‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 477 sur 551 · SENSATION · texte numérisé non relu

SENSATION

Les huîtres ont, dit-on, deux sens; les taupes, quatre; les autres animaux, comme les cinq : quelques personnes en admettent un sixiè mais il est évident que la sensation voluptueuse, < ils veulent parler, se réduit au sentiment du tact, at

II nous est

sible d'eu imaginer par-delà, ot d'en désirer.

Il se peut que dans d'autres globes on ait des sens dont nous n'avons pas d idées : il se peut que Je nombre des sens augmente de globe en globe, et que l'étte qui a des sens innombrables et parfaits soit le tonus de tous les êtres.

qui vivent dan» uni» le* \*r* demwnAiputaM U minrre du petipir. Oi vérité» ne peuvent «VuMir qn'uprè* •snc longue résistance. Mai» M. de Voltaire «uppoie. dans cet article, que la vérité n'n peint j combattre t'iaSStél-, • caalai

notre pouvoir ? Nous sentons toujours malgré nous, et jamais parce que nous le voulons; il nous est im-

nous destine, quand l'objet nous frappe. Le sentiment est dans nous, mais il ne peut en dépendre. Nous le recevons, et comment le recevons- nous ? On sait assez qu'il n'y a aucun rapport cotre l'air battu et des paroles qu'on me chante, et l'unpressi< paroles l'ont dans mon cerveau.

Nous sommes étonnés de la pensée; mats le t liment est tout aussi merveilleux. Un pouvoir éclate dans lu sensation du dernier des insectes comme dans le cerveau de Newton. Cependant, que mille animaux meurent sous nos yeux, vous n'Ctes point inquiets de ce que deviendra leur faculté de sentir, quoique cette faculté soit l'ouvrage de l'Être des êtres; vous les regardez tomme des machines de la nature, nées pour périr, et pour faire place à d'autres.

Pourquoi el comment leur sensation subsisteraitelle, quand ils n'existent p|u$?Cjucl besoin l'auteur de inut ce qui est aurait -il de conserver des propriélcs dont le sujet est détruit? Il vaudrait autant tlirc que le pouvoir de la plante nommée w/i-iJiVr, de retirer ses feuilles vers ses branches, subsiste encore quand la plante n'est plus. Vous allez sans doute iviuaudur comment, la sensation des animaux périssant avec eux, la pensée de l'homme uc périra pas? Je oc peux répondre à ceUe question,, je ne*

sais pas aua pour la résoudre. L'au la sensation et de la pensée sait seul donae, et comment il la couserve.

Toute Fantiquité a swnntenu que ri«a n'est daos notre entendement qui n'ait été dans nos sens. Descartes, dans ses roinaus, prétendit que nous avions des idées métaphysiques avant de connaître le téton >• um (acuité1 de théologie proscrivit

ce dogme , non parce que c'était une erreur, maïs parce que c'était une nouveauté : ensuite elle adopta cette erreur, parce qu'elle était détruite par Locke, philosophe auglais, et qu'il fallait bien qu'un Anglais eût tort. Enfin, après avoir changé si souvent d'avis , elle est revenue à proscrire cette ancienne vérité, que les sens sont les portes de l'entendement; elle a fait comme les gouveriiemcus obérés, qui tantôt donnent cours à certains billets, et tantôt les décrient; mais depuis long-temps personne no veut des billets de cette faculté.

Toutes les facultés du monde n'empêcheront jamais les philosophes de voir que nous commençons par sentir, et que notre mémoire n'est qu'une sensation continuée. Un homme qui naîtrait privé de ses ciuq sens , serait privé de toute idée , sSI pouvait vivre Les notions métaphysiques ne viennent quo par les sens; car comment mesurer un cercle ou uu triangle, si on n'a pas vu ou touché un cercle et un triauglc ? comment se faire une idée imparfaite de l'iuliui, qu'en reculant de* bornes ? et comment retrancher des bornes, sans en avoir vu ou senti ?

La sensation enveloppe toutes nos facultés, dit un grand philosophe (•<).

Que conclure de tout cela ? Vous qui lise* et qui pense/., concluez.

Los Grecs avaient inventé la faculté Psyché pour les sensations, et la faculté Auus pour lus pensées. Nous ignorons malheureusement ce que c'est que ces deux facultés; nous les avons, mais leur origine ne nous on est pas plus joadae qu'a l'huître, à l'ortie de mer, au polype, aux venaiiscaux et aux plantes. Par quelle mécanique inconcevable fe soutinrent est- il dans tout mon corps, et la pensée dans ma seule tcle? Si on vous coupe la tête, il n'y a pas d'apparence que vous puissiez alors résoudre un problème de géométrie : cependaul votre glande pinéalc, votre corps calleux, dans lesquelles vous logez votre «me, subsistent long-temps sans altération, votre tcle coupée est si pleine d'esprits animaux, que souveut elle bondit après avoir été séparée de son tronc : il semble qu'elle devrait avoir dans ce moment des idée.-, très-vives, et ressembler à la tète d'Orphée qui lésait encore de la musique, et qui chaulait Eurydice quand ot» la jetait dans les eaux de l'fibre.

Si vous ne pensez pas quand vous n'avez plus do tête- , d'où vient que votre cu:ur s? meut et parai! sentir quand il est arraché ?

Vous sentez, dites-vous, parce que tous les nerfs ont leur origine dans le cerveau; et cependant si on roua ■ trépané, et si on vous brûle le cerveau, vous

ne sentes rien. Les gens qui <

, tome U, pige ia8.

Page 1