‹ Dictionnaire Philosophique (volume 4)Chapitre 59 sur 551 · A R AB A T · texte numérisé non relu

A R AB A T

MoNTicne d'Arménie, sur laquelle s'arrêta rHntrhd On a long-temps agité la question sur l'universalité du déluge, s'il inonda toute la terre sans exception , ou seulement toute la terre alors connue. Ceux qui

(a) Consulte», si vous vnuJot, «ar la juiiaprndence de 1 inquisition . le révérend, père Ivoact, le docteur Cue! alon. cl mju> tout magitter (irillandut, brau nom pour uu inquisiteur!

Et vou». roi» de l'Europe, piioresaouvcrak», républiques, •ouvencx-voiu i jamais que les jnoiuea iiiuuisiieiin *e souliuutolé» /nqurVitenn par la qructÂc Dieu.'

(b) Ce témoignage de la kiuterpuùaaocf de.sai«L Ltamicique M twure dan» Luui» de Porauio, 1 uu de», plu» grand» théologien» d'E»paSue. Elle est cité* dans le M«««uî1 de 1 inquiw'UW, ouvrage d ur» théologien rjtaoçftis q< écrit a la manière de Pascal.

(i) Depuis que M. le comte dArauda a

pour abrutir le» liomme»; m»i» par l -fLl iulàiUihU. du pro^ri» de» lumières, même »ur le» ennemis de La raixm , elle a perdu un peu de u férocité

ont cru qu'il no s'agissait qne des peuplades qui ex!». Uient alors , se sont fondés sur l'inutilité de noyer des terres non peuplées, et cotte raison a paru asser plausible. Nous nous en tenons ao tente de l'Ecriture sans prétendre l'expliquer. Mais nous prendrons pins de liberté avec Bérosc , ancien auteur chaldéen , dont on retrouve des fragroens conservé» par Abidène, citée dans Eusébe , et rapportés mot a mot par George le Synoollei

On voit par ce» fragmens que les Orientaux, qui bordent le Pont-Euxin, fesanwt anciennement de l'Arménie I» demeure des di«nx. Et c'est en qnoi les Grecs les imitèrent. Ils placèrent les dieux sur le mont Olympe. Les hommi choses humaines aux choses divines, tissent leurs' citadelles sur des- montagne» : donc les dieax y avaient aussi leurs demeurer. ; ettVs devenaient donc sacrées. Les brouillards dérobent ao» yeux le sommet du mont Ararat : donc los dieux se cachaient dans ces brouillards, et lie daignaient quelquefois apparaître aur mortels dans- m basa»

Un dieu de ce pays, qu'on croit être Suttrrno, apparut ta» jour à Xàxutre, drxième roi de la tJeaidée, suivant ta supputation nVAfriqnais», eVAbidèae et d'Aqtnilaéore. Ce dseuhii dit : u Le quinze- du moi» d'Oc si le genre humain sera détroit par le iferkaar. Enfermez bien tous vos écrits dans Si para-, la ville dus«Jett,afia.

pas. Bûtissec un vaisseau; entrez-y aneD" •l • m amis ; ûutes-y entrer des oiseaux, des quadrupèdes; mrtltT^y de* provisions ; et, quand O» vous demandera; < répondes : Vers ke<< le genre humais», u

Xixntre bâtit son vaisseau , qui était large dte <leu%

| , c enra-virv, i était de deux cent cinquante pas g^nnétriquee, et sa longueur de six coût vingNcinq. Ce vaisseau, qui devait aller sur la mer Moire, était mauvais veiKer. Le déluge vint. Lorsque te déluge eut cessé , XtxutrelÀcha quelques-uns de ses oiseaux , qui, ne trouvant pointa aiatqser, revinrent au vaisseau j Quelques jours après il lâcha encore ses oieeaa*, qui revinrent avec de la boue aux patcs.> Enfin' ils ne revinrent pins. Xixutre en fit autant : il sortit de son vaisseau y qui était perché su» une montagne d'^rraéirie-; et on ne le

Dans-cctteTableily a probablement quelqui* chose d'historique. Le Pont-Euxin francbtt ses bornes, et inonde quelques terrains. Le roi-de Cbaldée eorrrnt réparer le désordre. Nous- avons dans Rhholaia des contes non moins ridicules, fondés sur quelques vérités. Les anciens historiées sont ponr la plupart de*

Qaant à la montagne cl "Ararat , on a prétendu qu'eJlo était une de»1 montagnes de la Pbrygio, et qu'elle s'appelait d'un nom qui répond ««dut d'arche , parce qu'elle était enfermée par trois rivières.

11 y a trente opinions sur cette montagne* Comment démêler le vrai ? Celle que les moines arméniens appellent aujourd'hui Ararat était, selon eux, une

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des bornes du paradis terrestre , paradis dout il reste pou de traces. C'est un amas de rochers et de précipices couverts d'uuc neige éternelle. Tonrucfort y alla chercher des plantes par ordre de Louis XI Y ; il dit <|uc u tous les environs en sont horribles, et la montagne encore plus ; qu'il trouva des neiges de quatre pied» d'épaisseur, et toutes crù»talli*ée*;quede tous les cotés il y a des précipices tailles à plomb, u

Le voyageur Jean Slruis prétend y avoir été aussi. Il monta . si on l'en croit , jusqu'au sommet pour guérir un ermite affligé d'une descente ( i). u Son ermitage , dit-il , était si éloigné de terre , que nous n'y arrivantes qu'au bout de sept iours, et chaque jour nous festons cinq, lieues. >• Si dans ce voyage il avait toujours monté, ce mont Ara rat serait haut de trentecinq lieues. Du temps de la guerre des géan.» , eu sellant quelques Ararats l'un sur l'autre, on aurait été * la lune commodément. Jean Struis assure encore que l'ermite qu'il guérit lui fit présent d'une croix latte du bois de l'arche de Noé; Touruefort n'a pa! en tant tCavantagc.

ArtrWF. A PAIN.

L MLmr. à pain croit dans les des Philippines, et principalement dans celles de Gaam et de lénian, comme le coco croit dans l'Inde. Ces deux arbres seuls, s'ils pouvaient se multiplier dans les autres climats, serviraient à nourrir et a désaltérer, le genre humain.

L'arbre à pain est plus gros et plus élevé que noi pommiers ordinaires; les feuilles sont noires, le fruit est jaune , et de la dimension de la plus grosse pomme de calville; son écorce est épaisse et dure, le dedans est une espèce de pâte blanche et tendre qui a le goût des meilleurs petits pains au lait, mais il faut lu manger frais; il ne se garde <|.ie vingt-quatre heures, après quoi il se s?':hc, s'aigrit et devient désagréable; PRaid en Dr/COmpense ces arbres en sont chargés hui: mois de l'a nuée. Les naturels du pays n'ont point d'autre nourriture; ils sont tous grands, robustes, bien fai's, d'un embonpoint médiocre, d'une santé vigoureuse, telle que '.a doit procurer l'usage unique d'un aliment salubrc; et c'cil à des nègres que la nature a fait ce présent.

Le voyageur Dampicrrc fut le premier qui en parla. Il reste eucorc quelques officiers qui ont mangé de ce pain quand l'amiral Anson y a relâché , et qui l'ont trouvé d'un goùl supérieur. Si cet arbre était transplanté comme l'a été l'arbre a café, il pourrait tenir lieu en grande partie de l'invention de Triptolèmc, qui coûte tant de soins et de peines multipliés. Il faut travailler une année entière avant que le blé puisse être changé en pain, et quelquefois tous ce» travaux sont inutiles.

Le blé n'est pas assurément la nourriture de la plus grande partie du inonde. Le maïs, la cassavo, nourrissent toute l'Amérique. Nous avons des provinces entières où les paysaus ne mandent que du pain de châtaignes, plus nourrissant et d'un mcHleur goût que celui de seigle ou d'orge dont tant de gen^

(a) Voyage de Jean Mruie, iix-\". page ao8.

s'alimentent , et qui vaut beaucoup mieux que le pais de munition qu'on donue au soldat (i). Toute l'Afrique australe ignora le pain. L'immense Archipel des Ltdea, Statu, le Laos, le Pégu, la Cochiuchinc, le Tunquin , une partie do la Chine, le Japon , les côtes de Malabar et de Corcnuuidcl, las bords du Gange fournissent un ris dont U culture est beaucoup plus aisée que celle du froment, et qui le fait négliger. Le blé est absolument inconnu dans l'espace de quinze cents lieues sur les côtes de la mer Glaciale. Cette nourriture, à laquelle nous sommes accoutumés, est parmi nous si précieuse, que la crainte seule de la voir manquer cause des séditions chez k*s peuples les plus soumis. Le commerce du blé est partout un des grands objets du gouvernement ; c'est une partie de notre être, et cependant on prodigue quelquefois ridiculement cette denrée essentielle»

Les amidonntera emploient la meilleure f.u'ne pour couvrir la tôte de nos jeunes gens et du nos femmes.

Le Dictionnaire encyclopédique remarque, avec très -grande raison, que le pain bénit dont on ue mange presque point, et dont la plus grande partie est perdue, monte en France à quatre millions de livres par an. Ainsi, de ce seul article, l'Angleterre

est au bout de Tannée plus riche de quatre mêlions que la France.

Les missionnaires ont éprouvé quelquefois de grandes angoisses dans des pays où l'on ne trouve ni pain ni vin. Les habitans leur disaient par interprètes: Vous voulez nous baptiser avec quelques gouttes d'eau dans un climat brûlant où nous sommes obligés de nous plonger tous les jouis dans les fleuves; vous voulez nous confesser, et vous n'entende/, pas notre langue; vous voulez nous communier, clvoui manquez des deux ingrédiens nécessaires, le pain et le vin : il est donc évident que vct.-e religion universelle n'a pu être faite pour nous. Les missionnaires répondaient très- justement que la bonne volonté suffit, qu'on les plongerait dans l'?au sans aucun scrupule , qu'on ferait venir du pain et du vin de Goa ; et-, quant à la langue, que les missionnaires l'apprendraient dans quelques années.

AKBRE A SUIF.

On nomme dans PAtnêrique rumirt-btrry-trtt , ou bni-bcrr<j - trie , ou Vmbre à *ui( , une espèce de bruyère dont la baie donne «ne graisse propre a faire des chandelles. Elle croît en abondance dins un terrain Iras et bien bnraeeté; il paraît quelle se plaît snr les rivages maritimes. Cet arbuste rsi couvert de baies d'où semble suinter une substance blanche et tanneuse; on les cueille à I» fin de Tautonne lorsqu'elles sont mures; on les jette dans une chaudière qu'on remplit d'eau bouillante; la graiaso v fond, et s élève au-dessus de l'eau : on met dam

(i) Kn Krince, une socieV de physiciena eclaiee* » txsup drpmiqiicl<jiH'« «iitictti |*ri«ncmn< i lande fabriquer U pâni pr. ee » ae» toi»*, celui de» bopituux et de lu plupait de* prUoiu iL l"aii» e»l deiçuu meilleur que celui dout »c nourrissent Im l'ulnUn* <lc l i plupart de* provinces.

1 «n vase à part celte graisse refroidie , qui ressemai* à du suif ou à de la cire ; sa couleur est communément d'au vert sale. On la purifie, et alors elle devient d'un assez beau vert. Ce suif est plus cher que le suif ordinaire, et coûte moins que la cire. Pour en former des chandelles, on le mêle souvent avec du suif commun; alors elles ne sont pas si sujettes à couler. Les pauvres se servent volontiers de ce suif végétal qu'ils recueillent eux-mêmes, au lieu qu'il faudrait acheter l'autre.

On en fait aussi du savon et des savonnettes d'une odeur assez agréable.

Les médecins et les chirurgiens en font usage pour les plaies.

Un négociant de Philadelphie envoya de ce suif dans les pays catholiques de l'Amérique , daus l'espoir d'en débiter beaucoup pour des cierges ; mais les prêtres refusèrent de s'en servir.

Dans la Caroline on en a fait anssi une sorte de cire à cacheter.

On indique cnGn la racine du même arbuste comme un remède contre les fluxions des gencives, remède usité chez les sauvages.

A l'égard du cirier ou de l'arbre à cire, il est assez connu. Que do plantes utiles à tout le genre humain la nature a prodiguées aux Indes orientales et occidentales! le quinquina seul valait mieux que les minci du Pérou, qui n'ont servi qu'à mettre la cherté dans l'Europe.

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