‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 261 sur 551 · FIGURE · texte numérisé non relu

FIGURE

Si on vent s'instruire , il faut lire attentivement tous les articles du grand Dictionnaire de l'Encyclopédie, au mot Figure.

Figure de la terre par M. d'Alembert ; ouvrage aussi clair que profond, et dans lequel on trouve tout c* qu'on peut savoir sur cette matière.

Figure de rketorique, par César Dumarsais; instruction qui apprend à penser et à écrire, et q-i fait regretter , comme bien d'autres articles , que les jeunes gens ne soient pas à portée de lire conrr.odément des choses si utiles. Ces trésors, cachés dins un Dictiounairc de vingt-deux volumes in-folio d'na prix excessif, devraient être entre les mains de tous les étudians pour trente sous.

Figure humaine par rapport à la peinture et I la sculpture; excellente lcçpn dounéc par M. Valelet à tous les artistes.

Figure, eu physiologie; article trèa-iugénieux , par M. d'Abbés de Cabero'cs.

Figure, en aritbmétiquo et on algèbre, par mon-

Figure, en logique, en métaphysique, et lettres, par M. le chevalier de Jaucour , homme auv dessus des philosophes de l'antiquité , en ce qu'il ■ préféré la retraite , la vraie philosophie , le travail infatigable , à tous les avantages que pouvait lui procurer sa naissance, dans un pays on l'on préfère cet ■vanlags à tout le reste , excepté à l'argent.

Figure ou forme de L. terre

Comment Platon, Aristote, Cratosthcnei. , Possidotiius et tous les géomètres de l'Asie , de l'Egypte et de la Grèce , ayant reconnu la sphéricité de notre globe, ainva-t-il que nous crûmes si long temps la terre plus longue que large d'un tiers , t-t que de là UOUS vinrent les degrés de longitude et Je latitude; dénomination qui atteste continuellement notre ancienne ignorance?

Le juste respect pour la Bible, qui nous e. scigne tant de vérités plus nécessaires et plus sublimes, fut la cause de celte erreur univ erselle parmi nous.

Ou avail trouvé, dans le psaume Clll , qu2 Dieu a étendu le ciel sur la terre comme une peau; et de ce qu'une peau a d'ordinaire plus de longueur que de largeur, ou en avait conclu autant pour la terre.

Saint Aliianaso s'exprime avec autant d" chaleur contre les bons astronomes que contre Ivs partisans d'Arius et d'Eusèbc. « fermons, dil-i', la bouche i ces barbare'., qui, parlant sans preuve, osent avancer que le ciel s'étend aussi sons la terre. Les pères regardaient la terre comme un grand vaisseau entouré d'eau , la proue élail a l'orient et b poupe à l'occident.

On soit encore dans Cosmas, moine du quatrième siècle, une espèce de car;e géographique où la terre a cette ligure.

Tortato, évoque d'Avila, sur la fin du quinzième siècle, déclare daus sou Commentaire sur la Genèse,

que la foi chrétienne est ébranlée , pour peu qu'on

croie la terre ronde.

Colombo , Vcspucc et Magellan ne craignirent point l'excommunication du ce savant évêque; et la terre reprit sa rondeur malgré lui.

Alors ou courut d'une extrémité à l'autre; la terre passa pour une sphère parfaite. Mais Terreur de la sphère parfaite était une méprise des philosophes, et l'erreur d'uno terre plaie et longue était une sottise d idio s.

Dès qu'on commença à bien savoir que notre globe tourne sur lui-même en •'ingt-quatre heures, on aurait pu Juger do cela seul , <|u'unc forme véritablement ronde ne saurait lui appartenir. Non-seulement (a force centrifuge élève considérablement les eaux dans la région de l'équateur, par le mouvement de la rota ion en vingt-quatre heures; mats elles y sont encore élevées d'environ vingt-cinq pieds, deux fois par jour par les marées ; il s«rait donc impossible que les terres vers IVquatcur ne fussent perpétuelle» ment iuondées; or elles ne le sont pas; donc la régiou de l'équateur est beaucoup plus élevée à proportion qne le reste de la terre} donc la terre est un sphéroïde élevé à l'équateur, et ne peut Être une sphère parfaite. Celte preuve si simple avait échappé aux plus grands génies, parce qu'un préjugé universel permet rarement l'examen.

On sait qu'en 167a Ricbcr, dans uu voyage a Cayenno près de la ligne, entreprise par l'ordre de Louis XIV sous les auspices de Colbert , le père de tous les arts; Richer, dis-jc, parmi beaucoup d'observations, trouva que le pendule ùt son horloge ue fesaii plus ses oscillations , ses vibrations aussi fréquoutes que dans la Latitude de Paris , et qu'il fallait absolument raccourcir le pendule d'une ligne et de plus d'un quart. La physique cl la géométrie u 'étaient pas alors à beaucoup près si cultivées qu'elles le sont aujourd bui ; quel homme eût pu croire que de cette remarque si petilo en apparence, et que d'une ligne 4c plus ou de moins, pussent sortir les plus grandes vérités physiques? On trouva d'abord qu'il fallait nécessairement que la pesanteur fût moindre sous l'équateur que dans notre latitude, puisque la seule pesanteur dit 1 oscillation d'un pendule. Far conséquent , puisque la pesanteur des jorps est d'autant moins forte que ces corps sont plus clo! jncsdu centie de la terre , il fallait absolument que la région de lYqua eux fût beaucoup plus élevée que ia noire, plus éloignée du centre; ainsi la terre 11e pou~vt.il être une vraie sphère.

Beaucoup de philosophes firent, à propo* de cef découvertes, ce que font tous les hommes quam1 il faut changer son opin on; on disputa sur l'expérience de Kichcr; on prétendit que nos pendues P" fêtaient leurs vibra ions moins promptes vers IVqn.Heur que parce que la chaleur allongeait ce niétal ; mais on vit que la chaleur du plus bridant été l'ilhii^ d'une li^uc sur ireute pieds de longueur; et 'I salissait ici d'uue ligue et un quart, d'une ligne •;• d-n^c. ou même de deux lignes, sur une verge de r-r lom/--i de trois pieds huit lignes.

Quelques aunées après, MM. Varin, I-ist*yes,

Fouillée, Couplet, répétèrent vers l'équateur la même expérience du pendule;' il le fallut toujours raccourcir, quoique la chaleur AU très-souvent moins grande sous la ligue mime qu'à quinze ou vingt degrés de l'équateur. Cette expérience a été confirmée de nouveau par les académiciens que Louis XV a envoyés au Pérou, qui ont été obligés vers Quito, sur des moutagnes où il gelait* du raccourcir le peudule à secondes d'environ deut lignes (<).

A peu près au même temps, les académiciens, qui ont été mesurer nn arc du méridien au nord, cri trouvé qu'à Pclîo, par-dcU le cercle polaire, il faut allonger le pendule pour avoir les mêmes oscillations qu'à Paris ; par conséquent la pesanteur est plus grande au cercle polaire que dans les climats de la France, comme elle est pt.is grande dans nos climats que vers l'équateur. Si 1 > pesanteur est plus grande au nord, le nord est donc plus pré» du centre de la terre que de IVqualcur; la terre cit donc aplatie ver» les pôles.

Jamais l'expérience et le raisonnement ne concoururent avec tant d'accord a prouver une vérité. Le célèbre Huyglieus , par le calcul des forces centrifuges, avait prouvé que la diminution dans la pesanteur qui en résulte pour une sphère n'était pas assex grande pour expliquer les phénomènes; et que par conséquent la terre devait être un sphéroïde aplati aux pôles. Newton, par les principes de l'attraction, avait trouvé les mêmes rapports à peu de chose près : il faut seulement observer qu'il uyghcus croyailque celte force inhérente aux corps qui les détermine vers le centre du globe, celte gravite primitive est partout la même. Il n'avait pas encore vu les découvertes da Newton ; il ne considér*îi donc la diminution de la pesanteur que ptir la .décrie des forces centrifuges. L'cAct des forces centrifuges diminue la gravité primitive sous l'équateur. Plui lej, cercles dans lesquels ce'tc force centrifuge s'everec deviennent petits, plus cette force réde à celle de Ir gravité; ainsi, sous le pôle même, la force centrifuge, qui est nulle, doit laisser a la gravité primitive tout'.- son action. Mais ce principe d'une gravité toujours égale tombe eu ruine par la découverte que Ncwtou a faite, et donî nous avons tant parlé ai'leurs, qr'nn corps transporté, par exemple, à d»\ diamèt ric du centre de la terre, pèse cent fois moins qi'7 un diamètre.

Ccst donc par les ' >is «1 • I» grpvtation, combinées avec celles de la foret» ccnlcifugr . qu'on lait voir véritablement quelle figure h 1 erre doit avoir. Newton etGrr'gori ont été si sûrs de cette théorie, qu ils n ont pas hésité d'avancer que les r\péricncui sur la pesanteur étaient plus s<ircs pour faire connaître ia figure de la terre qu'aucune mesure g''o^i?]>liique.

laanis XIV avai: signalé son règne pur cette méridienne qui traverse la France; I illustre Dominique Cassini l'avait commencée avec son fils; i1 avait, en 1 70 1 , lire du piej des Pyrénées a l'Observatoire une ligue aussi droite qu ou le pouvait, à travers les obstacles presque insuriuontaliles que les bailleurs des montagnes , les cliangemens de la réfraction dans

(«) Ceci «un écrit en 17JG.

1 ICTI0NNA1RE

Pair, el les altérations des in=.trumens opposaient •Bus cesse .i ce te vaslc et délicate entreprise ; il avait donc en ■ 701 mesuré six degr-s dix-huit minutes de cette méridienne. Mais, de «pu Iquc endroit que vînt l'erreur, il avait trouvé les degrés vers Paris, c'est-idirc, vers le nord, plus petits que ceux qui allaient aux Pyrénées vers le midi; cette mesure démentait et celle de Norvoold, cl la nouvelle théorie de la terre aplatie aux pôles. Cependant cette nouvelle théorie commençait a cire tellement reçue, que le secrétaire de l'académie n'hésita point, dans son Histoire de 1701, à dire que les mesures nouvelles prises en Fraucc prouvaient que la terre est un sphéroïde dont les pôles sont aplatis. Les mesures de Doir.iniqu v Ciisini entraînaient à la vérité une conclusion toute contraire; mais, comme la figure de la terre ne fesait pas encore en France une question, personne ne releva pour lors cette conclusion fausse. La degré* du méridicu de Colliourc à Paris passèrent prur exactement mesures ; et le pôle, qui par ces mesures devait nécessairement être allongé, passa pour aplati.

Un ingénieur, uommé M. des Roubais, é'nnné de la conclusion, démontra que, par les mesures prise» en France, ta terre devait être un «nhéroîdc oblong, dont le méridien qui va d'un pôle à 1 autre est plus lougquel équateur,eidont les pôles saut al longés (I). Mais de tous les physiciens à qui il adressa sa dissertation, aucun ne voulut la faire imprimer, parce qu'il semblait que I académie eût prononcé, et «ju'il parais' ■ait trop hardi à 1111 particulier de réclamer. Quelque temps après, Teneur de 1701 fut reconnue; on se dédit, et la terre fut allongée par une juste conclusion tirée d'un faux principe. La méridienne fut continuée sur ce principe de Paris à Ditnkcrquc; ou trouva toujours les degrés du méridien plus petits en allant vers le nord. Ou se trompa toujours sur la figure de la terre comme on s'cUii trompt sur la nature de la lumière. Environ ce temps- là des mathématiciens qui fesaient les mémos opérations à la Chine, furent étonnés de voir de la différence entre leurs degrés, qu'ils pensaient devoir être égaux, cl de les trouver , apres plusieurs vérifications , plus petits vers le nord que vers le midi. C'était encore une puissante raison pour croire le sphéroide oblong. que cet accord des mathématiciens de France et de ceux de la Chiuc. On fit p.'us encore eu France, on mesura des parallèles à l'équaleur. Il est aisé de comprendre nue, sur un sphéroide oblong, nos degrés de longitude doivent être plus petits que sur uue sphère. M. de Cassiui trouva le parallrle qui passe par Sainl -Malo, plus court de mille trente -sept toises quil n'aurait do être dans l'hypothèse d'une terre sphéritjuc. O: degré doue incompara-

blement plus court qu il n'eut ét* sur un sphéroide à pôles aplatis.

Toutes ces fausses mesures prouvèrent qu'on avait trouvé les degrés comme on avait voulu les trouver : elles retiverscreut pour un temps en Fraucc la démonstration de Neuton et d'Iluvgbcns; el ou ne douta pas que les pédes ne fussent d'une Ggurc tout opposée

(b) ton Mémoire e»t d m le I mimai iiiliM.r-.

a celle dont on les avait crus d'abord : on ne savait 00 l'on en était.

Enfin les nouveaux académiciens qui allèrent au cercle polaire en 173G, ayant vu par d'autres mesures que le degré était dans ces climats plus long qu'en France, ou douta entre eux et MM. Cassini. Mais bientôt après on ne douta plus? car les mêmes astronomes qui revenaient du péde, examinèrent encore ce degré mesuré en 1G77 par Picard au nord de Paris; ils vérifièrent que ce ilogré e»t de cent vingttrois toises plus long que Picard ne l'avait déterminé. Si donc Picard, avec ses précautions, avait fait son degré de cent vingt-trois toises trop court , il était fort vraisemblable fju'on col ensuite trouve les degrés vers le midi plus longs qu'ils ne devaient Otrc. Ainsi la première erreur de Picard, qui servait de foivlcmcnt aux mesures de la méridienne», servait aussi d'excuse aux erreurs presque inévitable$1|uc de très-bons astronomes avaient pu commettre dans ces opérations.

.Malheureusement d'autres mesureurs trouvèrent au cap de Bonne-Espérance, que les degrés du méridicu ne s'accord.iient prs avec los noires. D'autres mesures prises en Italie contredirent aussi nos me sures françaises. Elles étaient toutes démenties par celles de la Chine. On se remit donc à douter, et on soupçonna très-raisonnablement , à mon avis, que la terre était bosselée.

Pour 1er. Anglais, quoiqu'ils aiment à voyager, ils s'épargnèrent cette fatigue , et s'en tinrent à leur théorie.

I a différence d'un axe à l'autre n'est guère que de einq de nos lieues; différence immense pour ceux qui prennent parti, mais insensible pour ceux qui ne considèrent les mesures du globe que par les usages itiles qui en résultent. Un géographe ne pourrait guère dans une carte faire apercevoir cette différence , ni aucun pilote savoir s'il fait route sur un sphéroide ou sur une sphère.

Cependant on osa avancer que la vie des navigat< urs dépendait de cette question. O entrerct-vous jusque dans les degrés du 1

Figuré, exprimé en figura.

Oit dit un bal 'et {iguré, qui représente ou qu'on croit représentoi une action, uno paision, une saison, ou qui simproment forme des figures par l'arrangement des dans urs deux à deur., quatre à quatre : c/ ic \igurcc, pai-jc qu'elle exprim-* précisément l'ordre cl la disposition de l'original : vérité figurée par une fable, par un* parabole : VEjli e figurée par la jeune épouse du rantique des cantiques : l'inirt'cnne fi-'iuc \iguirc par Rabylonc : fy/r (iguré par les expressions métaphoriques qui figurent les choses dont on parle, et oui les défigurent quand 'et netaphorcs ne sont pas justes.

L'imagiiMtion ardente, la passion, le désir, souvent trompés, produisent le slyle fi«uré. Nous 11» l'admettons po ni dans l'histoire , car trop de métaphores nuisent a lu clarté ; elles nuisent même a la vérité, en disant pluît eu moins que la chose même

Des ouvrages didactiques réprouvent ce style. U est bien moins a sa place dans un sjrmon qi?«- dan*

one oraison funèbre, parce que le sermon est uue instruction dans laquelle on annonce la vérité; l'oraison funèbre, une déclamation dans laquelle on exagère.

La poésie d enthousiasme, comme l'épopée, l'ode, est le genre qui reçoit lu plus ce style. Ou le prodigue moins dans la tragédie où le dialogue doit être m naturel qu'élevé ; encore moins dans la comédie , le style doit être plus simple.

C'est le goût qui fixe les bornes qu'on doit donner an style Figuré dans chaque genre, liallbasar Gratian dit h que les pensées partent dus vastes côtes de la mémoire, s'embarquent sur la merde l'imagination, arrivent au port de l'esprit, pour Être enregistrées a la douane de l'entendement. » C'est précisément le style d'Arlequin. 11 dit à son □ titre : « La balle dt vbs couimandewens a rebondi sur la raquette de mou obéissance, m Avouons que c'est 'a souvent ce style oriental qu'on tâche d admirer.

Uu antre défaut du style figuré est l'entassement des ligures incohérentes. Uu poêle , en parlaut de quelques philosophes, les a appelés (t).

D'amhilii us pygxnecs , Qui iur tour* pieds vainement mlressts , El *ur de* monts d'argument entasse* De jour en jour stiperlirs Ktic lades , Vont redoublant leurs folles escalades.

Quand on écrit contre les phi osophes, il faudrait mieux écrire. Comment des pygmées ambitieux, redressas sur leurs pieds sur des montagnes d'argumens, continuent -ils des escalades? Quelle image fausse et ridicule! quelle platitude recherchée!

Dans une allégorie du même auteur, intitulée la liturgie de Cythëre, vous trouvez ces vers ri :

De toutes paru, auloui de 1 ineonime, Ils vool loinlirr oonimi; ftrtle menue , Moisson* ilr mriirs »ur l < c rrr jonrlies, Et dra dieux iiW-me h son c!:^r i»lta«-' i-s. De par Vernis nous reinuis cette affaire. .Si s'i n retourne aux «irut d <n* ton sérail . Kn tutninant <xuuun-ot il pourra faire ; ramener la brebis au bercail.

« Des moissons de c-:nr.i jonchés sur la terre comme de la gréle menue; e parmi ces cœurs palpitans i terre des di-Mix attachés au char d'i I inconnue; l'Amour qui vn de par *'V«iu* ruminer dans son sérail au « ici , cotniti^ui il pourra l'aire pour ramener an bercail celle brebis cnlourée de cœurs jonchés! » Ton" tel» forme une figure si fausse, si puérile à la fois et si grossière, si incohérent»?, s; dégoûtante, si extravagante, si platement exprimée, qu'on est étonne qu'un homme qui fesait bien d^s vers dans un autre genre, et nui avait du goût, ait pu écrire quclqut chose de si mauvais.

On est encore plus surpris qne ce style appelé i iar. Hique ait eu pendant quelque temps des approbateurs. Mais on cesse d'être surpris quand on lit les (pitres en vers de cet auteur; elles sont presque toutes hérissées de ces 6gurcs peu naturelles, et contraires les unes aux autres.

Il y a une ('pitre à >rarot qui commence aiasi :

Ami Marot. honnrnr de non pupitre.

Mon premier nudlrr , amples, rrtle cpilie Que vous écrit un Lmnb.t. uourrnson Qui sur i'arnaaar a pris » utre n tiwin , Kl qui Jadis en maiut genre dVwriiue Vint cLex vous seul ctadirr U rime.

Roileau avait dit dans son èpître à Molière :

Dans le» combat; d'e»prit savant maitre d < srriine.

(Satire 11, vers 5.)

Du moins la figure «"lait juste. On s'escrime dans un combat ; mais on n'étudie point la rime en s'escrini. mt. On n'est point l'bonncurdu pupifred un homme qui s'escrime. On ne prend point sur le Parnasse un écusso i pour rimer à nourrisson. Tout cela est incompatible, loul cela jure.

l ue figure beaucoup j lus vicieuse est celle-ci :

Au demeurant assez liant de suture, I.»r;c de croupe, épais de fourniture, Flamjuc de ch-dr, gabionne de Srd , Tri en un mol que la nalurc et l'art. En maçonnant lea remparts de ion Imr , Songèrent plus au (uurreau qu'à la lame.

( lto«*.tAC , allégorie intitulée .Vidas. )

« La nature et l'art qui maçonnent ks remparts d'une Ame, ces remparts maçonnés qui se trouventêtre une fourniture de ebair cl un gabion de lard, » sont assurément le comble de l'impertinence. Le plus vil Ca'quin travaillant pour la foire bai nt -Germain aurait fait des vers plus raisonnables. Mais quand ceux qui sont un peu au fait se souviennent que ce ramas de sottises fui écrit coutre uu des premiers homme* de la France par sa naissance, par ses places et pas son génie, qui avait été le protecteur de ce rimeur, qui I avait secouru de sou crédit et de son argent , et qui avait beaucoup plus d'esprit , d'éloquence et de science que son détracteur ; alors on est saisi d'indignation contre le misérable arrangeur de v ieux mots impropres rimés richement ; cl , eu louant ce qu'il a de bon, Ion déteste cet horrible abus du talent.

Voici une figure du même auteur non moins fausse et nou moins composée d'images qui se détruisent l'une l'autre.

i ict. mu.

t vous l'allés voir s'enfler De lotit le veut que peut faim «ou Hier, Dans le» fourneaux d'une tete erbauflee, I- «tuile «nr sottise greffée.

{Km HjiAC, Fpitre au P, Hrrunoj.)

Le lecteur sent assez, que la fatuité, devenue un arbre greffe sur l'arbre <le la sottise, ne peut être un soufflet, et que la tétc ne peut rire un fourneau. Toutes ces contorsions d'un homme qui s'écarte ainsi du naturel, ne ressemblent point assurément a la marcha décente, aisée et mesurée de iioilcau. Ce n'est pas la l'art poétique.

Y a-t-il un amas de ligures plus incolu rcutcs, plus disparates, que cet autre passage du même po;':tc :

Tout auteur qui veut, sans perdre haleJue,

Boire à longs traits aux «cirres d'Hippocrène,

Doit » 'imposer l'indUpensitble loi

I e s'éprouvf r , de descendre rbet soi ,

Et d'y chercher ces «emeoees de flamme

m DICTION

Sans qnoi jamais le plu» fier ôrrivaiu We peut «Ueindic i cet essor divin.

( Kpiu* au baron de BretcuJ. )

Quoi ! pour boire à longs traits il faut descendre dans soi , et y chercher des semences de feu dont le vrai embrase, sans quoi le plus fier écrivain n'atteindra poin' à un essor? Quel monstrueux assemblage! quel inconcevable galimatias!

On peut dans une allégorie ne poini employer les figures, les métaphores, dire avec simplicité ce qu'on a inventé avec imagination. Platon » plus d'ail t'gories encore que de figures ; il les exprime souvent avec élégance et sans faste. j*

Presque toutes les maximes des anciens orientaux J et des Grecs sont dans un style figuré. Toutes ces sentences sont des métaphores, de courtes allégories, | et c'est là que le style figuré fait un très-grand effet, en ébranlant l'imagination et r.i se gravant dans la mémoire.

Nous avons vu que Pytbagore dit , dans la tempête idorez l'écho, pour signifier, dan* les troubles civils rctiicz^'owi à la campeiijiie. i]*'(titi\ei pas le feu avec l'épée, pour dire, n'irrite: ;mi la e<priU échauffés. • Il y a dans toutes les langues beaucoup de proverbes communs qui sont dans le style figuré.

Figure en théologie.

Fu est très-certain , elles hommes les plu» pieux en conviennent, que les figures et les allégories ont été poussées trop loin. On ne peut nier que le monceau de drap rouge mis par la courtisane Ivehab à sa fenêtre pour avertir les espions de J osué , regardé par quelques pères de l'église comme une figure du sang de Jésus-Christ , ne soit un abus de Tesprit qui veut trouver du mystère à tout.

On ne peut nier que saint Arabroise, dans son livre do iVot cl de l'Arche , n'ait fait un très- mauvais usage do son gofll pour l'allégorie, en disant ijucla petite porte de l'arche était une ligure de noire derrière , par lequel sortent les excrémens.

Tous les gens sensés ont demandé comment o.i peut prouver que ces mots bébrtux mohn- ninl h,nba , prenez vite les dépouille . sont une figirc de Jésus- Christ. Comment Moïse étendant les mains pondant la bataille contre les Madianitcs, pcut-il être la figure de Jésus-Christ? comment Juda qui lie son ànon a la vigne, et qui lave sou manteau dans loin, est-il aussi uiio ligure? comment Huth se gliss.iu dans le lit de Boo/., peut-cile figurer 1 Eglise? comment Sara et lUichcl sont-elles .'L'glisc, et Agarc: t.i i la synagogue? coiuuteut les baisers de la Sunamite iur la Louche figurent-iis le mariage de l'Eglise?

On ferait un volume de toutes ces émirmcs, qui ont paru aux meilleurs. théo'ogicii.-dL's d~rur;rs temps plus lecbcirbrcs qu'édifiantes.

Le danger de cet abus est parf.iiicnvnt reronnu par l'abbé Meurt, auteur de l'Histoire ecclésiastique. C'est un reste de rubbinisme, un défaut H.nis lequel le «avant saint Jérôme n'est jamais tombe ; r?l?. re -semble à l'explication des songes, à l\ uein.iunitcic. Qu'une SUc voie de l'eau bonrbensc en rêvant , elle sera anal U

pariée; qu'elle voie de l'can elaire, elle aura un boni saeri. Une araignée signifie de Vantent, etc.

Enfin, la postérité éclairée pourra t-cllc le croire t on a fait pendant plus de quatre mille ans une étude sérieuse de l'intelligence des songes.

Figures symboliques.

Toutes les nations s'en sont servies, comme troua l'avons dit a l'article Emblème; mais qui a commencé? sont-cc les Egyptiens? il n'y a pas d apparence. Nou$ croyons avoir prouvé p'us «l'une fois que l'Egypte est un pays tout nouveau, et qu'il a fallu plusieurs siècles pour préserver la contrée des inondations et pour la rendre habitable. Il est impossible que les Egyptien» aient inventé les signes du zodiaque, puisque lea figures qui désignent les tempe do nos semailles et de nos moissons ne peuvent convenir aux leurs. Quand nous coupons nos blés, leur terre est couverte d'eau; quand nous semons, ils voient approcher le Hsmpf de recueillir. Ainsi le bœuf du zodiaque, et la nlh qui porte des épis, ne peuvent venir d'Egypte (*).

C'est une preuve évidente de la fausseté de oe paradoxe nouveau qne las Chinois sont une colonie égyptienne. Les caractères ne sont point le* mêmes, les Chinois marquent la route du soleil par vingt-huit constellations; cl les Egyptiens, d'après les Chal- 1 eus, eu comptaient dotue ainsi que nous.

Les figures qui désignent les nfanétes, sont à 1* Chine et aux Indes toutes différentes de celles d£gypte et de l'Europe; les signes des métaux diflerens, la manière do conduire la main eu écrivant non moine différente. Donc rien ne paraît plus chimérique que d avoir envoyé les Egyptiens peupler la Chine.

lou es ces fondations fabuleuses faites dans le» temps fabuleux, ont fait perdre un temps irréparable à une mul i:udc prodigieuse de savans, qui se sont tous égarés dans leurs laborieuses recherches, et qui auraient pu être u'.ilcs au genre humain dans des arts vi l'ilaMes.

Pluche, dans son Histoire, on plutôt dans sa Fable du ciel, nous certifie que Cliam, fils de Noé, alla régner en i gypte où il r.'y avait personne; que son fils Menés fui le plus ?raud des législateurs; que Thot é ait son premier miristre.

Selon lui et selon ses L'a' a us, ce l'hol ou un autre ins i ua dos feics eu l'Uonii'uir du déluge, et les cris de joie lolnm.hc, si fameux chez le Grecs, étaient des lamcu:a;ions cho* les Egyptien.*. Jiaccln veuait de l'hébreu hehc qui signifie <mt//«'/-, el cela dans un temps où le pvupiu hébreu u'ev^tait pas. Far celte explication, joie veut due tri.te^e, cl chauler veut dire, <i(»ci.

Les Iroquois sont plus sensés, ils ne s'informent ' poiut de ce qui se pa:..a sur le lac Onlario il y a quelques milliers d'ami. Va; ils vont a la chasse un lieu de faire dus \v s eines. . (

Les uiiiuts auli :jis apurent que b s sphinx dont l'Egypte é;ait ornée signifiaient la w< :i,luucc , parce que les in;erp"< les on! prétendu qu'un mol hc-

(•) Voret la PhiWjhif de rtwioire, et TKaiai sur k« BKBuri, ««., tome L

IMHÏiOSOPHIQUl--

brcu <pang voidaildirr «m«*r«>< : tomme si la langue hébraïque, qui est en grande partie dérivée de la phénicienne, avait servi de leçon â 1 F.gypte; et quel rapport d'un sphinx a une abondance d'eu i ? Les scoliastes futurs soutiendront un jour avec plus de Vraisemblance, que nos iiiascarons (|iii o nent la clef des cintres de nos fenêtres sont des emblèmes «le nos mascarades; et que ces fantaisies annonçaient qu'on donnait lu bal dans toutes les maisous décorées de mascarons.

Figure, sens fijur> , allégorique , mystique . tropoiogique, typque , etc.

Cest souvent l'art de voir dans les livres tout autre chose qui* ce qui t'y trouve. Par exemple, que Horotilus fasse périr son ri ■ère Ri n.us , cela signifie ra la mort du duc de Berri frire de Louis XI. Régulas prisonnier à Cartbagc, ce sera ssinl Louis captif à la Massonre.

On remarque trcs-justcnicnt, dans le grand Dictionnaire encyclopédique, que plusieurs pères de TEglisc ont pousse peut-être un peu trop loin ce goût des figures allégoriques; ils sont respectables jusq'ic dans leurs écarts.

Si les sain's pères ont quelquefois ahnsé dr cette méthode, on pardonne à ces petits excès d'imagination eu faveur d • leur saint zèle.

Ce qui peut les justifier encore, c'est l'antiquité de cet usage que nous avons vu pratiqué par les premiers philosophes. Il est vrai que les figu*»» symboliques employées par les percs sont dans un goàl di it rent.

Par exemple, lorsque saint Augustin veut trouver les quarante -deux gi'it^rations de la généalogie de Jésus, annoncée» par saiutMa'thieoqui n'e*» rapporte que quarante il une, Augustin dit ( ') qu'il faut compter deux fotsJiehonias, parecque Jéchonias est la j i irc iirufnliiitr qui appar'.ieut à deux murailles; que ces deux murailles figurent l'anc emie kri et la nouvelle, et que Jéchonias, étant ainsi ,'iïrir angnlaiu\ figure Jésus-Christ qui est la / mie j urre nt:git 'iiiir.

Le m me saiu- , dans le inèsie sermon, dit ( ) que le nombre de quarante doit dominer, et il abandonne Jéchonins et sa pierre angul.-.ire comp ée pour deux: générations. Le nombre de quaranie, dit-il, signifie la vie; car dix sont la parfaite béatitude, étant multipliés par quatre , qui figurent le temps en comptant les quatre saisons.

w.ni . le même sermon encore il explique pourquoi sa'n' Lui: donne soixante et dix-sept anr< 1res a .rVsi:s- Christ, cinquante-six jusqu'au patriarche Abraham, cl vmg et un d'Abraham a Lieu même. !1 est vrai selon le texte hébreu il n'y eu aurait que soi\an!e e: seize, car la Bible hébraique ne compte point. u:i Caînau qui est interpolé dans la DiLIc grecque ap>- Ire V. .v^f'uifc.

Voici ce que dit saint Augustin.

« Le nombre de soixante et dix- sept figure I a! o-

XU, article IX. — (e) li- , articlt XML

lîtion de tous les péchés par le baptême le

nombre dix signilie justice et béatitude résultant de la créature, qui est sept avec la Trinité qui fait troîs. C'est par cette raison que les rommaudenions de Dieu sont au uombre de dix. Le nombre onze signifie 1e

péché, parce qu'il transgresse dix Ce nombre «Je

soixante et dix-sept est le produit de onze figures (lu péché multiplié par sept et non par dix; car le nombre sept est le symbole de la créature. Trois représentent l'âme qui est quelque image de la Divinité, ët quatre représentent le coips à cause de ses quatre qualités, etc. Q). »

On voit dans ces exn'.i-ations un reste des mystères de la cabale et du qtia'emairc de Pylbagorc. (%• goût fut trcs-long-temps tn /ogue.

Saint Augustin va plus 'oin sur les dimensions de la matière ( >). l a largeur, c'est la dilatation du cœur qui opère les bonnes œuvres; la longueur, c'est la persévérance; la hauteur, c'est l'espoir des récompenses. 11 pousse très-loin cette allégorie; il l'applique à la croix , cl en rire de grander conséquences.

L'usage de ces figures avait passé des Juift aux chrétiens long-temps avant saint Augustin. Ce n'est pas à nous de savoir dans quelles bornes on devitt s'arrêter.

Les exemples de ce défaut sont innombrables. Quiconque a fait de bonnes études ne hasardera «te telles I gurcs ni dans la chaire, ni dans l'école. II n'y en a point d exemple chez les lion ains et chez les Grecs, pas même dans les poètes.

On trouve seulement dans les Métamorphoses d'Ov de des ii.diictions ingénieuses lirces des fables qu'on clonne pour fables.

Py rrha et Dcocalion ont jeté des pierres entre leurs jmibes par derrière, des hommes en sont nés. Ovid« dit (Vélamoi ph. I, 4i 4 -'4 i 5 ) :

lm,U Qtnut durum ««mu. , e*, rr i>it».J« lob-, un. ;

Ll Jurumtuta damai fiJ ti'tiu* «irprit ii-U.

Forint1» par de» cailloux, mil Cùilc ou vcrild,

Ilélas '. le fcïur de lliommc en • la thnrtë.

Apollon aime Dapbné , et Dapinic n'aime point Apollon; c'est «|uc l'amour a deux espèces de flèches : les unes d or et perdantes, les autres de plomb et «'cachées.

Apollon a reçu dans îe cœur une flèche d'or

Daphué une de plomb.

l)ct]-.it j.i.jttlt/ii J f» oinsil Ami i< li p! «n liil

livi, o: « m o: «lin»; (-u;M oc, fini il.wf amorem.

Quo i f rit i.Hidtum Ml . W r.i<i ..V J f rf .« «f.. ;

Quoi j .julgfliuMin f.l.ff 'afi-f ■«'•■if'nJ or ; ht"ihnmT*H.

(Ovmr., ,Vrt«ni»»l«'-.. I, 4«i8-4~»)

F«tal An*>ur, »•» tr it» **m 'i . >e-'«; I.c* m»» »'»IU d or, il» mii.I iio ix rl l'Crf*"*; tl ftiul ^«'oli aiiut, il li » très u nx !r.iire finit il ut» vil ji'oi: li vi 'i ' Jr» d • t » •»««. O ilieii d amo-ir. rn j' i l-nl il«' Ti-i. PtcmU te» u-nil» il'nr jn> . ^ « i.n.- .i t nv.r nmi.

Toutes ces li icvs --ont in.v'iiie i "s ei tromp-nt pe; -o.uie. Oiuunl on «lit que '.•'uns. !:« i. '•• - e de la beuiiîé, ne doit point m .relier - ..i.» : '-. • du

\LI, art. XXIII. — ';/. « I ''■ ^ «rt. M»

DICTIONHAIRE

une vérité charmante. Ces fables qui étaient daus la bouche de tout le monde, ces allégories si naturelles avaient tant d'empire sur les esprits, que peutêtre les premiers chrétiens voulurent les combattre en les imitant. Ils ramassèrent les armes de la mythologie pour la dé: mire; mais ils ne purent s'en servir avec la même adresse ; ils ne songèrent pas que l'austérité sainte de notre religion ne leur permettait pas d'employer ces ressources, et qu'une main chrétienne aurait mal joué sur la lyre d Apollon.

Cependant le gout de ces figures typiques et prophétiques élait si enraciné, qu'il n'y eut guère de prince , homme d'état , d e pape, de fondateur d'ordre, auquel on n'appliquât des allégories, des allusions prises de l'Ecriture sainte. La flatterie et la satire puisèrent a l'envi dans la même source.

Ou disait au pape Innocent III : Innoccns cri, maMictione , quand il fit une croisade sanglante contre le comte de Toulouse.

Lorsque François Martorillo de Paulc fonda les minimes, il se trouva qu'il était prédit dans la Genèse: Miniums cuin pâtre nostro.

Le prédicateur qui prêcha devant Jean d'Autriche, apr.s la célèbre bataille de Lépanlc , prit pour son texte : Fuit homo mi<\us à Peo cui nomen crat Jotxnne< ; et cette allusion était fort belle si lei autres étaient ridicules. On dit qu'on la répéta pour Jean Sobicski, après la délivrance de Vienne, mais le pn'dicatcur nYlait qu'un plagiaire.

Enfin, ce fut un usage si constant, qu'aucun prédicatcui de nos jours n'a jamais manqué de prendre une allégorie pour sou texte. Une des plus heureuses est le texte de ( Oraison funèbre du duc de Candale, prononcée devant sa sœur qui passait pour un modèle de vertu : Pic quia soror meu c< , ut mihi bent evenûit profiter te. Dites que vous êtes ma sœur, afin que je sois bien traité à cause de vous.

Il ne faut pas être surpris si les cordeliers poussèrent trop loin ces figures en l'honneur de saint François d'Assise , dans le fai.icux et tres-peu connu livre des Conformités de saint François d'Assise avec Jésus-Christ. On y voit ruinante et quatre prédictions de i'avéncmentdc saint François, tant dans l ancieu Testament que daus 'e nouveau, cl chaque prédiction contient trois ligures qui signifient la fondation des cordeliers. Ainsi ces pères se trouvent prédit» cent quatre-vingt-douze fois dans la Bible.

Depuis Adam jusqu'à saint Paul tout a figuré le bienheureux François d'Assise. Les écritures ont été données pour annoncer à l'univers les sermens de François aux quaJrupédes, aux poissons n aux oiacaux , ses ébats avec sa femme de neige, ses passetemps avec le diab c , ses aventure* avec frère E.ie et frère Pacifique.

On a condamné ces pieuses rêveries qui allaient jusqu'au blasphème. Mais l'ordre de Saint-François n'en a po:nt p.iti ; il a renoncé » ces extravagances trop < o mmiiies dans les siècle» de barbarie (•).

(•> V.,yc

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