GENIES
La doctrine des génies, I astrologie judiciaire, et Iji iBâ^iP ^Mit rempli tcwitt* Ifl Iimtc Jtiîitioîitpy jnis^u1 i l'ancien Zoroaitre, vous trouverez, les génies établis. Toute l'antiquité eat pleine d'astrologues et de magi- Cos idées étaient donc bien natUreWes. Nous moquons aujourd'hui de tant de peuple» chez «ai elles ont prévalu; si nous /-fions à tour place, •i dons commencions comme eux a cultiver les sciences, nous en ferions tout autant. Imaginons-nous que nous sommes des gens d'esprit qui commençons a raisonner sur notre être, et à observer les astres : la terre eat sus doute immobile au milieu du monde; le soleil et les planètes ne touruent que pour elle; et les étoiles ne sont que pour nom; l'homme est donc le grand objet de toute la nature. Que (aire de tous ces globes uniquement destinés à notre usage, et de l'immensité du ciel ?I1 est tout vraisemblable que l'espace et les globes sont peuplés de substances; et puisque
du monde , et que tout est fait pour l'homme , ces substances sont évidemment destinée* a l'homme.
Le premier qui
siblc, aura bientôt trouvé des disciples, persuadés que la chose existe. On a donc commencé par dire : Il pent exister des génies, et personne n'a pu affirmer le contraire ; car où est l'imposibililé que les aire ei les planètes soieut peuples ? On a «lit ensuite : 11 y a des génies ; et certainement personne ne pouvait prouver qu'il n'y en a point. Bientôt après, quelques sages vire ut ces génies, et ou n'était pas en droit de leur dire : Vous ne les avez point vus ; ils étaient apparus à des hommes trop considérables , trop digues de foi. L'un avait vu le génie de l'empire, ou de sa ville, l'autre celui de Mars et de Saturne ; les génies des quatre clémous s'étaient manifestés à plusieurs philosophes; plus d'uu sage avait vu sou propre génie ; tout cela d'abord en songe; mais les songes étaient les symboles de la vérité.
On savait positivement comment ces génies étaient faits. Pour venir sur notre globe, il fallait bien qu'ils eussent des ailes : ils en avaient donc. Nous ne connaissons que des corps; ils avaient donc des corps, nais des corps plus beaux que tes nôtres, puisque c'étaicut des génies, et plus légers, puisqu'ils venaient de si loin. Les sage* qui avaient le privilège de converser avec des génies, inspiraient aux autres l'espélaneedc jouir du même bonheur. Un sceptique auraitil été bien reçu à leur dire: Je n'ai point vu de grniot, donc il n'y en a point? On lui aurait repondu: Vous rai» sonnez fort mal; il ne suit point du tout de ce qu'une chose ne vous est pas connue, qu'elle n'existe point; il n'y a nulle contradiction dansla doctrine qui enseigne la nature de ces puissances aériennes, nulle impossibilité qu'elles nous rendent visite; elles se sont montrées à nos sages, elles se manifesteront « noas; vous n'i tes pas dignes de voir des génies.
Tout est mêlé de bien et de mal sur la terre : il y a donc incontestablement de bonseï de mauvais génies. Les Perses eurent leurs péris et tameiVes, les Grocs
leurs <ioimtm$ et cmetdnmonx , les Latins bomtn et i /o< genios. Le bon génie devait être blanc, le mauff s devait être noi*, excepté chez les Nègres, où c'est essentiellement tout le contraire. Platon admît sans difficulté un bon et un mauvais génie pour chaque martel. Le mauvais de Brtituc rui apparat, «t rai annonça la mort avant la futaille de Philippe*; et de graves historiens ne l'ont- ils pas dit ? et Plutarque
t Msarer ec fait, rtl
aurait-il éle assey. mal avisé n'avait été bien vrai ?
Considérez encore vertissemens, de bons c de la créance des génies.
Scît oentui , natale cornes «piî tempérât astrum («). Ipte sitôt gmms aiiH virsrm honore,
Cui dtœrtnl teneUi noUta eerta cernât {(»).
H y avait des génies maies et des génies femelles. Les génies des dames s'appelaient chez les Romain* des petites Jimon*. On avait encore le plaisir de voir croître son génie. Dans l'enfance, c'était une espèce de Cupidon avec des ailes; dans la vieillesse de l'homme qu'il protégeait, il portait nne longue barbe : quelquefois c'était un serpeut. On conserve à Home un marbre oh Ton voit nn beau serpent sous un palmier, auquel sont appendues deux couronnes; et Proscription porte : Au génie des Augu<tc\; c'était l'emblème de l'immortalité.
Quelle preuve démonstrative avons-nons aujourd'hui que les génies universellement admis par tant de nations éclairées, ne sont que des fantômes de l'imagination? Tout ce qu'on peut dire se réduit k ceci : Je n'ai jamais va de génie ; aucun homme de ma connaissance n'en a vu : Brutus n'a point laissé par écrit que son génie lui rot apparu avant la bataille; nî Newton, ni Locke , ni même Descartes qui se livrait à son imagination, ni aucun roi, aucun ministre d'état, n'ont jamais été soupçonnés d'avoir parlé a leur génie; je ne crois Jsic pas une chose dont il n'y a pas la moindre preuve. Cette chose n'est pas impossible, je l'avoue; mais la possibilité n'est pas une preuve de la réalité. Il est possible qu'il y ait des satyres avec de petites queues retroussées, et des pieds de chèvre; cependant j'attendrai que j eu aie vu plusieurs pour y croire : car, ai ja n'en «vais vu qu'un, je n'y croirais pas.