ASTRONOMIE
Et encore quelques réflexions sur l'Astrologie.
M. Duval, qui a été, si je ne me trompe, bibliothécaire de l'empereur François Ier, a rendu compte de la manière dont un pur instinct, dans son enfance, lui donna les premières idées d astronomie. Il 'contemplait la lune qui, en s'abaissant vers le couchant, semblait toucher aux derniers arbres d'un bois; il ne douta pas qu'il ne la trouvât derrière ces arbres; il y courut, et fut étonné de la voir au bout de l'horizon.
Les jours suivans la curiosité le força de suivre le cours de cet astre , et il fut encore plus surpris de le voir se lever et se coucher à des heures différentes.
Les formes diverses qu'il prenait de semaine en semaine, sa disparition totale durant quelques nuits, augmentèrent son attention. Tout ce que pouvait faire un enfant était d'observer et d'admirer; c'était beaucoup, il n'y en a pas un sur dix mille qui ait cette curiosité et cette persévérance.
11 étudia comme il put pendant une année entière, sans autre livre que le ciel , et sans autre maître aue ses yeux. Il s'aperçut que les étoiles ne changeaient point entre elles de position. Mais le brillant de l'étoile de Venus fixant ses regards, elle lui parut avoir un cours particulier à peu près comme la lune : il
(*) Cet article fut imprimé pour la première fois dans l'édition de 1 ^7 des OEuvres de M. de Voltaire.