‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 543 sur 551 · XAVIER · texte numérisé non relu

XAVIER

Sàimt Xavier, surnommé l'apôtre des Iodes, fat un des premiers disciples de saint Ignace de Loyola.

Quelques écrivains modernes, trompés par l'équivoque du nom, se sont imaginés que les apôtres sain» Barthélemi et saint Thomas avaient prêché aux iodes orientales. Mais Abdiaa («>) remarque trej-bien qne !es anciens font mention de t roi» Indes; la située vers l'Ethiopie, la seconda p et la troisième à l'extrémité du continent.

Lee Indiens à qui saint Barthélemi prêcha les Arabes de l'Yémen, qui sont nommés par lostorge (b) los Indiens intérieur», et par Sophrouius (< ) les ladiona fortunes. Ce tant ks habita ns de l'Arabie Heureuse.

L'Inde qui est pioche de Mèdce est évidemment la Perso et les provinces voisines, qui furent d'abord soumises aux Parihes. Or, c'est dans ce pays -là-, dans l'empire des Parihes, que les historiens eccht siastiques (.') témoignent que saint Thomas alla prêcher l'Evangile. Aussi le métropolitain de Pense se vautc-t-il, depuis plusieurs siècles, d'être le successeur do saint Thomas. L'auteur des voyages de cet apôtre, cl celui de l'histoire «LAbdfas, s'accordent là-dessus avec nos autres «'crivains.

Enfin la troisième Inde, » l 'extrémité du continent, comprend les côtes de Coroiuandel et de Malabar, et c'est celle dont Xavier fut l'apôtre. Il arriva à Goa, l'an i54a, sous la protection de Jcau III, roi do Portugal ; et , malgré les miracles qu il y opéra , il prétendait , de l'aveu du missionnaire <

(a) Iiv. VID, «ri. I. (fc) Hîm. «cet, îiv. D, eh. VI. (0 Stint Jcrome, rfin.kt^-^ Béate* , Uv. >«p. I, et Hécognitkroj, Ut. IX , art. L

varctle (r) qu'on n'etanitrait jamais aucun christianisme de durée parai les païens, à moine quo les au diieurs ne fussent à la portée d'un mousquet. Lcjesuite Telles, dans ton Htaoire d'Ethiopie (|), fait le aveu. Ç'a toujours ét», dit-il, le sentissent qée Hgiaux ont formé concernant 1» religio» catholique , qu'elle uo pourrait être d'aucune dorée en fcthiopw , à moins qu elle ne fût appuyée par les

"TIxperiŒM*, «ni sfl«, rien* à Pappei de cette opinion Ce fut par les arnicsque I on conrertit ■oérWfUe; et BaatW terni do las Casas , moine et évoque

de Chiapa, écrivit en langue castillan» l'Histoiie ad-

nics exercées parlas Espafpiots nunc Indes ocriden- Co témoin ocalaiic affirme (-/) qee, d*ns les

•os plus do douze millions d'Ames. Ils fesaieiH certains gibets longs et bas, Ue manière que les pieds louchaient quasi a la terre,, chacun pou* *rekrey à

douze apôtres, comme ils disaient; et,, j mettant le feu, brûlaient ainsi tout vifs ceux qui y étaient attachés. Ils prenaient les petites créatures par les pieds , les arrachant des mamelles de leurs mères, et lcuB froissaient la tête contre les rochers. Las Casas oublie de remarquer que le Psalmiste (A) appelle heureux celui qui pourra traiter ainsi les petits enfans.

Au reste il faut redire ici comme à l'article Felfenes ; Jésus n'a condamné que Fbypoerisie des Juifs-, en disant (i) : Malheur avons, scribes et pharisiens hypocrites, parce que voue coures, te mer et la terre pour faire un prosélyte! et, quand* il l'est devenu, uous le rendez digne de la géheano deu» foi* pUss

35ÊNOPHANE&

Batle a pris le prétexte de l'article pour faire le panégyrique iu diablo, comme autrefois Simonidc, à l'occasion d'un lutteur qui avait remporté le prix à coups do poing aux jeux olympiques, chanta dans une belle ode les louanges de Castor et de Pollux. Mais au fond , que nous importent tes rêveries de Xénophancs! Que saurons-nous en appienant qu'il regardait la nature comme un être infini, immobile, composé d'une infinité de petits corpuscules, de petites monades douces, d une force motrice, de petites molécules organiques; qu"i! pensait d'ailleurs à peu près comme pensa depuis Spinosa, ou que plutôt il cherchait à penser, et qu'il se contredit plusieurs fois, ce qui était te propre des anciens philosophes?

Si Auaximènc enseigna que l'atmosphère était Dieu ; si Thaïes attribua à l'eau la formation de toutes choses, parce que l'Egypte était fécondée par ses inondations; si Phérécide et Heraclite donneront au feu tout ce que Thaïes donnait à l'eau , quel bien nous rcvicnt-il de toutes ces imaginations cliimériq

Je veux qne Pythagore ait exprimé par des nombres des rapports très-mal connus , et qu'il ait crii que la nature avait bAti le monde par des règles d'arithmétique. Je consens qu'Ocellus Lueanus et En* pédode aient tout arrange par des forces motrices antagonistes, quel fruit en recueillerai- je ? quelle1 noliou clairt sera entrée dans mon faible esprit?

Venez, divin Platon, avec vos idées archétypes) vos audrogync*, et votre verbe; établissez ces belle* connaissances en prose1 poétique dans votre république uouvellc, où je ne prétends pas pfus avoir une maison que dans la Salcntc ïu îelémaque; mais au lieu d'être un de vos citoyens , je vous enverrai , pou* bîtir votre ville, toute la manière subtile de liescartes toute sa matière globuleuse et toute sa rai j meuse, que je vous ferai porter par Cyrano de Bergerac (<»).

Baylc a pourtant exercé toute la sagacité de sa ;j dialectique sur vos antiques billevesées; mais c'est qu'il en tirait toujours parti pour rife des sottises q'jî || leur succédèrent.

O philosophes! les expériences de physique bien constatées, les arts et métiers, voilà te vraie philoi | topbie. Mon sage est te conducteur de mon moulin , lequel pince bien te vent, ramasse mon sac de blé, te verse dans la trémie , te moud également , et fournit » moi et aux miens une nourriture aisée. Mon sage est celui qui, avec la navette, couvre mes murs dé tableaux de laiue ou de soie, brillans des plus riches couleurs; ou bien celui qui met dans ma poche te mesure du temps en cuivre et en or. Mon sage est l'investigateur de l'Histoire naturelle. On apprend plus dans les seules expériences de l'abbé Nollet que daus tous les livres de l'antiquité.

nos:

(r) Traite VI, D^e j ^ti. coi. (i. '/ J.iv. IV, c a\>. III. (fj) Tagn 0 rt 10 de ii traduction UMnçmisc de Jacques de ■f îggiode. — (h) P.. CXXXV1 , t. q.

XBN OPTION, Et la retraite des dix mille.

QrJAWIJ Xértopbon n'aurait eu d'autre mérite que d'être l'ami du martyr Soc rate, il serait un homme rccommandabtc ; mais il ëtait guerrier, philosophe, poëtc, liisidrleii', agriculteur", aimable dans la société; et il y eut beaucoup de Grecs qui réunirrtï tous ces* mérites;

Mais pourquoi cet homme libre eut-il une dbtripagnie grecque à la solde du jeune Cosrou, nOiniBÉ Cyrus par les Grecs? Ce Cyrns était frère puîné" /* sujet de l'empereur de Perse Artavcrxe Mnétnorï', dont on a dit qu'il uavàit jartais rien oublié que les injures. Cyrus avait déjà voulu assassiner son frère dans le temple même où Pou fesait te cérémonie de son sacre (car lès" rois de Perse furent les premiers qui furent sacrés); non-seulement Artantcnie cttt'la clémence de pardonner a ce scélérat', mais il eut la faiblesse de lui laisser le g'ouvcruemeht'ahsolù d une grande partie de l'Asie Mineure qu'il tenait deléïtr père, et dont il méritait au moins d'tMrc dépouillé.

Pour prix d'une si élonnante clémence, dès qu*fl put se sotilèvcr dans sa satrapie contre son frère, il ajouta ce second crime au premier. Il déclara , par un

(a) PUiuot attn ni»uH»ii rl Un peu Ibù.

940 pici

manifeste, <« qu'il était plus digne du trône de Perse que son frère, parce qu'il était meilleur magicien, et qu'il buvait plus de vin que lui. »

Je ne crois pas que ce fussent ces raisons qui lui donnèrent pour alliés les Grecs. Il en prit à sa solde treize mille, parmi lesquels se trouva le jeune Xénophon , qui n'était alors qu'un aventurier. Chaque Soldat eut d'abord une darique de paye par mois. La darique valait environ une guinée ou un louis d'or de notre temps, comme le dit très-bien M. le chevalier de Jaucourt , et non pas dix francs , comme le dit Rollin.

Quand Cyrus leur proposa de se mettre en marche avec ses autres troupes, pour aller combattre son frère vers l'Euphrate, ils demandèrent une darique et demie, et il fallut bien la leur accorder. C'était trente-six livres par mois, et par conséquent la plus forlc paye qu'on ait jamais donnée. Les soldats de César et de Pompée n'eurent que vingt sous par jour dans la guerre civile. Outre cette solde exorbitante, dont ils se firent payer quatre mois d'avance, Cyrus leur fournissait quatre cents chariots chargés de farine et de vin.

Les Grecs étaient donc précisément ce que sont aujourd'hui les Hclvéticns, qui louent leur service et leur courage aux princes leurs voisins , mais pour une solde trois fois plus modique que n'était la solde des Grecs.

Llest évident, quoi qu'on en dise, qu'ils ne s'informaient pas si la cause pour laquelle ils combattaient était juste; il suffisait que Cyrus payât bien.

Les Lacédemoniens composaient la plus grande partie de ces troupes. Us violaient en cela leurs traités solennels avec le roi de Perse.

Qu'était devenue l'ancienne aversion de Sparte pour l'or et l'argent? où était la bonne foi dans les traités? où était leur vertu arrière et incorruptible? Cétait Cléarque, un Spartiate, qui commandait le corps principal de ces braves mercenaires.

Je n'entends rien aux manœuvres de guerre d'Artaxerxès et de Cyrus ; je ne vois pas pourquoi cet Artaxerxès, qui venait à son ennemi avec douze cent mille combattans, commence par faire tirer des ligues de douze lieues d'étendue entre Cyrus et lui; et je ne comprends rien à l'ordre de bataille. J'entends encore moins comment Cyrus, suivi de six cents chevaux seulement, attaque dans la mêlée les six mille gardes à cheval de l'empereur, suivi d'ailleurs d'une armée innombrable. Enfin, il est tuéde la main d'Arlaxerxès, qui apparemment ayant bu moins devin que le rebelle ingrat, se battit avec plus de sang-froid et d'adresse que cet ivrogne. Il est clair qu'il gagua complètement la bataille malgré la valeur et la résistance de treize mille Grecs, puisque la vanité grecque est obligée d'avouer qu'Artaxerxès leur fit dire de mettre bas les armes. Ils répondent qu'ils n'en feront rien , mais que, si l'empereur veut les payer, ils se mettront à son service. Il leur était donc très-indifféreut pour qui ils combattissent, pourvu qu'on les payât. Ils n'étaient donc que des meurtriers à louer.

Il y a, outre la Suisse, des provinces d'Allemagne qui en usent ainsi. 11 n'importe à ces bons chrétiens

iOIWAIRE

de tuer pour de l'argent des Anglais, ou des Français, ou des Hollandais, ou d'être tués par eux. Vous les voyez réciter leurs prières et aller au carnage comme des ouvriers vont à leur atelier. Pour moi , j'avoue que j'aime mieux ceux qui s'en vont en Pensilvanie cultiver la terre avec les simples et équitables quakers , et former des colonies dans le séjour de la paix et de l'industrie. 11 n'y a pas un grand savoir-faire à tuer et à être tué pour six sous par jour; mais il y en a beaucoup à faire fleurir la république desDuukards, ces thérapeutes nouveaux , sur la frontière du pays le plus sauvage.

Artaxerxès ne regarda ces Grecs que comme des complices de la révolte de son frère, et franchement c'est tout ce qu'ils étaient. Il se croyait trahi par eux, et il les trahit, à ce que prétend Xénophon. Car après qu'un de ses capitaines eut juré en son nom de leur laisser une retraite libre, et de leur fournir des vivres; j après que Cléarque et cinq autres commaridans des Grecs se furent mis entre ses mains pour régler la marche, il leur fît trancher la tête , et on égorgea tous les Grecs qui les avaient accompagnés dans cette en- Itrevue, s'il faut s'en rapporter à Xénophon. | Cet acte royal nous fait voir que le machiavélisme , n'est pas nouveau; mais aussi est-il bien vrai qu'Artaxerxès eût promis de ne pas faire un exemple des chefs mercenaires qui s'étaient vendus i son frère? ne lui était-il pas permis de punir ceux qu'il croyait si coupables ?

Cest ici que commence la fameuse retraite des dix mille. Si je n'ai rien compris à la bataille, je ne comprends pas plus à la retraite.

L'empereur, avant de faire couper la tétc aux six généraux grecs et à leur suite, avait juré de laisser retourner en Grèce cette petite armée réduite a dix mille hommes. La bataille s'était donnée sur le chemin de l'Euphrate ; il eût donc fallu faire retourner les Grecs par la Mésopotamie occidentale, par la Syrie, par l'Asie Mineure, par l'Ionie. Point du tout; on les fesait passer à l'orient, on les obligeait à traverser le Tigre sur des barques qu'on leur fournissait ; ils remontaient ensuite par les chemins de l'Arménie forsque leurs commandsns furent suppliciés. Si quelqu'un comprend cette marche, dans laquelle on tournait le dos à la Grèce, il me fera plaisir de me l'expliquer.

De deux choses l'une : ou les Grecs avaient choisi eux-mêmes leur route, et en ce cas ils ne savaient ni où ils allaient, ni ce qu'ils voulaient; ou Artaxerxès les fesait marcher malgré eux i ce qui est bien plus probable) , et en ce cas pourquoi ne les exterminaitil point ?

On ne peut se tirer de ces difficultés qu'en supposant que l'empereur persan ne se vengea qu'à demi; qu'il se contenta d'avoir puni les principaux chefs mercenaires qui avaient vendu les troupes grecques à Cyrus; qu'ayant fait un traité avec ces troupes fugitives, il ne voulait pas descendre à la honte Je le violer ; qu'étant sûr que de ces Grecs errans il en périrait un tiers dans la route, il abandonnait ces malheureux à leur malheureux sort. Je ne vois pas d autre

four pour éclairer l'esprit du lecteur sur les obscurité» de cette marche.

On s'est étonné de la retraite des dix mille; mais on devait s'étonner bien davantage qu'Artaxcrxès , vainqueur â la téte de douze cent mille combattait» (du moins à ce qu'on dit), laissât voyager dans ie nord de ses vastes états dix mille fugitifs, qu'il pouvait écraser à chaque village, à chaque passage de rivière, à chaque défilé, ou qu'on pouvait faire périr de faim et de misère.

Cependant on leur fournit , comme nous l'avons vu , vingt-sept grands bateaux vers la ville dltace pour leur faire passer le Tigre, comme si on voulait les conduire aux Indes. De là on les escorte en tirant vers le nord, peudant plusieurs jours, dans le désert où est aujourd'hui Bagdad. Ils passent encore la rivière de Zabate, et c'est là que viennent les ordres de l'empereur de punir les chefs. Il est clair qu'on pouvait exterminer l'armée aussi facilement qu'on avait fait justice des commandans. Il est donc très- vraisemblable qu'on ne le voulut pas.

On ne doit donc plus regarder les Grecs perdus dans ces pays sauvages, comme des voyageurs égarés, à qui la bonté de l'empereur laissait achever leur route comme ils pouvaient.

Il y a une autre observation à faire, qui ne paraît pas honorable pour le gouvernement persan. Il était impossible que les Grecs n'eusseut pas des querelles continuelles pour les vivres , avec tous les peuples chez, lesquels ils devaient passer. Les pillages, les désolations, les meurtres étaient la suite inévitable de ces désordres ; et cela est si vrai, que dans une route de six cents lieues, pendant laquelle les Grecs marchèrent toujours au hasard , ces Grecs n'étant ui escortés, ni poursuivis par aucun grand corps de troupes persanes, perdirent quatre mille hommes , ou assommés par les paysans, ou morts de maladie. Comment donc Artaxerxès no les fit-il pas escorter depuis leur passage de la rivière de Zabate , comme il l'avait fait depuis le champ de bataille jusqu'à cette rivière ?

Comment un souverain si sage cl si bon commitil une faute si essentielle? Peut-être ordouna-t-il l'escorte ; peut-être Xéuopbon, d'ailleurs un peu déclamateur , la passc-t-il sous silence pour ne pas diminuer le merveilleux de la retraite des dix mille ; peut-être l'escorte fut toujours obligée de marcher très-loin de la troupe grecque par la difficulté des vivres. Quoi qu'il en soit, il paraît certain qu'Artaxcrxès usa d'une extrême indulgence , et que les Grecs lui durent la vie , puisqu'ils ne furent pas exterminés.

Il est dit dans le Dictionnaire encyclopédique , à l'article Retraite, que celle des dix mille se fît sous le commandement de Xénophou. On se trompe, il ne commanda jamais ; il fut seulement sur la fin de la marche à la téte d'une division de quatorze cents hommes.

Je vois que ces héros, à peine arrivés, après tant du fatigues, sur le rivage du Pont-Euxio, pillent indifféremment amis et ennemis pour se refaire. Xéuopbon embarque à Héraclée sa petite troupe, et

va faire un nouveau marché avec un roi de Thrace qu'il ne connaissait pas. Cet Athénien, au lieu d'aller secourir sa patrie accablée alors par les Spartiates, se vend donc encore une fois à un petit despote étranger. 11 fut mal payé, je l'avoue; et c'est une raison de plus pour conclure qu'il eut mieux fait d'aller secourir sa patrie.

Il résulte de tout ce que nous avons remarqué , que l'Athénien Xènopbon n'étant qu'un jeune volontaire, s'enrôla sous un capitaine lacedémonîcn, l'un des tyrans d'Athènes, au service d'un rebelle et d'un assassiu ; et , qu'étant devenu chef de quatorze cents hommes, il se mit aux gages d'un barbare.

Ce qu'il y a de pis, c'est que la nécessité ne le contraiguait pas à cette servitude. Il dit lui-même qu'il avait laissé en dépôt, dans le temple de la fameuse Diane d'Êphèse, une grande partie de l'or gagné au seivicc de Cyrus.

Remarquons qu'en recevant la paye d'un roi, il s'exposait à être condamné au supplice, si cet étranger n'était pas content de lui. Voyez ce qui est arrivé ;i 11 major-général Doxat , homme né libre. Il se vendit à l'empereur Charles VI, qui lui fit couper le cou pour avoir rendu aux Turcs une place qu'il ne pouvait défendre.

Kollin , en parlant de la retraite des dix mille , dit « que cet heureux succès remplit de mépri.* pour Artaxerxès les peuples de la Grèce, en leur fesant voir que l'or, l'argent, les délices, le luxe, un nombreux sérail , fesaienttout le mérite du grand roi, etc. »

Rollin pouvait considérer que les Grecs ne devaient pas mépriser un souverain qui avait gagné une bataille complète; qui, ayant pardonné en frère, avait vaiqcu en héros; qui, maître d'exterminer dix mille Grecs, les avait laissés vivre et retourner chez eux; et qui, pouvant les avoir à sa solde, avait dédaigné de s'en servir. Ajoutez que ce prince vainquit depuis les Lacédémoniens et leurs alliés, et leur imposa des lois humiliantes; ajoutez que dans une guerre contre des Scythes nommés Caducicns^ vers la mer Caspienne , il supporta comme le moindre soldat toutes les fatigues et tous les dangers. U vécut et mourut plein de gloire; il est vrai qu'il eut un sérail, mais son courage n'en fut que plus estimable. Gardons-nous des déclamations de collège.

Si j'osais attaquer le préjugé, j'oserais préférer la retraite du maréchal de Belle -Isle à celle des dix mille. Il est bloqué dans Prague par soixante mille hommes, il n'en a pas treize mille. II prend ses mesures avec tant d'habileté , qu'il sort de Prague , dans le froid le plus rigoureux, avec son armée, ses vivr?s, son bagage et trente pièces de canon, sans que les assiégeans s'en doutent. Il a déjà gagné deux marches avant qu'ils s'en soient aperçus. Une armée de t ente mille combattans le poursuit saus relâche l'espace de trente lieues. U fait face partout; il n'est jamais entamé; il brave, tout malade qu'il est, les saisons, la disette et les ennemis. Il ne perd que les soldats qui oe peuveut résister à la rigueur cxtrêir.» d" 'a saison. Queluia-t-il manqué? une plus longiv: «.ourse, et des éloges exagérés à la grecque.

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