‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 223 sur 551 · XI · texte numérisé non relu

XI

Ma rot en a fait quelques-unes, où l'on retrouve toute l'aménité de la Grèce.

Pms ne mil ce que j'ai été Et ne le «mini j iih.hs « rr<- ; Mon l>rau printemps et mon été Ont fait le uul r:ir l.i feorrtre.

Amour, tu as été mon maître, Je t*ai «enri sur tous les dieux Oh ! si je pouvais d ut fois naître, Comme je le servirais ruieux !

(Epigr.CXCVl.)

Sans le printemps et l'été qui font le saut >*ir lu fenêtre, cette rpigramme serait digne de Callimaquc.

Je n'oserais en dire autant de ce rondeau , que tant de gens de lettres ont si souvent répété.

An bon vieux temps un train d'amour régnoit Qui sans ^raïul art et rions se demenoii, Si qu'un bouqwl donou d'amour profonde (M'Kiit donner toute la terre ronde; < m seulement au coeur on te prenoit ; Kt si par cas a jouir on veooit , Saver-vous bien comme on >Viilrcterw'it ? Vingt ans, trente ans; celu duroil un ruondV

Au bon vieux temps.

Or est perdu ce |n .irrmir ordonnoil (a', Rivti que pleurs feint», rirn i|UC changes on n'oit. Oui voudra donc qu'.'i aimer je me fonde , Il Lut premier que l'amour on refonde, Lt qu'on la mi ne ainsi qu'en la menoil

Au bon vieux temps.

Je dirai «1 abord que peut-être ces rondeaux , dont le mérite est de répéter à la fin de deux couplets les mots qui commencent ce petit poème, sont une in-

(a) Il est évident qu'alors on prononçait loua les ui rudement, , crdomio.t, et uon pas ordonnait, denirnnit, l avec oit. 11 est évident.

pranatt, | uis |ueccs «ocore qu'on se

lesfcuiiicment.ks niants.

vention gothique et puérile, et que les Grec* et le» Romains n'ont jamais avili la dignité de leurs langues harmonieuses par ces niaiseries difficiles.

Ensuite je demanderais ce que c'est qu'un frai* d'amour qui règne, un train qui se démine sans don. Je pourrais demander si venir à jouir par cas. sont des oxpressious délicates ci agréables; si s'entretenir et se fonder à aimer ne tiennent pas un peu de la barbarie du temps, que Marot adoucit dans quelquesunes de ses petites poésies?

Je penserais que refondre l'amour est une image bien peu convenable; que, si on le refond, on ne le mène pas ; et je dirais enfin que les femmes pouvaient répliquer à Marot : Que ne le refonds-tu toi-même ? quel gré te saura-t on d'un amour tendre et constant, quand il n'y aura point d'autre amour?

Le mérite de ce petit ouvrage semble consister dans une facilité naive. Mais que de naïvetés dégoûtantes dans presque tons les ouvrages de la cour de François I !

Ton vieux couteau, Pierre Martel , rouill Semble ton nn ja retrait et «souillé, Et le fourreau tant laid on tu l e C'est que toujours ai aime vie El la ficelle û quoi il est lié C'est qu'attaché seras et marié.

Quant au manclie de corne i

Voilà le sens, voilà la prophétie De ton couteau , dont je ta remercie.

Est-ce un courtisan qui est l'auteur d'une telle épigramme? est-ce un matelot ivre dans un cabaret? Marot malheureusement n'en a que trop fait dans ce genre.

Les épigramraes qui ne roulent que sur des débauches de moines et sur des obscénités, sont méprisées des honnêtes gens. Elles ne sont goûtées que par une jeunesse effrénée , à qui le sujet plaît beaucoup plus que le style. Changez d'objet, mettez d'atitrc# acteurs à la place; alors ce qui vous amusait paraîtra dans toute sa laideur.

ÊP1PHANI2.

La visibilité, l'apparition, l'illustration, le reluisant.

On ne voit pas trop quel rapport ce mot peut avoir avec trois rois, ou trois mages qui vinrent d'orient conduits par une étoile. Ccst apparemment cette étoile brillante qui valut a ce jour le titre d'rtpt-

ii'i in te.

On demande d'où venaieut ces trois rois? en quel cudroit ils s'étaient donné rendez-vous? Il y en avait un, dit-on, qui arrivait d'Afrique. Cc!iii-la it'éiaic donc pas venu de l'orient. On dit que c'étaient trot? mages; mais le peuple a toujours préféré trois miv On célèbre partout la féle des rois, et nulle part cri;»des mages. On mange le gâteau des rois et uon pas Ugâteau des mages. On cric, le mi hnl, et non p. uuiqc boit.

D'ailleurs, comme ils apportaient avec eux beaucoup d'or, d'encens et de myrrhe, il fallait bien qu'ils tussent de très-grands seigneurs. Les mages de ce

PHILOSOPHIQLE.

temps-là n'étaient pas fort riches. Ce n'était pas ( du temps du faux Smcrdis.

Terlullicn est le premier qui ait assuré que ces (rois voyageurs étaient des rois. Saint Àmbroisc et saint Césairc d'Arles tiennent pour les rois. Et on cite en preuve ces passages du psaume LXXI : « Les rois de Tarsis et des îles lui offriront des présens. Les rois d'Arabie et de Saba lui apporteront des dons. » Les uns ont appelé ces tiois rois Magalai, Galgalat, Saraim ; les autres Allios, Satos, Paraiora;. Les catholiques les connaissaient sous les noms de Gaspard, Mclchior et Balthazar. L evéque Osorius rapporte que ce fut un roi de (Jranganor, dans le royaume de Calicut, qui entreprit ce voyage avec dcti* mages; et, que ce roi, de retour dans sou pays, hâtii une chapelle « la Sainte-Vierge.

On demande combien ils dounèreut d'os à Joseph et à Marie? Plusieurs commentateurs assurent qu'ils tirent les plus riches piéscns. Ils se fondent sur l'Evaugilc de l'enfance, dans lequel il est dit que Joseph et Marie furent volés en Egypte par Titus et Dumachus. Or, disent-ils, on ne les aurait pas volés s'ils n'avaient pas eu beaucoup d'argent. Ces deu* voleurs fuient pendus depuis ; l'un fut le bon larron et l'autre le mauvais larron. Mais l'Evangile de Nicodcrac leur donne d'antres noms; il les appelle Dimas et Gcstas.

Le niéine Evangile de 1 enf.iuce dit que ce furent des mages et non pas des rois qui vinrent à Bethléem ; qu'ils avaient été a la vérité conduits par une étoile, mais que, l'étoile ayant cessé do paraître quand ils furent dans l'établc, un ange leur apparut en fonn-' d'étoile pour leur en tenir lieu. Cet évangile assure que celle visite des trois mages avait été prédite par Zoradasht , qui est le même que nous appelons Zoroastre.

Suarcz a recherché ce qu'était devenu l'or que pré* «entèrent les trois rois, ou les trois mages. 11 prétend que la somme davait être très-forte, et que trois rois ne pouvaient faire un présent médiocre. 11 dit que tout cet argent fut donné depuis à Judas, qui servant de maître d hôtel devint un fripon, et vola tout le trésor.

Toutes ces puérilités n'ont fait arcua tort à la fete de l'Epiphanie, qui fut d'abord instituée par l'église grecque, comme le nom le porte, et ensuite célébrée par 1 église latine.

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