‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 541 sur 551 · VOLONTE · texte numérisé non relu

VOLONTE

Dks Grecs fort subtils consultaient autrefois le pape Honorins I , pour savoir si Jésus, lorsqu'il était au monde, avait eu une volonté ou deux volontés, lorsqu'il se déterminait à quelque action; par exemple, lorsqu'il voulait dormir ou veiller, manger ou aller à la garde-robe, marcher ou s'asseoir.

Que vous importe? leur répondait le très -sage évoque de Rome, Honorius. Il a certainement aujourd'hui la volonté que vous soyez ,«cns de bien , cela vous doit suffire; il n'a nulle volonté que vous soyez des sophistes babillards, qui vous battez continuellement pour la chappe à l'évêque, et pour l'ombre de l'ànc. Je vous conseille de vivre en paix , et de ne point perdre en disputes inutiles un temps que von* pourriez employer en bonnes œuvres.

Scirit pere, iwm avez beau dire, c'ett ici la plus importante affaire du monde. Sous avons di\à mit l'Europe, XAsie et JVfrique en feu pour savoir si Jésus avait deux personnes e* une f, ou une nature et dcwu) personnes, ou bien deux pari et deux natures, ou bien une personne et ur

Mes chers frères , vous avez très-mal fait : il fallait donner du bouillon aux malades, du pain aax pauvres.

Il s'agit bien de secourir les pauvres ! twiM-t-if pas le pctriarehe Sergius qui vient de faire décider dans un conçût a Constantinople, que Jésus avait deux nature» et unevotonté! et l'empereur qui n'y entend rien est de cet avis.

Eh bien , soyez-en aussi ; et surtout défendet-vou» mieux contre les mabométans qui vous donnent tous les jours sur les oreilles, et qui ont une très-mauvaise volonté contre vous.

C'est bien dit ; mais voilà les évtques de Tunis, de Tripoli . d'Alger, de M arec qui limitent fermement pour les deux volontés. Il faut avoir une opinion ; quelle est la ». tre>

Mon opinion est q.ie vous êtes des fous qui perdrez la religion chrétienne que nous avons établie avec lant de peine. Vous ferez tant par vos sottises, que Tunis, Tripoli, Alger, Maroc, dout vous me parlez, deviendront musulmans , et qu'if n'y aura pas une chapelle chrétienne cr. Afrique. En alteudant, je suis pour l'empereur et le concile, jusqu'à ce que vous ayez pour vous un autre concile et un autie empereur.

Ce n ul pat notu satisfaire. Croyez-vous deu

Ecoutez; si ces deux volontés sont semblable.*, c'est comme s'il n'y en avait qu'une seule ; si elles sont contraires, celui qui aura deux volontés à la fois fera deux choses contraires à la fois, ce qui est absurde; par conséquent, je suis pour une seule tolonté.

Ah ! saint père, vous élei mtmoihéUle. A l'hérésie! au diable .' a l'exeoramunieation, i la déposition ; un concile, vile un autre '»; un autre empereur, un autre éveqme de Rome, un «

Mon Dieu! que ces pauvres Grecs sont fous avec toutes leurs vaiucs et interminables disputes, et que mes successeurs feront bien de songer a être puissans et riches!

A pcin- Honorius avait proféré ces paroles , qu'il apprit que l'empereur Hèraclius était mort après avoir élé bien baitu par les mahométans. Sa veuve Martine empoisonna sou beau-fils; le sénat fit couper la langue à Martine et le nez à un autre fils de l'empereur. Tout l'empire grec nagea dans le sang.

N'eût-il pas mieux valu ne point disputer sur les deux volontés? Et ce pape Ilonorius, contre lequel les jansénistes ont tant écrit, n'était-il pas un homme très-sensé ?

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