‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 16 sur 551 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

îl n'est pas concevable comment les anciens, qui cultivaient la terre aussi-bien que nous, pouvaient imaginer que tous les grains qu'ils semaient en terre, devaient uécessairenieru mourir et pourir avant de lever et produire. Il ne tenait qu'a eux de tirer un grain- de la terre an bout de deux ou trois jours* ils l'auraient tu très-sein, oapeuonié, 1* racine en bas, la téte en haut. Il» auraient d»ttin»nié«ube«tde quelque temps le germe , les petit» Mets masses des racines, la matière laiteuse tlont sr> farinera la farine, ses deux •nvorOppes, ses feuilles. Cependant c'était aaser. que quelque philosophe grec ou barbare eût otrosig** que toute génération vient de cervuptioa, peur qae personne n'en doutât : et cette erreui , la plue geaude et la plus sotte de toutes les orveurs, parce quelle est la plus contraire a la nature, 8e trouvait dan* des livra* écrits pour rmstmattoa doreur* humais*.

Aussi les philosophes modernes, trop hardis pare* qulls sont plus éclaires, ont abusé de leurs Ittmvères mêmes pour reprocher durement à H$m notre sauveur et à saint Paul son persécuteur, qui devint son apdtre , d* «voir dit qui! fallait que le grain pcurît en terre pour germer , qn^ 1 mourut pour renaître : ils ont dit que c'était le comMe d* l'absurdité de veuroir prouver le nouveau dogme de fa résurrection pan une comparaison si fausse et si ridicule. On a osé dire , dans l'Histoire critique de Jésus-Christ, que de si grands ignorans n'étaient pas (hits pour enseigner les hommes, et que ces livres si long -temps inconnus n'étaient bons que pour la plus vile populace»

Les auteurs de ocs^lasphèmas. n'ont pas, songff que Jésus-Christ etaajnj Paul daignaient pa/Jcj le Unga^e «jusque, pouvant enseigner le» vérités d* lît physique, ils n'enseignaient que celles de U moraje ; qu'ils suivaient lescmplc du respectable auteur de. la. Genèse. En effet daus la Genqsç, l'esprit saint se conforme dans chaque ligne aux idées les plus grossjçres du peuple le plus grossier ;. U sagesse éternelle ne descendit point sur la terre pour instituer des académies des sciences ; c'est ce que nous répondpns toujours à ceux qui reprochent tant d'erreurs physiques à tous les prophètes, et i tout ce qui fut écrit

S". On est toujours le maitic de changar par «tes rrjnbounr-

men» refilés un emprunt en rente» perpétuelle» a 1 fixe ; « 1 00 ne peut, «us «justice, rien t gère» une fois établie».

4*- '<e» contrats de rente» perpetuells» , et surtout le» Annuités à tante fia*, sont une propriété tnojonrt dispomhl» qni s» convertit en at^eat nver plus ou muins de perte suivant le crédit du csOtncies. Lan rente» vùtsjèra», 4 «a tu* de leur incerlitiuio, m peu vaut se v>esare qu i un pria plu» bas. C uat on dcsanujt.tge qu'il faut compenser par une auementation d'intérêt».

5ous oe partons point ici de» cActs que ee» emprunt» pensent

ns qu il» ne poiiTaol. i«rt<ju ils Mimeonsidérabla», etir remplit qu'en suppu»«u( que le» captinlîste» y jiiftcent dot fort'

que , sans cela , il» aurait ut placé» dans un commerce utile. O : autant de capiuux perdus pour l'industrie ; ponveatt

chez les Juifs. On sait bien que religion n'est pas pkilosopbie.

Au reste, les trois quarts de la terre se passent de notre froment, sans lequel nous prétendons qu'on ne peut vivre. Si les habitans voluptueux des ville* savaient ce qu'il en coûte de travaux pour leur procurer du pain, Us en seraient effrayés.

Des livres pseudonymes sur l'Économie générale.

Il serait difficile d'ajouter à ce qui est dit d'utile dans l'Encyclopédie aux articles Agriculture , Ferme, drain y etc. Je remarquerai seulement qu'à l'article Grain , on suppose toujours que le maréchal de Vaubau est l'auteur de la Dime royale. C'est une erreur dans laquelle sont tombés presque tous ceux qui ont écrit sur l'économie. Nous sommes donc forcés de remettre ici sous les yeux ce que nous avons déjà dit

X Boisguillebert s'avisa d'abord d'imprimer la Dîme royale sous le nom de Testament politique du maréchal de Vauban. Ce Boisguillebert, auteur du Détail de la France , en deux volumes , n'était pas sans mérite ; il avait une grande connaissance des finances du royaume ; mais là passion de critiquer toutes les opérations du grand Colbert l'emporta trop loin ; on jugea que c'était un homme fort instruit qui s'égarait toujours, un feseur de projets qui exagérait les maux du royaume, et qui proposait de mauvais remèdes. Le peu de succès de ce livre auprès du ministère lui fit prendre le parti de mettre sa Dîme royale à l'abri d'un nom respecté. H prit celui du maréchal de Vauban, et ne pouvait mieux choisir. Presque toute la France croit encore que le projet de la Dîme royale est de çe maréchal si zélé pour le bien public ; mais la tromperie est aisée à connaître.

« Le» louanges que Boisguillebert se donne à luimême dans sa préface le trahissent ; il y loue trop son livre du Détail de la France ; il n'était pas vraisemblable que le maréchal eût donné tant d'éloges à un livre rempli de tant d'erreurs : on voit dans cette préface un père qui loue son fils, pour faire recevoir un de ses bâtards. »

Le nombre de ceux qui ont mis sous des noms respectés leurs idées de gouvernement, d'économie, de finance, de tactique, etc., n'est que trop considérable. L'abbé de Saint-Pierre, qui pouvait n'avoir pas besoin de cette supercherie, ne laissa pas d'attribuer la chimère de sa paix perpétuelle au duc de Bourgogne.

L'auteur du Financier citoyen cite toujours le prétendu Testament politique de Colbert , ouvrage de tout point impertinent, fabriqué par Gatic3 de Courtilx. Quelques ignorans (*) citant encore les Testaracns politiques du roi d'Espagne Philippe \1, du cardinal de Richelieu, de Colbct, de Louvoi*, du duc de Lorraine, du cardinal Albéroni, du maréchal de Belle-Ile. On a fabriqué jusqu'à celui de Mandrin. L'Encyclopédie, à l'article Grain, rapporte ces i d'un livre intitulé Avantages et désavantages

(♦) Voy. As a, Amcdotu.

de la Grande-Bretagne; ouvrage bien supérieur à tous ceux que nous venons de citer.

« Si l'on parcourt quelques-unes des provinces de la France , on trouve que non -seulement plusieurs de ses terres restent en friche, qui pourraient produire des blés et nourrir des bestiaux ; mais que les terres cultivées ne rendent pas à beaucoup près à proportion de leur bonté, parce que le laboureur manque de moyens pour les mettre en valeur

« Ce n'est pas sans une joie sensible que j'ai remarqué dans le gouvernement de France un vice dont les conséquences sont si étendues, et j'an ai félicité ma patrie j mais je n'ai pu m 'empêcher de sentir en même temps combien formidable ;ertit devenue cette puissance, si elle eût profité des avantages que ses possessions et ses hommes lui offraient. O sua si bona nôrint! n

J'ignore si ce livre n'est pas d'un Français qui , en fesant parler un Anglais, a cru lui devoir faire bénir Dieu de ce que les Français lui paraissaient pauvres; mais qui en même temps se trahit lui-même en souhaitant qu'ils soient riches , et en s'écriant avec Virgile : « O sïls connaissaient leurs biens! » Mais soit Français, soit Anglais, il est faux que les terres es France no rendent pas i proportion de leur bonté. On s'accoutume trop i conclure du particulier aa général. Si on en croyait beaucoup de nos livres nou veaux , la France ne serait pas plus fertiii que la Sar • daigna et les petits cantons suisse*.

De l'exportation des grains.

Le même article Grain porte encore ectteréflexion : « Les Anglais essuyaient souvent de grandes chertés dont nous profitions par la liberté du commerce de nos grains , sous le règne de Henri TV et de Louis XIH , et dans les premiers temps du règne de Louis XTV. »

Mais malheureusement la sortie des grains fut défendue en i5g8 sous Henri IV. La défense continua sous Louis XIII et pendant tout le temps du règne de Louis XTV. On ne put vendre son blé hors du royaume que sur une requête présentée au conseil , qui jugeait de l'utilité ou du danger de la vente, ou plutôt qui s'en rapportait à l'intendant de la province. Ce n'est qu'en 1 764 que le conseil de Louis XV, plus éclairé, rendit le commerce des blés libre, avec les restrictions convenables dans les mauvaise- années.

De la grande et petite Culture.

A l'article Ferme, qui est un des meilleurs de ce grand ouvrage, on distingue la grande et la petite culture; la grande se fait par les chevaux, la petite par des bœufs; et cette petite, qui s'étend sur la plus grande partie des terres de France, est regardée comme un travail presque stérile , et comme un vain effort de l'indigeuce.

Cette idée en général ne me paraît pas vraie. La culture par les chevaux u'est guère meilleure que celle par les bœufs. Il y a des compensations entre ces deu* méthodes , qui les reudent parfaitement

égales. D me semble que les anciens n'employèrent jamais les chevaux à labourer la terre; du moins il n'est question que de bœufs dans Hésiode, dans Xénophon , dans Virgile , daus Columelle. La culture avec des bœufs n'est chétive et pauvre que lorsque les propriétaires malaisés fournissent de mauvais bœufs, mal nourris, à des métayers »jns ressource, qui cultivent mal. Ce métayer, ne risquant rieu puisqu'il n'a rien fourni, ne donne jamais à la tene ni les engrais ni les laçons dont elle a besoin ; il ne ^'enrichit point, et il appauvrit son maître : c'est malheureusement le cas où se trouvent plusieurs pères de famille (i).

Le service des bœuf? est aussi proPtpble que celui des chevaux, parce qu<«, s'ils labourent moins vite, on les dit travailler plus le journées sans les excéder; ils coûtent beaucoup mc'Dî à nourrir; ou ne les ferre point, leurs harnais sont moins dispendieux, on les revend, ou bien on les engraisse pour la boucherie : ainsi leur vie et leur mort procurent de l'avantage; ce qu'on ne peut pas dire des chevaux.

Enfin on ne peut employer les chevaux que dans les pays où l'avoine est à très-bon marché, et c'est pourquoi il y a toujours quatre à cinq fois moins de culture par les chevaux que par les bœufs.

Des Défrichement.

À l'article Défrichement , on ne compte pour défrichement que les herbes inutiles et voraecs que l'on arrache d'un champ pour le mettre en état d'être ensemencé.

L'art de défricher ne se borne pas à cette méthode usitée et toujours nécessaire. Il consiste à rendre fertiles des terres ingrates qui n'ont jamais rien porté. Il y en a beaucoup de cette nature, comme des terrains marécageux ou de pure terre à brique , i foulon , sur laquelle il est aussi inutile de semer que sur des rochers. Pour les terres marécageuses , ce n'est que la paresse et l'extrême pauvreté qu'il faut accuser si on ne les fertilise pas.

Los sols purement glaiseux ou de craie, ou simplement de sable, sont rebelles à toute culture. Il u'y a qu'un seul secret , c'est celui d'y porter de la bonne terre pendant des années entières. C'est une entreprise qui ne convient qu'à des hommes trèsriches; le profit n'en peut égaler la dépense qu'après un très-long temps, si même elle peut jamais en approcher. Il faut, quand on y a porté de la terre meuble, la mêler avec la mauvaise, la fumer beaucoup , y reporter encore de la terre, et surtout y semer des graines qni , loin de dévorer le sol , lui communiquent une nouvelle vie.

Quelques particuliers ont mit de tels essais; mais il n'appartiendrait qu'à un souverain de changer ainsi la nature d'un vaste terrain en y fesant camper de la cavalerie, laquelle y consommerait les fourrages

(0 M. de Voltaire indique ici la véritable différence entre 1 -, sr»aâe et la petite culture. L'une « l'antre périrent employe r de* bœu6 ou des chevaux Mail la grande culture rit celle qui ae fait par le* propriétaire* eux-méme* ou pour de* fermiers ; la pente culture est celle qui ae fait par un métayer 1 qui le propriétaire fournit le* avance* fonder c* de la culture , a condition i avec lui.

»ICT. MIL.

tirés des environs. Il y faudrait des rëgimens entiers. Cette dépense se fesant dans le royaume, il n'y aurait pas un denier de perdu, et on aurait à la longue un grand terrain de plus qu'on aurait conquis sur la nature. L'auteur de cet article a fait cet essai en petit , et a réussi.

Il en est d'une telle entreprise comme de celle des canaux et des mines. Quand la dépense d'un canal ne serait pas compensée par les droits qu'il rapporterait, ce serait toujours pour l'état un prodigieux avantage.

Que la dépense de l'exploitation d'une mine d'argent, de cuivre, de plomb ou d'étain, et même de charbon de terre , excède le produit , l'exploitation est toujours très-utile; car l'argent dépensé fait vivre les ouvriers, circule dans le royaume, et le métal ou minéral qu'on en a tiré est une richesse nouvelle et permanente. Quoi qu'on fasse, il faudra toujours revenir à la fable du bon vieillard , qui fit accroire à ses en fans qu'il y avait un trésor dans leur champ; ils remuèrent tout leur héritage pour le chercher, et ils s'aperçurent que le travail est un trésor.

La pierre philosophai de l'agriculture serait de semer peu et de recueillir beaucoup. Le grand Albert, le petit Albert, la Maison rustique, enseignent douze secrets d'opérer la multiplication du blé , qu'il faut tous mettre avec la méthode de faire naître des abeilles du cuir d'un taureau, et avec les œufs de coq dont il vient des basilics. La chimère de l'agriculture est de croire obliger la nature à faire plus qu'elle ne peut. Autant vaudrait donner le secret de faire porter à une femme dix enfans, quand elle ne peut en donner que deux. Tout ce qu'on doit faire est d'avoir bien soin d'elle dans sa grossesse.

La méthode la plus sûre pour recueillir un peu plus de grain qu'à l'ordinaire, est de se servir du semoir. Cette manœuvre par laquelle on sème à la fois, on herse, et on recouvre, prévient le ravage du vent qui quelquefois dissipe le grain, et celui des oiseaux: qui le divorent. C'est un avantage qui certainement n'est pas à négliger.

De plus la semence est plus régulièrement versée et espacée dans la terre; elle a plus de liberté de s'étendre; elle peut produire des tiges plus fortes et un peu plus d'épis. Mais le semoir ne convient ni à toutes sortes de terrains, ni a tous les laboureurs. Il faut que le sol soit uni et sans cailloux , et il faut que le laboureur soit aisé. Un semoir coûte ; et il en coûte encore pour le rhabillemcnt , quand il est détraqué. Il exige deux hommes et un cheval ; plusieurs laboureurs n'ont que des bœufs. Cette machine utile doit être employée par les riches cultivateurs et prêtée aux pauvres.

De Ui grande protection due à l'agriculture.

Pa*. quelle fatalité l'agriculture n'est- elle véritablement honorée qu'à la Chine? Tout ministre d'état en Europe doit lire avec attentiou le mémoire suivant, quoiqu'il soit d'un jésuite. II n'a jamais été contredit par aucun autre missionnaire , malgré la jalousie de métier qui a toujours éclaté entre eux. Il est entièrement conforme à toutes les relations quo nous avons de ce vaste empire.

■n Au commencement du printemps chinois, c'està-dire, dans le mois de terrier, le tribunal des mathématiques , ayant eu ordre d'examiner qnel était le jour convenable à la cérémonie du labourage , détermina le -14 de la ontrème lune , et ce fut par le tribunal des rites que ce jour fut annoncé a l'empereur dans «n mémorial , 00 le même tribunal des rites marquait ce que sa majesté devait faire poor se préparer A cette flhe.

■k Selon ce mémorial , i*. Pemperenr dsit nommer les douze personnes illustres qui doivent l'accompagner et labourer après lui , savoir trois princes , et nenf préstdens des cours souveraines. Si quelquesuns des présidens étaient trop vieux ou infirmes ,

place.

n v. Cette cérémonie ne consiste pas seulement à labourer la terre , pour exciter l'émulation par son exemple; mais elle tmfrnne encore un sacrifice que Tempereur, comme grand-pontife , offre au Charrg-ti , pour lui demander l'abondance en faveur de son peuple. Or, pour se préparer à ce sacrifice, il doit jeûner et garder la continence Ut trois jour» précédons (n). La même précaution dcH être observée par tous ceux qui sont nommés pour recompagner sa majesté, soit princes, soit autre;, soit mandarins de lettres, soit mandarins de guerre.

et 3». La veille de cette cérémonie , sa majesté choisit quelques seigneurs de la première qualité, et les envoie à la salle de ses ancêtres, se prosterner devant la tablette, et les avertir, comme ils feraient s'ils étaient encore en vie (*), que le jour suivant il offrira le grand sacrifice.

« Voilà en peu de mots ce que le mémorial du tribunal des rites marquait pour la personne de l'empereur, n déclarait aussi les préparatifs que les différais tribunaux étaient chargé* de faire. L'un doit préparer ce qui sert aux sacrifices, lin autre doit composer les paroles que l'empereur récite «n fesant le «sacrifice. Uu troisième doit faire porter et dresser les tentes sous lesquelles l'empereur dînera, s'il a ordonné d'y porter an repas. Ua quatrième doit assembler quarante ou cinquante vénérables vieillards,

prie de faire croître et de conserver le» bien* de la terre. Cesl pour cela qu'il J'offre avant que de meUrr

a L'empereur sacrifia , et après le aurifiée il descendit avec las trais princes et les neuf peésideas qui devaient labourer avec lui. Plusieurs grands «rigueurs portaient cuv-méme» les coffres préciouK qui reafermnient les grains qu'on devait sejacr. Toute la cour y assista eu grand silence. L'empereur prit la châtrée, et fil en labourant phuieurs allées et vcnuct> : lorsqu'il quitta la charrue , un prince du sang la conduisit at laboura à son tour. Ainsi du

de profession, qui soient prégens lorsque l^empereur laboure la terre. On fuit venir aussi une quarantaine de laboureurs pios jeunes pour disposer la charrue, atteler les bœufs , et préparer les grains qui doivent être semés. L'empereur semé cinq sortes de grains , qui sont causés 'es plus nécessaires « la Chine , et sous lesquels sont compris tous les autres ; le froment, le riz, le millet, la fève, et une autre espèce de mi 11, qu'on appelle cacleang.

« Ce furent là les préparatifs : le vingt-quatrième jour de la lune, sa majesté se rendit avec toute la cour en habit de cérémonie au lieu tlestiwé à offrir au Cbang-ti le sacrifice du printemps, par lequel on le

(a) Cela seul ce suffit- il pa» pour dluuiiu U folle calomnie établie dan* cotre Occident, que le gouverne ment chinois est al* ce?

(»)Le prorrrbe clh : Comportes- «eue à lézard ies jnertt

« Après avoir labouré en différons endroits, l'empereur sema les différons grains. On ne laboure pas alors tout le champ entier, mais les jours suivons

bourer.

« Ii y avait cotte année- Là quarante-quatre anciens

laboureurs, et quarante-deux pic nie se termina par une récompense que l'e leur fit donner. »

A cette relation d'une cérémonie qui est la plus belle de toutes, puisqu'elle est la plus utile, il faut joindre un édit du morne empereur Yontchîn. II accorde des récompenses et des honneurs à quiconque défrichera des terrains incultes depuis quinze arpens jusqu'à quatre vingts , vers la Tartane, car il n'y ou a point d'incultes dans la Chine proprement dite ; et celui qui en défriche quatre-vingts devient mandarin du huitième ordre.

Que doiveut faire nos souverains d'Europe en apprenant de tels exemples? ADMIRER ET ROUGIR ; MAIS SURTOUT IMITER.

P. S. J'ai lu depuis peu un petit livre sur les arts et métiers , dans lequel j'ai remarqué autant de choses utiles qu'agréables ; mais et qu'il dit de l'agriculture ressemble nssez à la caanicm dont ea parlent plusieurs Parisiens qui n'ont jamais vu de charrue. L'auteur parle d'un heureux agriculteur qui, dans la contrée la plus délicieuse et la plus fertile de la terre, cultivait une campagne fui fui rendait cent pour cent.

Il ne savait pas qu'un terrain qui ne rendrait que cent pour cent , non-seulement ne payerait pas uu seul des frais de la culture, mais ruinerait pour jamais le laboureur. Il faut, pour qu'un domaine puisse donner un léger profit, qu'il rapporte au moins cinq cents pour cent. Heureux Parisiens, jouissez de nos travaux , et jugez de l'opéra comique (*) !

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