‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 337 sur 551 · INONDATION · texte numérisé non relu

INONDATION

Ya-t-il eu un temps où le globe ait été en t intentent inondé? Cela est physiquement impossible.

Il se peut que successivement la mer ait couvert tous les terrains l'un après l'autre; et cela ne peut être arrivé que par une gradation lente , ol dans une multitude prodigieuse de siècles. La mer en cinq cents années de temps s'est retirée d'Aigues-Mortes, de Fréjus, de Raveuoe, qui étaient de grands ports, et a laissé environ deux lieues de terrain à sec. Par cette progression il est évident qu'il lui faudrait deux millions deux cent cinquante mille ans pour faire le tour de notre globe. Ce qui est très-remarquable, c'est que cette période approche fort de celle qu'il faut à l'axe de la terre pour se relever et pour coiucider avec l'cquatcur; mouvement très-vraisemblable, qu'on commence depuis cinquante ans à soupçonner,

(0 Depuis le temps oà cet article a été écrit, on a disputé beaucoup en France nir l'inoculation. Voici quel* *odi i peu f>rc* Ira pointa de la question qu'on peut regarder comme bien éclaire», i». La petite vérole naturelle attaqua l'homme a tout le» £ge» , et il est très-rare d'y échapper dan» une longue carrier*, a". La petite vérole naturelle est beaucoup plu* dangereuse que Cinoculation ; et le* progrès que la médecine a fait* en cinquante «m , dan* l'art d'inoculer un* dangrr , aont plu* certain* et plu* gratuit à proportion que ceux qu elle a pu taire dan* l'art de traiter la petite vérole naturelle. 3». Il ett tris rare poux le moin* d'avoir deux toi* la petite vérole naturelle ; il ett auui rare de l'avoir aprèa l'inoculation, lorsque l'inoculation a véritablement tait contracter la maladie. 4*. L'tlabWment général de l'inoculation ferait trèvavantageuu à une nation ; il enoaerverait de* Itninnies , et en préserverait d'autres des infirmités qui sont trop souvent la suite de la petite vérole naturelle. 5". L'inoculation est eu général avantageuse h chaque particulier ; mai* , comme celui qui te fait inoculer s'expose a un danger certain et prochain pour se soustraire a un danger incertain et éloigné, chacun doit *e tlétcrminer d'après «on courage et I •ù il se I

"et qui ne peut s'effectuer que dans l'espace de deux millions et plus de trois cent mille années.

Les lits, les couches de coquilles qu'on e découverts à quelques lieues de la mer sont une preuve incontestable qu'elle a déposé peu à peu ces productions maritimes sur des terrains qui étaient autrefois les rivages de l'Océan; mais que l'eau ait couvert entièrement tout le globe à la fois, c'est une chimère absurde en physique, démontrée impossible par les lois de la gravitation, par les lois des fluides, par l'insuffisance de la quantité d'eau. Ce n'est pas qu'on prétende donner la moindre atteinte à la grande vérité du déluge universel, rapporté dans le Pcntatcuque; au contraire c'est un miracle, donc il le faut croire; c'est un miracle, donc il n'a pu Cire exécuté par les lois physiques.

Tout est miracle dans l'histoire du déluge. Miracle que quarante jours de pluie aient inondé les quatre parties du monde, et que l'eau se soit élevée de quinze coudées au-dessus de toutes les plus hantes montagnes; miracle qu'il y ait eu des cataractes , des portes, des ouvertures dans le ciel; miracle que tous les animaux se soient rendns dans l'arche de tontes les parties du monde; miracle que Noé ait trouvé de quoi les nourrir pendant dix mois; miracle que tous les animaux aient tenu dans l'arche avec leurs provisions; miracle que la plupart n'y soient pas morts; miracle qu'ils aient trouvé de quoi se nourrir en sortant de l'arche; miracle encore, mais d'une autre espèce, ou'un nommé Le Pelletier ait cru expliquer comment tous les animaux ont pu tenir et se nourrir naturellement dans l'arche de Noé.

Or, l'histoire du déluge étant la chose la plus mi raculeuse dont on ait jamais entendu parler, il serait iusensé de l'expliquer : ce sont de ces mystères qu'on croit par la foi, et la foi consiste à croire ce que la raison ne croit pas, ce qui est encore un autre miracle.

Aiusi l'histoire du déluge universel est comme celle de la tour de Babel, de l'anessc de Kalaam , de la chute de Jéricho au son des trompettes, des eaux chaugées en sang, du passage de la mer Rouge, et de tous les prodiges que Dieu daigna faire en faveur des élus de son peuple. Ce sont des profondeurs que l'esprit humain ne peut sonder.

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