‹ Dictionnaire philosophique (volume 5)Chapitre 68 sur 90 · BÉKER · texte numérisé non relu

BÉKER

de qualité, abbesse d'un couvent; et c'est de nos jours, c'est sous l'empire de Marie-Thérèse d'Autriche !

De telles horreurs dont l'Europe a été si longtemps pleine, déterminèrent Je bpn Béker à combattre le diable. On eut beau lui dire, en prose et en vers, qu'il avait tort de l'attaquer, attendu qu'il lui ressemblait beaucoup, étant dune laideur horrible; rien ne l'arrêta j il commença par nier absolument le pouvoir de Satan , et s'enhardit même jusqu'à soutenir qu'il n'existe pas. « S'il y avait un diable , disait-il , il se vengerait de la guerre que je lui fais. »

Béker ne raisonnait que trop bien , en disant que le diable le punirait s'il existait. Les ministres ses confrères prirent le parti de Satan, et déposèrent Béker ,

Car l'hérétique excommunie aussi....

Au nom de Dieu. Genève imite Rome Comme le singe est copiste de l'homme.

Béker entre en matière dès Je second tome. Selon lui, le serpent qui séduisit nos premiers parens n'était point un diable, mais un vrai serpent; comme l'âno de Balaam était un ans véritable, et comme la baleine qui engloutit Jouas était une baleine réelle. C'était si bien un vrai serpent, que toute son espèce, qui marchait auparavant sur ses pieds, fut condamnée à ramper sur le ventre. Jamais ni serpent ni autre bête n'est appelée Satan, ou Bclzébuth, ou diable, dans le Pentateuque. Jamais il n'est question de Satan.

Le Hollandais destructeur de Satan admet à la vérité des anges, mais en même temps il assure qu'on

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De peut prouver par la raison qu'il y en ait : <c Et s'il yena, dit -il dans son chapitre huitième du toine second, il est difficile de dire ce que c'est. L'Ëcriture ne nous dit jamais ce que c'est, en tant que cela concerne la nature , ou en quoi consiste la nature d'un esprit.... La Bible n'est pas faite pour les anges, mais pour les hommes. Jésus n'a pas été fait ange pour nous, mais homme* »;

Si Béker a tant de scrupule sur les anges, il n'est pas étonnant qu'il en ait sur les diables; et c'est une chose assez plaisante de voir toutes les contorsions Où il met son esprit pour se prévaloir des textes qui lui semblent favorables et pour éluder ceux qui lui sont contraires.

Il fait tout ce qu'il peut pour prouver que le diable n'eut aucune part aux afflictions de Job , et en cela il est plus prolixe que les amis même? de ce saint homme.

Il y a grande apparence qu'on ne le condamna que par le dépit d'avoir perdu son temps à le lire : et je suis persuadé que, si le diable lui-même avait été ibreé de lire le Monde enchanté de Béker, il n'aurai/ jamais pu lui pardonner de l'avoir si prodigieusemec ennuyé.

Un des plus grands embarras de ce théologien hollandais est d'expliquer ces paroles : « Jésus fut transporté par l'esprit au désert pour être tenté par ïe diable , par le KnathbulL »C II n'y a point de texte -plus formel. Un théologien peut écrire contre Belzétuth. tant qu'il voudra, mais il faut de nécessité qu'il

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