‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 480 sur 551 · SICLE · texte numérisé non relu

SICLE

Poids et monnaie des Juifs. Mais comme ils ne frappèrent jamais de monnaie , et qu'ils se servirent toujours à leur avantage de la monnaie des autres peuples , toute monnaie d'or qui pesait environ une guinée , et toute monnaie d'argent pesant un petit écu de France , était appelée sicle ; et ce sicle était le poids du sanctuaire, et le poids du roi.

Il est dit , dans les livres des Rois (g) , qu'Absalon avait de très-beaux cheveux, dont il fesait couper tous les ans nne partie. Plusieurs grands commentateurs prétendent qu'il les fesait couper tous les mois.

(d) Remarque» de Valois «nr Euaèbe, page 363, (•) Utti* CLV. — (f) Soêl Alexandre , tiède L (y)liv. II,ckap.XIV,v. aO.

Il et qu'il y en avait pour la valeur de deux cents sicles. Si c'étaient des sicles d'or, la chevelure d'Absalon lui valait juste deux mille quatre cents guinées par au. Il y a peu de seigneuries qui rapportent aujourd'hui le revenu qu'Absalon tirait de sa tête.

Il est dit que, lorsque Abraham acheta un antre en Hébron, du Cananéen Ephron, pour enterrer sa femme, Ephron lui vendit cet antre quatre cents sicles d'argent , de monnaie valable et reçue (f>) , probaUe monclœ publics.

Nous avons remarqué qu'il n'y avait point de monnaie dans ce temps-là. Ainsi ces quatre cents sicles d'argent devaient être quatre cents sicles de poids, lesquels vaudraient aujourd'hui trois livres quatre sous pièce, qui font douie cent quatre-vingts livres de France.

11 fallait que le petit champ qui fut vendu avec cette caverne , fût dune excellente terre pour être vendu si cher.

Lorsque Eliézcr, serviteur d'Abraham, rencontra la belle Rebccca, fille de Datuel , portant une emehe d'eau sur son épaule , et qu'elle lui eût donné à boire à lui et à ses chameaux , il lui douna des pendans d'oreille d'or qui pesaient deux sicles (<:) , et des bracelets d'or qui eu pesaient dix. C itait un présent de vingt-quatre guinées.

Parmi les lois de l'Exode , il est dit que , si un boeuf frappe de ses cornes un esclave mâle ou femelle, le possesseur du boeuf donnera trente sicles d'argent au maître de l'esclave, et le bœuf sera lapidé. Apparemment il était sous-cutendu que le bœuf aurait fait une blessure dangereuse; saus quoi trente-deux écus auraient été une somme un peu trop forte vers le mont Sinai, où l'argent n'était pas commun. Cest ce qui • fait soupçonner à plusieurs graves personnages , mais trop téméraires, que l'Exode, ainsi que la Genèse, n'avaient été écrits que dans des temps postérieurs.

Ce qui les a confirmés dans leur opinion erronée, c'est qu'il est dit dans le même Exodo («/) : Prenez d'excellente myrrhe du poids de cinq cents sicles , deux cent cinquante de cinnamum , deux cent cinquaute de cannes de sucre, deux cent cinquante de casse, quatre pintes et chopinc d'huile d'olive pour oindre le tabernacle; et on fera mourir quiconque s'oindra d'uuc pareille composition, sa en oindra un étranger.

Il est ajoute qu'à tous ces aromates on joindra du slac te, de l'onyx, du galbanum et de l'encens brillant , et que du tout on doit faire une collaturc selon l'art du parfumeur.

Mais je ne vois pas ce qui a dû tant révolter les incrédules dans cette composition. Il est naturel de penser que les Juifs qui , scion le texte , volèrent aux, Egyptiens tout ce qu'ils purent emporter, aient voléde l'encens brillant, du galbanum, de l'onyx, du stacté, de l'huile d'olive, de la casse, des cannes de sucre, du cinnamum et de la myrrhe. Us avaient aussi

{») Gfi>è»e , chep. XXIII 1 t, tO.

(ej Ifcii. dup. XXIV, t. as.

(d) Exode, c!i»p. XXX , r. a3 el nùv

fOlé sans donte beaucoup de siclcs ; et sons «Tons vu e^'mt de» plus télé* partisan* de cette horde hébraïque évalue ce qu'ils avaient volé seulement en or è neuf millions. Je ne compte pis après lui.

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