‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 318 sur 551 · HYPATHIE · texte numérisé non relu

HYPATHIE

Jt suppose que madame Dacicr eût été la plus belle femme- de Paris , et que, dans la querelle des ancien:, et des modernes, les carmes eussent prétendu i;..c. le poéme de la Magdclaine, compose pat un carme, était infiniment supérieur à Homère, et que c'était une impiété atroce de préférer l'Iliade h des vers d'uu moine; je suppose que l'archevêque de Paris eût pris le parti des carmes contre le gouverneur de la ville, partisan de la belle madame Dacicr, ol qu'il eut excité les carmes à massacrer cette belle dame dans l'église de Notre-Dame, et m la traîner toute nue et toute sanglante dans la place Maubert ; il n'y a personne qui n'eût dit que l'archevêque de Paris aurait fait une fort mauvaise action dont il aul'ail dû faire pénitence.

Voilà précisément l'histoire d'Hypathie. Elle en-

( i) Il oc pou m h iju'imitcr ce récitatif créé par Lulli , et qui lui semblait parfaitement adapté à notre prosodie française. ■ Toujours occupé, dit-il, de la belle déclamation et du beau tour de chant qui régnent dam le nfeitatif du grand Lulli t je tixl.e de l'imiter, non en copiste servi le, dmii en prenant, coma*» lui, la belle et simple nature pour modèle. •> { l'opéra des Indes galantes.)

■eignait Homère et Platon dans Alexandrie , du temps de Théodose II. Saint Cyrille déchaîna contre clic la populace chrétienne : c'est ainsi que nous le racontant Damacius et Suidas ; c'est ce que prouvent évidemment les plus savans hommes du siècle, tels que Bruker, La Crozc, Basnage, etc.; c'est ce qui est exposé très-judicieusement dans le grand Dictionnaire encyclopédique, à l'article £cclcctisme!

Un homme , dont les intentions sont sans doute très-bonnes, a fait imprimer deux volumes contre cet article de l'Encyclopédie.

Encore une fois, mes amis, deux tomes contre deux pages, c'est trop. Je vous l'ai dit cent fois : vous multipliez trop les êtres sans nécessité. Deux lignes contre deux tomes, voilà ce qu'il ftut. N'écrivez pas même ces deux lignes.

Je me contente de remarquer que saint Cyrille était homme, cl homme de parti ; qu'il a pu se laisser trop emporter à sou zèle ; que, quand on met les belles dames toutes nues, ce n'est pas pour les massacrer; que saint Cyrille a sans doute demandé pardou à Dieu de cette action abominable, et que je prie le père des miséricordes d'avoir pitié de son âme. Celui qui a écrit lesdcux tomes contre VFcdaU>me,nui fait aussi beaucoup de pitié.

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