CICERON
CThkt dans le temps de la décadence des beaux -
arts en -France, c'est dams le siècle des paradoxes, <Ot
phio persécutées, qu'oui veut flétrir Cicécoo ; et quel est l'homme qui essaie de déshonorer sa mémoire? «'•stnn de1 ses disciples; c^estian tomme qui prête, comme lui, son amaistèra a le défense dos écornés; c'est nnafocat qui a étudié I éloquence chez ce grand maître; c'est nn citoyen qui sun^t animé eosame Cioéton même-de Itmoor du bien pnkaie(i).
•Dan» un •Itvae intitulé Catumx navigables , livre rempli de vues patriotiques et grandes plus que praticables, on est bien étonné de lire cette philippique conaa»a3leéivm /qui af a jamais fait creuser de canatrx.
a LaVtnit'iVpliis glorieux de l'histoire de Cicéron , c'est la ruine de la conjuration de Catilina; mais à ie bien prendre, elle ne fit dn bruit à Rome qu'autant qu'il affecta tPy -mettre de l importance. Le danger existait dans ses discours bien plus que dans la chose. C'était nno entreprise d'hommes ivres qu'il était éheite de nVooncertcr. Ni le chef , ni les compilées n'avaient pris la moindre mesura pourausurer les succès de leur crime. Il n'y eut i affaire qne rappareil dont le ses démarche s, et la facilité avec laquelle on lui laissa sacrifier » sonamoi fllustres'fMBTlHas.
« D'ailleurs, la vie de Cicéron hontmi* ; 'son 6leque«TO'tftaitiréT4ale'auUr^'que son âme était pusillanime. Sî'ee' frétait pas l intérêt qui dirigeait sa langue, c'était In frayesirou l'espérance. Le désir do se mire dee^appotsle partait * la tribune pour y détendre sans pudeur dw hommes plus déshonorés, plus dangereux eent foisque Catilina. Panai ses cliens, on ne voit presque wi^de» scélérau; et, par un trait singulier de la justice, divine , il reçut enfiu la mort des mains d'un de ces misérables qssa son art «mit dérobés aux rigueurs du ta justice humaine, a
A te Me* prendre , la c»nvrrmieTràe« Catilina fifa Rome plus que du èrut't; «He la plongea dans le plus
,'et
(i) M. Lingoet, Cette satire de Cicéron est I VâVt de eei liaaa qni portâ t» grand BMimbie rféerivaine à combattre. Bon le. pn ,uS« popuLi.c», m.» U opn,k»« de, hommes éclaire». IU semblent dire comme César : Jaimer.» mieux Cire le premier daoa v.ae bicoque que le seeon-l dan» Rome. Pour »c quérir quelque glo'ne en anivmit le* trace» de» homme» «ehnré», il Lut ajouter de» Tenté» nouvelles ù cette* «ntll" ont établie»; il tant taieir ce qui lear est éd.appé, «air aawux et plu. loin qu eux. Il but être né avec du g*ui«, la cnllivei par de» cuide» aniduo, *e livrer a dea travaux opinijtrr». et nvoir « nfin attendre '.a réputation. Au coniraire . en coinb.ittaut leur» opi nion», on eat »ùr d'neqm'iir a meilleur niarclié une gloire pta» pronipte et plu» Initiante; et. si on «in* mieux compter Us «uffraa»» que «le k* pe*cr, il a'y a point « I
fut terminée que par une bataille si sanglante, qu'il n'est aucun exemple d*un pareil carnage, et peu (l'on courage aussi intrépide. Tous les solde*» deCatiliua, apt ''.» avoir lud la moitié de J 'armée de Potreiue, fu- •ent tués jusquau. dernier. ; Catiiina péri» percé de coups, iur un.
a urne ceatre
riant; elle apprit à Giear à heureusement contre m patrie iCméwi
plu» ilunycrciiu et fit ((jo • ] >n C jO Utitt.
la
un jour plus
contre V erres , et la république romaine contre An toiiMs? est-ecquand 3 réveiUatfc la clémence de César
obtenait le droit de «té pour le poêle Archias? ou lorsqoe y dans ai balle oraison pour la loi Maniita , hit ««portait tous l«» suffrages de» Houaains ea> faveur imgîmfk Pompée?
Il plaida pour M, la», meurtrier de CloJjus ; mais Oodins. avait mérité <m fia» tragiqee paries foreurs, dédies avait trempé dotats la oeuiittrniton do t." t I Oudies était «an plus mortol ennemi ; Ht avait soulevé Rome contre lui. et (forait pnni d'avoir <swavé Rome; : M. Lon était son «m..
Quoi! c'est de nos jeersquWn oee dire que Dieu punit Cicéron «l'avoir plaidé pour en tribna militaire nommé Popiiiusiéna, et que la vengeance céleste le fit assassiner par ce Popilius U— même! Pet senne ne sait si Pnpilins Léna était coupable ou non du dont Gccron le instilla quand U le défendit ; ; tons les boni me s savent que ce monstre tut coûta plus horrible ingratitude, de la plus inavsricc cl de la plus détestable barbarie , en asi bienfaiteur pour gagner l'argcut de trois t lui. Il était réservé a notre siècle de •vouloir faire regarder l'assassinat de Ci c ron eomme un acte do la justice divine. Les triumvirs ne l'auraient pas osé. Tous le» siècles jusqu'ici ont délesté et pleuré sa mort.
On reproche à Cicéran de s'être vanté trop souvent d'avoir sauvé Rorne et <V: . oir trop aimé la gloire. Mais ses ennemis voulaient flétrir cette gloire. Une faction tyrannique le condamnait à l'exil, et abattait sa maison, parce qu il avait préservé tculcs les maisons de Rome de l'incendie que Catilina leur préparait. Il vous est permis, c'est métf>e un devoir de vanter vos services quand on les méconnaît, et surtout quand on vous en kit un crime.
On admire oncoro Scipion de n avoir répondu à ses accusateur» que par ces mots : « Cent à pareil jour qne j'ai vaincu Annibal - allons rendre pràce aux dieux. » Il fut suivi par tout le peuple au Capitolc, et nos cœurs l'y suiv ent encore en lisant ce trait d'histoire, quoiuu'aprcs tout il cilt mieux valu rendre ses comptes que se tirer d'affaire par un bon mot.
Cicéron fut admiré de même par le peuple romain le jour qu'a l'expiration de son ronsnlat, étant obligé de faire les sermens ordinaires , et se préparant à haranguer le peuple selon la coutume, il en fut cmpar le tribun MélcUus, oui voulait J'outrager.
Cicéron avait commencé par ces mots : Je /nre ; Je tribun l'interrompit , et déclara qu'il ne bai permettrait pas de baraaguer. 11 s'éleva un grand murmure. Ci ce ron s'arrêta un moment; et renforçant sa voix noble et sonore, U du y>Qui loutu harangue : de )urt. eue j'ai sauté <«■ patrie. L'vwMec enebaïUééaYc
Aéis5 jurons fu'tV a dit la, tvrur. Ce moment fut le- plus beau de sa vie. Voilà comme il fam aimer la gloire. Je ne sais ou j'ai, lu îutrefois ces vers ignorés ;
Hnniains , j'aime U çloir« et ne veux point m'en taire; Ce n'est qti'eo voua serviot 711 "il la luut acheter :
Peut-on mépriser Cicéron si on considère sa conduis daps son gouvernement de la Cilicie, qui éta>t alors une des plus importantes provinece de l'empire romain , en ce qu'elle confinait à la Syrie tt à l'empire des Parthes. Laodicée, l'une des plus belles villes de l'Orient, çn était la capitale : cette province était aussi florissante qu'elle est dégradée aujourd'hui sons le gouvernement des Turcs , qtri n'ont jamais eu de Cicéron. *
Il commence par protéger le roi de Cappadoce Ariobarzanc, et il refuse les présens que ce roi veut lui faire. Les Parthes viennent attaquer en pleine paix Antioche ; Cicéron y vole , H atteint les Parthes après des marches forcées par le ment ITaurus ; il les fait fuir, il les poursuit dans leur retraite, Orzaoe leur général est tué avec une partie de son armée.
De M 11 court à Pcndcnissum , capitale d un pays allié des Parthes, il la prend; cette province est soumise. Il tourne aussitôt contre les peuples appelés Tibtirarùèns, il les défait ; et ses troupes lui défissent le titre d'empereur qu'il garda toute sa vie. \ aurait obtenu à Home Içs bofiacnr» du triomphe sans Caton qui s'y opposa ,s,ei qui obligea le sénat à ne décerner que dcsréjouisY4nve£<n4ibljqucs et des rcmercîmens aux dieux vHtrsque,c était,» Cicéron qu'on devait en faire.
Si on se représente l'équité, le désintéressement de Cicéron dans son gouvernement, son activité, son affabilité, deux vertus si rarement compatibles, les bienfaits dont il eomWa les peuples dont il était le souverain absolu , il f t'ira être bien difficile pour ne pas accorder son estime à un tel homme,
Si vous faites réflexion que c es' là ce même Romain qui le premier introduit I? philosophie dans, Rome, que, ses TusCMlanc» et sru |ivic de la Nature des dieux «eut les deux plus braw ouvrages qu'ait jamais écrits la sagesse qui u'est qu'humaino, et q*« son Ttait» Je s ornées cal lo plus uti'r que nous a) 04» en morale, il sera uneorc plus mal aisé de mépriser Cicéron. Plaignons ceux qui ne le lisant pas, plni ruons encore plus ceux qui ne lut rendent pis jMtice.
Opnoann* au détracteur français 1rs >»rs de Pte»-
(•) Rosse «aorte , «#* V, scène a , tome IV, Cm ,var» sont «
peu ignoré», que tout Fr«nç»i» qui a |V»pril cullivi les Mit |w etmr. M. de Voltaire a corrige ainsi le Huitième vers dam In 1 de la pièce.
pagnol Martial dans son (liv.5,épig. 69, v. 7),
Quid protunt tacrm prttiosa ultntla liuammf lneipient omnes pro Ciceron* loçati.
Ta prodigue (nraur acheta ton silence ,
décroissent en raison de ses
Voyez surtout ce que dit Juvénal ( sat. Vlfl , *44),
Roma patre.n patrùe Ciceronrm libéra dtxil.