‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 152 sur 551 · CLOU · texte numérisé non relu

CLOU

Nous ne nous arrêterons pas â remarquer la barbarie agreste qui fît clou de cla 'us, et Clou de Clo- Aoaldus, et clou de girofle, quoique le girofle ressemble fort mal à un clou; et clout maladie de l'œil; et clou , tumeur de la peau, etc. Ces expressions viennent de la négligence et de h stérilité de l'imagination; c'est la honte d'un langage.

Nous demandons seulement ici aux réviseurs de livres la permission de transcrire ce que le missionnaire Labat , dominicain , provéditeur du saintoffice , a écrit sur les clous de la croit , à laquelle i est plus que probable que jamais aucun clou ne fut attaché.

« (ir) Le religieux italien qui nous conduisait , eut assez de crédit pour nous faire voir entre autres un des clous dont noire Seigneur fut attaché à la croix. Il me parut bien différent de celui que les bénédictins font voir à Saint-Denis. Peut-être que celui de Saint- Denis avait servi pour les pieds, et qu'il devait être plus grand que celui des mains. Il fallait pourtant que ceux des mains fussent assez grands cl assez forts pour soutenir tout le poids du corps. Mais il faut que les Juifs aient employé plus de quatre clous, ou que quelques-uns de ceux qu'on expose â la vénération des fidèles ne soient pas bien authentiques. Car l'histoire rapporte que sainte Hélèno en jela un dans la mer pour apaiser une tempête furieuse qui agitait son vaisseau. Constantin se servit d'un autre pour foire le mors de la bride de son cheval. On en montre un tout entier à Saint-Dcuis eu France, uu autre aussi tout entier à Sainle-Cinix de Jérusalem à Rouie, lin auteur romain, de notre siècle, très-célèbre, assure que la couronne de fer dout on couronne les empereurs en Italie, est f.n'tc d'un de ces clous. On voit à Rome et à Carpentras deux mors de bride aussi faits de ces clous, et on en fait voir encore en d'autres endroits. Il est irai qu'on a la diicn tion de dire de quelques uns, tantôt que c'est la peinte, et tantôt que c'est la tète. »

Le missionnaire parle sur le même ton de toutes les reliques. Il dit au même endroit <juc, lors pion apporta de Jérusalem à Rome le corps du premier diacre saint Élicnnc, et qu'on le mit clans le tombeau du dia< rc saint Luirent, en 5!;?, « saint Laurent se retira de lui-mtmi pour donner la droite à son hôte ; action qui lui accjiiil lexurnoiudccivil Espagnol ( ). »

Ne l'osons sur ces passages qu'une réllcxion ; c'est

(a) Vof.ije fia jarohin l.ntv<t. Inmr VIII . \x»-e H ci 35. (k) Ce mime miuioiia.iire I «bol , frère prrclu ur . prov diieur du Minl-oa'irc, qui ..e manque pas une ocr.>*U>ii «le lomba rujrm lit » il les relique» rl Mir Ir» luinrlr» «le» imite* moines, 0 parle <|tt av. c u.ie noble assurance ■ e mus H» pio.!i|U* et <-'« toutes !e» pr éiuiiiei cm «V l'ordre de Suint I oniiniqiit. >»• <-crinuma Tqnr n'a initia» |k>u»*'' s! In n lu vig it-ur «le I .inmurrojtrc on ventuel. Il Lut voit coron* il Ir .ile I» Lëu.yictm» et

que, si quelque philosophe s'était expliqué dans l'Encyclopédie comme le missionnaire dominicain Labat, nnc foule de PatouilleU et de Nonoltcs, de Chiuiacs, de Chaumeix et d'autres polissons auraient crié an déiste, à l'athée, au géomètre!

8*)on ee que l'on peut être Le* cLoee» changent de nom.

( Aurarrmioa , proiocue. )

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