‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 255 sur 551 · FERMETE · texte numérisé non relu

FERMETE

Fbbhbtb vient de ferme, et signifie autre chose qne foliilitc et dureté; une toile serrée, un i ont do la fermeté sans être durs ni solides.

Il faut toujours se souvenir que les i de l'Ame ne peuvent s'exprimer que par des image» physiques : on dit In fermeté de l'urne t Je l'esprit; ce qui ne signifie pas plus solidité ou durelc qu'au propre.

Le fermeté est l'exercice du courage de l'esprit ; elle suppose une résolution éclairée : l'opiniâtreté ancontraire suppose de l'aveuglement.

Ceux qui ont loué la fermeté du stylo de Tacila n'ont pas tant de toit que le prétend le P. Bouhours : c'est un lermo hasardé . mais placé, qui exprime l'énergie et la forte des pensées cl du stylo.

On peut dire que La Bruyère a un style ferme, etque d'autres écrivains ont un style dur.

KK HIl A RE.

Ck que nous avons .-. dire ici de Kerrare n'a aucun rapport a la littérature, principal objet de no» questions; mais il en ■» un très -grand avec la justice qui est plus nrecs aire que les belles- lettres , et bien moins cultivée, surtout en Italie.

Kerrare était rnrs»amir-p» un fief de l'empire ainsi que l'arme et Plaisance. I e pape Clément VI il en dépouilla César d'Kst s main armée, en i .">*)"• prétex.c de ce te tyrannie é:ail bien singulier pour ua liomnie qui se di: l'IiumMc vicaire de Jésus-Christ.

I.e duc Alpbon.se d'Est premier du nom , souverain du Kerrare, de V odeur, d'Est, de Carpt, de itovigno, avait épousé une simple citoyenne d<* t errare i Laura Euslocbia, d ml il avait et» trois i

ion mariage, reconnus par lui solennellement en face d'église. Il ne manqua a celle reconnaissance aucune des formalités présentes par les lois. Son successeur Alpliouae d'Est fut reconnu doc de Ferrare. Il épousa Julie d Urbùi, Klle ae François duc d'Urbtn, dont il •ut cet infortuné Césard'Est, héritier incontestable de tous les biens de la maison , et déclaré héritier par le . dernier duc , mort le 37 octobre 1 $07. Le pape Clément VIII du nom d'Aldobraitdin , originaire d'une famille de négociait* de Florence, osa prétexter que la grand'mèrc de César d'Est n'était pas assez noble, et que les enfans i|u elle avait niisau monde devaient être regardés comme les billards. La première raison est •ridicule et scandaleuse uans un évêquc,la seconde est insoutenable dans tors les tribunaux de l'Europe. Car, -si le duc n'était ^ l'jilimc, il devait perdre Mo- •dène et ses autres éuls, cl, s'il n'y avait point de vice dans sa naissance, il devait garder Ferrare comme Modèue.

L'acquisition de Ferrare était trop belle pour que le pape ne fil pas va'oir toute» 1er décrétées et toutes les décisious des braves théologiens, qui assurent que le pape peut rendre juste ce qui est injuste. En •conséquence il ("communia d'abord César d'Est; et, comme l'excommunication prive nécessairement un homme de tous ses biens, 1p père commun des fidèles leva des troupes cop»-« ■ excommunié pour lui ravir «on héritage au nom de l'église. Ces troupes furent battues; mais le duc Je Modène et de Ferrare vh bientôt ses finances épuisées et ses amis refroidis.

Ce qu'il y eut de plus déplorable, c'est que le roi de France Heuri IV se crut obligé de prendre le parti du pape, pour balancer le crédit de Philippe II , A la eour de Komc. C'est ainsi que le bon roi Louis XII, moins excusable, s'était déshonoré en s'unissant avee le monstre Alexandre VI et sou exécrable bâtard le duc Borgia. Il fidlui céder : alors le pape fit envahir Ferrare par le cardiual Aldobrandtn , qui entra dans

Il est bien triste qu'un nomme tel que Henri IV ait descendu à cette iudignité qu on appelle politique. Les Calons, les Mcicllus, les Scipions, les Febricius, n'auraient point trahi ainsi la justice pour plaire à un prêtre. Et à quel prêtre !

Depuis ce temps Ferrare devint déserte, sou terroir inculte se couvrit de marais croupissans. Ce pays ■avail été sous la maison d'fùte un de» plus beaux de l'Italie; le peuple regretta toujours ses anciens maîtres. Il est vrai que le duc fut dédommagé; on lui douna la nomination a urt évéché et a une cure; et ou lui fournit même quelques iniuols de se) des magasins de Ccrvia. Mais il n'est pas moim vrai que la maison de Modène a des droits incontestable» et imprescriptibles sur co duché de Ferrare , dont elle est si indignement dépouillée.

Maintenant, mou cher lecteur, supposons que cette scène se soit passée du temps où Jésus -Christ ressuscité apparaissait à ses apôtr»s , cl (|»r Simon fiarjonc, surnommé Pierre, eût vo-ilu s emparer des étals de ce pauvre duc de Ferrare. Imaginons que le duc va demander justice en Bélhanin au Saignour Jé-

Scigneur qui snvoie U

''sor*le-champ Simon , cl qui lui dit : , fils de Jone, je t'ai donne les clefs du royaume des eieux ; on sait comme ces clefs Wit faites « mais je ne t'ai pas donné celles de la terre. Si on l'a dît que lu eieleuloure le globe et que le couieuu est dans 1* contenant, t'es-tu inuginé que les royaumes d'ici-bas t'appartiennent, et que lu n'as qu'à l'emparer de lout ce qui te convient? Je l'ai déjà défendu de dégainer. Tu me parais un composé forl bizarre; tonldt tu coupes, à ce qu'on dit, une oreille à Malcbtis, tantôt lu me renies; sois plus doux et plus bouille, ne prends ni le bien ni les oreilles de personne, de peur qu'où M te donne sur les tiennes.

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