MÉTAPHYSIQUE
Trass nnluram, au delà de 1? nature. Mais ce qui est au delà de la nature 3st-il quelque chose ? par nature on entend donc matière, et métaphysique est ce qui n'est pas matière.
Par exemple, votre raisonnement qui n'est ni long, ni large, ni haut, ni solide, nîpcmtu; i
Voire âme à vous inconnue qui produit votre Mi- ! sonnement;
Les esprits dont on a toujours parlé, auxquels on a donné long -temps nn corps si délié qui) n Y tait plus corps, et auxquels on a ôté enfin toute Ombre de corps, sans savoir ce qui leur restaif;
La manière dont ces esprits sentent sans avoir l'embarras des cinq sens, celle dont ils pensent sans tête, celle dont ils se communiquent leurs pensées sans paroles et sans signes;
Eniin , Dieu quo nous connaissons par ses ouvrages, mais que notre orgueil vent définir; Dieu dont nous sentons le pouvoir immense ; Dieu entre lequel et nous eu l'abîme de l'infini , et dent nous osons sonder la nature; i
Ce sont là les objets de la métaphysique.
On pourrait encore y joindre les principes mêmes des mathématiques, des points sans étendue, des lignes sans largeur, des surfaces sans profondeur, des unités divisibles à l'infini,' etc. !i
Baylc lui-même croyait que ces objets, étaient de* {'Il
êtres de raison ; mais ce ne sont en effet que les choses
matérielles considérées dans leurs masses , dans leurs superficies, dans leurs simples longueurs ou largeurs, dans les extrémités de ces simples longueurs ou largeurs. Toutes les mesures sont justes et démontrées, et la métaphysique n'a rien à voir daus la géométrie.
C'est pourquoi on peut être métaphysicien sans être géomètre. La niétaub/siqae est plus amusante; c'est souvent le roman de l'esprit. En géométrie , au contraire, il faut calculer, mesurer. Cest une gêne continuelle, et plusieurs esprits ont mieux aimé rêver doucement que se fatiguer.