‹ Dictionnaire philosophique (volume 5)Chapitre 54 sur 90 · BANQUEROUTE · texte numérisé non relu

BANQUEROUTE

On connaissait peu de banqueroutes en France avant le seizième siècle. La grande raison c'est qu'il n y avait point de banquiers. Des Lombards , des Juifs prêtaient sur gages au denier dix : on commerçait argent comptant. Le change, les remises en pays étranger, étaient un secret ignoré de tous les juges.

Ce n'est pas que beaucoup de gens ne se ruinassent ; mais cela ne s'appelait point banqueroute; on disait déconfiture ; ce mot est plus doux à l'oreille. On se servait du mot de rompture dans la coutume du Boulonnais; mais rompture ne sonne pas si bien.

Les banqueroutes nous viennent d'Italie , bancorottp, bancarotta , gambarotta e la giustizàa non itiipicar. Chaque négociant avait son banc dans la place du change ; et, quand il avait mal fait ses affaires, qu'il se déclarait fallito, et qu'il abandonnait son bien à ses créanciers moyennant qu'il en retînt une bonne partie pour lui, il était libre et réputé trèsgalant homme. On n'avait rien à lui dire, son banc était câsséybanco rotto , banca rotta; il pouvait même, dans certaines villes, garder tous ses biens et frustrer ses créanciers, pourvu qu'il s'assît le derrière nu sur

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