‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 486 sur 551 · SOPHISTE · texte numérisé non relu

SOPHISTE

Un géomètre un peu dur nous parlait ainsi : Y a-l-il rien dans la littérature de plus dangereux que des rhéteurs sophistes? parmi ces sophistes y en cut-il jamaisde plus inintelligibles et de plus indignes d'etra entendus que le divin Platon ?

La seule idée utile qu'on puisse peut-être trouver chez lui, est l'immortalité de l ime, qui était déjà établie chez tous les peuples policés. Mais comment prouvc-t-il cette immortalité ?

On ne peut trop remettre cette preuve sous nos yeux pour nous faire bien apprécier re umei'x Grec.

11 dit, dans son Phédou, que la mort est le contraire de la vie, que la mort naît du vivant, et le vivaut du mort, et que par conséquent les âmes vont sous terre après notre mort.

S'il est vrai que le sophiste Platou, qui se donne pour ennemi de tous les sophistes, raisonne presque toujours ainsi , qu'étaient donc ces prétendus grands hommes, et à quoi ont-ils servi ?

Le grand défaut de toute la philosophie platonicienne était d'avoir pris les idées abstraites pour des choses réelles. Un homme ne peut avoir fait une belle action que parce qu'il y a un beau réellement existant auquel cette action est conforme!

On ne peut faire aucune action *ans avoir l'idée de cette action. Donc ces idées existent je ne sais où, et il faut les consulter !

Dieu avait l'idée du monde avaul de le former, c'était son logos. Donc le nioude était la production du logos !

Que de querelles, lautot vaincs, tantôt sanglantes, cette manière d'argumenter apporta-t-cllc enfiu sur la terre! Platon ne se doutait pas que sa doctrine pût un jour diviser une église qui n'était pas encore née.

Pour concevoir le juste mépris que méritent toutes ces vaines subtilités, lisez Démosthènes ; voyez si dans aucune de ses harangues il emploie un seul de ces ridicules sophismes. Ccst uuc preuve bien claire que dans les affaires sérieuses ou ne fesait pas plus de cas de ces ergoteries, que le conseil d'état n'en fait des thèses de théologie.

Vous ne trouverez pas uo seul de ces sophismes drus les Oraisons de Cicéron. C'était un jargon de l'école , inventé pour amuser l'oisiveté : c'était le .charlatanisme de l'esprit.

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