‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 371 sur 551 · I.uperealibn* vetuil nurere imhsrbet · texte numérisé non relu

I.uperealibn* vetuil nurere imhsrbet

Il défendit qu'on courût dans les Lupcrc.iles a\ant P.igc de puberté. C'est précisément je contraire de ce que Montesquieu avance.

Pour les iwfu», Ar ittote ne peut croire qu'il y en ait de propres aux enclaves,

Aristotc dit en ces tenues exprès :

Il faut qu'ili aient les vertus nécessaires à leurs états, la tempérance et la vigilance. (De la lU-pub, , lit. I, cli«p. XtIL)

Je trouve dam Strabon que, quand a l.acedemone une sœur épou.mf «on frère, elle avait pour sa dot la moitié de le portion ie ton frtre.

Strabon parle ici des Crétois, et non des Lacédémoniens.

Il fait dire à Xénophon,

Que ,

Athc,,

in l

amme > i.

iche serait au

crût qu'il dépendit du magistral,

Xénophon en cet endroit ne parle point d'Athènes. Voici ses paroles :

Dans tes autres villes, les puittans ne veulent pas qu'on le» soupçonne de craindre les magistrats.

« Les anciens fondateurs de notre république, et nos législateurs eurent grand soiu de nous exercer dans les voyages et le trafic de mer. La première noblesse avait coutume de naviguer, soit pour exercer le commerce, soit pour s'instruire («).

Sagredo dit la même chose.

I es moeurs et non les lois font qu'aujourd'hui le» nobles en Angleterre et à Venise ne s'adonnent presque point au commerce.

Voyet avec quelle industrie le gouvernement Moscovite cherche à sortir du despotisme, etc.

Est-ce eu abolissant le patriarcat et la milice entière des strélitz,cn étant le maître absolu des troupes, des finances et de l'église, dout les desservans ne sont payés que du trésor impérial ; et enfin en fesant des lois qui rendent cette puissance aussi sacrée que forte? 11 est triste que, dans tant de citations et dans tant d'axiomes, le contraire de fc que dit l'auteur soit presque toujours le vrai. Quelques lecteurs instruits s'en sont aperçus : les autres se sont laissés éblouir, et on dira pourquoi.

Le luxe de ceux qui n'auront que le mieestaire sera égal i

sêVo. Celui qui aura le double du nécessaire uuru un luxe égal à un. Celai qui aura le double de ce dernier aura un luxe égal à troi'i, etc.

II aura trois au-delà du nécessaire de l'autre , mais

(.} Pc^ «"Histoire de Y«

fl ne s'ensuit pas qu'il ait trois de lu»e; car il peut avoir trois d'avarice; il peut mettre ce trois dans le commerce; il peut le foire valoir pour marier ses Jîlles. M ne faut pas Soumettre de telles propositions à l ar tiiiui't ijiie : c'est une charlat&nctie misérable,.

A Venin, Ut loit forcent Ut nobles à k mode.t.e; Ht sont tellement accoutumés à t'épargne qu 4 n'y a q*t le* courtisanes qui quittent '.et freer à donner de l'argent.

Quoi! l'esprit des lois à Venise serait île ne dépenser qu'en filles! Quand Ath< ik -s fut riche, il y eut beaucoup de courtisanes. Il en Tut de mtiuc a Venise et a Home, au quatorze, qi'inze et seizième siècles. Elles y son! moins en crédit aujourd'hui, parce qu'il y a inouï, d'argent. !V-ce 1A l'esprit des loi ;?

i a .' uiom, nation germanique , rendent Itonneur aux riche se*, ee qui fait qu'ils v'venl nom le jouve rue nien ' d'un tcul: cela signifie h'en que le litre cti tinqulit'-ement propre aux mcttarehiet, et qu'il n'y fiut paint Je lou sumptuairts.

Les Suions , selon Tacite , étaient des babitans d'une île de l'Océan au-dcla de la Cerniatiic. Aui'ii»ij -ju /,,'.,(• cii'itiitc* in ijiM> Ot- m i. Guerriers valeureux et bien armés, ils ont encore des flottes. I rn'tcr t>iro> artumyic ehi<\ibu, valait. Les riches y sont considérés. 1- t et opilu, huno>. Us n'ont qu'un chef; eu qtu U//l<> ùryeritat.

Ces barbares, que Tacite ne connaissait point, qui, dans leur petit pays, n'avaient qu'un seul chef, et qui préféraient le possesseur de cinquante vaches à celui qui n'en avait que douze, out ils le moindre rapport avec nos monarchies et nos lois somptuaires?

Les Samnitet avalent un* belle coutume, et qui devait produire «"admirables effets. I.e jeune I omme de lasé le meilleur prenait pour sa femme la fille qu'il voulait. Celui qui avait Ici

suffrages apte* lui choisissait encore, et ainsi de mile.

L'aulcur a pris les Su.iiles, peuple de Scythie, pour les Samniies voisins de Kouic. H cite un fragment de Nicolas de Damas, recueilli par Slobéc : mais Nicolas de Damas e-t-il un sûr garant? Cette belle coutume d'ailleurs .serait très - préjudiciable dans tout état policé : car si le garçon déclaré le meilleur avait trompé les juges, si la fdlc ne voulait pas de lui, s il n'avait pas de bien, s'il déplaisait au père et a la mère, que d'inconveniens et que de suites funestes !

Si on veut lire f admirable ouvrant de Tacite W les mœurs de* Cet maint, on verra que c'est d'eux que les Anglais ont t ri Vidée de Uur gouvernement politique. Ce leou système a été trouve dans Us boit.

La chambre des pairs et celle des communes, la cour d'équité trouvées dans les bois ! oit uc l'aurait pas deviné. Sans doute les Anglais doivent aussi leurs escadres et leur commerce aux moeurs des Germains , cl les sermons, de 1 illolson a ces pieuses sorcières germaines oui sacrifiaient les prisonniers, et qui jugeaient du succès d'une campagne par la manière dont leur sang coulait. 11 faut croire aussi qu'ils doi- \ent leurs belles manufactures à la louable coutume des Germains , qui aimaient mieu\ vivre de rapine que de travailler, comme le dit Tacite.

Ari'tole met ou rang des monarchies ïempirt des Perses et Lacédiruotte. Mais qui ne voit que [une était un état despotique, et t autre une républque ?

Qui ne voit , au contraire , que Lacédéroonc eut uo seul roi pendant quatre cents aus, ensuite deux rois jusqu'à i extinction de la race de iléraclides, ce qui fait une période d'environ mille années ? On sait bien que nul roi n'était despotique de droit, pas même en Perse : mais tout prince dissimulé, hardi, et qui a de l'argent, devieut despotique ou peu de temps en Perse et à Lacédémone; et voila pourquoi Aristote distingue des républiques tout état qui 9 dos chefs perpétuels et héréditaires.

Vn ancien utage des Romains défendait de faire mourir le* filles qui n'étalent pas nubiles.

11 se trompe. Mire tm.tito i e[>i . t it jinei strunqulure; défense d'étrangler les filles, nubile» ou non.

Tibère trouva l'expédient de les faite violv par U bourre .u.

Tibère n'ordonna point au bourreau de violer la titlo de Séjan. Et, s il est vrai quo le bourreau de Rome ail commis celle infamie dans la prison, il n'est nullement prouvé que ce fut sur une lettre de cachet de Tibère. Quel besoin avait - il d'une telle

hor

En Suisse on ne paie point de tribut, mais on en sait la raison particulière. Ouït* cm montagnes stériles, les vivres «ont si chers et le pays si peuple. qn'unSuisse paie quatie fois plus à U nature qu'un Turc ne paie au sultan.

Tout cela est faux. Il n'y a aucun impôt en Suisse; mais chacun paie les dîmes, les cens, les lods et ventes qu'on payait aux ducs de Zéringue et aux moines. Les montagnes, excepte les glacières, sont de fertiles pâturages; elles font la richesse du pays. La viande de boucherie est environ la moitié moins cherc qu'à Paris. On ne sait ce que l'auteur entend quand il dit qu'un Suisse paie quatre fois plus à la nature qu'un Turc au sultan. Il peut boire quatre fois plus qu'un Turc; car il a le vin do la Côte, cl l'excellent vin de Vaux.

Les peuples des pays rhauds tout timides comme Ut vieillards, ceux des pays j'roidt tont courageux comme la jeunes yens.

Il faut bien se garder de laisser échapper de ces proposition» générales. Jamais on r'ï pu faire aller à la guerre un Lapon, un Samcitcc; et les Arabes conquirent en quatre-vingts ans plus de pays que n'en possédait 1 empire romair.. Les Espagnols en petit nombre battirent à la bataille de Mulbcrg les soldats du nord de l'Allemagne. Cet axiome de l'auteur est aussi faux que tous ceux du climat. (*)

1.4-pez de Cama avoue que le droit sur lequel les Espagnol» O'il f ndé l'e cltivaqc des Américains, est qu'ils trouvèrent près de Sainte-Varlhe des paniers où Us I uhltcnt avaient mis quelques denrée,, comme de* cannes, da limaçons, des sauterelles, tes r<amqu<urt en firent un crime uux vaincus, cuire qu \t fumaient du tabac, et qu'ils ne fêtaient pat la barbe à l'e,

Il n'y a rien dans Lopcz de Gama qui doune la moindre idée de cette sottise. Il est trop ridicule d'insérer dans un ouvrage sérieux de pareils traits qui ne seraient pas supportables mémo dans les Lettres

l'i Voyet l'artkk Climat.

C'ett sur l'idée de la religion que trt Espagnols fondèrent U droit de rendre tant de prtiy.lt* etelatun; car cet briffant*, qui .entaient absolument être brigand» et ekrêtimu, étaient fort ié*vis.

Ce u'est donc pas sur et que les Américains ne se fesaiont pis la barbe à l'espagnole, et qu'ils fumaient du tabac; ce n'est donc point parce qu'ils avaient quelques paniers de limaçons et de sauterelles.

Ces contradictions fréquentes coûtent trop peu à

Vont* XIII *t fit une peine extrême de la loi qui rendait esclaves Ut nègre* de te* colon»**; mai*, quard on lui cul bien mi* man.% l'erprit ont c'était la voie la fAn* tire A. le* corweHir, il y

Où l'imagination de l'auteur a-t-elle pris cette aiic-dotc? La première concession pour la traite des nègres est du il novembre 1673. Louis XIII était mort en 1 643. Cela ressemble au refus de François I" d'écouter Christophe Colomb qui avuit découvert les iles Antilles avant que François I" naquît.

Perry dit que le» Motcovile* te rendent trèt-aitément : j'en tait bien la raison , c'ett que leur liberté ne vaut rien.

Nous avons dé jà remarqué, à l'article Etclavage , que Perry ne dit pas un mot de tout ce que l'auteur de l'Esprit des lois lui fait dire.

Col à Acheta que Unit le monde cherche à te vendre.

Nous avons remarque encore que rien n'est plus faut. Tous ces exemples pris au hasard cher les peuples d'Acbcin , de Bantam , de Cey lau , de Bornéo , des îles Moluqucs, des Philippines, tous copiés d'après des voyageurs très-mal instruits . et tous falsifias, sans en excepter un seul, ne devaient pas assurément entrer dans un livre où l'on promet de nous développer les lois de l'Europe.

Dan* In états mahumétant, on ett non-seulement maître de la vie et de* bien* det femme* etclaves, mais encore de et qu'on

e leur vertu et leur honneur.

OL a-t-il pl is cette étrange assertion qui est de la plus grande fausseté? Le aura ou chapitre XXIV de l'Alcoran, intitule In I.umure, dit expressément : « Traitez bien vos esclaves, et, si vous voyez en eux quelque mérite, partagez avec eux les richesses que Dieu vous a donuées. Ne forcez pas vos femmes esclaves à se prostituer à vous, etc. »

A Constantinoplc , on punit de mort le maître q.ù j tué son esclave, à moins qu'il ne soit prouvé que l'esclave a levé la main sur lui. Une femme esclave qui prouve que son maître l'a violée est déclarée libre ave: des dédomraagcmcns.

A Patane, la lubricité det femme* ett ti grande, que le» homme* sont obliges de te faire certaine* garnitures pour se mettre à tabri de leun entreprit»*.

Peut-on rapporter sérieusement cette impertinente extravagance? Quel est l'homme qui ne pourrait se défendre des assauts d'une femme débauchée sans s'armer d'un cadenas? quelle pitié! et remarquez que le voyageur nommé Sprinkcl, qui seid a fait ce conte absurde, dit en propres mots, « que les maris à Pataue sont extrêmement jaloux de leurs femmes, et qu'il» ne permettent pas à leurs meilleurs ami* de les voir, elles ni leurs filles. »

Quel esprit des lois, que de grands garçons qui

cadenassent leurs hauts-de-chausses, de peur que les femmes ne viennent y fouiller dans la rue !

Le* Cartkayinoit, an rapport de Diodart, trouvèrent tant d'argent dan» Ut Pyrénées . qu iL en forgèrent Ut ancre» de

rs va is seaux.

L'auteur cite le sixième livre de Diodore, et ce sixième livre n'existe pas. Diodore, au cinquième, parle des Phéniciens, et non pas des Carthaginois.

On n'a jamais remarqué de jalousie aux Romains sur U commerce. Ce fut comme nation rivale, et non comme commerçante, qu'ils attaquèrent Carthaae.

Ce fut comme natioa commerçante et guerrière, ainsi que le prouve le savant Huet dans son traité sur le commerce des anciens. Il prouve que long-temps avant la première guerre punique les Romains s'étaient adonnés au commerce.

On voit dan* U traite qui finit la première guerre punique, que Carthage fit principalement attention i garder tempera de la mer, et Rome celui de la terre.

Ce traité est de l'ait 5 10 de Rome. U y est dit que les Carthaginois ne pourraient naviguer vers aucune île près l'Italie, et qu'ils évacueraient la Sicile. Ainsi les Romains curent l'empire de la mer, pour lequel ils avaient combattu. Et Montesquieu a précisément pris le contre-pied d'une vérité historique la mieux constatée.

H an non, dan* U négociation avec Ut Romain», déclara que U* Carthaqinoi* ne touffriraient pas que Ut Romains te lavas- , dont le, mer, de Sicile,

tent Ut maint dont Ut mer» de SiciU.

L'auteur fait ici uu anachronisme de vingt- deux ans. La négociation d'Hannon est de l'an 488 d« Rome, et le traité de paix dont il est question est d« 5 10 (*).

71 ne fut pa* permit eux Romain* de naviguer au-delà du beau promontoire. Il leur fut défendu de trafiquer en Sieie, eu Sardaigne, en Afrique, excepté à Carthage.

L'auteur fait ici un anachronisme de deux cent soixante et cinq ans. Cest d'après Polybi que l'auteur rapporte ce traité conclu l'an de Rome 345, sous le consulat de Junius Brutus , immédiatement après l'expulsion des rois ; encore les condition! elles pas fidèlement rapportées.

Carthaginem verà et in calera Africm loea quat ct*-f tarium étant f item in Sardiniam atque Siciliam ubi Canhagitsetuet imper abant narigare ntereimonii o»nJ Ucebat.

11 fut permis aux Romains de naviguer pour leur commerce à Carthage, sûr toutes les côtes de l'Afrique en deçà du promontoire , de même que sur les cotes de la Sardaigne et de la Sicile qui obéissaient aux Carthaginois.

Ce mot seul, mercimonii causé, pour rai on dt leur commerce, démontre que les Rpmains étaient occupés des iutéréts du commerce des la naissance de la république.

A. if. Tout ce que dit l'auteur sur le commerce ancicu et moderne est extrêmement erroné.

Je passe un nombre prodigieux de fautes capitales sur cette matière , q uclque i m portantes q u 'cl les soient , parce qu'un des plus célèbres négociaus de l'Europe s'occupe à les relever dans nn livre qui sera très-utile.

{•) Voyem les œuvre, de Polybt.

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U «tA-it.'i« du tm.in *M^y\*Mt U

XOf.ulatre, et la mrutoexaiiique.

Où a-Nil pris cette chimère? Nous tirons encore aujourd'hui d'Athènes esclave, du coton, de U soie, du riz, du blé, de l'huile, des cuirs; et du pays de Lacédéraonc rien. Athènes était vingt fois pius riche que Laçais moue. A l'égard de la bonté du sol , il faut Y avoir été pour l'apprécier. Mais jamais on n'attribua la forme d'un gouvernement au plus ou moi ils de fertilité d'un terrain. Venise avait très-peu de blé quand li s nobles gouvernèrent. Gènes n*a pas assurément un s-ol feriile, et c'est uuc aristocratie. Genève tient plus de l'état populaire, et n'a pas de sou cru de quoi se nourrir quinze jours. La Suède pauvre i été longtemps sous le joug de la monarchie , tandis que la Pologne i'?rtilc fut une aristocratie. Je ne conçois pas comment on peut ainsi établir de prétendues règles continuellement démenties par l'expérience. Presque :otit le livre, il faut l'avouer, est fondé sur des suppositions que la moindre attention détruirait.

/ ci féodalité est un ivinement arrive une fuis dans le monde. «;.' qui n'arrivera peut-être jamais, etc.

Nous trouvons la féodalité, les bénéfices militaires établis sous Alexandre Sévère, sous les rois lombards, sous Charlemagne , dans l'empire ottoman , eu Perse , dans le Mogol , au Pégu ; et en dernier lieu Catherine II , impératrice de Russie, a donné en fief pour quelque temps la Moldavie que ses armes ont conquise. Enfin on ne doit pas dire uuc le gouvernement féodal ne reviendra plus quand la diète de Ka Lisbonne est assemblée.

Chez let Germains U y avait des vassaux, et non pas du fief». I*s fteÇt étaient de$ chevaux de bataille, des arma», de* râpas.

Quelle idée! il n'y a point de vassalité sans terre. Un officier à qui son général aura donné à souper n'est pas pour cela son vassal.

Du tempt du roi Charles IX, il y avait vingt million» en France,

'HIQUF.

Il doune Puffendorf pour garant de celte assertion : PuHeaJorf va jusqu'i vingt-neuf millions, et il avait copié celte exagération d'un de nos auteurs , qui se trompait d'environ quatorze à quinze raillions. La France ne comptait point alors au nombre de ses provinces la Lorraine, l'Alsace, la Franche-Comté, la moitié de la Flandre, l'Artois, le Cambrcsis, le Roussillon, le Béarn; et aujourd'hui qu'elle possède tous ces pays, elle n'a pas vingt millions d'habitaus, suivaut le dénombrement des feux exactement fait en ■ 75i. Cependant elle n'a jamais été si peuplée, et cela est prouvé par la quantité de terrains mis en valeur depuis Charles IX.

En Europe, le» empire* s'ont jamais pu subsister.

Cependant l'empire romain s'y est maintenu cinq cents ans, l'empiro turc y domine depuis l'an 1 453.

La emuse de la dmrie des grands empire* en Aùe, c'est qu'il

Il ne s'est pas souvenu des montagnes qui traversent la Natolie cl la Syrie, du Caucase, d» Taurus,

del'Amal, de Plmmatis, du Saron, dont les branches couvrent l'Asie.

En Espagne on a défendit les étoffes d'or et itarefent. Un pareil décret serait semblable à celui que feraient let état» de Hollande, s\tt défendaient la consommation de la cannelle.

On ne peut faire une comparaison plus fausse , ni div.; une chose moins politique. Les Espagnols n'avaient point de manufactures ; ils auraient été obliges d'acheter ces étoiles de l'étranger. Les Hollandais, au contraire, sont les seuls possesseurs de la cannelle. Ce qui était raisonnable en Espagne eût été afisurde en Hollande.

Je n'entrerai point dans la discussion de l'ancien gouvernement des Francs, vainqueurs des Gaulois; dans ce chaos de coutumes toutes bizarres , toutes contradictoires ; dans l'examen de celte barbarie , de celle anarchie qui a duré si long-temps, et sur lesquelles il y a autant de sentiruens diflerens que nous en avons en théologie. On n'a perdu que trop de temps à descendre dans ces abîmes de ruines. El l'autour de l'Esprit des lois a da s'y égarer comme les autres.

Je viens à la grande querelle entre Pabbé Dubos , digne secrétaire de l'académie française, et le président de Montesquieu, digne membre de cette académie. Le membre se moque beaucoup du secrétaire , et le regarde comme un visionnaire ignorant. Il me parait que l'abbé Dubos est très-savant et très-circouspect; il me paraît surtout que Montesquieu lai fait dire ce qu'il n'a jamais dit , et cela selon sa coutume de citer au hasard et de citer faux.

Voici l'accusation portée par Montesquieu contre Dubos.

Sf. l'abbé Duboi veut 4'zr toute e*}ècc a* idée que let Prunrt teient enbét dans les Gaules en conquérant. Selon lui no» roi* , appétit par les peuples, n'ont fait que te mettre à la place et

Un homme plus instruit que moi a remarqué avant moi que jamais Dubos n'a prétendu que les Francs fussent partis du fond de leur pays pour venir se mettre en possession de l'empire des Gaules, par laveu des peuples, comme ou va recueillir une succession. Dubos dit tout le contraire : ii prouve que Qovis employa les armes, les négociations, les traités, et même les concessions des empereurs romains , résidant à Constantinoplc , pour s'emparer d'un pays abandonné. 11 ne le ravit point aux empereurs romains, mais aux barbares qui . sous Odoacrc , avaient détruit l'empire.

Dubos dit que, dans quelque partie des Gaules voisine de Bourgogne , on désirait la domination des Francs : mais c'est précisément ce qui est attesté par Grégoire de Tours.

Cùm jim Urror Francorum resonaret in h'is partibu» , et omnes et» a more desiderabili cuperent regnon, tanctus Apruneulus Lingoniem civitatis episcopus apud Burgundiones carpit huheri iiupectu* ; cùmque odium de dit} m dteni eresceret, juslum «si ut clàm «l«bo ftrirttur. ( Qreg. Tm\, nid. lUx H, «p. a3.)

Montesquieu reproche a Dubos qu'il ne saurait montrer l'existence de la republique Armorique : cependant Duboi l'a prouvée incontes;ablemcnt par

§98 DICTIO

plusieurs monumcns, et surtout par cette citation exacte de l'historien Zozime, liv. VI.

Tôt m t met us armorickus cetermtfue Gallemm provtncim Britannot imitait*, eontimili K modo liberdrunt , eftetu ma. gittnttibmt romani», et $ibi quidam rtpublicd pro arhilrio constitutif.

Montesquieu regarde comme une grande erreur dans Dubos d'avoir dit que Clovis succéda à Cbildéric son père dans la dignité de maître de la milice romaine en Gaule : mais jamais Dubos n'a dit cela. Voici ses paroles ; a Clovis parvint à la couronne dus Francs a l'âge île seize ans, cl cet Age ne I empêcha point d'être revêtu, peu de temps après, des dignités militaires de l'empire romain, que Chilchric avait exercées, et qui étaient, selon l'apparence, des emplois dans la milice. » Dubos se borne à une conjecture qui se trouve ensuite appuyée sur des preuves évidentes.

En effet, les empereurs étaient accoutumés depuis long-temps ù la triste nécessité d'opposer des barbares a d'autres barbares, pour tâcher de les exterminer les uns par les autres. Clovis même cul à la fin la dignité de consul : il respecta toujours l'empire romain, même en s'emparant d'une de ses provinces. 11 ne lit point frapper de monnaie en son propre nom ; toutes celles que nous avous de Clovis sont de Clovis II ; et les nouveaux rois francs uc s'attribuèrent cette marque de puissance indépendante qu'après que Juslinien, pour se les attacher à lui, et pour les em ployer contre les Ostrogoths d'Italie , leur eut fait uuo cession des Gaules en lionne forme.

. Montesquieu condamuc sévèrement l'abbé Dubos sur la fameusa lettre de Remy , évoque de Reims, qui s'entendit toujours avec Clovis, et qui le baptisa depuis. Voici celte lettre importante :

« Nous apprenons de la renommée que vous vous «tes chargé de l'administration des affaires de la guerre, et je ne suis pas surpris de vous voir être ce que vos pères ont été. Il s'agit maintenant de répondre aux vues de la Providence, qui récompense votre modération , en vous élevant a une dignité si émiuenlc. C'est la tin qui couronne l'oeuvre. Prenez donc pour vos conseillers des pcrsonncsdoul le choix fasse honneur à votre discernement. Ne faites point d'exaction* dans votre bénéfice militaire. Ne disputez point la préséance aux évéques dont les diocèses se trouvent dans votre département , et prenez leurs conseils dans les occasions. Tant que vous vivrez en bonne intelligence avec eux, voue trouverez toute sorte de facilité dans l'exercice de votre emploi, etc. n

On voit évidemment, par cette lettre, que Clovis, jeune roi des Francs, était oflkier de l'empereur Zénon; qu il était grand - roaitr^ de la milice impériale, charge qui répond à celle de notre colonelgém'ral ; que Remy voulait le ménager, se liguer avec lui , le conduire et s'en servir comme d'un protecteur «ontreles prêtres eusébiens do la Bourgogne, cl que par conieqwnt Montesquieu a prend lOrt de ce moquer tant de l'abbé Dubos, et de faire semblant 4e le mépriser. Mais enfin il rient on temps où la vérité" a'écUiroit.

y AIRE

dans l'Esprit des lois , après que tout le monde est convenu que ee livre manque de méthode , qu'il n'y n nul plan, nul ordre, et qu'après l'avoir lu on ne sait guère ce qu'où a lu, il faut rechercher quel est son mérite , et quelle est la cause dq sa grande réputation.

Cest premièrement qu'il est écrit avec beaucoup d'esprit , et que tous les autres livres sur cette matière sont ennuyeux. Cest pourquoi nous avons déjà remarqué qu'une dame, qui avait autant d'esprit que Montesquieu, disait que son livre était de l'esprit sur les /ai a. On ne l'a jamais mieux défini.

Une raison beaucoup plus forte encore , c'est que ce livre, plein de grandes vues, attaque la tyrannie, la superstition et la maltôtc , trois choses que les hommes délestent. L'auteur console des esclaves en plaignant leurs fers ; et les esclaves le bénissent.

Ce qui lui a valu les applaudtsscmcns de l'Europe lui a valu aussi les invectives dés fanatiques.

Un de ses plus acharnés et de ses plus absurdes ennemis, qui contribua le plus par ses fureurs * faire respecter le nom de Montesquieu dans l'Europe , fut le gazetier des cenvulsionnaîfés. Il le traita de <pir.esi'w<- et de (triste, c'est-à-dire, il l'accusa de ne pas croire en Dieu , et de croire **u Dieu.

Il lui reproche d'avoir estimé Marc-Aurèle, Êpictète et les stoïciens, et de n'avoir jamais loué Jansénius, l'abbé de Saint-Cyran et le père QneeneL

Il loi fait un crime irrémissible d'avoir dit que Baylc est un grand homme.

U prétend que l'Esprit des lois est un de ces ouvrages monstrueux dont la France n'est inondée que depuis la bulle L nitjeaitw , qui a corrompu toutes les consciences.

Ce gredin , qui de son grenier tirait au moins trois cents pour cent de sa Gazette ecclésiastique, décljina comme un ignorant contre l'intérêt de l'argent au taux du roi. 11 fut secondé p-r quelques cuistres de son espèce; ils finirent par ressembler aux esclaves qui sont aux pieds de la statut de Louis XIV ; ils sont écrasés, et ils se mordeut les mains.

Montesquieu a presque toujours tort avec les sa* vans, parce qu'il ne l'était pas : mais il a toujours raison contre les fanatiques et contre les promoteurs de l'esclavage. L'Europe lui en doit d'éternels remercîmens.

On nous demande pourquoi donc nous avons relevé tant de f.iutes dans son ouvrage. Nous répondons , c'est parée que nous aimons la vérité a laquelle nous devons les premiers égards. Nous ajoutons que les f.iuatiques ignorait*, qui ont écrit contre lui avec «anl d'amertume et d'insolence, n'ont connu tucunc de ses véritables erreurs, et que nous révérons avec les honnêtes gens de l'Europe tous les passages après lesquels ces dogues du cimetière de Saint- Médard ont aboyé.

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