I^O ASTRONOMIE
l'observa toutes les nuits, elle disparut long-temps à ses yeux, et il la revit enfin devenue l'étoile du matin au lieu de l'étoile du soir.
La route du soleil , qui de mois eu mois se levait et se couchait dans des endroits du ciel différens, ne lui échappa point; il marqua les solstices avec deux piquets, sans savoir ce que c'était que les solstices (i).
Il me semble que l'on pourrait profiter de cet exemple pour enseigner l'astronomie à un enfant de dix à douze ans, beaucoup plus facilement que cet enfant extraordinaire dont je parle n'en apprit par lui-même les premiers élémens.
C'est d'abord un spectacle très- attachant pour un esprit bien disposé par la nature , de voir que les différentes phases de la lune ne sont autre chose que celles d'une boule autour de laquelle on fait tourner un flambeau qui tantôt en laisse voir un quart, tantôt une moitié , et qui la laisse invisible quand on met un corps opaque entre elle et le flambeau. C'est ainsi qu'en usa Galilée lorsqu'il expliqua les véritables principes de l'astronomie devant le doge et les sénateurs de Venise sur la tour de Saint-Marc ; il démontra tout aux yeux.
En effet , non - seulement un enfant , mais un llomme mûr qui n'a vu les constellations que sur des cartes, a beaucoup de peine à les reconnaître quand il les cherche dans le ciel. L'enfant concevra très-
(i) Il n'est peut-être pas inutile de faire observer ici que cet enfant, qui devint un homme de lettre très-instruit et d'un esprit original et piquant , n'eut iamais 411e des connaissances trèsmédiocres en astronomie
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bien en peu de temps les causes de la course apparente du soleil , et de la révolution journalière des étoiles fixes.
ïl reconnaîtra surtout les constellations à l'aide de ces quatre vers latins, faits par un astronome il y a environ cinquante ans , et qui ne sont pas assez connus.
Delta arics, Perseum taurus , geminique capcîlam, Nil cancei\ plaustrum leo, virgo comam atque bootem, Lïbra anquem, anguiferum fert scorpius, Antinoum qrcus, Delphinum capei\ amphora equosy Ceplieich pisces.
Les systèmes de Ptoloméç et de Ticho - Brahé, ne méritent pas qu'on lui en parle j puisqu'ils sont faux ; ils ne peuvent jamais servir qu'à expliquer quelques passages des anciens auteurs qui ont rapport aux erreurs de l'antiquité ; par exemple, dans le second livre des Métamorphoses d'Ovide > le soleil dit à Phaëton (vers 70, Jj 2 , ?3) !
Addc quod assidud rapitur vertigine cœliim,
Nitor in adversum, nec me, qui cœtera vincit Impetus, et rapido contrarius evehor orbi. Un mouvement rapide emporte l'empyrée , Je résiste moi seul , moi seul je suis vainqueur, Je marche contre lui dans ma course assurée*
Cette idée d'un premier mobile qui fesait tourner un prétendu firmament en vingt -quatre heures d'un mouvement impossible, et du soleil qui, entraîné par ce premier mobile, s'avançait pourtant insensible- .meut d'Occident en Orient par un mouvement propre qui n'a aucune cause, ne ferait qu'embarrasser un jeune commençant*