‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 55 sur 551 · APPARITION · texte numérisé non relu

APPARITION

n'e.t point d„ tout une cho,e rare qu'une personne vtvement émue, voie ce qui n'est point. U„e femme en , ;a6, .ccuséc k j.^

du meurtre de son mari , niait le fait; on lui préLc 1 habit du mort qu'on secoue devant elle; »„ imagination épouvantée lui fait voir «on mari même; elle se jette a ses pieds, et veut le. embra»ser. Elle dit au» jurés qu'elle avait vu son mari.

Il ne faut pas .'étonner que Théodoric ait vu dans la tête d'un poisson qu'on lui servait celle do Simnuque qu'il avait assassiné, ou fait exécuter injustement (c'est la même chose).

Charles U mort, et du

convulsions - « ,^„x troume , qui cbercnan en vain le sommeil. Son médecin et m nourrice l'attestèrent. De. visions fantastiques sont tré»-rré<|uexttet dan. les fièvre, chaude,. Ce n'est point s'imaginer voir, c est voir en effet. Le fantôme existe pour celui qui en a la perception. Si le don de la raison , Accordé i la machine humaine, ne venait pas corriger «e* illusions, toutes les imaginations échaufféor

tst la même chose ).

s IX , apre. la Saint-Barlhélemi , voyait des lu sang, non pa. en songe , mais dams les as d'un esprit troublé , qui cherchait en

dans un transport presque continuel, et il serait impossible de les guùrir.

Ccst siu-tout dans cet étet iukeyee, eatne la veille ni, qu'iutcervcauos fiani aiè voit desobjets ;inaires, ot entend des sons que personne ne prononce. La frayeur, l'amour, !a douleui, lu remords, sont les peintres qui tracent 4e» tajaUaux dans les imaginations bouleversées. L'œil qui est Cors, nié pendant la nuit par suvcoupvere le petit canlnus , et qui voit jaillir des étincelles, n'est qu'une trc.'- faible image des inflammations de notre cerveau.

relies la volonté du maître de la nature n'ait joint quelquefois, sa divine influence. L'Ancien et le Nou-

veau Testament en sont d'assez évidens témoignages. La Providence daigna employer cee apparitions, ce» visions en faveur du peuple juif , qui liait alors son peuple chéri.

11 se peut que, dans la suite des temps, quelque» Ames , pieuses à la vérité , mais trompées par leur enthousiasme , aient cru recevoir dune communication intime aveo Dieu ce qu'elles ne tenaient que de leur imagination enflammée. Cest «lorsqu'on a besoin du conseil d'an honnête homme, et surtout d'un bon médecin.

Les histoires des apparitions sont innombrables.

On pcéteod que ce fia sur la foi d'une apparition que saint Théodore , au commencement du quatrième siècle,, alla mettre- le feu au temple d'Amenée, et le réduisit en cendre. Il est bien vraisemblable que Dieu ne lui avait pas ordonné cette action , qui en elle- Eu^mc est si criiiùndlc , daus laquelle plusieurs citoyens périrent, et qui exposait tous ; les chrétiena à <

Que sainte PoUinicnne ait apparu à saint Basilido,

Dieu peut l'avoir pensiai ilafen est rien réeulté qui troublai l'état. On ne niera pM.que Jésus-Christ ait pu apparaître à saint Victor : mais que saint Benoit, ait vu l'amc de saint Germain de Capoue portée au oicl par des anges, cl que deux moines aient vu celle "de saint lionoit marcher sur ua tapis .étendu depuis le ciel ,uequ a» Alunt-Ca»**, cola est phts difficile à croira.

On peut, douter de même» sans çd&oaer notiw auguste religion,, que, saint Euober fut mené par un ange un eufer, où il vit l'amodc Charles-Martel ; et qu'un saint, ermite d'ttelie oit vu des diables qui enchaînaient l'Amo de Dagobcrt dan» une barque, et ; lui donnaient, cent coups de fouet : car après tout il no. serait pas aisé, d'expliquer nettement comment une âme m arche sur un tapis, et comment oa la fouette.

Mais il se peut, très- bien faire que des cervelles allumées aient eu de scmblablos visions; on en a mille exemples de siècle en siècle. 11 faut être bien éclairé pour distinguer de ce nombre prodigieux de visions. celles qui viennent de Dieu, même, et celles qui sont produites par la seule imagination.

L dluslre Bossuct rapporte, dans l'Oraison funèbre de la princesse palatiue, doux visions qui agirent puissamment sur celle princesse, et qui déterminèrent toute la conduite de ses dernières années. Il

croire ces visions céteatea ,

dées comme telles par le disert et savant évéque de Meau, qui pénétra toutes lea profondeurs de ta théologie^ ot qui même ontreprit de lever 1« voib-

dont l'Apocalypse est couverte.

11 dû donc que la princesse palatine v après avoir prêté cent mille francs à la reine du Pologne, n sojur (a), vendu le duché de Rételois un million,

le monde , mata doutant malhourouseaunt>dee vérités de la religion catholique y fntrapputéc à 1* conviction cl à l'amour de ces vérités ineffables par deux visions, La. première fut un rêvo> dans lequel un avc«gio»aé

lui dit qu'il n'avait aucune idée de lu lumière, et qu'il fallait en croire les autres sur les choses qu'on ne peut concevoir. La seconde fut un violent ébranle mont des méninges et des Gb rcs du cerveau dans un accès de fièvre. Ella vit une poule qui couvait après, un de ses poussins qu'un chic* tenait dans sa gueule. La princesse palatine arraehe le petit poulet au chien; une vois lui crie : w Rende»-! uà son pouèet; si vous le privea de son manger j il fera mauvaise garde. Non, s'écria la princesse, je ne le rendrai jamais. »

Ce poulet, c'était Pâme d'Anne de Gouzague, princesse paiatino; la. pouls était l'Eglise ; le chien étaiti le diable. Anne de Gouzague, qui ne devait jamais rendra le poulet au chien, était la-gn)ce efficace.

Bossue! prêchait cette, oraisou • funèbre uns rahU • gieuscs carméliteadu£auboai^Sain*-Jaeqtteerilfav ris, devant toute la maison de Conde* UleoxMlit ces j paroles remarquables : «Ecoutez, et prenez, garda ■ surtout de no pas écouter, aveo mépris l'ordre, des.

Les locteurs doivent donc Lire cette histoire avec, le même respect que les auditeurs l'ecoutcro.it, Coei effets extraordinaires de la Providence sont comme

doivent être attestés par des témoins irréprochables. Hé"l quel déposent plus. légal pourrions- loue avoir des apparitions et de» visions do la princesse palatine, que celui qui employa sa vie à distinguer toujours la vérité de l'apparence? Il combattit aveo.vii gueur contre les religieuses de Port-Royal sur le for-' mulairc ; contre Paul Fcrri, sur le catéchisme ; contre le ministre Claude, sur les variations de I Eglise; contre le docteur Dupin, sur la Chine; contre le pore Sin mon, sur l'inteUigenco du texte sacré; contée le cardinaLSfrondate,surla prédestination; contre le pape, sur les droits de l'église gallicane; contre l'archovêque do Cambrai , sur l'amour pur et désintéressé. Il ne se .laissait séduire ni par les noms ni parles litres, ni. par la réputation, ni par la dialectique do ses adver- < saircs. 11 a rapporté ce fait, il l'a dono cru. Croyonsle comme lui, malgré les railleries qu'on en a faites. Adorons les secrets de la Providence; mais défionsnous des écarts de l'imagination , que Malchranche appelait lu folle Au logis. Car les deux visions accordées a la princesse palatine ne sont pas données- • le,

(ai Oniaom funèbres, p«3 . 3 toet.suw., «inonde

PHILOSOPHIQUE Jésus-Christ apparut* saioto Catherine de Sienne ; à l'épousa; il mi donna utvaanean. &Ue apparition 4quo«st rentable

DJSUqUOCStreSJ

latmond de Capone, géutémi dos dominicains, qui * confessait, et motoe par le pape Urbain VI. Mats *J1« Ml rejeté* par le nwmt r mmi /«Mteur de FHis-

avojr

ecté un tel ma» .*age , pourrait

de

L'apparition de la mère 'Angélique , abbesse de Port-Royal, à soeur Dorothée, ert rapportée par un homme d'un très -grand poids dans 1 2 parti qu ou nomme janséniste; -c'ait le sieur Dufoeaé-, auiour dos Mémoires de Pontis. Lamèro Angélique , Icne-temps

Hoyal i «on ancienne place, arec sa c.-ojns » la main. Elle commanda qu'on fit venir sœur Dorothée-, à-qoi elle dit de remblai secrets. Mais le témoignage de

recevablcs.

Celui qui Tient d'écrire ce petit morceau a lu entuite hss quatre toI urnes de l'abbé Lenglet sur les apparitions, et ne croit pas devoir en rien prendre. Il est convaincu de toutes les apparitions avérées par l'Eglise; mais il a quelques doutes sur les autres jusqu'à oe qu'elles soient autbcntiquuaumt reconnues. Les cordeliers et les jacobins , les jansénistes et les

*s (****' ™ W* *W*nti°J" * ^ IKaeo* nhii mura, peecafur et trtri.

a>. i.rpbt. n,r.

APPEL COMME DtABUS. Voy, ABUS.

APROPOS, L'APROPOS.

L'apuows est comme l'avenir, latour, l'a dos et plusieurs termes pareils, qui ne composent plus aujourd'hui qu'un seul mot, ctqui en lésaient deux autrefois.

Si vous dites : A propos j'oubliais de toos parler de cette affaire ; alors ce sont deux mots, et à devient une préposition Mais si vous dites : Yoi'-l un upro^ t heureux, un apropos bien adroit, apropos u'cstplus qu'un seul mot.

La Motte a dit dans 1

Le «a je. le prompt A -propos, D<eu, qui u>rt oublia La Libde.

To«rs les heureux succès en root genre sont fondé» sur les choses dites ou faites a propos.

Arnaud de Bresse , Jean Hws , et Jérôme de Prague , ne vinrent pas assez a propos , ils furent tous trois brûlés ; les peuples n'étaient pas encore assex éclairés : ïinveution de l'imprimerie n'avait point enr'ore bus sous les jeux de tout le monde les abus dont on se plaignait. Mais quand les hommes commencèrent à lire; truand la populace, qui ve pas aller en]

trep cher des indulgences , commença à ouvrir les yeux, les informateurs du sekiètte siècle vinrent tris

O» deameiHeur* apropos dont rbiMofte aît fait mention , <oat celui 'de Pierre Diriez au COncife de Trente. Un homme qui n'aurait pas en l'esprit présent, n'aurait rien répondu au frott jeu de mots de l'erfqu* -italien : « Coeeq chante fcrer, : » /j-teodiru, henecuarar (<f). Danot répond» par cette terrible réplique twPtttè Dieu que fKcnvterepWMîtmi chant du coq ! »

Laplupttri'dcs rerneth de bons mots sont rempli? d« réponses tr*s- froide*. Cette du marqofs Maflêi, ambassatlotr de Acilouupres du pape Clément XI, n'est ni froide, ni injurieuto, «i piquante; mekcVst un bel apropos. Le pape se plaignait «Vec larmes de «•qu'on avait ouvert, malgré lui, les égKsêVdb Sicile qu'il avait interdites : Pfcurea , AtwNPrre, lui dit>il , ewtsut on Au fermera.

Les Italiens appellent une chose dite hors de propos, un sprvposito. Ce mot manque* «être tangue.

C'est use gronde leçon dans PhtMrqne que Ces paroles : u Tu tiens sans propos beaucoup de bons propos.» Ce défaut su trouv* duns beaucoup de nos tragédies , 06 les JiérosdébHeut des muximes tonnes en elles-mêmes, qui deviennent fausses datts l'endroit où elles sont placées.

L'apw.po» mit tout dans les grande* affaires, dans les révolutions des^tats. On a déjà dît que Oorawèll sons Elisabeth, Ou sous Chartes fi le cardinal de Rctt, quand Louis XTV gouverna par lui -même, àu-

César, né du temps de Scipion X'Afrhfcin , «'aurait pas subjugué la république romaine ; et , ai Mahomrt revenait aujourd'hui, H serait (OUI ira plus cbértf de la Mecque. Mais, si Archimède et Virgile renais— «aient , l'un serait encore le meilleur mathématicien , l'autre le meilleur poëte de son pays.

Page 1