ASTROLOGIE
Un des plus Éameux mathématiciens de 1 Europe, nommé Stoffler, qui florissait aux quinzième et seizième siècles, et qui travailla long-temps à la réforme du calendrier proposée au concile de Constance , prédit un déluge universel pour l'année 1 5^4. Ce déluge devait arriver au mois de février, et rien n'est plus plausible; car Saturne, Jupiter, et Mars, se trouvèrent alors en conjonction dans le signe des poissons. Tous les peuples de l'Europe, de l'Asie, et de l'Afrique, qui entendirent parler de la prédiction , furent consternés. Tout le monde s'attendit au déluge, malgré Tare -en- ciel. Plusieurs auteurs contemporains rapportent que les habitans des provinces maritimes de l'Allemagne s'empressaient de vendre à vil prix leurs terres à ceux qui avaient le plus d'argent, et qui n'étaient pas si crédules qu'eux. Chacun t>c munissait d'un bateau comme d'une arche. Un docteur de Toulouse nommé Auriol fit faire surtout une grande arche pour lui ,. sa famille et ses amis : on prit les mêmes précautions dans une grande partie de l'Italie. Enfin le mois de février arriva, et il ne tomba pas une goutte d'eau : jamais mois ne fut plus sec , et jamais les astrologues ne furent plus embarrassés* Cependant ils ne furent ni découragés , ni négligés parmi nous; presque tous les princes continuèrent de les consulter.
Je n'ai pas l'honneur d'être prince; cependant le célèbre comte de Boulainvillers , et un Italien nommé Colonne qui avait beaucoup de réputation à Paris, me prédirent l'un et l'autre que je mourrais infailliblement à l'âge de Ironie -deux ans. J'ai eu la malice de