‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 47 sur 551 · ANTIQUITÉ · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉ

SECTION PIEMIERE.

Avei-vous quelquefois vu dans un village Pierre Aoudri , et sa femme Pérouelle , vouloir précéder leurs voisins à la procession? « Nos grands- pères , disent-ils, sonnaient les cloches avant que ceux qui nous coudoient aujourd'hui fussent seulement propriétaires d'une étahle. »

La vanilé de Pierre Aoudri , de sa femme , et de ses voisins, n'en sait pas davantage. Les esprits s'échauffent. La querelle til importante; il s'agit de l'honneur. ]• faut des preuves. L'n savant qui chante au lutrin découvre un vieux pot de fer rouillé , marqué d'un A , première lettre du nom du chaudronnier qui fit ce pot. Pierre Aoudri se persuade que c'était un casque de ses ancêtres. Ainsi César descendait d'un héros, et de la déesse Vénus. Telle est l'histoire des nations; telle est, à peu de chose près, la connaissance de la première antiquité.

Les savans d'Arménie démontrent que le paradis terrestre était ck« eux. De profonds Suédois démontrent qu'il était vers le lac Vener, qui en est visiblement un reste. Des Espagnols démontrent aussi qu'il était en Castille; tandis que les Japonais, les Chinois, lus Tartarcs , les Indiens , les Africains , les Américains, sont assez malheureux pour ne savoir pas seulement qu'il y eut jadis un paradis terrestre à la source du Phiscn, du Géhon, du Tigre et de l'Euphrate, ou bien à la source du Guadalquivir, de la Guadiaua , du Ducro, et de l'Ebre ; car de Phison on fait aisément Phatis; et de Phaetis ou fait le Bastis qui est le Guadalquivir. Le Géhon est visiblement la Guadiana , qui commence par un G. L'Ebre , qui est en Catalogne, est incontestablement l'Euphrate, dont E est la lettre initiale.

Mais un Ecossais survient qui démontre à sou tour q-jc le jardin d'Eden était à Edimbourg, qui en a retenu le nom ; et il est à croire que dans quelques siècles celte opinion fera fortune.

Tout le globe a été brûlé autrefois, dit un homme versé dans l'histoire ancienne et moderne; car j'ai lu dans un journal qu'on a trouvé en Allemagne des charbons tout noirs à cent pieds de profondeur, entre des montagnos couvertes de bois. Et ou soupçonne même qu'il y avait des charbonniers en cet endroit.

L'aventure de Phaéton fait assez voir que tout A bouilli jusqu'au fond de la mer. Le soufre du mont Vésuve prouve invinciblement que les bords du Rhin, du Danube , du Gange , du Nil et du grand fleuvo Jaune, ne sont que du soufre, du nitre et de l'huile de gaiac, qui n'attendent que le moment de l'explosion pour réduire la terre en cendres, comme ell« l'a déjà été. Le sable sur lequel nous marchons est une preuve évideute que l'uuivcrs a été vitrifié , et que notre globe n'est réellement qu'une boule de verre, ainsi que nos idées.

Mais, si le feu a changé uotre globe, l'eau a produit de plus belles révolulious. Car vous voyez bien que la mer , dont les marées montent jusqu'à huit pieds dans nos climats (*), a produit les montagnes qui ont seize à dix-sept mille pieds de hauteur. Cela est si vrai que des savans qui n'ont jamais été en Suisse y out trouvé un gros vaisseau avec tous ses agrès, pétrifié sur le mont Saint-Gothard (a), ou au fond d'un précipice , on ne jait pas bien où ; mais il est certain qu'il était là. Donc originairement les hommes étalent poissons, quod erai demonstrandum .

Pour descendre à une antiquité moins aulique , parlons des temps où la plupart des nations barbares quittèrent leur pays pour en aller chercher d'autres qui ne valaient guère mieux. Il est mi, s'il est quelque chose de vrai dans l'histoire ancienne , qu'il y eut des brigands gaulois qui allèrent piller Rome d*( temps de Camille. D'autres brigands des Gaules avaient passé, dit-on, par lUlyric pour aller louer leurs services de meurtriers à d'autres meurtriers vers la Thracc; ils échangèrent leur sang cont-e du pain , et s'établirent ensuite en Gilatie. Maiï quels étaient ces Gaulois? étaient-ce des Béricbons et des Angevins? Ce furent sans doute des Gaulois que les Romains appelaient Gsalpins, et que nous nommons Transalpins , des montagnards affamés , voisins des Alpes et de l'Apennin. Les Gaulois de la Seine et de la Marne ne savaient pas alors si Rome existait , et ne pouvaient s'aviser de passer le Mont-Cénis, comme fit depuis Aunibal , pour aller voler les garderobes des sénateurs romaius, qui avaient alors pour, tous meubles une robe d'un mauvais drap gris, ornée d'une bande couleur de sang de boeuf; deux petits pommeaux d'ivoire, ou plutôt d'os de chien, aux bras d'une chaise de bois; et dans leurs cuisines un morceau de lard rance.

Des Gaulois qui mouraient de faim , ne trouvant pas de quoi manger à Rome , s'en allèrent donc chercher fortune plus loin, ainsi que les Romains en usèrent depuis , quand ils ravagèrent tant de pays l'un après l'autre; ainsi* que firent ensuite les peuples du Nord, quand ils détruisirent l'empire romain.

Et par qui encore est-on très- faiblement instruit de ces émigrations? c'est par quelques lignes que les Romains ont écrites au hasard; car , pour les Celtes , Wclches ou Gaulois , ces hommes qu'on veut faire passer pour éloquens ne savaient alors, eux et leur* bardes (6), ni lire ni écrire.

Mais inférer de là que les Gaulois ou Celtes conquis depuis par quelques légions de César, ensuite par une horde de Goths , et puis par une horde do Bourguignons, et enfin par une horde de Sicambrcs , sous un Qodivic, avaient auparavant subjugué la terre entière, et donné leurs noms et leurs lois a l'Asie, cela me paraît bien fort : la chose n'est pas

( *) Voye% ks trticle» Mxi et Mo*t*gitx. découverte

(») ■tries, hardi, rteiuntu carmin* b*rli; c'*ak«t W«

aathématiquemcnt impossible; et, si elle estdéoiontric, je me rends; il serait fort incivil do refuser ans Wslches c« qu'on accorde aux Tarlarcs.

SECTIOX II.

De f antiquité des usages.

Qui étaient les plus Tous et les plus anciennement feus, de nous ou des Ëgyptie.u, ou des Syriens, ou des autres peuples? Que «igninail notre gui de cbéuc? Qui le premier a consacré u j chat ? c'est apparemment celui qui était le plus ii-.comfnodc des souris, Quelle na'iou a dansé la première scus des rameaux d'arbres à l'honneur des dieux? Oui la première a {ait des processions, et mis des fqus avec des grelots à la te te de ces processions? Qui promena un Priape par les rues, et en plaça aux portes en guise de marteaux ? Quel Arabe imagina de pendre le caleçon de m femme à la fenêtre le lendemain de ses noces ?

Toutes les nations ont dansé autrefois à la nouvelle lune : s'étaient- elles donné le mot? non, pas plus que pour se réjouir a la naissance de son fils, et pour pleurer, ou faire semblant de pleurer à la mort de son père. Chaque homme est fort aise de revoir la lune après l'avoir perdue pendant quelques nuits, il est cent usages qui sont si naturels à tous les hommes, qu'on ne peut dire que ce sont les Basques qui les ont enseignés aux Phrygiens , ni les Phrygiens aux Basques.

On s'est servi de Peau et du feu dans les temples ; cetfa coutume s'introduisit d'elle-même. Un prêtre ne veut pas toujours avoir les mains sales. Il faut du fen pour cuire les viandes immolées, et pour brûler quelques brins de bois résineux , quelques aromates qui combattent l'odeur de la boucherie sacerdotale.

Mais les cérémonies mystérieuses dont il est si difficile d'avoir riutclligence, les usages que la nature n'enseigne point ; en quel Heu , quand, où , pourquoi les a-t-on inventés? qui les a communiqués aux autres peuples? Il n'est pas vraisemblable qu'il soit tombé en même temps dans la tête d'un Arabe et d'un Egyptien de couper à son fils un bout de prépuce, ni qu'un Chinois et un Persan aient imaginé i la fois de châtrer des petits garçons.

Deux pères n'auront pas eu en même temps, dans différentes contrées , l'idée d'égorger leur fils pour plaire à Dieu. II faut certainement que des nations aient communiqué à d'autres leurs folies sérieuses, ou ridicules, ou barbares.

C'est dans cette antiquité qu'on aime à fouiller pour découvrir , si on peut , le premier insensé et le premier scélérat qui ont perverti le genre humain.

Mais comment savoir si Jéhud, en Phénicie, fut l'inventeur des sacrifices du sang humain , en immolant son fils?

Comment s'assurer que Lycaon mangea le premier de la chair humaine, quand on ne sait pas qui s'avisa le premier de manger des poules?

On recherche l'origine des anciennes fêtes. La plus antique et la plus belle est celle des empereurs de la Chine, qui labourent et qui sèment avec les prt-

mien mandarins (*). La seconde est celle des thesmophories d'Athènes. Célébrer à la fois Pagriculture et la justice, montrer aux hommes combien l'une et l'autre sont nécessaires, joindre le frein des lois à l'art qui est la source de toutes les richesses , rien n'est plus sage , plus pieux et plus utile.

Il y a de vieilles fêtes allégoriques qu'on retrouve partout , comme celles du renouvellement des saisons. Il n'est pas nécessaire qu'une nation soit venue de loin enseigner à une autre qu'on peut donucr des marques de joie et d'amitié à ses voisins le jour de I an. Cette coutume était celle de tous les peuples. Les saturnales des Romains sout plus connues que celles des Allobroges et des Pietés, parce qu'il nous est resté beaucoup d'tcrits et de raonumeus romains, et que nous n'en avons aucun des autres peuples de l'Europe occidentale.

La fêle de Saturne était celle du temps ; il avait quatre ailes : le temps va vite. Ses deux visages figuraient évidemment l'année finie , et l'année commençante. Les Grecs disaicul qu'il avait dévoré son père, et qu il dévorait ses enfans; il n'y a point d'allégorie plus sensible; le temps dévore le passé et le présent, et dévorera l'avenir.

Pourquoi chercher de vailles et tristes explications d'une fête si universelle, si gaie et si connue? A bien examiner l'antiquité , je ne vois pas une fêle annuelle triste: ou du moins, si elles commencent par des lamentations, elles finissent par danser, rire et boire. Si on pleure Adoni ou Adouai , que nous nommons Adonis , il ressuscite bientôt , et on se réjouit. Il en est de même aux fêtes d'Isia , d'Osiris et d'Horus. Les Grecs en font autant pour Cérès et pour Proserpine. On célébrait avec gaieté la mort du serpeut Python. Jour de fête et jour de joie étaient la mémo chose. Celte joie n'était que trop emportée aux fêtes de Bacchus.

Je ne vois pas une seule commémoration générale d'un événement malheureux. Les instituteurs des fêtes n'auraient pas eu le sens commue , s'ils avaient établi dans Athènes la célébration de la bataille perdue à Chéronée ; et à Rome celle do la bataille de Cannes.

On perpétuait le souvenir de ce qui pouvait encourager les hommes, et non de ce qui pouvait leur inspirer îa Ucheté du désespoir. Cela est si vrai qu'on imaginait des fables pour avoir le plaisir d'instituer des fêtes. Castor et Pollux n'avaient pas combattu pour les Romains auprès du lac Régile ; mais des prêtres le disaient au bout de trois ou quatre cents ans, et tout le peuple dansait. Hercule n'avait point délivré la Grèce d'une hydre à sept têtes , mais on chantait Hercule et son hydre.

SECTION III

Fêtes instituées sur des chimères.

Je ne sais s'il y eut dans toute l'antiquité une seule fête fondée sur un fait avéré. On a remarqué ailleurs à quel point sont ridicules les scoliastes qui vous disent magistralement : Voilà une ancienne hymne i l'honneur d'Apollon qui visita Claros ; donc Apollon

(•) Voyes AoBicn-TCW.

est venu; à Qaro«s On a h«ti uue chapelle à Pcrséo» doao il a délivre Androméd». Pauvres gens»! ditus plutôt : Doue iln'y a. point eu d'Audromvde.

Hë, que deviendra donc la taxante antiquité qui a précédé les olympiade»? EIJc- de* tondra ce qu elle est, un temps inconnu, u» lumps perdu, un: temps d'allégories et.de mon songes, un totnp* méprisé par les sA<iîs , et profondément discuté par les sots qui <&e piaiocnt à nager dans lovid* comme les atomes d"ipicvro.

Il y avait partout dus jours do pénitence, des jours d'expiation dans les temples : mais ces jours ne s'appelèrent jamais d'un mot qui répondit à celui de fetes. Toute foie était consacrée au divertissument; et cela est si vrai que les prêtres égyptiens jeûnaient la veille pour manger mieux lu lendemain : coutume que nos moines ont conservée. Il y eut sans.doute des cérémonies lugubres; ou ue dausail pas le branle des Grecs en enterrant ou en' portant au. bûclior son fils et sa tille.; c'était une cérémonie publique ; mais cor-

SECTION IV

De l'ant'ufuité des fêtes qu'on prétendait avoir toutes clé lugubres.

Des gens ingénieux et profonds, des creuseurs d'antiquités, qui sauraient comment la terre était faite il y a cent, mille ans, si le géuie pouvait le savoir, ont prétendu que les hommes, réduits à un très- petit nombro dans notre continent et dans l'autre, encore effrayés (La* révolutions innombrables que ce trions gloU avait essuyées.,, perpétuèrent 1%. souvenir dateurs malheurs par des commémorations funestes et lugubres. « Toute fête , disent-ils, fut un jour d'horreur, institué; pour faire souvenir les hommes que.

des volcans, par des rochers tombés des montagnes, par l'irruption, des mers, par Ls dents et les griffes dos, bâtes sauvages, pu.lt famine» la. pesta. et loi

Nous ne sommes donc pas fritscommulcs homme*. Tétaient alors. Oswie- s'est ja «tais. tant réjoui à Londres qu'après la pesto «J'incendie do la villo eutiére sous Charles. IL Neus,n*s*s dos chansons Jorsquot les raassaores.dcia SajtttTltatltélcati duraient encore. On a (•ouserva.dcs pastfuinado» faites h lendemaii de l'a*» saasinatde Cojigni ; «si. imprima dans. Paris : Vaesio. •iomiru a*;ri wtusordi cW^i.-rcnwtu» Barihclo-

II est amvà miUQ fou que le sultan. qui règne à, ConstajHtuoplA a Ikit danser sas chi'ilros et ses ode» lisques dans des salons teints du sang de ses frères et de ses visirs.

Que fait-on dans Paris le jour qu'on apprend la perte d une bataille et la mort de cent braves officiers • on court à l'opéra et à la comédie.

Que, fesail-on quand la maréchale d'Ancre était, immolée dans la Grève à la barbarie de «s persécuteurs; quand le maréchal de Marillac était traîné au supplice dansuoo charrette , en vertu d'un papier signé par des valets en robe dans l'autichamb! de Richelieu; quand un lieutenant -général dés

méos, un étranger qui avait versé son sang pour l'état, condamné par les cris doses ennemis acharnés , allait sur l'écbauud dans un tombereau d'ordures

avec un bAillon à la bouche; quand un jeribe homme de dix-neuf ans, plein de candeur, de courage et de modestie, mais très-imprudent, était conduit au plus affreux des supplices? ou chantait des vaudevilles.

Tel est l'homme, ou du moins l'homme dos bords de la Seine. Tel il fut dam tous les temps, par la seofe raison que les lapins ont toujours eu du poil , et les alouottos des plume».

SECTIOlf v.

De l'origine des arts.

Quoi! nou» voudrions savoir quelle était1 précisément la théologie do Thot, de Zerdust, de Sanohonialbon, dos première bracmanes; nous ignorons) qui a inventé la navette ! Le premier tisserand, le premier maçon, le premier forgeron, ont été sans doute de grand» génie»;. mais on n'en' a t Pourq uni ? c'est qu'aucun d'en» n'inventa fectionné. Celui qui creusa unehéne pour traverser un fleuve ne fil point de galères; ceux qui arrangèrent, des pierres brutes avec do* traverses de bois , n'imaginèrent point les pyramides : tout sa fait par degrés , eHa gloire n'est à personnoi

Tout se fit a tâtons jusqu'à ce que des philosophes, a l'aide de la géométrie, apprirent aux hommes à procéder avec justesse et sûreté.

Il fallut que Pytbagore, .au retour de ses voyages, montré: aux. ouvriers la manière' de faire une équerre quKùtpatfaifomcnt juste (c) » H ,prit trois règles, mt* de trois pieds» une do quatre» une de cinq, et ibe» fit un triangle roctongle<. De put»» il se trouvait que le coté 5 fournissait un vairé qui était juste, le double des carrés produits par les cé-iés 4 et 3; méthode importante pour tous les ouvrages régulier». Cesbee.f»* meux théorème qu'il avait rapporté de l'Inde, et ijue nous avons dit ailleura (.f ) o*birétô connu long*i

auparavant à la Chine, ouïrent le rapport de l'amporreur Caat-bL II y avait longtemps qu'avant Plaio* les Grecs avaient su doubler.l* carré i ar

Archytas et Eratosthènes inventèrent une méthode pour doubler un cube, ce qui était impraticable à la géométrie ordinaire, et ce qui aurait honoré Archi-

m -de.

Cet Archimèdc trouva la manière de supputer au juste combien ou avait mêlé d'alliage à de l'or; et on

(«) V«y«s Viiruve, liv. UL — (d) ES*" sur kt

travaillait en or depuis des siocles avant «ja'on pflt découvrir 1* fraude de» ouvriers. La friponnerie exista

construites d'équerre , et correspondant juste aux quatre peint* cardistaux, font voir aeset que la geo-

et cependant il cit proavé que l'fyjpte est un pays tout nouveau.

Sans la philosophie mhm neteréong goère avr-des-

I des habita tioii», qui t. et qui sypéparent leur nownritwe, qui prennent soin de le ira petit* da ut leurs domenres, et qui ont paar-dossus .ions lo bonheur tlo naître vêtu*.

Vitram, qui «rait uoyagéieaGaukret en Espagne , dit quencare de »ou temps les maisons étaient b&ûes d'une espèce de torchis, couvertes de chaume on de bardeau de eboao, -ci que .le* peuples n'avaient pas lissage dus tuile*. Quoi dtah >e temps 4e Vrtrvre? ccbai d'Auguste. Les arts avaient pénétré à peine chez, les Espagnol s>«j«i «raient dea n ni «s d'or et d'argent ,

Lo iadaae Vitrtuw acnu apprend que, dans ÎVjm- Wnto et ingénieuse Marseille qui oofumor ;ait «vee uni de iiutions, les toits n'étaient que déterre grasse

pétrie arec de la paille.

U noua inatruàt que ksl'arypions se croulaient des habiutioni dans lu terrerai» fichaient des perches autour de la fosse, et les assemblaient en pointe; puis ils élevaient de le terne tout autour. Les Hurons et les Algonquins sont mieux logés. Cela ne donne pas une grande idée de cette Troie bâtie par les dieux, et do

Appartl dormi» intùt, et «trio lemq» patMunt; Apportai Prit nu tl «elcntra prnttralm ragurtt,

(JE«.lib.Ufv.483.)

Ma i* arasai le peuple n'aUpas logé connue ta» rois: ii voit des battes près do Vatican et de Versailles. De plus I industrie tombe et m rcWvo ohea les pou-

ubi Trwjt foti. , . ; UXm.Vb.ia, r. ii,)

Nous avons nos nrts, l'antiquité eut 1rs siens. Hou* ce saurions faire aujourdbut un triré>ro; mais nous construisons des vaisseaux de cent pipees de canton.

Nous ne pouvons élever des obélisques de «en» pieds de haut d'une seule pièce; mois nos méridich-

île.

Lyon

Le by es lis nous cet il valent bic» le bvssus.

UCapiUfleéUit admirable; l'église de Saint-Pierre est beaucoup plus grande et plus belle.

Le Louvre est un chef-d'œuvre en comparaison do palnis de PersépoMs, dont la shuatlon et les ruines

La musique de Rameau Tant prolwblenrent celle deTiau)thée;etil n'est point de tableau présenté' dans Paris, an salon d'Apollon , qui ne l'emporte sut les peintures qu'on a déterrées dans Bereulanum (♦).

ANT1-TMNITAIRES.

Ce sont dos hérétiques qui pourraient ne pas passer pour chrétiens. Cependant ils- reconnaissent Jésui comme sauveur et médiateur; mais ils osent soutenir que rien n'est plus contraire à la droite raison que ce qu'on enseigne parmi les ebre lions touobaut la trinilé des pcrsouues dans uuo seule essence divine, dont la seconde ost engendrée par la première, et la troisième procède des deux autres.

Que cette doctrine u.iatclltgible ne le taoevo dans aucun endroit do l'£criUire.

Qu'on ne peut produire ancun passagoqui ïuntorisc, et auquel on ne puisée , Sans écarter en aucun façon de l'esprit do Wxte, donner un sons pi oa Clair, plus naturel, plus .conforme aux rtoticnj comnmncetaux voriit's . primitives M immuables.

Que souteuh-, coiuracvoM fours adversaires, qu'il y a plusieurs personnes didthrolae dans l'essence divine, et que ce a'eN pas iïitornel qui est le «eut -vrai Diou, mais qu'ai y faut joindre lo file et le Saint-Esprit , c'est introduire dans l'r^lise de Jéius^Chfist Vcereur la plus. groseiéra et lu plus dongerouee , puieqe* c'est favoriser ouvertement le polythéisme.

Qu'il implique contradiction de dire qu'il n'y a qu'un Dieu, et que néanmoins il y a trois f tr sonner ,

Que cette •distinction, nn en essence, et trois personnes, n'a jamais été dnim PËcriture.

Qu'eMc est manifestement (busse, puisqu'il est e«r-

et de personnes que d'essences.

Que les trois personnes de la Trinité sont ou Trois substances différentes, «>o des accidens de l'essence divine, ou cette csocncc même sans distinction. Que dans le premier cas on fait trois dieux. Que dans le second on fait Dieu composé d'accidens, on adore des accidens, et on métamorphose des accidens eu des personnes.

Que dans le troisième, c'est inutilement et sans fondement qu'on divise nn sujet indivisible et que i distingue en trois ce qui n'est point distingué en soi.

Que si on dit que les trois personnalités ne sont ni des substances différentes dan* l'essence divine, ni des a-cidens de cette essence, on aura de la peine .. se persuader qu'elles soient quoique cbôse.

Qu'il ne faut pas croire que les trinitaircs les pins rigides et les plus décidés aient eux-mêmes quelqnr idée claire de la manière dont les trois bypostasr* subsistent en Dieu, «ans diviser la substance, et par conséquent sans la multiplier.

Que saint Augustin lui-même , après avoh- avance sur ce sujet mîHe raisonnement anssi faux que ténébreux , a été forcé cVarvouer qu'on ne pouvait rien dh*r d*fntclligtirie sur Ceta.

Ils rapportent ensuite le passage «V te pète tpri en effet est très-singulier. « Quand on denrande, dît-il , ce que c'est que lé* trois , le langage des bornâtes se trouve court, et l'on manque de rennes pour les exprimer : on a pourtant SH mis persôttnei, non pas î,i

et ne pas demenrer muet. » Dictum est très personne, non ut aliquiddiccrelur , sed ne taccrelur. (De Triait. lib.V,cap. IX.)

Que les théologiens modernes n'ont pas mieux éclairci cette matière.

Que, quand on leur demande ce qu'ils entendent par ce mot personne , ils ne l'expliquent qu'en disant que c'est une certaine distinction incompréhensible, qui fait que l'on distingue dans une nature unique en nombre, un Père, un Fils, et un Saint-Esprit.

Que l'explication qu'ils donnent des termes d'engendrer et de procéder n'est pas plus satisfesante; puisqu'elle se réduit à dire que ces termes marquent certaines relations incompréhensibles qui sont entre les trois personnes de la Trinité.

Que l'on pcot recueillir de là que l'état de la question entre les orthodoxes et oux consiste à saroir s'il y a en Dieu trois distinctions dont on n'a aucune idée , et entre lesquelles il j a certaines relations dont on n'a point d'idées non plus.

De tout cela Us concluent qu'il serait plus sage de s'en tenir à l'autorité des apôtres qui n'ont jamais parlé de la Trinité, et de bannir à jamais de la religion tous les termes qui ne sont pas dans l'Écriture, comme ceux de Trinité, de personne, d'essence, d'Aypostase, d'union hyposlatiquc et personnelle, d'incarnation, de génération, de procession, et tant d'autres semblables qui, étant absolument vides de sens, puisqu'ils n'ont dans la nature aucun être réel représentatif, ne peuvent exciter dans l'entendement que des notions fausses, vagues, obscures et incomplètes.

(Tiré en grade partie de l'article Vnitmiruà» 1'P.neTelopAlie.)

Ajoutons à cet article ce que dit dom Calmel dans sa dissertation sur le passage de Pépîtrc de Jean l'é*vangélistc. » Il y en a trois qui donnent témoignage en terre, l'esprit, Peau et le sang; et ces trois sont un. Il y en a trois qui donnent témoignage au ciel , le porc, le verbe et l'esprit, et ces trois sont un. » Dom Cujmct avoue que ces deux passages ne sont dans aucune Bible ancienne , et il serait en effet bien étrange que saint Jean eut parié ae U Trinité dans une lettre, et n'en eût pas dit un isal mot dans son évangile. On uc voit nulle trace de ce uogme ni dans les évangiles canoniques, ni dans h s apocryphes. Toutes ces raisons et beaucoup d'autres pourraient excuser les anti-trinitaires, si les conciles n'avaient pas décidé. Mais, comme les hérétiques ne font nul cas des conciles, on ne sait plus comment s'y prendre pour les confondre. Bornons-nous à croire et à souhaiter qu'ils croient (*).

ANTHROPOMORPHITES.

Cest , dit-on , une petite secte du quatrième siècle de notre ère vulgaire, mats c'est plutôt la secte de tous les peuples qui eurent des peintres et des sculpteurs. Dès qu'on sut un peu dessiner ou tailler une figure, on fit l'image de la Divinité.

Si les Egyptiens consacraient des chats et des ' boucs, Os sculptaient Isis et Osiris; on sculpta Bel a Babylone, Hercule i Tyr, Brama dans llnde.

Les musulmans ne peignirent point Dieu en homme .

Les Guèbres n'eurent point d'image du grand Être. Les Arabes sabéens ne donnèrent poiut la figure humaine aux étoiles; les Juifs ne la donnèrent point à Dieu dans leur temple. Aucun de ces peuples ne cultivait l'art du dessin ; et si Salomon mit des figures d'animaux dans son temple , il est vraisemblable qu'il les fit sculpter à Tyr : mais tous les Juifs ont parlé de Dieu comme d'un homme.

Quoiqu'ils n'eussent point de simulacres, Os semblèrent faire de Dieu un homme dans toutes les occasions. Il descend dans le jardin, il s'y promène tous les jours à midi , il parle à ses créatures, il parle au serpent, il se fait entendre à Moïse dans le buisson , il ne se fait voir a lui que par-derrière sur la montagne j il lui parle pourtant face à face comme un ami à un ami.

Dans l'Alcoran même, Dieu est toujours regardé comme un roi. On lui donne au chapitre XII un trône qui est au-dessus des eaux. Il a fait écrire ce Koran par un secrétaire , comme les rois font écrire leurs ordres. Il a envoyé ce Koran à Mahomet par l'ange Gabriel , comme les rois signifient l-urs ordres par les grands-officiers de la couronne. En un mot, quoique Dieu soit déclaré dans l'Alcoran non engendreur et non engendré, il y a toujours un petit coin d'anthropomorphisme.

On a toujours peint Dieu avec une grande barbe dans l'église grecque et dans la latine (*)•

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