COHÉRENCE, COHÉSION, ADHÉSION
Force par laquelle les parties di corps tiennent ensemble. Ccst le phénomène le plus commun et le plus inconnu. Newton se moqu: des atomes crochus par lesquels on a voulu expliquer la cohérence; car il resterait à savoir pourquoi ils sont crochus, et pourquoi ils cohérent. 1 ne traite pas mieux ceux qui ont expliqué la cohésion par le repos : «Cest, ditil, une qualité occulte. ■>
Il a recours à une attraction, mais cette attraction qui peut exister, et qui n'eil point du tout démontrée, n'est -clic pas uuc qualité occulte ? La grande attraction des globes célestes est démontrée et calculée. Celle des corps adbércns est incalculable. Or, comment admettre une force immc;.surablc qui serait de la même nature que celle qu'on nesure?
Néanmoins, il est démontré que la force d'attraction agit sur toutes les planètes et ïi«r tous les corps graves, proportionnelle ment à leur solidité; donc elle agit sur toutes les particules i» la matière; donc il est très-vraisemblable qu'en rés'dant dans chaque partie par rapport au tout , clic réside aussi dans chaque partie par rapport à la continuité; doue la cohérence peut être l'effet de l'attraction.
Cette opinion parait admissible jusqu'à ce qu'on trouve mieux ; et le mieux n'est pas facile à rencontrer.
CONCILES(i).
SECTION PREMIÈRE
Assemblée i ecclésiastiques convoquée pour résoudre des doutes ondes questions mr les points de foi on de discipline.
L'usage des conciles n'était pas inconnu aux sectateurs de l'ancienne rcligiot. il? Z..J isht que nous
te père Mirtène (•). o In-.raM l.énédinim ! Ah , père Martine!..... noir.' iiiatalilude. qu toulc Itnu -!u dèliiRr ne peut effacer vous rncl h i»*c» »ur le» Lettre* provinciale* et vou» Kl n * ie bien de» jacobins! Irerablet. rcveren.|s bénédictin» de
la ronvvr;aliiin de Kaini-Va»r.cs Si père M«rtétie n'est pas
content, il n'a qu'a parler. »
C'rM bien pi» quand il p«nh Ir tres-judo-irux et lrt« plaisant voyaa ur Miwon . d n'avoir p«* excrpié le* jacobin* de 'oui les moine* auxquels il anroidc beaucoup .le ridicule. Labat traite M'imoii de bon * n iViioi mil <p« «e / c«l iUt lu que ttt U- canaille <in jl<n'<e. lit ce qu'il y n de n.ic:i<, e rst .juc ce moine kit tou* •r* efforts pour être plu* luirdi et plu» dr.'.le que MUon. Au surplus, ccl.il un îles effivnl » comerluaeni* que nous cu»- »iou»; mai», en qualité de vo)a:<ciu . il ressemble i tou* le* autre* qui rmient q "e tout l'uuivrrs a le* >cu\ ouvert* »ur tua* le» c.iliJirri* où iU ont coixî.é. et sur leur» .jucirlle» avec le* coin mi» de ta douane,
(*) Voyage de I-ibat, tome V, depuis la p:>§e 33 ]n*qna bi
4'.J Cou. me le fci.ti de ce* Iroi» «rtioe.* 'e jiticV d'cr»
PKT10NNAIRE
•ppclons Zorosstre Vers l'an 100 de notre ère vulgaire, le roi de l'erse Ardeshir-Babccan assembla quarante mille prêtres j<our tes consulter sur des doules qu'il avait touchant le paradis et l'enfer qu'Us nomment la géhenne, terme que les Juifs adoptèrent pendant leur captirité d«s liàbylonc, ainsi que les noms des anges et Jcs mois. Le plus célèbre des mages Erdaviraph, ayant bu trois verres d'un vin soporifique, eut une extisc qui dura sept jours et sept nuits, pendant laquelle sou âme fut transportée vers Dieu. Revenu de ce rjviss'îmcit , il raffermit la foi du roi en racontant L- grand lombre de merveilles qu'il avait vues dons l'autre monde, et ce les fesant mettre par écrit.
On sait que Jésus fut appelé Christ, mot grec qui signifie o//rf, cl sa doctrine dut '-tinnisme , ou bien évangile, c'c.«t-à dire bonne nouvelle ('■), parce qu'un jour du sal.bat riant entré, selon sa coutume, dans la synagogue de Nazareth où il avait été élevé, il se fit à lui-nu' me l'application de ce passage d'Isaie qull Tenait de lire: « L'esprit du Seigneur est sur moi, c'est pourquoi il m'a rempli de son onction, et m'a envoyé prêcher l'évangile aux pauvres («■). >i 11 est vrai que tous ceux de la synagogue le chassèrent hors du leur ville, et le conduisirent jusqu'à la pointe de la montagne sur laquelle elle était bàlie, pour le préveipiter ( '), et ses proches vinrent pour se saisir do lui : car ils disaient, et on leur disait qu'il avait perdu l'esprit. Or il n'est pas moins certaiu que Jésus déclara constamment (/) qu'il n'était pas venu détruire la loi Ou Icj prophètes, mais les accomplir.
Cependant comme il ne laissa rien p-r écrit (f), ses premiers disciples furent partagé sur la fameuse question s'il fallait circoncire les gentils, cl Ic^r ordonner de garder la loi mosaïque (j). I^s .1 pâtre* et les préli-s sasseinMèrtnt donc « Jû isalem peur examiner cette affaire; et, après en avoir beaucoup conféré, ils écrivirent aux frères d'ent c les 8«*"<ils qui étaient à Amiocbc, eu Syrie et en Cilicie, -«ne lettre dont voici le précis : « Il a semblé bon au Saint- Esprit et à nous de ne vous point imposer d'autre ebarge que celles-ci qui sont nécessaires : savoir, de vous abstenir des vi.nidcs immolées aux idoles, cl du •aug, et de la chair éiouliVc, et de h fornication, n
La décision de ce concile n'empêcha pas que(/) Pierre, étant a Anlioclic. ne discontinuât de manger avec les g-ntils que lorsque plusieurs circoncis qui venaient d'à .1 pré* «le Jacques furent arrivés. Mais Paul, voyant qu'il ne marchait pas droit selon ta vérité de l'£vaugile, lui ivsislj en face, et lui dit devanl
t»t absolument le ni£ne, lirais croyons devoir t/pélrr ici .pie te» dilT'TClilo» icciiuus i;ui Ci'iriiMiK-nt chu pie ail'.rlr. tir.'-e» prM |iie toujours d'ouvrir* pu. .lié* séparément, douent rrtiirnii r quclijiir» rc|d-iit„,ii»; ikuh r-Hiuiio If Ion de e' >qur arlirle, 1rs réflexion*, ou |,, nM.iirir.le lr« présenter, dill* teul ptr»nur IOU- |0!iri, iioui nvon» cou-ci te ce» a; ur!r* linn» leur enti r.
(<i) llvdc, lU-lij ii« IV 11,1 m. c!iii|». X\t.
(H Inc. rl.nii. I \ . v. — (r; Ua-e. c!mp. IJxï. r i.
(if) Mare, elisip. ttl , v. a . r; Ma II». , cl «p. V. ». 17.
(f) Saint J«!:<")!nr. un I rh .pin.- \MV. I «xltiel.
(5) Acm.el.ui: \\ , .' <. l e , el np 11. ». 1 1.
tout le monde : Si von qui êtes Juif , vivez corn m t les gentils, et non pas comme les Juifà, pourquoi contraignez- vous les gentils à jttdaiser? Pierre ma effet vivait comme \tt gentil* depuis que, dans«n ravissement d'esprit (i), il avait vu le ciel ouvert, et comme une grande nappe qui descendait par les quatre «oins du ciel on terre , dans laquelle il y avait de toutes «optes d'animaux terrestres a quatre pieds, do reptiles et d'oiseaux du ciel , et qu'il avait oui une voix qui lui «vait dit : Levée- vous, Pierre, luct, et mangez.
Paul , qui reprenait si hautement Pierre d'user de cette dissimulation pour faire croire qu'il observait encore la loi, se aervit lui-même i Jérusalem d'une feinte semblable (A). Se voyant accusé d'enseigner ans Juifs qui é aient p?riui los gentils a renoncera Moise, il s'alla purifier dans le temple pendant sept jours, afin que tous sussent que ce qu'ils avaient oui dire de lui était faux, mii* qu'il continuait a garder la loi ; et cola par le conseil de tous les prêtres assemblés chez Jacques, et ces préires étaivut les mêmes qui avaient déoidé avec le Saint-Esprit que ces observances légales n'étaient pas nécessaires.
On distiugua depuis l«s conuilos en particuliers et en généraux. Les particuliers sont de trois sortes. Les nationaux, convoqués par le prince, par le patriarche ou par le primai; les provinciaux assemblés par le métropolitain ou 1 archevêque; et les diocésains on tyuodc célèbre par chaque évoque. Le décret suivant est lired'un de ces conciles tenus à Maçon.
Teul iûitpte ipri rtncvntrtra en èAemin nn prttrt ou mm diacre, lui ptétt-llera le iciii pour s'appuyer; si le Inique et U pritrt mil tout deux a cheval, le l«i^»e t'irritera et taluewa reWemmenl le prilrt: enfin, «i le pritrt M i pied tf le Uijue À cheval , le Uàqne descendu, et ne remontâ t i)«f I r*<]ut l'eceUfiifslîijuc sera à une certaine distance* Le tout scu* peine d'Art interdit pendant am«t toiiq-teiRp* qn*it plâtra au mètrppotitaim.
La liste des conciles tient plus de seize p-iges infolio dans le Dictionnaire de Moréri; les auteurs ne convenant pas d ailleurs du nombre des conciles généraux, bornons-nous ici au résultat des huii premiers qui furent assemblés par or.li e des emp reurs.
Deux piètres d'Alexandrie ayant voulu s'.^oir si Jésus était Dieu ou créature, ce ne fut pas seulement les évéques et les prêtres qui dispulcienl, les peuples entiers furent divisés; le désorJm vint à un tel point que les paious, sur leurs théâtres, tournaient en raillerie le christianisme. L'empereur Constantin commença par écrire en ces termes a I évéque Alexander et au prêtre Arius, auteurs de la div sion : « Ces questions qui ne sont point nécessaires, et qui ne vieun-iil quetl une oisiveté inutile, peuvent être faites pour exercer l'esprit : mais elles ne doivent pas être por'ees aux orei lie. du peuple. Etant divis.it. pour u» s» pc il suje; , il n'est pas juste que vo;is gouverniez selon vos pensées une si grande multitude du pouplc de Dieu. Celte conduite est basse cl puérile, indigo* de prêtres et d hommes sensés. Je ne le dis pas pour vous cootrainJre a vous accorder entièrement sua . >
(i) Actn , rhap. X , ». to.
(fc) /6. chsp. XXI.». 23.
.iïTO
village, et
cette question frivole, quelle qu'elle soit. Vous pouvez conserver 1'uuité arec un diffife-end parti coJi«r, pourv ii que ces diverses opinioruvet ces subtilités demeurent secrètes dans le fond de la pensée. »
L'empereur, ayant appris le peu d effet de sa lettre, résolut , par le eoaseil des évéques , de convoquer un concile œcuaéniquo, c'est-à-dire, de tonte la terra habitable, et choisit pour lo heu de l'assemblée la vilie de Nieée en Bythinie. (1 s'y trouva deux mille quarante-huit évéques, qa« tous, au rapport d'Eutycbias ( ) , furent de senUoiens et d'avis dillferens (m). Ce prince, ayant eu la palienr* de les entendre disputer sur cette matière, fut Irès-snrpris de trouver parmi eu* si peu d'unanimité; et I auteur de la préfaco arabe do ce concile dit que les actes do ces disputes formaient quarante volumes.
Ce nombre prodigieux d'évêques ne paraîtra pas incroyable , si l'on fait attention à ce que rapporte Usser, cité par Seldcn ( .), que saint Patrice, qui vivait dans le cinquième siècle, fonda 365 églises, et ordonna un part-il nombre d'évêques, ce qui prouve qu'alors chaque église avait sou évêque, c'est à-dire, son surveillant. Il est vrai que, par le canon XIII du concile d'Aneire, on voit que les évéques des villes firent leur possible pour 6? f les ordinatious aux évê-
(JUCS (il
pics préires.
On lut dans le concile de Nieée une lettre < sèbe do Nieornédie, qui contenait 1 hérésie manifestement, et découvrait la cabale du parti d'Anus. II y disait , entre autre» choses, que, si l'on reconnaissait Jésus Ris de Dieu incréé, il faudrait aussi le reconnaître consubstantiel an père. Voilà pourquoi Atbannse, diacre d'Alexandrie, pissuada au* Père» de s'arrêter au mot do cotKubu.J.ttu, , qui avait été rejeté comme impropre par le cocrik d'Ant oche, tenu contre Paul de Ssmosate; -nair Cet' qu'il le prenait d'une manière grossière, «t nurqnct.! de la division, comme on dit que plusieurs p:Jlce» de monnaie sont d'un même métal ; au lieu que 'is crlbodoxes expliquèrent si bien le terme de consub«»auliel, que l'empereur lui-mémo comprit qu'il n'enfermait aucune idée corporelle, qu'il ne signifiait aucune division do la substance du père absolument immatérielle et spiritu lie, et qu'il fallait l'entendre d'une manière divine cl ineffable. Ils montrèrent encore l'injustice des ariens do rejeter ce mot, sons prétexte qu'il n'^t pas dans l'Écriture , eux qui employaient tant de iift* qui n'y sont point, en disant que le «ils d- Dieu étiit tiré du néant , et n'avait pas toujours été.
Alors Constantin écrivit en même temps deux lettres pour publier les ordonnances du concile et les faire connaître à ceux qui n'y avaient pas assisté. La première, adressée aux églises en gênerai, dit en beaucoup de paroles que la quest'on de la foi a rte examinée, cl si bien éclaircic, qu'il n'y est resté aucune difficulté. L'ans la seconde, il dit, entre autres, à l'église d'Alexandrie en par: irn lier : Ce que trois
if) Annale* d'Alexandrie, put/ 4 \n.
(m) Seldcn. de» Ori^iu. d'Aiexutidric, page 76.
(„) lb,l page 80.
cents évéques ont ordonné n'est autre chose que la sentence du fils unique de Dieu -, le Saint-Esprit a de» doré la volonté de Dieu par ces grands hommes qu'il inspirait : donc que personne ne doute, que personne ue diffère; mais revenez, tous de heu cœur dans le chemin de la vérité.
Les écrivains ecclésiastiques ne sent pas d'accord sur le nombre des évéques qui souscrivirent à ce concile. Eusèbe n'en compte que deux cent cinquaate(a>)i Eiaslacbe d'Anlioche, cité pat Théodore*, deux cent soixante- dix; saint Athanase, dans son Epîtreaux solitaires, trois cents, comme Constantin; nuis dans sa LeUre aux Africain» il parie de trois cent dix-huit. Ces quatre auteurs sont cependant témoins oculaires, et très-dignes de foi.
Ce nombre de trois cent dix-^mt, que le pape (0) saint Léon appelle mystérieux , a été adopté par la plupart des Pùresde l'église. S vnt Aubroisc assure (p) que le nombre de trois cent ^'X-buit évoques fut une preuve de la présence du 5ri«;ne'tr Jésus dans son concile de ISicée, parce que la rrcix désigue troïa cents, et le nom de Jésus dix-huit. Saint llilairc, ea défendant le mot de consubstantiel approuvé dans le concile de Nicéc, quoique condamné cinquantecinq ans auparavant dans le concUc d'Aulir-cbe, raisonne ainsi (7) : Quatre-vingts évéques ont rejeté le mot de consubstantiel, mais trois cent dix-buil l'ont reçu. Or ce dernier nombre est pour moi uo nombre saint, parce que c'est celui des hommes qui accompagnèrent Abraham lorsque, victorieux des rois impies, il fut béni par celui qui est la figure du sacerdoce éternel. Enfin Seldcn (1) rapporte que Dorothée, métropolitain de Moiiembasc , disait qu'il y avait eu précisément trois ccn dix-huit Pères à ce concile, parce qu'il s'était écoulé trois cent dix-huit ans depuis l'incarnation. Tous les ci.rouologistes placeut ce concile à l'an 3a5 de l'cie vulgaire, mais Dorothée en retranche sept ans pour f«ue cadrer sa comparaison ; ce u'est là qu'une h*g**clle : d'ailleurs on ne commença à compter les années depuis l'incarnation de Jésus qu'au concile de Lei'ires, l'an 743. Denis le Petit avait imaginé cette époque dans son cycle solaire de l'an 5a6, et Bède la-? il crployée dans sou Histoire ecclésiastique.
Au re»lc on ne sera point étonné que Constantin ait adopté le sentiment de ces trois cents qu trois cent dix-huit évéques qui tenaient pour la divinité de Jésus, si l'on fait attention qu'Eu sèbe de Nii-omédie, un des principaux chefs du parti arien, ;vait été complice de la cruauté de Licinius, dan* les massacres des évéques et dans la persécution de* chrétiens. (Test l'empereur lui-même qui l en jccii.sc dans la lettre particulière qu'il écrivit a l'E^liv de Nice— mi ll e. « Il a, dit-il, envoyé contre moi îles < spioos
(») If ;**lc de» »o'|S iiVut point nppsrfinment I" temps dt rester jti^jii S I . fin du coiscite. ou in'ij|-<i»e c* noinSrc «r doitil t'iib-iulrc <le cru* <|Ui (uirtn couvwpui, et hou aa «1.111 qw niucitl *t irndrc ,i y 'tcix,
(u; Ldirc i3a. — (rj Liv. I, e. IX, de U FoL
(<}) Vny 3t,'S du : ju »Jc. — {<■) P.iRi 80.
pendant les troubles, et il ne lui manquait que de prendre les armes pour le tyran. J'en ai des preuves par les prêtres et les diacres de sa suite que j'ai pris. Pendant le concile de Nicée , avec quel empressement et quelle imprudence a-t-il soutenu, contre* le témoignage de sa conscience, l'erreur convaincue de tous côtés, tantôt en implorant ma protection, de peur qu'étant convaincu d'un si grand crime , il ne fût privé do sa dignité. Il m'a circonvenu et surpris bonteusemeut, et a fait passer toutes choses comme il a voulu. Encore depuis peu, voycx ce qu'il a dit avec Théoguis. »
Constantin veut parler de la fraude dont Euscbe de Nicomédic et Théoguis de Nicée usèrent en souscrivant. Dans le mot omousios ils insérèrent uu iota qu: fesatt omoicusios , c'est-à-dire, semblable en substance , au lieu que le premier signifie de même substance. On voit par là que ces évoques cédèrent à la crainte d'être déposés et bannis ; car Pcmpcrcur avait menacé d'exil ceux qui ne voudraient pas souscrire. Aussi Pau:rc Euscbe, évoque de Césarée, approuva le mot de consubslantiel , après l'avoir combattu le jour précédent.
Cependant Tbéonas de Marmariquc cl Second de Plolémaidc, demeurèrent opiniàtrémcnt attachés à Arius: cl le concile les ayant condamnés avec lui, Cons'autin les exila, et déclara, par un édit , qu'on punirait de mort quiconque serait convaincu d'avoir caché quelque écrit d'Arius, au lieu de le brûler. Trois mois après Eusèbe de Nicoruédie et Tbéognis furent atissi envoyés en exil dans les Gaules. On dit qu'ayant gagné celui qui gardait les actes du concile par ordre de l'empereur, ils avaient effacé leurs souscriptions, et s'étaient mis à enseigner publiquement qu'il ne faut pas croire que le fils soit consubslantiel au père.
Heureusement, pour remplacer leurs signatures et couserver le nombre mystérieux de trois cent dixhuit, on imagina de mettre le livre où étaient ces actes divisés par sessions sur le tombeau de Chrisanlc et de Misonius, qui étaient morts pu-udaul la tenue du concile ; on y passa la nuit en oraison, et le lendemain il se trouva que ces deux évtqucs avaient signé ( ).
Ce fut pat un expédient à peu près semblable c|uc les pères du même concile firent la distinction des livres authentiques de 1 Ecriture d avec les ajiociyphcs (/) : les ayaut placés tous pÉ'i -mélc sur l'aulcl, les apocryphes tombèrent d'yux-uiêmes par terre.
Deux autres conciles assemblés l'an 33f), par l'empereur Constance, l'un de plus de quatre cents évêques à Rimini , et l'autre de plus de cent cinquante à Sélcucie , rejetèrent après de longs débats le mol consubslantiel , déjà condamné par un concile d'Antiochc, comme nous l'avons dit ; mais ces conciles ne sout reconnus que par les sociniens.
Les Pères de Nict'e avaient été si occupés de ht • —
{•) Nktfpbore, II*. Vtn, cl.ap. XXIU. Baoniui et Aunlm Penqimu tur l'année 3a3.
(I) Concil « dt Ubbe, tome 1 , page 64.
• consubstantialitc du fils , que, sans faire aucune mention de l'Eglise daus leur symbole, ils s'étaient contentés de dire : Nous croyons aussi au Saint-Esprit. Cet oubli fut réparé au secoud concile général convoqué à Constantinople Tau 38 1 par Théodosc. Le ' Saint-Esprit y fut déclaré Seigneur et vivifiant , qui . procède du père, qui est adoré et glorifié avec le * père et le fils, qui a parlé pat les prophètes. Dans la suite l'Eglise latine voulut que le- Saiul-Esprit procédât encore du fils, et le {i.ioque fut ajouté au sym-
l bole; d'abord en Espigue l'an 447, puis eu France au concile de Lyon l'an 1 a;4 > cl enfin à Rome, malgré les plaintes des Grecs -entre cette innovation. La divinité de Jésus une fois établie, il était nalu-
| tel de donner à sa mère le titre de mère de Dieu; cepeudant le patriarche de Constantinople , Nesto- ■ ius soutint dans ses sermons que et serait justifier la folie des paiens , qui donnaient des mères à leurs
I dieux . Théodosc le Jeune , pour décider cette grande
1 question , fit assembler le troisième concile général à Ephèse l'an 43 1 , où Marie fut reconnue mère de Dieu.
Une autre hérésie de Ncslorius , également condamnée à Ephèse, était de reconnaître deux personnes en Jésus. Cela n'empêcha pas le patriarche Flavicn de reconnaître dans la suite deux natures en ! Jésus. Uu moine nommé Eulichès , qui avait déjà : beaucoup cric contre Ncstorius, assura , pour mieux les contredire l'un et l'autre, que Jésus n'avait aussi qu'une nature. Cette fois -ci le moine se trompa. Quoique son sentiment eût été soutenu l'an 449 a coups de bâton dans uu nombreux concile à Ephèse, Eutichès n'en fut pas moins anathématisé deux ans après par le quatrième concile géuéral que l'empereur Marxien fit tenir à Chalcédoinc où deux natures furent assignées à Jésus.
Restait a savoir combien , avec uni personne et deux natures, Jésus devait avoir de volontés. Le cinquième concile général, qui, l'an 553, assoupit par ordre de Jus inicii les contestations touchant la doctrine de trois évêques , n'eut pas le loisir d'entamer cet important objet. Ce ne fut que l'an 680 que le | sixième concile général, convoqué aussi à Constaulijl noplc par Constantin Pogonat , nous apprit que Jésus a précisément deux xoloulés; et ce concile, eu condamnant les mouothélitesquin'en admettaient qu'une, n'excepta pas de l'analhèinc le pape Monorius ►qui , dans uuc lettre rapportée par liaronius (») , avait dit au patriarche de Constantinople: «Nous confessons une seule volonté daus Jésus-Christ. Nous ne voyons point que les couciles ni l'Ecriture nous autorisent à 1 penser autremeut; mais de savoir si, à cause dos œuvres de divinité et d'bumanité qui sont en lui , on doit cutendre une ou deux opérations, c'est ce que je laisse aux grammairiens, et ce qui n'importe «uère. w Ainsi Dieu permit que l'église grecque et l'église latine n'eusse ut rien à se reprocher m cet égard. Comme le patriarche Ncstorius avait été condamné pour avoir reconnu deux personnes eu Jésus, le pape
(«) Sur l'année 63 G.
Honorius le fui a son tour pour n'avoir confessé qu'une volonté dans Jésus.
Le septième concile général, ou second de Nicée, fut assemblé l'an 7H7 par Constantin, fils de Léon et d Irèuc, pour rétablir I adoration des images. Il faut •avoir que deux conciles de Constantinoplc , le premier Tan 730 sous l'empereur Léon , et l'autre vingtquatre ans après sous Constantin Copronynie , s'étaient avisés de proscrire 1rs images, conformément à la loi mosaïque et à ' usage d< s prcn.iors siècles du christianisme. Aussi le décret de Nu ce, où il est dit que quiconque ne rendra pas au* images des saints le service , l'adoration , comme à 'a Trinité" , sera jugé anatheme, éprouva daboii' des contradictions; les évéques qui voulurent le cù.x recevoir l'an 78;), dans un concile de Constantinoplc, eu furent chas es par des soldats. Le même décret fut encore rejeté avec mépris l'an 794 Par 'c concile de Francfort et par les livres carolins que Cbarleiuague lit publier Mais enfin le second concile de Nicéc fut confirmé à Constantinoplc sous l'empereur Michel ot Théodora sa mère, l'an 842, par un nombreux concile qui ana« thémalisa les ennemis des saintes images. Il est remarquable que ce furent deux femmes, les impératrices Irène ot Tbéodora, qui protégèrent les images.
Passons au huitième concile général. Sous l'empereur Basile, I'hotius, ordonné a la place d Ignace, patriarche de Constantinoplc, fil condamner l'église latine sur le \iliixfuc, cl autres pratiques, par un concile de l'an 86G; mais Ignace ayant clé rappelé l'année suivante, un autre concile déposa Pboliu», et l'an j)ti«i les Latius à leur tour condamnèrent l'église grecque dans un concile appelé par eux huitième général , tandis que les orientaux dounent co nom à un autre concile, qui , dix. ans après, annula ce qu'avait fut le précédent et rétablit Pliotius.
Ces quatre conciles se tinrent .1 Constaiilinople ; les autres appelés généraux par les Laiins, n ayant été composés que des seuls tviqucs d'occident, les papes, a la faveur des dusses décrétâtes, s'arrogèrent insensiblement le droit de les convoquer. Le dentier assemblé a Tt ente, depuis l'au 1 3/, i jusqu'en 1 503 , n'a servi ni a ramener les ;nneniU de la papauté, ni a les subjuguer. Ses décrets sur la discipline n'ont été admis chez. picsque aucune nation catholique, et il n'a produit d'autre eïl'ct i|ue d^' vérifier ces paroles de saiul Grégoire de Na/.iau/.c ( 1 ) : « Je n'ai jamais vu de concile qui ait eu une I onne fin et qui n'ait augmenté les maux plutôt que de les guérir. L'amour de la dispute et l'ambition régnent au-dcl* de ce qu'on peut dire dans toute assemblée il'évêqties ('). »
Cependant le concile de Constance , l'an 1 4 1 5 , ayaul décidé qu un concile général reçoit immédiatement de Jésus Christ son autorité à laquelle toute personne, de quelque étal cl dignité qu elle soit, es» obligée d obéir dans ce qui concerne la foi; le <
(x) Lettre 55.
(*} Et dans »n poëur t , trad. Int. :
JVon ego cum jruibtu lirnnl anmn'haujue trJAo,
In synodit
( ht divertis vit* jtntribuM. «te., v. 91.)
cilc de Oàle ayant ensuite confirmé ce décret qu'il tient pour article de foi, et qu'on ne peut négliger sans renoncer au salut , on sent combien chacuu est intéressé à se soumettre au\ concile*.
M CTIOK It.
Notice des concile* généraux.
AssF.MBLÉt, conseil d'ctal, parlement, états gé né» raux, c'était autrefois la même chose parmi nous. Ou n'écrivait ni eu celle, ni en «crmaii. , m en espagnol , dans nos premiers siècles. Le pce q.i'on écrivait était conçu en langue latine par quclqacs clercs; ils .xpri maienl toute assemblée de leuJ.es, de hericn, ->u Je ricos-hombres , ou de quelques prélats, par le mot de d'iitHium. De la vient qu'où trouve dans les sixième, septième et huitième siècles, tant de conciles qui n'étaient précisément que des conseils détat.
Nous ne parlerons ici que des grands couciles appelés ijàuiaur soit par l'éçlisc grecque, toil par 1 église latine : ou les noni"|a >i/nW<s à Home coiiime en Orient dans les prciui:'-; siècles; cor les l.alius empruntèrent des Grecs l"î noms les choses.
En 3a3, graud concile <l;»u« la ville de Nicée, convoqué par Constantin. Lu formule de la décision est : « Nous croyous Jésus cousubstautiel au père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, engeudré et uon fait. Nous croyons aussi au Saint-Esprit ('). »
Il est dit dans le supplément appelé n^eiiHt, que les Pères du concile, voulant di»'.uguer les livres canoniques des apocryphes, les mirent tous sur l'autel, et que les apocryphes tombèrent par terre d'euxincmcs.
Nicéphore assure (*,) que deux évéques, Chrysautc et Misonius, morts pcnd;>iit les premières sessions , ressuscitèrent pour signer la condamnation d'Arius, et remoururenl incoulincul après.
Barouius soutient le fait (*; ; mais Fleuri u'eu parle pas.
Ln . 3,i) l'empereur Constance assemble le grand concile de Rimini cl do Séleu-jie, au nombre de six cents évéques et d'un nombre prodigieux de prêtres. Ces deux conciles, correspondant ensemble , dé le m tout ce que le concile de Nicée a fait, et proscrivent la consubslautiabililé. Aussi fut -il regardé depuis comme faux concile.
Lu 38 1 , par les ordres de l'empereur Tbéodosc, grand concile à Coitstantiuoplc , de ceut einqiianto évéques , qui aiiatli< niatisent le concile de Himini. Saiul Grégoire de \a/.ian/.c ( ) y préside; l'évi'que de Home y envoie des députés. On ajoute au symbole de Nicce : « Jésus-Christ s'est incarné par le Saint-
{*) Voyei Abiasismc.
(y) l.iv. Vlll . c!,«p. XXItl — (s) Tome IV, n" Ka.
'«} t-'oyrs I» leUre de winl Grê>irc de Nnuaiuc à l'iwope; il .lit : .. Je rniii» Ici conciles, je n'en «i jwn»i» vu qui n'aient fait plus de mal que do bien, et qui aieol eu une bonne fin; IVspnt de dispute, li vanité, l'ambition y dumiiirut; celui qui veut y reformer 1. 1 nWdiw» * expo* A être iceusc sans V
..« *ai:.: s-iv /u q..c * rêir» .'es conciles
Esprit et de la vierge Marie. — Il a été crucifié* pot» nous sous Ponce Pilate. — 1 1 a été enseveli , et il est
ressuscité le troisième jour, suivant les Ecritures
H est assis à la droite du père Nous croyons au
Saint-Esprit, seigneur vivifiant qui procède du père »
En 4 » ■> grand concitc ù'Ephèsc convoqué par l'empereur Tbéodose il. Mcstorius , évéque de Cons'antiiiople , ayant persécuté violemment tous ceux qui n'étaient pas de joii opinion sur des points de théologie, essuya des persécutions à son tour pour avoir soutenu que la sain'e vierge Marie , mère de •Jrsus-Cbrist , n'était point mère de Dieu, parce que, disait-il, Jésus-Christ é«a»>t le verbe, fils de Dieu consnhstanticl à son père, Marie ne pouvait pas être à la fois la mère de Dieu le père cl de Dieu le fils. Saint CyriHe s'éleva hautement contre liti. Nestorius demanda un concile cecium-niquc; il l'obtint. Nestorius fut condamné ; mais Cyrille fut déposé par un comité du concile. L empereur cassa tout ce qui s'était fait dans ce concile, ensuite permit qu'on se rassemblât. Les députés de Rome arrivèrent fort tard. Les troubles augmentant , l'empereur fit arrêter Nestorius et Cyrille. Enfin , il ordonna à tous les évoques de s'en retourner chacun dans son église , et il n'y eut point de conclusion. Tel fut le fameux concile d'Ephèsc.
En 44f)> grand concile encore à Ephèse, surnommé depuis le brigtintimje. Les évêques furent au nombre de cent trente. Dioscore, évéque d'Alexandrie, y présida. Il y eut deux députés de l'église de Home et plusieurs abbés et moines. Il s'agissait de savoir si Jésus-Christ avait deux natures. Les évêques et tous les moines d'Egypte s'écrièrent « qu'il fallait déchirer eu deux tous ceux qui diviseraient en deux Jésus-Christ. » Les deux natures furent anathématisées. On se battit en plein concile, ainsi qu'on s'était battu au petit concile de Cirthc en 355, et au petit concile de Carihage.
En 45 1, grand concile de Chalcédoine convoqué par Pulchérie, qui épousa Martien, à condition qu'il ne serait que son premier sujîl. Stint Léon, évéque de Rome, qui avait un très-srcnd crédit , profitant des troubles que la querelle des d<m* natu'cs excitait dans l'empire, présida 111 concile par ses légats; c'est le premier exemple que nous en s-yotts. Mais les Pères du concile craignant que l'Eglis» d'occident ne prétendît par cet exemple la supériorité sur celle d'orient, décidèrent par le vingt- huitième canon que le siège de Constantinoplc et relui de Rome auraient également les mêmes avan'ages et les mêmes privilèges. Ce fut l'origine de la longu» inimitié qoi régna et qui règue encore entre les d"u» Eglises.
Ce concile de Chalcédoine établit ies deux natures •t une seule personne.
Nicépborc rapporte (') qu'à ce même concile les évoques, après une longue dispute au sujet des images, mirent chacun leur opinion par écrit dans le tombeau de sainte Euphémie, et passèrent la nuit en prières. Le lendemain les billets orthodoxes furent
0)Iir.XV,cl.«p.V.
trouvés en la main de la eainte, et les autres » utpieds.
En 553, grand concile a Constant inople, convoqué par Justinieu , qui se mêlait de théologie. 11 s'a* gissait de trois petits écrits différons qu'on ne connaît pins aujourd'hui. On les appela les trois chapitre*. On disputait aussi sur quelques passage* d'Origène.
L'cvêquo de Rome Vigile voulut y aller en personne; mais Justinicn le fit mettre en prison. Le patriarche de Constantinoplc présida. Il n'y eat personne de l'église latiue, parce qu'alors le grec n'était plus entendu dans l'occident devenu tout-*- fait barbare.
En 680 encore un concile général à Constant!» noplc, convoqaé par l'empereur Constentin-le-Bnrbw. Cost le premier concile appelé par les Latins in iruitk, parce qu'il fut tenu dans un sal«>n du palais impérial. L'empereur y présida lui-même. A sa droite étaient les patriarches de Constantinoplc et d'Antioche; » sa gauche les députés do Rome et de Jérusalem. On y décida que Jésus -Christ avait deux volontés. On y condamna le pape Honorius I comme monotbélito , c'est-à-dire, qui voulut que Jésus-Christ n'eut eu qu'une volonté.
En 787 second concile de Nicée, convoqué par Irène sous le nom de l'empereur Constantin sou fils , auquel elle fit crever les yeux. Son mari Léon avait aboli le culte des images, comme contraire à la simplicité des premiers siècles, et favorisant l'idolâtrie : Irène le rétablit; elle paria elicmtme dans leconoile. Cest le seul qui ait été tenu par une femme. Deux légats du pape Adrien IV y assistèrent et ne parlèrent point, parce qu'ils n'entendaient point le grec; ce fut le patriarche Tareze qui fit tout.
Sept ans après les Francs, ayant entendu dire qu'un concile à Coustantinnplc avait ordonné l'adoration des images, assemblèrent pur l'ordre de Charles fils de Pépin, nommé depuis Cturlomagne, un concile assez nombreux à Francfort. Ou y traita le second concile de Nicée de synode imytrtinent et arnujant . tenu en Crcce pour nAorer Aes peintura.
En 84s grand concile à Constantiuople convoqué par 1'imperalrico Theodora. Culte des images solennellement établi. Les Grecs ont encore une féte en l'honneur de ce grand concile, qu'or appelle l'orthodoxie. Tbéodora n'y présida pas.
En 861 grand concile à Constantinoplc ,t compose de trois cent dix-huit évêques, convoqué par l'empereur Michel. On y déposa saint Ignace, patriarche de Constantinople, et on élut Photius.
En 8H6 autre grand concile à Constantiuople r où le pape Nicolas 1 est déposé par contumace et eveom mu nié.
En 869 antre grand concile à Constantiuople, ou Photius est excommunié et déposé a son tour, et saint Ignace rétabli.
Eu 879 autre grand concile à Constantinoplc, où Photius déjà rétabli est reconnu pour vrai patriarche par les légats du pape Jean VIII. On y traite de-eonciliabule le grand couciie œcuménique où Photius avait été déposé.
Le pape Jean VIII déclare Judas tous ceux qui
«Usent que le Saint-Esprit procède du pire et du fil*.
Ea t îaa et %3 grand condleà Rome, tenu dans l'église do Saint-Jean. do Latran par le pape CalixtelL C«*t lo premier concile général que les papes convo-
ptus d'autorité, et Us en pore ur s d Orient, pressés par les mahoraé ans et par les croisas, ne tenaient plus .que de chétifr pclUa conciles.
Au rcate on ne sait pas trop ce que c'est que Lateam Quelques petits conciles avaient été déjà convoquas dans Latran. Les uns disent que c'était une
Nmroa, les autres qae «rest l'église de Saiiit-Jo*a tueuse bâtie par révéquo Sylvestre.
Les évé ques <lans ce concile se plaignirent forleaaem des moines : « Us possèdent, disent -ils, les église», les terres, les châteaux, les dîmes, les offruudu» des vivans et des morts; il ne leur reste pins qu a nous ùter la crosse el l'anneau, o Les motnos restercut en possession.
La i toi) autre giand concile de Latran par le pape 1 uuorent 11 ; il y avait, dit -on, mille évoques. C'est beaucoup. On y déclara les dîmes ecclésiasli-
qui en possédaient.
Eu 1 1 79 autre grand concile de Latran par le
pape Alcxa:idro'lll;<i) y cul trois cent deux évéqiics latins et un abbé grec. Les décrets lurent tous de discipline. U pluralité des bénéfices y fut défendue.
En iai5 dernier concile général de Latran par Innocent 111, qoaire ceut douze évéques, buil cents aliKés. Dus ne temps, qui était celui des croisades, les papes avaient établi un patriarche laiin à Jérusalem et un à Constant ioop'c. Ces patriarches vinrent au roiioilc. Ce grand concile dit, « que Dieu, nyant donné aux hommes la doctrine salutaire par Moisc, lit naître citlin sou lils d'une vierge pour montrer le cjjcuiin plus clairement; que perso une oc peut être aaiiYc bors de Féglise catholique. »
Le mol de lu m * ub Uinlmlwn ne fut connu qu'après ce concile. Il y fut détendu d'établir de nouveaux ordres religieux : mais depuis ce temps on en a forme" quatre-vingts.
Ce fut dans ce conçue qu'on dépouilla Kaimond, cuinlc de Toulouse, de toutes ses terres.
Vax prand concile à Lyn, • ille impériale.
futto<eilt IV y mené 1 empereur de Constant iiujplc , lw» Paléologuc , qu tl fait asseoir à côté de lui. li y dépose l'empereur Frédéric 11 comme [clou . U douuc uu chapeau rouge au* cardinaux , signe de guerre coutre Frédéric. Ce fut U source de trente aus de guerres civiles.
Lu autre concile général a Lyon. Cinq ceuts
évéques, soixante et dix gios abbés et mille petits. L empereur ^rec iMichcl Val< »uo-;iie , pour a>oir la prolectiou du pape , envoie sou patriarche «rec ll« ophauc, el un évéque de Mic< e pour se réunir en i no:n à réalise latine. Mais ces évéques 6Unl dés-
<:s par l'église grecque.
En i.Jti le pape Clément V indique un concile général dans la petite ville de Vienne eu Ua.ipbmé.
. On ordontio de beu-
PHlQUE.
1er les bégares, béguins et béguines, espèces dnéré-
puté autrefois aux premisrs chrétiens.
En 1 4 < v grand concile de Constance , convoque
C'est Sigismond. On y dépose lo pape Jean XXIII, convaincu de plusieurs crimes. On y brûle Jean Hus et Jérôme de Prague, convaincus d'opiniâtreté.
En i43i grand concile 4e Bile, oii I on dépose en vain Je pape Eugène IV qui fut plu» habile que4e concile.
En 1 438 grand conçue à Ferrure, transféré à Flo-
rence, où le pape excommunié excommunie le concile, et le déclare crimiuel do lese-majesié. On y fit une réunion feinte avec l'Eglise grecque, écrasée par les synodes turcs qui se tenaient 4e sabre à la main.
11 ne tint pas au pape Jules II que sen concile de Latrau eu i5ia ue passât pour un concile oecuménique. Ce pape y excommunia solennellement le roi de France Louis XII , mit la France en interdit, cita tout le parlement de Provence à comparaître devant lui; il excommunia tous les philosophes, parce que la plupart avaient pris le parti de Louis XU. Cependant ce concile n'a point le titrede briyuulagc comme celui d'Ephèse.
En t537 concile de Trente, convoqué d'abord par le pape Paul III à Maulono, et ensuite à Trente en i5 |3, terminé en décembre i563, sous Pie IV. Les princes catholiques le reçurent quant au dogme, et deux on trois quant à la discipline.
O » croit qu'il n'y aura désormais pas plus dé conciles généraux qu'il n'y aura d'états généraux ea Franco et en Espagne.
Il y a dans le Vatican un beau tableau qui couUeatt la liste des conciles généraux. On n'y • inscrit <que cenx qui août approuvés par la cour de home : chacun met ce qu'il veut dans ses archives.
section tu
Tous les conciles son car ils sont composés d nommes.
U est impossible que jamais les passions, les intrigues , l'esprit do dispute , la haine , l'ignorance , régnent dans ces assemblées.
Mais pourquoi , dira-t-on , tant de conciles ont-iU été opposés les uns aux autre? ? C'est pour exercer notre loi ; ils ont tous eu raison chacun dans leur temps.
Ou ne croit aujourd'hui, cher les catholiques romains , qu aux conciles approuvés dans le Vatican , et on ne croit, chez, les catholiques grecs, qu'à ceux approuvés dans Constantinoplc. Les protestans se moquent des uns et des autres ; ainsi tout le monde doit élrc content.
Nous ne parlerons ici que des grands conciles; Jes petits n'en valent pas la peine.
Le premier est celui de Kicée. Il fut assemblé en 3a5 de 1ère vulgaire, après que Constantin ent écrit et envoyé par Ozins cette belle lettre au clergé un peu brouillon d Alexandrie : « Vous vous querellée pour un sujet I
mcnoNNAini-;
était < tv ou incréé. Cela ne touchait en rien à la litanie, qui est l'essentiel. Que Jésus ait été dan* le temps, ou avant le temps, il n'en faut pas moins être homme de bien. Après beaucoup d'altercations, il fut 011(111 décidé que le fils ( tait aussi ancien que le père, et con>ub*tonticl au père. Cette décision ne s'etitond guère; mais clic n'en est que plus sublime. Di\-sept évéques protestent contre l'arrêt, et une ancienne chronique d'Alexandrie , conservée à Oxford , dit que deux mille prêtres protestèrent aussi; mais les prélats ne lout pas grand cas des simples prêtres, qui sont d'ordinaire pauvres. Quoi qu'il en soit , il ne fut point du tout question «le la Trinité dans ce premier concile. La formule porte : « Nous croyons Jésus consubslantic) au père, Dieu de Dieu , lumière de lumière , engendré et nou fait ; nous croyons aussi au Saint-Esprit. » Le Saint-Esprit, il f.mt l'avouer, fut traité bien cavalièrement.
Il est rapporté dans le supplément du concile de NioiV, que les Pères, étant fort embarrassés pour savoir quels étaient les livres eryphes ou apocryphes de l'ancien et du nouveau Testament , les mirent tous pcfo-mèle sur un autel , et les livres à rejeter tombèrent par terre. Cest dommage que c>tle belle recette soit perdue de nos jours.
Après le premier concile de Nicéc, composé de trois cent dix-sept évéques infaillibles, il s'eu tiut un autre à Itimini ; et le nombre des infaillibles fut celte fois de quatre cents, sans compter un gros détachement à Séleucic d environ deux cents. Ces six cents évéques, après quatre mois de querelles, ôtèrent unanimement à Jésus sa cousub^tttntiabilitr. Elle lui a été rendue depuis, excepté chez les sociniens : ainsi tout va bien.
Un des grands conciles est celui d'Êphèsc en 43 1 ; l'évéquc de Conslantinoplc , Nestorius, grand persécuteur dlii rétiques, fut condamné lui-même comme hérétique , pour avoir soutenu qu'à la vérité Jésus était bien Dieu, maisqUc sa mère n'était pas absolument mère de Dieu, mais mère de Jésus. Ce fut saint Cyrille qui lit condamner Nestorius ; mais aussi les partisans de Nestorius firent déposer saint Cyrille dans le même concile ; ce qui embarrassa fort le Saint-Esprit.
Remarquer, ici, lecteur, bien soigneusement que ! Evangile n'a jamais dit un mot , ni de la cci.snbstantiabilité du Verbe, ni de l'honnc-r qu'avait eu Marie d éli e mère de Dieu , non plus que des autres disputes qui ont fait assembler des conciles infaillibles.
Entichés était un moine qui avait beaucoup crié contre Nestorius, dont l'héréne n'allait pas moins qu'à supposer dru\ personnes ?n Jésus, ce qui est épouvantable. Le moine, pour mieux contredire sou adversaire , assure que Jésus n'avait qu'une nature. Un Klavicn , évéque de Constantinoplc , lui soutint qu'il fallait absolument qu'il y eut deux natures en Jésus. Un assemble un concile nombreux à Epbèsc en 44f)5 celui-là se tint à coups de bjton, comme le petit concile de Cirthc eu 335, et certaine conférence à Cartilage. La nature de Flavicu fut moulue de coups, et deux natures furent assignées à Jésus. Au concile de Chalcédoinc en 45 1 , Jésus fut réduit a une nature.
Je passe des conciles tenus pour des minuties, et je viens au sixième concile général de Constantinoplc, assemblé pour savoir au juste si Jésus qui, après n'avoir eu qu'une nature pendant quelque temps, en avait deux alors, avait aussi deux volontés. On sent combien cela est important pour plaire à Dieu.
Ce concile fut convoqué par Constar.lin-lc-Barbn, comme tous les autres I avkicnt été par les empereurs précédens : les légats de l'évoque de Rome curent la gauche ; les patriarches de Constantinoplc et d'Antiochc curent la droite. Je ne sais si les candalaires à Rome prétendent que la gauche est la place d'bonneur. Quoi qu'il eu soit, Jésus, de celte affaire-la, obtint deux volontés.
La lot mosaïque avait défendu les images. Les peintres et les sculpteurs n'avaient pas fait fortune chez les Juifs. On ne voit pas que Jésus ait jamais en de tableaux, excepté peut-êlre celui de Marie peinte par Lue. Mais enfin Jésus-Christ ne recommande nulle part qu'on adore les images. Les chrétiens les adorèrent pourtant vers la fin du quatrième , quand ils se furent familiarisés avec les beaux-arts. L abus fut porté si loin au huitième siècle , que Constantin Copronymc assembla à Constanlinople un concile de trois cent vingt évéques , qui anathématisa le culte des images, et qui le traita d'idolâtrie.
L'impératrice Irène , la même qui depu's fit arracher les jeux à son fils, convoqua le concile de Nicée en 787 : l'adoration des images y fut p ublie. On veut aujourd'hui justifier ce concile, eu disant que cette adoration était un culte de dti/ir, et non pas da latrie.
Mais soit de latrie, soit de duiie, Charlemagne, m 7f)4 > fit tcn'r « Francfort un autre concile, qui traita le second dcNicéed'idolatrie. Le pape Adrien IV jr envoya deux légats, cl ne le convoqua pas.
Le premier grand concile, convoque par un pape, fut la premier de Latran, en 1 i3f;; il y eut environ mille évéques; mais on n'y fit presque rien, sinon qu'on anathématisa ceux qui disaicut que l'Eglise était trop riche.
Autre concile de Latran en 1 1 79, tenu par le papa Alexandre III où les cardinaux , pour la première fo's, prirent le pas sur les évéqu?s : i» ne fut question que de discipline.
Autre grand concile de Latran en 131 5. Le papa Innocen' lil y dépouilla le comte de Toulouse da tous ses biens, en vertu de l'excommunication. Cest le premier concile qui ail parlédc iriin^ubihiittialion.
En 1 i45 concile général de Lyon, ville alors impériale, dans laquelle le pape Innocent IV excommunia l'empereur Frédéric II , et par conséquent le déposa et lui interdit le feu et l'eau : c'est daus ce concile qu'on donna aux cardinaux un chapeau rouge , pour les foire souvenir qu'il faut se baigner dans le sang des partisans de l'empereur. Ce concile fut la cause de la destructiou de la maison de Suabe, et de Irciile ans d'anarchie dans l'Italie et dan» I Allemagne.
Concile général à Vienne en Dauphiné en i3t t , où l'on abolit l'ordre des Templiers, dont les princi-
eipaux membres avaient été condamnas aux ploi horribles supplices , sur les accusations les mo ni prouvées.
En r 4 1 4 bî grand concile de Constance, où l'on se contenta de démettre le pape Jean XXIII, convaincu de mille crimes, et où l'on brilla Jean Hus et Jérôme de Prague , pour avoir été opiniâtres, attendu que l'opiniâtreté est un bien plus grand crime que le meurtre, le rapt, la simonie et la sodomie.
En 1 43o le grand concile de Bàlc, uon reconnu à Rouie , parce qu'on y déposa le pape Eugène IV, qui ne se laissa point déposer.
Les Romains comptent pour concile général le cinquième concile de La Iran en i5ta, convoqué contre Louis XII, roi de France, par le pape Jules II; mais ce pape guerrier étant :iiort, ce concile s'en alla en fumée.
Enfin nous avons le grand concile de Trente, qui n'est pas reçu eu France pour la discipline : mais lt dogme est incontestable , puisque le Saint-Esprit arrivait de Rome à Trente, toutes les semaines, dans 1a malle du courrier , à ce que dit Fia-Paolo Sarpi ; mais Fra-Paolo Sarpi sentait un peu l'hérésie.