III. Von» pouvez mire un drroroe deux fois avec
i vousIaTouvoyoi,
i; ou vous la retiendrez avec humanité, ou vous la renverrez avec bonté. H ne tous est pas permis de rien retenir de ce que vous lui ave» donné.
IV. Les honnêtes femmes sont obéissantes et attentives, même pendant l'absence de leurs maris. Si elles sont sages, gardez-vous de leur faire la moindre querelle; s'il en arrive une, prenez un arbitre de votre famille et un de la sienne.
V. Prenez une femme, ou deux, ou trois, ou quatre, et jamais davantage. Mais dans la crainte de ne pouvoir agir équitablemcnt envers plusieurs , n'en prenez qu'une. Donnez-leur un douaire convenable ; ayez soin d'elles, ne leur parlez jamais qu'avec amitié.
VI. Il ne vous est pas pei femmes contre leur gré , ni de les marier à d'autres après le divorce pour vous emparer de leur douaire, à moins qu'elles n'aient été déclarées coupables de quelque crime.
Si vous voulez quitter votre femme pour «n prendre une autre , quand vous lui auriez donné la valeur d'un talent en mariage, ne prenez rien d'elle.
VIT. 11 vous est permis d'épouser des esclaves , mais il est mieux de vous en abstenir.
VIII. Une femme renvoyée est obligéo d'allaiter son enfant pendant deux ans, et le père est obligé pendant ce temps-la de donner un entretien honnête selon sa condition. Si on sèvre l'enfant avant deux ans, il faut le consentement du père et de la mère. Si vous êtes obligé de le confier à une nourrice étrangère , vous la payerez raisonnablement.
(a) En cwnptaat l'introduction pour an chapitre.
! pour réconcilier ies femmes avec Mahomet, -qui ne les « pas traitées ai durement qu'oa le dit. >ous nu pretondaus pas le justifier ni sur son ignorance, ni sur son iaapoauuw; suais nous
ne pouvons le condamuer sur sa doctrine d'an seul Dieu. Ces seules paroles du sors im, m Dieu est unique , étemel , il u entendre point, U «est point engendré , rien n'est semblable à Lu ; ■ ces paroles, dis-fe , lai «ni sonnais l'Orient suouk plus que son epée.
Au reste, cet Alcoran dont nous parions est un recueil de révéUtioa* ndi< des et de prédications vagues et incohérentes, mais de lois u es -bannes pour le pars où il vivait, et qui sont tuâtes enonre suivies sans avoir jamais été affaiblies «u changées par des interprètes n^Wuos, ni par des décrut* nouveaux.
Mahomet eut pour ennemis non - se use ment ies
poètes de la Mecque , mais surtout les docteurs. Ceux-ci soulevèrent contre lui les magistrats qui donnèrent décrctde prise de corps contre lui, comme dûment aUnuit et coavainon devoir dit qu'il '(allait
sait, la source de sa grandeur. Quand on vit qu'où ue pouvait le perdre., et que ses écrite prônaient faveur, on ddbuadai» la viUequfd n'en était pas ruuteur , ou que du moins il se fesak aider dans la cosn- ]M>Mtion de ses leuiilrs tantôt par tin savant juif, tanlot par un sarastt chrétien , supposé qu'il y eut alors
C'est ainsi que parmi nous on a reproché à plus d'un prélat d'avoir lait composer leurs sermons et leurs oraisons funèbres par des moines. U y avait un père Hercule qui Jetait les sernrons d un certain évéque; et, quand on allait à sus sermons, ou disait : « Allons entendre les travaux d Hercule. •»
pitre XVI, «l'occasion é Une «ros.se «otlise qu'il avait dite en chaire, et qu'on avait vivement relevée. Voici comme il se tire d'affiurc :
« Quand tu liras le koran, adresse- toi à Dieu, au» qu'il te préserve do Satan..... il n'a de pouvoir que sur ceux qui l'ont pris pour maître, et qui donuent des compagnons à Dieu.
« Quand je substitue dans le fconn un verset à un autre (ot Dieu sait la raison de ceschangemens) quelques infidèles disent : Tu as forgé co versets ; mais ils ne savent pas distinguer le vrai d'avec le taux ; dites plutôt que l'Esprit saint m'a apporté ces versets de la part de Dieu avec la vérité..... D autres disent plus malignement : 11 y a un certain homme qui travaille avec lui à composer le Koran: mais comment cet homme à qui ils attribuent mes ouvrages poiu mit-il m'easeigndr, puisqu'il parle une langue étrangère, et que celle dans laquelle le Koran est écrit est l'arabe le plus par ? s
Celui n n on prétendait travailler (h) avec M-tho-me! était un Juif nouttaé liensalen ou bensalon. U n'est
i tinpos-
(h Voy. f Akonnoe &*ks pas- as3.
sible. Nous avons dit depuis que c'était an moine qui travaillait a l'Alcoran avec Mahomet. Les uns le nommaient Bohira, les antres Sergius. Il est plaisant que ce moine ait eu un nom latin et un nom arabe.
Quant aux belles disputes théologiques qui se sont élevées entre les musulmans , je ne m'en mêle pas , c'était au mufti à décider.
C'est une grande question si l'Alcoran est éternel ou s'il a été créé; les musulmans rigides le croient éternel.
On a imprimé à la suite de l'histoire de Chalcondile le Triomphe de la croix ; et dans ce -Triomphe il est dit que i'Alcoran est arien, sabcllien, carpocratien , cerdonitien , manichéen , donatiste , origénien , macédonien , ébionite. Mahomet n'était pourtant rien de tout cela ; il était plutôt janséniste ; car le fond do sa doctrine est le décret absolu de la prédestination gratuite.
SECTION II
C'était un sublime et hardi charlatan que ce Mahomet, fils d'Abdaila! 11 dit dans son dixième chapitre : « Quel autre que Dieu peut avoir composé l'Alcoran ? On cric : C'est Mahomet qui a forgé ce livre. Hé bien , tachez d'écrire un chapitre qui lui ressemble, et appelez à votre aide qui vous voudrez. » Au dix-septième il s'écrie : « Louange a celui qui a transporté pendant la nuit son serviteur du sacré temple de la Mecque à celui de Jérusalem ! » C'est un assez beau voyage, mais il n'approche pas de celui qu'il fit cette nuit même de planète en planète, et des belles choses qu'il y vit.
Il prétendait qu'il y avait cinq cents années de chemin d'une planète à une autre, et qu'il fendit la lune en deux. Ses disciples, qui rassemblèrent solennellement des versets de son Koran après sa mort , retranchèrent ce voyage du ciel. Ils craignirent les railleurs et les philosophes. C'était avoir trop de délicatesse. Us pouvaient s'en fier aux commentateurs qui auraient bien su expliquer l'itinéraire. Les amis de Mahomet devaient savoir par expérience que le merveilleux est la raison du peuple. Les sages contredisent en secret , et le peuple les fait taire. Mais en retranchant l'itinéraire des planètes, on laissa quel ques petits mots sur l'aventure de la lune; on ne peut pas prendre garde à tout.
,Le Koran est une rapsodie sans liaison, sans ordre, sans art; on dit pourtant que ce livre ennuyeux est un fort beau livre; je m'en rapporte aux Arabes, qui prétendent qu'il est écrit avec une élégance et une pureté dont personne n'a approché depuis. Cest un poème, ou une espèce de prose rimée, qui contient six mille vers. 11 n'y a point de poète dont la personne et l'ouvrage aient fait une telle fortune. On agita chez les musulmans si l'Alcoran était éternel , ou si Dieu l'avait créé pour le dicter a Mahomet. Les docteurs décidèrent qull était étemel ; ils avaient raison, cette éternité est bien plus belle que l'autre opinion. Il faut toujours avec le vulgaire prendre le parti le plus incroyable.
Les moines qui se sont déchaînés contre Maho-
| met, et qui ont dit tant de sotiiscs sur son compte, ont prétendu qu'il ne savait pas écrire. Mais comment imaginer qu'un homme qui avait été négociant, poète , législateur et souverain , ne sût pas signer son nom? Si son livre est mauvais pour notre temps et pour nous, il était fort bon pour ses contemporains , et sa religion encore meilleure. H faut avouer qu'il retira presque toute l'Asie de l'idolâtrie. Il enseigna ! l'unité de Dieu; il déclamait avec force contre ceux qui lui donnent des associés. Chez lui l'usure avec les étrangers est défendue , l'aumône ordonnée. La prière est d'une nécessité absolue; la résignation aux décrets éternels est le grand mobile de tout. I) était bien difficile qu'une religion'si simple et si sage, enseignée par un homme toujours victorieux, ne subjuguât pas une partie de la terre. En eflet les musulmans out fait autant de prosélytes par la parole que ]iar l'épcc. Ils ont converti à leur religion les Indiens et jusqu'aux Nègres. Les Turcs mémo leurs j vainqueurs se sont soumis à l'islamisme.
Mahomet laissa dans sa loi beaucoup de choses qu'il trouva établies chez les Arabes ; la circoncision , le jeûne, le voyage de la Mecque qui était en usage | quatre mille ans avant lui , des ablutions si nécessaires à la santé et à la propreté dans un pays brûlant où I le linge était inconnu ; enfin l'idée d'un jugement deri nier que les mages avaient toujours établie , et qui était i parvenue jusqu'aux Arabes. Il est dit que , comme il annonçait qu'on ressusciterait tout nu, Aishea sa femme trouva la chose immodeste et dangereuse : « Allez, ma bonne, lui dit-il , on n'aura pas alors cn- 1 .vie de rire. » Un ange , selon le Koran, doit peser les hommes tt les femmes dans une grande balance, i Cette idée est encore prise des mages. Il leur a volé aussi leur pont aigu, sur lequel il faut passer après la mort, et leur jannat, où les élus musulmans trouveront des bains , des appartemens bien meublés , de bons lits, et des houris avec de grands yeux noirs. Il est vrai aussi qu'il dit que tous ces plaisirs des sens, si nécessaires à tous ceux qui ressusciteront avec des sens, n'approcheront pas du plaisir de la contemplation de l'Être suprême. Il a l'humilité d'avouer dans son Koran que lui-même n'ira point en paradis par son propre mérite , mais par la pure volonté de Dieu. Cest aussi par cette pure volonté divine qu'il ordonne que la cinquième partie des dépouilles sera toujours pour le prophète.
Il n'est pas vrai qu'il exclue du paradis les femmes. Il n'y a pas d'apparence qu'un homme aussi habile ait voulu se brouiller avec cette moitié du genre humain qui conduit l'autre. Abulfeda rapporte qu'une vieille l'importunant un jour, en lui demandant ce qu'il fallait faire pour aller en paradis: « Ma mie, lui dit-il, le. paradis n'est pas pour les vieilles. » La bonne femme se mit à pleurer, et le prophète , pour la consoler, lui dit : « II n'y aura point de vieilles, parce qu'elles rajeuniront. » Cette doctrine consolante est confirmée dans le cinquante-quatrième chapitre du Koran.
Il défendit le vin, parce qu'un jour quelques-uns de ses sectateurs arrivèrent à la prière étant ivres. Il permit la pluralité des femmes, se conformant en ce point à l'usage immémorial des Orientaux.
En un mol, ses lois civiles sont bonnes; son dogme est admirable en ce qu'il a de conforme avec le notre : mais les moyens sont affreux ; c'est la fourberie et le meurtre.
On l'excuse sur la fourberie, parce que, dit-on, les Arabes comptaient avant lui cent vingt -quatre mille prophètes , et qu'il n'y avait pas grand mal qu'il en parût un de plus. Les hommes, ajoute-t-oo, ont besoin d'être trompés. Mais comment justifier un homme qui vous dit : « Crois que j'ai parlé à l'ange Gabriel, ou paie-moi un tribut? ».
Combien est préférable un Confucius , le premier des mortels qui n'ont point eu de révélation ! il n'emploie que la raison , et non le mensonge et l'épée. Vice -roi d'une grande province, il y fait fleurir la morale et les lois: disgracié et pauvre, il les enseigne; il les pratique dans la grandeur et dans l'abaissement; il rend la vertu aimable; il a pour disciple le plus ancien et le plus sage des peuples.
Le comte de Boulainvilliers , qui avait du goût pour Mahomet, a beau me vanter les Arabes, il ne peut empêcher que ce ne fût un peuple de brigands; ils volaient avant Mahomet en adorant les étoiles; Us volaient sous Mahomet au nom de Dieu. Ils avaient, dit -on, la simplicité des temps héroïques; mais qu'est-ce que les siècles héroïques? c'était le temps où l'on s'égorgeait pour un puits, et pour une citerne , comme on fait aujourd'hui pour uue province.
Les premiers musulmans furent animés par Mahomet de la rage de l'enthousiasme. Rien n'est plus terrible qu'un peuple qui, n'ayant rien à perdre, combat à la fois par esprit de rapine et de religion.
Il est vrai qu'il n'y avait pas beaucoup de finesse dans leurs procédés. Le contrat du premier mariage 4c Mahomet porte, qu'attendu que Cadisha est amoureuse de lui, et lui pareillement amoureux d'elle, on a trouvé bon de les conjoindre. Mais y a-t-il tant de simplicité à lui avoir composé uue généalogie, dans laquelle on le fait descendre d'Adam en droite ligne, comme on en a fait descendre depuis quelques maisons d'Espagne et d'Ecosse. L'Arabie avait son Moréri et son Mercure Galant.
Le grand prophète essuya la disgrâce commune à tant de maris; il n'y a personne après cela qui puisse se plaindre. On connaît le nom de celui qui eut les faveurs de sa seconde femme , la belle Aishea ; il s'appelait Assan. Mahomet se comporta avec plus de hauteur que César, qui répudia sa femme, disant qu'il ne fallait pas que la femme de César fût soupçonnée. Le prophète ne voulut pas même soupçonner la sienne; il fit descendre du ciel un chapitre du Koran , pour affirmer que sa femme était fidèle. Ce chapitre était écrit de toute éternité, aussi-bieu que tous les autres.
On l'admire pour s'être fait, de marchand de chameaux, pontife, législateur et monarque, pour avoir soumis l'Arabie qui ne l'avait jamais été avant lui , pour avoir donné les premières secousses à l'empire romain d'orient et à celui des Perses. Je l'admire encore pour avoir entretenu la paix dans sa maison parmi ses femmes. Il a changé la face d'une partie de dict. mil.
l'Europe, de la moitié de l'Asie, de presque toute l'Afrique, et il s'en est bien peu fallu que sa religion n'ait subjugué l'univers.
A quoi tiennent lesrévclutions! un coup de pierre un peu plus fort que celui qu'il reçut dans son premier combat, donnait une autre destinée au monde.
Son gendre Aly prétendit que, quand il fallut inhumer le prophète , on le trouva dans un état qui n'est pas trop ordinaire aux morts , et que sa veuve Aishea s'écria : Si j'avais su que Dieu eût fait cette grâce au défunt , j'y serais accourue à l'instant. On pouvait dire de lut : Decet imperatorem stantem mon*.
Jamais la vie d'un homme ne fut écrite dans un plus grand détail que la sienne. Les moindres particularités en étaient sacrées ; on sait le compte et le nom de tout ce qui lui appartenait , neuf épées , trois lances , trois arcs , sept cuirasses , trois boucliers, douze femmes, un coq blanc, sept chevaux, deux mules, quatre chameaux, sans compter la jument Borac sur laquelle il monta au ciel; mais il ne l'avait que par emprunt, elle appartenait en propre à l'ange Gabriel.
Toutes ses paroles ont été recueillies. II disait que la jouissance des femmes le rendait plus fervent à la prière. En effet pourquoi no pas dire bénédicité et grâces au lit comme à table? une belle femme vaut bien un soupé. On prétend encore qu'il était un grand médecin ; ainsi il ne lui manqua rieu pour tromper les hommes.