‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 311 sur 551 · HEUREUX, HEUREUSE, HEUREUSEMENT · texte numérisé non relu

HEUREUX, HEUREUSE, HEUREUSEMENT

Ce mot vient évidemment à' heur, dont heure est l'origine : de là ces anciennes expressions , à la bonne heure y à la mal-heure; car nos pères n'avaient pour toute philosophie que quelques préjugés : des nations

(e) Kpiue «iu Hiibreux, chip. I, v. a.

pins aneis

DJCnONNAlRl des heures favorables aC

Od jiourrait, on voyant que le bonheur n'était autrefois qu'une heure fortunée, faim plus d'honneur a«U anciens qu&le <c méritant., et conclure die là

qu'Us regardaient le bonheur comme une chose trèspassagère., telle qu'elle. est en efiàl. Ce qu'on appelle bonheur est une idée ebatraite, comparée de quelques idées de plaisir : car qui n'a qu'un moment de

qu'on momo ut de douleur (ne /ail point un , homme malheureux. Le plaisir e«t plus rapide quede bonheur, :1a féiimté. Quand. ou dit : Je suis ce moment, os abuse du mot; et cola ne «eut dire que : J'ai du plaisir. Quand on a des plaisirs un peu répétés^ on peut dans cet espace de temps se dire heureux. Quand 4» bonheur dure un feu puis., sc'est un état de fëhesté. Ou est quelquefois bien loin d'être heureux daus la (prospérité,, comme degoûuine mange rien d'nn .prend . festin lui.

L'ancien adage , <m.n&JaitBtftel*rtp€i:>>0nacà£UK<ux avant aa-as^rt , sembla rouler sur de bien ûujx-prinoijies. Oc dirait par cmte maxime, qu on .ne devrait le 1 nom d'htunaix .qu'à -un ; honunc qui le. se rai t .toast a Bornent depuis: sa naissance jusqu'à aa. dmuiùre houac .

Tpossibfe par la^anstituti«a.domos organe*, parcelle dos élémens de<qai:nous dépendons, par celle des hommes dont mous dépendons davantage.. i*rét«iulre *»o louiouraiheurenx «st .k picrtc:pe,iioSophak>ile l'âme ; c'est beaucoup pour nous de n'être pas longtemps daosJun éut triste. Mais celui qu'on suppose- Talt avoir mon jours foui d'une *io herurense, et qui périrait misérablement, aurattaeftamsment ménuàle nom d'heareox jusqu'à «a mort, tl on pourrait pro - •notieer hardimeut qu'il a été le plus heureux des hommes. Il se peut très-bien que Socrate ait été le plus heureux des Grées, quoique des juges ou superstitieux et absurdes, ou iaiquw, ou tout cela ensemble, Paient empoisonné juridiquement à l'âge « do soixante et dix ans , sur le soupçon qu'il . croyait un seul Dieu.

Cette maxime philosophique tant rebattue , non o

ante obitum ftliT, parait donc ahso 'vaut sens; «t, si elle signifie qu'un ho pans nsourir d'une* mort malheureuse,' rien que de trivial.

Le proverbe du encore plus faux. Quiconque même voir combien le vulgaire se trompe.

On demande s'il y -a une couditio qu'une autre? si l'homme en général est plus heureux que la femme; il faudrait avoir essayé de toutes les conditions, avoir été homme «t femme rowmc ïircsias et Iphis, pour décider cette question; encore faudrait-il avoir vr en dans toutes les conditions avec un esprit également propre S'Ohncune , et il i faudrait avoir passé par tous les états possibles de l'homme cl de U1 femme pour en juger.

On demande encore si de~dcux hommes l'un-est plus heureux que l'autre? Il est bien clair quo celui J

qui a la pierre et Ela goutte, qui perd son bien, son honneur, sa femme ut ses eufans, «t qui damné à être pendu immédia taille , est moins heuseux dans ce monde , à tout prendre, qu'un jeun* suhan vigoureux,, icuxpte «h; savetier de La Fontaine.

Mais on veut savoir quel est le plus heureux de doux hommes «gaiement sains,, également riches,** d'une condition égale? Jl est clair que c'est heur hs> meur qui en décide. Le juss monVxe , le moins inquiet, et en raôme temps Le plus jensjbic, est, le plue heureux ; mais malbeurousument le pie* sensible est presque totôojtm>tofxmhls modéré. Cen'est pas notre condition, c'est la trempe de notre amo, qui nous rend heureux. CeUc disposition deinotre âme dépend de nos organes, et nos organes osuVeté arrangés sans

<Ciest nu lecteur à faire hi-dessvs ses rcucxioos. il ytaibsen dos arucics-sur- lesquels il peut s'en dire plus qu'on ne lui en doit dire. En mit d'arts , U mut l'instruire; en fait de morale, U faut le laisser penser.

il y a des chiens qu'on caresse , qu'on peigne , quion nourrit de hi seuils , à qui on donne de jolies

galle, qui. meurent de r faim , qu'on chasse, qu'on bat, et qu'ensuite un jeune chirurgien dissèque kntrman* , après leur avoir enfoncé quatre gros pates. A-t-il dépendu do heureux ou malheureux ?

.On dit, pensée heureuse, trait heureux., repartie ; heure tue , physionomie heureuse , climat Ces pensées, ces traits heureux qui .nous .vies comme des inspirations soudaines, et qn/on appelle .des bonucs fortunes d'homme dxesftit* nous sont in- . spires comme la lumière entre dans nos, yeux,, sans que nous la cherchions. Us ne sont pas plus en notre pouvoir que la physionomie heureuse , c'est àvdirc , douce et noble, si indépendante de nous et si, souvent trompeuse. Le climat heureux est celui que U nature favorise. Ainsi sont le s imaginations heureuses, ainsi «si l ue ureux ; génie, c'ast-a -dire , le grand UlcntCEt qui peut .se donner le , génie, qui peut, quand il a .reçu quelque rayon do cette iumne, .le .conserver toujours brillant?

Puisque heureux vient de la bonne heure, et malheureux de. la mal-heure, on ponnraiidÙT que ceux qui pensent , qui écrivent avec. génie,, qui réussissent dans les ouvrages de goût, écrivent^ Lu bonne ftettre.

kairt.

Quand. on dit , jon.bcnrenx scélérat , . on n'entend

par ce mot que ses succès. Fe/ùr.SyUa, l'heorcux Sylla , un Aloxaadre VI , un duc de Borgia , eut heureusenmnt pillé, trahi, empoisonné, ravagé, égorge. Mais s'ils se sont crus des scélérats, il y a géant* c, apparence qu'ils étaient très-malheureux , quand même ils n'a u mi eut pas craint leurs semblables.

11 se pourrait qu'un scélérat mal élevé, un Turc, par exemple, à qui on aurait dit qu'il lui est permis de manquer de foi aux chrétieus, de faire serrer d'un cordon de soie le cou de ses vizirs quand ils sont riches, de jeter daus le canal de la mer Noire ses

lioinn

Qéfinùian.

le récitdes faits donnés 1 ast contraire -de la fafcée ans eat ]« iferl de* fut: donnés pour fitaz.

hV y a l'histoire dm omnioasy ta recueil des erreurs humaines.

L'histoire des arts pont être la plus utile de tentas,

«t du

est iue partie essentielle de ht physique. Orna di*i*é l'histoire des eveuemens en sacrée etpradane; Pisiv» set une suite des opérât toes draines et I, par kwqas duire autrefois la i cVhni nacra foi.

li }'*p|WuaM Khdfwm, ks tcieae**, rhwtose 1 Tsoi cïU, t on la mrt a boire.

^Kosutt»B,**.VrB, 6We XXV.)

Premiers fonttemens de Vïiîstoîre.

premiers fbademons oe toute histoire sont le» récits des pènta aux enfims, transmis esunite dune génésaiioa. à n ne autre; ils ne sont tout an plus que probables dans leur origine quand As bo cfco» q «Bns point le sens coouaun , et ils perdent un degré de probabilité à chaque çênèratioa. Avec le temps la febl* ae grossit, «I lu vérité se perd r de là -vient qs» ton Les las origines des peuples sont absurdes. Ainsi les Égyptiens avaient «té po avertie s pas les dlouz jpcflda%rn uiCsdop (1g « par des deaai-diena ; i dantonto imam trois cent qaanrnto aas; et le îoaeil, pendant cet espace de teatpei, avais changé qatatra foi* d'orient et d'occident.

Les Ph eu taie» s du. temps d'Alexandre prétendaient être établis dans leur pays depuis treute nulle

do prédit»» que la cheonologie égyptienne. J'avoue qjsîitestphpstqiiemcsftt tnéit-possible que la Phénicio ait existé non-seukiueiil trente mille ans , mais trente

S e< dera*»*** Ont M èienea de pays pour sa a loir* ; il se pourrait , dis-jé , force T qn» eut linmmo rfeot pas plus de reçue son mufti, et rat tres-heurau*. Ost sur toi le lecteur peut encore penser beaucoup. 11 y avait autrefois-dès planètes heureuses, d'&Ureusex; mnihenreusrineut il n'y «et pfcs.

e j-honoeusemenl oit>n'y a pas réussi.

De» Ames de boue, des fanatiques absurdes prêles jours les puissens, les ignora m les philosophes. Si malheuieuseuMM ou las écoutait , noas retousberioBS dans la les seuls philosophes nous oui tirés.

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