à peu près en tout genre. Par exemple, avant les horloges on ne savait qu'à peu près les heures du jour et de 1» nuit. Si on bâtissait , les pierres n'étaient qu'à peu près taillées , les bois à peu prés équarris, les membre» des statues à peu prés dégrossir. : on ne connaissait tjt'à peu près ses plus proches voisins; et, malgré la perfection où nous avons tout porté , c'est ainsF qu'on eu use encore dans la plus grande partie de la terre.

Ne nous étonnons donc pas s'il ny a nulle part de vraie chronologie ancienne. Ce que nous avons des Chinois est beaucoup, si vous le comparez aux autres nations.

Nous n'avons rien des Indiens ni des Perses, presque rien des anciens Egyptiens. Tous nos systèmes inventés sur l'histoire de ces peuples, se contredisent autant que nos systèmes métaphysiques.

Les olympiades des Grecs ne commencent que sept cent vingt- huit ans avant notre manière de compter. On voit seulement vers ce temps-là quelques flambeaux dans la nuit, comme l'ère de Nabonassar, la guerre de Lacédémone et de Messènc; encore dispute-t-on sur ces époques.

Tite-Live n'a garde de dire eu quelle année Romulus commença son prétendu règne. Les Romains, qui savaient combien cette époque est incertaine, re seraient moqués de lui s'il eut voulu la fixer.

11 est prouvé que les deux cent quarante ans qu'on attribue aux sept premiers rois de Rome , sont le ca c il le plus f.iux.

îg$ DICTIONNAIRE

Les quatre premiers siècles de Rome sont absolu- ans; qu'il épousa sa

Si quatre siècles de l'empire le plus mémorable de la terre ne forment qu'un amas indigeste d'évéoetnens mêlés de fables, sain presque aucune date, que sera* ce des petites nations resserrées dans uu coin de terre, qui n'ont jamais fait aucune figure dans le monde , maigre tous leurs efforts pour remplacer en et en prodiges ce qui leur i et en culture dos arts?

m là ixuihédes $jstèmtz,sWouten chronologie.

M. l'abbé deCondillac rendit un très-grand service «•l'esprit Lu main, quand il fit voir le faut de tous les systèmes. Si on peut espérer de rencontrer un jour un chemin vors la vérité, ce n'est qu'après avoir bien reconnu tous ceux qui mènent i l'erreur. Ccst du moins une consolation d'être tranquille, de ne plus chercher, quand on voit que tant de sa van s ont cher*

La chronologie est un amas de vessies remplies de I. Tous ceux qui oui cru y marcher sur un terrain ont tombés. Nous avons aujourd'hui quatrevingts systèmes, dont il n'y en a pas un de vrai.

Les Babyloniens disaient : Nous comptons quatre eent soixante et treize mille années d'observations célestes. Vient on Parisien qui leur dit : Votre compte est Juste; vos années étaient d'un jour solaire; elles reviennent à doute cent quatre-vingt-dix-sept des nôtres, depuis Atlas, roi d'Afrique, grand astronome, jusqu'à l'arrivée d'Alexandre h Babylone.

Mais jamais, quoi qu'en dise notre Parisien, aucun peuple n'a pris un jour pour un au ; et le peuple de Babylone encore moins que personne. Il (allait seulement que ce nouveau venu de Paris dit aux Chaldéeus : Vous êtes des exagérateurs , et nos ancêtres des ignoraus; les nations sont sujettes à trop de révolutions pour conserver des quatre mille sept cent trente-six siècles de jalculs astronomiques. Et quant ■o roi des Maures Atlas, personne ne sait en quel temps il a vécu. Pythagore avait autautd» raison de prétendre avoir été coq , que vous de vous vanter de tant d'observations ( i ).

Le grand ridicule de toutes ces chronologies fantastiques, est d'arranger toutes les époques de la vie d'uu homme, sans savoir si cet homme a existé.

Langtet, répète après quelques autres, dans sa Compilation cbrouoAlgkine dr Ibistoire universelle, que précisément dans le temps d'Abraham, six ans après la mort de Sira, très-peu connue des Grecs, Jupiter, âgé de soixante et deux ans, commença i réguer en Thcssalic; que son règne fut de soixante

(l) Plusieurs urana ml imaginé qne ces prétendue» époqne» chronologique» n'étaient que île» pcri.de-. astronomique» imaginée» |»our comparer entre elle» le» révolution» de» pianote» et celle» «le» fixe». (>» période», dnnt 'et prêtre» astroiioineeet pàîtosopl.es ■ raient amis le secret , étant vanne* a U coo nain» net du } eu pie et de» étranger» . oa le» prit ponr de» époque» niella*, M oo y arrangea de» cvcnemrn» miraculeux, de» dynastie» de roi» qui régnaient chacun dr» milliers d'année». Me., etc. ; «lia opinion aatex probable eat la «nie idée r»Uonn»Ue ira on ait

Junon; qu'il fut oblsjrétde

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les Titans lui firent la guerre. Mais y a-t-il eu un Jupiter ? C'était par là qu'il fcllait commoucer.

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