‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 484 sur 551 · SOLDAT · texte numérisé non relu

SOLDAT

Le ridicule faussaire qui fit ce Testament du cardinal de Richelieu, dont nous avons beaucoup plus parle qu'il ne mérite , donne pour un beau secret d'État de lever cent mille soldats quand on Teut en avoir cinquante mille.

Si je ne craignais d'être aussi ridicule que ce faussaire, je dirais qu'au lieu de lever cent mille mauvais soldats, il en faut engager cinquante mille bons; qu'il faut rendre leur profession honorable; qu'il faut qu'on la brigue et non pas qu'on la fuie; que cinquante mille guerriers assujettis à la sévérité de la règle , sout bien plus ulUcs que cinquante mille moines.

Que ce nombre est suffisant pour défendre un état de l'étendue de l'Allemagne ou de la France, ou de l'Espagne , ou de l'Italie.

Que des soldats en petit nombre dont on a augmenté l'honneur cl la paye ne déserteront poiut.

Que cette paye étant augmentée dans un état, et le nombre des engagés diminué, il faudra bien que les ^tats voisins imitent celui qui aura le premier rendu ce service au genre humain.

Qu'une multitude d'hommes dangereux étant rendue à la culture de la terre ou aux métiers, et devenue utile, chaque état en sera plus florissant.

M. le marquis de Monteynard a donné en 1771 JJ

un exemple à l'Europe; il a donné un surcroît a la paye, et des honneurs aux soldats qui serviraient après le temps de leur engagement. Voilà comme il &ut mener les hommes.

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