DICTO
disent-ils, nu bommc-Dicu , c'est* abuser «ôwnûme, c'est su forger un monstre, uo centaure, le bizarre composé de deux natures qui ne sauraient s'allier. » Us ajoutent «|uc les prophètes n'enseignent point que le messie soit homme-Dieu, qu'ils distinguent exprès* sèment entre Dieu et David, qu'ils déclarent le premier maître et in second seirileur, etc
lorsque le Sauveur parut, les prophéties, quoique claires, lurent malheureusement obscurcies par les préjugés sucés avec le lait. Jésus-Christ lui-même, ou par ménagement, on pour ne pas révolter les esprits, parait extrêmement réservé sur l'article de sa divinité; c< il voulait, dit saint Chrysostôme , accoutumer insensiblement ses auditeurs à croire nn mystère si fort élevé au-dessus de la raison. »- S'il prend l'autorité d'un Dieu en pardonnant les péchai, cette action soulève tous ceux qui on sont les témoins; ses miracles les plus évide!i3 :tc peuvent convaincre de m divinité ceux même en iV/eur desquels il les opère. Lorsque devant le tribunal du souverain sacrificateur il avoue, avec un modeste détour, qu'il est le fils de Dieu, le grand-prêtre déchire sa robe et crie au blasphème. Avant l'envoi du Saint-Esprit, les apôtres ne soupçonnent pas même la divinité de leur cher maître; il les interroge sur ce que !e peuple pense de lui; Us répondent que les uns le prennent pour Êlic, les autres pour Jéréniie, ou pour quelque autre prophète. Saint Pierre a besoin d'une révélation particulière pour connaître que Jésus est le Christ , le fiU du Dieu vivant.
Les Juifs, révoltés contre la divinité de Ji sus- Chris t , ont eu recours » toutes sortes de voies pour détruire ce grand mystère; ils détournent le sens do leurs propres oracles, ou ne les appliquent pas au messie; ils prétendent que le nom de Dicu,Eloi, n'est pas particulier à la divinité, et qu'il se donne même par les auteurs sacrés aux juges, aux magistrats, en m mrul à ceux qui tont élevés en autorité; ils citent en eliW un très-grand nombre de passages des saintes écritures, qui justifient cette observation, mais qui ne donnent aucune atteinte aux termes exprès des anciens oracles qui regardent le messie.
Enfin ils prétendent que, si le Sauveur, et après lui les évangélistcs, les apôtres et les premiers chrétiens, appellent Jésus le fils de Dieu , ce terme auguste ne signifiait, dans les temps évangéliqucs, autre chose que l'opposé de fds de tiélial. c'est-à-dire, homme de bien, serviteur de Dieu, par opposition à un méchant, un homme qui ne craint point Dieu.
Si les Juifs ont contesté à Jésus-Christ la qualité de messie et sa divinité, ils n'ont rien négligé aussi pour le rendre méprisable, pour jeter sur sa naissance, sa vie cl sa mort, tout le ridicule et tout l'opprobre qu'a pu imaginer leur criminel acharnement.
De tous les ouvrages qu'a produits l'aveuglement des Juifs, il n'en est point de plus odieux et de plus extravagant que le livre ancien intitulé Scpher T oldos ■h- ii hut , tiré de la poussière par M. Vagenscil dans le second tomo du son ouvrage intitulé Tcla itjnea , etc.
C'est dans ce Scpficr Toldos Jeschul qu'on lit une histoire monstrueuse de la vie de notre Sauveur, forgée avec toute la passion et la mauvaise foi pos-
sible. Ainsi, par exemple, ils ont osé écrire qu:un nommé Panther ou Paudera, habitant de Bethléem , était devenu amoureux d'une jeune femme mariée a Jokanan. 11 eut de ce commerce impur un fils qui fut nommé Jénut ou Jcsu. Le père de cet enfant rat obligé de s'enfuir, et se retira à Babylone. Quant an jeune Jésu, ou l'envoya aux écoles; mais, ajoute l'auteur, il eut l'insolence de lever la téte et de se découvrir devant les sacrificateurs, au lieu de paraître devant eux la téte baissée et le visage couvert, comme c était la coutume; hardiesse qui fut vivement tancée; ce qui donna lieu d'examiner sa naissance qui fut trouvée impure, et l'exposa bientôt à l'ignominie.
Ce détestable livre Scpler Tcldos Jnchut était counu dès le second siècle ; Celso le cite avec confiance, et Origène le réfute au chapitre neuvième.
Il y a un autre livre intitulé aussi Toldos Jocliut. publié l'an i;oj par M. Huldric, qui suit de plus près l'Evangile de l'enfance, mais qui commet à tout moment les anachroiiismcs les plus grossiers; il fait naître et mourir Jésus-Christ sous le règne d'Hérode le Grand; il veut que ce soit à ce prince qu'aient étt> l'.iites les plaintes sur l'adultère de Panther cl de Marie , mère de Jésus.
L'auteur, qui prend le nom de Jonatham, qui se dit contemporain de Jésus-Christ et demeurant à Jérusalem, avance qu Hé rode consulta sur le fait de Jésus-Christ les sénateurs d'une ville dans la terre de Césaréc : nous ne suivrons pas un auteur aussi absurde dans toutes ses contradictions.
Cependant c'est à la faveur de toutes ces calomnies que les Juifs s'entretiennent dans leur haine implacable contre les chrétiens et contre l'Evangile ; ils n'ont rien négligé pour altérer la chronologie dnvicux Testament, et pour répandre des doutes et des difficultés sur le temps de la venue de notre Sauveur.
Ahmed- bco-Cassum-la- Andacousy, Maure de Grenade , qui rivait sur la fin du seizième siècle, cite un ancien manuscrit arabe qui fut trouvé avec seize lames de plomb, gravées en caractères arabes, dans une grotte près de Grenade. Dom Pedro y Quinones, archevêque de Grenade, en a rendu lui-même témoignage; ces lames de plomb, qu'on appelle de Grc- ' nade, ont été depuis portées à Home, où, après un examen de plusieurs années, elles ont éle eulin condamnées comme apocryphes sous le pontificat d'Alexandre VII ; elles ne renferment que des histoires fabuleuses touchaut la vie de Marie et de son fils.
Le nom de messie , accompagné de l'épithète de foux, 6C donne encore à ces imposteurs qui, dans divers temps, ont cherché à abuser la nation juive. 11 y eut de ces faux messies avant même la venue div véritable oint de Dieu. Le sage Gamalicl parle (r) d'un nommé Théodas , dont l'histoire se lit dans les Antiquités judaïques de Josèphc, liv. XX, chap. il. Il se vantait de passer le Jourdain à pied sec ; il attira beaucoup de gens à sa suite : mais les Romains, étant tombés sur sa petite troupe , la dissipèrent , coupèrent la tête au malheureux chef, et l'exposèrent dans Jérusalem.
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Gatnaliel parle aussi de Judas le Galiléeo, qui est «ans doute le même dont Josèphc frit mention dans le douzième chapitre du second livre de la guerre îles Juifs. 11 dit que ce faux prophète avait ramassé près de trente mille hommes; mais rbjpcrbolc est le caractère de l'historien juif.
Dès les temps apostoliques, Ton vit Simon, surnommé le Magicien (/), qui avait su séduire les habitaris de Sa ma rie au point qu'ils le considéraient comme la vertu de Dieu.
Dans le siècle suivant , l'an 1 76 et 1 79 de l'ère chrétienne, sous l'empire d'Adrien, parut le faux messie Barcbochébas, à la lêtc d'une armée. L'empereur envoya contre loi Julius Severus qui , après plusieurs rencontres, enferma les révoltés dans la ville de Bithcr; elle soutint un siège opiniâtre et fut emportée : Barchochébas y fut pris cl mis à mort. Adrien crut ne pouvoir mieux prévenir les continuelles révoltes des Juifs qu'en leur défendant par un édit d'aller à Jérusalem; il établit même des gardes aux portes de cette ville pour en défendre l'entrée aux restes du peuple d'Israël.
On lit dans Socratc, historien ecclésiastique (</), que, l'an 434, il parut dans l'île de Candie un faux messie qui s'appelait Moïse. Il se disait l'ancien libérateur des Hébreux , ressuscité pour les délivrer
Un siècle après, en 53o , il y eut dans la I un faut messie, nommé Julien*, il s'annonçait comme un grand conquérant qui, à la tôt» de sa nation, détruirait par les armes tout le peuple chrétien ; séduits par ses promesses, les Juifs armés massacrèrent plusieurs chrétiens. L'empereur Justinien euvoya des troupes contre lui; on livra bataille au faux Cbrist ; il fut pris et condamué au dernier supplie*.
Au commencement du huitième siècle, Screnus, Juif ospagnol, se porta pour messie , prêcha , eut des disciples, et mourut comme eux dans la misère.
Il s'éleva plusieurs faux .uessics dans le douzième siècle. Il en parut un en France sous Louii le Jeune; il fut pendu lui et ses adhérens, sans qu'on ail jamais su les noms ni du maître, ni dos disciples.
Le treizième siècle fut fertile en faux messies ; on en compte sept ou huit qui parurent en Arabie, en Perse, dans 1 Espagne, en Moravie : l'uu d'eux, qui se nommait David el A'e, passe pour avoir été un très-grand magicien; il séduisit les Juifs, et se vit à la tête d'un parti considérable ; mais ce messie fut
Jacques Zicglerne de Moravie, qui vivait au milieu du seizième siècle, annonçait la prochaine manifestation du messie, né, à ce qu'il assurait, depuis quatorze ans ; il l'avait vu, disait-il , a Strasbourg, et il gardait avec soin une épée et un sceptre pour les lui mettre en main dès qu'il serait en âge d'enseigner.
L'an i6a4, un autre Zicglerne confirma la prédiction du premier.
L an 1666, Sabatei-Sévi , né dans Alep, se dit le messie prédit par les Zieglernes. Il débuta par prê-
(f) Act. apo$t. , c. VOT, v. 9.
(j) Socr. , Hw. ceci. , liv. 11 . ebap. XXXVm.
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cher sur les grands chemins et au milieu des campagnes; les Turcs se moquaient de lui, pendant que ses disciples l'admiraient. Il paraît qu'il ne mit pas d'abord dans ses intérêts le gros de la nation juive , puisque les chefs de la synagogue de Smyrne portèrent contre lui une sentence de mort ; mais il en fut quitte pour la peur et le bannissement.
11 contracta trois mariages, et l'on prétend qu'il n'eu consomma point, disa-t que cela était au-dessous de lui. 11 s'associa un nommé Nathan-Lévi 1 celui-ci lit le personnage du prophète Êlic, qui devait précéder le messie. Ils se rendirent à Jérusalem , et •Nathan y annonça Sabatei-Sévi comme le libérateur des nations. La populace juive se déclara pour eus.; mais ceux qui avaient quelque ebote à perdre les anatbématisèrcnt.
Sévi, pour fuir l'orage, se relira à Conslantinoplc, et de là à Smyrne. Nathan-Lévi lui envoya quatre ambassadeurs, qui le reconnurent et le saluèrent publiquement en qualité de messie; cette ambassade en imposa au peuple et même à quelques docteurs, qui déclarèrent Sabau-i -Sévi messie et roi des Hébreux. Mais la svnagoguc de Smyrne condamna son roi à Être empalé.
Sabatci se mit sous la protection du cadi de Smyrne, et eut bientôt pour lui tout le peuple juif; il fit dresser deux trônes, un pour lui et l'autre pour son épouse favorite ; il prit le nom de roi des rois , et donna à Joseph Sévi, son frère, celui de roi de Juda. Il promit aux Juifs la conquête de l'empire ottomau assurée. Il poussa même lïnsolcnce jusqu'à faire ôler de la liturgie juive le nom de l'empereur, et y faire substituer le sien.
On le fit mettre en prison aux Dardanelles ; les Juifs publièrent qu'on n'épargnait sa vie que parce que les Turcs savaient bien qu'il était immortel. Le gouverneur des Dardanelles s'enrichit des présens que les Juifs lui prodiguèrent pour visiter leur roi , leur messie prisonuier , qui dans les fers conservait toute sa dignité et se fesait baiser les pieds.
Cependant le sultan, qui tenait sa cour à Andrinople , voulut faire finir cette comédie ; il fit venir Sévi, et lui dit que, s'il était messie, il devait être invulnérable ; Sévi en convint. Le grand-seigneur le fit placer pour but aux flèches de ses icoglaus ; le messie avoua qu'il u'était point invulnérable , et protesta que Dieu ne l'envoyait m/ic pour rendre témoignage à la sainte religion musulmane. Fustige par les ministres de la loi, il se fit maboroétap, et il vécut et mourut également méprise des Juif* et des musulmans ; ce qui a si fort décrédité la profession de faux messie, que Sévi est le dernier qui ait paru (*).
MÉTAMORPHOSE. METEMPSYCOSE.
N'est-il pas bien naturel que toute* les métamorphoses dont la terre est couverte aieut fait imaginer dans l'orient , où on a imaginé tout , que nos «mes passaient d'un corps à un autre ; un point presque imperceptible devient un ver, ce ver devient un pa-
(*) Voyca l'Eaui sur 1m imiin et l'etprit des nation» , t. XX» «lup. CXCl, où l'histoire de Sévi est pin* dAaillét.
pillon ; un glan J. se transforme en chêne , un oeuf en oiseau ; l'eau devient nuage et tonnerre ; le bois se change en feu et en cendre; tout paraît enfin métamorphosé dans la nature. On attribua bientôt aux âmes, qu'on regardait comme des figures légères , ce qu'on voyait s -nsiblcûicni dans des corps plus grossiers. -L'idée de la inuempsycosc est peut-être le plus ancien dogme de l'univers connu , et il règne encore dans une grande partie de l'Inde et de la Chine. j
Il esi encore très-naturel que toutes les métamorphoses dont nous sommes les témoins aient produit ces anciennes Tables qu'Ovide a recueillies dans son admirable ouvrage. Les Juifs même ont eu aussi leurs métamorphoses. Si Niobé fut changée en marbre, Edith, femme de Lolh, fut changée en statue de sel. Si Euridicc resta dans les enfers pottr av6ir regarde derrière elle, c'est aussi pour la môme indiscrétion que celte femme de Lolh fut privée de la nature humaine. Le bourg qu'habitaient Baucis et Philémon en Pbrygic est changé en un lac ; la même chose arrive à Sodomc. Les filles d'Anius changeaient l'eau en huile; nous avons daus l'Écriture une métamorphose à peu près semblable , mais plus vraie et plus sacrée. Cadmos fut changé en serpent; la verge d'Aaron devint serpent aussi.
Les dieux se changeaient très-souvent en hommes; les Juifs n'ont jamais vu les anges que sous la forme humaine; les anges mingerent chez Abraham. Paul, dans sa deuxième ëpîtreaux Corinthiens, dit que l'ange de Satan lui a donné des soufflets : Angélus Satance me