IX
; qui tout sorti fume encore de < De se voir répand» pour d'autre* que pov i
Le comte de Gormas ue prodigue pas des exagérations mo ns fortes quand il dit :
Grenade et Y Aragon tremblent quand ce ter brille. Mon nom sert de rempart il toute la Cain'lle.
(/<t, acte I, scène VU.)
Le prinee , pour casai de générosité,
Non-seulement ces rodomontades étaient intolérables, mais elles étaient exprimées dans uu style qui fesait un énorme contraste avec les seutimens si natu-
rels ot si vrais de Chimèue et de Rodrigue.
t outes cos images boursoultlécs ue commencèrent à déplaire aux esprits bien faits que lorsqu'enfin la politesse de la cour de Louis XIV apprit aux Français que la modestie doit être la compagne do la valeur; qu'il faut laisser aux autres le soin de nous louer ; quo ni les guerriers , ni les ministres , ni les rois ne parlent avec emphase, et quo le stjle bourtoufHé est le contraire du sublime. ♦
On n'aime point anjourd hui qu'Auguste parle de l'empire absolu qu'il a sur tout le monde, et de son pouttoir sauverai* sur la terre et sur l'onde : on n'entend plus qu'en souriant Émilie dire à Ciuna :
Pour être plus qa'na rei , ta te croie quekrae eh«e.
(C.iw.,acteUl,*ei»etV.)
Jamais il nV eut •m effet d'exagération plus outrée. Il n'y avait pas long -temps qu«! des chevaliers romains des pins anciennes famille?, un Scplime, un Acbillas, avaient été aux pages de Ptoloméc, roi d'E- • 8yPtc- ^ s*nat de Rome ponvait se croire au-dessus des rois; mais chaque bourgeois de Rome ne pouvait avoir cette prétention ridicule. On baissait le nom de roi à Rome, comme celui de maître, Aominus, mais on ne le méprisait pas. On le méprisait si peu que César l'ambitionna, et ne fut tué que pour l'avoir recherche. Octave lui-même, dans cette tragédie, dit a Cinna :
Bien plus, ce ménw jour, je te deinn- Pmilie Le di<lir i>b;et de» venu d." ternie l'Italie, Et qu'ont mi»e *i Irait mon amour el mn soin». Queii te cnuionnaiif roi, je t'iiuri't» iliweié n oms.
( 1.1. :>-•:■ V, se ne I.'
(•) Vasiastk :
I e prince h m t.e.uù ne «on
dans le* l'omhre de
)NNAIRE
Le discours d'Emilie est donc non-seulement exagéré, mais entièrement faux.
Le jeune Ptolotnée exagère bien davantage, 1 qu'en parlant d'une bataille qu'il n'a point vuc,i s'est donnée à soixante lieues d'Alexandrie, il décrit a des fleuves teints de sang renaus plus rapides par lo débordement des parriciJ.es; des montagnes de morts privés d honneurs si.jrérncs , que la nature force à se venger eux- mènes, et dont les troncs pouris exhalent de quoi faire la guerre au reste des vivans ; et la déroute orgueilleuse de Pompée qui croit que l'Egypte, en dépit ds "a guerre ayant sauvé lo ciel, pourra sauver la terre, et pourra prêter l'epaule au monde chancelant. »
Ce n'est poiut ainsi que Racine fait parler Mithridate d'une bataille dont il sort.
Je suis vaine» : Pompée a s-iiei l'avaMase D'une nuit qui laissait |«n de place i Mrs soldai» presque nus dans l'ombre intimides, Le» rangs de toutes parts mnl pris et mal gardée, Le désordre partout redoublent les alarmes, Pfotis- mV-mes contre nous tournant nos pmpn^ armes , Les cri» que kt rochers renvoyaient plus auVeux, Enfin toute 1 horreur d'un combat ténébreux. Que pouvait la valeur dans trouble funeste? Les uns sont morts, la fiait* a sauvé tout le reste ; Et je œ dois la vie , en ce commun effroi , Qu'au bruit de mon trépas que je busse après mot.
( MilWatc , acte II , seine ffl. )
Cest li parler en homme. Le roi Ptolomée n'a parlé qu'en poète ampoulé et ridicule.
L'exagération s'est réfugiée dans les oraisons funèbres, ou s attend toujours a l'y trouver : on ne re^ garde jamais ces pièces d'éloquence que comme des déclamations; c'est donc un grand mérite daus Bossuct, d'avoir su attendrir cl émouvoir dans un genre qui semble fait pour ennuyer.