‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 537 sur 551 · VIE · texte numérisé non relu

VIE

Ojt trouve ces paroles dans le Système de la nature, page 84, édition de Londres : « 11 faudrait définir la vie avant de raisonner ie l'ime; niais c'est ce que j'estime impossible. »

Ccsl ce que j'ose estimer très-possible. La vie est organisation avec capacité de sentir. Ainsi on dit que tous les animaux sont en vie. On ne le dit des plantes que par extension, par une espèce de métaphore ou de calachrèse. Klles sont organisées, elles végètent ; mais, n'étant point capables de sentiment, elles n'ont point proprement la vie.

On peut être en vil' sans avoir un sentiment actuel ; car on ne sent rien dans une apoplexie complète, dans une léthargie, dans un sommeil plein et sans rêves, mais ou a encore le pouvoir de sentir. Plusieurs personnes, comme on ne le sait que trop, ont /té enterrées vives comme des vestales, et c'est ce qui arrive dans tous les champs de bataille, surtout dans les pay s froids; un soldat est sans mouvement et sans haleine; s'il était secouru, il les reprendrait; mais, pour avoir plus tôt fait, ou l'enterre.

Qu'est-ce que cette capacité de sensation ? Autrefois vie et Ame c'était même chose, et l'une n'est pas plus connue que l'autre, le fond en est-il mieux connu aujourd'hui ?

Dans les livres sacrés juifs , âme est toujours employée pour vie.

(a) Dixit eliam Dtut , producont aijwr reptile animm » wenrii Et Dira dit, qne les nu produiieot in reptiles d'âme rivante.

Créant Deta cet* aramdia et amnem aninatn vwtntem atqus motubdem quant produiront aquat.

Il créa alliai Je grand* drapons ( tanoitim ) , tout an ima l a y «et vie et mouvement , que le* eaux avaient proJnita.

U est difficile d'cxpliqncr comment Dieu créa ce* dragons produits par les eaux ; mais la chose est ainsi, et c'est à nous de nous sniimctirc.

(b) Producal tara animent vivitem in nentrt mo, jumen'u et reptilia.

liiothi <"t drs rrpùlcs.

(e) Et in OMtMt* est anima vivent, «d vetetndum.

Et irupiravii in fteiem ejlu tpiraculum vitm , et fiictm e<» komo in animant viventem.

(d) kx il i «ut «ottlBe de vie («elon lléliccu).

(a) Oei»iM,ch.I,Y.ao.

— (d) Chap. 11, r.

(b) Ch.I,v.ai. — >j LL.I,T.3<>

Sunguincm «mm aiiMiaram veMrarum requit cunctatmm batiarum, et de manu hominii, etc. Je redemanderai v

Ames signifie ici ; le évidemment. Le texte sacré ne peut entendre que les betes auront avalé l'âme des hommes, mais leur sang, qui est leur vie. Quaut aux rauins que ce texte donne aux bêles , il entend leurs griffes.

En un mot, il y a plus de deux cents passagos où l'âme est prise pour la vie des. bêles ou des hommes; mais il n'en est aucun qui vous dise ce que c'est que la vie et l'âme.

Si c'est la faculté de la sensation, d'où vient cette faculté? A cette question tous les docteur* répondent par des systèmes , et ces systèmes sont détruits les uns par les autres. Mais pourquoi voulez-vous savoir d'où vicut la sensation? il est aussi difficile de concevoir la cause qui fait tendre tous les corps à leur commun centre , que de concevoir la cause qui rend l'animal sensible. La direction de l'aimant vers le pôle arctique, les routes des comètes, mille autres phénomènes sont aussi incompréhensibles.

H y a des propriétés évidentes de la matière, dont le principe ne sera jamais connu de nous. Celui de la sensation, sans laquelle il n'y a point de vie, est et sera ignoré comme tant d'autres.

Peut-on vivre sans éprouver des sensations? non. Supposez un cobut qui meurt après avoir été toujours en léthargie; il a existé, mais il n'a point vécu.

Mais supposez un imbécile qui n'ait jamais eu d'idées complexes, et qui ail eu du sentiment; certainement il a vécu sans penser-, il n'a eu que les idées simples de ses sensations.

La pensée est-elle nécessaire a la vie? non, puisque cet imbécile n'a point pensé, et a vécu.

De là quelques penseurs peu se ni que la pensée n'est point l'essence de lbouime; ils disent qu'il y a beaucoup d'idiots non pensa us qui sont hommes, et si bien hommes qu'ils fout des hommes, sans pouvoir jamais faire uu raisonnement.

Les docteurs qui croient penser répondent que ces idiots oui des idées fournies par lenrs sensations.

Les hardis penseurs leur répliquent qu'un chien de chasse, qui a bien appris son métier, a des idée* beaucoup plus suivies, et qu'il es1. fc:t supérieur à ces idiots. Do la naît uue grande dispute sur l'aine. Nous n'en parlerons pas; nous n ?u avens que trop parlé à l'article Ame.

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