‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 478 sur 551 · SERPENT · texte numérisé non relu

SERPENT

« Je certifie que j'ai tué en diverses fois plusieurs serpens, en mouillant uu peu avec ma salive un bâton ou une pierre, et en duouantaur le milieu du oorps du serpent un petit coup, qui pouvait à peine occasiooer une petite contusion. 19 panier 177a. Figuier, ehir rurgien. »

Ce chirurgien n'ayant donné «9 certificat, deux témoins qui lui ont vu tuer ainsi das serpens n ont attesté ce qu'ils avaient vu. Je voudrais «c voir aussi ; car j ai avoué, dans plusieurs endroits le 00s questions, que j'avais pris pour mon patron siint Thomas Didyme, qui voulait toujours mettre le doigt dossus.

Il y a dix -huit cents ans que cette opiuion s'est perpétuée chez les peuples. Et peut- être aurait- elle dix -huit mille ans d'antiquité, si la Genèse ne nous instruisait pas au juste de la date de notre inimitié avec le serpent. Et l'on peut duc que, si Eve avait craché quand le serpent était à son oreille, elle eût épargné bien des maux au genre humain.

Lucrèce, au livre IV (vers 64a-3), rapporte cette manière de tuer les serpens comme une chose trèsconnue :

Est nli«M ut «rpcm hominit contacta mIiVù,

Duper.» , ne >cm ManJenoV» confiai l'pM.

• Gradin wrr uu serpent, m force l'abandonne ;

« It m MM«av kii marne, U *• cfcvnn, il roaori. a Il y a un peu de contradiction à le peindre languissant et se dévorant lui-même. Auasi mon chirurgien Figuier n'aflirme pas quo lus serpens qu'il a tués se .soient mangés. La Genèse dit bien que nous les tuons avec le talon, mais non pas avec 4e la salive.

Nous sommes dans l'hiver, au 19 janvier : oW le temps où les serpens restent < he* otix. Jo ne puis en trouver an mont Krapae ; mais j'exhorte tons le» philosophes à eraeher sur tous les serpens qu'ils rencontreront on chemin, au printemps. 11 est bon de savoir jusqu'oa s'étend le pouvoir do la salive de l'homrne.

11 est certain que Jésus-Christ lui -mémo se servit de salive pour guérir un homme sonrd ot muet

Il le prit à part ; il mit ses doigts dans ses oreilles : il cracha sur sa langue-, et, regardant in ciel , il soupira, et s'écria : /;flem. Aussitôt le sourd et muet se mit A parler.

Il se peut donc en effet que Dieu ait permis quo ta salive de l'homme tue les serpens; mais il peut avoir permis aussi que mon chirurgien ail assommé de* serpens à grande coups de pierre et de bâton, et il est même probable qu'ils en seraient morts , soit que le sieur r'iguicr eut craché, soit qu'il n'eût pas craché.

Je prie donc tous les philosophes d'examinée la chose avec attention. On peut, par exemple, quand ou verre passer r'nfron dans le rue, lui cracher au nez; et, S'il en meurt, le fait soru constaté, malgré tous I

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Je saisie cette occasiou de prier aussi les philosophes de couper le plus qu'ils pourront de têtes de limaçons à coquille ; car j'atteste que la téte est revenue à des limaçons à qui je l'avais très -bien couple. Mais ce n'est pas assez que j'en aie fait l'expérience, il faut que d'autres la fassent encore , pou» que la chose acquière quelque degré de probabilité ; car , si j'ai Tait heureusement deux fois cette expérience, je l'ai manquèe trente fois : son succès dépend de l'Age du limaçon, du temps aucjuel ou lui coupe lu tête, de l'endroit où on la lui coupe, du lieu où on le garde jusqu'à ce que la téte lui revienne.

S'il est important de savoir qu'on peut donner la mort en crachant , il est bien plus essentiel de savoir qu'il revient des têtes. L'homme vaut mieux qu'nn limaçon; et je ne doute pas que, dans un temps où tous les arts se perfectionnent, on ne trouve l'art de donner une bonne tète à un homme qui n'en aura point.

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