‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 218 sur 551 · ENFERS · texte numérisé non relu

ENFERS

Notre confrère qui a fait l'article En\rr n'a pas parlé de la descente de Jésus-Christ aux enfers ; c'est un article de foi très-important; il est expressément •pecifté dans le Symbole dont nous avons déjà parlé. On demande d'où cet article de foi est tiré; car il ne te trouve dans aucun de nos quatre évangiles; et le Symbole intitulé </o autres, n'est, comme nous l'avons observé, que du temps des savans prêtre* Jérôme, Augustin et Hufiu.

On estime que celte descente de notre Seigneur enfers est prise originairement de l'Evangile «le léme, l'un des plus anciens.

Dans cet évangile, le prince du Tari arc et Salhan, après une longue conversation avec Adam, Enoch, Elio le Thcsbitc et David , « entendent une voix comme le tonnerre et une voix comme une tempête. David dit au prince du Tartarc : Maintenant, trèsvilain et tres-sale prince de l'enfer, ouvre les portes et que le roi de gloire entre, etc.; disant ces mots au prince, le Seigneur de majesté survint eu forme d'bommc, et il éclaira les ténèbres éternelles, cl il rompit les liens indissolubles; et, par une vertu invincible, il visita ceux qui étaient assis dans les profondes ténèbres des crimes , et dans l'ombre de la mort des péchés. »

Jésus-Christ parut avec saint Michel; il vainquit la mort ; il prit Adam par la main ; le bon larron le suivait portant sa croix. Tout cela se passa en enfer en présence de Carinus et de Lcntbius, qui ressuscitèrent exprès pour en rendre témoignage aux pontifes Anne et Caiphc, et au docteur Gauialicl , alors maitre de saint Paul.

Cet évangile de Nicodèmc n'a depuis long-temps aucune autorité. Mais on tiouve une confirmation de cette descente aux enfers dans la première épitre de saint Pierre, à la fin du chapitre III. « Parce que le Christ est mort une fois pour nos péchés, le juste pour les injuslcs, afin de nous offrir a Dieu, mort à la vérité en chair, mais ressuscité en esprit, par lequel il alla prêcher aux esprits qui étaient en prison. »

Plusieurs pères ont eu des sen'.imcus diflerens sur ce passage; mais tous convinrent qu'au fond Jésus était descendu aux enfers après sa mort On fil sur cela une vaine difficulté. 11 avait dit sur la croix au bon larron, Vous serez, aujourd'hui avic moi en paradis. Il lui manqua donc de parole en allant en enfer. Celte objection est aisément répondue en disant qu'il le mena d'abord en enfer et ensuite en piradis.

Eusèbc de Césarée dit (<i) que « Jésus quitta son corps sans attendre que la Mort le vint prendre; qu'au contraire , il prit la Mort toute tremblante , qui embrassait ses pieds et qui voulait s'enfuir; qu il l'atréta, qu'il brisa les portes des cachots où étaient renfermées les Ames des saints; qu i] les en tira, les ressuscita , se ressuscita lui-même , et les mena en triomphe dans cette Jérusalem céleste, laqiu llc <lci* cctuitiit du ciel toutes ic> nui(>. et fut vue par saint Justin. »

(•)EvMgikc,cfi«p.a

On disputa beaucoup pour savoir si tous ces rev suscités moururent de nouveau avant de monter au ciel. Saint Thomas assure dans sa Somme (&) qu'ils remoururent. C'est le sentiment du fin et judicieux Cal met. « Nous soutenons, dit-il dans sa dissertation sur celte grande question , que les saints qui ressuscitèrent après la mort du Sauveur moururent de nouveau pour ressusciter un jour.

Dieu avait permis auparavant que les profanes geutits imitassent par anticipation ces vérités sacrées. La fable avait imaginé que les dieux ressuscitèrent Pélops; qu'Orphée tira Eurydice des enfers, du moins pour un moment ; <|U Hercule en délivra Al ce rte ; qu'Esculape ressuscita Ilippolytc. etc., etc. Distinguons toujours la fable de la vérité, et soumettons notre esprit dans tout ce qui l'étonné, comme daiu ce qui lui paraît conforme à ses faibles lumières.

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